L'invité d'Apolline Matin : Entreprises/Trésorerie, près d’une TPE sur deux ne peut pas tenir plus de trois mois - 05/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Est-ce que vous allez tenir, et c'est la question visiblement que tous les petits patrons se posent, est-ce qu'on va tenir au-delà de trois mois, au-delà de ce qui nous reste comme trésorerie ?
- 2:42OuverteRéponse directe
Vous tenez le coup ?
- 5:18OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça ne serait pas le moment de tout changer ?
- 5:35OuverteRéponse directe
Est-ce que ceux que vous avez interrogés, les patrons des TPE, tout ce...
- 6:18OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'ils attendent, aujourd'hui, les artisans, les commerçants, les TPE ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43InvitéChiffre
« 96% des petits patrons se disent dans un état d'esprit négatif »
- 1:08InvitéChiffre
« une rémunération des dirigeants qui se maintient aujourd'hui à moins d'un SMIC pour 51% d'entre eux »
- 1:35InvitéChiffre
« Plus de 70 000 annoncés par la Banque de France sur 12 mois de lycée à fin juillet »
- 2:00InvitéChiffre
« 42% aujourd'hui qui estiment que leur trésorerie ne va pas tenir plus de trois mois »
- 3:03InvitéFait
« on subit une pression fiscale depuis la Covid »
- 3:22InvitéFait
« On subit vraiment une pression fiscale énorme »
- 4:13InvitéChiffre
« On paye 200.000 et 180.000 euros la licence »
- 4:41InvitéFait
« L'État n'aide pas, mais l'État continue à taxer »
- 6:24InvitéFait
« on attend de la stabilité fiscale, sociale, avec des règles qui ne changent pas toutes les deux secondes »
Temps de parole
- Invité38 %
- Présentateur25 %
- Invité 220 %
- Auditeur7 %
- Locuteur non identifié6 %
- ?4 %
≈ 26,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous
écoutez
RMC,
RMC
jusqu
'à 9h, Apolline Matin,
Apolline de Malherbe. Il est 7h42 et vous êtes bien sûr RMC et RMC Story avec une question ce matin. Est-ce que vous allez tenir, et c'est la question visiblement que tous les petits patrons se posent, est-ce qu'on va tenir au-delà de trois mois, au-delà de ce qui nous reste comme trésorerie ? Bonjour Marc Sanchez, merci d'être en direct avec nous ce matin. Vous êtes le secrétaire général du syndicat des indépendants et des très petites entreprises. Le baromètre que vous publiez ce matin et qu'on vous dévoile en exclusivité, le moral des patrons, est au plus bas. 96% des petits patrons se disent dans un état d'esprit négatif, c'est-à-dire
?
C'est-à-dire qu'à aujourd'hui, en tout cas, les trimestres se suivent et se ressemblent tous, globalement, depuis presque deux ans. On constate effectivement une baisse de la consommation depuis le début de cette année, une baisse des marges aussi des entreprises de manière importante et très majoritaire, une baisse de chiffre d'affaires et surtout, un indicateur qu'on relaie depuis déjà un certain nombre de trimestres, une rémunération des dirigeants qui se maintient aujourd'hui à moins d'un SMIC pour 51% d'entre eux, toujours. Et les trimestres, en fait, se suivent et se répètent systématiquement en un petit peu plus pire à chaque fois.
Et aujourd'hui, effectivement, on a beaucoup d'entreprises, au-delà de celles qui ont des défaillances et qui ont dû arrêter leur activité. 37 700 sur le premier semestre quand même, c'est plus 1500 par rapport à l'année dernière. Plus de 70 000 annoncés par la Banque de France sur 12 mois de lycée à fin juillet. La
difficulté,
c
'est de se projeter dans un moment d'extrême tension. Évidemment, le prix des énergies, le carburant, le gaz, le fioul. Est-ce que ça,
c
'est, j'allais dire, le coût de trop
? C
'est le coût suivant de trop. Il y a encore des boîtes aujourd'hui qui tiennent. Alors c'est vrai, vous l'avez évoqué tout à l'heure, il y
en
a 42% aujourd'hui qui estiment que leur trésorerie ne va pas tenir plus de trois mois. Ça ne veut pas dire pour autant qu'elles vont arrêter leur activité. Il y a une différence par rapport à ça.
Mais
ça veut dire que c'est aussi un symptôme de l'angoisse.
Mais complètement, oui, oui, complètement. C'est-à-dire qu'à aujourd'hui, ce que j'évoquais précédemment, on a une crise sur l'avenir de l'entreprise. Une entreprise qui n'investit pas, qui ne se projette pas, est condamnée à mourir assez
rapidement. Ce qui est préoccupant, c'est qu'en plus, quand on regarde les enquêtes qui sont faites sur des niveaux d'entreprises plus
grosses,
comme les entreprises de taille intermédiaire, on retrouve la même proportion.
C'est
-à
-dire
qu'aujourd'hui, quels que soient les secteurs, quelle que soit la taille, moi j'entends toujours le même chiffre, il y a une entreprise sur deux qui a des difficultés. Dans le bâtiment,
dans le service, dans la restauration.
Tout à fait, oui.
Et la question des carburants, je voudrais pouvoir donner la parole à Riyad, qui nous appelle de gentil. Bonjour Riyad.
Bonjour Apouline,
bonjour à vous tous.
Vous êtes chauffeur, enfin vous êtes taxi, vous êtes artisan taxi. On parle à l'instant des commerçants, des artisans. Vous, vous êtes aussi aux premières loges de la hausse des carburants. Vous tenez le coup ?
Franchement, on subit une pression fiscale depuis la Covid d'Apouline. Avec les prêts de carburant qui augmentent tous les jours. Moi, personnellement, à côté de chez moi, il
y
a issue. Je ne sais même pas à quel moment que je fais mon plein. Est-ce que c'est la veille ou bien le matin ? C'est comme les prêts changent tout le temps. On subit vraiment une pression fiscale énorme. Je passe à la pompe trois fois par semaine. C'est énorme.
Trois fois par semaine, vous devez faire le plein. Vous dites que vous avez une pression fiscale énorme. Vous continuez à vous lever tôt le matin et à aller bosser.
Je n
'ai
pas trop le choix. Franchement, on est là comme des poussins. On travaille. Je n'attends pas une aide parce que les aides aujourd'hui ne se voient pas claires sur un point Gouvre. Donc, on ne les voit pas. Ce que me laisse vraiment travailler à l'ancienne, ma seule et vraie politique, c'est de mettre le réveil à aller travailler très tôt.
Je
n
'ai
pas trop le choix, malheureusement, pour tenir. Donc, on n'a pas trop le choix, surtout avec la concurrence déloyale des VTC, par exemple. Nous, les taxis parisiens, on a une ADS, une autorisation de stationnement sur la voie publique. On paye 200.000 et 180.000 euros la
licence. Pour avoir la
licence. Tout à fait, exactement. Mais eux, ils n'ont pas de la licence. Je ne sais pas. Mais franchement, on a du mal vraiment à tenir le compte. Il y a beaucoup d'incertitudes.
Beaucoup d'incertitudes, Riyad. C'est très intéressant.
Ce qui est très intéressant,
c'est que pour la
première fois depuis la crise de 92-93, l'État n'aide pas. En 2008-2009, il avait beaucoup aidé.
Au
moment
du Covid, il avait beaucoup aidé. J'attends même pas d'aide. Et là, au niveau fiscal,
c'est
aussi très dur. L'État n'aide pas, mais l'État continue à taxer. Si on parle, par exemple, de l'essence, il y a des solutions que nous, on préconise depuis déjà le début de l'année, notamment avec les CE, qui permettraient effectivement une réduction du prix du carburant. Mais globalement, qu'est-ce que pourrait faire l'État aujourd'hui ? Je crois qu
'il
y
a
une prise de conscience aujourd'hui de beaucoup de chefs d'entreprise qui se disent... Qui
se disent
comme Riyad. Moi, ma manière
de faire
la politique, c'est de mettre mon réveil très tôt et d'aller bosser.
Mais
justement, en vous écoutant, j
'ai
l'impression que c
'est
ça la réalité. C'est juste que vous constatez que la baisse d'activité est durable. Elle est quasiment systémique. Les carburants, ça ne vous aide pas. Est-ce que ça ne serait pas le moment de tout changer ? Ça ne
veut
dire
pas
tout changer, Arthur ?
Déjà,
pour
commencer, d'accepter le fait que l'énergie, ces énergies-là, le gaz, l'essence, seront désormais hors de prix. Il faut changer d'énergie qui structure toute l'économie française. Et deuxièmement, je ne sais pas, de repenser un modèle d'emploi, de fiscalité, puisque là, ça va durer. Mais
est-ce que ceux que vous
avez
interrogés, les patrons des TPE, tout ce... Riyad est avec nous, Riyad. Est-ce que vous avez les moyens de passer à l'électrique
?
Franchement, aujourd'hui, je n
'ai
pas les moyens de passer quasiment
à l'électrique.
Illustration directe
?
Bien sûr. Ah non, oui, franchement, je n
'ai
pas les moyens, aujourd'hui, pour passer directement à l'électrique. Et c'est comme je suis jeune homme, j'ai besoin de travailler. Donc, si la course a 300 kilomètres à la fin de la journée, je ne
peux
pas refuser mon client. Je ne
peux
pas le laisser à la porte d'auteil de ne pas le ramener à Normandie, par exemple.
Et
ça, c'est la bonne surprise, en général, en fin de journée, quand même, malgré tout.
Épuisant, épuisant,
épuisant. Mais s'il y en a, de temps en temps, j'imagine que ça, ça fait du bien. Je voudrais, Marc Sanchez, que vous puissiez aussi réagir sur ce qu'il disait. En fait, on n'attend même pas d'aide.
Qu
'est-ce qu'ils attendent, aujourd'hui, les artisans, les commerçants, les TPE ?
Il y a trois éléments. Le premier, c'est qu'on attend de la stabilité fiscale, sociale, avec des règles qui ne changent pas toutes les deux secondes, tous les deux mois. Ça, c'est le premier point important. Le deuxième, et c
'est
un élément qui est très majoritaire dans l'enquête, on a 67% de nos adhérents qui estiment, aujourd'hui, qu'il faut faire vraiment quelque chose sur le coût du travail dans les entreprises. Et le coût du travail, il faut lier cette problématique aussi au pouvoir d'achat. L'un ne va pas sans l'autre. Il faut traiter les deux. Aujourd'hui, ce n
'est
pas du tout le cas. En tout cas, si on prend le projet de loi de finance et le projet de loi de financement de la sécurité sociale, on est effectivement sur une dynamique qui ne traite absolument pas ce sujet. Alors, vous me direz, ils n'ont peut-être pas de marge de main d'offre. Mais en tout cas, c'est la vraie problématique. Et le troisième élément, ça concerne l'apprentissage, par exemple, où on a beaucoup de chefs d'entreprise aujourd'hui qui nous expliquent que baisser les aides, c'est très bien, mais il faut quand même bien considérer qu'il faut avoir un impact bien particulier au niveau des TPE. Parce qu'un apprenti dans une boîte de 5000 salariés et un apprenti dans une boîte de
deux salariés,
ça
n
'a absolument pas le même impact, qu'il soit social d'ailleurs, ou pour le développement
d'entreprise. Merci
beaucoup, Marc Sanchez, d'être venu ce matin secrétaire général du Syndicat des Indépendants et des Très Petites Entreprises. Et merci à Riyad pour son témoignage.