Nicolas Dupont-Aignan invité de Radio Classique (29 novembre 2019)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:30FerméeRéponse directe
Est-ce que vous souhaitez une grève illimitée ?
- 4:46FerméeRéponse directe
Vous souhaitez le maintien de l'âge de 62 ans ?
- 5:34RelanceRéponse partielle
Vous citez les 42 régimes, essayez d'avoir un peu plus de progressivité ?
- 7:13RelanceRéponse directe
Vous appelez les Français à manifester, mais vous ne voulez pas y aller ?
- 8:30FerméeRéponse directe
Il faut rester au Mali ?
- 9:01FerméeRéponse directe
Donc, vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52Invité politiqueFait
« Le 5 décembre, ce sont tous les Français qui veulent dire stop à une réforme des retraites qui est un scandale absolu. »
- 3:26Invité politiqueFait
« Le système à points est un système qui va être anxiogène. Les Français ne sauront pas à l'avance leur retraite quand ils vont partir en retraite. »
- 4:32Invité politiqueFait
« La réforme à points est un scandale absolu. Parce qu'elle va faire baisser les prestations de retraite considérablement. »
- 6:51Invité politiqueChiffre
« Si on relocalise 500 000 emplois, même pas un million, 500 000, les régimes de retraite sont largement équilibrés. »
- 7:59Invité politiqueFait
« Actuellement, il y a 10% de pensions de retraite en plus pour une femme qui a élevé trois enfants. Ce sera supprimé. »
- 8:35Invité politiqueFait
« Des Français sont morts pour notre sécurité, notre liberté, dans un combat mondial contre des djihadistes, des islamistes, qui assassinent sur les trottoirs de Paris. »
- 9:08Invité politiqueFait
« Il est inacceptable que l'Allemagne ne paye pas l'outil de défense européen. Il est inacceptable que l'Allemagne triche avec toutes les règles de morale publique. »
- 9:43Invité politiqueFait
« C'est que les frontières européennes sont des passoires. Souvenez-vous des attentats. Souvenez-vous des parcours des terroristes qui sont passés d'un pays à l'autre. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan77 %
- Présentateur16 %
- ?6 %
≈ 54,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L'édito politique de Guillaume Tabard,
tout
de suite mon invité. Radio Classique, l'invité de Renaud Blanc avec le Figaro. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Monsieur, Président de Debout la France. Vous serez conseiller municipal, vous allez vous représenter dans votre ville de hier.
Écoutez, le maire qui m'a succédé en raison du cumul des mandats me l'a proposé, je réfléchis. J'ai un lien très fort avec ma ville et je vais voir.
Bon, affaire donc à suivre. On va passer à l'actualité. Vous soutenez la journée du 5 décembre, vous ne serez pas dans la rue, évidemment. Mais encore qu'une image de Nicolas Dupont-Aignan et Philippe Martinez de la CGT, le cliché aurait été joli.
Mais
je ne
suis
pas là pour faire un cliché. Le 5 décembre, ce n'est pas la manifestation de la CGT.
Le
5 décembre, ce sont tous les Français qui veulent dire stop
à
une réforme des retraites
qui
est un scandale absolu. Pour réformer les régimes spéciaux, et je souhaite qu
'on
les réforme, qui concernent 5% des retraités,
il
n
'y a
pas besoin de casser
la
retraite par répartition. Il n
'y a
pas besoin de voler les 120 milliards de réserve
des
régimes professionnels, des médecins, des avocats, des infirmières, des complémentaires. Il n
'y a
pas besoin de détruire ce qui marchait. Il faut corriger ce qui ne marche pas. Il ne faut pas détruire ce qui marche.
Nicolas Dupondi, on va rentrer dans le fond, bien sûr, mais simplement, est-ce que vous souhaitez une grève illimitée ? Parce qu'il y a le 5 décembre, mais surtout la question, c'est l'après 5 décembre. J'ai été très précis,
parce
que
dans la vie, il
faut
prendre ses responsabilités. Je pense qu'il faut envoyer le plus grand coup de semence possible au gouvernement le 5 décembre.
Et
que le succès ou pas du 5 décembre sera très important, parce que c'est la retraite de tous les Français qui est en cause. Avec une baisse
de
20% des retraites, des maires de famille, des professions libérales, etc. C'est très important ce qui se joue. Ce n
'est
pas l'affaire de la SNCF et de la RATP.
En
revanche, j'ai dit aux syndicats
qu
'il ne faut surtout pas paralyser le pays, parce que ce sont les classes populaires et les travailleurs qui payent la paralysie des transports. Et moi,
j
'ai proposé depuis des années, avec Jean-Claude Delarue, de l'Association des usagers transports, de voter une loi
qui,
au lieu de bloquer les transports quand ils font grève, les rendrait gratuits. Comprenez ce que je veux dire.
Il y a une réunion aujourd'hui
qui va avoir
lieu autour de Matignon. Actuellement, un contrôleur
SNCF
est
très puni fortement par la loi si, par exemple, il laissera monter dans les trains gratuitement les usagers.
Ce
qui veut dire que la loi, en fait, favorise le blocage dans des grèves. Au lieu, on pourrait très bien gêner autant le gouvernement, la SNCF, la RATP, la direction, en laissant ouverts les portes. Ça ne gênerait pas, c'est ce que j'appelle la grève de la gratuité, ce qui éviterait la paralysie des transports, car je trouve stupide
que,
pour faire grève, les syndicats soient obligés d'embêter des millions de Français. Donc, moi, ma ligne est claire. Il faut qu'il y ait la plus grande mobilisation. Il faut surtout que le gouvernement entende raison. Oui à la réforme des régimes spéciaux. Oui à la correction des inégalités. Non à la destruction du système actuel qui garantit une retraite à tous les Français, alors que le système à points, je veux bien le dire ce matin pour ceux qui m'écoutent,
le
système à points est un système qui va être anxiogène. Les Français ne sauront pas à l'avance leur retraite quand ils vont partir en retraite et surtout, aujourd'hui, le calcul de la retraite, j'insiste là-dessus, est calculé sur la moyenne des salaires des 25 meilleures années. Dans le privé ?
Dans
le privé, les 6 derniers mois dans le public. Ce qui veut dire que quand vous partez à la retraite, vous savez exactement ce que vous allez avoir à votre retraite. Avec le système à points, ça ne sera pas les 25 meilleures années.
Ça
sera les points pendant les 43 années.
C
'est pour ça que ça baisse méthodiquement de 20%. Parce que
qui
a une carrière linéaire ? Qui a pu travailler avec un bon salaire pendant 43 ans ? L'avantage des 25 meilleures années, c'est que ça enlève les congés maternités, ça enlève les mauvaises années où on est en stage, les années où on est en pré-retraite et où ce n
'est
pas terrible. Et c'est pour ça que la réforme à points, il faut que ceux qui m'écoutent le comprennent, la réforme à points est un scandale absolu. Parce qu'elle va faire baisser les prestations de retraite considérablement. Sans parler, et j'insiste là-dessus, que toutes les professions libérales, qui ont bien géré leur système de retraite,
vont
être volées
par
le gouvernement. Mais c'est un scandale ce qui se passe.
Vous
souhaitez le maintien de l'âge de 62 ans. Donc pas question de revenir à 60 ans, pas question de passer à 65 ans comme le proposent un certain nombre de personnes. 62 ans ne touchent pas. On tient compte de la pénibilité ? Oui, nous avons
à Debout la France, je ne suis pas que dans la critique. À Debout la France, on a proposé une réforme des retraites. Mais on supprime les régimes spéciaux. Oui, moi je veux l'égalité. Mais pour faire l'égalité,
il
n
'y a
pas besoin d'un système soviétique à fusionner tout dans un seul régime. Deuxièmement, il y
a
eu un très bon article dans le journal Les Echos, de Christian Saint-Etienne, qui est un économiste, qui expliquait très bien en quoi cette réforme est complètement folle. Cette réforme est une illusion. On va tout le monde mettre pareil, et on croit qu'on va pouvoir transformer 42 régimes en un
seul, en un an.
Pardonnez-moi, mais on s'est plaint justement d'avoir des différences entre les uns et les autres. Vous citez les 42 régimes. Essayez d'avoir un peu plus
de... On
peut progresser,
et
on peut arriver à 5 grands régimes. On peut le faire pour les nouveaux entrants sur le marché du travail.
Parce
qu'il faut bien comprendre une chose. La retraite, c'est un contrat
entre
la nation
et
le travailleur. Si vous remettez un contrat en cours de contrat, c'est du vol. Il faut partir des nouveaux entrants, ce qu'a fait l'Italie. Les nouveaux entrants, oui, il
y a
de nouvelles règles. Moi, je l'accepte tout à fait. Et il faut aller vers une fusion des régimes, mais en gardant un peu de diversité. Ceux qui gèrent bien leur régime, pourquoi leur prendre leur réserve ? Ceux qui gèrent mal leur réserve, leur régime, il faut corriger. Donc moi, à Debout la France, on a une vision modérée. On ne
veut
pas d'excès. Et je ne comprends pas l'entêtement du gouvernement, qui prend un malin plaisir à dresser les Français l'un contre les autres, qui en fait veut faire baisser les retraites des Français, et qui prend le problème à l'envers. Et je voudrais insister sur un point, personne n'en parle. Le problème des retraites en France,
ce
n
'est
pas les dépenses, excusez-moi, c'est les recettes. On a une démographie vive, à la différence de l'Italie et de l'Allemagne. Donc on
a un problème d'emploi. On a aussi une espérance
de vie qui augmente. Oui, mais on a un problème d'emploi. Si on relocalise 500 000 emplois, même pas un million, 500 000, les régimes de retraite sont largement équilibrés. On n'a pas de problème de retraite à terme.
Il
n
'y
a pas de problème. C'est un problème d'emploi, donc il faut arrêter les délocalisations. Il faut par exemple que les travailleurs détachés polonais payent des cotisations retraite quand ils viennent travailler en France. Et le système est équilibré. Nicolas Dupont-Aignan. Les réformes passées
étaient
déjà très dures. Juste une petite question, parce que je n'arrive pas très bien à comprendre. Vous dites, cette manifestation ne doit pas être celle de la CGT. Vous appelez les Français à manifester, mais vous, vous ne voulez pas y aller.
Mais
je suis un homme politique, je ne
vais
pas les manifester.
Il y a des
hommes politiques qui vont manifester.
Peut-être, mais moi je ne suis pas un
gauchiste.
Il y a des hommes de droit qui vont manifester
déjà. Peut-être, mais en tant que cas, moi, je ne confonds pas l'homme politique et le syndicat. D'abord,
je
ne pense pas que les syndicats aimeraient voir les hommes politiques débarquer. Deuxièmement, je veux appeler l'attention de nos concitoyens sur le fait que la réforme prévue est un scandale financier et est une baisse des pensions de retraite et des mères de famille considérable.
Vous
savez, la retraite, ça dépend de la natalité. Ce sont les actifs qui payent
les
retraités. Si on casse la politique familiale, comme veut le faire le gouvernement, actuellement,
il
y a huit trimestres de bonus par enfant. Ça sera supprimé. Actuellement, il y a 10% de pensions de retraite en plus pour une femme
qui
a élevé trois enfants. Ce sera supprimé. Donc, je crois qu'il faut que les Français ouvrent les yeux. Et moi, je suis un réformateur. Je ne suis pas pour l'immobilisme. Mais encore une fois, pour réformer les régimes spéciaux, il n
'y a
pas besoin de casser ce qui marche.
Nicolas Dupont-Aignan, cette semaine a été marquée par la mort de 13 soldats français au Mali dans la collision de deux hélicoptères. Emmanuel Macron a annoncé vouloir réexaminer la stratégie des forces anti-djihadistes au Sahel. Question toute simple, il faut rester au Mali ? Oui.
C
'est tragique.
Des Français sont morts
pour
notre sécurité, notre liberté, dans un combat mondial contre des djihadistes,
des
islamistes, qui assassinent sur les trottoirs de Paris
et
qui ont leur base au Moyen-Orient ou en Afrique.
Il
faut donc rester, malheureusement, dans la vie, tout n'est pas un lit de rose. En revanche,
il
faut absolument mettre nos partenaires européens devant leurs responsabilités.
Donc, vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron ?
Oui. Mais maintenant, il faut des résultats. Il est inacceptable que l'Allemagne
ne
paye pas l'outil de défense européen. Il est inacceptable que l'Allemagne triche avec toutes les règles de morale publique. Car l'Allemagne nous donne des leçons de bonne gestion. Mais l'Allemagne ne dépense pas d'argent pour sa défense.
Donc,
on ne peut pas avoir Mme Merkel qui accueille un million, plus d'un million de migrants sur son sol.
D
'un côté, qui négocie en douce avec la Turquie et qui n'assure pas l'effort de défense de la sécurité des Européens. Et ce sont les soldats français
Pardonnez-moi, je ne vois
pas le lien entre un million de
migrants et
l'Allemagne.
Moi, je vois très bien le lien que vous avez beaucoup de terroristes qui se sont glissés parmi ces migrants. Ça, c'est vous
qui le dites,
pardonnez-moi, mais
là aussi, c'est assez gratuit.
C'est pas moi qui le dit. C'est que les frontières européennes sont des passoires. Souvenez-vous des attentats. Souvenez-vous des parcours des terroristes qui sont passés d'un pays à l'autre, qui sont arrivés de Turquie, qui sont arrivés de Grèce, qui recirculent.
On
est une passoire en Europe et on laisse des foyers d'islamistes au Moyen-Orient et en Afrique. On laisse la Turquie livrer des armes en Libye. On laisse la Turquie construire une mosquée, une des plus grandes mosquées d'Europe en Alsace. On laisse Erdogan nous menacer d'un flux de migrants
et
on le laisse même vider les prisons irakiennes où il y avait des djihadistes pour nous les envoyer en Europe. Et tout ce petit monde
fait
comme si de rien n'était.
La
situation est très grave. Des soldats sont morts.
Il
est indispensable de lutter mais de se donner les moyens de gagner cette guerre. C'est tout ce que je dis. Et la France, pour le coup, ne peut pas envoyer ses soldats à la mort et les autres pays continuer comme si de rien n'était.
Merci Nicolas Dupont-Aignan d'avoir été ce matin mon invité. Merci.
Merci
dans Debout la France,
l
'invité de Radio Classique.
Il
est 8h26, dans un instant, l'essentiel de l'actualité avec Augustin Lefebvre.
Nicolas Dupont-Aignan