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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 25 avril 2023 5 min

"La détestation qu'Emmanuel Macron suscite a quelque chose d’inédit et dangereux." Mathieu Souquière

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

notre sujet on disait le président veut tourner la page c'est très clairement c'est qu'il montre ce qu'il veut mais non les Français ça leur reste en travers de la gorge j'entendais qu'à l'Elysée en disait ok bon toute façon on va arrêter le les mesures salées on va passer au sucre mais c'est un peu comme si les gens avaient fait n'avaient pas supporté le plat de résistance qui faisait une grosse indigestion et qu'on leur disait et maintenant le dessert et non en fait on a plus faim c'est trop tôt on veut faire une pause et donc le fait de voir le président comme ça tout le temps tous les jours même s'il leur annonce que on est passé au dessert et bien ça ne passe pas et c'est vrai qu'aujourd'hui la popularité du président elle est elle est faible enfin il y a 70% de mauvaises opinions 30% de bonnes opinions ça ça n'a pas encore le baromètre c'est c'est moi par mois sur ce niveau de popularité ça bouge pas là ça fait beaucoup baisser le mois dernier il entendu six points il a perdu 11 points depuis l'annonce de la réforme des retraites pour Elisabeth borne elle a perdu plus vite du terrain et là elle stagne ce sont des niveaux bas et derrière cela alors on rentrera sans doute dans le détail tout à l'heure mais on voit qu'il y a beaucoup de qualificatifs alors on peut retenir un extrêmement sévère quand même qui ressort et ça faut que vous nous détailler effectivement le résultat sur ce trait d'image spécifiquement voilà c'est à dire que il est dynamique ça les Français le disent 55% il est dynamique mais ils sont 65% à dire c'est quelqu'un de brutal c'est 16 points de plus depuis son élection ça veut dire que sur un an on est bien d'accord excusez-moi et là c'est sur un an ça veut dire que c'est déjà quelque chose qui lui était quand même attribué c'est-à-dire le fait que ce soit quelqu'un qui passe en force mais cette réforme des retraites c'est vraiment le symbole de la une forme que l'on passe au forceps que l'on impose il y a aussi un autre attribut qui est le fait que les Français considèrent qu'il n'est pas ouvert au dialogue 80% des Français le disent et c'est vrai qu'il a beau lui aller sur le terrain en disant vous vous bouchez les oreilles mais en fait à la au départ c'est à lui qu'on reproche cela qui est intéressant on y reviendra en détail sur ces autres traits de d'image Mathieu Suker historic si on prend un peu de de recul historiquement de toute façon on le sait bien les réformes des retraites la rendent rarement l'exécutif populaire mais est-ce qu'il y a là une dimension supplémentaire justement avec vous l'évoquiez cet empilement de d'outils d'efficacité constitutionnelle on pourrait appeler ça comme ça qui sont tous légaux mais qui ont été qui se sont succédés est-ce que est-ce que il y a il y a ce cran supplémentaire dans j'allais dire la détestation c'est peut-être un peu fort mais on en est pas loin je crois pas que ce soit fort justement le pouvoir est à l'école d'un popularité donc de ce point de vue là il n'y a pas de surprise il y a pas de nouveautés alors l'impopularité d'une première ministre ou d'un président de la République ça vaut pas la même chose parce qu'une première ministre on peut la remercier et la remplacer donc c'est pas un problème insoluble d'un popularité à Matignon l'impopularité à l'Elysée c'est plus compliqué et même si pour le coup il y a des précédents en matière de d'un popularité et de défiance et même on a tous ressorti les cotes concernant Nicolas Sarkozy François Hollande etc il y a eu parfois pire que Emmanuel Macron il y a effectivement une spécificité qui concerne Emmanuel Macron il y a la défiance mais il y a la défiance avec la longévité c'est-à-dire que les niveaux de défiance atteints par ces prédécesseurs c'était en deuxième partie de quinquennat en deuxième partie de mandat et à l'approche d'un rendez-vous démocratique qui était la future élection présidentielle là le problème c'est que on ne fête pas le premier anniversaire de Macron à l'Élysée mais le sixième anniversaire d'Emmanuel Macron on les disait donc le niveau de défiance il intervient beaucoup plus tôt que d'habitude et par ailleurs si on compare simplement avec son prédécesseur c'est une défiance qui ne génère pas comme avec François monde dont la présidence était dite normale où en fait très horizontale par rapport à celle d'Emmanuel Macron François Hollande quand ça marchait l'opinion le considérait comme plutôt sympathique alors je sais pas si c'est une qualité qui est importante pour un chef d'État mais les gens le trouvaient plutôt sympa parce qu'il ressemblait à tout le monde et puis quand ça s'est inversé les gens ont trouvé à tort ou à raison nul et du coup le sentiment suscité c'est du mépris c'est ce que j'allais dire alors je ne sais pas ce qu'il vaut mieux choisir entre le mépris la détestation mais on voit bien que dans le contexte en tout cas la détestation que la présidence ultraverticule et ultra verticale d'Emmanuel Macron suscite à quelque chose de d'inédit et de dangereux [Musique]