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Conférence de presseRassemblement National (sur YouTube)· 19 septembre 2018 17 minAutoproduitActualité / polémiqueSécuritéSantéInstitutions & électionsImmigration & asile

Conférence de presse de Sébastien CHENU

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 80 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:23PrésentateurFait
    « La République en marche avait des armes non déclarées dans ses locaux »
  • 2:29PrésentateurFait
    « Il n'a pas eu de rétrogradation par écrit »
  • 3:26PrésentateurChiffre
    « 75% des Français approuvent l'audition de M. Benalla par les sénateurs »
  • 5:13PrésentateurFait
    « Hausses des violences aux personnes, hausses des violences sexuelles »
  • 6:52PrésentateurChiffre
    « 3,5 milliards, 3,4 milliards, pour être très précis »
  • 10:39PrésentateurFait
    « Ce texte n'est pas à la hauteur, nous l'avions déjà dénoncé lors de la première lecture »
  • 12:13PrésentateurFait
    « On se demande comment on peut lutter contre la fraude en laissant les frontières grandes ouvertes »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

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0:05
Présentateur

Bien, on va pouvoir parler un petit peu des sujets de la rentrée, puisque je vais reprendre mes points tous les 15 jours ici, pour parler évidemment davantage de la vie parlementaire et de notre action dans la maison que de la vie politique au sens large du terme, même si évidemment les deux sont liés et on n'échappera pas au traitement, notamment l'actualité du jour, de l'affaire Benalla, l'audition d'Alexandre Benalla au Sénat. Au moment où nous nous parlons, l'audition continue.

La forme d'abord, moi je note une différence manifeste entre la qualité de l'audition du Sénat menée par les sénateurs Philippe Bas et Jean-Pierre Sfeur, je dois dire que la comparaison n'est pas en faveur de l'Assemblée nationale quand on regarde la tenue des débats, la maîtrise des débats et la qualité de cette audition et du président de la commission qui pratique cette audition. C'est quand même très différent de ce qu'on a pu vivre à l'Assemblée nationale.

Sur la forme, évidemment, rappelez combien cette affaire Benalla-Macron a pris de l'ampleur et a été relancée à la rentrée, en particulier du fait de l'implication de l'exécutif et du président de la République lui-même dans la gestion normée de ces auditions. Un président de la République qui appelle Gérard Larcher, un ministre de la Ration avec le Parlement qui parle de destitution, ils ont donné finalement une ampleur inattendue à cette audition de rentrée, en en faisant trop comme d'habitude et en perturbant le bon fonctionnement démocratique de nos institutions, ce qui je crois en dit long sur ce que pense fondamentalement M. Macron de nos institutions, du Sénat en particulier.

Ça c'est sur la forme. Sur le fond, au moment où je vous parle, je vois que M. Benalla s'est un peu pris les pieds dans le tapis sur l'ensemble de ses fonctions, d'officier de sécurité, de garde du corps, de chef de cabinet, on n'y comprend plus grand-chose. Je note qu'il nous indique que la République en marche avait des armes non déclarées dans ses locaux, qu'il n'a pas eu de rétrogradation par écrit, donc il contredit un certain nombre de dires qui nous ont été formulées dans cette maison lors des précédentes éditions.

Et puis je vois que sur l'affaire du badge, mais tout ça, évidemment là on rentre dans le détail de l'audition, il nous dit qu'il avait un badge pour venir faire du sport dans cette maison. Je fais moi-même du sport dans cette maison, je n'ai pas de badge H, c'est-à-dire entrer dans l'hémicycle. En tant que parlementaire, j'ai mon badge, je n'en ai pas besoin, mais les employés de la maison n'ont pas besoin d'un badge H, entrer dans l'hémicycle, pour aller à la salle de sport, en tous les cas ceux que je côtoie ne l'ont pas. Ils ont tout simplement un abonnement et un badge d'entrée dans l'Assemblée nationale. Ce n'est donc pas l'explication que pouvait confier M.

Benalla aujourd'hui qui rendra son témoignage crédible en ce qui concerne les multiples avantages dont il a bénéficié. Parce que la question, ça reste celle-ci, et je rappelle, 75% des Français approuvent l'audition de M. Benalla par les sénateurs. La question, ça reste, pourquoi M. Benalla ? Quel était le rôle de M. Benalla ? Pourquoi toutes ces protections ? Pourquoi tous ces avantages ? Pourquoi cette absence de volonté de s'exprimer de façon transparente ? Je rappelle que c'était un des engagements du président de la République, la transparence dans cette affaire. On se dit toujours, qui a-t-il donc à cacher ?

Et je crois que cette audition ne nous amène pas plus de lumière, mais en tous les cas, plus d'ombre. Mais ici, l'avis parlementaire a également repris. Je salue le grand sens du timing du gouvernement, qui, le jour où le président de la République présente le plan santé, enregistre la démission de M. Collomb. Je trouve que c'est très, très bien géré. Là, je dois dire qu'en matière de communication, on peut saluer les grandes compétences de la maison élyséenne.

S'ils avaient voulu tuer leur plan santé, ils ne s'y seraient pas pris autrement, puisque Gérard Collomb, qui quand même connaît les ressorts de la vie politique et de la communication politique, a quand même fait très fort, en enterrant le plan santé, le jour où il a présenté sa démission signée dit, et on n'a pas encore la date exacte. Un mot sur la démission, d'ailleurs, de Gérard Collomb. Moi, je pense qu'en fait, on ne verra pas la différence entre la présence et l'absence de Gérard Collomb. Ça fait bien longtemps qu'il n'y a plus de ministre de l'Intérieur. Sur l'affaire Benalla, d'ailleurs, il nous avait démontré qu'il nous avait baratiné. Sur le soutien à ses troupes, M.

Collomb n'a jamais été à la hauteur. Et puis sur les résultats, en matière de sécurité, ils sont mauvais. En matière d'immigration, ils sont scandaleux. En matière de violence, je l'ai dit, ils sont mauvais. Hausses des violences aux personnes, hausses des violences sexuelles. Et en matière de réformes, la police de sécurité du quotidien peine à se mettre en place. On n'en connaît toujours pas ni les contours, ni les objectifs. Et les maires commencent à s'impatienter. Donc on ne peut pas dire que le bilan de M. Collomb soit particulièrement reluisant. Et nous indiquer qu'il part, à moins qu'on lui ait indiqué qu'il devrait partir, un moment ou un autre.

Et bien, non pas une bonne nouvelle, à mon avis, c'est un non-événement. Mais ça souligne l'annulité de ces 14 mois à la tête du ministère de l'Intérieur. Le plan santé que le président Macron a présenté hier souffre, à mon avis, d'un manque total de sincérité et d'un manque total de hauteur. Mais là, c'est reprendre les mots du président du syndicat des médecins de France. Puisque je crois que ce gouvernement n'a pas compris l'ampleur de la difficulté auquel il doit s'atteler en ce qui concerne la réforme du système de santé, de l'organisation des hôpitaux et également, évidemment, de la territorialisation de l'offre de santé.

D'abord, nous n'avons aucune piste sur les capacités de financement de ce plan santé. 3,5 milliards, 3,4 milliards, pour être très précis. Pas un mot sur les pistes de financement. Il y a un certain nombre d'annonces. Celui des assistants médicaux qui ont été faits, qui nous laissent dubitatifs. On a le sentiment de voir là une patte technocratique supplémentaire et qui ne répond pas, qui n'est pas une demande des professionnels. On a bien compris qu'il n'y aurait peut-être pas de fermeture d'hôpitaux, mais qu'il y aurait des regroupements de services. Donc des fermetures de services, si on les regroupe quelque part, c'est donc qu'ils ferment à un autre endroit.

Et qu'on va, en tous les cas que le gouvernement, souhaite créer des pôles à travers tout le pays. Nous, nous plaidons pour une implantation plus précoce dans les territoires, c'est-à-dire faire en sorte que les médecins soient incités beaucoup plus tôt à travers leur stage d'internat. Ça faisait partie de nos propositions pendant l'élection présidentielle, à s'implanter sur les territoires. Je vois qu'il n'y a rien sur l'organisation en tant que telle de l'hôpital, qui est en souffrance.

Et je note, il y a parfois des sources de satisfaction, même si je ne la soutiens pas à 100%, la suppression du numerus clausus, alors que nous, nous plaidions pour une augmentation du numerus clausus, c'est-à-dire pour la fin du numerus clausus tel qu'on le connaissait aujourd'hui, qui nous semblait extrêmement handicapant, mais pas forcément sa suppression totale, mais pour un déverrouillage de celui-ci. Donc ça, ça va peut-être dans le bon sens, mais finalement, c'est à peu près la seule chose que je retienne et que je vois aller dans le bon sens. Le reste, c'est surtout un plan santé plein de points d'interrogation, tant sur son financement que sur ses priorités.

Et puis, le président de la République nous a indiqué qu'il souhaitait réformer le système de santé sur les 50 ans à venir. Je pense que, parti comme il est, il n'aura pas l'occasion de mesurer la qualité de la réussite de son œuvre dans les 4 ans à venir. Le plan pauvreté nous a également été présenté. Là aussi, on y voit une espèce de communication de mauvaise alloi. Le président de la République traite les pauvres après avoir traité les riches. On a vu une hiérarchie, en tous les cas, dans les priorités. Il a d'abord souhaité mettre à l'abri ses amis très riches. Et puis maintenant, il condescend à regarder la situation des gens pauvres de notre pays.

Deux absents dans ce plan santé, rien sur la politique du logement, rien pour les retraités, les retraités pauvres dans notre pays. La politique du logement me semble être un des axes, elle me semble toujours être un axe extrêmement important d'un plan de lutte contre la pauvreté. Mais c'est vrai que le président de la République, à travers la loi Elan, a beaucoup abîmé la structure du logement social dans notre pays, à travers le financement notamment de ces sociétés HLM, et qu'on a l'impression d'un certain nombre de mesurettes qui sont autant de pansements disséminés, mais sans grande cohérence d'ensemble.

On verra et on regardera avec attention les résultats et l'évaluation de ce plan pauvreté, parce qu'il manque en réalité, je crois, de cohérence d'ensemble. Ici, nous avons repris des activités à travers l'examen de texte, notamment la loi sur l'agriculture, un texte sur l'agriculture. Ce texte sur l'agriculture, on l'avait dit, c'est notre collègue Ludovic Pajot, qui est monté au créneau, devait évidemment atteindre un certain nombre de buts que nous estimons d'objectifs qui n'ont pas été atteints par le gouvernement, à notre avis, notamment celui de parvenir à l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et à une alimentation saine et durable.

Ce texte n'est pas à la hauteur, nous l'avions déjà dénoncé lors de la première lecture. Pourquoi ? Parce que la philosophie dont il procède empêche évidemment toute amélioration des conditions de vie de nos agriculteurs. Ce texte ne s'attaque pas à la concurrence des loyales imposées par la grande distribution à nos agriculteurs. Ce texte ne s'attaque pas au traité de libre-échange. On n'oubliera pas non plus le vote nocturne sur le glyphosate, qui avait été organisé par François de Rugy en son temps. On voit que là, on a en fait en réalité un sous-texte. On ne s'attaque pas aux problèmes fondamentaux de notre agriculture.

On l'avait déjà dit de toute façon en première lecture, ça n'a pas beaucoup évolué. On a examiné hier, et c'est votre serviteur qui s'y était collé, un texte de loi sur la fraude, qui est plein de bonnes intentions, évidemment. Frauder l'impôt est inacceptable, et il faut s'y attaquer. L'objectif est louable, comme souvent d'ailleurs. J'ai l'impression que les députés En Marche et le gouvernement sont les spécialistes du constat. Le soleil, ça brille, l'eau, ça mouille, la guerre, c'est pas beau, le cancer, c'est des morts. Oui, oui, ils sont les spécialistes du constat. Mais ils sont assez peu spécialistes des solutions. Et là, les mesures ne nous ont pas semblé opportunes.

C'est un catalogue de mesurettes en ce qui concerne la fraude. D'ailleurs, on se demande comment on peut lutter contre la fraude en laissant les frontières grandes ouvertes, voire même en l'absence totale de frontières dans notre pays. Mais les mesurettes, les amendes, et puis une attaque en règle contre un certain nombre de professions qui portent en elles la nécessité du secret professionnel, eh bien, me permettent de dire qu'on n'est pas dans un des grands textes non plus du quinquennat.

Nous, nous avons fait des propositions, elles ont été rejetées, supprimer la création d'une police fiscale au sein du ministère des Finances, de façon à ce que les agents restent rattachés au ministère de l'Intérieur, garantir le secret professionnel s'il y a un intermédiaire qui était reconnu coupable d'avoir aidé à frauder, attendre le caractère définitif de la condamnation avant de punir les intermédiaires, et puis punir plus sévèrement, évidemment, ce qu'on appelle la fraude documentaire. Ça, c'était les propositions que nous avons faites les nuits dernières et les après-midi derniers.

Pour le reste, l'avis de l'Assemblée nationale a pu voir un nouveau président et un nouveau président du groupe En Marche s'installer. Deux anciens socialistes, M. Ferrand, un bourgeois socialiste officiel passé par la lessiveuse En Marche, M. Le Gendre, un socialiste plus discret, un Strauss-Kannien plus discret, élu à la tête du groupe. On a déjà eu l'occasion d'en parler, on voit bien qu'il n'y a ni renouveau, mais plutôt des jeux de bonne taux. En fait, on est dans les mêmes vieilles méthodes, le même fonctionnement qu'avant, et ce nouveau monde ressemble furieusement à l'ancien en moins bien. C'est-à-dire que les travers sont encore plus forts et les travers sont encore plus visibles.

On a vu une dizaine de députés En Marche se disputer comme des chiffonniers pour devenir président de groupe, de cela est sorti M. Le Gendre, dont on ne puisse pas dire sans lui faire offense, qu'il soit le personnage le plus charismatique ou le plus emblématique d'un courant de pensée dans notre pays. Bon, voilà, il est surtout le serviteur zélé de la pensée macronienne, pensée qui reste d'ailleurs, d'après ce que j'ai cru comprendre, à définir, à structurer. Mais on est bien là dans ce vieux monde de la vieille tambouille, des vieux arrangements. M. Ferrand succède à M. Rugy, M. Le Gendre à M. Ferrand. Peu de place pour la nouveauté.

J'avais indiqué moi-même que j'aurais été ravi de voter pour Mme Pompili. Je n'en ai pas eu l'occasion. Nous n'avons donc évidemment pas voté pour M. Ferrand. On a pu voir une majorité aussi abîmée dans ces deux élections. M. Fénaud, membre de la majorité, qui a été candidat à la présidence de l'Assemblée nationale et qui a ramené, je crois, sur son nom, 86 suffrages, qui montre que, évidemment, cette majorité a des différents en son sein. Mme Dumas, qui a quitté le groupe En Marche en nous expliquant que c'était le Titanic.

Nous sommes dans une maison dans laquelle on voit bien l'ambiance du groupe majoritaire, un an et quelques mois après leur élection, n'a plus rien à voir avec l'euphorie des débuts et on peut compter sur eux pour remettre chaque jour un euro dans le jackpot. On attend maintenant que M. Griveaux et Madjoubi, qui se disputent une investiture à Paris, quittent également leur ministère. On attend la création d'un huitième groupe. Enfin, on voit bien que nous avons affaire à des gens pour qui l'intérêt des Français n'est pas la priorité. Ces gens-là sont sur la défense de leurs intérêts personnels, de leur poste, de leur survie, en réalité.

Mais on a un groupe En Marche qui n'est plus du tout, qui n'est pas du tout dans la défense de l'intérêt de la France et de nos compatriotes. Voilà, en quelques mots, le tableau tout à fait joyeux de cette rentrée et tout à fait, vous l'avez vu, selon le regard que je porte, extrêmement sympathique de ces mois qui s'annoncent en route pour de nouvelles aventures. Merci.

16:30
Locuteur

Merci. Merci.