Séparatisme : Gérald Darmanin s'exprime - C à Vous - 17/02/2021
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteRéponse directe
Quelle est votre lecture de ce vote et souhaitiez-vous un consensus ?
- 0:57OuverteRéponse directe
Certaines dispositions ont-elles été votées contre votre avis ?
- 2:26OuverteRéponse directe
Sur Trappes, que peut résoudre votre loi face au témoignage de l'enseignant ?
- 4:05FerméeRéponse directe
Cet amendement était-il porté par LR ?
- 5:46OuverteRéponse directe
Un mot sur Trappes : distribuer des tracts politiques dans un lycée pose-t-il problème ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52Invité politiqueChiffre
« On a adopté plus de 200 amendements de la part de ceux qui n'étaient pas dans le cadre de la majorité. »
- 3:57Invité politiqueFait
« Un enseignant qui connaît des pressions communautaires, comme Samuel Paty en a connu, tu ne vas pas enseigner la liberté d'expression par les caricatures du prophète, demain ce sera pénalisé, ce qui n'était pas le cas hier. »
- 4:11Invité politiquePromesse
« J'y ai même rajouté avec le garde des Sceaux le fait que si vous êtes étranger, vous pouvez même expulser si vous êtes coupable de ce délit. »
- 4:49Invité politiqueFait
« Désormais d'impliquer la neutralité, c'est-à-dire l'absence totale de démonstration religieuse, comme l'officier d'État civil de la mairie est obligé de le faire. »
- 5:57Invité politiqueFait
« C'est tout à fait inacceptable. »
Temps de parole
- Gérald Darmanin71 %
- Présentateur21 %
- Invité7 %
≈ 4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Votre projet de loi contre le séparatisme confortant les principes républicains a été adopté très largement hier soir. Les députés de gauche et ceux du Rassemblement National se sont abstenus. LR et les Insoumis ont voté contre. Je voudrais savoir quelle est votre lecture de ce vote et aussi est-ce que vous auriez souhaité un début de consensus ou est-ce que vous êtes satisfait de voir vos adversaires embarrassés ou divisés ?
Non, parce qu'on est rentré dans ce débat parlementaire, en tout cas moi je suis rentré dans ce débat parlementaire à la demande du président de la République avec l'esprit de consensus. Mais c'est un texte très compliqué d'ailleurs. Moi je peux comprendre qu'il fasse apparaître un certain nombre d'interrogations. Il touche à la liberté d'association, à la liberté de culte, à la liberté de croyance, à l'ordre public. Et on ne touche pas à ces libertés facilement. Donc je peux comprendre les débats qui ont été longs et je crois qu'ils ont montré d'ailleurs que le gouvernement était très ouvert.
On a adopté plus de 200 amendements de la part de ceux qui n'étaient pas dans le cadre de la majorité.
Et certaines dispositions ont été votées contre votre avis ? Oui, c'est bien normal. Sur les associations sportives par exemple ?
Vous avez tout à fait raison. Mais moi j'ai été parlementaire et je trouve qu'il est bien normal que le pouvoir et le contre-pouvoir se complètent. Et le gouvernement n'a pas seul la raison. Et c'est bien légitime. Et il y aura le Sénat qui corrigera le texte. Et ce sera une très bonne chose. C'est quand même un des textes qui est mieux voté depuis le début du quinquennat. Donc d'abord je peux me réjouir sur un texte qui m'a prédit comme étant celui de la fissure de la majorité. Et finalement une sorte de...
Il y a eu une dizaine de députés à l'REM qui se sont abstenus et un voté contre.
Il y a eu un contre et une dizaine de mots sur 343 voix. Mais moi je respecte celui qui a voté contre et je respecte les abstentions. La France Insoumise est opposée. C'est vrai. Je le regrette parce que M. Corbière qui a été le député de la France Insoumise, orateur du texte, est un parlementaire de qualité. Je suis quasiment d'accord sur à peu près rien avec ce qu'il a dit.
Et pas les neuf autres.
Mais il a été très présent et c'est lui qui s'est exprimé. Donc je ne me permettrai pas de juger les autres. Mais je veux dire qu'on a eu un débat respectueux. Et je peux comprendre son opposition. On n'est pas d'accord. Mais en démocratie on a le droit de ne pas être d'accord. Les Républicains, moi je regrette qu'ils fassent un peu de politique politicienne de ce point de vue. Bon voilà. Je crois qu'il y a une discipline de vote. Beaucoup d'entre eux, il y en a quand même quelques-uns qui se sont abstenus. Vous l'aurez constaté, ont quand même dit que ça allait dans le bon sens. Ils se sont notamment opposés sur la question d'instruction à domicile.
Vous savez que c'est une question qui a traversé le pays. Moi je regrette qu'ils n'utilisent pas la belle phrase, vous le savez, de ce beau poète communiste. Fou celui qui fait le délicat au moment où les choses sont difficiles. Mais le Sénat sans doute permettra de corriger un certain nombre de postures.
Alors sur ce sujet du séparatisme, et pour revenir sur le terrain, l'exemple de Trappes dans les Yvelines, dans l'actualité, avec les déclarations publiques de Didier Le Maire, ce prof de lettres qui vient de décider de quitter l'enseignement. Voici un extrait de son témoignage il y a une semaine ici à Cétavou.
Mon combat c'est de protéger mes élèves justement contre cette emprise, de manière à ce qu'ils deviennent des Français comme les autres.
Ceux qu'ils ne le sont pas, vous le pensez aujourd'hui ?
Aujourd'hui ils ne le sont plus, parce que justement, comme je viens de l'expliquer, ils sont pris par cette idéologie, par une pratique identitaire de la religion qui les empêche même, je dirais, d'accéder à la liberté de conscience. Ils ne peuvent pas quitter leur religion, ils ne peuvent pas faire des choix, et ils n'en ont pas forcément conscience eux-mêmes.
En écoutant, je me suis demandé ce que votre loi pouvait résoudre dans ce que vient d'exposer cet enseignant.
D'abord la lutte contre la dérive sectaire de l'islam qui est l'islamisme, et qui n'est pas la religion, mais qui est une dérive des sectaires de cette religion, incarnée soit par le salafisme, soit par les frères musulmans, ce n'est pas une seule loi qui va la battre. Il faut rester extrêmement modeste sur ce point. Et cette loi va permettre un certain nombre de choses, par exemple, un enseignant qui connaît des pressions communautaires, comme Samuel Paty en a connu, tu ne vas pas enseigner la liberté d'expression par les caricatures du prophète, demain ce sera pénalisé, ce qui n'était pas le cas hier.
C'était un amendement porté par LR ?
Non, alors si je puis me permettre, c'était le texte de loi que nous avons proposé avec le garde des Sceaux, et j'y ai même rajouté avec le garde des Sceaux le fait que si vous êtes étranger, vous pouvez même expulser si vous êtes coupable de ce délit. Qu'importe d'où viennent les bonnes idées, mais en l'occurrence, ça répondra... Pardon ? En l'occurrence, elle venait de vous ? Elle venait du garde des Sceaux, si je veux rendre à César ce qui appartient à César. Ça, ça permettra de protéger les policiers.
Ça permettra de protéger le médecin qui, voulant soigner une femme, se fait menacer parce qu'il ne peut pas le faire, parce qu'on n'a pas le droit de toucher une femme, au nom de questions religieuses quand on est un homme. Il y a un délit qui est désormais prévu. Ça permettra dans les bus, dans les transports en commun, c'est parfois des foyers de communautarisme, désormais d'impliquer la neutralité, c'est-à-dire l'absence totale de démonstration religieuse, comme l'officier d'État civil de la mairie est obligé de le faire. Donc vous avez des armes dans ce texte de loi qui permet de lutter concrètement contre l'empire islamisé. Mais je veux dire que ça ne suffira pas.
Il y a les textes et il y a les têtes. D'abord, c'est très bien qu'on en prenne conscience sans être tout à fait montré du doigt tout de suite, en disant qu'on n'a pas le droit d'en parler. Et je voudrais dire aux citoyens de Trappes que moi, je comprends leur désarroi lorsqu'on met leur ville en avant comme ça. Et je ne suis jamais de ceux qui crient en disant « là, c'est communautarisé, là, ça ne l'est pas ». Moi, j'ai été maire de Tourcoing, j'aurais détesté qu'on dise de ma commune qui connaît ces difficultés, alors qu'il y a des citoyens courageux, des associations courageuses, des maires, des élus qui se bougent. Vous auriez réagi comme le maire de Trappes ?
Je ne sais pas si j'aurais réagi comme le maire de Trappes. En tout cas, j'aurais sans doute dit « attendez, oui, il y a des difficultés dans ma ville, mais toute ma ville n'est pas bon à jeter à la poubelle ». C'est tellement vrai qu'il faut sans doute 15, 20, 30 ans, 40 ans pour rétablir l'image d'une ville et que des images comme ça viennent casser l'envie d'aller y habiter, l'envie d'aller y entreprendre, l'envie d'aller y monter une association.
Et un mot sur Trappes, quand le maire de la ville vient distribuer des tracts de nature politique dans l'enceinte d'un lycée, d'un établissement scolaire, ça ne pose pas de problème au ministre de l'Intérieur ?
C'est tout à fait inacceptable. Et avec la ministre qui est en charge, les élus locaux, nous regardons quelles sanctions nous pouvons prendre parce qu'on n'a pas le droit de faire ça. On n'a pas le droit d'entrer dans un lieu sacré de neutralité. Alors aujourd'hui, la situation à Trappes est compliquée puisque vous savez que M. le maire a été, de ce que j'en ai compris pour l'instant, à valider. Alors il y a un recours, donc on verra bien ce qui se passera. Il ne s'agit pas de mettre de l'huile sur le feu. Moi, j'ai à la fois fait protéger, de façon policière, l'enseignant, et il a le droit de dire ce qu'il doit dire et il fait ce qu'il souhaite, cet enseignant.
Et je suis très heureux qu'il puisse s'exprimer. Je suis malheureux que ce soit la police de la République qui soit obligée de le protéger, mais enfin, il doit pouvoir s'exprimer. Il y en a qu'on dit pourquoi il s'est exprimé, il en a rajouté. Non, ce qu'il décrit existe et il faut accepter de l'entendre. Et puis quand le maire a été lui-même menacé, indépendamment des désaccords profonds que j'ai avec le maire de Trappes, évidemment, il a eu le droit à la protection de la police également. Je n'aurais pas à distribuer des tracts à l'intérieur de mon lycée ou de mon collège parce que je suis très sensible à l'idée qu'il y a un devoir de neutralité dans l'école publique.
Voilà, donc il faut éviter ce genre de comportement tout à fait excessif, me semble-t-il.
Gérald Darmanin