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interviewRadio J — L'interview politique· 13 mai 2024 13 min

Pieyre-Alexandre Anglade - Le Barbier du matin du 13/05/24

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Pierre-Alexandre Anglade, bonjour. Bonjour. Et bienvenue, vous dirigez donc la campagne de Valérie Ayet, vous êtes aussi député, vous représentez les Français de l'étranger, les Français du Benelux. Hier, Valérie Ayet a connu une mésaventure, elle a été piégée par des militants d'ultra-droite, néo-naziques. Comment ça s'est passé exactement ?

0:22
Pieyre-Alexandre Anglade

Ça s'est passé comme souvent avec l'extrême-droite, c'est-à-dire que Valérie Ayet, qui se promenait dans les rues de Paris un dimanche après-midi tranquillement, était interpellée par quatre individus qui lui ont réclamé une photo. Elle n'a pas vu ce qui était inscrit sur leurs vêtements. Elle a, comme à chaque fois, accepté de faire la photo. Ils ont ensuite publié cette photo sur les réseaux sociaux, qui ont commencé à tourner sur des réseaux d'extrême-droite. Donc au fond, ce sont les manœuvres indignes de l'extrême-droite, des néo-nazis, de toutes celles et ceux qui aujourd'hui prospèrent dans notre pays.

On a vu des manifestations il y a 48 heures en France qu'on ne pensait plus voir dans notre pays.

0:59
Présentateur

Cette manifestation était interdite par la préfecture, elle a été rétablie par la justice, vous le déplorez ?

1:04
Pieyre-Alexandre Anglade

Oui, je le déplore, je le déplore, parce que les défilés d'extrême-droite n'ont rien à faire dans les rues de France. Il y a déjà suffisamment de troubles et de tensions dans notre pays en ce moment pour qu'on s'ajoute des difficultés supplémentaires avec l'extrême-droite la plus rance et la plus abjecte qui soit. On le voit aussi en Italie, on le voit dans plusieurs pays européens. Donc il y a une lame de fond nationaliste, identitaire, populiste, extrêmement inquiétante en France et en Europe. Et donc il faut la combattre de toutes nos forces.

1:27
Présentateur

Ce qui était inscrit sur l'un des vêtements portés par ces gens, c'était The White Race, la race blanche. Certains sur les réseaux sociaux disent que ça se voyait quand même. Est-ce que la candidate a été naïve ?

1:37
Pieyre-Alexandre Anglade

Vous savez, Christophe Barbier, vous êtes une personnalité publique, les responsables politiques le sont aussi. Nous sommes régulièrement arrêtés dans la rue par des personnes que nous ne connaissons pas. Nous acceptons de prendre des photos par bien séance et par gentillesse et par ouverture. On ne regarde pas toujours ce qui est inscrit sur les vêtements des uns et des autres. Elle n'a pas vu. Elle s'est faite piégée. Et derrière, l'extrême-droite a essayé d'instrumentaliser cette photo. Et donc il faut plutôt défendre Valérie Ayer et s'indigner des méthodes de l'extrême-droite plutôt que d'essayer de faire une mauvaise polémique sur les tenues de ces personnes.

2:09
Présentateur

Est-ce que vous pensez que les oppositions à Valérie Ayer, ses concurrents vont exploiter cela ? Ou est-ce que vous avez réussi à endiguer cela ?

2:15
Pieyre-Alexandre Anglade

En tout cas, ce que je sais, c'est que dans l'ensemble des familles politiques françaises, cela est arrivé à beaucoup de personnalités. Ce n'est pas la première fois que quelqu'un se fait prendre en photo avec des personnes peu fréquentables. Et c'est le peu de le dire, en l'occurrence, ce sont des néo-nazis. Et donc je ne crois pas que les autres le feront. En tout cas, s'ils le feraient, ce ne serait pas extrêmement malin parce que ça peut arriver à beaucoup de monde.

2:35
Présentateur

On a tout fait pour essayer d'endiguer ce retour de l'ultra-droite néo-nazis, des dissolutions de groupes, des interdictions de manifestations. On a l'impression que c'est vain. Qu'est-ce qu'il faut faire ?

2:44
Pieyre-Alexandre Anglade

Il faut continuer. Il faut continuer à dissoudre à chaque fois qu'un groupuscule menace l'ordre public. Ça a été le cas de manière régulière depuis 2017, notamment sous l'impulsion et encore plus récemment sous l'impulsion de Gérald Darmanin. Donc il faut continuer à les dissoudre, à les combattre, à mener un travail de renseignement parce que l'ultra-gauche menace le pays. On le voit régulièrement. Mais l'ultra-droite est de plus en plus présente avec parfois des projets dangereux pour la société. Donc il faut continuer à les traquer et à les dissoudre à chaque fois que c'est possible.

3:12
Présentateur

L'autre polémique du week-end, c'était autour de l'Eurovision. LFI, la gauche radicale demandant l'exclusion de la candidate israélienne. Comment vous avez interprété cette manœuvre de la gauche radicale ?

3:23
Pieyre-Alexandre Anglade

Moi d'abord, je voudrais dire que j'étais profondément choqué par ce qui s'est passé ce week-end à Malmö. La manière dont Eden Golan a été traité est profondément indigne et je crois devrait heurter la conscience et la sensibilité de chacune et chacun d'entre nous. parce que derrière les attaques contre Eden Golan, il y a d'abord et avant tout la haine d'Israël et derrière la haine d'Israël, la haine des Juifs. Et cette ferveur étrange à laquelle on a assisté à Malmö ce week-end, c'est cette même ferveur que l'on retrouve dans les campus américains, que l'on retrouve à Sciences Po et je trouve cela extrêmement inquiétant.

Et donc moi je condamne ce qui s'est passé autour d'Eden Golan et je lui apporte évidemment tout mon soutien et je m'inquiète de cette ferveur étrange qui habite le monde et qu'on ne retrouve pas pour d'autres conflits de la planète. Vous voyez, moi je ne vois pas les mêmes mouvements pour les Ouïghours, pour les Ukrainiens qui sont martyrisés, par les Russes, par l'Arménie. Et donc il y a quelque chose de bien étrange derrière tout cela et je pense qu'il faut le dire, c'est quelque chose d'étrange, c'est la haine des Juifs, c'est la haine d'Israël.

4:21
Présentateur

Le vote du public a propulsé de la 12e à la 5e place la candidate israélienne. Peut-être que les opinions profondes ne se trompent pas ?

4:30
Pieyre-Alexandre Anglade

Non, les opinions ne se trompent pas, mais il y a quand même une lame de fond et un mouvement qu'on ne peut pas ignorer dans nos sociétés. Ce que je vous disais, des Etats-Unis jusqu'en France. Et cela est extrêmement inquiétant parce qu'ils sont soutenus par des formations politiques. Vous évoquiez la France insoumise qui porte une très lourde responsabilité dans notre pays, dans ce regain d'ancisémitisme auquel nous assistons depuis les attentats effroyables du 7 octobre dernier. Et moi je trouve que les déclarations qui ont été celles encore des responsables insoumis ces derniers jours sont profondément indignes.

Mais ils sont au fond indignes depuis le 7 octobre quand ils ont qualifié les attaques barbares perpétrées par le Hamas d'actes de résistance. Cela n'a rien à voir avec de la résistance et du terrorisme pur et dur dans tout ce qu'il y a de plus athlète.

5:11
Présentateur

L'offensive de l'armée israélienne se poursuit à Rafa. La France, les Etats-Unis continuent à faire pression pour qu'elle s'arrête. Vous êtes solidaire de cette position du gouvernement ? Vous pensez que c'est ce qu'il faut tenir comme position ?

5:23
Pieyre-Alexandre Anglade

Je crois d'abord qu'il faut toujours réaffirmer le soutien défectible à Israël et son droit absolu à se défendre. Parce qu'il ne faut pas oublier d'où partent les opérations menées par Tzahal que nous connaissons depuis maintenant 6 mois. Cela part depuis l'attentat terroriste vraisemblablement le plus effroyable qu'un pays ait eu à connaître depuis de très nombreuses années, à savoir les attentats perpétrés par le Hamas. Depuis lors, Israël a le droit de se défendre. Mais Israël doit évidemment toujours le faire dans le respect du droit international.

Et moi, ce que je souhaite, en ligne avec la position constante de la diplomatie française, c'est que nous arrivions à un cessez-le-feu qui soit durable pour permettre l'apaisement et puis pour permettre l'acréminement de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza. Parce que nous voyons bien que la situation devient là aussi intenable. Et donc l'opération de RAFA, avec tout ce qu'elle emporte de dangers, de déplacements de populations, est évidemment à proscrire, à éviter. Dans 4 semaines, nous aurons voté

6:14
Présentateur

pour les élections européennes. Ce sera le 9 juin. Quand vous regardez l'état des sondages, quel est votre but aujourd'hui ? Vous continuez à penser pouvoir rattraper

6:22
Pieyre-Alexandre Anglade

le Rassemblement national ? Nous, nous voulons faire le score le plus élevé possible. Parce qu'au fond, ce qui se joue le 9 juin prochain, ce n'est pas forcément l'avenir du gouvernement ou de la majorité comme Jordan Bardella le souhaiterait. Ce penseur déjà Premier ministre à la place du Premier ministre. Ce qui se joue, c'est au fond, de savoir ce que nous allons choisir comme Europe pour les 5, 10, 15 prochaines années. À un moment donné, où les défis qui sont devant nous sont des défis globaux, extrêmement importants et qui exigent une réponse unie, soudée à 27.

Et donc nous, nous voulons faire le score le plus haut possible pour pouvoir porter cette volonté d'Europe puissance incarnée par le président de la République depuis 2017. Et depuis 2017, la France change l'Europe. Et donc nous voulons aller plus loin, plus fort sur ce sujet. Et c'est ça qui est en jeu. Au fond, ce n'est pas de savoir si le Rassemblement national ou qui que ce soit sera devant ou très loin devant. C'est un signe quand même de colère des Français, d'angoisse, d'inquiétude. Oui, mais on a besoin d'avoir la liste pro-européenne que nous sommes qui soit le plus haut possible parce que c'est d'avoir la capacité à continuer à transformer l'Europe.

C'est la place de la France aussi qui se joue dans cette élection parce qu'évidemment, Emmanuel Macron est le leader politique de l'Europe. Mais cette liste qu'il soutient a besoin de faire le meilleur score possible s'il veut continuer à impulser en Europe et être le leader politique qu'il est aujourd'hui. Donc c'est tout ça qui se joue.

7:38
Présentateur

Être dépassé par la liste Glucksmann, ça ne vous inquiète pas qu'une espèce de gauche non-mélenchoniste qui se regrouperait ?

7:43
Pieyre-Alexandre Anglade

Moi, je pense qu'il y a un malentendu sur ce qu'est la liste Glucksmann. Moi, je considère que la liste Glucksmann est une liste d'insincérité parce qu'en réalité, derrière les grands discours européens de Raphaël Glucksmann, à chaque fois qu'il a fallu voter les textes importants de la législature au Parlement européen, les textes un petit peu structurants, M. Glucksmann a calé. Que ce soit sur le pacte asile et immigration, que ce soit sur le plan de relance qui est venu soutenir nos artisans, nos commerçants, nos TPE, nos PME, nos agriculteurs, il ne l'a pas voté. Le renforcement d'Europol, la loi climat, tous les grands textes du mandat, il ne les a pas votés.

Et par ailleurs, sa liste, vous me dites une liste non-mélenchoniste, mais sa liste, elle est peuplée d'apparatiques de la NUPES, d'hommes et de femmes qui, au printemps 2022, au moment des législatives, sont venus faire le pied de grue devant le QG de Jean-Luc Mélenchon pour obtenir une place aux législatives. Et donc, en 2022, ils étaient Mélenchon parce que c'était à la mode, mais Mélenchon était déjà celui qu'on connaît aujourd'hui, puis aujourd'hui, ils le sont un petit peu moins parce que Mélenchon serait devenu infréquentable. Je pense qu'il ne faut pas être dupe de ce qu'est cette liste. Moi, je considère que c'est la liste de l'insincérité.

8:39
Présentateur

Dans ce combat pour la campagne européenne, le débat Attal-Bardella, attendu pour le 23 mai, peut-vous être utile ? Ou ça va au contraire nationaliser encore le scrutin ?

8:49
Pieyre-Alexandre Anglade

Non, non, moi je souhaite que le Premier ministre s'engage avec le plus de force possible dans la campagne parce que c'est d'abord le chef de la majorité, la majorité la plus européenne de la Ve République et donc c'est son rôle aussi de mener campagne et de mener la bataille et il le fait. Il sera d'ailleurs ce soir en réunion publique à Lyon avec Valérie Ayet et moi je considère que Gabriel Attal est un atout dans cette campagne et donc on a besoin aussi d'avoir le chef du gouvernement qui va mener le combat, le combat contre Jordan Bardella, contre le Rassemblement National, contre son projet d'effacement et de délitement de l'Union Européenne.

9:22
Présentateur

Un débat, Macron-Le Pen a été envisagé, l'Elysée disait tiens pourquoi pas ? Puis Marine Le Pen a répondu hier, elle a dit elle veut bien mais après le 9 juin.

9:29
Pieyre-Alexandre Anglade

Oui, peut-être qu'elle est embêtée sur les sujets européens et qu'elle souhaite repousser les chances. Écoutez, je ne sais pas, je laisserai le chef de l'État et sa concurrente le décider le moment venu s'ils souhaitent le faire en tout état de cause. Emmanuel Macron est celui qui a remis l'Europe au cœur du débat politique national, celui qui a refait de l'Europe un enjeu prégnant de notre vie politique, celui qui transforme l'Europe depuis 2017 et je sais qu'il a encore beaucoup de choses à dire aux Françaises et aux Français sur le sujet européen.

9:55
Présentateur

Ce qui se passe en Ukraine avec une armée russe qui avance, ça va jouer aussi dans la campagne ?

10:01
Pieyre-Alexandre Anglade

Ça nous démontre que toutes celles et ceux qui nous avaient dit que l'armée russe en avait pu sous le pied se sont trompés et qu'en réalité, chacune des secondes que nous perdons à débattre si oui ou non nous devons fournir des armes à l'Ukraine offre à Vladimir Poutine un répit pour reconstituer ses forces et ensuite mener la contre-offensive. Et donc toutes celles et ceux qui au fond plaident pour une forme de cesser le feu en Ukraine en nous disant que Vladimir Poutine bien s'arrêterait là, ce qui se passe aujourd'hui autour de Kharkiv nous montre que c'est exactement l'inverne.

Vladimir Poutine ne s'arrêtera pas là, il va poursuivre son offensive et Vladimir Poutine est une menace pour la sécurité de tous les Européens et tous les Européens doivent continuer les livraisons d'armes, les augmenter, les accélérer pour défaire le tir en russe.

10:41
Présentateur

Livraison d'armes, voire plus, dit le Président, en voie de troupes s'il le faut, dit-il toujours.

10:45
Pieyre-Alexandre Anglade

Moi je considère que le Président de la République a raison de réintroduire une forme d'ambiguïté dans le débat ukrainien puisque depuis deux ans nous avions fixé nos lignes rouges et à chaque fois Vladimir Poutine les a dépassés sans que rien ne se passe. Et donc je pense que c'est nécessaire de dire à celui qui n'exclue rien que nous n'excluons rien, nous non plus, et dans ce contexte-là, dire que tout est sur la table et que tout est envisageable et que nous ne laisserons pas l'Europe et l'Ukraine se laisser martyriser comme il l'entend.

11:07
Présentateur

Dans cette campagne, comme directeur de campagne, vous avez tapé du poing sur la table pour que les ministres et les parlementaires se mobilisent. Est-ce que c'est le cas ? Est-ce qu'ils ont répondu à l'appel ?

11:14
Pieyre-Alexandre Anglade

Oui, le Premier ministre, c'est d'abord le Premier ministre qui a battu le rappel il y a 15 jours dans ce qu'on appelle le comité politique de campagne. Et oui, les ministres étaient très largement, même quasiment tous, mobilisés ce week-end pour militer, tracter, organiser des réunions publiques autour du 9 mai qui est la dette de la fête de l'Europe. Nos parlementaires aussi. Vous savez, depuis le début de cette campagne. Et je le disais, le projet européen, c'est un pilier, un fondement de ce projet, de cette majorité politique qui s'est réunie autour d'Emmanuel Macron. Et donc maintenant, nous y allons tous au combat pour faire le meilleur score possible.

11:49
Présentateur

Cette majorité, elle retournera devant les urnes après les européennes ou à l'automne. Comme député, vous voyez venir une dissolution ?

11:56
Pieyre-Alexandre Anglade

Ça, je ne sais pas. Je ne sais pas dire ce que sera l'avenir. Certains la souhaitent.

12:00
Présentateur

Ils disent que ça va clarifier.

12:01
Pieyre-Alexandre Anglade

Oui, mais vous savez, moi, je me méfie de ce genre de débat parce que derrière, vous ne savez pas ce qui peut vous arriver. Alors certes, nous sommes dans une majorité relative, ce qui est parfois un peu inconfortable parce que vous devez essayer de construire avec des oppositions qui, elles, ne veulent pas construire. Mais en attendant, le pays, il avance. Et regardez aujourd'hui, c'est Tlouz France. C'est 15 milliards d'investissements qui vont venir dans le pays, qui vont créer des dizaines, des centaines d'emplois, des milliers d'emplois. On rouvre aujourd'hui en France plus d'usines que nous n'en fermons. On crée plus d'emplois industriels que nous n'en créions autrefois.

Et donc, la France, elle avance en dépit des difficultés politiques. Pierre-Alexandre Anglade, merci et bonne journée. Merci à vous. Merci beaucoup Christophe. On vous retrouvera demain matin à 7h45. Votre invité sera le président des Républicains, Éric Ciotti.