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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 20 juillet 2011 6 minAutoproduitActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesImmigration & asileEurope & international

Marine Le Pen : "Sur les retraites, Sarkozy vous enfume !".mp4

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49Invité politiqueChiffre
    « seuls 39% des travailleurs de 55 à 64 ans ont un emploi »
  • 1:13Invité politiqueChiffre
    « 10% des retraités français vivent déjà avec moins de 900 euros par mois »
  • 2:41Invité politiqueChiffre
    « 19 milliards d'euros versés l'an dernier et seulement 12 milliards que nous avons récupérés de l'Europe »
  • 3:02Invité politiqueChiffre
    « L'État leur verse chaque année 55 milliards d'euros »
  • 5:05Invité politiqueChiffre
    « les 13 millions d'euros reçus en retraite chapeau par le PDG Proglio l'an dernier »

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  • Marine Le Pen100 %

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Marine Le Pen

Le débat sur les retraites n'a pas lieu et le gouvernement en réalité n'a jamais eu l'intention de l'organiser. Dès le départ, sous la pression des marchés financiers qui dictent leurs lois, il s'est volontairement enfermé dans le faux choix idéologique entre allongement de la durée du travail et hausse du montant des cotisations. En choisissant de repousser l'âge légal de départ à la retraite, le gouvernement a tout récemment confirmé sa soumission au dogme défendu par le MEDEF et la Commission européenne. La réforme qu'on nous annonce, écrite depuis longtemps, sera à la fois inefficace et injuste.

Inefficace parce qu'il est démontré que le report de l'âge légal de départ à la retraite ne permet pas d'assurer l'équilibre financier du système à terme. Très vite, on retrouvera des déficits gigantesques. Injustes aussi. Parce que dans un pays comme le nôtre, où seuls 39% des travailleurs de 55 à 64 ans ont un emploi, on comprend vite qu'il sera plus difficile encore d'atteindre un taux plein de retraite une fois que l'âge légal ne sera plus de 60 ans. D'autant que le gouvernement ne fait strictement rien pour redonner du travail au seigneur. Résultat, la réforme multipliera le nombre des toutes petites retraites. Et viendra aggraver une situation scandaleuse.

10% des retraités français vivent déjà avec moins de 900 euros par mois. Alors que faut-il faire ? Faut-il suivre les propositions du parti socialiste ? Certainement pas. D'abord parce qu'au PS, c'est le flou qui règne. Un jour, Martine Aubry veut repousser l'âge légal à 62 ans. Le lendemain, elle est contre. Dominique Strauss-Kahn lui défend, comme d'habitude, les solutions les plus antisociales. C'est le GFMI. Ensuite, parce que le PS propose, comme toujours, une fuite en avant dans les impôts. La hausse du montant des cotisations qu'il préconise est évidemment une bêtise.

En réalité, il y a des solutions, à condition d'accepter de sortir de l'idéologie dominante, de s'affranchir des marchés tout-puissants, bref, de revenir au bon sens. Le problème des retraites est un problème en partie passager. Il est essentiellement à l'arrivée à la retraite de la génération du baby-boom. La nation peut donc parfaitement réaliser un effort, le temps de sauver nos retraites, sans qu'il soit nécessaire de saccager notre système actuel et d'appauvrir encore les Français, comme le prévoit le projet de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement. Que faire dans cet esprit ?

En premier lieu, il faut faire des économies sur les dépenses les plus inutiles, les plus nocives, et les affecter en partie aux retraites. Alors évidemment, je pense à l'immigration, bien sûr, dont le coût annuel est estimé à 60 milliards d'euros. Mais je pense aussi à l'argent que l'État français verse chaque année au budget de l'Union européenne. Pour quels résultats ? Cette somme est considérable et en constante progression. 19 milliards d'euros versés l'an dernier et seulement 12 milliards que nous avons récupérés de l'Europe, aide agricole comprise. Voilà une chance d'économie intelligente.

Il faut aussi mentionner la fraude sociale, qui nous coûte tant et contre laquelle rien n'est fait. Mais qui aura enfin le courage de s'attaquer aux 10 millions de fausses cartes vitales qui circulent en France ? Citons aussi l'argent des collectivités locales et la gabegie des petits roitelets locaux. L'État leur verse chaque année 55 milliards d'euros. Ne croyez-vous pas qu'on pourrait en reprendre utilement une partie ? Ensuite, il faut réformer le financement des retraites. Il n'est pas normal, il n'est pas bon, il n'est pas sain pour notre économie et pour l'emploi que l'intégralité du financement pèse sur le travail.

Il faut élargir le financement des retraites aux revenus du capital, comme la spéculation ou les stock options, et mettre en place des droits de douane sociaux et environnementaux, à l'image de ce que font tant d'autres pays. Ces droits de douane auront un triple avantage. Taxer la concurrence étrangère des loyales venant de Chine notamment, protéger nos industries, nos emplois, et dynamiser la production nationale. Et enfin, dégager des ressources financières nouvelles, qu'on pourra en partie affecter aux retraites. A plus long terme, il faudra avoir une réflexion sur le financement de notre protection sociale et sur la base qui est utilisée pour ce financement.

A plus long terme aussi, il est nécessaire de pérenniser les retraites en agissant dans deux directions. Il faut retrouver le plein emploi, ce qui suppose une rupture totale avec la politique économique de l'UMP et du PS. Il faut aussi encourager une politique nataliste vigoureuse au lieu de recourir à une immigration coûteuse et déstabilisante. La solidarité entre les générations, qui est le socle de notre système de retraite, suppose des nouvelles générations nombreuses qui feront la force de la France. N'oublions pas le drame des petites retraites que Nicolas Sarkozy n'a pas revalorisé, contrairement à ses promesses de campagne de 2007.

Les réformes que nous proposons seront les seules à même, de relever le niveau général des pensions et de mettre fin à des situations de dénuement absolu qui devraient nous faire honte. Combien de petits retraités m'écrivent chaque jour ? Viennent me parler dans la rue pour me dire leur souffrance, doublée d'une crainte pour l'avenir de leurs petits-enfants. Il est temps de nous tourner vers eux et de leur apporter autre chose que des mots, autre chose que des mensonges. Les Français qui ont un métier très pénif doivent également faire l'objet d'une attention particulière.

On peut imaginer de taxer les retraites chapeaux, souvent scandaleuses, au bénéfice de ces travailleurs pour qu'ils jouissent d'un petit bonus légitime pour leur retraite. Rappelons-nous par exemple les 13 millions d'euros reçus en retraite chapeau par le PDG Proglio l'an dernier. On peut également se scandaliser que la possibilité offerte de cumuler emploi et retraite, qui peut être une bonne chose pour les revenus modestes, mais s'applique également à des très hauts revenus. Vous avez regardé dernièrement, l'exemple de Mme Boutin est à ce titre absolument frappant puisqu'elle cumulait une retraite de 6 000 euros par mois et un salaire de 9 500 euros net.

Vous le voyez, il y a des choses à faire. La situation n'est pas bloquée. Elle l'est uniquement parce que Nicolas Sarkozy et le gouvernement ont décidé, comme toujours, d'enfermer le pseudo-débat sur les retraites dans le carcan de la pensée unique, des dogmes de Bruxelles et des marchés. Et il faut dire que les médias ont largement suivi la stratégie de communication de l'Elysée. Le peuple français doit pourtant avoir son mot à dire et rester maître d'une réforme qui a une influence considérable sur une grande partie de la vie de nos concitoyens. Le Front National et moi-même avons l'ambition de porter la voix d'un peuple français méprisé et mis de côté.