L'invité de Bourdin Direct : Geoffroy Roux de Bézieux - 02/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse directe
On va parler pouvoir d'achat, augmentation des salaires, réforme des retraites, réforme de l'assurance chômage, mais je voudrais commencer avec l'économie française.
- 0:32OuverteRéponse partielle
Croissance 6%, chômage en baisse, est-ce que la reprise économique en France est une reprise en trompe-l'œil ?
- 1:08RelanceRéponse directe
Et une économie sous perfusion ?
- 2:46OuverteRéponse directe
Parlons de l'inflation.
- 3:18RelanceRéponse partielle
Les dépenses contraintes augmentent aussi et se multiplient. Ce qui n'existait pas il y a 20 ou 30 ans. Conséquence, si l'inflation augmente, le pouvoir d'achat va baisser. Est-ce que quand l'inflation augmente, le pouvoir d'achat baisse ?
- 4:50OuverteRéponse directe
Le SMIC, ou légèrement au-dessus du SMIC. C'est vrai. Alors comment augmente-t-on les salaires, par exemple, dans ces secteurs-là ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueFait
« Il y a un an, quand j'étais venu chez vous, j'étais dit « le mur des faillites n'est pas inéluctable, le million de chômeurs n'est pas inéluctable ». »
- 0:53Invité politiqueFait
« Là, je suis d'un optimisme prudent, c'est-à-dire que les indicateurs, vous les avez cités, ils sont bons. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Avec une injection massive d'argent public. »
- 2:05Invité politiqueFait
« Les inégalités, elles ne se sont pas creusées. »
- 2:09Invité politiqueChiffre
« La France, c'est quand même le pays d'Europe où il y a le moins d'inégalités. »
- 3:02Invité politiqueFait
« Il a raison, ne serait-ce que parce que les matières premières augmentent. »
- 3:09Invité politiqueFait
« On avait une inflation quasiment à zéro. »
- 3:37Invité politiqueFait
« J'ai entendu le ministre de l'économie dire qu'il faut augmenter les salaires. »
- 4:02Invité politiqueFait
« C'est dans les métiers qui ont beaucoup souffert pendant la crise. »
- 4:16Invité politiqueFait
« Si on augmente les salaires dans la restauration, il faudra pouvoir augmenter les prix. »
- 5:12Invité politiqueChiffre
« Or, dans ces métiers-là, 90% du prix de revient, de l'offre de services, c'est le salaire. »
- 9:55Invité politiquePromesse
« Il va falloir faire travailler les seniors. »
- 13:09Invité politiqueFait
« Je ne connais pas le détail de l'enquête de l'INSEE, mais je pense que c'est surtout concentré sur les gens qui sont hors du monde des salariés, du monde des retraités. »
- 13:36Invité politiqueChiffre
« Depuis le 1er janvier 2021, on a battu le record du nombre d'offres d'emploi. »
- 15:00Invité politiqueFait
« Je crois qu'il y a un pays après nous, je ne sais plus lequel, mais en quantité de travail dans la vie, oui. »
- 17:15Invité politiqueFait
« Il y a une partie qui est inéluctable et démographique, c'est que la population vieillit. »
- 19:29Invité politiqueFait
« En moins 15, quand vous êtes supermarché ou commerçant, ça fait mal. Ça fait même très mal. »
- 20:18Invité politiqueChiffre
« On est maintenant, je crois, un des premiers pays au monde. »
Temps de parole
- Invité politique75 %
- Présentateur25 %
≈ 3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC.
RMC Bourdin Direct.
Jean-Jacques Bourdin. Geoffroy Roux de Bézieux, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, président du MEDEF, le patronat français. Nous allons parler évidemment pouvoir d'achat, augmentation des salaires, réforme des retraites, réforme de l'assurance chômage, mais je voudrais commencer avec l'économie française. Vous rencontrez le Premier ministre, tout à l'heure je crois, Geoffroy Roux de Bézieux. « Croissance 6%, chômage en baisse, est-ce que la reprise économique en France est une reprise en trompe-l'œil ? »
Une bonne question, c'est pas facile de répondre. C'est une bonne question. Il y a un an, quand j'étais venu chez vous, j'étais dit « le mur des faillites n'est pas inéluctable, le million de chômeurs n'est pas inéluctable ». Bon, c'est ce qui s'est passé. Là, je suis d'un optimisme prudent, c'est-à-dire que les indicateurs, vous les avez cités, ils sont bons. Moi, j'ai vu des patrons tout l'été, leur premier moment, c'est le recrutement aujourd'hui. Donc oui, il y a une reprise qui est forte, mais ce plus-ci, il vient quand même après une récession assez forte.
Et une économie sous perfusion.
Et une économie au milieu d'argent. Avec une injection massive d'argent public. Voilà, donc ça, c'est la première question. Oui. Comment ça va se passer quand on va arrêter, et il faut arrêter le quoi qu'il en coûte ? Il y a une question sur, j'allais dire un peu les nuages noirs à l'international, quand on voit ce qui se passe entre la Chine et les Etats-Unis, en Afghanistan, etc. Et puis après, il y a les fondamentaux de l'économie française. Au fond, on a mis l'économie sous cloche, en mars 2020, on retire la cloche, on va retrouver la même économie qu'il y avait avant. L'activité d'avant. Voilà, l'activité d'avant qui était plutôt de bonne forme.
Mais on a quand même des fondamentaux qui sont compliqués. Un chômage de masse, une dette qui est quand même significative, un poids de l'Etat qui est monté avec la crise, donc on n'a pas résolu tous nos problèmes. Et des inégalités qui se sont creusées. Alors, pas tout à fait. Pas tout à fait. Pardon, non, non, non. J'y reviendrai. Oui, oui. On enlève ça à un point important. Oui. Les inégalités, elles ne se sont pas creusées. La France, c'est quand même le pays d'Europe où il y a le moins d'inégalités. Après, on peut débattre du niveau. Les gens qui ont souffert dans la crise, c'est tous les gens qui sont hors système.
C'est-à-dire que ce n'est pas les salariés qui ont été relativement projusés, pas les retraités, pas les fonctionnaires. C'est les indépendants, les gens qui sont freelance, les chauffeurs de taxis biais ou les jeunes. Parce qu'eux ont eu effectivement moins de systèmes de protection. Le chômage partiel a protégé les salariés. Les fonctionnaires n'ont pas eu... Le pouvoir d'achat a été maintenu. Les retraités aussi.
De France, donc.
De France. J'aime pas tellement parce que ça... Mais il y a eu effectivement... Et oui. On n'a pas pu, entre guillemets, protéger tout le monde. Tout le monde, tout le monde.
Je vais revenir sur le pouvoir d'achat. Mais parlons de l'inflation. Parce que les prix vont augmenter. Geoffran Roux de Bézieux, les prix vont augmenter. Ça a commencé. Michel-Edouard Leclerc était à votre place vendredi dernier. Il nous disait, oui, ça va augmenter. Ça a commencé à augmenter.
Il a raison, ne serait-ce que parce que les matières premières augmentent. Oui. Donc oui, il y a un retour de l'inflation. Il faut relativiser les choses. Parce que nous, on a perdu un peu la notion des gérés. On avait une inflation quasiment à zéro. Là, on parle de 2 ou 3 % cette année. Donc, on n'est pas non plus revenu aux années 70.
Alors oui, les prix vont augmenter. Mais les dépenses contraintes augmentent aussi. Et se multiplient. Ce qui n'existait pas il y a 20 ou 30 ans. C'est là la différence, Geoffran Roux de Bézieux. Conséquence, si l'inflation augmente, le pouvoir d'achat va baisser. Est-ce que quand l'inflation augmente, le pouvoir d'achat baisse ?
Vous m'amenez sur la question des salaires. Et oui. Vous avez raison. J'ai entendu le ministre de l'économie dire qu'il faut augmenter les salaires. Non, mais il a dit que le travail doit payer. Oui, je ne peux pas être que d'accord avec ça. Un petit 2, je ne suis pas sûr que ce soit au ministre de l'économie de décider pour chaque entreprise s'il faut et comment augmenter les salaires. Après, ce qui est clair, c'est qu'on sent qu'il va falloir augmenter les salaires. Mais évidemment, c'est à chaque entreprise avec son modèle. Et là où il y a des problèmes de salaire, c'est où ? C'est dans les métiers qui ont beaucoup souffert pendant la crise.
Par exemple, la restauration, qui a du mal à recruter, qui a des conditions de travail qui ne sont pas faciles et où effectivement, les salaires qui sont proposés sont parfois insuffisants. Mais il faut le dire tout de suite, si on augmente les salaires dans la restauration, il faudra pouvoir augmenter les prix. Le menu ou la carte, parce qu'à un moment, un coût salarial plus élevé, ça se traduit forcément par un prix de vent plus élevé. C'est vrai pour la restauration. C'est vrai aussi, je voudrais dire, un mot sur l'État. Quand l'État fait des appels d'offres pour le gardiennage, pour le nettoyage dans les hôpitaux, dans les mairies, etc., uniquement sur les prix.
Donc cette économie low cost qui pousse à des salaires bas,
elle pose un problème, je pense. Oui, elle pose un problème, mais j'allais vous parler des services du nettoyage où les salaires sont très bas. Le SMIC, ou légèrement au-dessus du SMIC. C'est vrai. Alors comment augmente-t-on les salaires, par exemple, dans ces secteurs-là ? Je viens de vous répondre,
l'État doit montrer l'exemple. Je peux vous donner des dizaines d'exemples d'appels d'offres dans des organisations dépendantes de l'État ou directement à l'État, où le seul critère de choix d'un prestataire de nettoyage, de gardiennage, est sur le prix. Or, dans ces métiers-là, 90% du prix de revient, de l'offre de services, c'est le salaire. Donc maintenant, il faut sortir, c'est vrai aussi, il faut le dire, des grandes entreprises qui pourraient, dans leurs appels d'offres, introduire des notions autres que celles de prix. Et je pense qu'on est allé au bout, pardon de dire comme ça, de cette économie low cost, où le prix est l'unique critère de sélection.
Alors, il ne s'agit pas de passer complètement à l'extrême, mais on doit pouvoir faire un effort, parce qu'à ce moment-là, on peut libérer la possibilité pour des entreprises de raisonner un peu différemment.
Oui, pouvoir d'achat, je pense à ceux qui ont des contrats très courts, par exemple. Je pense aux personnes les moins qualifiées, qui sont très souvent mal payées. Tout le problème-là, ce n'est pas le salarié qui est dans une entreprise en CDI depuis 10 ans, qui est une entreprise qui tient bien la route. Pas de soucis ! Pas de soucis ! Bon, évidemment que ce salarié va demander des augmentations de salaires, mais je me mets à la place de la personne qui, le matin, vient nettoyer nos locaux, tiens, par exemple, ici, et qui gagne quoi ? Le SMIC ? Le SMIC ou un peine plus ? Au-dessus du SMIC pour un travail difficile ?
L'entreprise qui l'emploie, c'est en général une petite entreprise avec des marges très faibles et qui vend la prestation de gardiennage, de nettoyage avec une marge faible. Donc, il faut qu'elle puisse facturer. Pendant de le dire, chez RMC ou chez BFM TV, il faut que l'appel d'offre du gardiennage-nettoyage soit fait aussi en disant qu'on va prendre plus largement un critère responsabilité sociétale de l'entreprise et le prix comptera pour 80% de l'appel d'offre, mais on mettra pour 20% autre chose. C'est comme ça qu'on peut sortir. Parce que, si vous demandez à l'entreprise d'augmenter brusquement le salaire, elle ne va pas pouvoir le supporter en termes d'exploitation.
Est-ce qu'il faut donner un coup de pouce au SMIC ? Je ne crois pas. Vous dites non. Non. Pourquoi ? Parce qu'il y a une mécanique automatique. Il y a un système de révision automatique. Lorsque je dis coup de pouce,
c'est d'aller plus loin que ce système automatique.
Bien sûr, j'ai compris. Je ne crois pas. Parce que vivre avec le SMIC à Paris ou vivre à un SMIC dans une petite ville de province, vous savez bien que ce n'est pas la même chose en termes de pouvoir d'achat. De logement. Vous parliez du logement. Le logement, c'est une des dépenses qui monte le plus dans le pouvoir d'achat des ménages et ce n'est pas du tout la même chose en fonction de là où on habite. D'ailleurs, je ne sais pas si vous vous souvenez, il y a 30 ans, peut-être que vous vous en souvenez, il y a un SMIC par région et on n'avait pas le même SMIC en fonction du pouvoir d'achat. On ne peut pas revenir à ça parce que je pense que ce n'est pas une bonne idée.
Mais malgré tout, vivre à Paris ou vivre à Marseille, ce n'est pas la même chose
en termes de dépenses contraintes. Il y a une autre question que je voulais vous poser. les exonérations de cotisations patronales sur les salaires qui n'excèdent pas 1,6% le SMIC. 1,6% le SMIC. Le système est dégressif. On est bien d'accord. À mesure qu'on augmente le salaire, on est bien d'accord. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'employeur n'a pas du tout intérêt à augmenter les salaires.
Non, il y a un effet de seuil. Ce n'est pas tout à fait juste. Mais disons qu'il y a un effet de seuil qui se produit où, à un moment, l'augmentation de salaire est entièrement consommée en quelque sorte par l'augmentation des charges. Et oui, il y a un effet de seuil comme tous les systèmes. Alors, est-ce qu'il faut revenir sur l'exonérations de charges ? Je ne pense pas parce que vous auriez l'effet inverse. Il faut peut-être revoir la manière dont la grille est faite. Mais si vous voulez me faire dire qu'il faut remettre des charges sur ces salaires, je pense que ce n'est pas une bonne idée. Alors, comment augmente-t-on les salaires ? C'est entreprise par entreprise.
C'est entreprise par entreprise. Il n'y a pas...
On ne décrète pas l'augmentation des salaires.
Mais si vous voulez, les situations sont tellement différentes. Vous l'avez dit d'ailleurs, entre des grandes entreprises, il y a des... Enfin, je vois l'inflation salariale. Elle existe. Quand vous êtes informaticien, codeur, dans les métiers en tension en région parisienne, c'est vous qui négociez votre salaire. C'est la réalité. L'offre et la demande est en faveur du salaire. Et puis, il y a d'autres cas où... Quand même, globalement, le point numéro un, la difficulté numéro un des emprises françaises, et d'ailleurs partout en Occident, c'est le recrutement.
Et le recrutement, c'est-à-dire qu'à un moment, l'offre et la demande va jouer et que les salaires vont forcément répercuter cette tension sur les recrutements. On manque vraiment de manœuvres. On manque de manœuvres partout. Et la démographie, le pays vieillit. Le pays vieillit. Et donc, partout en Occident, partout dans les pays d'Europe, dans les 20 prochaines années...
Faisons travailler les seniors au lieu de les laisser au chômage.
Monsieur Bourdin, vous me proposez quoi ? De reculer l'âge de la retraite ? Je ne sais pas. Je ne sais pas. Faisons travailler les seniors.
Tant de seniors ! Pardon, mais quand on a plus de 50 ans pour retrouver du boulot, c'est pas facile,
Geoffroy Roudézieux. Moi, je vais vous dire deux choses là-dessus. La première chose, c'est que oui, inéluctablement, il va falloir faire travailler les seniors. Alors, j'ai envie de dire le cœur et la raison. C'est-à-dire, la raison, c'est que le vieillissement de la population, le cœur, c'est qu'il y a des métiers où la difficulté physique n'est pas évidente. Il ne faut pas faire travailler un carreleur ou un couvreur après un certain âge. Et deuxième chose, vous avez raison, je pense que les entreprises doivent changer de comportement.
Il y a encore trop d'entreprises, parfois des grandes, il faut le dire, qui, à 59, 60, font des plans de départ très généreux, pour leur cadre, parce que ils ont dû à l'utiliser. Parce que ça va leur coûter moins cher
de payer
un salarié plus jeune. Geoffroy Roux-Roude-Bézieux. Non, il y a ça, mais il y a aussi la productivité. Non, mais c'est parce qu'il y a
des choses. Non, mais la productivité d'un plus de 50 ans, elle est peut-être aussi bonne que la productivité, parce qu'on connaît le métier. Je ne parle pas pour moi, Geoffroy Roux-Roude-Bézieux. Je ne parle pas pour moi. Je parle pour toutes celles. J'avais tellement entendu.
Laissez-moi juste vous répondre. Quand je parle de productivité, il y a quand même une obsolescence technologique. Il y a beaucoup de métiers où il faut se reformer en permanence. Et à tort, à tort, les entreprises ont l'impression qu'en prenant des gens de 40 ans, 30 ans, ils seront plus dans les technologies d'aujourd'hui. C'est une erreur. J'ajoute un point quand même. Il y a des choses à faire. On avait proposé ça dans la forme de retraite. Par exemple, sur le fait qu'en France, c'est ou je travaille à 100% jusqu'à X année, ou bien je m'arrête à 100%.
Or, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui sont prêts à dire moi, je travaille à 3 jours par semaine, 4 jours par semaine, en plus avec le télétravail il y a des choses qu'on peut faire. Plus longtemps, donc. Plus longtemps, mais je n'ai pas exactement la même façon. Le même rythme. Mais il faut que le salarié, et ça c'est très culturel en France, alors que ce n'est pas le cas en revenant, accepte aussi de perdre en responsabilité. Si vous êtes, je ne sais pas quoi, directeur commercial, à 62 ans, pendant 2 ans, vous n'êtes plus directeur commercial, mais vous êtes en charge de certains clients et il y a un jeune directeur commercial qui arrive. Donc vous voyez, il y a aussi cet aspect-là.
Bien, il y a une manifestation des syndicats, à l'exception de la CFDT le 5 octobre prochain justement pour réclamer entre autres une hausse des salaires. Vous comprenez ? Vous croyez qu'il y aurait du monde ? Je ne sais pas moi.
Vous pensez qu'il n'y aura personne ? La dernière fois, à l'époque, l'année dernière, il y avait 40 personnes qui ont dégradé. Vous ne sentez pas les salariés
prêts à descendre dans la rue pour demander des augmentations de salaires ?
Je ne suis pas le mieux placé. En tout cas, je ne suis pas sûr que ce soit comme ça qu'il faille le faire. Par contre, il y aura des négociations. Vous savez que chaque année, début janvier, il y a la NAO, donc la négociation annuelle obligatoire. C'est là où, effectivement, dans les entreprises avec les représentants des salariés, il y aura des discussions parce que oui, c'est un sujet qui sera sur la table. Je parlais de pauvreté
tout à l'heure, d'inégalité dans tous les cas. La pauvreté, il y a une réalité. L'INSEE a encore donné des chiffres. Un Français sur cinq en situation de pauvreté monétaire ou de privation matérielle et sociale. 1 Français sur cinq. 21% précisément, Geoffroy Roux-de-Bézieux. Comment, dans une économie aussi riche que la nôtre, comment est-ce possible ?
Je ne connais pas le détail de l'enquête de l'INSEE, mais je pense que c'est surtout concentré sur les gens qui sont hors du monde des salariés, du monde des retraités.
Famille monoparentale,
famille monoparentale,
des salariés en contrat court, en contrat court, vous êtes battus contre le bonus-malus.
Mais parce que le bonus-malus ne sert à rien.
Il ne sert à rien.
Il ne sert à rien. C'est une mauvaise réponse à un vrai problème. D'ailleurs, petite parenthèse, quand vous regardez le retour des offres d'emploi, vous savez que depuis le 1er janvier 2021, on a battu le record du nombre d'offres d'emploi. C'est pour ça que le chômage baisse. La part des CDI, donc la part des contrats à longue durée, sans durée plutôt, a augmenté très fortement. C'est-à-dire que, manifestement, difficulté de recrutement, on améliore la qualité de l'emploi. Donc, l'offre, elle est de moins de joie. Mais je n'ai pas répondu à votre question sur la pauvreté. Oui. Oui, je pense que les gens qui...
Encore une fois, je n'ai pas lu l'étude de l'INSEE, à tort, mais les gens qui sont de cette situation, c'est tous les gens qui n'ont pas été soutenus pendant la crise parce qu'ils n'étaient pas dans le filet de sécurité, chômage partiel, pour les salariés, ou qu'ils n'étaient pas fonctionnaires ou retraités. Et donc, c'est pour ça que, notamment sur les indépendants, moi, je pense qu'il y a quelque chose à faire sur tous les gens qui se sont mis en indépendants avant la crise et qui ont eu du mal à accéder à tous les dispositifs.
Alors, vous dites, la réforme de l'assurance chômage, oui, il faut la faire. D'ailleurs, elle entrera en vigueur le 1er octobre. La deuxième partie, le complément. Mais, il ne faut pas engager de réforme des retraites. Vous le répétez ce matin ? Oui, je le répète. Vous dites non ? Vous dites au gouvernement ? C'est ce que vous allez dire au Premier ministre ?
C'est ce que je vais dire au Premier ministre. Oui, en général, je dis à peu près la même chose à Jean-Jacques Bourdin au Premier ministre. J'essaye d'avoir une sorte de cohérence. Oui, on a un problème de vieillissement des populations hors de l'année occidentale et donc, on l'a dit tout à l'heure, il faudra trouver le moyen de travailler plus longtemps. Ce n'est pas très agréable, il faut le dire. Ce n'est pas une réforme facile.
Est-ce que la France est le pays d'Europe où l'on travaille le moins ?
Alors, je crois qu'il y a un pays après nous, je ne sais plus lequel, mais en quantité de travail dans la vie, oui. Mais au-delà de ce point, simplement, si on veut payer le système social, la protection sociale, l'assurance chômage, la maladie, la dépendance et que la population vit, on a fait le choix de la répartition, c'est-à-dire, c'est les jeunes qui payent pour les vieux, il y a moins de jeunes, il faut travailler plus longtemps. Mais je le répète, c'est une réforme dure, c'est une réforme compliquée, c'est une réforme qui touche tout le monde. Tout le monde est touché. L'assurance chômage, tout le monde n'est pas touché. Et donc, c'est une réforme de la présidentielle.
Pour moi, la démocratie, c'est qu'on dise avant une élection, ce qu'on va faire, que chaque candidat à votre micro se prononce, vous leur poserez la question, et après, les Français choisissent. Or, qu'est-ce qui s'est passé en 2017 ? On a escamoté le débat. Le président de la République actuelle n'a pas donné de position là-dessus. Il a proposé un système à points sans parler de l'âge. Et donc, je trouve que démocratiquement, faire cette réforme, c'est-à-dire, en catimini, c'est peut-être pas le bon mot, mais en urgence, avant la présidentielle, n'est pas la bonne chose. Donc, il faut faire une réforme, il faut le dire avant, et il faut le faire vite. Après 2022 ?
Septembre 2022, et pas comme la dernière fois, on s'est fait, nous, pardon, mais promener pendant des mois et des mois par M. Delevoye, qui nous convoquait, on entrait dans le bureau, on en sortait, on savait encore moins, on n'avait rien compris. Donc, c'est vraiment pas la bonne méthode, c'est la fausse concertation. Il faut être clair là-dessus. Oui,
mais le président de la République a affirmé le 12 juillet que la réforme des retraites serait engagée quand les conditions sanitaires seraient réunies. C'est ce qu'il a dit. Bon,
et à votre avis, les conditions sanitaires sont réunies ? Vous ne croyez pas
à l'engagement de la réforme des retraites avant la présidentielle ? Non,
je n'y crois pas, mais je pense, vous n'y croyez pas et vous ne voulez pas. Je crois que ce n'est pas une bonne idée, mais attention, je dis bien, il ne faut pas qu'on pense que le MEDES ne veut pas de cette réforme, mais oui, il faudra faire une réforme. Alors,
si j'ai bien compris, en vous écoutant, en écoutant le gouvernement, si j'ai bien compris, l'avenir, c'est travailler plus longtemps, on est bien d'accord, avoir moins de droits au chômage, on est bien d'accord, changer de travail et de région plus souvent, on est d'accord, et ne pas avoir la certitude d'être payé plus, c'est ça l'avenir ? Caricature un peu mais trop pomme, c'est bon. Non, mais je ne caricature pas, mais enfin je résume.
Non. C'est ça ou pas ? Alors, il y a une partie qui est inéluctable et démographique, c'est que la population vieillit, qu'on a besoin de quantité. La richesse d'un pays, c'est la quantité de travail de ce pays. C'est super le nombre de gens qui travaillent. Il n'y a pas de 36 solutions. Après, on dépense ce qu'on veut, on fait la protection sociale qu'on veut, on a un modèle, nous, qui est très différent des Etats-Unis. Donc oui, il faudra travailler plus longtemps. Après, le reste est, comment dire, plutôt caricatural. L'assurance chômage, on a un système qui est extrêmement protecteur et qui, dans certains cas, décourage de reprendre un travail.
Donc il y a des corrections qui sont faites le 1er octobre. Là, je ne suis pas d'accord avec les syndicats, c'est des corrections qui sont à la marge. Quand vous comparez le système après le 1er octobre en France avec ce qui existe dans les autres pays, on reste un système protecteur.
Sur le changement de métier et le changement de lieu, mais ça, j'allais dire, ce n'est pas une espèce de volonté du patronat, c'est l'évolution du monde moderne, de l'économie moderne, des technologues, fait que vous ne faites pas de la radio aujourd'hui, comme vous le faisiez il y a 30 ans et que peut-être quelqu'un qui démarre aujourd'hui chez RMC, il fera autre chose dans 10 ans parce que, et vous avez dit une chose très juste sur le déménagement géographique. La France, c'est le pays où on déménage le moins, vous trouvez un emploi. Vous avez des endroits en France, vous allez en Vendée, vous allez en Mayenne, c'est 3-4% de chômage. Donc il y a du travail.
Il y a des endroits qui sont à 12-13%, mais c'est vrai que c'est culturel. Petite parenthèse, d'ailleurs, les droits de mutation immobiliers, ça n'aide pas à déménager. On pourrait peut-être faire quelque chose là-dessus.
Bien, Geoffroy Roux-Bézieux, j'ai une dernière question sur le pass sanitaire. Deux questions jusqu'au 15 novembre. Est-ce que le pass sanitaire est utile à vos yeux ? Faut-il l'étendre ou au contraire restreindre son application ?
Alors, on est favorable au pass sanitaire. Pourquoi ? Parce que c'est mieux que le confinement. c'est mieux pour nos libertés, pour nos vies et pour l'économie. Mais c'est une contrainte qui pèse quand même sur les restaurateurs. Sur les centres commerciaux, on a un énorme problème parce que non seulement ça fait moins 30, moins 40 dans les centres commerciaux et le pass sanitaire, mais comme les Français n'ont rien compris assez logiquement sur 20 000 m², pas 20 000 m², le préfet, tous les centres commerciaux sont à moins 15. En moins 15, quand vous êtes supermarché ou commerçant, ça fait mal. Ça fait même très mal.
Donc là, nous, on va demander, je vais demander au Premier ministre que le pass sanitaire sur les centres commerciaux soit arrêté. Vous allez demander ça au Premier ministre. Tout à l'heure, il n'y a pas de contamination. Et puis sur le reste, il faut l'arrêter dès que possible, dès que les chiffres pandémiques qui ont l'air de baisser, mais il faut être prudent, le permettent. En tout cas, ne pas le prolonger, c'est une contrainte. Après le 15 novembre. Voilà, c'est une contrainte. Nous, on n'est pas, si vous voulez, c'est évidemment pas une bonne nouvelle pour personne. Même si ça encourage la vaccination. Bien sûr, bien sûr.
mais je pense, si vous voulez, que les Français, ils ont quand même compris. Oui, il y a 200 000 personnes, je ne sais pas combien, qui manifestent tous les samedis. Enfin, vous voyez les sondages, les études, vous voyez autour de vous, les gens se vaccinent quand même très majoritairement. On est maintenant, je crois, un des premiers pays au monde. Oui, un des premiers pays au monde. On n'a pas besoin de la contrainte, quoi.
Merci. Merci à vous. d'être venu nous voir ce matin à 8h54. Vous êtes sur RMC et BFM TV.