Lyhanna : la France sous le choc - C à Vous l’intégrale - 05/06/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - M.Bouhafsi: Bonsoir.
Bienvenue dans "C à vous". On est ensemble en direct jusqu'à 21h. Nous sommes avec toute l'équipe.
Bonsoir à tous. A la une de l'actualité, la France bouleversée après la mort de la jeune Lyhanna. Une onde de choc jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. - E.Macron: On ne peut pas accepter ce qui s'est passé.
On ne peut pas regarder en face sa famille et lui dire que tout s'est bien passé. C'est faux. - Y.Goosz: Qu'est-ce qui a dysfonctionné?
Comment en est-on arrivés là? Scandale judiciaire ou plus grave encore, une France qui n'a pas pris la mesure du fléau que représente la pédocriminalité? - M.Bouhafsi: L.Valdiguié et A.Martini serons nos invités dans un instant.
Alerte de la Nasa pour la Station spatiale internationale. - A.Bégot: S.Adenot et les autres astronautes ont reçu l'ordre de se préparer à une éventuelle évacuation d'urgence.
Je vous explique pourquoi tout à l'heure. - M.Bouhafsi: La confrontation tendue entre les époux Moretti dans l'incendie de Crans-Montana. - P.Larrouturou: C'est l'occasion pour nous de prendre des nouvelles des 115 blessés et de leur famille. - M.Bouhafsi: Eglantine, vos recommandations culturelles? - E.Eméyé: De la musique classique.
Les cheffes ont décidé de se saisir de la baguette. - M.Bouhafsi: On finira avec notre petit plaisir, D.Segard, déjà en cuisine avec le chef. - D.Segard: Bonsoir.
Je suis avec Damien. Tu vas nous préparer le péché mignon de M.Cymes. - On va faire des petits farcis revisités version Nord. - M.Bouhafsi: On va se régaler.
Après 20h, nos invités seront M.Cymes, B.Solo, P.Obispo et B.Caïazzo.
Avant cela, de la tragédie au scandale d'Etat. La mort de la petite Lyhanna, un traumatisme français. Des lenteurs insensées...
La classe politique parle d'un naufrage judiciaire. Le président Macron se dit choqué et évoque des dysfonctionnements inacceptables. Les mots ne manquent pas après ce drame. - Le corps retrouvé dans le Gers est bien celui de Lyhanna. - Les médecins légistes, en l'état, ne sont pas en mesure, aujourd'hui, de déterminer quelles sont les causes de la mort. - Le corps a été trouvé dans un silo agricole. - Beaucoup d'oiseaux tournaient autour du silo.
Ca m'a paru louche. - Le principal suspect a travaillé pendant près de 6 ans dans ce silo. - M.Bouhafsi: L.Valdiguié, grand reporter police-justice, est notre invité.
Bonsoir. - L.Valdiguié: Bonsoir. - M.Bouhafsi: Merci d'avoir accepté notre invitation.
Vous allez être rejoint par A.Martini, secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats. Tout de suite, l'Edito de Y.Goosz.
L'émotion, la colère et la recherche de coupables après les dysfonctionnements qui ont conduit à la mort de Lyhanna, dont le corps a été retrouvé hier. Tragédie dont toute la classe politique s'empare. Les politiques n'ont-ils pas une responsabilité? - Y.Goosz: Tout le monde exprime son choc.
Le président depuis le Monténégro, les candidats à l'élection présidentielle, dont certains, comme J.Bardella, accablent directement les juges. L'émotion est considérable. - C'est un vrai dysfonctionnement de l'Etat.
On ne peut plus se contenter de réponses partielles. Mon téléphone a sonné hier soir avec, à l'autre bout du fil, le cabinet de la présidence. Enfin des mots qui m'ont semblé à la hauteur de la situation. - Y.Goosz: Matignon bouscule son agenda.
Le Premier ministre convoque les ministres de la Justice, de l'Intérieur et du Budget. S.Lecornu exige une mission d'inspection qui devra rendre ses conclusions sous 15 jours.
Le garde des Sceaux convoquera à son tour tous les procureurs généraux lundi. Son cabinet rappelle que G.Darmanin avait pris et diffusé dès sa prise de fonction, en janvier, une circulaire pénale pour que les plaintes concernant les enfants soient prioritaires. - M.Bouhafsi: Cela n'aurait pas été le cas, là? - Y.Goosz: Non.
La pression est très forte sur la procureure de la République d'Auch. - Dans le cadre d'une enquête pénale, l'audition du mis en cause est toujours le dernier acte d'enquête à effectuer après que l'ensemble des autres investigations a été réalisé. - Y.Goosz: Réactions de la conférence des procureurs. - M.Bouhafsi: Une manière de dire aux politiques de ne pas se défausser sur la justice. - Y.Goosz: E.Macron considère que ça n'a rien à voir avec des problèmes de moyens.
Un député avait alerté pourtant le gouvernement en avril 2025. - C'est des moyens qui sont déjà alloués mais pas pourvus. J'ai interpellé le ministère de la Justice il y a un an sur les postes de magistrats non pourvus au tribunal d'Auch.
Il manquait 3 magistrats, dont 1 en charge des mineurs. Ca a dégradé le fonctionnement du tribunal. Je ne sais pas si ça a eu un impact, mais je pense que la question est légitime. - Y.Goosz: Il y a aussi la question du déficit budgétaire.
C'est à la Justice qu'on demande un gel de crédits de 414 millions d'euros pour cette année. Ca ne concernait pas, précise Bercy, les personnels greffiers, policiers et juges. G.Darmanin se défend avec sa circulaire.
Mais la France est l'un des pays d'Europe avec le moins de procureurs rapporté au nombre d'habitants. S'il n'y a pas un procureur pour donner suite à un signalement, ça n'avance pas. Des procureurs à qui on dit, un jour, que la priorité, c'est le terrorisme, le lendemain, le narcotrafic, et le surlendemain, la pédocriminalité.
C'est comme si la France n'avait pas pris la mesure du fléau. La Belgique a beaucoup bougé après l'affaire Dutroux. Nous, on a eu Bétharram, Outreau, Le Scouarnec, et ça n'a pas suffi.
Les associations de victimes appellent à manifester lundi à 19h. Certains disent qu'il faut des fichés S, comme pour le terrorisme. Un principe de précaution comme pour l'environnement.
Preuve de nos lacunes: lundi dernier, les députés ont voté à l'unanimité la loi Bétharram, qui protège mieux les mineurs, mais qui protège le secret de la confession. Encore aujourd'hui, des religieux pourraient ne pas dénoncer des violences sexuelles. - M.Bouhafsi: A.Martini, bonsoir.
Vous êtes procureur de la République adjoint à Meaux et secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats. L.Valdiguié, on a appris qu'il s'agissait bien du corps de Lyhanna.
Qu'est-ce qu'on apprend ce soir? - L.Valdiguié: Il n'y a pas beaucoup de suspense.
La probabilité qu'une autre petite fille de 11 ans soit disparue était assez faible. En plus, elle avait les vêtements de Lyhanna. Ce soir, on sait que la justice a failli.
Mon voisin ne va pas être d'accord. La gendarmerie a failli. L'Etat a failli.
Cette petite fille aurait dû être protégée. Elle ne l'a pas été. Il y a plein d'affaires où on peut dire tout le temps "s'il y avait eu ceci ou cela..." Ca tient avec des "si".
Là, il n'y a pas de "si". Quand on met à plat l'itinéraire de cette plainte d'août 2025...
Jérôme B. aurait dû être en garde à vue, être arrêté. Le voisinage aurait dû savoir tout ça.
Il n'aurait plus dû être au contact d'enfants. Il n'aurait pas dû faire ce qu'il a fait. Les pédocriminels ont une spécialité, outre leur perversion sexuelle: ce sont des très grands manipulateurs. - M.Bouhafsi: Vous avez vu les plus grandes affaires de police-justice.
Vous avez l'air ému. - L.Valdiguié: Je suis ému parce que...
On sort d'une mise à plat de tout ça, jour par jour...
Maintenant, la machine se met en route pour essayer de comprendre ce qui s'est passé. Tout est défaillant. - A.Bégot: On fait aujourd'hui ce qu'on aurait dû faire depuis des mois, voire des années? - L.Valdiguié: On sait tout ça aujourd'hui parce que la maman a appelé BFM.
Ca fait plusieurs jours qu'il y a le visage de Lyhanna et de son agresseur. Elle a appelé BFM! Si elle n'avait pas appelé et si la journaliste n'avait pas fait un boulot admirable pour comprendre tout ça, on l'ignorerait encore.
Il n'y aurait pas...
On emploie tout le temps le mot, mais il n'y aurait pas "un scandale d'Etat". Il y a les enquêtes administratives...
J'ai beaucoup d'admiration pour les magistrats et pour les gendarmes. C'est un travail très difficile. Parfois, il y a un tel manque de moyens...
C'est très dur de juger, d'enclencher l'action publique. Nous, les journalistes, on a le boulot facile: on observe. Eux font un boulot difficile.
Mais là, quand même, quand ils font à ce point des erreurs d'appréciation, des erreurs si lourdes de conséquences...
Quand on demande à la chancellerie si quelqu'un a démissionné, si quelqu'un en tire individuellement les conséquences, si quelqu'un dit "je n'aurais pas dû, pardon..." Personne. - M.Bouhafsi: E.Macron a dénoncé un dysfonctionnement inacceptable.
G.Darmanin a aussi pointé un dysfonctionnement. S.Lecornu s'est dit choqué par l'affaire.
Une enquête est menée. J'ai dans les mains 4 pages de plaintes et d'affaires liées à ce Jérôme B. On apprend que 2 plaintes ont été déposées.
Est-ce que vous pouvez dire que c'est un naufrage judiciaire? - A.Martini: Non seulement j'entends, mais je partage.
Oui, c'est une faillite. Je ne peux pas être en contradiction avec ça. C'est une faillite.
On a manqué au devoir qui est de protéger les plus faibles. Les plus faibles sont les enfants. Evidemment que c'est une faillite.
Vous voyez...
Le fait de faire le constat doit nous amener immédiatement à nous poser d'autres questions. "Pourquoi?" Et chercher à comprendre pour que jamais ça ne se reproduise.
Dit comme ça, ça pose la question de s'il y a eu des errements individuels. Les inspections le diront. S'il y en a eu, je n'ai pas de difficultés avec le fait que ce soit mis sur la place publique.
C'est un peu tôt pour le dire. Il faudrait prendre des précautions. - M.Bouhafsi: Je suis désolé, mais j'ai un 1er signalement classé sans suite.
Un licenciement pour comportement inapproprié en 2021. Vérifications en cours pour savoir si ces faits ont donné lieu à un signalement judiciaire...
Première plainte en 2022 pour viol sur un enfant de 7 ans. 2e plainte pour viol sur mineur en août 2025. 2 plaintes hier...
Ce n'est pas "tôt", quand on a tout ça. - A.Martini: On part du principe que toutes ces informations étaient connues au moment où on a pris la décision.
On verra. Il y a une émotion...
Je vais vous dire les choses clairement. J'ai été chef d'une section des mineurs. Quand vous êtes au parquet, que vous travaillez sur les mineurs, vous vous dites que vous êtes utile et que vous faites en sorte de protéger.
Vous voulez faire en sorte que les gamins qui vous sont confiés à travers les dossiers, que leurs agresseurs soient mis hors d'état de nuire. Quand vous voyez un truc comme ça, vous vous remettez en question à un point...
Ca n'a rien à voir avec la douleur de la famille. Mais vous avez une remise en question extrêmement forte, car vous faites ce boulot pour que ça n'arrive pas. C'est difficile, en plus, avec la photo de cette gamine à l'écran, mais si on essaie de prendre du recul, il faut se demander ce qu'on peut faire pour que ça aille mieux.
Il n'y a pas seulement les défaillances personnelles éventuelles. On les verra. Il y a des défaillances structurelles.
Qu'est-ce qui ne fonctionne pas dans l'institution et qu'est-ce qu'on peut améliorer pour que ça se reproduise jamais ou le moins possible? - Y.Goosz: Les éléments du dossier ont navigué par La Poste. - A.Martini: Le professionnel que je suis est obligé de vous dire que ce sont des délais habituels dans l'institution judiciaire. - E.Eméyé: A l'ère du numérique, quand on tape le nom du suspect, les anciennes accusations devraient apparaître. - A.Martini: Il y a plusieurs questions.
Les procédures commencent à être numérisées. Petit à petit, on n'aura plus ces délais postaux qui sont des délais de transmission de courrier. Je vais vous dire les choses clairement.
Quand vous avez une prise de plainte pour un crime, un viol, et que l'officier de police judiciaire prend la plainte, il avise immédiatement le procureur de permanence, de jour comme de nuit. Ca fait 15 ans que je fais ce métier. J'ai été réveillé un nombre de nuits assez important pour ce type d'affaires.
Vous donnez immédiatement des 1res instructions. Si vous n'êtes pas compétent territorialement, vous pouvez faire une transmission interservices à la brigade compétente. Je ne sais pas comment ça s'est passé, là. - L.Valdiguié: Moi, je sais.
Vous parlez comme un livre. Là, on parle d'un cas précis. Vous savez combien il y a de kilomètres entre Auch et Toulouse?
Excluons l'informatique où la plainte serait transmise à la seconde. La plainte a mis 13 jours à passer de Toulouse à Auch, 13 jours postaux. Ensuite, il a fallu un mois aux greffes pour qu'elle arrive sur le bureau...
Ensuite, 10 jours pour que le procureur ouvre la plainte. 6 mois pour que la brigade s'en saisisse. Ce n'est pas une brigade...
La brigade territoriale n'est pas faite pour ça. Tout dysfonctionne! Vous ne pouvez pas dire...
Rien ne marche, dans cette affaire. On le sait! On le saura avec précision après l'inspection.
Vous devez dire un seul truc: "Il n'y a rien qui marche." - A.Martini: Je suis prêt à dire que ça n'a pas fonctionné.
Mais la question que je pose...
Vous dites que ça a mis 13 jours à arriver au service courrier. Au service du courrier, quand les dossiers arrivent, ils mettent 4, 5 ou 6 jours à remonter au bureau d'ordre. - L.Valdiguié: Ils ont fait avec cette plainte comme si c'était un vol de poules! - A.Martini: Je veux bien qu'on parle de la priorisation... - M.Bouhafsi: On va avancer sur un point dans cette affaire.
Une petite musique monte depuis le début de la journée. L'extrême droite appelle à la démission de G.Darmanin.
Des têtes doivent tomber, aujourd'hui? - L.Valdiguié: Ca, c'est autre chose.
Ca, c'est la campagne présidentielle 2027 qui démarre dans ce silo du Gers. - M.Bouhafsi: Elle a commencé? - L.Valdiguié: Elle a commencé dans le silo du Gers avec la découverte du corps de la petite fille.
C'est un fait sur lequel tous ceux qui sont candidats doivent avoir une opinion. La présidentielle, c'est toujours l'espérance, la colère ou la peur. Là, on est à fond dans la colère.
C'est l'un des moteurs d'une présidentielle. Tout le monde va avoir un avis et tout le monde va avoir son avis. Malheureusement, dans le dénigrement des juges...
Ils font un boulot remarquable. Il ne faut pas jeter les juges...
Heureusement qu'ils sont là. Ils sont indépendants. Ils font un boulot super.
C'est très dur d'être magistrat. Mais quand ça dysfonctionne aussi ouvertement, il ne faut pas tirer le parapluie du système et le parapluie de l'embolisation. La brigade territoriale a zéro stock de dossiers judiciaires.
Il ne faut pas dire que cette brigade territoriale, celle de Lectoure, qui avait en charge ce dossier, était débordée. Elle a zéro stock! Elle est saisie du dossier le 9 janvier.
Elle doit organiser 48 heures de garde à vue, 48 heures de perquisitions...
Ca lui prendrait 2 jours. - M.Bouhafsi: Une mère de famille appelait tous les matins... - L.Valdiguié: Il y a des gendarmes qui ont très bien fait leur boulot.
Mais il y a une frontière administrative qui date de la Révolution française entre la commune où est domiciliée la maman et le Gers. Tout d'un coup, il y a une ligne...
Les départements ont été construits pour être à une journée de cheval de la préfecture. On est toujours sur une division administrative de la journée de cheval. Là, il y a un mur...
La gendarmerie n'appelle pas le parquet d'Auch. La maman a l'adresse du parquet d'Auch. Il y a le système, tout ça...
Mais il suffirait d'un téléphone, un coup de fil, un mail...
Ca paraît du bon sens. Plein de policiers, de juges et de magistrats font ça. Ils appellent un collègue.
L'autre jour, je demandais à un policier de la brigade des mineurs... "Quand on sait qu'un type est dangereux, on appelle en direct et on envoie la procédure." Ca se fait tout le temps.
Il y a tous les jours des gens admirables. Là, il se trouve qu'un mélange de bêtise, d'incompétence, de système...
Lyhanna est morte. Il y a plein d'affaires...
On ne serait pas au courant de tout ça. - A.Martini: Des gens admirables, il y en a partout, mais un système ne peut pas reposer que sur des gens admirables.
Il doit aussi reposer sur des gens normaux. Le système doit être robuste. Il faut faire en sorte que le système en lui-même, l'organisation puisse pallier les défaillances.
Sinon, des défaillances comme ça, vous allez en avoir. Il n'y a pas des gens admirables partout. Il y a aussi des gens normaux, des gens fatigués...
Notre système doit avoir de la robustesse. - M.Bouhafsi: Vous dites que c'est un manque de moyens? - A.Martini: Quand on dit qu'il est interdit de parler du manque de moyens...
Il y a 4 fois moins de procureurs en France que la moyenne européenne. - L.Valdiguié: Là, ils sont 4. - A.Martini: Il y en a un qui est absent. - L.Valdiguié: Il n'y a pas de stock de dossiers à Lectoure.
Le manque de moyens ne marche pas, dans ce cas-là! - A.Martini: Si.
Ils devraient être 16 et pas 4. Sur la gendarmerie de Lectoure, vous dites qu'il n'y a pas de stock judiciaire. Mais vous faites comme si un gendarme ne faisait que du judiciaire.
Ce n'est pas vrai. Il a peut-être des contraintes... - L.Valdiguié: Bien sûr... - A.Martini: L'inspection le dira.
S'il était en contrôle routier toute la journée ou en mission de lutte anti-cambriolage, il n'avait pas forcément le temps. Il faut aller au fond des choses. Je ne dis pas qu'il ne faut pas tirer de conclusions.
Les inspections le diront. - Y.Goosz: Je vous cite les propos du rapporteur de la Ciivise.
Il y a tant d'autres priorités... "Est-ce que les violences sur mineur sont une priorité parmi d'autres priorités après d'autres priorités?" - L.Valdiguié: Il y a 160 000 agressions sexuelles sur enfants.
C'est une criminalité de masse. Les femmes et les enfants sont victimes...
Il n'y a que 3 % de femmes en détention. La violence est une affaire d'hommes. - Y.Goosz: Il y a aussi les violences du périscolaire à Paris... - L.Valdiguié: 1 femme tous les 3 jours est tuée sous les violences de son mari.
V.Despentes dit que si un ouvrier tuait son patron tous les 3 jours, ce serait très vite un scandale. C'est vrai.
Si, en une semaine, 3 ouvriers tuaient leur patron, ce serait un drame. Le drame d'aujourd'hui, c'est ça. Plusieurs signalements et une plainte pour viol d'une petite fille de 11 ans, Rosa, très précise, avec des constatations, des examens médicaux accablants...
Il n'y a pas de doute. Cette petite fille a parlé. C'est déjà difficile.
Elle a désigné son agresseur. Il la manipulait pour qu'elle ne le fasse pas. Il y a des constatations médicales.
Un gendarme prend la plainte. Et là, il ne se passe rien. Les magistrats sur lesquels c'est tombé, il n'y en a aucun, à Toulouse, à Auch et dans la chaîne pour lequel la lumière rouge s'est allumée.
Ca ne s'est pas allumé, parce que culturellement, ça ne s'allume pas assez sur les enfants. La France est en retard. - M.Bouhafsi: J'ai une question concrète.
On apprend que J.Barella a été licencié du lycée de Lectoure pour des comportements inappropriés sur des adolescents en 2021. Là encore, pas de signalement au procureur.
D'autres demandent la création d'un fichier dans lequel on mettrait le nom de tous les individus...
C'est aussi la demande des associations de protection de l'enfance. En France, on n'a pas de fichier numérique, en 2026, avec les hommes et les femmes qui font l'objet d'un signalement ou d'une plainte pour violences sexuelles sur mineur, comme il existe le même fichier pour le terrorisme. Une personne n'est pas contrôlable d'une région à une autre. - A.Martini: Je ne vais pas vous dire le contraire... - M.Bouhafsi: Pourquoi vous ne le demandez pas? - A.Martini: On a fait plein de propositions qui n'ont jamais été entendues.
Sur la priorisation...
Il y a 64 circulaires adressées aux procureurs en 2025. Il y en a 50 en 2026, à l'heure où on parle. Tout est prioritaire.
On a une circulaire il n'y a pas longtemps sur les violences faites aux animaux. Elle était aussi prioritaire. - A.Bégot: Il n'y a pas d'échelle? - A.Martini: Non.
Bien sûr qu'on priorise les violences faites aux enfants. La difficulté, c'est que quand vous dites que la lumière rouge ne s'allume pas...
Vous avez des magistrats plus ou moins formés, plus ou moins spécialisés. La priorité, quand vous regardez un dossier comme ça et que vous n'avez pas l'habitude de cette matière...
C'est un dossier qui sort de l'ordinaire dans son horreur. Mais quand vous êtes un parquetier des mineurs, des dossiers comme ça, vous en voyez tous les jours. La priorisation repose sur des critères comme la coexistence entre le mis en cause et la victime, si ça concerne quelqu'un qui est en lien habituel avec des mineurs...
Il faut faire la part des choses. C'est très difficile dans le temps de l'émotion et du deuil. Le principe de précaution...
Que dira-t-on le jour où on placera un enseignant en garde à vue et qu'il va se suicider et qu'on se rendra compte qu'il n'y avait rien? Il faut faire attention à ça. On manipule la vie des gens des 2 côtés.
Outreau, ce n'était pas si loin. On a reproché au juge d'avoir trop écouté les enfants. - M.Bouhafsi: J'entends le principe de précaution, mais avec toutes ces affaires, c'est difficilement audible pour les Français.
Merci, L.Valdiguié. Vous êtes grand reporter à "Marianne".
Merci, A.Martini. Vous êtes procureur de la République adjoint à Meaux, secrétaire adjoint général de l'Union syndicale des magistrats.
Les magistrats français se battent tous les jours...
Tout de suite, la Story de P.Larrouturou. - Ca confirme ce que nous, les parents, on pensait.
Nos enfants n'étaient pas en sécurité dans cet établissement. - Tous ont été brûlés à 45 %. On a peur de ne pas pouvoir leur offrir les moyens de retourner dans une vie normale. - P.Larrouturou: Il y a des histoires qui passent et celles qui restent, parce qu'elles attendent toujours des réponses à leurs questions. 5 mois après l'incendie du bar discothèque le Constellation à Crans-Montana, Jacques et Jessica Moretti, le couple de propriétaires du bar, est auditionné ce matin en Suisse pour être entendu sous le format de la confrontation.
Ce statut divise les avocats. - Je ne suis pas sûr que ce sera le lieu de la spontanéité. Nous verrons.
C'est un couple qui fait le ménage commun. On est à l'Everest de la collusion. - Souvent, en réponse, on a "il faudra demander à ma femme, je ne sais pas"...
Et vice versa. Aujourd'hui, c'est une excellente chose d'avoir ces 2 personnes présentes. - P.Larrouturou: Une confrontation à laquelle a assisté Laetitia.
Son fils Arthur avait 16 ans. Elle a apposé son visage sur son coeur. - Jessica Moretti m'avait dit qu'elle avait toute la compassion pour les familles des victimes.
Pour moi, la compassion et l'empathie commencent déjà par dire la vérité. Ils sont dans la victimisation, actuellement. C'est eux qui ont été lâchés, qui sont anéantis...
Voilà ce que j'ai entendu ce matin. Je suis dans un chagrin intense. J'ai perdu la moitié de mon coeur. - P.Larrouturou: On a aussi voulu prendre des nouvelles du papa d'Artus.
Le soir du Réveillon, il était parti faire la fête avec ses amis. La semaine dernière, il a fêté ses 18 ans avec la moitié du corps brûlé. - Il doit se faire crémer.
Il a des vêtements de compression sur les bras et les mains. Il a été greffé sur des brûlures au 3e degré. Son état va de mieux en mieux, même si c'est très dur.
Imaginez un grand gaillard de 1,92 m, sportif, à 18 ans, qui fait plein d'activités avec ses copains. Il adorait aller à la plage, être au soleil. Ca, c'est fini. - P.Larrouturou: Maximilien est aussi le président de l'association des familles des victimes.
Il alerte ce soir sur un angle mort du drame: la scolarité. - La scolarité d'Artus, ça a été très compliqué. Il a raté 5 mois de cours.
On l'a remonté très rapidement à la délégation interministérielle, qui n'a pas réussi à mobiliser l'Education nationale pour qu'il passe son bac en contrôle continu. Dans 15 jours, il doit passer ses examens dans toutes les matières. C'est une énorme injustice.
Il ne va pas y arriver. Ce sera une double peine pour lui, d'avoir des séquelles à vie et en plus, d'avoir un risque énorme pour la suite, ne pas avoir le choix de redoubler. Il a peur pour le bac.
Ma plus grande peur, c'est de ne pas lui offrir les moyens de retourner dans une vraie vie normale. - P.Larrouturou: On sait que Jacques Moretti a passé 2 semaines derrière les barreaux avant d'être libéré sur caution.
On sait que ce sont les étincelles des bougies qui ont enflammé une mousse acoustique installée au plafond du bar. Jessica Moretti s'est vu aujourd'hui notifier un nouveau chef d'accusation: faux dans les titres. En clair, les enquêteurs la soupçonnent d'avoir produit une fausse facture concernant cette mousse. - On a découvert que Jessica Moretti avait produit une fausse facture, qui a été examinée par les enquêteurs.
C'est un coup de théâtre. Cette pièce devait exonérer les époux Moretti. Et il se trouve que c'est un faux.
Ca vient encore une fois, si besoin en était, démontrer que ce couple était diabolique. - P.Larrouturou: 14 personnes sont désormais visées par l'instruction.
Les élus et les employés de la commune sont tous mis en cause pour négligence. Aucun contrôle de sécurité incendie n'avait été effectué dans le bar depuis 2019. - M.Bouhafsi: Merci beaucoup.
C'était le placement refuge des Français, mais le livret A ne fait plus autant rêver. Les Français en ont retiré plus de 4 milliards d'euros depuis janvier. Où va cet argent?
Pas toujours vers de meilleurs placements. Beaucoup le gardent sur le compte courant. - Etant donné que le taux du livret est de 1,5 %, ce n'est pas intéressant. - Le taux du livret A baisse.
On peut se poser des questions. - Le livret A, c'était une bonne opération il y a quelques années. Maintenant, ce n'est plus rentable. - Je laisse mon argent sur mon compte courant. - J'ai beaucoup d'argent sur mon compte courant. - C'est rassurant de savoir qu'on a l'argent à disponibilité. - M.Bouhafsi: Bonsoir, F.Lenglet.
Vous êtes journaliste et essayiste. Dans un climat d'incertitudes économiques, 13 % de Français disent désormais laisser tout leur argent sur leur compte courant. Ils y gardent en moyenne près de 7000 euros.
C'est devenu un matelas psychologique pour les Français? - F.Lenglet: Tout est psychologique dans l'épargne.
C'est votre lien au futur. Thésauriser, c'est récupérer le fruit d'un travail passé pour pouvoir se faire une protection pour l'avenir. Les Français, en ce moment, sont probablement encore plus inquiets du futur que d'habitude.
On est déjà un peu des psychopathes du futur, structurellement. Mais ça s'aggrave, pour des raisons bien réelles. La situation économique, le fait que, très probablement, le pouvoir d'achat baisse en France...
Les salaires ont été négociés avant la crise d'Iran. L'inflation est arrivée entre-temps. La différence est négative.
Vous avez cet élément économique mais aussi l'élément politique. On est dans une situation assez incertaine, avec un gouvernement plutôt en situation transitoire. Il y a bientôt l'élection présidentielle...
Tout cela fait un contexte qui aggrave notre tempérament anxieux habituel. - Y.Goosz: On le lit dans le moral des ménages, qui n'a jamais été aussi bas depuis 20 ans. - F.Lenglet: C'est une France qui s'inquiète pour son avenir, qui redoute d'avoir à faire face à des dépenses.
Ce n'est pas très rationnel. En période d'inflation, vous avez plutôt intérêt à dépenser votre argent sur le moment plutôt que d'attendre que les prix montent. On est dans la psychologie.
Ce qui est assez troublant, c'est qu'on est un des pays qui épargne le plus au monde et on est aussi l'un de ceux qui ont les protections les plus importantes. La Sécurité sociale rembourse 90 % des dépenses, c'est unique. La retraite, on a un système qui mobilise une partie importante des ressources collectives. - M.Bouhafsi: On ne devrait donc pas avoir peur?
En tout cas, un peu moins peur? - F.Lenglet: On peut se dire que la collectivité pourvoira à nos difficultés si jamais on a un accident de la vie.
En fait, pas du tout. C'est comme si plus on était protégé, plus on en voulait. On rajoute un matelas personnel...
Ceux qui laissent leur argent sur un compte courant, ce sont des gens qui épargnent peu. - M.Bouhafsi: Vous leur conseillez quoi?
La moyenne, c'est environ 7000 euros sur le compte courant. - F.Lenglet: Le premier degré indispensable, c'est au moins de mettre cet argent sur un livret.
L'argent est disponible quasiment comme sur un compte courant. On peut même faire des virements avec son téléphone. Et ça rapporte quand même 1,5 %.
Ce n'est pas beaucoup, mais c'est mieux que zéro! - A.Bégot: Justement, le livret A aujourd'hui, 1,5 %, ça a longtemps été le placement préféré des Français.
Ils ont retiré 4 milliards d'euros depuis le début de l'année. Est-ce que ce livret A ne faillit pas à sa promesse de protéger le pouvoir d'achat face à l'inflation? - F.Lenglet: Oui, car l'inflation est à 2,5 alors que le livret A est à 1,5 point et les économistes disent que 2026 sera une année plus inflationniste que 2022, où il y avait le bouclier tarifaire.
Là, on prend de plein fouet cette hausse de l'énergie. Je pense que c'est lié à ça, d'un côté. Vous avez une rémunération assez faible, et de l'autre, les dépenses énergétiques qui flambent.
Mais ce n'est pas forcément éternel. Ce livret A verra certainement son taux augmenter bientôt, avant l'été. - A.Bégot: A cause de l'inflation? - F.Lenglet: Ce n'est pas le seul déterminant.
Mais il va monter, c'est immanquable. On verra probablement l'argent suivre cette évolution. De tout temps, on a vu des cycles dans le livret A.
Dès qu'il est bien rémunéré, il attire l'épargne. Et puis, ça se détériore... - M.Bouhafsi: On critique souvent les Français qui épargnent. 6500 milliards d'euros épargnés en 2025, c'est près de 2 fois la dette publique.
Cette montagne d'argent est aussi une force pour la France? Une force d'assurance? C'est dire que les banques et les prêteurs ne doivent pas s'inquiéter? - F.Lenglet: C'est paradoxal.
D'un côté, vous avez raison, ça contribue à la solidité du système financier français. Si tout le monde retirait son argent en même temps, on serait coincés. C'est la crise de liquidités et ça arrive 2 fois par siècle.
On est passé tout près en 2008. Ca peut se reproduire. Heureusement, ce n'est pas le cas aujourd'hui en France.
Mais quand on regarde les choses plus loin, on se dit que cet argent, ça devrait être du carburant pour l'économie, qu'il devrait être investi dans les entreprises. Mais ce n'est pas le cas. Il va beaucoup dans le livret A.
C'est recyclé pour le logement social...
Mais c'est un peu facile. Il va aussi en assurance-vie. C'est la dette publique de l'Etat, ce n'est pas inutile. - M.Bouhafsi: Mais c'est dangereux?
Quand on épargne trop, on met en difficulté les entreprises françaises, le logement et la défense? - F.Lenglet: Quand vous épargnez trop, l'activité est plus faible.
Vous stérilisez une partie de l'argent, qui n'a pas d'utilité. Après, tout dépend où vous épargnez. Si vous investissez, l'argent est recyclé dans l'économie productive.
Si vous le mettez dans un frigidaire, et la dette publique, c'est un peu ça...
J'exagère. Ca sert à financer les dépenses de l'Etat, ce n'est pas inutile. Mais il y a une autre théorie intéressante.
Les gens, sans même le savoir, à partir du moment où ils voient que l'Etat est endetté, se disent qu'un jour ou l'autre, on va les attendre avec le marteau fiscal. - M.Bouhafsi: C'est la peur que l'Etat puisse prendre notre épargne? - F.Lenglet: Techniquement, ce n'est pas impossible.
On peut très bien imaginer une situation de crise financière dans laquelle l'Etat dise que 10 % des avoirs...
Ca arrive une fois par siècle, s'il y a une guerre, par exemple... - Y.Goosz: En disant ça, vous allez dire aux Français de laisser l'argent sur le compte courant! - F.Lenglet: Non.
Si on en était réduit à ces extrémités, les comptes courants seraient aussi menacés. On avait pensé un moment taxer les comptes courants, il y a une vingtaine d'années en Europe. Il ne faut pas penser que la modernité nous protège des bonnes vieilles méthodes, qui sont la confiscation de l'argent de la part d'un Etat impécunieux qui cherche à se financer et qui ne trouve plus de prêteurs.
Ca arrivera un jour, le plus tard possible! Mais ce n'est pas impossible. - E.Eméyé: En tout cas, on épargne de plus en plus et notre façon de consommer a complètement changé. 315 millions de colis ont été livrés en Ile-de-France l'an dernier, soit 17 par Franciliens. - Il y a des périodes où je commande beaucoup, comme Noël...
Sinon, peut-être une fois par mois. - Je m'habille beaucoup... - Je favorise la livraison plutôt que d'aller en magasin. - E.Eméyé: Le colis est presque un peu le symbole de cette économie où on veut tout, tout de suite. - F.Lenglet: C'est l'économie.
On est tous comme ça. - E.Eméyé: Mais ça a un coût, cette économie?
L'emballage, le transport... - F.Lenglet: Si vous allez vous-même faire vos courses, vous émettez aussi du carbone. - E.Eméyé: Mais il y a aussi des retours... - F.Lenglet: 6 % des envois sont retournés à l'expéditeur.
C'est vrai que c'est beaucoup, c'est certain. Ce qui est d'ailleurs étonnant, c'est que plus on habite dans les villes, plus on utilise la livraison à domicile. Ca s'explique assez bien.
Les temps de transport dans les villes sont plus longs. On se dit qu'on va plutôt faire faire le transport à quelqu'un d'autre. Même si c'est neutre en termes climatique, pour mon temps à moi, ce n'est pas neutre!
Mais ça a aussi un coût social. Nous, on appuie sur un bouton et le truc est livré sur le paillasson le lendemain. Mais quand vous appuyez sur le bouton, ça déclenche une armée des ombres qui travaille souvent dans des conditions assez difficiles.
Les livreurs font jusqu'à 150 colis par jour, avec des statuts d'entrepreneur, donc sans aucune garantie! Nous, on reçoit le paquet tout propre, on n'a pas conscience de ça. Le côté positif, c'est que ça donne du travail à une partie des Français.
C'est vrai que le secteur logistique est l'un de ceux qui embauche le plus. Mais ce sont des emplois qui, à moyen terme, sont un peu menacés. Il y aura bientôt la voiture autonome et c'est elle qui fera la livraison. - M.Bouhafsi: Merci, F.Lenglet.
C'est toujours un plaisir de vous recevoir. Je rappelle votre livre: "Qui sera le prochain maître du monde? La France face au nouveau chaos".
Vous y expliquez que la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine bouleverse le monde et si la France peut encore peser dans ce rapport de force. Tout de suite, le 5/5. Amandine, cette alerte de la Nasa. - A.Bégot: La Française S.Adenot et les autres astronautes de l'ISS ont reçu l'ordre cet après-midi de se mettre à l'abri dans leur vaisseau et d'enfiler immédiatement leur combinaison spatiale pour se préparer à une éventuelle évacuation d'urgence.
Une alerte lancée après la découverte d'une fuite d'air dans la station. - La devise, quand on s'entraîne, c'est "se préparer au pire en espérant le meilleur". Les 3 cas d'urgence, c'est la fuite, le feu et la toxicité d'air.
Il y a 2 ans, ils ont perdu 1/3 de l'atmosphère avant d'avoir pu isoler la fuite. C'est une des raisons pour lesquelles les astronautes maintiennent leur activité sportive avec 2 heures de sport tous les jours. Il faut être prêt à évacuer à tout moment. - A.Bégot: Cette fois, plus de peur que de mal.
L'équipage se prépare à quitter le vaisseau et à regagner la station. - M.Bouhafsi: V.Zelensky écrit à V.Poutine. - A.Bégot: Une lettre ouverte dans laquelle le président ukrainien propose un tête-à-tête à son homologue russe pour mettre fin à la guerre.
Une démarche saluée par D.Trump. "Ce serait super", a dit le président américain.
E.Macron salue une bonne initiative. - E.Macron: Ce sont aujourd'hui l'Ukraine et la Russie qui peuvent bâtir un cessez-le-feu et un plan de paix.
Ce sont les Européens qui peuvent y aider, d'autant que nous sommes de très loin les plus gros contributeurs à l'effort de guerre ukrainien. C'est une bonne initiative et une bonne chose qu'il y ait des discussions qui puissent reprendre. - A.Bégot: Pour l'instant, pas de réponse de V.Poutine.
Le Kremlin indique qu'il a eu la lettre mais qu'il ne l'a pas lue. V.Zelensky est, selon eux, le bienvenu quand il le souhaite à Moscou.
Cette lettre a été publiée au lendemain d'une attaque de drones ukrainiens sur Saint-Pétersbourg. - Ces frappes ont l'intérêt d'avoir un effet psychologique considérable. Le fait de déplacer cette guerre sur le territoire du pays qui nous agresse a un impact significatif sur le climat social à l'intérieur même de ce pays.
Les gens qui pouvaient auparavant voir ces belles images d'opérations victorieuses menées sur le territoire ukrainien vivent maintenant cette guerre chez eux. - A.Bégot: Les drones qui ont aussi touché ce matin le port roumain de Constanta, sur la mer Noire.
Explosion. Une explosion impressionnante mais heureusement, aucune victime. L'Ukraine a admis qu'il s'agissait de l'un de ses appareils, perturbé par le brouillage russe. - M.Bouhafsi: Du nouveau dans l'enquête sur le mégafeu qui a ravagé au mois d'août le massif des Corbières. - A.Bégot: Le plus gros feu de l'été dernier.
Il avait traversé 7 communes de l'Aude et détruit 36 maisons, causant la mort d'une femme de 65 ans. Les pompiers avaient mis 3 semaines pour en venir à bout. 10 mois plus tard, un agent de l'ONF a été mis en examen.
Il est soupçonné d'avoir involontairement déclenché le feu en jetant un mégot de cigarette par la fenêtre d'une voiture de patrouille. - Sciemment ou inconsciemment mettre le feu, alors qu'on les sait formés et passionnés par leur métier...
Je n'arrive pas à y croire. - A.Bégot: Lors de sa garde à vue, l'individu a contesté les faits.
De son côté, l'ONF fait savoir qu'elle n'est pas mise en cause. Près d'un an après, les dégâts restent considérables et nettement visibles. Près de 11 000 ha entièrement détruits.
Dans ce contexte, le ministre de l'Intérieur a annoncé hier l'achat de 2 canadairs supplémentaires. Des appareils promis par E.Macron en 2022 mais qui ne seront livrés qu'en 2032. - La saison va être extrêmement longue et tendue.
Il faut que tout un chacun fasse extrêmement attention, puisque chaque comportement va avoir une incidence néfaste sur le risque de feu de forêt. 9 incendies sur 10 sont dus à la main humaine. Il faut appuyer sur le curseur de la prévention et d'éducation de nos concitoyens pour avoir les bons gestes et éviter les risques d'incendie. - M.Bouhafsi: Il y a désormais en France plus de fermetures de librairies que d'ouvertures. - A.Bégot: 83 librairies ont été ouvertes l'an dernier contre 135 en 2024.
Et 85 ont fermé...
Le phénomène semble s'accentuer depuis début 2026. On l'a vu ces dernières semaines avec le placement en redressement judiciaire de plusieurs enseignes comme Gibert à Paris et le Furet du Nord. - On réfléchit à des solutions pour garder et attirer nos clients lecteurs.
On essaie également d'attirer un public plus jeune, de le fidéliser, que ce soit par la lecture de ce qu'on appelle la New Romance et aussi par le manga ou la BD. - A.Bégot: Pour faire face, les librairies rivalisent d'ingéniosité.
Exemple à Paris où cet établissement ne vend plus seulement des livres. Vous pouvez aussi déguster un délicieux café. - On constate une baisse de la fréquentation.
Le côté café nous aide à avoir un peu plus de chiffre. On a choisi le café, mais ça peut être des jeux de société, des ventes autres que le livre en tant que tel. Il y a une nécessité de faire autre chose. - M.Bouhafsi: C'est aussi la conséquence directe de la vente à distance? - F.Lenglet: Je me suis intéressé au sujet il n'y a pas longtemps.
J'ai été très surpris. Je me disais que c'était les écrans, qu'on lisait moins...
Pas du tout! C'est un phénomène français et allemand, car aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, les ventes de livres progressent. En France, on a un système assez rigide: le prix du livre.
C'est trop cher! La meilleure preuve, c'est que les ventes de livres d'occasion explosent! Dans les pays où il n'y a pas le prix unique du livre...
Ca pose d'autres problèmes, car il était fait pour protéger les petites librairies. Mais avec la crise du pouvoir d'achat, ça devient contre-productif. L'offre alternative n'est pas là. - M.Bouhafsi: Vous êtes le premier auteur à dire que les livres sont trop chers! - F.Lenglet: Je préférerais en vendre plus un peu moins cher! - M.Bouhafsi: Pour acheter les livres de F.Lenglet ou de L.Valdiguié, mieux vaut se rendre en librairie!
Au Japon, un ours sème la panique. - A.Bégot: Une histoire folle.
Un homme poursuivi par un ours, en pleine ville, à Fukushima. L'homme va finir par tomber au sol. L'ours, lui, sans doute effrayé par la voiture qui arrive derrière, se retranche dans un bâtiment.
A l'intérieur, il aurait réussi à ouvrir un robinet pour boire de l'eau. L'animal a traversé la moitié de la ville et fait 4 blessés auparavant dans 2 usines différentes. Puis il s'échappe du bâtiment en déverrouillant lui-même visiblement le loquet de la fenêtre.
Le maire de la ville a souligné son extrême ingéniosité. ... - A.Bégot: L'ours est toujours en cavale.
Il n'a pas été retrouvé. Si l'événement fait du bruit au Japon, c'est aussi à cause du contexte tendu dans le pays. 13 personnes ont été tuées par des ours l'année dernière au Japon.
C'est un record. On a observé près de 50 000 ours dans l'année, là-bas. La population a doublé en moins de 2 ans et les témoignages de victimes inondent les chaînes japonaises. ... - A.Bégot: Preuve de l'ampleur du phénomène, les télévisions japonaises diffusent désormais des vidéos de prévention comme celle-ci pour apprendre à réagir en cas d'attaque. - M.Bouhafsi: On est bien, à Paris, non? - L.Valdiguié: Il y a des ours dans l'Ariège et c'est vrai qu'en randonnée, il vaut mieux ne pas tomber dessus.
Il faut fixer l'ours et ne pas partir en courant. - M.Bouhafsi: Ne pas le croiser est encore mieux!
Ca y est, on connaît l'hymne des Bleus à moins d'une semaine avant la Coupe du monde? - A.Bégot: Oui, c'est ça! ... "Trophée", c'est le titre de cette chanson signée Pokora.
Est-ce que vous vous souvenez des précédentes? - Notre passion toujours nous rassemble... - M.Bouhafsi: Ah oui, Johnny! - A.Bégot: En 2018, on avait eu ça... - Ramener la coupe à la maison... - A.Bégot: Sauf que ce n'était pas sorti avant la compétition mais après la demi-finale de la France face à la Belgique.
Si on remonte plus loin dans le temps, il y avait ça... - Viva, Viva, Viva les Bleus... - A.Bégot: 1986, Coupe du monde au Mexique.
Vous savez qui chante? C'est Carlos! Les Bleus sont toujours à Clairefontaine.
Ils ont reçu cette semaine la visite d'E.Macron. Une image a suscité plein de commentaires, c'est celle-ci: R.Cherki dans une position un peu surprenante sur la photo officielle.
On se demande ce qu'il fait...
Les internautes se sont amusés à des détournements en pagaille sur les réseaux sociaux. Le joueur s'est expliqué. - R.Cherki: Non!
J'étais à côté de madame la ministre. Je ne me voyais pas être au-dessus d'elle ou qu'on la voie moins que moi. Je me suis un peu baissé. - M.Bouhafsi: On salue l'élégance de R.Cherki.
Merci à vous...
Emmanuel Macron