Entre les juges et les politiques, le grand malentendu ? | 28 minutes | ARTE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse directe
François Molins, vous incarnez la justice debout face à la peur. Comment expliquez-vous cette image ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Vous avez été procureur de Paris pendant les attentats de 2015. Comment avez-vous géré cette période ?
- 10:00OuverteRéponse directe
L'exécution provisoire est un terme juridique qui a fait beaucoup parler cette année. Qu'en pensez-vous ?
- 14:00OuverteRéponse directe
Les magistrats sont de plus en plus critiqués. Comment analysez-vous cette défiance ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Les procès peuvent-ils être filmés pour plus de transparence ?
- 26:00OuverteRéponse directe
Les jeunes semblent de plus en plus attirés par des régimes autoritaires. Comment l'expliquez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 11:00François MolinsFait
« L'exécution provisoire, c'est quelque chose qui est nécessaire à l'efficacité de la justice. »
- 12:00François MolinsChiffre
« Je n'ai jamais vu en 45 ans d'exercice professionnel un tribunal ou une cour d'assise prononcé une peine de 50 ans de prison sans la sortir de l'exécution provisoire avec un mandat de dépôt. »
- 14:00François MolinsFait
« La critique, ça fait partie intégrante de la liberté d'expression et donc de la démocratie. »
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[musique] Bonsoir, soyez les bienvenus dans un nouveau hors série de 28 minutes et bonsoir mes chers camarades. Comme tous les soirs de cette semaine, un grand entretien donc au programme avec un témoin clé de l'année 2025 et c'est une figure familière des Français que nous allons recevoir. Il s'appelle François Molins, c'est l'ancien procureur général près la Cour de cassation et l'ancien procureur de Paris de 2011 à 2018.
C'est-à-dire au moment précis des attentats djihadistes de 2015. Ceux contre Charlie Hebdo, l'Hypercacher, le Bataclan et les terrasses de café parisiennes. C'était il y a 10 ans.
Ce que les terroristes veulent, c'est nous faire peur, nous saisir d'effroids. Il y a effectivement de quoi avoir peur. Il y a l'effroid, mais il y a face à l'effroid une nation qui sait se défendre, qui sait mobiliser ses forces et qui une fois encore sera vaincre les terroristes.
En 2015, François Mollins, procureur de Paris, donc s'est imposé comme une figure rassurante, informant, expliquant inlassablement comment justice et état de droit sont arrimés. On en parlera avec lui ainsi qu'avec le grand reporter Mathieu De Laousse qui a couvert V13 le procès des attentats du 13 novembre. En 2025, la justice est de plus en plus contestée, malmenée en France.
Cette année, les magistrats ont été accusés d'être partiaux politiques. Avec les condamnations de Marine Le Pen et de Nicolas Sarkozi, François Molins et Mathieu de Laous, nous livrerons leur analyse et puis ce sera l'heure de l'absurdiste et délicieux Benoît Forjar et de nos chroniqueurs adorés Paris Bonisso et Xavier Maudu Ellisabeth époqué oui le cas du protoxyde d'azote. Vous savez que de plus en plus d'autorités municipales préfectorales décident de ne pas rester inerte face aux usages détournés he du protoxyde d'azote. fait des ravages, le gaz ilarant et bien évidemment une histoire qui met les gaz s'il vous plaît et vous Mariez une chronique élégance une fois n'est pas coutume, je vous montrer le pull qui cette année a remplacé le costard cravat jeunes entrepreneurs.
C'est quoi ? Suspense à tout à l'heure et pour commencer à François Molins. Bonsoir François Malins.
Quel honneur de vous avoir ici à la table de 28 minutes. Je vous présente Fanny Veille et Benjamin Sportouche. On est très heureux que vous nous accordiez votre temps.
Vous êtes un homme débordé, quoi que retraité depuis 2023. Comment est-ce possible ? C'est un choix en fait.
J'ai beaucoup d'activité et je me suis je me suis demandé le jour où j'ai mes fonctions pourrait comment je pourrais continuer à une fille. Oui. Donc j'ai pris le parti de faire des choses différentes.
J'ai j'ai migré vers le l'enseignement donc la transmission et le partage et l'associatif entre autres. On en parlera tout à l'heure un peu de bénévolat et puis un peu de sport mais on va en parler tout à l'heure. François Molin après votre profil idéal réalisé par Olivier Boucre.
François Molin vous incarnez la justice debout face à la peur pour rappeler qu'au-delà des tempêtes, être magistrat d'abord une affaire d'équilibre, vous avez le profil idéal. Donc c'est vrai que c'est une réflexion que je me suis souvent faite parce que je suis pas un peu chat noir. Originaire du pays catalan.
Vous grandissez dans une famille de médecins [musique] militaires pour qui servir l'État est une évidence. Après des études de droit, vous entrez à l'École nationale de la magistrature puis découvrez à Carcasson et à Bobign le terrain et la complexité du réel. C'est calamiteuse ce qui s'est passé depuis 3 jours.
Comme l'affaire Zed Bena [musique] Buatraoré mort électrocuté en 2005 après une course poursuite avec la police. Quelques années plus tard, vous ouvrez l'enquête contre Jérôme Kusac, [musique] ministre du budget soupçonné de fraude fiscale. L'affaire secoue le pouvoir et révèle votre intransigence. [musique] La loi est la même pour tous.
Procureur de Paris entre 2011 et 2018, [musique] vous traversez des années sombres. Les attaques de Mohamed Mera à Toulouse. Charlie Hebdo le Bataclan.
Très vraisemblablement, ce sont trois équipes de terroristes coordonnées qui sont à l'origine de cette barbarie. À chaque fois la [musique] même posture. Costume sombre, voie posée, mot précis. 55 conférences de presse [musique] inscrivent votre visage dans la mémoire collective.
Il faut aussi faire attention au visage qu'on donne. Il faut donner un visage de rigueur, de professionnalisme. Donc on peut pas trop se laisser aller à certaines émotions.
Mais pourtant, je vous assure l'émotion, elle est là. Après Paris, vous rejoignez [musique] la Cour de cassation comme procureur général au sommet de la hiérarchie judiciaire. Là encore, vous veillez à la clarté du droit [musique] et à l'indépendance des magistrats.
Retraité depuis 2023, vous enseignez toujours le droit du terrorisme. Partez en marude avec la Croix-Rouge et intervenez dans les écoles. Vous écrivez aussi au nom du peuple français, [musique] revient sur vos années de parquet, pratique judiciaire du contreerrorisme interroge jusqu'au protéger [musique] sans renier l'état de droit.
Pour prendre l'air, vous grimper, une cordée, c'est un peu l'idéal communiste, pensez-vous. [musique] Chacun est responsable de l'autre. Tout le monde est à égalité.
Découvert à 40 ans, l'alpinisme vous apprend l'humilité. Mais 10 ans après les attentats du 13 novembre, votre parole demeure. Je n'ai pas l'impression que le temps qui passe apaise.
Les victimes le diraient beaucoup mieux que moi. Voilà, une vie extraordinaire résumée en 2 minutes. Bravo Olivier Boucreux.
Où est votre piolet ? Puisque vous grimpez depuis 2001, vous avez découvert l'alpinus, mais ça a été une révélation, quelque chose d'apaisant parce que vous êtes fébrile intérieurement. François Bolin ?
Oui, je suis je suis du genre anxieux et stressé. Donc quelque part la montagne m'a appris à gérer effectivement mon stress et mes angoisses et je pense m'a certainement aidé à surmonter certaines épreuves que j'ai eu à rencontrer plus tard. Je je suis pas à 40 ans comme je l'étais à 25.
Voilà. Et quand vous n'êtes pas en montagne, vous êtes sur un mur d'escalade toutes les semaines. Oui, de temps en temps.
Oui. Y compris en 2015, au moment où Paris a été frappé par les attentats, vous continuiez parce que c'était vital pour votre équilibre. Parce que c'est une activité sportive qui euh qui est intéressante dans la mesure où quand vous grimpez, vous pensez pas à autre chose.
Donc c'est une activité véritablement qui vous vide le cerveau et qui donc fait beaucoup de bien surtout dans des périodes aussi troublées. Alors c'était une vocation la magistrature, c'est venu vite ou pas ? Non du tout.
Euh moi j'ai des j'ai fait des études littéraires parce que j'étais pas mat donc j'ai un bac littéraire et avec un bac littéraire on peut pas aller n'importe où. Donc comme je voulais pas aller en lettre, je voulais pas faire philo, je voulais pas faire socio, je voulais pas faire de langue. Je suis allé en droit par défaut par hasard ou je dirais plus par défaut que par hasard ne sachant pas si ça me plairait.
Et en réalité, je me suis rendu compte que le droit ça, j'adorais ça. Euh donc, je me suis très vite passionné par la ces matières et elle a en 2e année, je pense, c'est là que j'ai compris, je voulais être magistrat parce qu'il y avait cette dimension de service public et puis il y avait aussi dans la magistrature cette cette image d'exigence, de vérité, de loyauté qui qui m'attirait euh une sorte de modèle. Donc effectivement, j'ai concrétisé ça en passant le concours de la magistrature à l'issue de ma 4e année, hein, et et je l'ai eu.
Voilà. Il faut combattre ces a priori, dites-vous aussi, pour être un bon magistrat, c'est-à-dire lesquels avez-vous vous combattu comme a priori ? Ben, je vais vous donner un exemple.
Quand j'étais jeune substitut à Carcasson, je m'occupais du service commercial, économique et financier. Et je me suis en fait rendu compte parce que c'est toujours une démarche qu'on a quand on est magistrat en quête d'impartialité. Moi, je suis d'une classe socialisée, hein.
Je me suis rendu compte en fait que dans les dossiers dans lesquels je requéis, j'avais une tendance à être peut-être plus indulgent avec les gens de ma classe sociale sur ce type d'infraction qu'avec les autres. Et bah le jour où j'ai identifié euh cette posture, cette tendance, je l'ai corrigé immédiatement. Tout seul.
Vous l'avez fait où ? On vous l'a dit. Oui.
Non non, tout seul. Tout seul. Je m'en suis rendu compte parce que ça fait partie des choses aujourd'hui.
On critique beaucoup l'école nationale magistrature, mais l'école nationale magistrature, c'est une école professionnelle qui est très bien à laquelle tous les magistrats sont très attachés parce qu'elle leur a apporté quelque chose et notamment, c'était déjà le cas à l'époque où j'y suis passé. Il y a dans la formation des futurs magistrats à l'EM une dimension éthique et déontologique qui est très forte et auto-analytique parce que vous évoquez quelque chose d'autoanalytique. Vous avez fait une psychanalyse pardon mais tout d'un coup ça me vient parce que non.
Bon ben voilà François Molin n'a pas été en analyse. Vous le regrettez ? Non du temp je vais [rires] bien.
La vie est longue. François Molin on va évoquer ce malentendu ce malaise entre le politique les politiques et les magistrats et on va démarrer avec le terme juridique de l'année qui va nous amener à cette question. exécution provisoire.
Alors qu'est-ce donc ? C'est l'application d'une peine après une condamnation sans attendre un éventuel appel et la fin des recours en justice. Le sujet s'est imposé dans l'actualité cette année à la faveur du résultat du procès de deux personnalités politiques de premier plan.
En mars, c'était l'inéligibilité pour Marine Le Pen et tout récemment en octobre dernier, la prison pour Nicolas Sarkozy avec donc exécution provisoire. François Min, c'est une modalité de justice qui vous interpelle, qui vous agace ou que vous trouvez normale l'exécution provisoire ? Si vous me permettez l'expression, je trouve que on réinvente un peu l'eau chaude parce que l'exécution provisoire, on a l'air de découvrir ça à l'occasion de l'affaire SarkoZie alors que l'exécution provisoire c'est quelque chose qui existe depuis des dizaines et des dizaines d'années et l'exécution provisoire c'est quelque chose qui est nécessaire à l'efficacité de la justice.
En toutes circonstances c'est la question qui s'est posée. Qu'est-ce qu'on dirait d'une justice, d'une juridiction qui prononce une peine sévère à l'encontre de quelqu'un qui a commis des choses extrêmement graves et qui ne se donne pas les moyens d'exécuter sa décision ? Alors là, si vous voulez, euh ça pose problème parce que effectivement ça concerne quelqu'un qui a exercé la responsabilité suprême dans notre pays, la plus haute, président de la République, ça pose problème parce qu'on n'est pas dans un schéma auquel on est habitué.
C'est pas un meurtre, c'est pas un assassinat, c'est de la délinquence en col blanc. Voilà. H et ça pose problème parce qu'effectivement ça concerne un public qui n'est pas le public qui correspond à l'image qu'on se fait du criminel ordinaire.
C'est pour ça que ça pose problème. Mais l'exécution provisoire, encore une fois en soi, c'est pas une mauvaise chose. Euh et euh c'est moi je trouve assez logique.
Euh je vous prendre je n'ai jamais vu en 45 ans d'exercice professionnel un tribunal ou une cour d'assise prononcé une peine de 50 ans de prison sans la sortir de l'exécution provisoire avec un mandat de dépôt. Je n'ai jamais vu ça en 45 ans. C'est c'est vraiment dans la culture de fonctionnement de de la justice. de la J.
Vous dites avoir été effaré par la martyrologie autour des 3 semaines de prison faites par Nicolas SarkoSi. Toute cette martyrologie autour de ça, ça vous rendez Je pense que c'est des c'est une démarche qu'on retrouve pour tous les hommes politiques qui est pas propre à à monsieur SarkoZi. C'est une démarche de victimisation hein où non comptant mais ça son c'est son droit le plus absolu de contester les faits qu'ils sont reprochés.
C'est une chose se dire innocent, c'est autre chose de se prétendre victime d'un système. Là, on est dans une démarche de victimisation qui va finalement très loin parce que elle revient à contester la légitimité de l'institution qui va le juger en évoquant même le fait que la condamnation constituerait une violation de l'état de droit, ce qui est quand même un monde. Dans la mesure où les juges n'ont pas excédé le droit, ils ont appliqué la loi dans les limites qui étaient fixées par celle-ci.
On voit pas où est vraiment la violation de l'état droit. Parenthèse, vous lirez son livre Nicolas Sarkozi qui l'a écrit en la la prison de la santé he le journal d'un prisonnier. Oui.
Non, j'ai pas envie. Vous avez pas envie. D'accord.
C'est dit en effet. Pourtant ça se lit bien il paraît direit l'autre. Alors, la question du rapport entre les juges et les boutiques s'est présentée à cette occasion là à nouveau sur les les exécutions provisoires.
Il en était question aussi sur ce plateau en avril dernier. On y avait notamment discuté de la responsabilité des magistrats. Écoutez ce qu'en disait Henry Genau qui fut conseillé à l'Élysée sous Nicolas Sarkozi.
Les juges en fait à part rendre compte à leur propre corps et à leur père n'ont n'assume aucune responsabilité devant une quelconque instance extérieure à eux-mêmes. Ce ne sont pas des élus par définition. Non, mais pas seulement fait de il y a un tel gens dans la société qui sont pas des élus, ils ont tous des comptes à rendre à à d'autres à des supérieurs ou aux tribunaux.
Voilà, le juge par nature hein ne rend compte à personne. Il me semble que la contrepartie de cette indépendance euh de la justice, non seulement vis-à-vis du pouvoir, mais vis-à-vis de l'opinion publique, euh elle doit avoir comme contrepartie une une possibilité de de critique, de vraie critique. La critique, elle est nécessaire dans une société de liberté.
Vous savez, c'est le mot de Voltaire. Honte honte à une société où l'on se tait. H François Molins, on peut critiquer les les juges comme n'importe quel autre métier ou à chaque fois c'est une remise en cause potentielle de l'institution judiciaire elle-même ?
Oui, moi je pense que la critique ça fait partie intégrante de la liberté d'expression et donc de la démocratie. Donc la critique, elle est tout à fait légitime et je trouve qu'on a on a tout à fait la possibilité de critiquer une institution quelle qu'elle soit, y compris la justice. Et là, elle est devenu systématique.
La critique, c'est pas le discrédit politique, c'est deux choses différentes. La critique, c'est quelque chose qui nécessairement est constructif. On a le droit d'émettre des opinions contraires.
Je pense qu'on a pas le droit de discréditer effectivement l'action de la justice. Je pense qu'on discrédite l'action de la justice quand on essaie de faire croire que les magistrats ne sont soumis à aucun contrôle. Euh je pense que c'est une je suis désolé, c'est une hérésie de dire des choses comme ça.
Euh les juges d'abord euh ils sont formés à l'éthique, à la déontologie et une part de leur légitimité tient justement au respect qu'ils vont avoir pour les règles éthiques et déontologiques. Un respect à un juge qui se mettrait ou à un procureur qui se mettrait à côté de l'éthique et de la dontologie qui commettrait une faute disciplinaire. Il va être sanctionné.
Il va pas être sanctionné par ses pères. il sera sanctionné après un avis du Conseil supérieur de la magistrature qui n'est pas composé que de magistratement à ce que laisse penser monsieur G mais qui est composé par une majorité de non magistrats parce que justement on a voulu que la société civile soit majoritaire dans le conseil supérieur de la magistrature et soit garant de l'indépendance et des des poursuites disciplinaires. Il y en a quand je suis parti de je présidais le CSM il y a jusqu'en 2023 l'année où je suis parti il y avait eu je sais plus c'est 15 ou 17 poursuites disciplinaires. pas rien pour un corps de de 9000 personnes.
François, alors il y a une solution évidemment vous le savez, c'est la pédagogie. Il est suggéré que les magistrats et les juges fassent plus de pédagogie pour subir moins d'attaques. Vous nous expliquez ça fan ?
Absolument. Et c'est justement pour faire preuve de pédagogie que depuis 2022, les procès peuvent être filmés. L'idée d'après le ministre de la justice de l'époque, Éric Dupont Moritti, c'était, je le cite, de faire rentrer la justice dans le salon des Français pour qu'ils la connaissent mieux et donc lui fassent davantage confiance. 3 ans plus tard, 89 demandes de tournage ont été approuvées sur 172 déposés et 43 documentaires et reportages ont été réalisés.
Mais en fait, cette volonté de clarté, elle commence dès l'école nationale de la magistrature que vous citiez. Euh, on nous demande de porter davantage notre attention sur la motivation de nos décisions pour qu'elles soient mieux comprises et acceptées, racontent les futurs magistrat. Dans le même esprit, le nouveau président du Tribunal Judiciaire de Paris, Pemman Galet Marsban veut, je le cite généraliser dans les affaires les plus importantes des communiqués ou des notes de synthèse ou encore, dit-il, institué de véritables porte-parole de la juridiction.
Vous François Mollins, vous êtes membre d'une association qui s'appelle Parlons démocratie qui vise à faire découvrir aux élèves le fonctionnement des institutions. Est-ce que vous ne pensez pas que c'est aussi aux juges eux-mêmes de faire preuve de plus de pédagogies pour être mieux compris et donc moins attaqués ? Il y a vous avez raison, mais il y a il faut faire le la part des choses.
Il y a il y a il y a deux deux problématiques différentes. Il y a le problématique de la décision elle-même, de son contenu et il y a la problématique de de de son explication. Alors, d'abord les audiences filmées, c'est très bien.
Moi, j'ai toujours considéré que monsieur Dupont Moritier avait une très bonne idée de faire ça. Pense que ça ne peut aller que dans le bon sens. Euh la décision de justice, effectivement, il faut qu'elle soit comprise pour être acceptée.
Il faut qu'elle soit comprise et il faut qu'elle soit bien motivée. Il faut qu'elle montre qu'on a pris le temps d'écouter et il faut qu'elle permettent effectivement au justiciable concerné de comprendre pourquoi il a gagné ou pourquoi il a perdu. D'accord.
Euh le problème c'est que dans la crise de moyen dans laquelle se débat l'institution, les magistrats n'ont malheureusement pas toujours le temps euh de développer les motivations au au largement qu'elle le mériterait. Ça c'est pour la la motivation. Puis après, il y a l'explication de la décision.
Quand le jugement est rendu, effectivement, c'est pas au procureur, contrairement à ce que j'ai lu dans des journaux récemment, c'est pas au procureur à aller faire la pédagogie de décision. Qui qui ? Mais c'est au tribunal lui-même le c'est c'est pas au parquet à aller porter des appréciations sur la décision rendue.
S'il est pas content de la décision, il fait appel. C'est aux gens du tribunal, pas au juges même mais effectivement d'autres juges à venir expliquer euh sans euh trahir l'esprit du tribunal qui a rendu la décision. Pourquoi et comment la décision a été rendue et pourquoi on répond de telle façon à ces questions ?
François Bonince Fanny l'Évoqué vous travaillez pour l'association vous intervenez pour parlons démocratie vous allez dans les lycées et dans les collèges et vous êtes confronté à des jeunes qui vous questionnent de manière vigoureuse sincère libre et vous êtes frappé je crois par l'appétence de certains jeunes pour les états autoritaires ou ce qui pourrait ressembler à un état autoritaire où il y aurait plus de séparation entre la justice et le et le politique. Ça vous frappe ça je crois. Il y a eu un article dans un hebdomadaire il y a quelques semaines effectivement qui expliqué que il y a de plus en plus de jeunes Ouais. qui euh souscouvert de d'une grande exigence de sécurité serait prêt à accepter des régimes autoritaires, voir des dictatures sans voir véritablement le problème que ça poserait.
Je trouve ça assez inquiétant. Euh moi c'est c'est pas ce que je rencontre dans les lycées. Moi dans les lycées où je vais, je vois surtout des jeunes qui euh sont extrêmement euh friant de ces questions de justice, sont très attentifs, sont très curieux euh d'un monde en arrêté qui connaissent peu et c'est toujours c'est toujours très intéressant.
Alors, on va accueillir un jeune, un moins jeune, Mathieu de Laousse, un grand reporter au Nouvels qui va nous rejoindre. Voilà. Bonsoir Mathieu de Laussir.
Euh vous avez suivi le procès des attentats du 13 novembre, le procès que l'on qualifie de V13. Est-ce que vous vous connaissez tous les deux d'ailleurs ? Sûr, on se connaît depuis longtemps à distance ou ou avec un contact raisonnable puisque effectivement la difficulté c'est que les magistrats ne sont pas des interlocuteurs que l'on voit directement en permanence.
On les voit en revanche quand ils apparaissent dans la dans la scène publique qui est soit celle de l'audience, soit celle des conférences de presse. Et puis il y a eu des cadres effectivement plus particulier dans des affaires récentes où j'ai vu monsieur Bollin comme témoin cette fois-ci devant une cour d'assise, celle de V13 et devant la cour de justice de la République qui jugeait Éric Dupont Moretti. Deux scènes singulières.
Hm hm. Euh sans commentaire à propos de conférences de presse, vous avez dit ce vous vous avez donné 55 conférences de presse en matière terroriste. En matière terroriste, j'en ai donné plus que ça.
Mais en matière terroriste, à propos des attentats, il fallait absolument de votre point de vue expliquer expliquer alassablement aux français ce qui se passait. Oui. Oui.
Parce que comme je dis toujours, un attentat terroriste, ça ça crée une situation de chaos. Et cette situation de chaos pour remettre les choses dans l'ordre, ça nécessite effectivement de nommer les choses, de montrer que les institutions police, justice font leur travail et de construire un un récit, un narratif que vont pouvoir s'approprier les journalistes, les politiques, les citoyens euh pour là encore c'est une sorte de boussole si vous voulez hein, sans ou prendre la grosse tête, je pense une sorte de boussole. Oui.
Mathieu vous avez suivi vous les attentats, on l'a dit du du 13 novembre. Vous diriez que c'était un procès exemplaire et en quoi si c'est le cas ? J'ai trouvé sur le moment que c'était un procès exemplaire.
Il y a pas eu d'appel par la suite mais c'est un procès qui nous a tous marqué, sur lequel on a eu du mal, je pense, à avoir une réflexion immédiate. La réflexion, elle est plus venue il y a il y a quelques mois quand il y a eu l'anniversaire des 10 ans eux-mêmes, les attentats, toutes ces commémorations. Et personnellement, je dois dire, moi, j'ai été extrêmement frappé par la sidération intacte de la population française face à tout ça. et entendant le niveau du débat public tel qu'il est aujourd'hui extrêmement violent, extrêmement difficile, les questions résolu sur la présence de l'islamisme dans la société française, je me suis dit que finalement ça avait été effectivement un exploit d'avoir réalisé cette œuvre de justice qui n'était pas évidente, qui n'a pas été parfaite.
Il reste des questions, il reste des tas d'éléments qui n'ont pas été réglés, mais on a réussi à faire du terrorisme une matière judiciaire et ce n'était pas le cas il y a encore quelques quelques années et les magistrats s'en sont appropriés. Les avocats se sont appropriés de ça et l'opinion publique a compris celle qui a voulu comprendre en tout cas a compris. Un procès exemplaire aussi pour vous François Molin.
Oui, parce que c'est un procès qui a réussi la gageur effectivement comme le dit Mathieu de Laousse, se terminer sans appel alors que pourtant il durait 10 mois que l'issue n'était pas garantie et surtout c'est un procès arrêté qui a su concilier des exigences qui sont pas forcément faciles à concilier. Un procès, c'est d'abord le procès des accusés. Il faut déterminer s'ils sont coupables ou pas des coupables ou pas des faits qu'on leur reproche.
Et ce procès a su faire, sans nier le premier objet, une vraie place aux victimes en prenant le temps pendant des semaines et des semaines d'écouter et d'entendre les partis civiles ou partie civil ou non toutes les victimes qui souhaitaient s'exprimer. Et donc ce procès, je pense qu'il a vraiment largement contribué à amorcer le travail de deuil pour ceux qui l'avaient pas commencé ou à parfaire effectivement ce travail de reconstruction pour ceux qui l'avaient débuté. Alors, puisque vous parlez des victimes François, il y a une autre forme de justice he complémentaire de la justice pénale, c'est la justice restaurative qui permet aux victimes et aux condamnés qui reconnaissent les faits, il faut le préciser, de se rencontrer.
Alors, faut-il l'appliquer cette justice restaurative aux affaires de terrorisme ? Nous en avons parlé sur ce plateau et à cette occasion Stéphanie Zarv rescapé elle-même du Bataclan, nous ratons compter l'échange qu'elle a pu avoir avec le terroriste Salah d'Eslam en marge du procès des attentats du 13 novembre et c'est ce qu'elle en a retiré. Écoutez, ça m'a un peu fait sortir de mon statut de victime.
En fait, il y a eu plus cette emprise euh que une identité pétrifiée, voilà, une emprise et un mépris, voilà, que le bourreau peut avoir la victime et cetera. Là, on échangeait d'être humain à être humain h en dehors de tout débat, en dehors de et donc j'ai pu lui dire ce que j'avais à lui dire et il a accueilli ce que je lui ai dit, il m'a remercié, elle m'a souhaité bon courage pour la suite. Vous n'espériez pas de pardon ?
Euh c'était ce n'était pas l'enjeu. Non, c'était pas l'enjeu. C'était vraiment de le remercier juste d'avoir parlé en fait et que moi ça m'avait fait du bien.
H et donc je suis pas dans cette démarche de pardon ni rien. C'est juste que j'avais besoin de dire ça. Et en fait j'ai vraiment ressenti un soulagement et un apaisement et en gros pour moi, le procès est fini à ce moment-là.
François Molin oui, on vous sent du ému, mais dubitatif ce témoignage, il y a beaucoup de victimes effectivement qui ont ressenti ce type de de sentiment, je pense à l'audience dans le fait effectivement de voir Abdesslam et de l'écouter. La justice restaurative, c'est quand même un peu autre chose. C'est pas un simple échange, ça doit servir à la reconstruction de la victime et à la réinsertion du condamné.
Donc moi euh pourquoi pas restaurative en matière de terrorisme. Par contre en ce qui concerne Salab d'lam, je trouve il y a quand même quelque chose de d'un peu vicieux dans dans cette démarche qui a été faite par son avocat tout au moment des commémorations du 13 novembre parce que ça fait rar de ma part, il reconnaît pas du tout l'effet qu' il a pas reconnu l'effet qu'il lui était reproché en sa totalité naturellement. Euh donc qui commence par reconnaître hein et quand il aura fait ce chemin là je pense que effectivement pourquoi pas on est toujours en terrain connu quand on avance dans les affaires judiciaires parce que vous vous parlez de cet anniversaire du du 13 novembre 2015.
Il y a 20 ans, personne n'aurait imaginé qu'un commando d'homme avec quelques voitures viendrait fusiller des terrasses et une salle de spectacle. Personne n'aurait imaginé au moment du procès qu'on discuterait aujourd'hui même de la justice restaurative. C'est un phénomène euh extrêmement nouveau.
La justice restaurative en France et la loi Tobira. On est en en 2014. Le la dame qui témoigne effectivement n'a pas fait de justice restaurative avec Salah Abdlam.
Faut bien le dire. C'était une rencontre informelle en marge elle souhaiterait que ce soit et cette justice restaurative elle concerne seulement quelques centaines de personnes aujourd'hui en France. Elle est très utile.
Vous avez plus en Belgique plus en Belgique d'illeurs d'islam l'a réclamé en Belgique la première fois. Mais ça vous savez aujourd'hui des hommes qui passent devant les tribunaux qu'on voit. Vous avez des hommes qui sont incarcérés qui n'ont aucune notion du bien et du mal.
C'est d'ailleurs assez terrifiant quand on est simplement chroniqueur. Et on voit bien à ce moment-là que la justice restaurative pour entendre des femmes, des hommes qui expliquent ce qui leur est arrivé est extrêmement utile. Moi j'ai vu ça avec des jeunes cambrioleurs à Bobini. h les les jeunes cambrioleurs, il rentraient dans les maisons, il n'avaient aucune notion avec tout ce que qui nous écoutent qui ont ressenti ce qu'on ressent après un cambriolage.
On voit que son son lit a été touché, ses placards ouverts et cetera. C'est une intrusion terrible. Le terrorisme est quand même une matière très particulière qui fait que je pense pas qu'on puisse évoquer la justice restaurative avec une facilité d'âme et une facilité de de pratique aussi évidente.
Il y a malgré tout exceptions, des victimes françaises qui les réclament et moi j'avais été très frappé par un livre qui a été écrit aux États-Unis par la mère d'un jeune journaliste qui est mort qui est la mère de James Féet Dian avec voilà absolument et qui raconte au tribunal de de Virginie alors que ce fils James Wy jeune journaliste, c'est un très beau livre d'ailleurs sur la la merque d'un journaliste qui raconte sa sa construction de sa carrière et elle le rencontre et c'est une forme de justice restaurative. On ne peut pas on ne peut pas juger de ce que quel quelle est la démarche en tout cas du côté des partis civiles. François Mollins sur les faits eux-mêmes, les attentats du 13 novembre, vous avez raconté comment vous avez vécu cela.
Vous êtes rentré trois fois notamment dans le Bataclan. Vous avez tenté de rassurer les Français pendant toutes ces conférences de presse. Et vous, comment vous avez été rassuré ?
Qui vous a rassuré ? Votre famille, la foi, le sport, c'est quoi ? personne ma famille m'a soutenu mais c'est pas j'ai pas partagé avec ma famille ce que j'ai vu hein donc j'ai plutôt essayé de la protéger j'ai mais je pense mon épouse avait bien compris ce qui se passait donc elle a été très soutenante mais mes enfants aussi euh moi je pense que j'ai effectivement beaucoup puisé dans ma passion pour mon travail ma fo le le fait que je croyais à ce que je faisais effectivement et puis aussi dans le courage collectif h parce que bon c'est moi qui apparaissait sur les écrans Mais j'étais pas seul.
J'avais une équipe de procureur avec moi, une équipe de jeunes magistrats vraiment exceptionnels et je pense que on s'est beaucoup aidé. C'estàd vous parliez beaucoup entre parler entre nous vous échangiez vous vous souteniez. Mais il y avait une solidarité, il y avait une force collective, une solidarité entre nous euh ajouter à la conscience effectivement que ces attentats, ils étaient hors normablement une mission particulière et des responsabilités à exercer et qu'on était obligé cette mission de l'accomplir.
Mais on s'penche entre magistrats dans ces moments-là, on se dit les choses avec émotion. Il y a beaucoup de complicité, on s'épange pas, on n'est pas c'est sont pas des analyses hein, mais on s'observe beaucoup les uns les autres. On échange et puis comme on vit ensemble hein, il y a beaucoup de collégialité dans un dans une équipe de au parquet.
C'est ça fait partie effectivement des facteurs qui qui sont très soutenants et qui peuvent vous permettre de supporter des épreuves que vous n'auriez peut-être pas imaginé supporter. Mathieu de la housous, François Mollins on va évoquer avec vous et avec Fanny la passion irrépressible des Français pour la justice et pour les procès, les grands procès. Oui, ils sont chômeurs, retraités tout simplement curieux.
Pour eux, aller au tribunal, c'est comme aller au cinéma ou au théâtre. qu'il s'y rendent par intérêt pour le système judiciaire, besoin de stimulation intellectuelle pour dis-il prendre le pou de la société ou pour par simple plaisir. Certains de ces passionnés siègent plus que les juges.
Ce sont les mots d'un avocat pénaliste de Saint Saint-Denni au journal Le Monde. Il évoque en l'occurrence un groupe un gang même de retraités qui tiennent un classement des avocats et discutent des meilleures plaidoiries. À Holné Soubois en scène Saint-Y toujours le service d'animation Seigneur propose même une sortie au tribunal tous les 2 mois.
Et puis il a aussi les passionnés mais actifs ceuxl comme Vincent rencontré par nos confrères du Parisien Vincent qui est prêt à traverser la France en quête de procès d'assise à suivre quitte à vivre et faire du télétravail parfois jusque tard après les audiences dans un camping-car. Vincent était par exemple présent tous les jours au procès de Cédric Jubilard, condamné en octobre dernier pour le meutre le meurtre de son épouse Delphine. C'est Vincent son 6e grand procès.
Mathieu Dalous, comment on explique ce goût, cette passion des Français pour ce genre de grand procès que vous parieurs vous suivez aussi ? Oui. Alors, dans dans un premier temps, on peut justifier effectivement le voyage individuel des citoyens au tribunal pour voir ce qui s'y passe.
Moi, je leur recommande surtout de passer par les passeurs que nous sommes, à savoir les [rires] cœurs judiciaires qui peuvent délivrer les récits. Mais blague à part, le choc de ce citoyen quand il rentre dans une cour d'assise notamment puisque c'est vrai que c'est cet endroit où ça bouillonne le plus, il est similaire à celui du journaliste qui débute. Moi, je l'ai vécu et je le vois aussi aujourd'hui avec des plus jeunes que moi.
Et le le fait est que c'est le choc des jurés en réalité, c'est qu'on rentre avec nos a priori, avec peut-être un peu de réticence, avec une angoisse, du temps qu'il sera long pour suivre tout ça et on est automatiquement foudroyé par la gravité des faits, l'intérêt de la personnalité de l'auteur et puis cette question obsédante, comment juger ? Qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'est-ce qu'on en fait ? Qu'est-ce qu'on fait de tout ça ?
Et cette cohabitation entre la sensation qui est peut-être ce qui est recherché par ailleurs, la sensation c'est-à-dire le fait de voir un couple qui se déchire dans le procès jubilard, il y a pas grand-chose d'inédit sur les faits, ça devient quelque chose de très intéressant quand il y a un crime. Mais la deuxième phase effectivement est plus intellectuelle, plus passionnante et plus citoyenne. Qu'est-ce qu'on en fait ?
Comment on condamne ? Qu'est-ce qu'on a comme comme appréciation ? Ouais.
Donc François, c'est pas juste un truc morbide ou deveilleurisme, c'est plus profond. très bien. En fait, je pense que dans tout homme, dans toute toute femme, il y a il y a un sens de ce qui est juste.
Et le sens de ce qui est juste, ça porte nécessairement une exigence de vérité. Donc déjà, c'est quelque chose de de motivant. Le problème, c'est que la vérité judiciaire, c'est quelque chose de très particulier.
C'est pas la vérité scientifique. Le jugement qui est rendu, il va porter une présomption de vérité. Mais c'est quoi le jugement rendu ?
C'est un choix qui va être fait. on va trancher un litige sur une accusation. C'est un choix qui va être fait à partir euh d'une audience et dans lequel on va valider ou invalider des argumentations.
Donc moi, j'ai tendance, je pense que ça s'explique parce que finalement ces grands procès, ben chacun y retrouve quelque chose et effectivement, j'allais dire c'est presque à chacun sa vérité. Et vous avez l'intention de continuer à assister à des audiences ou pas ? Non, j'ai pas assisté à des audiences mais par contre effectivement je vous confirme dans tous les endroits où je suis passé en cours d'assise et correctionnel il y avait toujours ces clubs de retraités connaissait d'ailleurs particulièrement bien le fonctionnement de la justice et le degré de qualité des magistrats et des avocats.
Oui, en fait c'est de la pédagogie c'est-à-dire que les citoyens qui vont à ces procès se livre à une sorte de pédagogie pour eux-mêmes par ce qui ce à quoi ils assistent. Il y a une pédagogie mais il y a aussi une révélation très forte. le procès l'endroit du procès aujourd'hui est l'un des meilleurs observatoires possibles de la société française et c'est pas déformant c'est un miroir qui la vérité judiciaire est un miroir déformant pour rebondir sur votre expression parce qu'effectivement la vérité judiciaire elle ne peut pas tout prendre en compte il y a des périodes de prévention il y a des périodes de prescription mais c'est j'ai une consœur qui a écrit un livre Marion Dubreuil sur le procès de Mazan et elle raconte ça très bien par rapport aux violences aux violences commises contre les femmes.
Les violences sexuelles sont-elles systémiques ne sont pas systémiques ? C'est un autre débat. Mais en tout cas, comment la justice comme institution a mis du temps à appréhender ces violences que les femmes subissaient et que la justice ne pouvait pas avoir tout en entier ?
Les procès du djihadisme, ça a été la même chose. Les photrorisme parfois étaient extrêmement réduits, mais on voyait tout un ensemble d'une société qu'on ne pouvait voir que par là. Alors là, on va vous soumettre une archive qui va nous ramener à une société de 1954 et qui concerne un procès retentissant en France qui vous a marqué, on va en parler juste après avec vous François Mollins.
Vous étiez un nourrisson, vous aviez 1 an. Le procès de 1954. Donc Digne vient de voir son activité décuplée par l'ouverture du procès dominicie.
Gaston, le patriarche de la grande y répond du crime de l'URS. Mais Gaston, dominicie est-il coupable ? Parviendra-t-on à tirer de Clovis, l'un des fils de nouvelles révélations ?
Roger Perin sortira-t-il de ces contradictions ? Gustave, Vivette, Marie Dominicie, la Sardine finiront-ils de travestir la vérité ? C'est au milieu de tous ces problèmes qu'a commencé le procès suivi minute par minute par une armée de journalistes.
Autour de l'arme du crime se joue la tête d'un vieillard qui étonne par sa présence d'esprit, sa résistance et sa verdeur, mais qui n'en est peut-être pas moins en assassin. Après de années de silence, va-ton enfin voir lui la vérité ? condamné à mort en 54 et gracié par de Gaulle.
Oui. Oui. Ça vous a fasciné ?
Alors moi l'avez découvert évidemment beaucoup plus le procès à l'époque mais a tellement parlé depuis au cinéma euh au cinéma bien sûr avec Oui, l'affaire dominicie. On a encore parlé récemment à travers le livre de Jean-Louis Perriè qui est sorti qui présidait la cour d'assise des procès vendredi 13 et dont le père est le juge d'instruction qui a instruit l'affaire dominicie. Je pense que c'est c'est très intéressant.
On aurait pu prendre d'autres d'autres dossiers qui en réalité posent toujours toujours des questions malgré les décisions rendues. C'est lui, c'est pas lui. Et ça renvoie en réalité effectivement à ce que je disais tout à l'heure, une audience c'est une somme d'argumentaires.
Il y a une accusation, il y a une défense et on s'aperçoit que les arguments d'un côté ou de l'autre, ils vont imprimer parce que l'accusation va accuser, la défense va essayer de mettre en œuvre les défaillances ou les pseudos défaillances de l'enquête et de l'inscription. Là vous êtes trop rationnel parce que ça renvoie aussi au mystères au bien au mal au pulsion de mort enfin ça renvoie à des choses qui nous agitent tous en gamberge et imagine des tas de choses et vous maieus qu'est-ce qui vous a marqué comme affaire judiciaireoup qui était constructif pour vous beaucoup m'ont marqué mais c'est souvent la première qu'on couvre de façon importante qui nous marque et la première très grosse affaire que j'avais couverte c'était le procès de Guyorge en mars 2001 devant la cour d'assise assassin assassin et de Paris, assassin et tu en série de de se jeunes femmes dans des parkings, dans des appartements. Et c'est un procès où il y a tout parce que c'est un procès où euh au-delà de l'intensité du sang, de la mort, de la tristesse des victimes de cette accusée que beaucoup trouvaient éminemment sympathique qui a pris la perpétuité malgré tout évidemment mais qui on intervenait à une période juste après la réforme qui permettait de faire appel. il n'a pas fait appel et ces procès, il y a aussi des bassins de commun de communication perman avec tout et notamment la loi, c'est le procès qui permet aux français de comprendre pourquoi le fichier des empreintes génétiques était nécessaire en matière criminelle alors que on arrive toujours avec des grands principes, il faut les éprouver, il faut pas y renoncer mais ce procès-là moi beaucoup marqué pour toutes ces raisonsl et le fait m'ensuite d'avoir visité une maison d'arrêt avec marqué George Guy sur l'une des portes m'avait beaucoup marqué aussi.
Merci beaucoup Mathieu de Laous. Merci infiniment François Molin d'être venu parler de justice, de la magistrature et de ce qui vous anime tous les deux. Merci encore.
Dans un instant, Marie Bonisso, Xavier Moduine, on va les retrouver à propos des tendances de l'année 2025, l'histoire du protoxyde d'azote, gaz anesthésique et antalgique dont l'usage est détourné par des adoss qui risquent leur vie et le retour du pull zipé, c'est fondamental. Mais d'abord le prince sans rire, le philosophe de comptoir de 28 minutes, Benoît Forjar, cela tombe bien, fait un éloge de la poésie. Il sait que à chaque effondrement d'épreuve, le poète répond par une salve d'avenir.
Le voilà. Bonsoir Ellisabeth. Bien que chaotique, notre monde demeure une symphonie chaque jour renouvelée.
Mais pour combien de temps ? Ais-je trop abusé dans l'enfance de sucrerie inhibitrice de la pompe à neurones dont je pai maintenant le prix ? Possible.
Néanmoins, en cette fin d'année brutale, je reste convaincu que notre monde est magique, irréductiblement beau et que tant qu'il est encore possible de l'appréhender comme un poème, il ne faut pas y renoncer. Pas besoin de beaucoup, chacun selon son goût. Ici, ce sont les feuillages or, orange, à cajou, les bogs tombés dans les flaques, l'automne quoi.
Là, un lampadaire dans la nuit, une silhouette à la fenêtre, la miette transportée par la fourmie. Choses infimes qui pourtant ce jour en telle seconde ont participé à l'univers. Un rien suffit à susciter l'émerveillement pourvu qu'on pousse l'ordi sur le côté.
Rien que le mystère que nous constituons les uns pour les autres, inconnu qui nous croisons dans la rue est un sujet de fascination perpétuelle qui ne réclame aucun abonnement. Cette lutte pied à pied pour sauver le poème du monde, enfin ce qu'il en reste est peut-être le combat fondamental de notre époque. C'est une guerria que tout un chacun peut rejoindre, habitant des campagnes comme des villes, une contreoffensive à mener dans son foyer, dans sa tête, non pas pour s'inventer des licornes, mais au contraire pour désembrumer le réel, balayer les flux de signaux qui l'ont rendu méconnaissable.
Nous sommes plus nombreux qu'on l'imagine. Alors bien sûr, plaidé que notre quotidien est une symphonie dont il ne tiendrait qu'à nous de pousser le volume est un discours qui peut laisser perplexe. J'ai conscience que la poésie nourrit mal et qu'il est dur de chanter la beauté du monde quand on a le ventre vide.
Je sais aussi que mes divagations rappelleront à certains les envolés lyriques de leur directeur refusant de les augmenter au motif que la vie est belle et qu'ils ont de la chance de faire un métier qui a du sens. J'entends mais que val le double vitrage, l'extracteur de jus et l'enceinte connectée quand on n plus la moindre étoile à se mettre dans la cornée ? Il a tout dit.
Merci Benoît For. Rebonsoir Marie Bonisso et Xavier Maudui. Alors les tendances de l'année 2025 c'est de plus en plus de municipalité.
Xavier décide d'agir contre l'usage détourné du protoxyde d'azote, un gazilant aux effets absolument dévastateurs. Il y a eu des jeunes qui sont morts du fait de l'inhalation de ce gaz. Et vous nous conduisez chez le dentiste.
Oui. Ellisabeth, le 10 décembre 1844. Rendez-vous compte, le docteur Colton se trouve à Hartford.
C'est dans le verm aux États-Unis. Il est là pour présenter un cours de chimie. Bon, en réalité le docteur Colton vit de représentation publique et payante des spectacles en fait mais souscouvert d'expérience scientifique.
Il épathe les gens alors il utilise plein de choses dont le protoxyte d'azote. Donc c'est quoi ? Ben c'est un gaz qui a été découvert 70 ans plus tôt dans les années 1770 par un chimiste, un anglais qui s'appelle Joseph Presley.
Très vite les effets euphorisants du gaz ont été identifiés. On a imaginé une utilisation thérapeutique he c'est ce qu'a fait Devy, lui aussi chimiste, lui aussi anglais. Ça n'a donné aucun résultat.
On a laissé ça de côté. En revanche, d'autres ont compris l'intérêt de ce produit. Ce sont les fétars, ce sont les poètes qui voient une distraction.
C'est le gazlarant, le gaz de paradis. C'est c'est le nom qu'on lui donnait. Alors et bien c'est cet usage là qu'on va retrouver dans les foir pour les spectacles comme le spectacle du docteur Colton à Hardford.
Sauf que en 1844, il y a dans le public un homme, il s'appelle Horas Wells, c'est le dentiste du coin, faut s'occuper dans le Vermont. Donc il est venu avec des petits potes et ça teste le gaz, il arend, ça rigole mais ça rigole. Et vas-y prends-en.
Et vas-y prends-en. Il y en a un, il s'effondre, ça rigole. On le relève, tu as eu mal mais pas du tout.
Sauf que il est couvert de sang. Et là, Horas Wells comprend comprend ce qu'il va pouvoir faire de ce gaz, c'est arracher des dents. Bah oui, il est dentiste.
Et donc Fisard dès le lendemain, il fait venir Colton chez lui avec son gaz, il chope un type qui a mal aux dents, ça se trouve tac et un coup de gaz, ils arrachent la dent, aucune douleur. Exceptionnel. Donc tout ce petit monde se précipite à Boston pour présenter devant la faculté de médecine leur incroyable découverte.
Il chope un autre gars qui lui aussi a mal aux dents, un coup de gaz et là, catastrophe, une douleur, des cris. il problème de dosage. Vous l'avez bien compris, on est au tout début de l'utilisation du protoxyde d'azote comme produit anesthésiant.
C'est ça. Mais c'est encore ici une vraie révolution parce que faut du temps d'ajustement mais on touche à un moment de l'histoire de la médecine qui nous conduit jusqu'à l'anesthésie, l'effacement de la douleur et on sait combien c'est important. Alors le protoxyde d'azote est peu à peu remplacé par d'autres produits, chloroforme par exemple, mais il est toujours utilisé chez les dentistes au moment de retirer une dent carriée.
Alors moins maintenant, mais enfin si ça existe encore, c'est d'ailleurs toujours en vente. Mais surtout, on le voit bien, son usage récréatif se poursuit he comme gazlarant. Et là aussi, il est peu à peu mis de côté, écarté, remplacé par d'autres drogues, tout simplement carry par Eringar.
Merci Xavier Maudu cher Marie, aux États-Unis, les jeunes diplômés ne s'achètent plus de costard cravat mais des pulls à zip. Oui, exactement. Je pas non, on en a pas mais on va en voir à l'écran.
Je vous ai trouvé le vêtement qui symbolise parfaitement notre monde du travail. Mais oui, c'est c'est dans notre monde, vous savez post Covid. Pourquoi ?
On est à moitié au bureau, on est à moitié à la maison. Alors, on n' pas envie de mettre un costard cravate dans son salon. On n' pas envie d'être comme ça là sur Zoom tout guindé.
Donc pour paraître chic et décontracté mais pas trop quand même, c'est ce quarter Zip, c'est son nom qui fait une très belle entrée très remarquée dans le dressing des entrepreneurs. Alors Zip Quarter Zip Zip comme Zip Zip la fermeture et comme Talon Zipper qui était la société américaine qui dans les années 30 a inventé cet astucieux système qui au début sert surtout pour s'éventer quand on fait du sport. Voilà.
Et puis quarter parce que regardez ça descend, ça fait 1/4, ça descend du menton à la poitrine. Donc ça fait 1/4 du vêtement quarter zip souvent bleu marine souvent côtelé. Ce quarter zip fait un grand retour depuis quelques années mais alors là il vient carrément de passer au rang d'objets fétiche grâce à un gamin de New York qui en fait, vous allez le voir des caisses et des caisses au millè degré pour proclamer et montrer à qui veulent entendre son entrée dans le monde du travail. très cool.
Il est enregistré dans le Bronx, il s'appelle Jason Jamfy. Il est tout juste diplômé de sa fac d'informatique et sa vidéo a connu un succès absolument phénoménal sur les réseaux sociaux. dans les rues maintenant.
Il paraît que on le L et on l'appelle Quarter Zipman. C'est lui. Alors, il en rajoute du coup, il a fait plein d'autres vidéos.
Il rajoute des accessoires. Il il se balade notamment avec du café mat du pardon surtout pas du café, du macha, vous savez cette poudre de thé vert japonais très très à la mode qui montre qui c'est un symbole. Ça montre qu'il a grandi donc il boit plus de soda mais il n'est pas encore au café donc il en est à l'étape matcha.
Il raconte que quand il veut draguer une fille, il ne lui demande plus comme avant son compte Instagram pour voir les jolies photos posées. Non, maintenant il lui demande son compte LinkedIn pour parler business et affaires. Et puis il lance enfin un anathème contre son moi d'avant.
Il dit "Je mettais des survêtements, n'en mettez plus, grandissez les gars." Voilà, c'est drôle [rires] que des tas de gamins ont commencé à limiter. C'est vraiment la magie des réseaux sociaux. dans à peu près tous les centres commerciaux de tout le pays, de tous les États-Unis, vous avez des rassemblements de dizaines de clones qui sont tous en quarter zip bleu marine avec tous du matcha à la main.
Et voilà, ils se retrouvent et ils sont contents et il y a même une méga pop star du rap autotuné qui s'appelle T Pain qui s'est fendu lui aussi d'une photo de soutien vue par des millions de gens. Soutien au mouvement Quarter Zip qui est légendaire plan des par retraite et colle zipé. Voilà, c'était l'histoire d'une bonne blague qui raconte n'empêche un vrai rêve de tous ces gens, c'est celui de la réussite sociale.
Absolument. Zpète zp. [rires] Merci à tous.
Merci de votre fidélité. On se quitte avec une femme Chrissy Hein des Pretenders qui chante la frontière si tenue entre l'amour et son contraire. À demain 20h05 tchus. [musique] It's a [musique] between love
Michèle Alliot-Marie