Commerces de centre-ville en berne à Caen : la crainte des professionnels face aux manifestations
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
On parle des commerçants ce matin avec l'invité d'ici Normandie.
- 0:28OuverteRéponse directe
Le commerce est en berne en ce moment, c'est vrai, surtout dans les centres-villes ?
- 1:03OuverteRéponse directe
Est-ce que le téléphone de la CCI sonne le lundi après un week-end de mobilisation comme celui-là ?
- 2:40OuverteRéponse directe
Est-ce que vous redoutez que ce qui se passe depuis deux semaines tienne aussi dans la longueur ?
- 3:33OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on peut dire aux gens qui nous écoutent ?
- 4:14OuverteRéponse directe
Une mobilisation est encore prévue samedi, on ne sait pas encore s'il y aura des interdictions.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37Invité politiqueFait
« Quand le représentant de la Chambre consulaire que vous êtes voit à la télévision ces images de commerce, de boutiques prises pour cibles pillées, c'est difficilement acceptable »
- 1:38Invité politiqueFait
« c'est parfois aussi ce qui motive peut-être des casseurs à s'attaquer »
- 3:16InvitéChiffre
« pour certains, c'est 40% au chiffre d'affaires sur les deux derniers mois »
- 4:54InvitéChiffre
« ils sont déjà 8 consommés, 4 pour décembre »
- 5:02InvitéFait
« il y a des demandes aussi sur élargir la gratuité des transports, des stationnements »
Temps de parole
- Invité58 %
- Sébastien Leroux33 %
- Présentateur8 %
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Le réveil 100% local, ici matin. Il est 7h47, on parle des commerçants ce matin avec l'invité d'ici Normandie. Après un mois de blocus des lycées, de manifestations sociales dans les centres-villes, depuis 15 jours, le commerce est en berne. À quelques semaines de Noël, notre invité ce matin, Manuel Leroux, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Caen-Normandie. Il répond à vos questions, Jean-Baptiste
Marie. Bonjour
Manuel Leroux. Le commerce
est en berne en ce
moment, c'est vrai, surtout dans les centres-villes ? Oui, je confirme, surtout à Caen, puisqu'il y a eu des événements dont vous avez parlé. C'est moins vrai dans les autres villes du Calvares.
Quand le représentant de la Chambre consulaire que vous êtes voit à la télévision ces images de commerce, de boutiques prises pour cibles pillées, c'est difficilement acceptable
? C'est difficilement acceptable, c'est catastrophique. C'est difficile à vivre parce que nos commerçants se battent au quotidien pour l'attractivité du territoire, pour animer les centres-villes. Et puis là,
ils
ne sont plus en otage d'une certaine façon à travers ces événements. C'est dramatique.
Comme à Caen, une parfumerie, un magasin de chaussures avait été pris pour cibles il
y
a une dizaine de jours. Est-ce que le téléphone de la CCI sonne le lundi après un week-end de mobilisation
comme
celui-là ? Est-ce que les commerçants appellent à l'aide
?
Pas forcément, parce qu'il y
a
un moment de sidération. C'est quand même des moments exceptionnels qu'on n'a pas vécu. Par contre, nos conseillers vont sur le terrain pour aller à la rencontre des commerçants, leur demander comment ça va, leur demander comment on peut les aider aussi. Il y a eu un troisième magasin aussi d'informatique qui a été pillé. Donc, même si c'est limité, sur le plan psychologique et sur le plan du symbole, c'était très difficile à vivre pour l'ensemble des commerçants.
Notamment pour ce magasin d'informatique dont vous parlez, on ne
va
pas faire de niveau, parce qu'il y
a
des grandes chaînes nationales, c'est parfois aussi ce qui motive peut-être des casseurs à s'attaquer. Là, c'est commerçant indépendant, c'est informatique. C'est ça qui est difficile, parce que souvent, une boutique,
c'est le sacrifice d'une vie ? Tout à fait. C'est un investissement personnel et puis financier. Donc, c'est vraiment catastrophique à tout point de vue psychologiquement, sur le plan financier, puis il faut repartir après. Alors, même si c'est limité, l'ensemble des commerçants sont touchés, sont solidaires évidemment de ces magasins.
On l'a entendu sur ICI Normandie, les commerçants hésitent. Si on se promène aujourd'hui encore dans les rues du centre-ville de Caen, certaines boutiques ont encore leur planche de bois pour protéger leurs vitrines. Ils hésitent à les enlever la semaine, à les remettre le week-end. Tout ça,
ça
représente
des coûts aussi ? Ça représente des coûts, puis ça représente aussi des pertes en termes de vente, parce qu'une boutique avec des planches, ce n
'est
pas tellement attractif. Alors, pourquoi ils font ça ? Simplement parce que l'ouverture n'est pas interdite, il n
'y a
pas d'arrêté préfectoral qui interdit l'ouverture des magasins. C'est à chaque commerçant de décider ce qu'il veut faire, avec la recommandation de fermer le samedi à partir de 13h. Donc, c'est très difficile à vivre.
On
a connu le mouvement des gilets jaunes en 2018, Manuel Leroux. Est-ce que vous redoutez que ce qui se passe depuis deux semaines tienne aussi dans la longueur, comme on a pu le connaître il y
a
quelques années ?
Écoutez, c'est la crainte que nous avons. C'est différent parce que les gilets jaunes étaient surtout à
l
'extérieur, de mémoire, des centres-villes bloquaient les accès. Là, on est en plein centre-ville, au cœur de la ville. J'aurais quand même rappelé qu
'il
y a près de 600 commerçants dans l'hypercentre de Caen, et 1 500 sur le centre-ville, dans son intégrité. Donc, oui, la crainte, c'est que ça dure, et que l'effet psychologique fasse que les gens ne reviennent plus en centre-ville. Et les fêtes de Noël approchants, ce sont les périodes où, pour certains, c'est 40% au chiffre d'affaires sur les deux derniers mois.
Manuel Leroux, le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Caen-Normandie, est
l
'invité d'ici ce matin. Vous parliez de Noël, justement, vous le disiez, un chiffre d'affaires important. Qu'est-ce qu'on peut dire aux gens qui nous écoutent ? Parce que c'est assez compliqué, vous l'avez dit, les commerçants ont été invités, ils l'ont fait de même, à fermer samedi après-midi dernier, pour éviter les conséquences, peut-être, heureusement, ça s
'est
bien passé, de manifestations, en tout cas d'exactions. Il faut quand même soutenir le commerce centre-ville,
il
faut quand même aller faire ses courses, même si, on le disait tout à l'heure, on voit des vitrines parfois vides,
ou parfois mûrées, en quelque sorte. Oui, absolument, il faut les soutenir, nos commerçants, parce que c'est eux qui font l'attractivité, le dynamisme du centre-ville. C'est une occasion, on est sur une période de Noël, il faut aller en centre-ville,
il
faut aller en ville, il faut aller dans les commerces, et puis il faut consommer local plutôt qu'en ligne, je me permettrais de dire.
Alors, une mobilisation est encore prévue samedi, on ne sait pas encore s'il y aura des interdictions, on sait que le chef de l'État, notamment en déplacement à Marseille cette semaine, a demandé à ce que les manifestations soient interdites dans les centres-villes, vous appelez cela aussi,
qu'il n'y
ait
pas de cortège dans les centres-villes ? Oui, mais c'était le cas, il me semble, samedi dernier, c'est-à
-dire
que la manifestation était interdite dans le centre-ville, mais elle a eu lieu tout de même, donc au final, c'est ça le risque.
Et
la crainte, c'est que ça dure, que ça se répète de semaine en semaine, et qu
'il
n
'y ait
pas de solution pour les commerçants, si la seule solution, c'est de fermer à 13h, ça va être assez dramatique. Alors, il y a des solutions quand même, on a demandé notamment à pouvoir ouvrir le dimanche, parce qu'il y a 12 dimanches par an qui sont autorisés, ils sont déjà 8 consommés, 4 pour décembre, il faudrait que l'État autorise exceptionnellement 4 dimanches sur novembre, c'est une demande des commerçants, il y
a
des demandes aussi sur élargir la gratuité des transports, des stationnements, je sais que c'est fait, ce sont des demandes qui sont faites à la ville, à l'agglo, pour
inciter les gens à
se rendre dans
les commerces, pour faciliter,
et puis pour à nouveau relancer, et puis il
y a
les fêtes de Noël qui m'arrivaient, avec les chalets, avec tout le village de Noël, je n
'ai
aucune idée de ce qui peut se passer si ça se poursuit.
Au fur
et
à cela, évidemment, merci Manuel Leroux d'avoir été l'invité d'ICI Normandie ce matin, je rappelle, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Caen Normandie, bonne journée.
Merci. Et l'interview que vous retrouvez sur ici.fr.