Depuis le Qatar, le Président Emmanuel Macron répond aux questions de la presse.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la démission du ministre de l'information libanais sera suffisante pour résoudre la crise ? Quels sujets avez-vous abordés avec Sheikh Tamim ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Avez-vous évoqué avec l'émir la possibilité que le Qatar représente les intérêts français en Afghanistan ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Où en est le contrôle du financement d'activités islamistes par des pays étrangers, notamment le Qatar ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Sur la Coupe du monde, la situation des travailleurs, vous en avez parlé avec l'émir ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Emmanuel MacronFait
« cette démission permet de relancer la possibilité d'échanges, de discussions, en particulier avec l'Arabie saoudite »
- 0:30Emmanuel MacronFait
« il faut absolument que la région aide aussi le Liban, et en particulier rouvre, sur le plan économique, les relations et permette à ce pays de fonctionner »
- 2:10Emmanuel MacronChiffre
« nous avons pu évacuer une centaine de Français et un peu moins de 400 Afghanes et Afghans »
- 2:30Emmanuel MacronChiffre
« la livraison de 40 tonnes de matériel humanitaire de haute qualité, en particulier pour l'Hôpital Mère-Enfant de Kaboul »
- 6:20Emmanuel MacronFait
« la France a passé il y a maintenant un peu plus d'un an, une loi qui réglemente beaucoup plus ces activités »
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Monsieur le Président, nous savons tous les efforts que vous déployez pour une médiation dans le dossier libanais. Est-ce que la démission du ministre de l'information, Georges Kordahi, sera suffisante pour résoudre cette crise ? Et quels sont les sujets que vous avez abordés avec Sheikh Tamim lors de vos discussions, ici, au Qatar ?
Bon, je vous remercie beaucoup. Je pense que cette démission permet de relancer la possibilité d'échanges, de discussions, en particulier avec l'Arabie saoudite, et je crois que le premier objectif doit être que le gouvernement libanais puisse fonctionner normalement, c'est-à-dire se réunir, travailler et avancer sur des réformes indispensables. La deuxième chose, c'est qu'il faut absolument que la région aide aussi le Liban, et en particulier rouvre, sur le plan économique, les relations et permette à ce pays de fonctionner.
C'est ce dont nous avons parlé hier soir avec l'émir et ce que je compte évoquer dans quelques heures, avec justement l'Arabie saoudite et le prince héritier. Deuxième grand élément de cette relation, c'est évidemment les questions d'évolution politique au Liban. Et ça, on aura aussi l'occasion de l'évoquer.
Mais au-delà de la gestion de court terme, c'est ce qui permettra au Liban de pouvoir avancer. Plus largement, nous avons hier, avec l'émir du Qatar, que je remercie pour son accueil, évoqué de nombreux sujets, sujets de coopération sur le plan humanitaire, on y reviendra sans doute, sur l'Afghanistan, et je tiens ici vraiment à remercier le Qatar pour le rôle qu'il joue depuis le début de cette crise, et qui a permis plusieurs opérations humanitaires d'importance. La deuxième chose, c'est que nous avons évoqué évidemment les sujets régionaux.
Le Liban en fait partie. Nous avons également évoqué l'évolution de la situation dans le Golfe et des relations de voisinage, et nous avons pu ensuite évoqué plusieurs sujets stratégiques bilatéraux parce que, comme vous le savez, la relation est forte. Voilà, les choses avancent.
Nous avons beaucoup de sujets de coopération bilatéraux régionaux. Je m'en félicite et je le remercie pour son accueil. Monsieur le Président, j'ai deux questions.
Une sur l'Afghanistan. Il y a eu une évacuation la nuit dernière d'un certain nombre d'Afghans et d'Afghanes. Est-ce que, dans vos entretiens avec l'émir, vous avez parlé de la possibilité que le Qatar représente les intérêts français en Afghanistan ?
Et la deuxième question porte sur le contrôle du financement d'activités islamistes par des pays étrangers. Vous aviez organisé en 2018 une conférence à Paris, NO MONEY FOR TERROR. Vous aviez souhaité qu'il n'y ait plus de financements par l'étranger du culte musulman en France.
Où en est-on de ce contrôle par le Qatar de ces activités de financements ? Et est-ce que vous êtes satisfait des efforts qui ont été faits par le Qatar dans ce domaine ? Alors, sur votre première question, je le redis, nous devons tous remercier le Qatar pour le travail qui a été fait dans un moment critique, où nos évacuations humanitaires, qui étaient les plus massives durant l'été, ont été stoppées par les évolutions sur l'aéroport militaire de Kaboul.
Depuis le 10 septembre dernier, les coopérations se sont intensifiées et plusieurs opérations ont été organisées, justement grâce au Qatar, qui nous ont permis l'opération finalisée le 2 décembre, qui a évacué onze Français, plusieurs dizaines de Néerlandais, et là aussi, de nombreuses Afghanes et Afghans, qui étaient en danger, compte-tenu de l'activité qui avait été la leur. Au total, grâce à cette voie ouverte par le Qatar depuis le 10 septembre dernier, nous avons pu évacuer une centaine de Français et un peu moins de 400 Afghanes et Afghans, ce qui est, comme vous le voyez, considérable et ce qui nous a permis de mettre en sécurité nos ressortissants, mais aussi des Afghanes et des Afghans qui risquaient pour leur vie, compte tenu de leur combat, et en particulier de leur coopération avec la France. Il y a une deuxième opération humanitaire qui a été conduite également en commun par le Qatar et la France, qui est la livraison de 40 tonnes de matériel humanitaire de haute qualité, en particulier pour l'Hôpital Mère-Enfant de Kaboul, qui est, là aussi, un engagement historique français.
Et donc ces opérations sont menées de manière conjointe. Nous allons continuer de mener de manière conjointe de telles opérations humanitaires. Par contre notre représentation, aujourd'hui, est faite depuis Paris par notre ambassadeur, mais nous réfléchissons d'abord à une organisation, comme vous le savez, à plusieurs pays européens.
Et donc notre approche va plutôt être dans des conditions qui restent encore à définir, mais en particulier en termes de sécurité. L'idée d'avoir un site commun à plusieurs Européens, où nos ambassadeurs ou chargés d'affaires pourront être présents, ce qui, je le rappelle, est une démarche qui est différente de celle de la reconnaissance politique et du dialogue politique avec les talibans, puisqu'il y a de nombreux pays où nous avons des représentations et des ambassadeurs, et que nous ne reconnaissons pas pour autant le système politique ou le régime. Mais c'est comme ça que nous approcherons les choses.
Sur les sujets de financement de l'islam, du financement de certaines activités et du financement d'activités, je dirais plus grises, celles que vous avez évoquées, que je distingue des activités terroristes, parce qu'on a vite fait de glisser de l'un à l'autre. Sur le financement du terrorisme international, nous avons une coopération qui est exemplaire avec tous les pays de la région, et sur laquelle nous avons mis beaucoup d'intensité depuis maintenant quatre ans, qui nous a permis en effet, vous l'avez rappelé, de lancer cette conférence, NO MONEY FOR TERROR, qui a ensuite donné lieu à une présidence australienne et qui, dans le cadre de l'OCDE, avec l'implication du FMI et de plusieurs autres, a permis d'avoir un cadre international, d'améliorer les choses. Néanmoins, il nous reste encore beaucoup de travail.
Je ne considère absolument pas que nous ayons un système parfait, loin de là, car on le voit bien aujourd'hui, le terrorisme, au-delà des grands mouvements financiers internationaux, de ce qui passait par les mécanismes habituels jusqu'à récemment, utilise beaucoup la crypto- monnaie, utilise beaucoup les financements liés au trafic de drogue. Et donc les formes de délinquance internationale et les innovations technologiques internationales sont des défis pour nous dans cette lutte. Mais nous continuons ce travail multilatéral et le Qatar, comme les autres pays de la région, y est impliqué et coopère pleinement et absolument.
À côté de cela, le Qatar, comme d'autres pays, avait une tradition de financement, essentiellement par des fondations, des charities d'activité liées au religieux, et qui étaient culturelles et religieuses, ou religieuses. Comme vous le savez, la France a passé il y a maintenant un peu plus d'un an, une loi qui réglemente beaucoup plus ces activités. Nous avons aussi, depuis quatre ans, intensifié le dialogue.
Et donc ce que depuis 18 mois nous avons, je dirais, encore intensifié davantage et qui est en train de produire des résultats, c'est d'échanger des listes très claires et de faire la transparence sur tous les flux financiers, et très clairement, de cesser les flux financiers qui sont contraires, maintenant, à la loi française, en vertu de laquelle nous souhaitons qu'il puisse y avoir véritablement une indépendance des structures et pas d'ingérences étrangère à travers le financement de l'islam. Et donc, je peux vous dire très clairement sur ce sujet que la coopération bilatérale s'est beaucoup améliorée et qu'à la fois les changements législatifs de la France, notre volonté d'être, à cet égard, beaucoup plus en maîtrise de la situation et de ne plus subir d'ingérence, et la volonté du Qatar aussi d'être plus transparent avec ses partenaires, produisent des résultats tangibles. Est-ce qu'il y a d'autres questions ?
Sur l'Afghanistan, [INAUDIBLE], à court terme, on aura de nouveau une représentation diplomatique. Nous aurons une représentation diplomatique dès qu'on peut l'ouvrir, Monsieur le Ministre. On a identifié le créneau, mais je pense que l'idée, c'est d'aller assez vite maintenant.
Il faut attendre la suite des discussions avec l'Union européenne. Comme vous le disiez, on essaye de faire en sorte qu'il y ait un pôle commun qui... [INAUDIBLE] Les Allemands avaient fait un gros investissement sur ce dossier, donc on est en train d'identifier le site qui irait.
Sur la Coupe du monde, la situation des travailleurs, vous en avez parlé avec l'émir ? Sur ce sujet, nous savons quels sont les standards de la région, qui ne sont pas les nôtres. Je crois que c'est un sujet qui n'est pas à mésestimer par le Qatar, et nous en avons parlé avec l'émir.
Depuis maintenant 2018, il y a une coopération qui s'est établie avec l'Organisation internationale du travail et donc je me félicite que cet événement soit l'occasion, justement, d'améliorer les standards de la région, de créer un dialogue qui n'existait pas avec l'organisation internationale, qui a conduit à passer des réformes et faire avancer les choses dans la bonne direction. Et donc sur ce sujet, je considère que c'est à l'OIT et par ce dialogue qu'on doit faire avancer les choses. On a parlé des éléments, aussi, sportifs et organisationnels, et sécuritaires où il y a là aussi une coopération avec avec la France qui, je crois, est tout à fait efficace et appréciée.
Voilà, on continue donc.
Emmanuel Macron