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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 6 mars 2024 26 min

IVG dans la Constitution : "J'ai évolué parce que le monde a changé", explique Yaël Braun-Pivet

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-10 la présidente de l'Assemblée Nationale, députée Renaissance, des Yvelines. Vos questions et réactions, amis auditeurs, amis auditrices, au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Yael Broun-Pivet, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Revenons avec vous sur la journée de lundi au congrès à Versailles que vous avez présidé. On peut désormais lire dans la Constitution de la République, à l'article 34, je cite « La loi détermine les conditions dans lesquelles s'exerce la liberté garantie à la femme d'avoir recours à une interruption volontaire de grossesse ».

Qu'avez-vous éprouvé, qu'avez-vous ressenti lundi vers 18h30 quand le vote a été acquis à une écrasante majorité ?

0:53
Invité

Oui, une écrasante majorité. Près de 90% du Parlement a été favorable à cette nouvelle inscription dans la Constitution et à la protection que nous offrons aux femmes de ce pays, à nos filles, à nos petites filles. Il y a eu beaucoup d'émotions, beaucoup de joie partagée. Et la joie se ressentait dans l'hémicycle, dans les travées au niveau des parlementaires, dans les tribunes aussi, parce que dans les tribunes, il y avait mêlées des militantes qui s'étaient battues pour le droit à l'interruption volontaire de grossesse, des anciennes ministres qui avaient œuvré chacune l'une après l'autre, la famille de Simone Veil, de Gisèle Halimi, ma famille aussi.

Et il y avait une émotion partagée, un beau moment d'union et de communion. Et c'est important.

1:43
Yaël Braun-Pivet

C'est un message pour le monde. Il faudrait que cette première française fasse des émules ailleurs, en Europe, ailleurs dans le monde.

1:49
Invité

C'est un message pour le monde pour deux raisons. D'une part, pour dire que les droits des femmes méritent la plus haute protection juridique, institutionnelle dans un pays. Et c'est ce que nous avons fait avec cette constitutionnalisation. Et puis, c'est un message pour le monde parce que la France renoue ainsi avec sa tradition universaliste. Vous savez, celle que portait le CEO Robert Badinter et tant d'autres. La France, c'est la patrie de la déclaration des droits de l'homme. Et donc, que la France porte ce flambeau, c'est ce que nous devons faire, c'est notre responsabilité.

2:28
Yaël Braun-Pivet

Yael Brun-Pivet, vous vous réjouissez aujourd'hui de cette constitutionnalisation de l'IVG. Ça n'a pas toujours été le cas. En juillet 2018, alors que déjà des députés d'opposition réclamaient cette constitutionnalisation, vous étiez présidente de la commission des lois. Et vous vous y étiez opposée clairement, quasiment avec les mêmes arguments que Gérard Larcher quand il s'y est opposée. C'est-à-dire, je vous cite, vous l'aviez dit à l'hémicycle. La vidéo, elle est partout sur les réseaux sociaux en rappelant que vous étiez contre il y a quatre ans. Les droits des femmes à l'égard de la contraception et de l'avortement sont aujourd'hui extrêmement bien assurés dans notre pays.

« Je ne crois pas que l'inscription de ces droits dans la constitution soit ni nécessaire ni utile ». Alors quoi, vous avez évolué ?

3:04
Invité

Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé les Etats-Unis. Moi, quand je suis devenue présidente de l'Assemblée nationale, j'ai rencontré en septembre 2022 à Berlin Nancy Pelosi, speaker du Congrès américain. Et j'ai eu la chance, l'honneur d'avoir un échange en tête-à-tête avec elle. Et je lui ai parlé de ce fameux arrêt de la Cour suprême qui remettait en cause le droit à l'avortement aux Etats-Unis. Et je lui ai demandé « Mais est-ce que vous vous y attendiez ? Comment vous avez vécu ça, vous qui êtes engagée dans la politique et dans les droits des femmes depuis toujours ?

» Et elle m'a dit à quel point elle n'avait jamais imaginé que le droit à l'avortement puisse ainsi être remis en cause aux Etats-Unis. Et elle m'a avertie en me disant « Mais protégez-le parce qu'on ne sait jamais de quoi l'avenir est fait. »

3:54
Yaël Braun-Pivet

Donc profondément, vous avez évolué, vous avez changé d'avis.

3:57
Invité

Eh bien parce que le monde a changé. Léa Salamé, le monde a changé.

4:01
Yaël Braun-Pivet

Pardon de vous dire, en 2018, quand vous y étiez opposée, il y avait déjà des menaces sur l'avortement. Il y en avait en Espagne, il y en avait en Pologne, il y en avait en Argentine. Il y avait déjà des remises en cause dans le monde.

4:10
Invité

Il y avait déjà des remises en cause, pas aussi nettes que ce qui s'est passé aux Etats-Unis. J'ai rencontré après des militantes en Pologne, se battre pour le droit à l'interruption volontaire de grossesse. Et oui, j'ai évolué. Mais quelle femme politique je serais si je n'étais pas à l'écoute du monde et des gens ? Oui, bien sûr. Et donc, oui, évidemment, j'ai évolué parce que le monde a changé, parce que les menaces qui pèsent sur les droits des femmes s'accentuent. Parce qu'aujourd'hui, bien loin de progresser, les droits des femmes régressent dans le monde.

Et donc, il faut que nous agissions de plus en plus fort parce que nous devons être à l'écoute du monde et nous devons assumer la responsabilité qui est la nôtre en tant que patrie des droits de l'homme.

4:58
Présentateur

Alors, dans cette constitutionnalisation de l'IVG, il y a deux femmes, une députée et une sénatrice qui ont beaucoup bataillé depuis novembre 2022, qui ont milité sans relâche pour cette cause. Il s'agit de la députée insoumise Mathilde Panot et de la sénatrice écologiste Mélanie Vogel. Elles étaient à notre micro lundi. Gabriel Attal ne les a pas mentionnés dans son discours face au Congrès, alors qu'il a salué plusieurs femmes qui ont fait avancer la cause. Simone Veil, Yvette Roudy, Martine Aubry, Marisol Touraine, Ajat Vallaud-Belkacem, Laurence Rossignol. Ça a suscité une réaction vive de Jean-Luc Mélenchon dans un tweet.

Attal, minable petit, invisibilise le rôle des insoumis et de la présidente Mathilde Panot dans la décision d'aujourd'hui. Vous regrettez, Yael Broun-Pivet, ces deux oublis de la part de Gabriel Attal ?

5:51
Invité

On leur a rendu hommage tous et toutes. Après, le Premier ministre ne pouvait pas citer toutes les femmes qui se sont battues pour ce droit. Mais effectivement, moi je suis fière que cette avancée majeure soit due au départ à des initiatives parlementaires de tous bords politiques. Il y a eu à l'Assemblée Mathilde Panot, évidemment, et moi j'ai eu beaucoup d'échanges avec elle. Et même après le résultat du vote, je l'ai eu au téléphone et elle m'a remerciée et félicitée. Et je lui ai renvoyé ces félicitations parce que je sais ce qu'on lui doit. Il y a eu au Rorberger à l'Assemblée nationale, beaucoup de femmes se sont impliquées. C'est une victoire des femmes.

C'est une victoire parlementaire. Moi, je suis très fière que le Parlement ait été à l'avant-garde. C'est un Parlement dont on dit parfois qu'il est trop agité et qu'il n'arrive pas à produire ses beaux moments. Eh bien, nous avons démontré le contraire. Et le Président de la République, et là aussi je voudrais lui rendre hommage, a été à l'écoute du Parlement. On dit parfois que le Président de la République nous ignore. Ça n'est pas vrai. Il nous a entendus.

6:59
Yaël Braun-Pivet

Cette constitutionnalisation de l'IVG a été permise par le dépassement des clivages partisans, comme vous l'avez écrit sur Twitter, politiquement, ça doit faire école. Espérez-vous, pour être très clair, un tel dépassement des clivages, par exemple pour le texte sur la fin de vie, qui est censé arriver, je ne sais pas quand d'ailleurs, parce qu'il est censé être poussé.

7:18
Invité

Avant l'été, en tout cas, moi je l'attends fermement avant l'été. Alors, des dépassements des clivages, on arrive à les retrouver sur certaines causes. Pour tout vous dire, la cause des femmes nous permet d'avoir beaucoup de moments d'unité. Encore hier soir, dans l'hémicycle, nous avons voté de façon unanime un texte sur l'ordonnance de protection pour les femmes qui sont victimes de violences intrafamiliales. Et ce texte a été voté à l'unanimité. On arrive à se retrouver sur les questions agricoles aussi, beaucoup sur les textes relatifs, notamment aux retraites agricoles. Donc, il y a des sujets comme ça qui rassemblent le Parlement, Assemblée nationale et Sénat.

Sur la fin de vie, chaque groupe va évidemment donner à chacun la liberté de vote. Je pense que ça va être un débat absolument essentiel pour chaque citoyen de notre pays. J'espère qu'on arrivera, en tout cas, moi je mettrai tout en œuvre pour en garantir la dignité et le respect. Mais je ne sais pas dans quelles conditions il se déroulera, ni quand, j'espère, avant l'été, comme je vous le disais. Mais je pense que...

8:19
Présentateur

Pourquoi ça tarde autant ? Pourquoi ce texte est si long à être écrit ?

8:24
Yaël Braun-Pivet

Il devait être présenté l'été dernier, puis ensuite on nous a dit que ce sera Noël. C'est sûr, sûr, avant la fin 2023, on aura le texte. On est en printemps, hein, bientôt ?

8:33
Invité

Écoutez, je vais vous dire très franchement, ce n'est pas moi qui l'écris, c'est le gouvernement qui est à la plume sur ce texte. C'est important de prendre son temps, il y a ses consultations. Maintenant, moi je crois très clairement qu'il est temps. Et donc, il est temps que le Parlement se saisisse de ce sujet. Il est temps que le projet de loi soit présenté au Conseil des ministres, pour que les parlementaires puissent en délibérer. En tout cas, c'est ce que je vous souhaite.

9:00
Présentateur

C'est une délibération, enfin un débat très long.

9:02
Invité

Mais moi, je veux qu'on prenne le temps, pour qu'on prenne le temps.

9:06
Présentateur

Une année, deux années, c'est ce que vous avez dit.

9:08
Invité

Oui, parce qu'il ne faut pas être en procédure accélérée, il faut que chaque chambre puisse prendre le temps de réunir ce qu'on appelle une commission spéciale, qui va réunir un certain nombre de parlementaires, pour qu'ils puissent faire des auditions, qu'ils puissent réfléchir à l'évolution du texte, parce que la copie qui va être présentée par le gouvernement ne sera évidemment pas celle qui sera votée par les parlementaires. Les parlementaires vont faire leur travail. Et il faut qu'ils puissent le faire sereinement, calmement, respectueusement. Le temps est une condition d'un débat serein.

Mais moi, ce que je souhaite, c'est qu'à la fin de cette mandature, donc c'est avant 2027, nous ayons pu adopter une législation sur l'aide active à mourir en France. Il est temps, il est grand temps. Quelle est votre intime conviction à vous ? Eh bien, mon intime conviction, c'est qu'il faut aller plus loin. Jusqu'à l'euthanasie ? Il faut aller plus loin. Il faut donner à chaque Français, à chacun de nos concitoyens, la liberté de son choix, de la fin de vie. Moi, j'ai rencontré de nombreuses personnes qui me disent qu'aujourd'hui, ça ne va pas. Elles n'ont pas suffisamment accès aux soins palliatifs et parfois elles souhaiteraient avoir accès à une fin de vie autre.

Il faut que nous leur offrions ce choix. Mais vous, présidente de l'Assemblée nationale,

10:26
Yaël Braun-Pivet

vous êtes sur le modèle belge, le modèle suisse, on sait qu'il y a différents, sur le modèle de l'Oregon aux Etats-Unis ? Il y a effectivement beaucoup de modèles.

10:35
Invité

Moi, ce que je crois, c'est que là aussi, il faut que nous inventions notre modèle. Et notre modèle, il doit être issu de la délibération parlementaire. Et donc, c'est la raison pour laquelle je souhaite que l'on prenne le temps, mais qu'on agisse de façon résolue. Je ne me satisferai pas d'une fin de mandat sans que nous ayons un texte en la matière.

10:53
Présentateur

Le Parlement. Un article paru dans le JDD ce week-end était intitulé « La colère sourde du Parlement » et il faisait état de l'agacement dans les couloirs de l'Assemblée nationale en raison de l'absence d'agenda clair. « C'est le flou absolu », disait un élu Renaissance avec d'autres à Politico. « Les députés sont dans le brouillard car le gouvernement n'a toujours pas décidé des prochains textes qui seront examinés à l'Assemblée avant l'été. Est-ce que vous demandez au gouvernement de se dépêcher, de faire des arbitrages ? Est-ce que vous ne commencez pas à vous ennuyer à l'Assemblée ? »

11:28
Invité

On ne s'ennuie jamais à l'Assemblée parce qu'on a toujours beaucoup de travail, soit en législation, nous étions encore hier dans l'hémicycle et nous y serons tout à l'heure, soit parce que nous avons une action de contrôle du gouvernement et d'évaluation des politiques publiques. Donc les parlementaires sont toujours occupés et quand nous ne travaillons pas à l'Assemblée nationale, nous sommes sur le terrain à la rencontre des Français. J'étais vendredi dernier dans la Manche. Vous leur garantis qu'on ne s'ennuie pas.

11:51
Yaël Braun-Pivet

Vous l'entendez, la petite gronde des députés, toutes familles politiques dont la vôtre qui disent...

11:55
Invité

Et je l'ai exprimé moi-même au Premier ministre.

11:57
Yaël Braun-Pivet

Oui, qui disent qu'il y en a marre de ne pas avoir de texte à l'agenda.

12:00
Invité

Mais vous savez, on a besoin d'un calendrier de travail parce qu'on a besoin de pouvoir anticiper les sujets pour pouvoir justement consulter les Français, rencontrer les associations, les entreprises, faire des auditions, travailler nos amendements. Et donc, pour faire du travail parlementaire, nous avons besoin de pouvoir l'anticiper. Donc nous avons un agenda qui va courir jusqu'au mois de mai. Nous attendons la suite pour justement pouvoir avoir notre calendrier jusqu'à l'été. Mais de toute façon, nous savons que nous aurons la loi sur l'orientation agricole. Nous savons, et je l'espère, que nous aurons la loi sur la fin de vie. Je pense que nous aurons une loi sur la simplification.

Ce sont des lois qui ont été annoncées par le Premier ministre, confirmées dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale. Donc elles devraient être examinées avant l'été.

12:50
Présentateur

La quête est la plus prioritaire selon vous ? La plus prioritaire aujourd'hui. Sommet de la pile.

12:55
Invité

Sommet de la pile, la loi d'orientation agricole.

12:57
Yaël Braun-Pivet

Vous avez souhaité, avec Gérard Larcher, renforcer les pouvoirs du Parlement. Lundi, vous vous êtes dit favorable à une forte dose de proportionnel au législatif. Pour ça, il faut changer la Constitution. On peut mettre de la proportionnelle ?

13:10
Invité

En fait, la proportionnelle, il suffit d'une loi ordinaire. Donc une loi simple. Nous n'avons pas besoin de modifier la Constitution.

13:17
Yaël Braun-Pivet

Alors du coup, ça va aller plus vite. Ma question va aller plus vite. C'était une des promesses d'Emmanuel Macron. Ça fait 7 ans qu'il promet une réforme. Des institutions, ça, il faut un changement de la Constitution. Mais enfin, si vous dites que par une simple loi organique, on peut instaurer... Loi ordinaire. L'ordinaire, on peut instaurer de la proportionnelle. Pourquoi il ne le fait pas ? Il l'a exprimé à plusieurs reprises qu'il le souhaitait.

13:39
Invité

Après, les conditions politiques n'ont jamais été réunies à l'Assemblée nationale pour réaliser la réforme institutionnelle qui était prévue par le Président de la République en 2017, dont on a parlé, qui a été mise à l'ordre du jour à l'Assemblée en 2018. Mais cette réforme et la vision du Président de la République étaient une vision globale avec le volet et le mode d'élection des députés proportionnel. Il y avait le non-cumul dans le temps, rappelez-vous. Mais c'est ce que j'allais vous dire, c'est l'autre question qui arrive. Je préempte. Et puis, il y avait des sujets sur la Cour de Justice de la République, etc. C'était une réforme globale. D'accord, mais sur la proportionnelle...

Moi, je crois que sur la proportionnelle, il faut que nous avancions. Parce qu'aujourd'hui, moi, je suis à la tête d'une Assemblée qui représente pleinement tous les courants politiques qui existent dans notre pays. Et je pense que c'est très sain que l'Assemblée nationale... Mais alors pourquoi avoir besoin de proportionnelle ?

14:30
Yaël Braun-Pivet

Parce que c'est... Que vous dites vous-même qu'elle est représentative en général. On met de la proportionnelle parce que l'Assemblée, il n'y a que deux grands partis et que les autres sensibilités ne sont pas représentées. C'est vrai que dans l'Assemblée, aujourd'hui, elle est plutôt représentative.

14:43
Invité

Elle est plutôt représentative et d'aucuns disent que c'est cette Assemblée qui résulterait d'un scrutin proportionnel. Donc moi, ce que je voudrais, c'est finalement inscrire cela dans le temps, faire en sorte que durablement, l'Assemblée nationale soit plus représentative des Français. Eh bien, je n'ai pas encore abordé ce sujet récemment avec lui. Mais moi, je ne doute pas que le Président de la République souhaite toujours ce scrutin proportionnel qui figurait dans son programme présidentiel en 2017.

15:11
Yaël Braun-Pivet

Cumul des mandats, vous l'avez préempté la question, Yael Broun-Pivet. Sur le cumul des mandats, il y a des députés de votre majorité, notamment des députés Horizon, d'Edouard Philippe, qui veulent le retour du cumul des mandats. Vous ?

15:25
Invité

Moi, je suis très opposée au retour au cumul des mandats. Je pense qu'il ne faut pas permettre aux parlementaires de cumuler avec un mandat exécutif. On parle bien de cela. Aujourd'hui, moi, j'ai 50% de parlementaires qui exercent un mandat local, conseiller municipal. Je suis moi-même conseillère municipale, conseiller départemental, conseiller régional. Ils ont des permanences parlementaires, donc ils ont un lien accru avec le terrain. C'est ça qui compte. Et moi, je ne souhaite pas le retour au cumul des mandats.

15:52
Présentateur

Un mot sur ce qui s'est passé mercredi dernier lors des questions au gouvernement. La ministre Sabrina Agresti-Roubache, qui devait prendre la parole, s'est absentée, pour téléphoner à son cabinet. C'est ce qu'elle a dit. Vous avez formulé un rappel à l'ordre. Je vous remercie d'indiquer à chaque ministre qu'il faudrait vraiment qu'il réponde aux questions que lui pose le Parlement. C'est ce que vous avez dit à Marie Lebec, ministre chargée des Relations avec le Parlement. C'est un détail ou le signe d'un agacement quant à la manière dont le gouvernement traite l'Assemblée nationale ?

16:24
Invité

Alors, c'est tout sauf un détail. Parce que dans une démocratie, il faut, et c'est Montesquieu, il faut qu'un pouvoir arrête un autre pouvoir. Et donc, la séance de questions au gouvernement, ça n'est pas une séance de questions anecdotique. C'est l'expression très claire du fait que le gouvernement est responsable devant le Parlement et singulièrement l'Assemblée nationale.

16:46
Yaël Braun-Pivet

Donc, vous n'avez pas aimé qu'elle sorte au moment d'une question, c'est ça ?

16:49
Invité

Non, ce que je n'ai pas aimé, c'est que le gouvernement ne réponde pas précisément aux questions qui lui sont posées par les parlementaires. Et c'est un sujet qui revient souvent. Et je suis heureuse de voir qu'hier, aux questions au gouvernement, les réponses étaient très complètes.

17:05
Yaël Braun-Pivet

Pourquoi ils ne répondent pas de manière récurrente, comme vous dites ? C'est vous qui le dites ? C'est moi qui le dis, mais parce que les présidents de groupe le disent ? C'est un défaut de compétence sur le sujet ou sur la question posée ?

17:16
Invité

Non, pas du tout, mais c'est parfois difficile. Vous savez, les questions peuvent être extrêmement précises sur un sujet. On n'est pas au courant des questions qui vont être posées à l'avance. Donc, le ministre peut se retrouver surpris. Après, il est aussi parfois hors de son champ de compétence. Vous voyez, on n'a pas l'ensemble du gouvernement au banc lors des questions au gouvernement. Donc, des ministres prennent des questions qui ne ressortent pas nécessairement de leur champ de compétence. Mais en tout cas, ce qui est important, et le Premier ministre, il sera très attentif, on en a reparlé, à ce que le gouvernement réponde au Parlement. C'est une obligation constitutionnelle.

Et mon rôle en tant que présidente de l'Assemblée nationale, c'est de faire respecter notre constitution. C'est notre règle commune.

18:02
Présentateur

Allez, on passe au standard d'Inter. Bonjour Laurent.

18:05
Locuteur non identifié

Bonjour, bonjour Nicolas, bonjour messieurs-dames. Donc, je vais remondir sur ce que m'a dit Mme Braun-Pivet sur la réforme des institutions. Peut-être qu'à court terme, la priorité, c'est les questions agricoles. Mais je pense que depuis au moins deux mandats présidentiels et à long terme, ce qui tracasse les Français, ce qui crée notre situation un petit peu de chaudron permanent, c'est le non-respect de la parole politique. Que ce soit au niveau local ou au niveau national, les paroles s'en vont, les écrits restent.

Donc la question que moi je me pose, est-ce que pour responsabiliser les hommes politiques, quel que soit le niveau législatif ou exécutif, est-ce qu'il ne faudrait pas que les programmes politiques soient considérés comme des contrats, c'est-à-dire pas seulement des catalogues de promesses, parfois non réalisables, d'après les diagnostics, comme un contrat, c'est-à-dire des objectifs chiffrés, des engagements avec validation, validation éventuellement des autorités de la préfecture ou alors de la cour des comptes, parce que si vous observez dans votre région, je ne dis pas à tous les auditeurs, la cour régionale des comptes, vous allez voir la liste des élus locaux qui ont des poursuites pour non-respect de la loi ou des procédures.

Et s'il n'y a pas des fonctionnaires territoriaux qui, de temps en temps, balancent l'information, ça passe à l'as.

19:42
Présentateur

Bien compris Laurent, merci pour cette intervention. Yael Broun-Pivet vous répond rapidement.

19:46
Invité

Bonjour Monsieur, c'est le B.A.B. de la politique. Vous savez, lorsque l'on s'engage en politique, c'est pour faire quelque chose et la moindre des choses, c'est de faire ce pour quoi on s'est engagé. Donc évidemment, les hommes et les femmes politiques doivent rendre des comptes sur les promesses qu'ils ont réalisées et sur les promesses qu'ils ont tenues et quand elles n'ont pas été tenues, sur le pourquoi elles n'ont pas pu être tenues. Mais l'homme et la femme politique aujourd'hui doivent être responsables devant ces électeurs.

20:14
Yaël Braun-Pivet

Les questions internationales, Yael Broun-Pivet, on va venir au Proche-Orient dans un instant. Mais d'abord, hier à Prague, Emmanuel Macron a jugé nécessaire de bousculer les alliés de l'Ukraine, je le cite, qu'il a exhorté à ne pas être lâche face à une Russie inarrêtable. Les propos de Macron sur les lâches qui n'aident pas Kiev ne vont pas à estimer le ministre allemand de la Défense. Question simple, est-ce qu'il y a une crise sur l'Ukraine entre Paris et Berlin ?

20:39
Invité

Il n'y a pas de crise, il y a des échanges nourris, il y a surtout un besoin soutenu d'aide à l'Ukraine aujourd'hui. On voit qu'on est dans une situation très compliquée. Les Etats-Unis, aujourd'hui, ont une aide de 60 milliards qui est suspendue. Moi-même, avec mes homologues européens à la demande de Ruslan Stéphane-Chouk, le président de la Rada ukrainienne, nous avons écrit à notre homologue du Congrès pour qu'il aide à débloquer cette aide. Les Européens soutiennent massivement l'Ukraine. Qu'il y ait des discussions, des échanges, etc., c'est normal. Mais en revanche, il faut impérativement...

21:16
Yaël Braun-Pivet

C'est Emmanuel Macron, depuis trois semaines, chaque déclaration de chancellerie est tendue vis-à-vis soit de l'Allemagne, soit de la France. Vous l'avez noté.

21:26
Invité

Je l'ai noté, mais elle ne touche pas à l'essentiel. Elle ne touche pas à l'essentiel, ce soutien à l'Ukraine, le soutien financier massif à l'Ukraine que nous devons réaliser, le soutien humain, le soutien en armement, le soutien diplomatique, la parole très ferme vis-à-vis de la Russie. Donc pas de crise entre Paris et Berlin. Et donc pas de crise, mais en revanche, une envie commune et un besoin impérieux de soutenir l'Ukraine. Le Proche-Orient.

21:47
Présentateur

Oui, question de Jérôme sur l'application d'Inter. Le 7 octobre, le Hamas a commis des exactions. Cela ne fait pas débat. En réponse, il est établi qu'Israël a commis des exactions. Apportez-vous toujours votre soutien sans réserve à Israël ?

22:03
Invité

Alors, vous savez, il y a des moments comme ça, quand on fait de la politique, où de façon continue, il y a des phrases qui vous reviennent. Je vous rappelle que lorsque j'ai apporté mon soutien inconditionnel à Israël, et je le maintiens, à ce moment-là, Israël n'avait pas riposté, et ça n'a jamais, et je n'ai jamais prononcé le mot de soutien inconditionnel au gouvernement de Netanyahou. C'était un soutien inconditionnel à l'État d'Israël, dans la souffrance qu'il venait de subir. Et cela, je le maintiens aujourd'hui. Maintenant, la situation a considérablement évolué avec l'offensive militaire d'Israël sur Gaza, et ce que nous voyons aujourd'hui est absolument dramatique et tragique.

Et donc, il faut que cela cesse, il faut que nous arrivions, et c'était l'objet de mes discussions encore récentes avec l'émir du Qatar que j'ai reçu à l'Assemblée nationale, il faut que nous parvenions à un cessez-le-feu, il faut que nous parvenions à faire obtenir la libération des otages, et il faut que nous fassions rentrer de façon urgente davantage d'aide humanitaire sur Gaza, parce que la situation est absolument dramatique et insoutenable.

23:14
Yaël Braun-Pivet

Il y a une semaine sur CBS, Benyamin Netanyahou promettait de lancer une offensive sur Rafa, même en cas de trêve. Cette offensive ne serait que retardée si une trêve était conclue le temps du Ramadan, expliquant que l'objectif est toujours le même pour le gouvernement israélien, détruire le Hamas, et que tant que le Hamas ne sera pas détruit, on continue.

23:32
Invité

Je comprends l'objectif de destruction du Hamas, qui est une organisation terroriste, et nous devrions évidemment avoir tous en commun cet objectif d'anéantir de notre planète le terrorisme. Maintenant, on voit à quel point les dégâts sur les populations civiles sont absolument incommensurables, et donc il faut que nous parvenions maintenant à se cesser le feu, et à une solution de paix négociée, et j'espère que la France, et j'en suis convaincue, prendra toute sa part en la matière.

24:01
Présentateur

Interrogé sur Radio-G ce dimanche au sujet de l'antisémitisme supposé de Jean-Luc Mélenchon, après notamment un tweet controversé à votre sujet, où il vous accusait de camper à Tel Aviv, le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, a déclaré, je réponds oui à votre question, Éric Dupond-Moretti a estimé que Jean-Luc Mélenchon s'exprime comme un antisémite. Employez-vous les mêmes mots ?

24:25
Invité

Moi, je n'emploie qu'un mot vis-à-vis de M. Jean-Luc Mélenchon, c'est le mépris. Ça ne m'intéresse pas de commenter ou de polémiquer avec ce triste haussier. Pourquoi le mépris ? Parce que je trouve que ses tweets sont méprisables. Je n'ai rien d'autre à dire.

24:41
Yaël Braun-Pivet

Mais c'est un élu de la République.

24:43
Invité

Il n'est plus élu. Il n'est pas élu de la République.

24:46
Yaël Braun-Pivet

Donc pour vous, c'est le mépris qui vous inspire ?

24:49
Invité

Oui, ça n'est que ça.

24:52
Yaël Braun-Pivet

Bien. Merci. Juste une réaction sur l'appli d'Inter de Pierrot. Vous êtes en route pour 2027, il y a Elbrun Pivet, c'est flagrant. C'est ça qu'il vous dit. Il écoute et il vous dit ça.

25:03
Invité

Il est gentil. Non, je suis en route pour l'Assemblée nationale où je vais recevoir dans quelques heures 25 présidentes d'Assemblée nationale du monde entier.

25:13
Yaël Braun-Pivet

Vous y pensez à 2027 ? Vous ne vous dites pas pourquoi pas moi, pourquoi pas une femme ?

25:16
Invité

Quand je pense à 2027, c'est que je me dis que j'aurais fini mon mandat de président de l'Assemblée et j'espère que j'aurai réussi à faire tout ce que je veux faire pour cette Assemblée nationale. Ouh là là, la langue de voix ! Pas du tout, ce n'est pas mon genre, vous me connaissez un peu.

25:29
Présentateur

Merci, Elbrun Pivet, présidente de l'Assemblée nationale. Jusqu'en 2027.

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