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interviewAcadémie de défense de l'École militaire· 31 mars 2026 36 min

Inauguration - Alice Rufo & Hanne Fugl Eskjær

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bien, mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les membres du corps diplomatique, monsieur le chef d'état-major des armées, euh monsieur le préfet de police de Paris, monsieur le major général des armées, messieurs les chefs d'état-major de l'armée de terre de la marine, de l'air et de l'espace, ainsi que les chefs d'état-major des armées alliés et amis. Monsieur le gouverneur militaire de Paris, mesdames et messieurs les directeurs d'administration centrale, monsieur le directeur de l'enseignement militaire, mesdames et messieurs en vos grades et qualités. Alors, c'est évidemment un très très grand honneur pour moi de d'ouvrir cette cette session, ce forum du cette 3e édition du PDSF.

Je vais pas être trop longue. Je voulais évidemment commencer par rendre hommage au major Arnaud Frion auquel il n'est il est impossible de ne pas penser aujourd'hui euh dans le contexte que nous connaissons et au moment où je vois tant de visages amis de frères d'armes de de nos blessés aussi et je voulais penser avoir cette pensée pour lui et pour eux aujourd'hui. Je voulais aussi remercier Academ qui a mené ce beau projet dont enfin la participation aujourd'hui montre l'importance et le résultat.

J'ai vu les tout premiers pas de ce forum où on se disait au fond il manque un lieu de réflexion stratégique à Paris qui s'inscrivent dans le paysage de très grands forums très importants qui existent ailleurs comme la MIC security conférence ou le Chang Gral mais il y en a d'autres. Et donc je voulais vraiment féliciter toutes les équipes parce que cette 3ème édition montre que ça marche qu'Adem a réussi à inscrire le PDSF dans le paysage stratégique avec alors j'ai quelques chiffres 5000 participants, vous me corrigez si je me trompe, 16 délégations étrangères, 110 auditeurs du NATO Defense College, 500 jeunes que je remercie pour leur présence. C'est aussi pour vous qu'on fait ce genre d'événement. 20 à 25000 personnes en ligne.

Bref, euh c'est vraiment un succès et je pense que c'est encore plus important dans la période. Pourquoi ? parce qu'au fond euh l'idée de ce PDSF est venue du fait qu'on ne on on si on ne sait pas penser la guerre presque en temps réel ou la conflictualité presque en temps réel, au fond, on ne sait pas bien s préserver ou bien répondre aux situations de conflictualité et que c'est bien dans le croisement des regards entre la société civile et le monde militaire qu'on apprend et qu'on arrive à mieux réfléchir parce qu'il faut croiser justement nos regards.

Je vais vous donner mon expérience personnelle parce que j'ai aussi quelques remerciements à faire. C'est ce qui m'est arrivé il y a quelques années lorsque je suis arrivée au ministère des armées et que j'ai appris au contact de nos forces, au contact de leur chef, infiniment mieux que ce que je savais avant. Euh donc c'est bien ce croisement de regard qui permet d'apprendre et je profite de cette belle assemblée pour vous remercier tous de l'accueil que vous m'avez fait il y a quelques années et de tout ce que vous m'avez appris.

Alors, je vais essayer de de mettre en pratique le concept du forum modestement. Je vous rassure, je vais pas vous faire tout le panorama de la situation stratégique. Ce serait bien compliqué.

Puis on a eu une revue nationale stratégique qui l'a fait. Je vais juste essayer de vous donner un peu comme praticienne les cinq fais saillants que je vois dans la conflictualité. Bonjour monsieur le commissaire. très très très contemporaine en peu en temps réel et qui remettent pas du tout en cause d'ailleurs les constats qui ont été faits dans dans nos documents stratégiques.

Bon, de toute évidence, les conflits qu'on voit, la guerre qu'on voit en temps réel montrent que la conflictualité n'est plus réguliée par le par le droit international. C'est pas nouveau, c'est un résultat. C'est le résultat du fait que la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations- Unies, a déconstruit l'ordre de sécurité européen méthodiquement, la totalité de l'architecture et des traités de l'ordre de sécurité européen et qu'elle a violé la charte des Nations- Unies en envahissant un pays souverain en Europe.

C'est aussi le résultat de la volonté d'autres puissances de de contester au fond l'ordre international tel qu'il était établi et de créer un ordre alternatif. C'est également le résultat de ce qu'on appelle l'enhardissement de puissance régionale dont on voit euh bien le résultat avec l'Iran qui, et il faut le rappeler aujourd'hui dans la situation actuelle a constamment violé ses obligations internationales, singulièrement ses obligations nucléaires, à constamment déstabiliser le Moyen-Orient et à au fond s'est mis en contravention avec le droit international de manière là aussi non régulée malgré les efforts des européen au moment de l'accord sur le nucléaire iranien qui sont le seul moment où au fond on a réussi à réintroduire de la régulation sur ce sujet nucléaire si important. Et puis il faut le dire aussi, de plus en plus de puissance sont des douanes du droit international.

Considérant qu'il n'est plus important euh et de notre et puisqu'il faut aussi faire sa propre analyse, il est possible que nous européens ayons eu une forme de naïveté en croyant qu'au fond sans puissance le droit international nous protègerait sans que nous ayons besoin de de donner justement force au droit et je pense que là-dessus le réveil stratégique européen est fait. Nous savons maintenant que le droit sans puissance risque de n'être qu'une feuille de papier et que la puissance sans le droit risque de n'être qu'une brutalité au fond profondément inefficace pour la sécurité et la stabilité internationale. Et donc au moins nous savons ce que nous avons à faire.

Je viens de le dire, on n' pas à choisir entre la naïveté et le niilisme ou le chaos. On doit simplement, calmement, résolument donner force au droit et plus nous serons nombreux à le faire, plus nous réussirons à reconstruire une un ordre international qui soit régulé par le droit. Deuxième fait saillant de de cette conflictualité qu'on voit sous nos yeux, c'est quand même vraiment son intensification.

Alors, ça a été dit, si on regarde à 18 mois, 2 ans, souvent dans dans les discours officiels et puis dans nos documents stratégiques aussi, il y a une intensification de la conflictualité sous le seuil nucléaire. C'est évident. La stratégie de sanctuarisation agressive en Ukraine de la Russie en est un exemple.

Et puis on a vu aussi en Asie au Moyen-Orient évidemment des conflits de haute intensité entre états possesseurs ou proliférants. Et donc il y a cette cette intensité qui revient. ce qui a ce qui signifie pour nous européens que nous devons aussi nous donner les moyens de gérer cette intensification de la conflictualité sous le seuil et c'est tout l'effort qui est actuellement en cours en matière d'alerte avancée en matière de protection aérienne et antimissile et en matière de capacité de frappe dans la profondeur.

Troisème fait saillant que je crois que les conflits très récents démontrent c'est l'élargissement au fond du champ de la conflictualité. Alors, il est très documenté depuis des années là aussi sur l'espace, les fonds marins, le cyber, l'information, mais on voit je crois là dans le conflit aussi récent au Moyen-Orient qu'il y a une forme de vectorisation des flux énergétiques, informationnelle en même temps qu'une stratégie de déninaxcès sur les c'est il faut utiliser les flux énergétiques, informationnels et autres comme une arme pour certains et pour d'autres bloquer l'accès. C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui dans sur le plan maritime et qu'on voit et qui est évidemment se met en contravention avec le droit international et qui ne permet pas de la régulation.

Ça ça s'accélère beaucoup et ça implique quand même que dans le la manière dont on dont on réfléchit à à la à la conflictualité en cours et à la la guerre contemporaine, on l'entende. Et donc nous, démocratie et partenaire, nous devons réfléchir ensemble au fait que le champ de la conflictualité, c'est considérablement élargi, s'élargi de jour en jour et c'est notamment un des souhaits, je le sais, de ce forum, c'est-à-dire d'associer le plus largement possible et d'expliquer les enjeux pour que chacun prenne conscience de la nature contemporaine de la conflictualité. 4e fait saillant sont l'accélération.

La vitesse à laquelle la technologie évolue est nous y sommes habitués à la nécessité de maintenir la supériorité technologique, mais c'est la mise en œuvre des technologies qui accélèrent et on le voit très bien dans la guerre en Ukraine avec une robotisation très forte du champ bataille, une augmentation de la létalité à bas coup sur la zone de conflictualité et bien sûr la massification d'attaque saturante y compris sur les les moyens aériens et antimiciles. Donc ça, je pense que c'est un retour d'expérience des conflits en temps réel que les armées, monsieur le chef d'étatmajur des armées, savent si bien faire et et bien sûr, c'est ce qu'on est en train de de voir, d'où aussi le travail qui a été engagé avec l'Ukraine sur notamment les intercepteurs et puis sur la la question des données qui est qui est évidemment très importante. Et 5è point saillant, mais je l'ai déjà un peu évoqué, c'est bien sûr la notion de vous.

Je crois que au Danemark, madame l'ambassadrice, vous dites défense totale. C'est c'est c'est un peu cette manière de dire que au fond la résilience des sociétés compte énormément parce qu'au fond la défense n'est pas que l'affaire des militaires. En regardant cette assemblée, on le voit, c'est bien l'affaire de toute la nation et c'est bien ce qui aussi est une leçon de la guerre en Ukraine, c'est qu'au fond, c'est l'Ukraine dans son entier qui résiste et qui a opposé une résistance démocratique à une puissance qui voulait la la soumettre.

Donc je pense que c'est un élément qui se confirme de jour en jour de la conflictualité. Alors pour répondre à la question de ce forum sans vouloir en préjuger des les conséquences, quelques leçons pour notre souveraineté, pour nos nos alliances et nos partenariats puisque c'est le thème de cette session, bon thème dans la période timely comme on dit en bon français, souveraineté, alliance et partenariat. Alors sur la souveraineté, on voit bien qu'un agenda de souveraineté au fond est plus que jamais nécessaire puisque'au fond la souveraineté c'est la garantie de ne pas subir de ne pas être soit entraîné soit acculé soit entravé et tous les éléments les fait saillants de la de la conflictualité que j'ai juste partagé avec vous le montre ce qui veut dire au fond qu'aujourd'hui la souveraineté est l'autre nom de de la liberté et de la capacité de faire nos propres choix.

Alors, vous savez pour euh pour les délégations officielles étrangères qui sont ici que le modèle de de souveraineté français se construit sur un cœur de souveraineté qui est celui de de la dissuasion nucléaire sur la base duquel nous construisons en fait notre loi de programmation militaire et ensuite l'architecture conventionnelle. Euh et c'est aussi ce modèle que nous que nous voulons alors nous ne voulons pas partager la dissuasion, je préfère le redire ici. Le discours de l'île Longue a été a été très clair là-dessus, mais nous avons donné une matérialisation à cette à cette à la dimension européenne affirmée de longue date euh par les présidents français.

C'est le discours du président de la République et je voulais remercier le Danemark, madame l'ambassadrice à travers vous d'avoir engagé ce dialogue avec nous. Euh la souveraineté n'exclut pas euh l'interdépendance, mais elle garantit que l'interdépendance soit consentie. Et je crois que c'est quelque chose qu'il faut rappeler dans la période.

Il faut aussi rappeler que la souveraineté se pense au niveau national comme elle se pense de plus en plus, monsieur le commissaire, au niveau européen. Au fond, défendre sa souveraineté, c'est forcément défendre celle des autres quand on est dans un cadre comme celui de l'Union européenne. C'est évidemment ce que nous avons démontré récemment vis-à-vis du Danemark et du Groanland puisqu'il est inconcevable euh de tenir un discours de souveraineté. si on ne sait pas être au côté de nos partenaires et alliés précisément lorsque leur souveraineté est en question et nous l'avons fait précisément à vos conditions, c'est-à-dire selon votre demande dans le respect absolu de vos décisions.

D'une autre manière, c'est bien sûr être au côté de l'Ukraine pour la défense de sa souveraineté et c'est bien sûr être au côté aujourd'hui des États du golf pour la défen défense de leur souveraineté quand ils sont attaqués. c'est aussi être au côté de la souveraineté du Liban, quelle que soit la la gravité de la situation et bien sûr tout en rappelant que le Esbola doit cesser euh de menacer Israël. Il y a au fond jamais de poids de mesure en matière de respect de la souveraineté.

C'est vraiment une marque de fabrique de la politique étrangère et de la politique de défense de la France que aujourd'hui nous mettons précisément et j'y viens au service de nos alliances et de nos partenariats. Alors la période que nous vivons, je crois mérite de rappeler quelques notions fondamentales sur sur une alliance. Je crois qu'un bon allié, c'est un allié qui est capable.

Euh un bon allié, c'est un allié qui est volontaire et un bon allié, c'est un allié qui est lisible et fiable. Euh au fond, un un vasal, ce n'est pas un allié, c'est un subordonné. Un allié, ce n'est pas un fardeau, c'est un supplément de souveraineté euh et de sécurité.

Et une alliance, ce n'est pas une relation de partie à partie, c'est une relation d'état à état. Et c'est pas non plus une transaction, c'est l'exercice d'une solidarité stratégique. Et c'est fort de de cette conception de l'alliance que nous rappelons systématiquement notre attachement à l'alliance atlantique.

Une alliance qui est née dans le dans le dans le sang versé pendant la seconde guerre mondiale. une alliance qui a donné à une fraternité d'armes irremplaçable et je pense bien sûr à nos soldats tombés en Afghanistan dans la seule invocation de l'article 5 de l'histoire de l'alliance atlantique. Ça s'exerce la solidarité stratégique, c'est d'ailleurs pour ça que nous que nous le faisons sur le flanc est de l'alliance avec nos partenaires singulièrement bien sûr en Estonie et en Roumanie, mais dans ce dans cette œuvre collective de solidarité stratégique.

Notre alliance, cette alliance atlantique, elle a beaucoup évolué ces derniers temps. Elle a évolué parce que les États-Unis nous ont dit qu'ils souhaitait que les Européens prennent davantage en charge leur sécurité, prennent aussi davantage l'initiative pour leur sécurité. C'est au demeurant le sens de la coalition des volontaires qui constitue un prémis de ce pilier européen que nous avons appelé de nouveaux.

L'Europe s'est mise en mouvement sur son réarmement et sur sa capacité à assumer ses propres responsabilités. Et donc au fond, dans cette alliance et dans ce mouvement que les Américains appellent le burden shifting, il faut au fond éviter tout dénié sur la la volonté américaine de de de faire ce shift. Et il faut aussi dans la même dans le même moment éviter toute brutalité parce que au fond quand on est dans une alliance, c'est bien la sécurité de tous qui est engagé.

Donc je pense qu'il faut renforcer ce pilier européen dans l'alliance parce qu'au fond c'est bon pour l'alliance atlantique dans son ensemble. Et je voulais vraiment remercier le Danemark qui est revenu sur son optout pour ce qui concerne la PSDC et qui a et qui a qui s'est dont nous en fait nous nous sommes beaucoup rapprochés. Vous êtes partie d'une position très atlantiste, nous sommes partis d'une position très européenne et au fond de notre convergence stratégique démontre les évolutions en cours qui sont fondamentales et qui sont porteuses au fond pour pour l'alliance atlantique comme pour l'Union européenne.

L'Union européenne, j'y viens et je parle devant vous, monsieur le commissaire a fait des progrès immenses depuis la guerre en Ukraine avec une accélération historique, la mise en place d'instruments que nous n'aurions pas pu imaginer il y a quelques années. Je pense bien sûr à Safe, à EDIP. euh une accélération qui est qui est nécessaire parce qu'il nous faut réduire, je crois que tout le démontre, nos nos dépendances euh et euh accélérer au fond notre propre souveraineté européenne, c'est ce qui est en cours.

Bien sûr, nous avons un principe de subsidiarité à respecter puisque les les Étatsmembres sont en charge de la de la défense nationale et donc bien sûr qu'il faut respecter les compétences souveraines des États en matière de de défense, mais il faut en même temps, je crois travailler vous le faites à l'agrégation de la demande pour pouvoir accélérer sur le plan industriel. Il faut travailler un choc de simplification justement pour pouvoir produire plus. Il faut faire en sorte que nous soyons plus qu'il y ait une préférence européenne plus affirmée dans nos textes.

Ça a été le cas récemment. Et bien sûr, il faut investir massivement ensemble dans l'innovation qui est de plus en plus le nerf de la guerre. On le voit partout.

J'ajoute que sur le plan stratégique, c'est bien à nous les Européens de réfléchir à ce que sera euh la reconstruction d'une architecture de sécurité pour le moment où il sera possible à nouveau euh de construire un ordre de sécurité européen. Alors bien sûr, si nous voulons reconstruire cet ordre de sécurité, il faudra peser et je reviens à mon premier point. Plus l'Europe sera puissante, plus elle sera pesée dans l'équation stratégique, poser des dilemmes stratégiques à ses adversaires et être un bon allié pour ses partenaires.

Euh si au fond nos efforts de réarmement étaient 10 joints, ce serait aussi coûteux qu'infficace. Donc nous avons une obligation de cohérence dans notre réarmement vis-à-vis de nos citoyens et vis-à-vis de notre propre sécurité. Euh c'est ce que nous menons et c'est ce que la France continuera à mener.

Un dernier mot parce que j'ai déjà été bien trop longue euh sur les partenariats. Alors euh parfois il y a plusieurs années, on on abusait un peu du mot partenariat, y compris partenariat stratégique, c'est-à-dire que tout était partenariat stratégique. Alors la France ne pense pas comme ça.

C'est un mot fort partenariat surtout quand on y adjoint stratégique. parce que nous nous concevons le partenariat comme un comme une parole donnée et que ce qui préside à nos partenariats est au fond un sens aigu de la fiabilité. On dit ce qu'on peut faire et on fait ce qu'on dit.

Euh et ça c'est une marque importante dans la période contemporaine parce qu'au fond c'est bien face à l'accélération de la conflictualité qu'on voit euh une une nécessité de de rapport à la à la vérité, à l'exercice sérieux, solide des partenariats et de ses dépendances au fond euh mutuellement consenties dans le respect de la souveraineté de chacun. Euh et je pense que au fond, c'est ce qu'on a démontré dans la construction des partenariats que nous avons fait à la fois en bilatéral en Europe, mais aussi au-delà, je pense par exemple à l'Indo-Pacifique où nous avons maintenant de très nombreux partenaires très solides avec lesquels nous exerçons ensemble notre souveraineté et notre volonté de faire respecter le droit international. Et c'est essentiel pour nous-mêmes, c'est essentiel, je l'espère, pour nos partenaires aussi, mais c'est surtout essentiel pour l'ordre international parce qu'au fond, plus il y aura de partenariat de ce type entre nation capable et volontaires de respecter le droit, de respecter la souveraineté de l'autre et de travailler à la paix et à la sécurité internationale, plus nous pourrons avoir de stabilité et de régulation de la conflictualité.

C'est c'est vraiment dans cet esprit qu'on a travaillé à la stratégie indo-acifique. C'est dans cet esprit qu'on a travaillé madame l'envassadrice à la stratégie arctique. C'est dans cet esprit aujourd'hui de manière plus précise que nous travaillons à cette mission pour la liberté de circulation dans le dans le D3 d'Ormous dans le respect du droit international avec des partenaires élargis et dans une logique de désescalade et non pas d'accroissement de la conflictualité.

C'est aussi dans cet esprit de respecter avec des partenaires le droit international que nous agissons pour que les sanctions que nous prenons soient respectées. C'est le sens de toute l'action sur la flot de fantôme. C'est dans cet esprit également que nous nous sommes engagés avec notre partenaire l'Ukraine sur des garanties de sécurité robustes que nous espérons pouvoir apporter lorsque un accord de paix ou un cesser le feu pourra être négocié.

C'est bien toute cette logique au fond qui va de la souveraineté au partenariat en passant par l'Alliance que nous devons tous construire ensemble, pas simplement les États, avec la société civile, avec les industries, avec toutes les parties prenantes qui sont aujourd'hui représentées. Parce que au fond être capable de penser la guerre de demain, c'est être capable d'y faire face et c'est être capable de la prévenir. Et donc je je pense que et je vais conclure là que c'est bien parce que nos pays souverains, respectueux du droit international, fidèle à leurs alliances, fiable dans le leur partenariat, libre dans leurs décisions, travailleront ensemble que nous n'aurons jamais ni à nous soumettre ni à désespérer.

Et c'est sur cette note non pas de pessimisme excessif ni d'optimisme excessif mais de détermination que je déclare ouvert de la 3e édition du PDSF. Je vous remercie. Merci beaucoup madame la ministre.

Alors je voilà. Merci beaucoup madame la ministre de pour vos propos introductifs et pour avoir officiellement ouvert donc cette 3e édition du Paris Defense and Strategy Forum. Vous restez avec nous parce qu'on va poursuivre la discussion dans un instant.

Mais avant cela, nous voudrions accueillir chaleureusement madame l'ambassadrice du royaume de Danemark en de France qui nous fait l'honneur de sa présence parmi nous, madame Hann Fou Esker. Madame la ministre, ministres députés, sénateurs généraux, amureaux, directeurs, Excellence, mesdames et messieurs, on vous gratte ces qualités. Au nom du royaume du Danemark, j'ai l'honneur et le plaisir de prononcer ce discours d'ouverture en qualité de pays d'honneur de cette édition de Forum de Paris de la défense et la stratégie.

Nous sommes profondément honorés d'assumer ce rôle qui met en lumière la coopération ainsi que les efforts conjoints entre la France et le Danemark. Je tiens alors à exprimer notre sincère gratitude d'avoir choisi le royaume de Danemark comme pay d'honneur à PDSF le 3e édition 2026. If there's one matchet I would like to carry forward today, it is this.

We are stronger together. It sounds quite simple and as you mention at a minister this is the core. At a time of profound uncertainty, I think unlike anything many of us have experienced in our lifetime, cooperation is no longer just an ideal nice to.

It is a need to also for future generations the youth as mentioned by minister rufo over the years france and denmark worked together to up stability in Europe and beyond and today that cooperation has evolved into an even deeper and more operational partnership in recent years our military corporation has strengthened in many ways through coordinated support to Ukraine including the donation of Cesar canons through the collaboration on air defense capabilities including the purchase of the missile systems which brings us to the largest defense investment in Danish history and through shared operational experience from the Sahel to the high north. formalized and last year during the Danish state visit to France where our two countries entered into a strategic partnership as you mentioned madame la ministre we will soon celebrate the oneyear anniversary of this new chapter in our bilateral relations this partnership is not just symbolic ambchor in our shared responsibility European security and global stability is unfortunately very little indication that the challenges we face will diminish in the years to come on the country we must be prepared for still longer lists of disruptive events and issues the reason to invest in strategy to strengthen our defense and remain clear about what we are fighting for our democracies our values and our way of life. It is therefore also very fitting that we gather here today on what we call in Denmark democraties fest the celebration of democracy where citizens are exercising the fundament for fundamental right to vote.

By this means that our minister of defense cannot be present and that we do have some restraints in our political messaging these days. serves I think as a very powerfulinder of what we are here to defend democracy is not a given it is something that we actively must protect together and in doing so we reaffirm that France and Denmark are not just allies we trusted partners and friends committed members of NATO and the EU believing in acting international order the Paris defense and strategy forum we meet as many nations with different perspective experience but with a shared responsibility this forum gives us a very important opportunity not only to address today's challenges but to build the relationships that will define how we meet those of tomorrow so a big thank you to organizers for really creating Ukra midle epacepace and rapidly developing technologies AI and drones the challenges face are interconnected and so must be our response. No nation can stand alone but together we can shape outcomes. approach was very clear during the Danish presidency of the council of the European Union last year where the EU adopted commission of very ambitious financial instruments in the defense and made a clear to be able to defend ourself before mesdames et messieurs, permetz-moi de conclure par une citation de George Banano, un écrivain français marqué par son expérience sur les lignes de front durant la Première Guerre mondiale.

On ne supplie pas à l'avenir, on le fait. Ces mots ressonnent particulièrement aujourd'hui. L'avenir de notre sécurité, de la paix en Europe et de la stabilité mondiale dépendra de ce que nous choisirons de faire ensemble.

C'est aussi la raison pour laquelle la coopération entre des pays comme la France et le Danemarque revit d'une une importance très concrète à travers nos forces, nos engagements et notre manière d'agir ensemble. Carà la paix, la démocratie et la liberté ne se maintiennent pas d'elle-même. Ce sont des valeurs que nous devons protéger et c'est nécessaire être prêt à défendre.

Alors madame la ministre, au nom de l'ensemble de la délégation danoise qui élarge aussi à Paris, je tiens à vous remercier pour votre invitation de votre amitié de notre coopération proche et je vous souhaite à toutes et à toutes une excellente conférence. Merci. Thank you.

Et tac. Thank you very much madam the ambassador for this very strong testimony with many takeaways. Of course the cooperation is no longer choice but a necessity partnership between France and Dutch is deepening to protect our democracies.

Madame la ministre, je me tourne vers vous maintenant. Je vous en prie. On fait ça en français si ça vous va.

Si ça si ça va tout le monde. Alors voilà, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, de prendre le temps de de répondre à à toutes nos questions. Vous l'avez dit dans dans vos propos introductifs, le thème de ce forum, c'est donc la souveraineté.

C'est un thème qui est au cœur de l'actualité et qui nous rappelle aussi que le contexte géopolitique est particulièrement morcelé, volatile, incertain. Dans ce contexte, comment est-ce que la France parvient-elle aujourd'hui à exercer cette art de l'équilibre entre, d'un côté vraiment maintenir un dialogue ouvert, constructif et de l'autre défendre quand même ses intérêts. Il y a pas d'opposition.

Merci pour votre question et merci pour le pour votre discours. Madame l'ambassadrice, il y a il y a pas d'opposition entre la défense de ses intérêts et la défense de ses principe en fait. Au contraire, c'est-à-dire que défendre sa souveraineté, c'est aussi respecter le enfin respecter le droit international et et défendre sa souveraineté, c'est pas contradictoire.

C'est c'est là où il faut quand même revenir aux fondamentaux. Au contraire, quand on travaille par exemple dans le cadre d'une alliance, quand on travaille dans le cadre d'un partenariat, c'est davantage de souveraineté. C'est pas moins et donc ça nous rend au fond plus fort collectivement parce que les engagements sont tenus, parce qu'on peut s'appuyer sur d'autres manière fiable et de manière sûre et parce que le cadre au fond dans lequel on travaille est est prévisible, lisible et et fiable.

C'est ça qui est très important. Et donc en fait, il y a aucune opposition entre les deux. Après sur votre question euh on voit bien qu'il y a cette tension en ce moment sur au fond si on est dans un monde où plus aucune règle n'est respectée euh qu'est-ce qu'on doit faire ?

Est-ce qu'on doit faire pareil ? Je crois pas que ça soit la la conclusion qu'il faille en tirer parce que nous c'est quoi notre objectif ? Vous l'avez dit, c'est la paix, la stabilité, l'ordre international.

Par contre, la leçon qu'il faut en tirer pour l'exercice de nos souverainetés, de nos partenariats et de nos alliances, c'est qu'il faut être plus fort. Alors, nous nous constatons un un basculement que je qualifierai de d'assez brutal entre un ordre qui est fondé sur la règle vers un ordre qui serait fondé plutôt vers le rapport de force. Euh dans ce contexte, quelle est selon vous la priorité absolue pour que l'Europe de la défense dont on discute déjà depuis longtemps ne soit plus qu'une pas qu'une idée mais vraiment une réalité et qu'elle nous permettent euh vraiment de répondre aux menaces qui on le sait sont de plus en plus hybrides.

Euh vous l'avez évoqué également mais des menaces qui sont cyber spatiales, informationnelles. Alors il faut réarmer réarmer réarmer. Et si je le dis trois fois, c'est parce que il faut réarmer dans tous les domaines.

Euh on n'est pas dans une période où il ça ne peut ça ne concerne que la chose militaire. Ça concerne aussi le spatial. Je le dis sous le contrôle du commissaire.

Ça concerne tous les domaines parce que c'est ce que j'ai essayé d'expliquer dans mon propos introductif. La conflictualité s'étend à tous les champs. Donc la souveraineté, elle se renforce dans tous les domaines.

Après, évidemment, dans le domaine militaire, il faut considérablement accélérer le réarmement européen et il faut le faire encore une fois d'une manière cohérente parce qu'au fond, si on se met à tous faire la même chose, on va être moins fort collectivement. Donc, il faut réfléchir à cette construction du pilier européen de manière ordonnée et de manière coopérative parce que c'est ce qui nous permettra de devenir plus fort ensemble. Après euh on a vraiment besoin de d'accélérer sur le volet industriel parce que moi je je ne sais pas comment on fait pour gérer une conflictualité sans industrie qui accélère.

C'est pas possible. Là vous avez beaucoup de militaires dans la salle qui vous diront pas le contraire. Il faut que faut accélérer vraiment très fort euh et il faut euh nous donner les moyens pour ça.

Euh c'est-à-dire parfois réfléchir aux normes qui peuvent entraver, aller chercher des capacités de production aussi parfois à bas coup. C'est ce qu'on fait avec l'Ukraine en ce moment. Euh parce queon voit bien que en fait la l'évolution très rapide de la de la conflictualité et de la mise en œuvre des technologies incite à gérer à la fois beaucoup de cohérence dans nos modèles et aussi de la masse.

Alors le PDSF insiste fortement cette année sur cette nécessité, je cite, de se réarmer pour la démocratie. Alors au-delà des des budgets et des équipements, comment est-ce que la défense aujourd'hui peut recréer du ciment au sein de la nation ? Mais peut-être est-ce qu'il y a un message que vous souhaiteriez adresser aux citoyens, à la société civile, notamment sur leur rôle justement euh dans la résilience globale de notre pays ?

Ben, je je crois que leur rôle, enfin le mien aussi, je suis citoyenne, euh c'est de de garder un certain rapport à la à la vérité. C'est-à-dire que lorsque on et a la volonté de la transmettre parce qu'au fond c'est bien dans ce rapport à la vérité, à notre histoire comme à aux enjeux contemporains que nos démocraties savent être plus fortes. C'est pour ça qu'on ouvre autant aussi le débat lorsque on décrit les enjeux de la conflictualité contemporaine, on les garde pas de manière confidentielle, c'est pas pour faire peur, c'est pas pour dire "Ol là, tout va mal" et cetera.

C'est pas c'est mais c'est pour pas non plus pour cacher le fait qu'effectivement l'ordre dans lequel nous avons vécu depuis la seconde guerre mondiale s'est effrité et donc que la dangerosité est plus importante. Ça veut certainement pas dire qu'il faut juste avoir peur et et et au fond se se défier de tout et puis s'affaiblir. Au contraire, on fait le pari collectif que la démocratie est plus forte quand elle a un rapport à la vérité.

Et c'est ça notre force, c'est d'être capable de regarder les choses avec lucidité, avec vérité et de et d'affronter le réel en en nous. C'est ça qui nous rend plus fort collectivement. C'est ça que je veux dire aujourd'hui.

Et en tissant des partenariats de plus en plus forts, ça a été aussi le le propos de madame l'ambassadrice. Madame la ministre, merci beaucoup. Merci.

Juste un mot, on était toutes les deux il y a pas très longtemps sur une frégate au au Danemark et et quand même ce que ça ce que ça montre aujourd'hui, le fait qu'on est je sais que dans les échanges, je vous parlerai beaucoup d'Ukraine, beaucoup d'Europe, c'est que quand même il faut qu'on qu'on soit attentif dans cette situation où il y a beaucoup de de théâtre, de conflits, à ne pas zoomer sur l'un plutôt que sur l'autre. Il faut qu'on arrive à faire en même temps tout ce qu'on a à faire. Et c'est là aussi que les partenariats nous nous rendent plus forts et c'est d'ailleurs tout l'enjeu de ce PDSF.

Merci beaucoup madame la ministre. Peut l'applaudir chaleureusement. Merci.

Inauguration - Alice Rufo & Hanne Fugl Eskjær — Alice Rufo · Pourquijevote