Nicolas Dupont-Aignan invité de Public Sénat
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00FerméeÉludée
Est-ce que vous vous sentez complice du pire ?
- 2:27FerméeÉludée
Le mouvement s'affaiblit-il ?
- 4:19OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que vous dites aux Gilets jaunes ?
- 5:58OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que vous feriez à la place de Bruno Le Maire ?
- 8:48OuverteRéponse directe
Comment réagissez-vous à l'entrée de l'État néerlandais au capital d'Air France-KLM ?
- 10:01FerméeRéponse partielle
Est-ce que vous dénoncez l'attitude de KLM ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51PrésentateurFait
« Quand on va le samedi dans des manifestations violentes, on est complice du pire, dénonce Emmanuel Macron. »
- 2:09InvitéPromesse
« Est-ce qu'on va réindexer les pensions de retraite sur l'inflation ? C'est ce que je propose. »
- 2:17InvitéFait
« L'enjeu c'est comment on peut vivre d'un SMIC. »
- 2:17InvitéFait
« L'enjeu c'est comment on peut réduire l'immigration. »
- 3:43InvitéPromesse
« Nous sommes le seul parti à avoir proposé des économies pour réduire les gaspillages sur l'immigration, sur l'Europe, sur le train de vie de l'Etat, sur la fraude sociale, sur la fraude fiscale. »
- 5:59InvitéFait
« Valourec doit à un moment prendre ses responsabilités. »
- 6:54InvitéPromesse
« Il suffisait de nationaliser le site de Ford et de mettre Ford devant ses responsabilités. »
- 8:30InvitéPromesse
« J'ai proposé 100 fois la division par deux de l'impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis en France. »
- 12:33InvitéPromesse
« Voilà pourquoi je demande la fermeture des 120 mosquées salafistes qui diffusent une idéologie de haine dans le pays. »
- 12:44InvitéPromesse
« Voilà pourquoi je demande qu'on ne fasse pas revenir les djihadistes, comme le veut le gouvernement de Syrie, qu'on les juge là-bas. »
- 18:35InvitéChiffre
« Un suicide tous les deux jours dans nos fermes. »
Temps de parole
- Invité73 %
- Présentateur10 %
- ?7 %
- Intervenant7 %
- Locuteur non identifié3 %
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Voilà,
depuis le salon de l'agriculture en direct à la porte de Versailles, c'est Territoire d'Info ce matin avec la presse quotidienne régionale, les télés locales de France et le réseau via télévision, les Indes Radio, 130 radios qui sont également nos partenaires sur tout le territoire français et avec TV5Monde et l'invité politique en direct ce matin avec nous, c'est Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour,
merci d
'être avec nous, vous êtes le président de Debout la France. Vous sortez un livre, Résistance, on en parlera tout à l'heure aux éditions du Rocher. Et pour vous interroger, à mes côtés ce matin, Marcelo Vesfred du Figaro pour Public Sénat.
Bonjour, Marcelo.
Et bonjour Hervé Favre, on a parlé de vous tout à l
'heure
de la Voix du Nord. Merci d'être présent au salon de l'agriculture en direct avec nous ce matin. Nicolas Dupont-Aignan, votre interview sera retransmis sur les sites vidéo internet de la presse quotidienne régionale à partir de 10h également ce matin. On rentre tout de suite dans l'actualité. Quand on va le samedi dans des manifestations violentes, on est complice du pire, dénonce Emmanuel Macron. Il l'a dit devant le président, les élus du Grand Est reçus à l'Elysée. Est-ce que vous vous sentez, vous Nicolas Dupont-Aignan, complice du pire
?
C'est à nouveau l'Emmanuel Macron qu'on connaît bien,
qui
s'était calmé quelques mois sous la pression populaire et qui redevient ce qu'il est, méprisant, insultant des millions de Français qui se sont levés tout simplement pour vivre de leur travail. Et lui,
c
'est le président en tout cas du désordre et de
l
'injustice.
Et
il ferait bien de s'interroger sur sa politique. Et je remarque d'ailleurs qu'après un peu de calme, ça y est, c'est reparti. On va avoir la réforme de l'allocation chômage juste après les élections, parce qu'il ne
faut
pas le dire avant, la réduction des retraites après les élections. Et puis c'est à nouveau la même politique. C
'est une petite phrase,
lâchée ou voulue
?
Mais sans doute voulue, en fait le président ne s'interroge pas sur les causes profondes de la protestation sociale.
Il
ne s'interroge même plus sur les remèdes à mettre en œuvre. Et l'hypocrisie du grand débat apparaît. Ce grand débat n'était qu'un moyen de dégonfler une protestation. Mais il se trompe,
car
l'enjeu
c
'est de répondre à l'angoisse de nos retraités. Est-ce qu'on va réindexer les pensions de retraite sur l'inflation ? C'est ce que je propose. L'enjeu c'est comment on peut vivre d'un SMIC. L'enjeu c'est comment on peut réduire l'immigration. L'enjeu c'est comment on peut oxygéner
notre démocratie. Et là
il n'y
a
aucune réponse. Il n'est toujours que dans la petite phrase, dans le commentaire.
Sur
le fond, vous reconnaissez quand même que le mouvement s'affaiblit. Il y avait 46 000 personnes seulement dans les rues samedi. Qu'il s'est radicalisé. que l'opinion publique est en train de se retourner. Il y a bien un moment où il faut arrêter
un mouvement.
Mais ça c'est la propagande.
Ça
c'est la propagande. Ce sont les chiffres,
c'est la réalité de la rue. C'est la
propagande. Je vais vous dire pourquoi. Bien évidemment que je m'élève contre les désordres. J'ai d'ailleurs toujours demandé aux Gilets jaunes de manifester plutôt le dimanche pour ne
pas
gêner les commerçants, les artisans. J'ai toujours demandé au président de la République de prendre des mesures.
Je
lisais un très bon article dans le Figaro d'ailleurs, d'un monsieur Robin, qui expliquait qu'en 68, il y avait des hommes d'Etat.
Et
que Georges Pompidou et le général de Gaulle, après 68, ont agi vite. Le grenelle social qui a permis de répondre et qui a calmé les choses. Ce qui ne va pas là, c'est que le président de la République, en fait, dresse les Français les uns contre les autres. il aggrave ce face-à-face entre deux Frances. Et moi je pense, et ce qu'on a fait à deux bouts la France, c'est qu'on a fait des douze propositions,
très
précises, pour résoudre la crise. Et on finance ces propositions, nous sommes le seul parti
à
avoir proposé des économies pour réduire les gaspillages sur l'immigration, sur l'Europe, sur le train de vie de l'Etat, sur la fraude sociale, sur la fraude fiscale. Car je crois que le rôle d'un homme politique, et ce devrait être le rôle du président, pardonnez-moi, ce n
'est
pas de se lamenter. Pardon, mais
les Gilets jaunes voulaient être présents. C'est d'agir. Ça fait des
mois que le président laisse pourrir la situation. Si vous croyez que ça ne
va
pas repartir au mois de mai, qu'est-ce que vous en savez ? Il
faut traiter la cause des problèmes.
Les Gilets jaunes voulaient être présents dans cette campagne, ils avaient envisagé de faire une liste, on voit bien que ça capote. Qu'est-ce que vous leur dites ? Venez chez moi, je déplace. Mais non, mais je
ne suis pas comme ça. J'ai toujours pensé que le mouvement des Gilets jaunes, sincère au départ, qui a été dénaturé par des extrémistes, est un mouvement tout simple de retraités
qui
veulent vivre de leur retraite,
d
'artisans qui veulent
lutter
contre la concurrence déloyale, de Françaises et de Français qui veulent travailler. Et ce n
'est
pas les manifestants professionnels d'une certaine gauche, c'est la France du travail. J'ai toujours pensé que ce mouvement était protéiforme sur le plan politique. Est
-ce qu'il y en aura sur votre liste
? Attendez, il y a des gens de gauche, de droite, donc c'est normal qu'il n
'y ait
pas de liste Gilets jaunes. Ils n
'en
sont pas capables puisque c'est un mouvement social.
Maintenant,
nous, nous sommes l'un des seuls partis, je crois le seul, à avoir fait des propositions très concrètes, nationales, et à faire des propositions européennes, car le débouché de la crise des Gilets jaunes, c'est l'élection, c'est le vote. Et dans trois mois, les Français vont
pouvoir dire... Donc il y en aura
sur votre liste, c'est la
question de la référence. Bien évidemment, puisqu'il y a
beaucoup de Gilets jaunes qui sont adhérentes debout la France déjà. Mais il n
'y
aura pas... Moi, je ne prétends pas rassembler les Gilets jaunes, c'est absurde. Les Gilets jaunes, ils sont de toute origine politique. En revanche, je crois que le rôle d'un responsable politique sérieux, c'est de proposer des solutions sérieuses pour débloquer la crise et en finir avec ces manifestations qui pourrissent la vie économique du pays. Mais il faut s'interroger sur les causes au lieu toujours d'accuser ceux qui manifestent plus
ou moins
correctement.
Un autre
sujet d'actualité qui intéresse beaucoup notre région, le cas d'Ascoval, la solution qui s'était présentée a capoté. Aujourd'hui, Bruno Le Maire se donne un mois pour retrouver un repreneur. Qu'est-ce que vous feriez à sa place
?
Très simplement, j'aurais donné instruction à Valourec de continuer ses achats. Valourec doit à un moment prendre ses responsabilités. Comme on n'a pas traité la cause, là aussi, on a un pouvoir qui est à genoux, à plat ventre devant les entreprises. Regardez ce qui se passe à Ford, à Bordeaux. C'est insensé ce qui se passe pour Ford, comme pour Ascoval. À Ford, je reviens sur Ascoval après. À Ford, il y
a
un repreneur. Il y
a
un repreneur. Ford va sacrifier l'outil de production pour ne
pas
avoir de concurrence. Il va aller en Pologne et rapatrier aux Etats-Unis.
Non,
la loi le peut toujours. M. Trump, excusez-moi, quand il y
a
à agir, il agit. M. Poutine, il agit. Les Chinois, ils agissent.
Enfin, Bruno Le Maire n'arrivait
pas à avoir le président de Ford au téléphone.
Eh bien, ça montre bien que
M. Bruno Le Maire n'existe pas. Il
sera là demain sur ce
plateau
à votre place. M. Bruno
Le Maire est un hypocrite et un menteur
qui
prétend résoudre les problèmes et ne les résout pas. Et il suffisait de nationaliser le site de Ford et de mettre Ford devant ses responsabilités. Et je peux vous dire que si le ministre faisait comme M. Trump
avait
fait un tweet en disant « Boycottez les voitures Ford français, boycottez les voitures Ford tant que Ford ne cèdera pas », eh bien, comme aux États-Unis, Ford aurait cédé. Parce qu'il
y
a un moment où on ne peut pas accepter que des entreprises détruisent la libre loi de la concurrence. Parce que là, c'est une entreprise, Ford, qui veut avoir le monopole de la production et qui veut interdire un repreneur. C'est exactement le même cas sur Ascoval. Je suis pour la libre entreprise.
Il
faut baisser les charges des PME. Il faut remettre de la liberté. Mais,
accepter
le monopole
d
'une entreprise qui détruit de la valeur dans un pays, c'est inacceptable. Même aux États-Unis, pays capitalistes, Donald Trump ne l'accepte pas. Ça veut dire bien quoi ? Ça veut dire qu'on a un pouvoir qui est impuissant. Et quand on a un pouvoir impuissant,
on le change. Dans le cas d'Ascoval,
vous faites quoi ? Vous renationalisez temporairement ?
Non. Enfin, vous nationalisez ?
Valourec ne doit pas se désintéresser d'Ascoval. C'est ça la raison. Si on ne traite pas la cause d'Ascoval, et Xavier Bertrand est d'accord avec moi là-dessus, vous le savez très bien, c'est exactement le symbole d'un
pouvoir fait.
Mais Valourec dit qu
'il
n
'a
plus besoin de la production
d'Ascoval. Mais Valourec a besoin de la France peut-être.
Il y a d'ailleurs des actionnariats publics. Et il
y
a un moment où il y a un bras de fer. Et il y
a
un moment où des entreprises ne peuvent pas éternellement piétiner un peuple. Et il
y a
un moment où il faut des dirigeants qui défendent leur industrie et leur pays. C'est tout. Et c'est ça la raison. Et puis, ça ne suffit pas bien sûr, il faut une vraie politique industrielle, il faut des mesures de baisse de charges. J'ai proposé 100 fois la division par deux de l'impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis en France. Il ne
s
'agit pas non plus de désigner les entreprises comme cibles, il faut leur donner les moyens de croître. Il faut des mesures protectionnistes, achats publics pour la commande publique, ce que font tous les pays capitalistes.
Nicolas Dupont-Aignan, comment vous réagissez quand vous apprenez, on l
'a
appris il
y a
quelques heures, que l'État néerlandais monte au capital d'Air France, KLM, sans avoir prévenu le conseil d'administration, sans avoir prévenu le gouvernement français ?
Eh bien,
ça veut dire, je félicite dans un sens l'État néerlandais qui est un vrai État. C'est-à-dire qu'il y
a
un moment où il faudrait peut-être comprendre que nous sommes dans une guerre économique
et
que dans cette guerre économique aujourd'hui, les gouvernements défendent leurs intérêts de leur peuple.
Et
que le gouvernement français est totalement à la ramasse, parce que le gouvernement français n'a pas compris que dans cette guerre économique, il fallait défendre le peuple français. Et ça ne veut pas dire intervenir tous azimuts. Cela veut dire, d'abord, baisser les charges pour ceux qui relocalisent en France, c'est tout le programme de Debout la France, c'est-à-dire favoriser la production en France, favoriser l'investissement en France, et puis parallèlement, avoir un État stratège, qui, quand une entreprise piétine les intérêts du pays, on la défend. C'est le nouveau capitalisme, c'est ce qu'il fait dans le monde entier. Il faut peut-être vivre avec son temps.
On n'est plus à la fin du XXe siècle, on est au XXIe siècle.
Nicolas Dupagnan, vous attribuez aux difficultés chez Air France, sociales qui ont permis ces grèves, aussi cette attitude de KLM ou pas ? Est-ce que vous
dénoncez
ça ?
Je
crois qu'il ne
faut
pas rejeter la responsabilité sur KLM. Il y a un nouveau président Air France qui a pris des bonnes mesures, qui a enfin réconcilié les salariés, qui a augmenté les salaires, ce que refusaient les précédents. Il faut bien comprendre que si on n'associe pas les salariés,
que
si on ne défend pas les intérêts des salariés du peuple français, la crise des gilets jaunes qu'on a connue va renaître puissance 15. Et j'aimerais qu'on mène une politique gagnant-gagnant, baisse des charges des entreprises, relocalisation, défense des intérêts français, investissement dans la science et l'avenir, ce qui n'interdit pas une politique européenne, car vous verrez que dans mon programme européen, nous avons tout un volet qu'on présentera demain avec 24 pays, 24 pays, pour que l'Europe passe d'une logique bureaucratique
à
une logique de projet industriel et scientifique. Il ne s'agit pas de revenir en arrière, il s'agit
de
comprendre que la Chine et les Etats-Unis ne jouent pas les règles de la naïveté européenne.
Et
il faut se défendre.
C'est Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, qui est notre invité politique ce matin, en direct du Salon de l'Agriculture dans Territoire d'Info. La polémique autour du hijab de running de Decathlon. Vous avez appelé au boycott, vous avez vu que Decathlon a fait machine arrière.
Très bien, c'est un chien.
Très bien, ils ont retiré cette offre. Est-ce qu'il faut continuer de boycotter Decathlon, Nicolas Dupont-Aignan
?
Il faut faire comprendre aux Français et aux entreprises
que
si on cède,
c
'est le roman de Houellebecq, Soumission, si on cède
à cet islamisme... Et c'est le titre de votre livre,
Résistance.
Oui, si on cède à cet islamisme radical qui pourrit la France,
qui
déconsidère les Français musulmans qui pratiquent leur foi tranquillement et qui ne veulent pas être l'otage des salafistes, on est foutus. Et moi, je suis très fier qu'avec des hommes et des femmes politiques de tous horizons, on est appelé au boycott de Decathlon et qu'on est fait reculer Decathlon. Vous allez continuer à boycotter Decathlon ? Non, pas pour l'instant s'ils reculent. Mais il faut faire comprendre aux entreprises
que
les Français sont attachés à la liberté et à l'égalité des femmes.
Et
que si on accepte la soumission des femmes par petits morceaux, on commence par le voile, on finit par la charia. Et quand vous voyez ce qui se passe en Seine-Saint-Denis, quand vous voyez ce qui se passe dans certains quartiers, il y a de quoi avoir peur.
Et
il y a un moment où il faut que les femmes françaises et les hommes politiques, d'ailleurs je suis le seul homme politique, je vois qu'il n
'y a
que des femmes politiques qui ont réagi. À un moment disent, on ne peut pas continuer. Voilà pourquoi je demande la fermeture des 120 mosquées salafistes
qui
diffusent une idéologie de haine dans le pays. Voilà pourquoi je demande qu'on ne fasse pas revenir les djihadistes, comme le veut le gouvernement de Syrie, qu'on les juge là-bas. Voilà pourquoi je pense que les Français attendent de la fermeté là aussi.
Alors Nicolas Dupont-Aignan, on est à trois mois du scrutin des Européennes.
Dites
-nous un petit mot de vos sondages, puisque vous étiez en décembre à touche-touche avec les Républicains, et aujourd'hui vous êtes distancés, vous êtes à peu près à 6%, ils sont à peu près à 12%.
Je n'en prends pas un
instant. Ça c'est la fable. Nous allons dépasser les Républicains. Quand je vois que M. Bellamy,
le
leader des Républicains,
dit
hier qu'il préfère Juncker
à
Orban, dès ce matin j'avais des mails d'électeurs républicains qui me disaient on va voter debout la France. Nous allons dépasser les Républicains parce qu'à debout la France,
nous
sommes cohérents.
Nous
ne faisons pas comme aux Républicains. Je voyais M. Hortefeu, M. Dangean, qui se prétendent à Paris contre l'élargissement, contre le pacte de Marrakech, contre les quotas de migrants, et qui à Bruxelles ont voté les quotas de migrants répartis, le pacte de Marrakech, et se félicitent du CETA. Donc le double langage des Républicains sur l'Europe va apparaître dans toute sa cruauté. Et vous verrez que notre liste va l'emporter parce que
les
Français, et notamment les Français de droite, attendent une vraie opposition à Emmanuel Macron. Et quand Bellamy hier dit je préfère Macron, il avoue que les Républicains en fait sont sur la pente de l'alliance avec Emmanuel Macron.
Et ils votent d'ailleurs
la même Europe. Ils ont voté les
mêmes. Ils ont voté les mêmes. Hervé Favre.
Le jour où vous avez lancé votre campagne européenne à Paris, dans votre nouveau siège, on apprenait que Thierry Mariani rejoignait Marine Le Pen. Et vous disiez que ce n
'est
pas grave, on aura nous aussi des ralliements. Oui, vous les verrez. Et pour l'instant on les attend
encore. Eh bien vous allez les voir.
Moi
je procède sérieusement.
D
'abord, un projet. Cohérent sur l'Europe. Ce projet, nous allons le présenter demain avec 24 partis souverainistes, eurosceptiques, euroréalistes. C'est la première fois qu'il
y a
une telle alliance. Et parce que c'est une élection européenne, on n
'en
est pas tout seul.
Et
qu'il faut changer l'Europe avec nos partenaires. Et puis je présenterai fin mars la liste et vous aurez de belles surprises.
Quand
vous voyez ce qui se passe en Royaume-Uni sur le Brexit, où on est à un mois du Brexit et c'est la confusion la plus totale, qu'est-ce que vous dites aux partisans d'un Frexit ? Et est-ce que les eurosceptiques aujourd'hui
ne
vont pas être en difficulté compte tenu de cette actualité ?
Eh bien non, je vais vous dire pourquoi. Parce que d'abord on n
'a
jamais proposé le Frexit.
Si l
'Union Européenne
n
'avait pas refusé aux Anglais,
avant
le Brexit, des accords particuliers pour contrôler leurs frontières,
il
n
'y
aurait jamais eu le Brexit. Ça veut bien dire quoi
? Ça
veut bien dire que l'enjeu urgent de l'Union Européenne,
c
'est de changer les règles du jeu.
Pour
protéger les frontières, ce que ne veulent pas la liste de M. Bellamy et de M. Wauquiez, si on ne rétablit pas les frontières nationales, nous aurons des Brexit en série. Et nous, nous sommes cohérents. Nous voulons rétablir les frontières nationales, nous voulons supprimer les travailleurs détachés, c'est-à-dire rétablir la concurrence loyale, et nous voulons une Europe des projets industriels à la carte pour concurrencer la Chine et les États-Unis. Nous avons un projet cohérent.
Et
les Français vont le voir entre Macron et Bellamy,
qui
veulent continuer avec Juncker.
Et
nous, qui voulons une Europe qui soit sur un modèle d'État-nation, qui travaille ensemble, mais qui défendent leurs intérêts, eh bien, il y aura le choix. Et vous verrez que les Français choisiront.
Nicolas Dupont-Aignan, les travaillistes voudraient, eux, faire re-voter les Britanniques.
Mais c'est la démocratie. Vous
en pensez
quoi ? Mais je pense que c'est
toujours
la même histoire. On s'aperçoit que l'Union Européenne n'aime pas la démocratie.
Et
que quand vous votez, il faut re-voter. Quand vous votez quelque chose, on fait l'inverse. Nous, nous sommes pour une Europe des peuples et des démocraties. C'est un choix majeur. Il y a ceux qui volent l'Europe de Juncker, Macron, Bellamy, et puis il y a ceux qui volent une Europe des nations, avec le choix entre la liste de M. Bardella, du Rassemblement National, et notre liste qui présente pas seulement le refus de cette Europe-là,
mais
la reconstruction d'une Europe.
Il
ne s'agit pas de dire que
c
'est mal, les Français savent qu'elle ne fonctionne pas.
Il
s'agit de dire qu'est-ce qu'on fait maintenant. Soyons concrets, on est au Salon de
l
'Agriculture, la PAC est en pleine renégociation. Qu'est-ce que vous dites à nos partenaires qui veulent réduire le budget de la PAC, qui est actuellement le premier budget de l'Union, qui pèse donc énormément ?
Mais je dis d'abord que M. Macron n'aurait pas dû refuser la baisse de la PAC. Il l'a acceptée. Il l'a
déjà
acceptée. Il l'a redit ici samedi. Il se
battrait pour que... Mais vous feriez quoi ?
La politique très claire qu'a fait le Général de Gaulle, qui a permis la création de la PAC. Pourquoi la PAC est née
? Protection
douanière européenne, ce qu'il faut. C'est-à-dire ne pas signer le CETA, comme a signé M. Macron, comme a approuvé les Républicains. Donc, protection douanière extérieure, c'est la condition de la PAC. Et ensuite, prix régulé, prix garanti. C'était la PAC du Général de Gaulle, qui a été détruite par M. Barnier
et M. Le Maire. Je
finis juste. Il faut donc dire à nos amis européens, soit on rétablit une vraie PAC, soit on fait une politique nationale. Mais on ne peut pas continuer à céder et à détricoter la PAC, qui est en train d'aboutir à la ruine de l'agriculture française. Je vous le rappelle ici, c'est très beau, il y a plein de pancarfs, là. J'ai visité lundi. C'est une mascarade, ce salon de l'agriculture. Parce que, il y a tous ceux qui vivent aux dépens des agriculteurs, et puis,
il
y a un suicide tous les deux jours dans nos fermes. Un suicide tous les deux jours.
Et
on le cache ici.
Parce
que c'est ce système de la PAC détricotée, de syndicats compromis, d'un pouvoir faible, qui laisse crever nos agriculteurs.
Et donc, il y a l'image
de ce salon, et il
y a derrière. Comment expliquez-vous qu'Emmanuel Pachon,
finalement, n'ait pas été si mal accueilli que ça au
salon ? Mais il n'y a plus d'agriculteurs ici.
Excusez-moi. Quand même, il y
a des épreuves. Non, il n'y a plus d
'agriculteurs.
Il
n
'y a
plus d'agriculteurs ici. Ici, ce sont ceux qui vivent aux dépens des agriculteurs. Et vous ne pouvez pas éternellement avoir des vendeurs de machines agricoles, des banques, des assurances, des mutuelles, si les agriculteurs vivent avec 300 euros par mois.
Vous n'allez pas vous faire bien accueillir dans
les
travées, hein, aujourd'hui ? Mais il y a des éleveurs ici. Mais non, mais je le dis.
Mais non, mais attendez, on les connaît, les éleveurs. Je les connais. Je viens ici depuis 15 ans.
L'an dernier, le président avait été hué ici par des agriculteurs. Cette année, il a passé 14 heures dans un calme, dans un vrai...
C'est la propagande.
Non, on y était tous. Mais oui, mais bien sûr, il n'y a plus d'agriculteurs.
Ils
sont morts. Je veux dire que... Vous réalisez ce qui se passe dans nos campagnes ?
La
désertification ? Des agriculteurs qui se suicident ? Des retraités agricoles qui ont moins qu'un migrant qui arrive sur le sol français ? C'est ça, la réalité du monde agricole. Et évidemment, ici, tout le monde, pas vanne, mais la réalité du fond, c'est qu'ici, on ne change pas la politique agricole commune. Parce que M. Macron a menti ici. Il a dit quoi
?
Il a dit qu'il faut défendre l'agriculture. Mais c'est lui qui a signé le CETA.
C
'est toujours pas ratifié au Parlement français et il s'applique. Puisque vous parlez d
'Europe... C'est lui
qui négocie le Mercosur. Qu'est-ce que ça vous inspire
?
Non,
mais c'est quand même
extravagant ce
qui se passe.
Nicolas Dupont-Unihan, qu'est-ce que ça vous inspire de voir que la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, est en tout cas très intéressée par la campagne des Européennes et pourrait donc, si la REM le décide, quitter le gouvernement
?
Au moins, ça sera plus clair, puisque Emmanuel Macron et la ministre des Affaires européennes, qui sont membres du gouvernement et présidents de la République, dans des fameux grands débats, ont dit qu'il faut gagner les Européennes.
C
'est pourquoi, d'ailleurs, je vais saisir, comme les autres, le CSA, parce que nous avons un président de la République et une ministre qui font campagne pour une élection. Donc je préférerais qu'elle soit candidate. Objectivement, ce sera plus loyal.
Mais nous avons des
arguments
et
nous l'affronterons, argument
contre argument. Sur quoi vous
allez saisir le CSA ? Je n
'ai
pas bien compris. Sur le
temps de parole ?
Sur
le fait qu
'Emmanuel Macron et son gouvernement font campagne pour les Européennes, avec le temps de parole du gouvernement, c'est totalement illégal. Et j'espère que le
CSA... Vous allez le saisir quand
? Mais on l'a saisi, d'ailleurs, déjà, tout récemment. D'autres parties l'ont saisi. C'est une question de loyauté. Mais, je vais vous dire, les Français ont compris. Moi, j'ai confiance dans le peuple français. Il y a des élections. Je les invite simplement
à
se mobiliser pour voter, étudier les programmes, car l'enjeu, ce n
'est
pas de dire que l'Europe ne va pas. L'enjeu, c'est de la reconstruire sur des bases solides. Un
mot, quand même, sur l'Algérie. Il
se passe des
choses
importantes. Est-ce que la France doit s'en mêler
?
Non. C'est un pays souverain, très attaché à sa souveraineté,
à
sa liberté, et elle ne peut pas s'en mêler. En revanche, il est clair que ce qui se passe au Maghreb est absolument essentiel pour l'avenir du pays. Voilà pourquoi j'avais plaidé à la présidentielle pour une vraie politique méditerranéenne, c'est-à-dire pour qu'on ait une organisation des trois pays, France, Italie, Espagne, qui travaille avec...
On s'éloigne de la question d'Hervé Favre. Sur les manifestations qui ont lieu en
France, qui ont lieu en Algérie, sur le fait que Bouteflika se représente, vous en pensez quoi, vous
? Je
pense que tout le monde constate qu'il est ahurissant
qu
'un homme malade,
qu
'on ne sort jamais, se représente. Cinquième
mandat. C'est le bon
sens absolu. Maintenant, ce sont les affaires algériennes et la France doit avoir une attitude à la fois d'écoute
vis
-à-vis de la jeunesse algérienne, mais en même temps ne peut pas s'ingérer dans les affaires algériennes. Compte tenu de l'histoire entre nos deux pays, vous pensez bien qu'il serait très maladroit de s'ingérer dans les affaires algériennes.
Qu'est-ce que ça vous inspire de voir qu'en Algérie comme en France, les manifestations monstres partent des réseaux sociaux ?
Ce ne sont plus les
partis politiques aujourd
'hui.
Ce
ne sont plus les médias traditionnels
qui, à force de répéter la propagande du l'oligarchie... Les médias en Algérie
sont censurés
sur cette histoire. En France, ils se censurent
eux-mêmes. Les médias n'ont rien à voir avec ça. En France,
ils se censurent eux-mêmes, à l'exception de gens comme vous, libres, mais ils sont assez rares. Donc, quand les réseaux sociaux progressent, parce que simplement, la pensée unique étouffe les médias traditionnels. Et l'enjeu, ce n
'est
pas simplement de râler sur les réseaux sociaux. L'enjeu, c'est de proposer des solutions, ce que j'essaye de faire dans mon
livre.
Parce que l'enjeu, ce n
'est
pas de dire que
ça
ne va pas. L'enjeu, c'est de dire comment on fait maintenant pour s'en sortir. Comment on reconstruit un tissu économique. Comment on défend nos territoires. Comment on développe nos campagnes. C'est ça l
'enjeu. Nicolas
Dupont-Aignan, vous sortez un livre « Résistance » d'édition du Rocher. Je voudrais que vous reveniez une seconde. D'ailleurs, je montre le livre, un chapitre entier consacré à l'élection présidentielle au deuxième tour de l'élection présidentielle, le choix du second tour. Est-ce que vous pourriez nous expliquer un petit peu ? Vous écrivez « Ne pas choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, c'était en vérité choisir Macron. » On sait que vous étiez le premier ministre putatif de Marine Le Pen si
elle était le président de la
République. Mais
moi, je suis convaincu
que le choix que j'ai fait au second tour était le bon, que les Français aujourd'hui ne veulent plus de Macron et que l'enjeu justement...
Mais vous vous justifiez
un peu de ce choix dans ce livre.
Oui, je l
'explique parce que je sais qu'il a suscité beaucoup de polémiques et je raconte comment Macron a manipulé l'élection présidentielle, ce qui explique d'ailleurs sa position minoritaire aujourd'hui dans le pays et j'explique qu'il gouverne comme il a conquis le pouvoir. Et j'essaye dans ce livre de faire une explication rationnelle. Je reprends des éléments de sa campagne, je reprends la manière dont il gouverne et j'apporte...
Du
moins, j'ai essayé, j'ai écrit ce livre pendant les vacances de Noël avec beaucoup de soin. J'apporte des pistes
pour
que les Français retrouvent confiance dans la politique avec des mesures concrètes. Car encore une fois, ce qu'attendent les Français aujourd'hui, c'est un chemin. Le ralliement à Marine Le Pen entre les deux tours, vous ne regrettez rien. Au contraire, aujourd'hui, si on a tant de succès debout la France et on a tant d'adhérents, notamment qui viennent des Républicains, ce sont des gens qui disent vous, vous avez eu le courage de choisir
et
vous n'êtes pas responsable du chaos actuel. Car non seulement on a le désordre, mais on a l'injustice. Et vous imaginez que ça puisse durer trois ans et demi avec des petites phrases comme ça ? Est-ce qu
'on
peut gouverner un pays avec des petites phrases ? Est-ce qu'il n
'y a
pas besoin d'actes solides pour sauver le pays ? C
'est ça l'enjeu ?
Merci Nicolas Dupont-Aignan. Votre programme aujourd'hui est au Salon de
l
'Agriculture ?
Eh bien, on a déjà visité toute une journée le Salon de l'Agriculture donc on va repasser mais
ça
a déjà été visité et je vais vous dire je préfère aller visiter les fermes
et
voir comment on peut aider nos agriculteurs qui sont en immense difficulté contrairement à ce qu'on dit dans ce salaire.
Merci Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France.
Je
rappelle votre livre qui sort Résistance aux éditions du Rocher.
Et on
peut...