Emmanuel Macron giflé : une société de toutes les haines ? - C à Vous - 08/06/2021
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:15OuverteRéponse directe
Vous vous rendez compte où on en est ?
- 3:01OuverteRéponse directe
Est-ce que la société politique française est devenue une société de toutes les haines ?
- 3:43OuverteRéponse directe
Le sursaut républicain qu'appelle de ses voeux Jean Castex, est-ce que les réactions étaient républicaines ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueFait
« Nicolas Dupont-Aignan s'est distingué en voyant dans cette gifle le symbole d'une fonction présidentielle abaissée. »
- 0:24Invité politiqueFait
« Sous-entendu, il l'a bien cherchée. »
- 0:40Invité politiqueFait
« Pensez à la tribune que le futur député insoumis François Ruffin a fait paraître dans le monde le 4 mai 2017 »
- 0:50Invité politiqueFait
« Vous êtes haïs par les sans-droits, les oubliés, les sans-grates. Vous êtes haïs, vous êtes haïs, vous êtes haïs. »
- 1:17Invité politiqueChiffre
« il ressort d'abord 4 émotions négatives. La colère, 28%, le désespoir, 21%, le dégoût, 21%, la honte, 18%. »
- 1:41Invité politiqueChiffre
« Emmanuel Macron atteint les 50% de bonnes opinions, ce qui est une performance tout à fait honorable à ce moment-là. »
- 2:02Invité politiqueFait
« Le rejet d'Emmanuel Macron serait la vraie force de Marine Le Pen parce que le niveau de détestation du premier est presque aussi élevé que celui de la deuxième. »
Temps de parole
- Invité politique51 %
- Présentateur27 %
- Présentateur 220 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ce qui est sûr, c'est que la classe politique a unanimement, quasiment unanimement, condamné ce geste.
C'est vrai, et l'Assemblée nationale tout à l'heure s'est levée tout ensemble, mais je crois qu'il ne faut pas se leurrer de ces condamnations unanimes. D'abord parce qu'elles ne sont pas tout à fait unanimes. Nicolas Dupont-Aignan s'est distingué en voyant dans cette gifle le symbole d'une fonction présidentielle abaissée. Sous-entendu, il l'a bien cherchée. Et derrière son tweet, vous pouvez lire des dizaines d'autres messages qui disent de façon plus ou moins élégante, il l'a bien mérité. Ne pas oublier, on vient d'en parler, la violence exprimée par certains groupes de gilets jaunes directement contre la personne d'Emmanuel Macron pendant toute cette séquence.
Pensez à la tribune que le futur député insoumis François Ruffin a fait paraître dans le monde le 4 mai 2017, c'est-à-dire avant même l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée. Vous êtes haïs par les sans-droits, les oubliés, les sans-grates. Vous êtes haïs, vous êtes haïs, vous êtes haïs. Et il y a quelques semaines, la fondation Jean Jaurès, dans une note sur le risque, le peine, de façon inédite, a exploré le registre des émotions associées aux principaux candidats à la présidentielle. Émotions qui jouent un rôle considérable dans les comportements électoraux. Ce n'est pas à l'ancien passeron du Cévis-Pof que je vais l'apprendre.
Or, lorsqu'on demande aux Français ce qu'ils ressentent, en voyant ou en entendant Emmanuel Macron, il ressort d'abord 4 émotions négatives. La colère, 28%, le désespoir, 21%, le dégoût, 21%, la honte, 18%. Vous allez me dire, Emmanuel Macron est tout de même un président populaire. Oui, il est même nettement plus populaire que ses prédécesseurs, ses deux prédécesseurs, François Hollande et Nicolas Sarkozy, après 4 ans de mandat. Et dans le dernier tableau de bord IFOP pour Paris Match, qui est paru ce l'après-midi, Emmanuel Macron atteint les 50% de bonnes opinions, ce qui est une performance tout à fait honorable à ce moment-là.
Mais il est détesté par une partie substantielle de l'électorat et même par une partie plus importante que pour ses deux prédécesseurs. Les analyses de la Fondation Jean Jaurès y voient d'ailleurs le principal facteur de risque Le Pen pour la présidentielle de l'an prochain. Le rejet d'Emmanuel Macron serait la vraie force de Marine Le Pen parce que le niveau de détestation du premier est presque aussi élevé que celui de la deuxième. Et c'est cela aussi que dit cette gifle.
Vous vous rendez compte où on en est ? Je partage entièrement votre diagnostic. C'est-à-dire qu'on va vers un second tour éventuellement qui sera l'expression de deux rejets, si on est poli, de deux haines. Rejet contre rejet. De deux haines. Est-ce que la société politique française est devenue une société de toutes les haines ? Si on en est là, c'est extrêmement grave. C'est extrêmement grave parce que ce sont des passions tristes qui s'expriment. Et la politique, elle a besoin aussi de passions qui ne sont pas tristes. Elle a besoin d'engagement, elle a besoin de voir un peu plus loin que le bout de son nez et que le bout de ses rancœurs et de ses ressentiments.
Si les citoyens français deviennent des citoyens du pur ressentiment, on va rentrer dans une période électorale, préélectorale qui va être redoutable.
Et Pascal Perrineau, il ne faut pas se lorer, ça existe aussi dans le pays et il y a sans doute des millions de Français, je ne peux pas les quantifier, qui ont éprouvé, comment dire, vous avez dit passion tristes, une joie mauvaise à la vue des images de Tain L'Hermitage cet après-midi.
Et Nicolas Dupont-Aignan dit tout haut ce que certains Français pensent tout bas. Il y a Nicolas Dupont-Aignan, effectivement j'ai vu ce tweet, mais il y a aussi Jean-Luc Mélenchon qui dit « je suis solidaire ». Il y a Marine Le Pen, vous l'avez entendu en conférence de presse, elle ne s'est pas contentée de dire que ce geste était condamnable, elle a appuyé cette déclaration de manière très insistante. Donc une forme de quasi-unanimité, c'est vrai qu'il y a Dupont-Aignan, mais de quasi-unanimité pour dire « non, ça c'est pas possible, ça c'est trop ». Et donc la question, c'est cette condamnation quasi-unanimité, d'accord, mais et après ?
Le sursaut républicain qu'appelle de ses voeux Jean Castex. Oui, alors les réactions, est-ce qu'elles étaient républicaines ? En tout cas, elles étaient en sursaut, puisqu'elles sont tombées extrêmement vite après la diffusion de cette vidéo. Mais il faut s'emparer de ce sujet et dire « on va faire une campagne électorale de haut niveau l'année prochaine » par rapport à ce que disait Patrick à l'instant, pour ne pas tomber dans une confrontation des haines, dans « qui sera le moins rejeté ? » Eh bien, il ne tient qu'aux responsables politiques, qu'aux candidats, peut-être nous aussi les journalistes, mettre en avant des sujets de fond, des bâtons sur le fond, c'est ça aussi notre rôle.
Et là, peut-être qu'on peut éviter ça. Voilà, je mets une petite note d'optimisme. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci. Merci.