Laurent Jacobelli : "Bruno Retailleau a fait le choix du socialo-macronisme !" (Public Sénat)
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Questions et réponses
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- 0:09OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est un adversaire sérieux pour l'ERN ? Et surtout, est-ce qu'il ne vous coupe pas l'air sous le pied ?
- 0:38RelanceÉludée
Vous le mettez dans la Macronie. Il est sorti du gouvernement.
- 1:31RelanceRéponse partielle
Ce n'est pas du tout ce qu'il dit hier. Vous l'avez entendu, son discours très axé sur le régalien...
- 2:18RelanceRéponse partielle
Ce n'est pas que ça, il y a aussi une baisse des régularisations, il y a aussi des expulsions hautes.
- 2:44RelanceRéponse partielle
Mais si vous l'attaquez autant, est-ce que ce n'est pas quelque part qu'il vous dérange et qu'il vous inquiète ?
- 3:21RelanceÉludée
Il n'est pas parti des Républicains.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« Je rappelle quand même qu'il a été ministre de gouvernement sous Emmanuel Macron »
- 0:27Invité politiqueFait
« que grosso modo il est responsable du bilan d'Emmanuel Macron »
- 1:56Invité politiqueChiffre
« il est le ministre de l'Intérieur qui a laissé rentrer en France le plus de migrants légaux. Le plus. »
- 2:02Invité politiqueFait
« Il est le ministre de l'Intérieur qui a raté sa négociation avec l'Algérie pour la reprise des OQTF français. »
- 6:12Invité politiqueFait
« Qui a participé à un gouvernement avec des socialistes, avec M. Rebsamen, avec Mme Borne ? Bruno Retailleau. »
- 6:17Invité politiqueChiffre
« Qui a applaudi des deux mains à l'élaboration d'un budget qui a créé 20 milliards d'impôts supplémentaires et 37 milliards d'impôts supplémentaires ? »
- 9:47Invité politiqueFait
« Il y a presque plus de candidats à la présidentielle au LR que d'adhérents. »
- 10:54Invité politiqueFait
« Marine Le Pen, Jordan Bardella, c'est un duo qui se prépare à la présidentielle depuis longtemps. »
- 15:06Invité politiqueChiffre
« Plus d'investissements dans l'éolien. Et voilà, c'est des centaines de milliards qui sont prévus dans la décennie. »
- 17:30Invité politiqueFait
« Non, non, mais vous savez, les poissons volants, ça existe. Ce n'est pas la majorité de l'espèce, disait Michel Audiard. »
- 17:45Invité politiqueFait
« Un gamin recruté par des narcotrafiquants pour tuer. Je veux dire, dans cette phrase, il y a tout. Il y a l'abandon de l'autorité, il y a le laxisme envers les plus jeunes qui les amènent vers la criminalité. »
- 18:47Invité politiqueFait
« Il se trompe. »
- 19:26Invité politiqueFait
« Qu'ils disent très clairement à l'Algérie, maintenant, ça suffit, le chantage permanent à la repentance, d'accord ? »
- 19:51Invité politiqueFait
« On est à plat ventre devant l'Algérie. »
Temps de parole
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Bonjour, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation au député de la Moselle, porte-parole du Rassemblement National. Bruno Retailleau, qui a donc officialisé hier sa candidature à l'Elysée. Est-ce que c'est un adversaire sérieux pour l'ERN ? Et surtout, est-ce qu'il ne vous coupe pas l'air sous le pied ?
C'est surtout un adversaire sérieux pour M. Attal, M. Darmanin, Mme Borne, tous ces candidats de la Macronie qui affluent en Inde, plus M. Retailleau. Je rappelle quand même qu'il a été ministre de gouvernement sous Emmanuel Macron, qu'il a travaillé avec des socialistes, que grosso modo il est responsable du bilan d'Emmanuel Macron et ce sera difficile pour lui de le défendre. Ce n'est sûrement pas quelqu'un qui nous fait peur, mais comme tout Macronie, c'est un adversaire politique.
Vous le mettez dans la Macronie. Il est sorti du gouvernement.
Il a fait un choix.
Il s'oppose en beaucoup de points à Emmanuel Macron. Vous dites que c'est le candidat de la Macronie.
En 2024, le Rassemblement National et les Républicains ont fait un accord pour aller aux législatives ensemble. Le président des Républicains s'appelait à l'époque Éric Ciotti. M. Retailleau a donc eu le choix. Il aurait pu travailler avec un parti, le Rassemblement National, qui veut plus de sécurité, qui veut moins d'immigration, qui veut moins d'impôts. C'est ce qu'il dit aujourd'hui, je crois. C'est exactement son discours. Il a fait un autre choix. Il est allé travailler comme des socialistes, comme des centristes, avec ceux qui creusent la dette, avec ceux qui créent des impôts supplémentaires, ceux qui ont ouvert les vannes de l'immigration et du coup engendré de l'insécurité.
Il a fait un choix. Un choix très clair. Entre le redressement de notre pays, entre l'amour de la France et la grande braderie de nos industries, quand l'affaiblissement de notre pays, il a fait le choix de l'affaiblissement. C'est son choix d'homme responsable qui l'assume.
Ce n'est pas du tout ce qu'il dit hier. Vous l'avez entendu, son discours très axé sur le régalien, très axé sur le rétablissement de l'ordre, de l'autorité. Et pour parler de l'amour de la France, il dit « Je serai le défenseur de nos coutumes, de nos modes de vie, de notre culture, de notre civilisation ». Ce n'est pas un discours qui est très proche de vous quand même ?
Alors je suis très surpris. Il y a Bruno d'un côté, il y a Retailleau de l'autre. Moi je rappelle qu'en tant que ministre, il n'y a pas si longtemps, il y a quelques semaines, il est le ministre de l'Intérieur qui a laissé rentrer en France le plus de migrants légaux. Le plus. Il est le ministre de l'Intérieur qui a raté sa négociation avec l'Algérie pour la reprise des OQTF français. Il est celui qui a vu les taux d'insécurité, notamment de crimes, augmenter, voire exploser. Joli bilan. Alors qu'il faut croire, celui qui a été ministre…
– Ce n'est pas que ça, il y a aussi une baisse des régularisations, il y a aussi des expulsions hautes.
– C'est à la marge.
– Alors vous, les chiffres qui vous arrangent, ce n'est pas à la marge. – Non, non, non, c'est pas les chiffres qui vous arrangent.
– Les chiffres qui ne vous arrangent pas, c'est à la marge. – Migrants légaux, record historique, record historique, OQTF, platitude totale. C'est le ministre de l'immigration, c'est le ministre de l'insécurité. Alors, évidemment, une fois qu'il n'est plus ministre, il fait le beau et il parade. Moi, vous savez, quand je vois un LR, je n'écoute pas trop son discours, je regarde plutôt son bilan et en général, vous n'êtes pas…
– Mais si vous l'attaquez autant, est-ce que ce n'est pas quelque part
qu'il vous dérange et qu'il vous inquiète ? – Non, c'est parce que vous me posez la question. Voilà, je suis absolument…
– Pas que, hier, Jordan Bardella a fait un tweet en réaction à sa déclaration de candidature, assez ironique, avec en fond les chiffres dont vous parlez sur les titres de séjour.
– Entre nous, la situation de la France ne serait pas celle qu'elle est, la situation politique ne serait pas si grave. Oui, ça prête à sourire. Honnêtement, c'est quelqu'un qui a fait l'inverse de ce qu'il promet qu'il fera. Bon, deux possibilités, soit il est sincère, mais à ce moment-là, en 2024, pourquoi est-il parti des Républicains pour s'allier à Emmanuel Macron ? C'est très compliqué comme logique, non ? – Soit il n'est pas sincère, il veut défendre son poste.
– Il n'est pas parti des Républicains.
– Ah si, il est parti des Républicains quand Éric Ciotti a signé la tort.
– Il est président des Républicains, il est au gouvernement.
– On ne va pas refaire l'histoire. À l'époque, le président des Républicains, c'était Éric Ciotti. C'est très simple, faites une comparaison, on va faire une étude comparative. Éric Ciotti d'un côté, M. Retailleau de l'autre. Face à la même France, aux mêmes enjeux, aux mêmes paysages politiques, il y en a un qui dit, moi, travailler avec Emmanuel Macron, jamais. Cet homme est en train de détruire la France, il y a un parti, qui n'est pas mon parti, mais qui est un parti qui partage un certain nombre d'orientations, c'est le Rassemblement National, c'est l'alternance, je suis du côté de l'alternance. Ça c'est Éric Ciotti.
Puis il y en a un qui dit, une voiture quand même noire, brillante, avec une belle cocarde, un bon salaire de ministre, allez, je choisis ça. Eh bien, excusez-moi, c'est deux visions de la France, deux visions de la politique, et il y en a une qui m'a à mes faveurs, c'est celle d'Éric Ciotti.
Quand il dit l'immigration n'est pas une chance, c'est quelque chose que vous auriez pu dire, que vous dites d'ailleurs.
Ben non, c'est pas une chance, et c'est pour ça qu'on en veut un peu à M. Bruno Retailleau, d'avoir ouvert les portes et les fenêtres. Vous savez, c'est politiques qui promettent et qui font l'inverse. Je crois que les Français en ont marre, excusez-moi l'expression. Je pense qu'ils veulent maintenant des gens qui assument ce qu'ils disent, quelles que soient les opinions. On peut être de gauche, on peut être du centre, on peut être de droite, on peut être patriote, tout est possible, c'est la beauté de la démocratie. Mais quand on dit blanc et qu'on fait noir, il y a un problème. Et aujourd'hui, le problème de M. Retailleau, c'est la crédibilité. Il n'est pas crédible.
Voilà, il a fait pire que Castaner.
Mais est-ce qu'en un petit d'un an, le ministère de l'Intérieur, il est comptable de toute la politique migratoire ?
Il est comptable de la sienne, de l'année où il a été ministre, c'est la pire année. Voilà, tout le monde jugera sur PS.
Et c'est lui le responsable ? Bien sûr. Ou il était aussi sous les directives d'Emmanuel Macron ?
S'il estime que le politique n'est responsable de rien, qu'il aille faire autre chose. Vous savez, c'est très sympa de faire du macramé, de la course à pied ou de l'hélicoptère. Mais s'il veut faire de la politique, qu'il assume. La politique, c'est un programme, ce sont des alliances et c'est un bilan. Voilà, il a peut-être un programme, mais il a fait les mauvaises alliances et il a un bilan terrible.
Alors, vous attaquez Bruno Retailleau sur son bilan. Je vais répondre aux questions. Il attaque, lui, Marine Le Pen. C'était hier soir, au 20h de TF1. On va l'écouter.
Marine Le Pen, elle est socialiste. Moi, je veux que la France se relève. Pour se relever, c'est par le travail et c'est certainement pas par l'assistance. Je me souviens, quand on avait voté au Sénat les 15 heures de contrepartie pour le RSA, parce qu'une allocation, ce n'est pas un dû, elle avait refusé de la voter. C'est très différent. Moi, je veux que la France se relève, qu'elle soit debout, indépendante, souveraine. Qu'est-ce que vous lui dites ?
Non, la schizophrénie est quelque chose qui se traite, qui est gênant à vivre et on le voit, en fait. Il est très mal à l'aise, M. Bruno Retailleau. Marine Le Pen est socialiste. Bon, une fois qu'il a dit ça, ça en enlève tout le mépris qu'il y a chez cet homme. Il n'y a rien, en fait. Qui a participé à un gouvernement avec des socialistes, avec M. Rebsamen, avec Mme Borne ? Bruno Retailleau. Qui a applaudi des deux mains à l'élaboration d'un budget qui a créé 20 milliards d'impôts supplémentaires et 37 milliards d'impôts supplémentaires ? Ça, c'est du socialisme. C'est M. Bruno Retailleau. Donc, on ne peut pas le matin...
On ne peut pas dire qu'il applaudit des deux mains de budget.
Il était quand même assez critique sur le budget. Bon, vous êtes journaliste sur Public Sénat. D'accord ? Donc, quand vous sortez du studio, j'espère en tout cas que vous êtes solidaire avec votre chaîne. Bon, eh bien, il a été ministre d'Emmanuel Macron avec des socialistes pour faire une politique socialiste. Je répéterai une phrase que j'ai citée il n'y a pas longtemps sur votre plateau de Maurice Duron. Il y a deux partis politiques de gauche en France, dont un s'appelle la droite, M. Bruno Retailleau, et donc patron du deuxième parti socialiste français.
Est-ce que ça vous inquiète qu'il réussisse, avec le discours qu'il a tenu hier, à faire venir des électeurs qui étaient plutôt partis chez vous, à les faire revenir du côté de la droite et des LR ?
Non, vraiment, je ne suis pas inquiet. Vous savez, les électeurs des Républicains, je les connais bien, mais je viens de la droite aussi. Ils ont envie, effectivement, de plus de sécurité, de plus d'ordre, parce que l'ordre républicain, c'est ce qui permet de vivre en sérénité, et une économie libre, libre d'entreprendre, libre de travailler. Mais donc, ils ne vont pas choisir Bruno Retailleau. Ils en ont marre des fausses promesses. Ils en ont marre de gens qui, lorsqu'il s'agit d'élections, parlent comme le Rassemblement National, et qui, une fois élus, travaillent comme Emmanuel Macron ou les socialistes. Ils se sentent floués, les électeurs des Républicains. On leur ment.
Bruno Retailleau leur a menti. Et je crois que ces gens, aujourd'hui, sincèrement, votent pour le Rassemblement National. Peut-être ne prennent-ils pas la carte, mais ils se disent aujourd'hui que la situation de la France est telle que soit j'ai mis les mêmes qui, depuis des années, enfoncent mon pays, soit c'est l'heure du sursaut. Eh bien, allons-y, toutes les bonnes volontés doivent être...
Donc vous ne pensez pas qu'il fera ce qu'a fait Nicolas Sarkozy en 2007, c'est-à-dire siphonner votre électorat ?
Il n'y a pas une seconde. D'abord, le parti des Républicains n'est pas dans la même situation aujourd'hui. On ne peut pas comparer ce qu'étaient les Républicains sous Nicolas Sarkozy aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est un groupuscule. Il n'y a plus d'adhérents, il n'y a plus rien. Il y a quand même des groupes parlementaires. Mais il y a des électeurs. Il y a des électeurs que je respecte. Il y a des militants. Il y a des électeurs et des militants que je respecte et que j'appelle à venir travailler avec nous. Il va y avoir bientôt les municipales. Soit on laisse des mairies de gauche saccager leur vie, le manque d'entretien, l'insécurité, les impôts qui explosent.
Soit on change de majorité dans beaucoup de villes. Mais auquel cas, travaillez avec nous. Ne travaillez pas contre nous. Parce que travailler contre nous, ça voudrait dire que vous travaillez avec la gauche.
Vous appelez les électeurs ou vous appelez des candidats LR à vous rejoindre ?
Mais les deux. Les LR de terrain sont des gens, on ne va pas trahir un secret ici, avec lesquels on parle tous les jours, avec lesquels on partage beaucoup. Et puis vous avez les États-majors qui sont attirés par la lumière, attirés par les fonctions, attirés par les indemnités. Et ça donne des M. Wauquiez, des M. Retailleau, qui, une fois qu'ils entrent dans l'Assemblée nationale, ont oublié leurs électeurs. Ne jamais oublier ces électeurs. Tiens, si j'avais un conseil à donner à M. Retailleau.
Est-ce que vous nous citiez Éric Ciotti tout à l'heure, qui s'est allié avec vous avec le RN. Est-ce que vous appelez Bruno Retailleau à faire de même ?
C'est un peu tard. Il pouvait le faire en 2024. Ce n'est pas si loin, finalement. Il pouvait dire à Emmanuel Macron, vous voyez, c'est l'opposition qui aujourd'hui est majoritaire à l'Assemblée nationale. On pouvait travailler tous ensemble dans une large union à redresser notre pays. Il n'a pas fait ce choix. Bon, voilà, Jean-Dame Mardella, Marine Le Pen n'arrêtent pas de le dire. Nous sommes ouverts à toutes les bonnes volontés. Mais à lui ? Permettez-moi d'avoir un doute.
Est-ce que vous êtes tellement critique avec lui que là, vous êtes ouvert à lui ? Est-ce que vous aimeriez qu'il vous rejoigne ?
Aujourd'hui, ce n'est même plus hypothétique. Il a choisi d'avancer solo. Voilà, solo avec deux députés et trois sénateurs. C'est son problème. Un peu plus, quand même. C'est son problème. Non, parce que tous ne le suivent pas. Mais c'est son problème. Moi qui règle ça, vous savez, pour l'instant, qu'il fasse l'alliance avec M. Wauquiez déjà. Peut-être que ça l'aidera à avancer.
Quand il dit que le front anti-ARN, c'est fini, que la priorité, c'est de battre la gauche, vous y voyez une main tendue ?
Non. Non, je ne crois pas. Parce qu'une fois encore, la sincérité en politique. Quand il a fallu faire fond commun, quand il a fallu essayer d'avancer des projets pour la France, lui, il a fait le choix de rejoindre la gauche avec Macron. Donc, je veux dire, ça vit par le politique.
Il n'a pas défendu le front républicain aux élections, Bruno Retailleau.
Non, mais il a participé à des gouvernements avec des gens de gauche et dont on connaît la mauvaise politique.
Bruno Retailleau a déclaré. Édouard Philippe aussi. Vous devez attendre le 7 juillet pour savoir qui sera votre candidat date du jugement en appel de Marine Le Pen. Est-ce que vous n'êtes pas en retard au moment où tout s'accélère ?
On est en avance. On a commencé notre campagne bien avant les autres. Vous n'avez pas de candidats, vous ? On a un duo. Nous, il n'y a pas de duel chez nous. Il y a des duos. Moi, je suis pressé de voir ce qui va se passer entre M. Wauquiez, M. Bertrand et M. Retailleau. Les trois, là. C'est marrant, d'ailleurs, il y a presque plus de candidats à la présidentielle au LR que d'adhérents. Mais il y a un moment, on va bien voir ce que ça donne. Nous, au moins, on est unis. Marine Le Pen, Jordan Bardella, c'est un duo qui se prépare à la présidentielle depuis longtemps.
Et je vais même vous dire, Marine Le Pen, connaissant cet espèce d'amoclès sur sa candidature à cause du jugement qui va arriver, a eu l'intelligence et la sagesse de préparer tous les scénarii possibles. Écoutez, on est bien loin de tous ces partis politiques où les cadres se déchirent pour savoir lequel pourra être élu pour trahir ses électeurs.
Mais là, compte tenu des réquisitions, Laurent Jacoba dit, elle se prépare encore Marine Le Pen ? Ou c'est Jordan Bardella qui se prépare ?
Mais les deux, le duo se prépare.
Elle croit encore qu'elle pourrait être candidate à la présidentielle ?
Sauf scoop que je n'aurai pas, moi je n'ai pas encore le jugement, si vous l'avez, monsieur...
Non, non, pas du tout, mais est-ce que vous qui la connaissez, qui travaillez avec elle, sans faire de langue de bois, elle est quelque part résignée ? Résignée, alors... Ou est-ce qu'elle croit encore que le jugement sera en sa faveur ?
Mais être résignée et Marine Le Pen dans la même phrase, c'est une gageur. Non, Marine Le Pen résignée, ça n'existe pas. Marine Le Pen est une combattante. Et Jordan Bardella et Marine Le Pen se préparent effectivement à l'alternance. ils s'y préparent ensemble, mais Marine Le Pen est la candidate naturelle du camp patriote. C'est Jordan Bardella, chef du parti Rassemblement National, qui le dit. Jordan Bardella, et il l'a dit, est candidat à être le Premier ministre de Marine Le Pen. Ça, c'est le scénario que je crois que beaucoup de Français veulent et que le Rassemblement National veut. Mais nous sommes prêts à toutes les éventualités.
Donc il y aura un candidat ou une candidate Rassemblement National à l'élection présidentielle qui assurera l'alternance à Emmanuel Macron. Parce que pour incarner l'alternance à Emmanuel Macron, il faut ne pas avoir travaillé avec lui.
Un mot sur les municipales. À Paris, votre candidat Thierry Mariani est nettement sous la barre des 10% dans les sondages. Est-ce qu'il va se maintenir ?
Bien sûr. Mais Thierry Mariani est quelqu'un qui a une énergie débordante, quelqu'un qui veut rétablir la sécurité à Paris, un art de vivre à Paris, une sérénité à Paris.
S'en en croient les sondages, ça ne prend pas trop quand même.
– Excusez-moi, mais alors je suis dans une émission qui a une faille spatio-temporelle apparemment puisqu'on connaît déjà les jugements du 7 juillet et on connaît déjà les résultats des élections municipales.
– Pas du tout, là on a des sondages d'intention de vote, il n'est pas en dynamique Thierry Mariani.
– Il y a une campagne qui va se faire et cette campagne, Thierry fait une campagne de terrain.
– Celle qui est en dynamique, c'est Sarah Knafo dans les sondages. Est-ce qu'elle n'est pas en train de siphonner sa candidature ?
– Vous savez, vous mettez cette tasse en permanence dans les médias en disant « Vous êtes formidable, vous êtes formidable », la tasse deviendra leader. Bon, mais dans les sondages seulement, il y a une surexposition de Sarah Knafo, ça amuse, ça étonne. Bon, ben voilà, donnez le même temps de parole à Thierry Mariani et vous verrez que derrière, les gens préféreront un programme sérieux, volontaire.
– Elle n'a pas un programme sérieux, Sarah Knafo, pour vous ?
– Écoutez, je ne sais pas, moi je ne suis pas parisien, moi je n'ai jamais considéré qu'un par-dessus jaune est un programme.
– Est-ce que vous ne pourriez pas faire alliance avec elle ?
– C'est à Thierry Mariani qu'il faut poser la question, mais je ne vois pas pourquoi je me poserais la question aujourd'hui. On a la chance d'avoir un ancien ministre qui est Thierry Mariani, qui est député européen, qui est quelqu'un qui a dévoué sa vie à la France, qui aujourd'hui veut travailler pour Paris. C'est une chance, il a un bon programme, une bonne équipe. Moi c'est ça que je vois, et j'ai envie de vous dire, allez Thierry.
– Et avec Rachida Dati, pourriez-vous allier ?
– Mais une fois encore, je ne suis pas membre de la liste, c'est à Thierry Mariani qu'il faut poser la question.
– On imagine qu'il ne va pas prendre la décision seule dans son coin.
– J'imagine aussi, et vous avez raison. Sortons un peu de Paris, Jordan Bardella l'a dit, on aura dans beaucoup de communes un impératif, c'est-à-dire empêcher la gauche. Voilà, et on verra comment cela se matérialise dans chaque ville, y compris dans Paris.
– On va parler de la programmation pluriannuelle de l'énergie qui sera publiée aujourd'hui. D'abord sur le fond, le gouvernement donne la priorité au nucléaire, freine le déploiement du solaire et de l'éolien terrestre. Finalement, ça va dans votre sens.
– Alors non, ça c'est les aimants de langage du gouvernement, ils ne freinent pas l'éolien terrestre, c'est bien ça le problème. C'est-à-dire qu'il va y avoir encore un surinvestissement dans ces deux énergies. Alors on était dans la folie totale, on devient dans une folie un peu moindre. – Il y a un moindre déploiement. – Oui, mais c'est très grave quand même, parce qu'aujourd'hui on est en surcapacité de ces énergies intermittentes. Juste, si vous me laissez deux secondes pour expliquer quelque chose, c'est pas si simple que ça. Les énergies intermittentes, il faut utiliser l'énergie qu'elles produisent au moment où elles le produisent. Une éolienne, c'est quand il y a du vent.
Un panneau solaire, c'est quand il y a du soleil. Bon, vous me direz, c'est une palissade. Mais donc ça veut dire qu'elles doivent être prioritaires, ces énergies. Et pendant que celles-ci avancent et qu'elles sont produites, on doit arrêter nos centrales nucléaires. Ce qui crée de l'érosion des centrales nucléaires. Ce qui abîme notre outil nucléaire. Donc au final, ça veut dire quoi ? Plus d'investissements dans l'éolien. Et voilà, c'est des centaines de milliards qui sont prévus dans la décennie. Au final, un surcoût de l'énergie. Ça veut dire entretien des centres de production nucléaire.
Et donc surinvestissement, ce que le gouvernement est en train de préparer, c'est une électricité plus chère, plus chère, beaucoup plus chère, avec toujours plus de folie d'énergie alternative. Ça ne va pas. Ça ne va pas. Et ça ne va pas surtout parce que les Français n'auront pas leur mot à dire. Ça passe par décret. Alors que c'est l'Assemblée nationale et le Sénat qui auraient dû se prononcer. Donc M. Le Corneau...
C'est un temps de musique, le débat a largement eu lieu.
Mais attendez, le trouble n'est pas que de débattre, il est de voter. Voilà, nous ne sommes pas dans un forum, nous sommes dans une démocratie. Une démocratie, ce sont les citoyens qui élisent des représentants, qui votent des lois. Une démocratie, ce n'est pas quelqu'un qui perd aux élections, qui se fait nommer Premier ministre et qui gouverne par Oukaz. Donc vous déposerez une mention de censure ? Ça, ça porte un nom, mais ce n'est pas la démocratie. Vous déposerez une mention de censure ? Toutes les possibilités sont ouvertes. C'est quoi l'autre possibilité ? Non mais je veux dire, de la déposer ou de ne pas la déposer. Nous, on verra bien.
Donc ce n'est pas acté ?
Pas au moment où on se parle, vous savez, nous on a un processus démocratique. C'est intéressant, contrairement à M. Lecornu. Moi, je vais vous dire honnêtement, j'en ai marre de voir que nos entreprises sont plombées par une énergie trop chère et que ça fait la part belle aux entreprises étrangères. J'en ai marre de voir que des Français ont même du mal à se chauffer, alors qu'en France, on pourrait avoir une des énergies produites, une électricité produite les moins chères au monde, grâce au nucléaire.
Mais qu'est-ce qui va faire la décision de la déposer ou pas à la motion de censure ?
Nous en parlerons, nous avons un groupe, on va discuter comme on fait toujours. Ce n'est pas quelque chose qui se décide au dé ou de ma part.
Sauf que ça fait des semaines que vous grandissez la menace d'une motion de censure si jamais la PPE passe par décret.
Mais dès que le décret se... Vous savez, Marine Le Pen a lancé un appel pour que le Premier ministre renonce à ce projet mortifère. Bon ben là, il ne les renonce pas. Oui, on aura jusqu'au bout essayé le dialogue et la raison. S'il s'enferme dans sa vision autoritaire et écologique au sens politique... Donc, motion de censure ? Je n'ai pas la réponse et si je l'avais, je vous la donnerais. Mais je ne l'ai pas en ce moment. En revanche, c'est quelque chose qui est sérieusement étudié.
Autre actualité, c'est cet adolescent de 15 ans condamné hier à 17 ans de réclusion criminelle pour le meutre en octobre 2024 d'un chauffeur de VTC à Marseille. Il avait été recruté par des narcotrafiquants marseillais. Est-ce que cette condamnation, ce n'est pas la preuve que la justice des mineurs n'est pas si laxiste, contrairement à ce que vous dites ?
Non, non, mais vous savez, les poissons volants, ça existe. Ce n'est pas la majorité de l'espèce, disait Michel Audiard. Déjà, ce cas, il est terrifiant quand même. Un gamin recruté par des narcotrafiquants pour tuer. Je veux dire, dans cette phrase, il y a tout. Il y a l'abandon de l'autorité, il y a le laxisme envers les plus jeunes qui les amènent vers la criminalité. Je ne crois pas que les jeunes soient mauvais par essence. Simplement, si on ne leur donne pas de repère, voilà comment ça se termine. Le poids des narcotrafiquants.
Moi, je le dis souvent, dans 10 ans, si le Rassemblement national n'arrive pas au pouvoir, notre pays a le risque d'être soit une république islamique, soit un narco-État. Donc, il faut être clair. Il faut reprendre les choses en main. Et puis, la justice, vous le voyez, vous le soulignez, c'est tellement exceptionnel qu'on le souligne. Tant mieux. Tant mieux quand la justice est rendue. Tant mieux quand les Français sont protégés. Mais il y a une vraie question de la justice des mineurs.
Parce qu'aujourd'hui, malheureusement, le fait que les mineurs soient à l'abri des peines, et ce cas montre qu'il y a des exceptions, fait que les narcotrafiquants, les trafiquants de tout poil, recrutent des jeunes, les envoient au casse-pipe, en se disant, au final, nous, on ne risque rien, et eux, ils n'iront pas en prison. Donc, il faut casser cette chaîne infernale. Si ce jugement casse cette chaîne infernale, tant mieux.
Gérald Darmanin veut supprimer l'excuse de minorité. Laurent Nunez est également personnellement favorable. Mais le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, dit qu'ils n'ont pas les moyens politiques de le faire aujourd'hui. Il se trompe.
Oui, mais ça, c'est toujours, retenez-moi où je suis à malheur. J'ai plein d'idées, moi, je suis le meilleur, mais je ne peux pas le faire. Je ne peux pas le faire, c'est l'Europe. Je ne peux pas le faire, c'est l'Assemblée. Je ne peux pas le faire, c'est le président de la République. Quand on ne peut pas faire, on ne fait pas de politique. Oui, tout ce qu'ils disent est du bon sens, d'ailleurs, on le dit depuis des années. Moi, je suis toujours un peu surpris qu'on nous dise, oui, mais ils ne sont pas dans l'arc républicain, il ne faut pas discuter avec eux.
Vous ne les soutiendrez sur ce point.
Mais ils ne le feraient pas, donc c'est virtuel comme question. En tout cas, moi, je tiens à assurer vos téléspectateurs, nous, on le fera.
Laurent Nunez se rend en Algérie lundi et mardi prochains. Le ministre de l'Intérieur, il a raison d'y aller ?
Ça fait partie de son travail. Ce n'est pas le fait d'y aller qui est curieux ou qui serait curieux. C'est avec quoi il va revenir. Qu'est-ce que vous attendez, vous, de se déplacer ? Qu'ils disent très clairement à l'Algérie, maintenant, ça suffit, le chantage permanent à la repentance, d'accord ? Vous avez des citoyens algériens en France qui doivent retourner en Algérie parce qu'ils sont sous OQTF. Soit vous les reprenez, soit plus de soins pour l'intelligentsia algérienne, plus de visas, plus de flux financiers. Voilà, maintenant, c'est clair.
Donc pour vous, il ne faut pas un dégel des relations et apaiser les tensions ? Il faut au contraire montrer sa forme de fait ?
Les relations ont tellement été dégelées que du côté de la France que c'est la banquise qu'ils font. Il faut arrêter. On est à plat ventre devant l'Algérie. Non, la France, sixième puissance mondiale, peut imposer sa volonté quand elle le veut. C'est maintenant la diplomatie du bras de fer. La diplomatie des bisounours, ça n'a pas marché.
Merci Laurent Jacobelli. Merci de votre invitation. Merci beaucoup.
Laurent Jacobelli