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Conférence de pressePublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 26 septembre 2025 36 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

N. Sarkozy : exemple de justice ou justice pour l’exemple ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette mobilisation des agriculteurs est suivie dans votre région ?

  • 1:35OuverteRéponse directe

    Quelles sont les raisons de la colère des éleveurs ?

  • 3:04OuverteÉludée

    La une du MidiLibre revient sur la condamnation de Nicolas Sarkozy. Qu'en pensez-vous ?

  • 7:21OuverteRéponse directe

    Cette condamnation est-elle historique ?

  • 15:34OuverteRéponse directe

    Nicolas Sarkozy parle de gravité extrême pour l'état de droit. Est-ce qu'il a raison ?

  • 26:29OuverteRéponse directe

    Comment les Français peuvent-ils réagir à cette décision ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:47InvitéFait
    « Nicolas Sarkozy a été déclaré coupable d'association de malfaiteurs dans l'affaire du financement libyen de sa campagne électorale de 2007. »
  • 12:28Invité politiqueFait
    « La haine n'a donc décidément aucune limite. »
  • 12:35Invité politiqueFait
    « Et s'ils veulent absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison. »
  • 12:41Invité politiqueFait
    « Mais la tête haute, je suis innocent. »
  • 21:52InvitéFait
    « Le document sur lequel s'appuient principalement les accusations, le fameux document Mediapart, est vraisemblablement un faux. »
  • 23:15InvitéFait
    « On vient tout simplement de le déchoir de ses droits civils et de ses droits familiaux. »
  • 27:31InvitéFait
    « Ça atteint directement l'image de la France. »

Temps de parole

  • Présentateur39 %
  • Invité27 %
  • Présentateur 211 %
  • Invité 29 %
  • Invité 37 %
  • Nicolas Sarkozy3 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. L'actualité dans nos régions ce matin, c'est cette mobilisation des agriculteurs. Pour en parler, on retrouve nos partenaires de la presse régionale. On va à Montpellier en Occitanie. Bonjour Vincent Coste, merci beaucoup d'être avec nous. Bonjour Aurélien. Journaliste au MidiLib. Merci pour votre invitation. Vincent, est-ce que cette mobilisation des agriculteurs, elle est suivie dans votre région ?

0:29
Invité

Alors, pour l'instant, ça démarre. On est en train de faire le point site par site. On va voir quels types d'actions sont envisagées. Plutôt des actions devant des centres de douane, des centres d'impôts ou plutôt des blocages. C'est en cours, il est encore tôt. On va voir comment ça évolue au fil de la journée. Mais c'est vrai que la région Occitanie est souvent en pointe dans ses mouvements, tant dans l'ouest de la région que dans l'ex-Languedoc-Roussillon, qui est une grande région viticole.

On se souvient que le grand mouvement des agriculteurs de 2024, qui avait fini par essaimer dans toute l'Europe, avait démarré en Occitanie, dans la région toulousaine notamment, dès les premiers jours de 2024. Donc, c'est une situation qui, ici, est toujours suivie avec beaucoup d'attention, vu le poids de l'agriculture, de l'arboriculture, de la viticulture, et également de l'élevage dans nos territoires.

1:34
Locuteur

D'accord.

1:35
Présentateur

Et Vincent, Midi Libre a également rencontré des éleveurs en Lauser. Quelles sont les raisons de la colère ?

1:40
Invité

Oui, nous avons rencontré des éleveurs de bovins en Lauser, qui ont divers motifs de courroux, de colère, notamment les normes, une accumulation de normes, ou des normes dont ils ont l'impression, ou c'est avéré aussi, qu'elles leur sont imposées ici, et pas forcément ailleurs, dans d'autres pays, même en dehors de l'Union Européenne. Et ils craignent par-dessus tout, tout particulièrement les éleveurs, et tout particulièrement les éleveurs de bovins. Ils craignent par-dessus tout l'accord de libre-échange UE-Mercosur, signé par Ursula von der Leyen, contre lequel ils s'élèvent.

Et d'ailleurs, la Confédération Paysanne, qui est le troisième syndicat agricole français, prévoit déjà, et ces éleveurs de bovins, l'Auserienne, nous en avons parlé, prévoit déjà un autre type d'action, plus particulièrement tournée contre l'accord UE-Mercosur à la mi-octobre, une action qui est d'ores et déjà programmée, envisagée, quel que soit le résultat des actions aujourd'hui initiées par la FNSEA et d'autres mouvements.

2:57
Présentateur

Merci beaucoup, merci Vincent Coz, journaliste au MidiLite, de nous avoir parlé de ce mouvement dans votre région de l'Occitanie. La une du MidiLibre, comme beaucoup d'une de nos quotidiens régionaux ce matin, c'est Nicolas Sarkozy, condamné de l'Elysée à la prison. C'est le titre que vous avez choisi. Merci beaucoup Vincent, et à très bientôt dans cette émission. Et Quentin, on va voir les autres unes de la presse régionale, et évidemment la très grande majorité de nos journaux régionaux reviennent sur la condamnation hier de Nicolas Sarkozy.

3:25
Invité

Absolument, on peut même dire que c'est la quasi-totalité des titres ce matin, et c'est le signe de la sidération, du choc ressenti hier à l'énoncé du jugement. L'Est républicain à Nancy, qui parle de condamnation historique, c'est la première fois qu'un ancien chef de l'État va dormir en prison. Paris-Normandie à Rouen, qui parle d'un coup de grâce, avec la photo de Nicolas Sarkozy, on l'a vu juste avant, le regard baissé à l'annonce de la peine. Le républicain Lorrain, où on lit cette analyse sur la bataille des pouvoirs, vous le voyez, avec plusieurs responsables politiques, on en parlait tout à l'heure, à droite, à l'extrême droite, qui s'interrogent sur l'exécution provisoire.

Donc dans cet article, j'ai lu cette phrase, faut-il voir le signe que le déclenchement d'une nouvelle bataille des pouvoirs politiques et judiciaires n'est que différé ? C'est ce que se demande ce matin ce titre en région.

4:12
Présentateur

Et on continue avec la décision de justice qui vise Nicolas Sarkozy à la une d'autres journaux.

4:17
Invité

Voilà, beaucoup de titres qui accrochent avec un mot qui revient, c'est la prison. Sans doute ce qui choque le plus ce matin, en lisant le jugement d'hier, en écoutant le jugement d'hier, presse Océan à Nantes qui dit Nicolas Sarkozy ira en prison, même évité avec un président en prison qui écrit la Provence à Marseille, la Voix du Nord à Lille avec cette même information. Dans les pages intérieures du journal, on lit ces mots de Nicolas Sarkozy. J'assumerai mes responsabilités. Je déférerai aux convocations de justice. Et s'ils veulent absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison. C'est ce qu'il a dit hier devant les médias.

Mais la tête haute, je suis innocent, a-t-il dit Aurienne. Cette injustice est un scandale.

4:55
Présentateur

Alors, vous avez quand même trouvé quelque-une, Quentin, où la photo de Nicolas Sarkozy ne s'affiche pas. On va aller dans la Manche. Les patrons veulent un cap clair.

5:02
Invité

Voilà, on parle politique. Effectivement, dans la presse de la Manche, où patrons et artisans interrogés s'inquiètent de l'instabilité gouvernementale, d'une fiscalité mouvante et d'aides changeantes. Dans les pages intérieures, c'est le visage de Sébastien Lecornu qui s'affiche. Le milieu des affaires réclame confiance et stabilité. Les conditions premières de l'investissement et de l'emploi, dit un patron cité dans le journal.

5:27
Présentateur

– Deux mots à la une de Corse Matin par Encourage.

5:30
Invité

– Voilà, le titre Corse qui a rencontré la mère et le père du jeune Lisandrou qui s'est suscité à l'âge de 17 ans. Il était victime de harcèlement scolaire. Les deux parents sont dévastés. Ils ont décidé de réagir en créant une association afin de libérer la parole des jeunes en souffrance. Vraiment un titre très émouvant aujourd'hui dans Corse Matin. Dans les pages intérieures, on lit leurs témoignages. Depuis tout petit, il était un garçon ouvert, bavard, très curieux, qui se passionnait beaucoup pour la politique, l'astrologie, l'histoire. Il est aussi très gentil, sensible, empathique. Mais le silence, peut-être aussi la peur et la honte, l'ont enfermé.

C'est pourquoi nous pensons qu'il y a urgence à libérer la parole pour sauver d'autres enfants et adolescents, disent les parents ce matin ou encore ce matin.

6:12
Présentateur

– Allez, on termine avec un sourire, on ne change pas les bonnes habitudes le vendredi. C'est vos idées de sortie, Quentin ? Ça mélange un peu idées de sortie et politique, là.

6:20
Invité

– Voilà, c'est le sourire de Jean Lassalle aussi qu'on voit ce matin. Car il entre en scène, c'est à la lune de la République des Pyrénées. L'ancien candidat à l'élection présidentielle raconte dans un seul en scène des anecdotes de sa vie et il remplit la salle de spectacle. Petit jeu de mots des journalistes qu'on a lus ce matin. Le spectacle est toujours en rodage, visiblement, mais il fait rire les spectateurs. C'est tout de même 450 personnes qui se sont rendues mercredi au théâtre à Tarbes. Et si vous ne pouvez pas aller dans les Hautes-Pyrénées pour voir ce seul en scène, pas de panique, Jean Lassalle vient à Paris pour une dizaine de représentations en octobre et en novembre.

J'ai vérifié, il reste des places. C'est au théâtre de la Tour Eiffel, si ça vous intéresse.

7:00
Présentateur

– Voilà, ça nous fera d'autres idées de sortie. Merci, Quentin. Merci beaucoup pour cette revue de presse. – Avec plaisir. – On l'a dit, évidemment, les unes de la presse régionale qui affichent la photo de Nicolas Sarkozy. Et on va en parler tout de suite dans notre débat. On va analyser cette condamnation, les conséquences politiques qu'elle a avec nos éditorialistes dans quelques instants. Et on va continuer à en parler avec la presse régionale, direction Vichy. On retrouve Mathieu Perrineau, chef d'agence à La Montagne. Dans l'Allier, Mathieu, le verdict du procès de Nicolas Sarkozy, il a été rendu hier et tout le monde ne parle que de ça. – Oui, bonjour Ariane.

Le verdict est tombé hier. Vous l'avez dit en début d'après-midi, depuis tout le monde ne parle que de ça. Et c'est bien normal, c'est un véritable séisme. Le mot a été employé plusieurs fois. Donc Nicolas Sarkozy a été déclaré coupable d'association de malfaiteurs dans l'affaire du financement libyen de sa campagne électorale de 2007, condamné à 5 ans de prison, assorti de l'exécution provisoire en clair. Même s'il a fait appel, il ira en prison. Et c'est la première fois qu'un ancien président de la République va en prison. Un véritable séisme donc et plusieurs conséquences. D'abord pour Nicolas Sarkozy lui-même. Depuis des années, on ne parle de lui que sous le prisme judiciaire.

Son image s'était clairement dégradée. Aujourd'hui, elle est à terre. Mathieu Gallard, directeur d'études chez Ipsos, le voit dans les enquêtes d'opinion. Nicolas Sarkozy n'est plus un homme politique incontesté, ni dans sa famille politique, ni dans la droite classique. Les ténors de cette droite, d'ailleurs, lui ont bien renouvelé hier leur amitié, comme Bruno Retailleau ou Laurent Wauquiez. Mais on sait bien qu'en politique, l'amitié, c'est comme les promesses, ça n'engage que ceux qui y croient. Deuxième conséquence, peut-être la plus grave, elle est à chercher du côté de l'image de la politique en général, qui en sort encore abîmée, pas besoin de ça. Et puis de la justice aussi.

Quand Nicolas Sarkozy sort du tribunal et dit que la haine n'a décidément aucune limite, il vise évidemment les juges et la justice en général. Beaucoup l'ont fait avant lui, mais quand un ancien président de la République, garant des institutions, attaque frontalement l'institution judiciaire, c'est tout l'État de droit qui en sera faibli. Et c'est sur ce point qu'insiste aujourd'hui notre éditorialiste, Florence Yudotal. Après plusieurs années de tentatives de moralisation de la vie publique, on observe des attaques de plus en plus virulentes. La justice menacerait la démocratie. Et Trump, d'ailleurs, aux États-Unis, ne dit pas autre chose.

Lui, il a d'ailleurs ajouté les actes à la parole. En cela, continue-t-elle, l'inconséquence des politiques rend une bascule possible. On détruit toujours plus vite qu'on ne construit. Quoi qu'il en soit, Nicolas Sarkozy a été condamné. Et il n'est pas le seul. Claude Guéant, son ancien secrétaire général à l'Élysée. Et Brice Hortefeux, son ancien ministre de l'Intérieur, l'ont été aussi. Et Brice Hortefeux qui restait très présent en Auvergne, Mathieu ? Oui, Brice Hortefeux a été condamné, lui, à deux ans de prison. Mais sa peine pourrait être effectuée sous brassée électronique. Il ne sera donc pas incarcéré. Mais sa carrière politique semble extrêmement compromise.

Alors évidemment, on le voyait moins sur la scène nationale, Brice Hortefeux. Mais en Auvergne, il était très présent. Il habite le Puy-de-Dôme. Et il restait l'homme fort de la droite locale. Il est d'ailleurs président de la Fédération départementale des Républicains du Puy-de-Dôme. Il a été condamné à deux ans de prison, on l'a dit, à 50 000 euros d'amende. Et aussi à l'interdiction d'exercer une fonction publique élective pendant cinq ans. Ce qui signifie qu'il devra sûrement abandonner son dernier mandat, celui de conseiller régional de la grande région Auvergne-Rhône-Alpes. Il aurait d'ailleurs pu briguer la présidence de cette grande région en 2015.

Il avait alors laissé la place à Laurent Wauquiez, qu'il avait ensuite gardée près de lui, comme vice-président ou comme conseiller spécial. Que dit la droite locale sur la condamnation de leur patron ? Alors depuis hier, pas grand-chose. Le sénateur Jean-Marc Boyer s'est dit peiné. Le président du département du Puy-de-Dôme, Lionel Chauvin, se rappelle tous les combats qu'ils ont menés ensemble. Mais c'est à peu près tout. Et ce qui marque le plus, c'est pas tant ceux qui ont bien voulu répondre à la montagne hier que l'immense majorité qui n'a rien voulu dire. Difficile de croire dans ces conditions.

Brice Hortefeux pourra rester patron de la fédération si sa condamnation est confirmée en appel. Il devra sûrement se mettre en retrait. Et ce ne sera pas chose facile pour lui parce que, vous l'avez dit, en Auvergne, on le voyait partout. Dans le Puy-de-Dôme, il était là tous les week-ends, comme le week-end dernier, quand il a posé la première pierre de la cité du rugby de l'ASM à Clermont-Ferrand. Et chaque fois qu'il se déplace, il arrive dans sa voiture de fonction noire dont il bénéficie au titre d'ancien ministre de l'Intérieur. Un privilège que le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé vouloir supprimer.

Alors pour citer Jacques Chirac, en conclusion, les emmerdes, ça vole souvent en escadrille. Merci Mathieu. Merci beaucoup pour cette belle conclusion. La une de la montagne dans son édition de l'Allier, c'est Nicolas Sarkozy. J'irai dormir en prison, mais la tête haute. Merci beaucoup Mathieu d'avoir été avec nous. Et on va évidemment revenir sur cette condamnation de Nicolas Sarkozy tout de suite avec nos éditorialistes. Mais d'abord, on regarde ce sujet d'Adrien.

12:08
Nicolas Sarkozy

Quand il arrive vers 10h au tribunal, Nicolas Sarkozy affiche un visage confiant, presque détaché. Trois heures plus tard, la justice condamne l'ancien chef de l'État à 5 ans de prison ferme pour association de malfaiteurs. Pour la première fois, un ancien président de la République se retrouvera derrière les barreaux. La haine n'a donc décidément aucune limite. Et s'ils veulent absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison. Mais la tête haute, je suis innocent. Dans un dernier geste avant de quitter les lieux, son épouse Carla Bruni arrache la bonnette du micro de Mediapart qui a révélé l'affaire. Dans le camp de Nicolas Sarkozy, chez les LR, l'heure est au soutien.

A l'image de Bruno Rotaillot, le président du parti.

13:00
Invité

Je ne doute pas qu'il saura mettre toute son énergie à se défendre devant la cour d'appel et faire prévaloir son innocence.

13:07
Nicolas Sarkozy

Quant à Marine Le Pen, elle-même condamnée avec exécution provisoire en première instance dans l'affaire des assistants parlementaires, elle s'identifie un peu à Nicolas Sarkozy.

13:16
Invité

Je n'ai pas été extrêmement étonnée. Parce que j'ai bien compris qu'un certain nombre de magistrats ont une sorte de tableau de chasse où ils essayent d'épingler un maximum de politiques. Alors vous imaginez bien un ancien président de la République, il est tout en haut du tableau.

13:32
Nicolas Sarkozy

Du côté de la gauche, on réagit plutôt avec ironie, comme Marine Tondelier, la patronne des écologistes. Nicolas Sarkozy connaîtra sa date d'incarcération le 13 octobre et pourrait rejoindre la prison dans la foulée.

13:44
Présentateur

Et on va en parler avec Arnaud Benedetti. Bonjour Arnaud. Merci d'être la rédactante en chef de la revue politique et parlementaire. On est ravis d'éclair Bérangère Bonte. Bonjour. Merci d'être avec nous journaliste politique, auteur de plusieurs biographies dont le SIOU sur Édouard Philippe et la secrète sur Élisabeth Borne. Bérangère, on l'a dit et on le voit, quand on voit les unes de la presse régionale ce matin, il y a la photo de Nicolas Sarkozy dans 90% d'entre elles. On est dans une condamnation inédite historique ? Association de malfaiteurs pour un politique, c'est quasi ou totalement inédit si je ne m'abuse. On est dans quelque chose effectivement de…

Association de malfaiteurs, c'était pour les bandits jusque-là. Donc il y a effectivement une série de premières. Il y a… je sais que c'est beaucoup débattu après avoir laissé reposer ça toute la nuit. Il reste quand même pour moi… Moi je suis à la fois un peu terrifiée par le fait qu'un président de la République soit convaincu de tels actes et que… Non pas terrifié que la justice l'ait condamné, mais convaincu que ça ait manifestement eu lieu, en tout cas en l'état du jugement, même si ça n'est première instance, et que l'appel, il faut toujours le rappeler, le rend à nouveau présumé innocent.

Mais moi je suis dans l'état actuel de notre démocratie, franchement, et on l'a vu dans les réactions du monde entier, mais en interne aussi, enfin je veux dire en France aussi, c'est assez inquiétant pour… C'est-à-dire que ça abîme l'image de Nicolas Sarkozy évidemment, mais ça abîme l'image de la fonction, ça abîme l'image de la classe politique qui n'en a pas besoin. Donc c'est assez très inquiétant pour moi. – Nicolas Sarkozy hier, il a fait une déclaration tout de suite à la sortie du tribunal, il parle de gravité extrême pour l'état de droit. Est-ce qu'il a raison, l'ancien chef de l'état ?

15:42
Invité

– On a le droit de se poser des questions sur cette condamnation. Enfin, il y a quand même des éléments qui sont extrêmement perturbants. Il n'est pas condamné pour corruption, il n'est pas condamné pour recel de corruption, il n'est pas condamné pour financement illégal de campagne électorale, il est condamné en fait pour une présomption d'intentionnalité, d'association de malfaiteurs. Alors moi je n'ai pas lu les 400 pages de jugement, et d'ailleurs je ne crois pas que beaucoup de gens les aient lu depuis cette condamnation, mais il y a quand même des éléments qui posent question dans cette peine. Ensuite, il y a un autre problème, c'est bien évidemment ce à quoi personne ne s'attendait.

On s'attendait vraisemblablement à une condamnation. Moi j'ai entendu plusieurs avocats en l'occurrence qui disaient cela, mais là où la surprise a été totale, c'est bien évidemment le mandat de dépôt certes différé, avec donc l'exécution provisoire. La question de l'exécution provisoire pose évidemment problème. Est-ce que le maintien en liberté de Nicolas Sarkozy crée un trouble à l'ordre public ? Non. Est-ce que le maintien en liberté de Nicolas Sarkozy risque finalement de faire que Nicolas Sarkozy ne revienne pas devant la justice ensuite, et par exemple quitte la France ? Non, il a toujours déféré à toutes les convocations.

Donc là, en effet, il y a un problème, et on a le droit de le dire, et je crois que les observateurs qui depuis ce jugement se posent des questions sont en droit légitime de se poser des questions. Il y a manifestement quand même, qu'on le veuille ou non, un sentiment, je ne dis pas que c'est une réalité, un sentiment qu'il est quand même, qu'on le veuille ou non, victime d'une sorte d'acharnement judiciaire pour des raisons qui sont assez quand même, je veux dire, discutables.

17:33
Présentateur

Il faut, enfin, je ne suis pas d'accord avec Arnaud, parce que des indices précis, graves et concordants, ça vaut preuve en matière de justice, ça entraîne la condamnation. Or, la présidente dit, il existe des faits précis, graves, concordants, notamment d'un virement de 6 millions via Takiedin pour financer la campagne éventuellement de 2007. Ça n'arrive pas dans les comptes de campagne, et c'est pour cette raison qu'il n'est pas condamné pour corruption. Mais il y a un faisceau d'indices important. – Il dit pour finir qu'il est légal de campagne. – Exactement.

Et la deuxième chose qui n'est pas tellement soulignée, dans ce cas dit, c'est vrai que personne n'a lu les 400 pages, mais en revanche, elle a passé trois heures à justifier quand même, elle a dit beaucoup de choses, la présidente du tribunal hier. Et elle dit notamment à Nicolas Sarkozy, vous avez minimisé les accusations précédentes. Vous avez minimisé, il a été condamné, il a eu un aménagement de peine qui est un bracelet électronique une première fois, suite à une condamnation pour de la prison ferme, trois fois de suite, tous les recours étant épuisés.

Et elle lui a dit, vous avez minimisé les décisions de la justice, la justice est là pour faire cheminer un accusé quand il est condamné, plutôt faire cheminer un condamné et réparer le préjudice vis-à-vis des éventuelles victimes, quelles qu'elles soient. En l'occurrence, là, peut-être l'électeur, le faire les électeurs, peut-être l'opinion en général. Donc, il y a manifestement, la présidente en tout cas, met en doute sa capacité à avoir entendu les jugements précédents. Et elle lui dit, texto, vous avez minimisé les accusations précédentes à la barre du tribunal quand il a été interrogé sur ses présidents de condamnation.

Et sur la question de l'exécution provisoire, parce que c'est aussi ce dont parlait Arnaud, effectivement, ça a été remis dans le débat, parce que Marine Le Pen, elle avait déjà été condamnée avec une exécution provisoire, alors c'était de l'inligibilité, pas de la prison. Mais du coup, Gérard Larcher dit, ça questionne. Marine Le Pen, hier soir, elle redit, du coup, ça met en doute le système de double juridiction. C'est-à-dire, l'appel, aujourd'hui, n'a plus de valeur. On est condamné avant même l'appel. Là encore, je vous réponds ce que je viens de dire. Sur un premier jugement, il n'aurait peut-être pas été condamné. Il se trouve que ce n'est pas la première affaire.

Et elle lui dit, vous minimisez les décisions de justice. Ensuite, deuxième chose, je ne serai pas à la barre de Arnaud, mais ça, c'est une loi que les parlementaires ont voté, ont décidé. Pour que tous les prévenus, pas seulement les politiques, mais pour que tous les prévenus exécutent, que les peines soient exécutées, quels que soient les cas. Et ça a souvent été souligné et reproché à raison, le fait que les peines prononcées ne soient pas appliquées.

20:34
Invité

– Non, je voudrais revenir sur ce que dit Bérangère, sur le fait que Nicolas Sarkozy a minimisé ou aurait minimisé finalement ce que lui reprochait la justice, pour aller très vite. Mais moi, je suis toujours très surpris lorsque des juges se permettent de dire, voilà comment devrait être votre système de défense. – Non, un prévenu et des avocats sont totalement libres de leur système de défense. On ne juge pas un prévenu sur son système de défense, on juge un prévenu sur les faits qui lui sont reprochés. Je trouve extrêmement choquant, je suis désolé de le dire, que la magistrate se permette de finalement dire, ah mais votre système de défense ne correspond pas à ce que j'attends de vous.

mais pas du tout, le système de défense il est libre en droit, il est libre, je veux dire, c'est un principe démocratique même en l'occurrence. Donc ça c'est un premier point. Deuxième point, sur les indices, oui certes, moi ce que je ressens dans ce jugement, c'est qu'en fait la présidente a condamné sur son intime conviction. Je rappelle d'ailleurs qu'il y a des doutes, il y a quand même quelque chose d'être très surprenant dans la façon dont elle, j'allais dire, développe son argumentation, puisque dès le début du délibéré, elle nous dit quasiment, finalement le document sur lequel s'appuient principalement les accusations, le fameux document Mediapart, est vraisemblablement un faux.

Donc elle-même, si vous voulez, instille un doute inévitable que nous pouvons avoir sur finalement la base même, la fondation même de son argumentation qui va amener jusqu'à la condamnation à 5 ans de prison ferme de Nicolas Sarkozy. Donc encore une fois, je le répète, je ne suis pas tout à fait d'accord avec Bérengère en l'occurrence, je pense qu'il y a d'énormes doutes, encore une fois, sur ce délibéré.

Et quant à la, qu'on le veuille ou non, à la peine d'exécution provisoire, oui, ça vous avez parfaitement raison en l'occurrence, ce sont les politiques et le législateur qui a décidé finalement d'inscrire dans la loi cette peine d'exécution provisoire, à mon avis c'est une erreur et qu'il faudra y revenir un jour. La peine d'exécution provisoire, elle est tout à fait légitime pour un violeur, pour un pédophile, pour un malfrat qui a commis un braquage et qui est à sa troisième tentative de braquage. – Et pas pour un politique.

– Mais écoutez, un politique, je suis désolé, mais encore une fois, est-ce que vous considérez que Nicolas Sarkozy, parce qu'il est libre, crée un trouble à l'ordre public ? Est-ce que vous pensez que Nicolas Sarkozy, parce qu'il est libre, ne va pas déférer aux prochaines convocations devant la justice ? Il a déféré à toutes les convocations. Donc il y a quand même la volonté d'humilier. Et je dirais même plus loin, il a été suspendu. Et ce qui montre qu'il y a volonté d'humilier, c'est qu'on vient tout simplement de le déchoir de ses droits civils et de ses droits familiaux.

Vous pensez qu'une justice, qui est une justice équilibrée, va jusqu'à déchoir de ses droits familiaux le président de la République, l'ancien président de la République ? Moi, personnellement, je suis extrêmement choqué, je le dis, tel que je le pense.

23:31
Présentateur

– C'est suffisamment souvent mis en avant par beaucoup de prévenus. Il n'y a pas la justice des puissants et des miséreux. Ce jugement-là prouve que ça, au moins, est entendu. Et encore une fois, ça n'est pas la première condamnation. Ça n'est pas une récidive, peut-être, en termes juridiques purs. Mais selon que vous serez puissant ou misérable, la justice sera la même. – On va écouter les réactions politiques. Alors d'abord, celle de la famille de Nicolas Sarkozy. On écoute Florence Portelli, maire à l'air de Tavernier, qui était l'invité ce matin.

– Moi, je suis très attachée au fait que pendant le mandat du président de la République, il puisse y avoir une sorte d'immunité pour ne pas affaiblir le pays. Mais quand on n'est plus président de la République, on n'a pas de privilèges particuliers. Ça ne m'empêche pas, à titre humain, parce que c'est quelqu'un que j'ai beaucoup soutenu en 2007, d'avoir de la peine. Mais sur ma conception, encore une fois, de la justice et de l'équité, je trouve que c'est des choses qui sont normales. – Elle est dans la famille de Nicolas Sarkozy, Florence Portelli, mais elle dit, dans ma conception de la justice, c'est normal.

24:41
Invité

– Elle a le droit de le dire, oui. Non, mais je veux dire, elle a le droit de le penser, elle a le droit de le dire. Et on a le droit aussi de considérer que finalement, cette décision de justice peut interroger. Je crois quand même, c'est un droit que nous avons. Oui, c'est peut-être normal. Il n'en demeure pas moins que, moi, je reste encore une fois, je l'ai dit, je le répète, assez choqué par cette décision. Et je ne suis pas le seul. Alors, je suis d'accord, c'est vrai qu'en plus, ça abîme… En plus, il y a d'autres choses. C'est-à-dire qu'en fait, il y a un problème vis-à-vis de la séparation des pouvoirs. J'ai écouté Henri Guénaud l'autre jour.

Alors certes, Henri Guénaud, il faut le rappeler, a été conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. C'est un proche de Nicolas Sarkozy. Mais en fait, même en termes de séparation des pouvoirs, si vous voulez, en l'occurrence, l'autorité judiciaire se permet, sur un certain nombre d'arguments qu'elle développe dans son délibéré, de quasiment juger la politique diplomatique de la France sous Nicolas Sarkozy. Mais le principe de séparation des pouvoirs, il s'applique à tout le monde.

Il s'applique en effet de l'exécutif vis-à-vis de l'autorité judiciaire, du législatif vis-à-vis de l'autorité judiciaire, mais il s'applique aussi de l'autorité judiciaire vis-à-vis du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif.

Donc il y a quand même, vous le voyez bien, malgré tout, un problème de fond, encore une fois, au-delà de la décision de justice, au-delà du prononcé du jugement, dans la façon dont cette magistrate, je ne dis pas tous les magistrats en l'occurrence, et moi je ne fais pas le procès de la justice en la matière, je dis qu'il y a un problème avec ce délibéré, il y a une façon dont l'argumentation qui est développée pose aussi des problèmes, j'allais dire, presque d'ordre constitutionnel dans son expression.

26:23
Présentateur

Nicolas Sarkozy, d'ailleurs, à la sortie du tribunal, il a refait d'ailleurs un texte sur les réseaux sociaux, il dit « je demande aux Français d'apprécier ce qu'il vient de se passer ». Comment ils peuvent réagir les Français ? Et est-ce que cette décision, elle peut créer un fossé entre les Français et les politiques ? Déjà, quand on parle de justice politique, tout le monde constatera quand même qu'il politise lui-même cette décision de justice. Je referme la parenthèse. Comment les Français… Pour le coup, ça va être très intéressant, je suis toujours un peu prudente avec les études d'opinion, surtout, et rien.

Mais de savoir si c'est perçu comme tous pourris ou cette justice est indépendante. Moi, je suis très curieuse d'entendre ça et si tant est qu'on puisse en avoir une idée, une réelle. Mais bon, pour le coup, les études d'opinion donnent peut-être quand même une idée là-dessus. Ce sera très intéressant à observer. Et vous le disiez, Bérangère, ça fait l'une de la presse régionale, mais bien au-delà, cette condamnation de Nicolas Sarkozy, elle a un retentissement au-delà de nos frontières. Hier, Marine Le Pen, la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, était l'invité de LCI. Pour elle, la condamnation abîme l'image de la France. On l'écoute.

27:31
Invité

Ça atteint directement l'image de la France. Et je n'ose imaginer les titres qui seront ceux de la presse internationale demain matin. C'est une sorte de rupture, je trouve, avec les grands principes de notre droit et avec le premier de ces grands principes qui est la présomption d'innocence.

27:48
Présentateur

Ça abîme l'image de la France, Arnaud, selon vous, cette condamnation ?

27:51
Invité

C'est-à-dire que si vous voulez, on est dans une situation actuellement pour le moins compliquée. Je rappelle qu'on n'a pas de gouvernement, qu'on a une situation budgétaire qui est quand même particulièrement préoccupante. On a une instabilité politique qui est manifeste. Se rajoute un élément supplémentaire, alors qui n'est pas directement indexé sur la situation, mais qui montre que quand même, il y a manifestement un certain nombre de problèmes en France. Et à l'extérieur, en effet, je ne pense pas que ça soit quelque chose qui rehausse l'image de notre pays.

Donc, si vous voulez, tout cela cumulé donne l'impression d'un halo, d'un pays qui est en grande difficulté quand même, à la fois politique, institutionnelle, financière, morale. C'est ça qui manifestement ressort de toute cette séquence.

28:42
Présentateur

Bérangère, oui. Ça arrive effectivement dans un pays en pleine crise politique, cette condamnation de Nicolas Sarkozy. Ça peut rajouter de la crise à la crise ? De la crise à la crise, juste pour répondre sur l'aspect international, il faut imaginer ce que pense un Poutine, il faut imaginer ce que pense un Trump, un Orban, c'est-à-dire qu'ils doivent doucement rigoler. Et tout ça, évidemment, va alimenter un populisme qu'on voit monter, notamment en Europe, un peu partout. Il y a fort à parier que la presse finlandaise, norvégienne, les pays du Nord, en revanche, saluent peut-être une justice indépendante. Et on est finalement dans les positions attendues.

Mais quand on observe et quand on s'inquiète de la montée des populismes, évidemment, enfin je pense, évidemment, je n'en sais rien, mais en tout cas, c'est mon point de vue, que ça alimente tout ça. Voir un président de la République condamné pour association de malfaiteurs, encore une fois, ce n'est pas la décision de justice, vous l'aurez compris, moi qui me choque, même si j'entends qu'il puisse y avoir des questions. Moi, j'ai une question notamment sur cette note, cette fameuse note dont la présidente dit pourrait être un faux. Il y a quand même eu une instruction sur cette note.

Les avocats de Nicolas Sarkozy avaient poursuivi la note en question et elle a été jugée par la justice, elle a été authentifiée, si vous voulez. Et donc, bon, voilà, après tout, chaque juridiction est libre de ses décisions, mais ça pose question, et ça peut-être qu'on aura les explications plus en détail avec les fameuses 400 pages. – Oui, sur l'image de la France et sur ce que dit Bérangère, est-ce que ce qui se passe, ça peut alimenter les populismes ?

30:26
Invité

– Non, je ne peux pas répondre à cette question. Moi, je pense qu'il y a aussi un problème avec la justice, il faut le dire. L'image de la justice dans notre pays n'est pas bonne. Regardez les études d'opinion, cette justice est considérée trop laxiste. Alors, à tort ou à raison, peu importe, pas assez rapide, etc. Il y a cela aussi qui s'est installé dans les profondeurs de l'opinion publique. Alors, est-ce que ça alimente les populismes ? J'en sais rien, moi, je pense que les forces anti-système n'ont pas besoin, si vous voulez, de ce qui s'est passé hier pour progresser.

Elles progressent essentiellement sur le fait que les politiques publiques qui sont menées depuis des années et des années ne correspondent pas à leurs attentes, ne répondent pas aux besoins qui sont les leurs. C'est l'échec des politiques publiques qui, aujourd'hui, nourrit les forces qui contestent, en effet, les forces de gouvernement. C'est vrai en France, comme c'est vrai dans d'autres pays. C'est ça le moteur principal, aujourd'hui, qui alimente, en effet, ces forces politiques. C'est l'échec du politique. C'est l'échec de protection. C'est l'échec de capacité de l'État à développer une vision stratégique qui projette la France dans les 20 ans ou dans les 30 ans qui viennent.

C'est ça qui est au fondement véritable de cette progression de ces forces politiques. Ces forces politiques, elles ne sont pas nées aujourd'hui. Elles ne sont pas nées hier. Elles sont nées il y a déjà très longtemps. C'est un phénomène qui s'inscrit dans la durée et qui ne fait que progresser parce que, justement, aujourd'hui, le politique n'est plus capable de répondre à ses attentes. C'est ça, le vrai sujet, aujourd'hui. Alors, après, que ça en rajoute, si vous voulez, dans le paysage, vraisemblablement, mais, j'allais dire, ça n'aura qu'un effet immédiat. Au-delà, je veux dire, ce n'est pas un effet qui est structurant ce qui vient de se passer, en l'occurrence.

32:11
Présentateur

– Dans les réactions internes politiques en France, Bérangère, on a entendu celle de Marine Le Pen, qui défend plutôt, pour le coup, Nicolas Sarkozy. – Elle est directement concernée. – Oui, c'est ce que c'est que ce n'est pas. – Bruno Retailleau apporte aussi son soutien et on voit à la gauche, notamment Marine Tondelier, qui détourne le nouveau slogan des Républicains, « La France des honnêtes gens », justement pour parler de ce jugement. Est-ce que ça peut atteindre la droite, ce jugement de Nicolas Sarkozy ? – Est-ce que ça peut porter atteinte à l'image de la droite, à Bruno Retailleau ? Est-ce que ça peut avoir des répercussions sur les Républicains aujourd'hui ?

– Ce n'est pas un parti qui est accusé. Honnêtement, c'est un président de la République, je pense, qui aurait pu être de gauche ou de droite, d'ailleurs, quoi qu'en disent les responsables de la droite et Nicolas Sarkozy en tête. Maintenant, le fait est que c'est un président de droite, que toute la droite fait bloc, n'entend pas non plus ce jugement. Voilà, ça c'est factuel. Vous parliez de Marine Tondelier, les écologistes ont saisi cette occasion pour proposer hier, et déposer, je crois qu'elle a été formellement déposée, une proposition de loi pour ajouter encore quelques garde-fous au financement politique, notamment pour lutter contre le cash.

Parce qu'il s'avère là que la circulation de flux financiers en liquide est très difficilement traçable. C'est aussi pour ça que, peut-être pour ça qu'on ne retrouve pas cet argent libyen dans les comptes de campagne. En tout cas, c'est une hypothèse. Et donc, après tout, on peut refaire X lois, mais après tout, s'il y a effectivement un maillon faible sur cet aspect financier, sur les versements en espèces, après tout, l'idée c'est de limiter. Aujourd'hui, on ne peut pas faire un don de plus de 150 euros en cash à un parti ou à une personnalité politique. Là, ce serait 50. Interdiction de rémunérer en biens et services des gens qui travaillent pour une campagne, etc.

Donc, voilà, c'est une nouvelle série de garde-fous. Est-ce que ça suffira ? Ce n'est pas complètement sûr, mais bon. Un dernier mot là-dessus.

34:37
Invité

Non, la réaction de Marine Tordelier, je n'ai pas envie de la commenter. Moi, si vous voulez, je suis toujours très mal à l'aise avec ceux qui, finalement, j'ai vu beaucoup de choses sur les réseaux sociaux, malheureusement parfois de la gauche, en l'occurrence, je crois qu'il ne faut jamais taper sur un nom à terre. En tout cas, c'est mon principe, en l'occurrence. Après, chacun est libre de considérer combien l'entend cette décision de justice. Mais, si vous voulez, l'effet de meute parfois qui se développe pour encore enfoncer la tête sur un homme, c'est quelque chose, en tout cas, moi, personnellement, que je réprouve. Voilà. C'est une opinion personnelle.

35:17
Présentateur

Merci à tous les deux. Merci pour votre analyse. On va terminer par l'histoire du jour. Un peu plus légère, une jolie histoire. C'est dans l'1. Marius Soquet, qui a été fait chevalier de la Légion d'honneur à 104 ans. Il était résistant. En juin 1944, il a répondu à l'appel du général de Gaulle et sa mission, c'était de tendre des embuscades aux troupes allemandes qui circulaient en camion. Il a ensuite participé à la libération de Villefranche sur Saône. Et quand il a reçu sa Légion d'honneur il y a quelques jours, il est entouré de ses enfants, petits-enfants et même arrière, arrière-petits-enfants.

C'est d'ailleurs l'un d'entre eux, Thomas Catran, qui a porté l'insigne sur un coussin de velours rouge. Marius Soquet, il était très ému. Et à 104 ans, il n'a pas perdu son sens de l'humour, bien que très âgé. Je vous remercie et vous souhaite une bonne santé et une aussi longue vie que la mienne. Et c'est sur ces mots qu'on va terminer. Merci Béran Germont. Merci Arnaud Benedetti d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis. Je vous souhaite un excellent week-end. On se retrouve lundi.