Gouvernement : à droite toute ? | Ça vous regarde - 20/09/2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 33 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:57OuverteRéponse partielle
Est-ce que l'ancien monde revient en force ? La droite réactionnaire est-elle de retour ?
- 6:15OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on assiste au retour de l'ancien monde ? Qu'est-ce qu'il raconte, cette nouvelle alliance entre les macronistes et la droite ?
- 7:26OuverteRéponse partielle
Pour bien comprendre, de quelle droite parle-t-on quand on parle de la droite Barnier ?
- 8:59OuverteRéponse directe
Les mots sont forts, on a entendu déni démocratie, forfaiture, il y a une manifestation à l'appel des syndicats ce week-end. Vous pensez que les Français peuvent comprendre le choix d'Emmanuel Macron, puis les ministres de Michel Barnier ?
- 12:57RelanceRéponse directe
Abus de pouvoir ?
- 14:36RelanceRéponse partielle
Pour vous, il faudrait qu'il s'en aille ? Qu'il n'aille pas au bout de son mandat ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:16InvitéFait
« La majorité sortante, elle a perdu cette élection. »
- 5:02InvitéFait
« Pourquoi y a-t-il eu une dissolution, si c'est pour avoir à peu près les mêmes, plus à droite encore ? »
- 5:08InvitéFait
« On devait avoir un changement, on a une restauration. »
- 5:27PrésentateurFait
« Emmanuel Macron avait dit qu'il avait perdu les élections. »
- 5:40PrésentateurFait
« La majorité sortante, elle a perdu cette élection. Vous reconnaissez la défaite ? Bien évidemment, mais personne n'a gagné. »
- 6:46InvitéFait
« Emmanuel Macron aurait dû à ce moment-là faire un accord avec les LR parce qu'il y avait beaucoup de points d'accord entre eux. »
- 10:31PrésentateurFait
« C'est le président qui nomme sur proposition du Premier ministre, ça c'est la Constitution. »
- 12:01InvitéFait
« C'est contre le peuple. C'est contre la volonté des Français et Françaises. C'est contre leur vote. »
- 12:35InvitéFait
« Il y a une sorte de forfaiture, en tous les cas, de non-respect du sens de ce vote. »
- 13:05InvitéFait
« Nous avons un abus de pouvoir évident. »
- 13:25InvitéFait
« Il était prêt à aller avec l'extrême droite, même en cas de majorité relative. »
- 14:40InvitéFait
« Emmanuel Macron, une présidence toxique. »
- 15:33InvitéFait
« Emmanuel Macron nous a montré quand même une faille dans la Constitution. »
- 32:44InvitéFait
« Première d'entre elles, le pouvoir d'achat et les services publics, en particulier l'école et la santé. »
- 32:58InvitéFait
« Deuxième axe, la maîtrise de l'immigration. »
- 33:09InvitéFait
« Vient ensuite la compétitivité économique avec un soutien notamment aux agriculteurs. »
- 33:20InvitéFait
« Dernier volet, c'est certainement décisif la maîtrise des finances publiques. »
- 35:10InvitéChiffre
« Le déficit attendu pour 2024 est à 6% et non plus à 5,6%. »
- 35:36InvitéFait
« Michel Barnier envisageait de réviser les barèmes de baisse des cotisations patronales sur les entreprises et l'impôt sur les sociétés aussi. »
- 35:46InvitéChiffre
« Avec l'objectif de rapporter 4 milliards d'euros au budget. »
- 36:12PrésentateurFait
« Il faut qu'il soit voté dans les 70 jours par les deux chambres. »
- 36:15PrésentateurFait
« Si à 49,3 il peut être renversé ou pas, ça va encore être au RN de décider. »
- 37:38InvitéFait
« Vous avez deux juges, la Cour européenne des droits de l'homme et le Conseil constitutionnel, qui ont laissé entendre qu'il y aurait une annulation des élections si jamais on n'ouvrait pas le suffrage. »
- 38:24PrésentateurFait
« Pour qu'elles soient adoptées, il faut que 289 députés votent pour. »
- 38:56PrésentateurFait
« Gabriel Attal en réunion de groupe a dit que Michel Barnier avait dit ok pour reprendre le texte. »
- 41:55InvitéFait
« Vous êtes un homme en colère, sidéré par le silence, l'indifférence du monde face à la guerre menée par Israël en Palestine. »
- 42:05InvitéFait
« Vous dénoncez les deux poids deux mesures d'une Europe unanime à condamner l'invasion de Poutine en Ukraine mais impuissante à arrêter la main de Benyamin Netanyahou à Gaza. »
- 44:34PrésentateurFait
« Joseph Borrell dit voilà l'Europe nous sommes un joli petit jardin où tout fonctionne mais tout autour c'est la jungle. »
Temps de parole
- Présentateur80 %
- Invité10 %
- Invité 25 %
- Invité 33 %
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Bonsoir et bienvenue, très heureuse de vous retrouver, ça vous regarde en direct, notre grand témoin, vous le reconnaissez, c'est Edoui Plenel, bonsoir. Bonsoir, merci de l'invitation. Et merci d'être parmi nous ce soir, cofondateur de Mediapart, vous signez le Jardin et la Jungle, aux éditions La Découverte, une adresse à l'Europe sur l'idée qu'elle se fait du monde, cette Europe qui, à vos yeux, trahit ses valeurs dans une volonté de puissance néocoloniale qui la rend complètement aveugle à la souffrance du monde. On y retrouve toutes vos indignations et tous vos combats, on va y revenir dans le détail tout à l'heure, dans la deuxième partie.
Mais d'abord, on va s'arrêter ce soir sur la copie de Michel Barnier. C'est l'heure des derniers ajustements avant l'annonce du nouveau gouvernement ce week-end. 38 ministres, 3 LR, 7 ensembles et des noms qui font déjà bondir la gauche. Alors est-ce que l'ancien monde revient en force ? La droite réactionnaire est-elle de retour ? Grand décryptage dans un instant avec mes invités sur ce plateau. Voilà donc pour le sommaire, on y va. Doupes Enel, ça vous regarde, top générique. On y est presque après la journée de rebondissement d'hier à Matignon. On connaît désormais quasiment la liste des 38 noms que Michel Barnier a proposés à Emmanuel Macron.
Certains ont d'ailleurs déjà été rayés par le chef de l'État. On va y revenir dans le détail cette fois. L'alliance entre le camp présidentiel et la droite est totalement assumée. Mais pour quoi faire et avec quelle chance de réussite dans cette assemblée nouvelle si divisée ? Bonsoir Corinne Laïc. Bonsoir. Ravi de vous avoir sur ce plateau. Vous êtes journaliste politique à l'Opinion, chargée du suivi de l'Élysée et au cœur de la coulisse de ces dernières semaines et de ces derniers jours. Vous avez sans doute des informations ce soir. Bonsoir Benjamin Morel. Bonsoir.
Bienvenue maître des conférences en droit public à l'Université Panthéon Assas, auteur du Parlement Temple de la République aux éditions Passé Composé. Bonsoir Adrien Brachet. Bonsoir. Ravi de vous avoir également. Journaliste politique à Marianne. Et bonsoir à Elsa Mondingava. Bonsoir. Qui n'arrête pas, elle aussi en direct sur LCP à mes côtés. Journaliste politique en charge du suivi de cette nouvelle majorité relative, la plus grande des petites, si j'ose dire, macronistes LR à l'Assemblée. Merci à tous les quatre. Vous intervenez quand vous le souhaitez. On sait que vous aimez ça encore la politique, Edoui Plenel. qui va être sans doute nommé à quoi ?
On commence avec le récap de Bruno Donnet. Avec un jingle, un peu en musique, c'est moi qui m'y colle. Allez. C'est l'offre de cathédrale. Bonsoir mon cher Bruno. Bonsoir Myriam, bonsoir à tous. Dans votre récap ce soir, un avis de fumée blanche et un problème d'interprétation. Oui, ça y est Myriam, 75 jours à peine après les résultats des élections législatives, à Bémousse presque un gouvernement. Et là, finalement, il a fallu se résoudre à changer l'ancien, car comme Emmanuel Macron en convenait parfaitement dès le mois de juillet dernier...
La majorité sortante, elle a perdu cette élection.
Là, la majorité sortante a perdu. Deux nouvelles personnalités vont donc rejoindre Michel Barnier. D'après nos informations, Bruno Retailleau pourrait s'installer Place Beauvau, Antoine Armand à Bercy, Annie Gennevard à l'agriculture et Violette Spilbout à l'éducation. Alors attention, il y aura certes de nouveaux ministres, mais il devrait aussi en rester quelques anciens. Rachida Dati est pressenti pour conserver la culture. Sébastien Lecornu devrait rester aux armées. Quant à Agnès Pagny-Runacher, elle pourrait retrouver l'environnement. Alors, la gauche, Bruno, que vous soupçonnez d'avoir commis une petite erreur d'interprétation ? Tout à fait. Ah, j'en suis pas là !
J'aurais bien voulu que vous me demandiez ce qu'il y en était des grands équilibres. Oui, les grands équilibres. J'ai sauté ma page, pardonnez-moi. Il a répondu que les ministres devraient être 38 au total, dont 16 de plein exercice. Alors, 7 de ces super ministères pourraient échouer au parti présidentiel, 3 aux Républicains, 2 au Modem, 1 à Horizon, 1 à l'UDI, 1 aux divers droites et 1 à Didier Migaud, qui fut député socialiste il y a bien longtemps et qui devrait se voir confier la justice. Enfin, si on élargit à l'ensemble des 38 ministères, 9 portefeuilles devraient être confiées aux Républicains, qui ne représentent pourtant que 8% des députés, ici même, à l'Assemblée nationale.
Et ça, Myriam, ça ne plaît pas du tout à la gauche. Alors, on y vient à cette erreur d'interprétation de la gauche, de quoi parle-t-on ? Oui, parce que devant autant de ministères promis à des Républicains ou à des membres du parti présidentiel, ce matin même, François Hollande a décroché son téléphone et il a fait entendre son mécontentement sur l'antenne de France Bleue.
Pourquoi y a-t-il eu une dissolution, si c'est pour avoir à peu près les mêmes, plus à droite encore ? Et ce sentiment que j'ai, c'est celui d'une restauration. Vous voyez, on devait avoir un changement, on a une restauration.
Voilà, l'ancien président de la République redevenu député socialiste a bien remarqué que le changement, c'était pas tout à fait pour maintenant et il a donc renvoyé Emmanuel Macron à sa déclaration estivale.
Emmanuel Macron avait dit qu'il avait perdu les élections. Ben non, bien, ne laisse penser qu'il en a tiré les conséquences.
Alors, le hic, c'est que François Hollande n'a pas tout à fait bien écouté Emmanuel Macron. En tout cas, il n'a pas écouté jusqu'au bout. Car s'il a bien reconnu sa défaite, il y avait une petite précision à la toute fin de sa déclaration.
La majorité sortante, elle a perdu cette élection. Vous reconnaissez la défaite ? Bien évidemment, mais personne n'a gagné.
Personne n'a gagné. Oui, en politique aussi. Le diable se niche souvent dans les détails. Et voilà comment, bien que le nouveau front populaire soit arrivé en tête aux élections législatives, la gauche devrait donc faire figure de détail dans le prochain gouvernement. Merci beaucoup. On va revenir sur tous ces éléments avec mes invités. Je commence avec vous, Corinne Laïc. C'est intéressant parce que quand il parle de restauration, il est lourd de sens, le mot de François Hollande. On devait avoir un changement, on a une restauration. Est-ce qu'on assiste au retour de l'ancien monde ? Qu'est-ce qu'il raconte, cette nouvelle alliance entre les macronistes et la droite ?
Je dirais plutôt qu'on assiste à ce qui aurait dû se passer en 2022. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron aurait dû à ce moment-là faire un accord avec les LR parce qu'il y avait beaucoup de points d'accord entre eux, qu'il n'a pas voulu le faire, que les LR non plus n'ont pas voulu. Et la Fondation Terra Nova a regardé comment les LR avaient voté entre le mois de mai 2022 et l'automne 2023. 63% des textes ont été votés par les LR. Donc ça montre qu'il y avait un accord idéologique et politique, au moins sur ces sujets-là.
Donc ça veut dire qu'il fait aujourd'hui un accord, il le paye évidemment beaucoup plus cher parce qu'il est beaucoup plus faible et il est hyper minoritaire alors que s'il avait fait en 2022, il y avait 245 députés de son camp. Si on ajoutait là quelques soixantaines de députés LR de l'époque, il avait la majorité. Donc je dirais que c'est sa démarche qui est réactionnaire puisqu'il a perdu deux ans pour faire ce qu'il aurait dû faire dès 2022.
Adrien Brachet, ça fait des mois voire des années qu'un certain Nicolas Sarkozy plaide pour ce scénario. Une alliance très claire, gouvernementale, entre la droite et le bloc central, c'est Barnier qui le réalise. Pour bien comprendre, de quelle droite parle-t-on quand on parle de la droite Barnier ? C'est qui précisément ? Ce qui est intéressant, c'est qu'à une époque, on parlait de trois droites, mais on rentre presque maintenant dans mille nuances de droite.
Mais en tout cas, si on voit les ministres qui sont pressentis, alors il faudra voir ce qu'il en est après les derniers arbitrages, c'est vrai qu'il y a un marquage plutôt d'une droite assez conservatrice qui est la droite de Bruno Retailleau, la droite sénatoriale. Le ministère de l'Intérieur, c'est quand même un poste assez décisif. Et d'ailleurs, cette sorte de basculement vraiment très à droite ne fait pas l'unanimité au sein du camp macroniste. Et certains qui étaient là depuis la première heure notamment, commencent à trouver qu'avec Bruno Retailleau, on commence à pencher très très à droite.
C'est-à-dire qu'au fond, c'est l'aboutissement d'un mouvement qu'avait débuté Emmanuel Macron depuis plusieurs années de droitisation au fond de la Macronie. Là, c'est un peu l'aboutissement de ce processus. Et la fin finalement du mythe macroniste, qui était le mythe du dépassement le plus total. On allait faire travailler ensemble la droite et la gauche. Et finalement, plusieurs années après, on se rend compte que ce mythe finalement disparaît aussitôt qu'il est arrivé. Alors c'est vrai qu'on a trois LR sur les 16 ministères de plein exercice. C'est important parce qu'il y a la première division, deuxième division. Patrick Etzel, qu'on connaît bien ici à l'Assemblée nationale.
Bruno Retailleau, on en a beaucoup parlé à l'intérieur. Etzel, c'est l'enseignement supérieur, selon les dernières informations qui nous parviennent. Annie Gennevar également, vice-présidente ici à l'Assemblée. C'est quoi ? C'est une droite Fillon qui revient ? En tout cas, c'est une génération. Oui, et une droite qui est à des positions, comme vous le disiez, assez conservatrice sur les derniers débats, sur la constitutionnalisation de l'IVG, sur le mariage pour tous, sur la PMA.
C'est pour ça qu'en fait, l'alliance entre le Bloc central et la droite, oui, là, il paraît assumé.
Après, il faudra voir si le Bloc central l'assume. Certaines nominations, on peut penser aussi à Laurence Garnier, dont finalement la nomination au ministère de la Famille serait vraiment plutôt contrée par l'Elysée et par le Bloc central.
Et beaucoup de gens qui ont travaillé avec Emmanuel Macron depuis sept ans disent, « En fait, moi, je n'ai pas fait tout ça pour me retrouver avec Bruno Retailleau au ministère de l'Intérieur. » Donc, il faudra voir pour l'instant.
Donc, il va y avoir peut-être des difficultés de cohabitation entre les deux blocs. Etc. C'est sûr que c'est une génération dont les macronistes qui sont 100% macronistes ne se retrouvent pas franchement dans ce genre de profil de droite. Benjamin Morel, Elsa Monagava vient d'en parler, Laurence Garnier. C'est le président qui nomme sur proposition du Premier ministre, ça c'est la Constitution. Donc, si on comprend bien, il a rayé le nom de Laurence Garnier parce que c'est vrai que pour la famille, ça en dit quand même assez long, contre l'IVG dans la Constitution, pour les thérapies de conversion également, c'est une sénatrice cellaire.
Ça peut être extrêmement problématique, tout bêtement, parce qu'en effet, cette majorité, elle est très composite. Alors certes, l'équilibre politique a varié. C'est-à-dire qu'il y a quelques mois, on avait un gouvernement macroniste que laissait survivre les LR. Aujourd'hui, on a un gouvernement LR plus macroniste que laisse survivre le Rassemblement National. Ça explique la réorientation tout de même. Après, il y a un jeu d'équilibre et de rapport de force qui n'est pas aujourd'hui, malgré le nombre, si favorable aux macronistes. Et il faut le comprendre quand on envisage la composition du gouvernement. Quelles sont les possibilités stratégiques pour les macronistes ?
Le Premier ministre a été nommé par leur président. Déjà, c'est un blocage stratégique. Ensuite, ils n'ont pas fait alliance avec le nouveau Front populaire. Si jamais ils sortent d'une alliance avec LR, le point de blocage dans la vie politique française, ça devient justement le centre macroniste. Donc aujourd'hui, l'amplitude des alliances pour eux est très très contrainte. Les LR sont sous-euphorisants parce qu'en effet, c'est le cadeau du siècle. Mais du côté de la Macronie, pour l'instant, à court terme, l'impasse stratégique est là. Et donc, ils doivent avaler des couleuvres et disputer quelques éléments, en effet les éléments les plus problématiques, comme celui qu'on vient d'évoquer.
Mais malgré tout, en n'étant pas tout à fait maître du radeau. Alors, la gauche fustige ce soir. On va les entendre et je vous ferai réagir, Edou Plenel, au fond, ce nouveau casting et pari déjà sur une survie très courte. Écoutez.
C'est contre le peuple. C'est contre la volonté des Français et Françaises. C'est contre leur vote. Mais vraiment à l'inverse de leur vote. Et en fait, là, ça pose une question fondamentale qui est à quoi ça sert de voter si derrière, c'est ceux qui perdent, qui prennent le pouvoir. Je suis en colère, en colère de voir que nous avons un gouvernement
qui s'annonce recycler tous les pardons des élections et qu'en plus, on perçoit, dans les noms qui sont donnés pour l'instant, une extrême droitisation de la Macronie qui est très inquiétante.
Il y a une sorte de forfaiture, en tous les cas, de non-respect du sens de ce vote. Et ça, ça abîme la démocratie. D'ailleurs, je ne sais même pas si c'est un nouveau gouvernement. Ça ressemble à une sorte de gigantesque romaniement.
– Edoui Plenel, comment vous réagissez ? Les mots sont forts, on a entendu déni démocratie, forfaiture, il y a une manifestation à l'appel des syndicats ce week-end. Vous pensez que les Français peuvent comprendre le choix d'Emmanuel Macron, puis les ministres de Michel Barnier ? – Sans prétention, je pense que beaucoup de Français sont comme moi. Ils n'ont plus de mots, au contraire. Nous avons un abus de pouvoir évident. – Abus de pouvoir ? – Bien sûr. – La démocratie, c'est une culture, c'est un respect de l'opposition, c'est un respect du vote, c'est des vieilles formules de Pierre Mendes France, qui était un grand démocrate et un grand républicain. Bon, le président a dissous.
Il a demandé aux Français de voter. Ils n'ont pas fait le résultat qu'il espérait. Il était prêt à aller avec l'extrême droite, même en cas de majorité relative. Qu'est-ce qu'on fait ? On se retourne vers le temple de la République, selon le très bon titre de votre livre. Le temple de la République, c'est le Parlement. On dit, essayez de faire un gouvernement. S'il ne passe pas, je demanderai à quelqu'un d'autre. Et là, on a un président qui fait tout, qui confond tous les rôles. Et pour moi, je suis très inquiet, parce qu'on a des sensibilités différentes.
Mais je pense que tous les observateurs, tous les éditorialistes, tous les démocrates, à l'instar, je vais citer des noms de Henri Guénaud, de Jean-Louis Debré, de Dominique de Villepin, Le gaullisme éterne, l'homme de droite, a dit que c'était une faute politique de ne pas nommer Lucie Casté. Des personnes avec qui on peut avoir d'autres désaccords, mais qui se rappellent des principes. Alors, je me tourne quand même vers le constitutionnel. Je tiens juste un exemple. Bien sûr, moi, je suis un critique depuis très longtemps de ce présidentialisme français qui est un absolutisme. Mais encore faut-il que ceux qui en bénéficient aient un peu de culture démocratique eux-mêmes.
Quand Charles de Gaulle perd un référendum, il en tire les conséquences. Il était plus démocrate par certains aspects que ses successeurs. Alors, qu'est-ce que vous voulez dire ? Pour vous, il faudrait qu'il s'en aille ? Qu'il n'aille pas au bout de son mandat ? J'ai écrit deux jours avant la dissolution un article que j'ai beaucoup hésité à écrire, qui a été repris un peu dans la presse internationale. Emmanuel Macron, une présidence toxique. Je pense que dans l'exercice de cette présidence par Emmanuel Macron, il y a quelque chose qui s'est déréglé. Il y a quelqu'un qui est dans un hubris d'omnipotence.
Il y a quelques hauts fonctionnaires copains qui dirigent l'État à la place des parlementaires, à la place des ministres. Tout ça est très inquiétant. Alors, il n'y a pas d'élus macronistes sur ce plateau pour défendre le président. Mais là, juste le mot... Mais j'ai cité des hommes de droite. C'est vrai, mais les mots toxiques, etc. Le mot d'abus de pouvoir, un commentaire là-dessus. Parce qu'il y a cet article 8 de la Constitution. Il y a cette nouvelle donne inédite de la Vème République. Et ces fortes expressions qui pourraient aussi alimenter la colère dans la rue. Ce n'est pas un abus de pouvoir. Mais Emmanuel Macron nous a montré quand même une faille dans la Constitution.
En d'autres termes, personne n'avait pensé que si je ne nomme pas un Premier ministre pendant 2 mois, 3 mois, 4 mois, 5 mois, 5 ans, eh bien, au lieu égard à l'expédition des affaires courantes et à la théorie, les pouvoirs de ce gouvernement vont croissant. Et donc, je pourrais me passer, finalement, de nommer un gouvernement avec un gouvernement qui a un brevet d'immunité parce qu'il ne peut pas être renversé. Vous comprenez, il est déjà démissionnaire. Je ne vous refais pas ma théorie du mort-vivant. C'était il y a 2 mois. Et donc, dans cette situation-là, il y a une vraie faille constitutionnelle. Et dans la situation actuelle, on a en effet la probable nécessité de combler cette faille.
Il n'y a pas d'usage illibéral, aujourd'hui, de la Constitution, mais ça le rend potentiellement demain possible. – On va parler dans un instant des chances de survie de cette nouvelle équipe. Question toute simple, juste pour poursuivre. S'il était amené à être censuré, ce gouvernement, est-ce que le président a tout le loisir, et ça pourrait être compris des Français, dans une logique politique, de revenir à Lucie Castet ou à Bernard Cazeneuve, où ces deux hypothèses n'étant pas choisies au départ, on irait vers un gouvernement technique ? – Alors, juridiquement, il peut faire ce qu'il veut. Comment agirait un président d'un régime parlementaire classique ?
Et en droit, nous sommes un régime parlementaire. Un président allemand ou italien n'aurait pas nommé Lucie Castet. Il aurait dit, Madame Castet, je vous reçois, vous avez 15 jours pour me trouver 289 députés. Si vous me les trouvez, et bien dans ce cas, je vous nomme. Si ça ne marche pas, et bien 15 jours plus tard, je passe à Bernard Cazeneuve. 15 jours plus tard, je passe à Xavier Bertrand. 15 jours plus tard, je passe à Michel Barnier. Et il y a une logique qui se fait dans l'opinion entre le moment d'où on part et le moment où l'on arrive. Et donc, vous formez comme ça une coalition, un gouvernement.
Ce que fait Emmanuel Macron, et qui est assez dysfonctionnel, pas inconstitutionnel, mais dysfonctionnel pour un régime parlementaire, c'est qu'il fixe les cadres de l'Alliance, il cherche l'homme providentiel, il le nomme, et il lui demande de trouver une majorité, ce qui ne fonctionne dans aucun régime parlementaire. Ce qui fait qu'on perd beaucoup de temps, parce que vous parlez d'une probable motion de censure. Si elle avait lieu là, la motion de censure, – On va voir, hein ? – Peut-être pas tout de suite. – Non, probablement pas, mais elle arrivera en plein examen du budget, et là, on serait réellement dans la panade d'un point de vue politique et économique.
– Eh bien justement, je vous en prie rapidement. – Oui, non, un gouvernement, pour quoi faire ? On a reproché à la gauche… – On va en parler, on a un sujet à vous montrer là-dessus. – Oui, la question du contenu. – De la feuille de route, alors on en connaît quelques… – L'extrême droite fixe ses limites, et vous parlez d'expédition des affaires courantes. Les affaires courantes, elles sont lourdes. La Nouvelle-Calédonie, l'Europe, la Gaza, l'international. – On y vient dans un instant. – C'est-à-dire que c'est quand même dramatique d'être dans cette situation pour un pays comme le nôtre.
– On parlait d'un risque de censure, j'aimerais qu'on écoute le Rassemblement national, puisque c'est un gouvernement qui a été un peu composé quand même sous la pression du parti de Marine Le Pen, puisqu'elle avait posé ses conditions. Bonsoir Brian Masson, merci d'être avec nous. – Bonsoir. – À distance, député Rassemblement national des Alpes-Maritimes. Est-ce que vous êtes satisfait par cette nouvelle équipe dont on connaît les grandes lignes ? Est-ce que vous avez le sentiment, vous qui aviez posé des conditions nominatives, pas Darmanin, pas Xavier Bertrand, et pas Éric Dupond-Moretti, d'avoir été respecté ?
– En effet, Marine Le Pen a insisté sur le respect des 11 millions d'électeurs du Rassemblement national. On y tenait parce que malheureusement, ces deux dernières années n'ont pas été marquées par le respect de la part des macronistes. Alors sur ce point, c'est évident. Par contre, il est vrai, j'ai vu le titre de votre thématique, à droite toute, pour être tout à fait honnête,
Emmanuel Macron nous a habitué à plein de choses. Il nous a habitué à aller à gauche, il nous a habitué à aller à droite, en prenant simplement des personnalités qui pourraient être marquées, entre guillemets.
Ce soir, moi je suis honnête, j'ai plutôt l'impression qu'on tourne en rond. On tourne en rond parce que pas de sujet de fond, parce qu'on s'attache à des personnes et non pas véritablement à des projets. Moi, je ne sais pas encore ce que Michel Barnier veut faire. Je sais qu'il a dit que les finances de l'État étaient catastrophiques, voire très graves. Alors j'entends. Donc on est impatients d'attendre surtout le 1er octobre. Alors moi, si je peux quand même rajouter…
La situation de politique générale, que vous ne censurerez pas, ça on peut le considérer comme acquis, puisque vous l'avez laissé entendre dans la question du choix même de Michel Barnier ?
15 jours, c'est très long, en politique surtout. Donc acquis, non, mais c'est vrai que de principe, on n'a pas prévu de censurer le Premier ministre. On veut entendre ce qu'il a à dire et on veut écouter aussi ses futurs ministres sur le choix qui va être notamment sur le budget. Moi, ce que j'ai envie de dire, c'est que c'est vrai que ça rappelle un peu l'ancien monde. Vous parliez de la droite,
mais quelle droite en réalité ? La droite qui s'est effondrée depuis 2012, la droite qui n'a eu de cesse de trahir
et qui n'a pas sûr assemblé une majorité de Français. Et cette droite-là, elle a fait 2 millions d'électeurs aux dernières élections législatives. Alors pardonnez-moi, le message qu'on envoie quand même aux Français, c'est finalement, il vaut mieux arriver dernier pour rentrer au gouvernement. Donc il va falloir aussi que Michel Barnier…
C'est toute la grande question des coalitions. Il n'y a que 3 LR avec le Premier ministre, cette position charnière.
On verra si ça marche ou pas, Corinne Laïc. Alors 3 LR, il faut faire attention, 3 LR sont AOC, si j'ose dire, parce que vous avez d'autres LR qui sont des transfuges de plus ou moins fraîche date. Rachid Adati. Voilà, Sébastien Lecornu, Rachid Adati, Catherine Votrin, qui sont des LR, je ne sais pas s'ils ont toujours leur carte ou pas, mais en tout cas, on peut dire que politiquement, ils viennent des LR. Et donc ça grossit le contingent LR. Mais il n'y a pas Laurent Wauquiez, la stratégie de l'extérieur, pourquoi ? Alors, on lui a proposé, il voulait l'intérieur, je pense qu'il connaît l'importance d'un ministère de l'Intérieur quand on veut conquérir le pouvoir, et c'est son objectif.
On lui a proposé Bercy, et il a dit non. Il a beaucoup hésité, je pense, entre être dans le gouvernement ou ne pas y être. C'est pour les Français. Qu'est-ce qui sert le compréhensible ?
Bercy, dans l'état actuel du budget, dire non, comment peut-il apparaître comme sincèrement au service des Français de l'intérêt général ?
Je pense qu'il montre clairement qu'il est plutôt au service de ses intérêts personnels. Je pense que c'est ce qui apparaît dans son attitude. Cela dit, Bercy, pour le moment, n'a pas de titulaire. Parce que l'architecture qui est prévue, c'est qu'Antoine Armand, qui est un député Renaissance, il a l'économie et l'industrie, c'est-à-dire le portefeuille qu'avait Emmanuel Macron entre 2014 et 2016. Et donc, pas les finances. Les finances, c'est important parce que c'est le ministre des Finances qui va représenter la France dans les conseils européens et à Bruxelles.
Il est prévu, normalement, mais je parle évidemment sous réserve, qu'il y aura un ministre délégué ou un secrétaire d'État au compte public qui pourrait être Mathieu Lefebvre, qui est un proche de Gérald Darmanin, mais qui serait rattaché au Premier ministre. Donc, le problème de qui va être ministre des Finances reste entier. Oui, donc, on n'est pas du tout
à la dernière ligne droite,
à la dernière minute.
Parce que, si j'ose dire, c'est peut-être le ministère le plus délicat,
le plus important de la séquence. Pour en revenir à Laurent Wauquiez, effectivement, c'était l'intérieur ou rien, donc il a préféré rien.
Oui, espérant peut-être rejouer le scénario de Nicolas Sarkozy en son temps. Le modem qui fait la grimace, on passe vite, mais quand même pour nos téléspectateurs, toute la journée, ça passe finalement, mais pourquoi c'était compliqué ? Oui, disons que je pense qu'il y avait surtout une question de spectacle et d'affichage politique, c'est-à-dire que le modem, mais y compris depuis 2022, en fait, essaye d'incarner un peu une forme d'aile gauche du camp présidentiel. notamment Jean-Paul Matéi avait déposé lors du vote du budget des amendements sur notamment la taxation des superdividendes à cause de la guerre en Ukraine. Donc il y a une forme de spectacle et d'incarnation de la part du modem.
Jean-Noël Barraud au Quai d'Orsay, c'est pareil quand même. On peut voir qu'ils sont rentrés dans le rang. Là, on est dans le régalien. Ils ont quand même Jean-Noël Barraud au Quai d'Orsay. Donc je pense que ça fait partie aussi du spectacle politique et aussi du moment où chacun a besoin de rappeler qu'il a son appétit, qu'il a sa place dans le gouvernement. Ce qui ne veut pas dire, en revanche, c'est-à-dire qu'ils ont dit finalement qu'on rentrera, ce qui ne veut pas dire que lorsqu'il le faudra, le modem, comme d'autres composantes du camp présidentiel d'ailleurs, n'iront pas embêter Michel Barnier quand il le faudra sur leur point identitaire très fort.
C'est-à-dire sur le modem et la question de la fiscalité. Le modem est l'aile gauche
de la majorité maintenant.
Oui, la gauche, c'est le modem. C'est le modem d'un carnet. C'est le modem d'un gava. Et ça va se voir dans l'hémicycle volontairement et va se retrouver entre les socialistes et le groupe Ensemble pour la République. Il y a effectivement deux beaux ministères, le Quai d'Orsay et la Santé.
Il y a en revanche aussi une interrogation interne sur le choix des personnes. Jean-Noël Barraud, il était dans l'ancien gouvernement. Geneviève Darussac, elle a déjà été ministre.
Et il y a aussi des petites tensions en interne de se dire on a prôné le renouvellement. C'est un peu dommage que nous, on positionne deux personnes qui ont déjà été au gouvernement. Je pense que ça a aussi joué dans la crise la petite crise qui s'est jouée au modem dans la journée. Avant de vous laisser repartir, Brian Masson, une dernière petite question. On sait que clairement votre parti a décidé de mettre sous surveillance. C'est l'expression de Marine Le Pen de ce nouveau gouvernement. Aujourd'hui, ça veut dire quoi concrètement à l'aune de cette nouvelle équipe ? Sous surveillance, concrètement ?
Vous allez faire monter les enchères, les rendre un petit peu fous, jouer avec leur mère ?
On ne pourra pas faire sans nous. C'est ça la vérité. C'est ça que l'on veut dire aussi à ceux qui nous ont fait confiance au mois de juin dernier. C'est que désormais, le gouvernement ne pourra pas faire sans nous. Notre voix va compter et on espère en effet que Michel Barnier va écouter, en tout cas, les électeurs du Rassemblement national qui ont été plus de 11 millions. Je tiens encore à le rappeler, mais c'est important. Des fois, on a tendance à l'oublier.
Et donc, nous, notre programme de législative, il reposait sur trois points. l'immigration, l'insécurité et le pouvoir d'achat. Donc, on a hâte de pouvoir peser dans la balance et de pouvoir faire évoluer la chose
pour les dix prochains mois qui nous restent peut-être avant une éventuelle dissolution.
dans le communiqué de Matignon, on verra s'il se traduit par une nouvelle loi et immigration de Bruno Retailleau dans les prochaines semaines. Et j'imagine que ça sera très compliqué à l'Assemblée de trouver une majorité. Avant de parler de la feuille de route, merci à vous, M. Masson. Un mot quand même sur le grand échec de cette équipe. Pas d'ouverture ou une ouverture à gauche, Benjamin Morel avec Didier Migaud à la justice. Ça, c'était vraiment quelque chose d'attendu, d'arriver quand même à créer un sentiment un peu plus large, pas d'union nationale mais presque, c'est raté. C'est raté et c'était un échec prévisible pour au moins trois raisons.
La première raison, c'est qu'on l'a déjà commenté sur ce plateau, mais aujourd'hui, si la gauche devait partir divisée lors d'une prochaine législative, la plupart des députés socialistes et écologistes seraient sur un siège éjectable. La gauche ne peut passer les premiers tours qu'à condition qu'elles partent unies. Donc pour les socialistes et les écologistes qui tendraient la main, c'était une condamnation à mort. De l'autre côté, c'est un gouvernement qui malgré tout tient grâce à l'abstention du Rassemblement National.
Et donc, le membre de la gauche qui viendrait dans ce gouvernement risquerait de la part du reste de la gauche qui va dénoncer ce fait une marque d'infamie ad vitam aeternam. Troisième élément, c'est qu'en fait, Michel Barnier n'en a pas besoin. Vous faites rentrer dans votre gouvernement des gens qui vous permettent d'éviter une motion de censure. Un député de gauche n'aurait absolument pas conduit les socialistes, les écologistes, etc. Oui, c'était une voix de moins seulement pour voter la censure, donc ça ne rapportait pas.
C'est plus Emmanuel Macron qui a raté son objectif parce que son objectif, c'était de faire la grande coalition, c'était de transformer le Front Républicain qui était une alliance défensive, une alliance de rejet contre le RN, en alliance positive pour gouverner ensemble. Mais évidemment, il ne voulait pas des LFI, donc il a mis un veto aux LFI. Et comme le disait Benjamin Moral, l'EPS ne voulait pas se détacher des LFI, donc c'était condamné cette alliance à l'échec. Et donc la large coalition, le rassemblement, le gouvernement d'Union nationale qui l'appelait de ses voeux n'a pas pu voir le jour. Et effectivement, dans ces conditions, Michel Barnier n'a pas... Bon, il a essayé.
Est-ce qu'il a essayé ? Est-ce qu'il a insisté ? Il y a plusieurs personnes qui ont refusé. Il y a Karim Bouamran, le maire de Saint-Ouen. Philippe Brun. Philippe Brun, député socialiste.
Valérie Rabot a été approchée aussi. Carole Vignon. Carole Delga peut-être aussi. Arnaud Montebourg aussi. Non, je pense qu'il y a eu des tentatives. Ensuite, effectivement, comme disait Benjamin Morel, je crois qu'il n'y avait aucune personnalité à gauche qui voulait prendre ce risque d'entrer dans un gouvernement qui pouvait tomber très vite et en plus d'être synonyme de traîtrise pour une partie de son camp. Vous comprenez que l'Union a eu le dernier mot à gauche. C'est Jean-Luc Mélenchon le patron, finalement. Tous vos commentaires sont pertinents mais la réalité, c'est tout simple.
C'est un pouvoir qui est sous l'épée de Damoclès de l'extrême droite alors que par trois fois, puisque la deux présidentielle est le résultat de ces législatives, ses députés, lui-même, a été sauvé par cette expression que vous avez citée, le front républicain, c'est-à-dire des gens qui disent non à l'extrême droite. Et aujourd'hui, il est sous surveillance de l'extrême droite. C'est un pouvoir et un gouvernement en sursis. Et tout ça qu'a fait M. Macron depuis trois mois, c'est en fait, encore une minute, M. Le Bourreau, comment je peux survivre ? Par quelle combinaison ? Avec qui ? Et comment ? C'est pour ça que c'est un très vieux monde.
Derrière l'absolutisme présidentiel de la Ve République, c'est en même temps le pire de la combinazione de la Ve République. Et où est le contenu ? On y vient, on y vient, on a des dériveurs. Et le contenu et le programme, il est annoncé et votre interlocuteur du Rassemblement National a parlé, il parle très bien de très bonne politique, il dit mais voilà, nous on fait de la politique, on est là, on a ce pouvoir et tout. Et donc, vous avez quand même pour tout le monde, quelles que soient nos sensibilités, c'est pour ça que je vous parle comme ça. La politique, c'est un bien commun. On a une arène et on en discute avec nos sensibilités.
mais là, il y a quelqu'un comme un gamin, comme le royaume dont le prince était un enfant, la pièce de Monterland, qui saccage ce bien commun, qui fait qu'il n'y a... On ne comprend plus la logique, vous-même, vous êtes surpris et on se dit mais qu'est-ce que c'est ? Eh bien tout le monde et il n'y a rien de pire dans le climat actuel de notre monde. Regardez tout ce qu'il y a autour du monde, regardez ce qui se passe au Parlement européen et à l'heure. Non mais je sais de vous en parler. Je dis que dans ce contexte-là, dans ce contexte-là, ce qui est fait là est d'un point de vue politique très très grave et démocratique, très irresponsable.
Oui, vous l'avez dit et vous êtes intarissable parce qu'on entend quand il s'agit du président de la République, il y a du carburant en plein air. Sur les autres présidents, je n'ai pas été en risque non plus. On s'en souvient tous. Adrien Brachet, je voudrais qu'on dise un mot avant de venir à la feuille de route à quelques ministères qui ont attiré mon attention. Le ministère de la laïcité, Ottoman Nasseron, proche de Valérie Pécresse. La laïcité, c'est interministériel. Comment vous interprétez ça ? On est dans l'affichage ou au contraire, c'est bien qu'il y ait une politique publique menée au nom de ce principe ? Au vu du contexte, c'est possible qu'il y ait de l'affichage.
En revanche, je rejoindrai ce que disait Jérôme Guelge d'ailleurs ce matin qui disait que Jérôme Guelge a organisé à l'Assemblée des auditions sur la façon où on a été gérer les politiques publiques en termes de laïcité. Et c'est vrai qu'il y a en termes de laïcité une grande difficulté à coordonner les politiques d'un ministère à l'autre. Il y a un comité interministériel qui a été créé mais qui en fait ne se rassemble plus ou moins jamais. C'est tous les services publics. Sur le fond, l'idée en termes de structure publique et d'action publique avoir une structure qui permette d'apporter de la coordination, pourquoi pas ?
La question ensuite c'est le casting et c'est en effet si c'est se limiter à de l'affichage politique, là à ce moment-là ce n'est pas une bonne idée. Benjamin Morel, surpris par l'intitulé de ce ministère ? Non, c'est un signal politique essentiellement. On va avoir un gouvernement qui ne va pas beaucoup légiférer. Enfin, on va devoir de budget et ils vont être compliqués à faire passer. Un PLFS et PLFSS et le PLF mais au-delà de ça, imaginez la loi immigration à moitié censurée par le Conseil constitutionnel et qui est commune entre le Modem et le RN.
Difficile à envisager et en effet, des ministères qui peuvent fluidifier les relations entre l'administration et être des ministères de la parole sur des sujets signifiants pas assez de bonnes politiques quand vous n'avez pas beaucoup de lois. Alors, Elsa Montagava ? Justement, sur la question du Cassine, une petite information puisque Matignon fait savoir que l'architecture et la composition du gouvernement finalisé ont été transmises à l'Elysée et que le président de la République et le Premier ministre vont avoir un échange téléphonique dans la soirée. Donc, en tout cas, apparemment, ça y est, les arbitrages sont bien rendus.
On devrait avoir un gouvernement d'ici demain, très probablement. Alors, la grande question et vous trépignez d'y répondre, c'est pour quoi faire ? Quid de la feuille de route de Michel Barnier ? Les dossiers chauds qui attendent le Premier ministre, on voit cela avec Thibaut Hénoc. C'est un document de quelques lignes entre lesquelles il faut savoir lire pour deviner les grands axes de la politique à venir du gouvernement Barnier.
Le communiqué, envoyé hier soir par Matignon à l'issue de la réunion avec les chefs de parti qui prendront part à la coalition, fixe une série de priorités. Première d'entre elles, le pouvoir d'achat et les services publics, en particulier l'école et la santé. Une promesse qui peut parler à la gauche, mais aussi aux électeurs du Rassemblement national. Deuxième axe, la maîtrise de l'immigration. Un marqueur cette fois
nettement orienté à droite, mais sur lequel Michel Barnier aurait promis de trouver un équilibre entre rigueur et humanité. Vient ensuite la compétitivité économique avec un soutien notamment aux agriculteurs, de quoi laisser présager
une reprise de la loi agricole laissée en jachère par la dissolution. Dernier volet, c'est certainement décisif la maîtrise des finances publiques. Alors que Michel Barnier alertait ce mercredi
sur une situation très grave, la réduction du déficit sera un apératif. Sur la question des hausses d'impôts, un compromis semble avoir été trouvé. Elle ne devrait pas toucher les classes moyennes. Seules des hausses ciblées et temporaires sur les plus hauts revenus seraient envisagées. Une feuille de route pour l'heure très concise qui laisse beaucoup de points d'interrogation. Sur les questions sociétales par exemple, la loi sur la fin de vie dont le parcours a été interrompu retrouvera-t-elle le chemin du Parlement ? Rien n'est moins sûr. Sur les institutions,
la proportionnelle verra-t-elle le jour ? Pour l'heure, Michel Barnier a déclaré ne pas se l'interdire.
Première réponse à toutes ces questions le 1er octobre prochain avec le discours de politique générale du nouveau Premier ministre. Corinne Laïc, ce qui marque
c'est que c'est très flou. Oui, c'est très flou mais ça va devoir être très précis parce qu'il va y avoir le budget. Le budget, ce n'est pas seulement un acte technique, c'est un acte dans lequel beaucoup des têtes de chapitre qui ont été énoncées par Michel Barnier vont devoir se retrouver. Le pouvoir d'achat, si on veut l'augmenter, ça peut nécessiter des mesures qui figurent dans le budget. Les services publics, l'école, la santé, ce sont deux énormes budgets dans le projet de loi de finances. Donc au fond, la feuille de vote elle est dans ce budget.
C'est-à-dire que s'il réussit l'épreuve du feu budgétaire, il est bien évident qu'il ne va pas résoudre avec un budget le problème de l'école et de la santé. Non, bien sûr. Donc il y a quelque chose d'un peu fallacieux de faire une liste de courses aussi appétissantes, si j'ose dire, tout en sachant qu'il va avoir un budget à faire, qu'on n'est même pas sûr qu'il y parvienne et qu'il risque d'être censuré après et qu'il va être extrêmement contraint par la tête de chapitre maîtrise des finances publiques qui va s'imposer à lui. Là encore, il y a une note de la direction du Trésor ou du budget qui vient de sortir qui montre que le déficit attendu pour 2024 est à 6% et non plus à 5,6%.
Déjà en hausse par rapport à ce qui était prévu. Et pour revenir au 3%, Pierre Moscovici dit ce matin 100 milliards d'ici 3 ans. Sur les impôts, quand il dit sur les impôts qu'il n'y aura aucun impôt qui va toucher les classes moyennes, etc. Le diable niche dans les détails et par exemple, à l'opinion, on a sorti une information il y a quelques jours montrant que Michel Barnier envisageait de réviser les barèmes de baisse des cotisations patronales sur les entreprises et l'impôt sur les sociétés aussi. Avec l'objectif de rapporter 4 milliards d'euros au budget. Je me permets de vous couper parce que c'est votre excellent confrère Marc Vigneault
qui nous le révélait le jour de la publication de son papier dans l'Opinion. Avec Sarah Spitt s'ils étaient sur le fait. Merci de le mentionner. Adrien Brachet, l'épreuve du feu c'est le budget. Très clairement pour qu'il passe il faut que le RN s'abstienne. Ils ne vont pas décider ça tout de suite. Donc en fait pour bien comprendre il va y avoir une sorte de course contre la montre parce que c'est un temps contraint le budget. Il faut qu'il soit voté dans les 70 jours par les deux chambres. Donc si à 49,3 il peut être renversé ou pas ça va encore être au RN de décider.
C'est certain qu'on est dans une position où le RN se retrouve en tant qu'arbitre et en effet je pense qu'on l'a dit jusque là il y a quelque chose d'une forme d'anomalie en effet étant donné que il y a eu un front républicain qui s'est exprimé et c'est le RN qui se retrouve en tant qu'arbitre et y compris sur cette question du budget. Et d'ailleurs ça va être extrêmement intéressant de voir la façon dont il se comporte sur le budget puisque ces derniers mois toute la stratégie du RN a été d'essayer de se crédibiliser sur cette question budgétaire, financière.
on se souvient pendant la campagne des européennes et Jordan Bardella qui était allé voir à plusieurs auditions avec des représentants de patrons etc. Donc la façon dont ils vont manœuvrer cette question du budget sera aussi très révélateur sur leur stratégie. Il y a des urgences aussi à Benjamin Morel de la Nouvelle-Calédonie on a vu encore que deux canaques ont trouvé la mort lors d'une opération policière il y a l'agriculture il y a aussi les outre-mer tout ça ça se règle sans passer par la loi ?
Alors la Nouvelle-Calédonie ça se règle sans passer par la loi ça se règle par une réforme de la constitution parce qu'aujourd'hui vous avez un mode de suffrage qui est gelé dans la constitution dans le cadre des accords de Nouméa mais vous avez deux juges la Cour européenne des droits de l'homme et le Conseil constitutionnel qui ont laissé entendre qu'il y aurait une annulation des élections si jamais on n'ouvrait pas le suffrage et donc ce faisant c'était tout le blocage de l'année dernière parce que vous avez les indépendantistes qui ne veulent pas de cette ouverture du suffrage et vous avez des juges qui l'imposent donc comment arriver à sortir de cette situation-là il y aurait dû avoir des négociations extrêmement serrées extrêmement prolixes durant l'été elles n'ont pas eu lieu voilà in fine il faut qu'on ait des élections en Nouvelle-Calédonie ça aussi c'est un impératif juridique avant la fin du printemps donc aujourd'hui on est assis sur une poudrière qui d'ailleurs explose de temps en temps et là-dessus et bien on est d'une indifférence coupable quand je dis on ne sait pas tellement nous ça a été surtout le gouvernement on en dira sans doute un mot avec vous tout à l'heure Edoui Plenel Elsa ?
je voulais rajouter une toute petite précision parce qu'on parle beaucoup de motions de censure pour qu'elles soient adoptées il faut que 289 députés votent pour ni le Rassemblement National seul de son côté ni le Nouveau Front Populaire seul de son côté non 289 députés donc c'est uniquement il faut qu'ils allient leur voix s'ils allient leur voix qu'ils peuvent renverser le gouvernement je pense que c'est aussi important de se le rappeler le RN tout seul ne peut pas faire tomber le gouvernement un mot sur la fin de vie on a énormément suivi ici sur LCP les débats en commission dans l'hémicycle il y avait un travail pour le coup transpartisan remarquable poubelle ou pas ?
non puisque apparemment Gabriel Attal en réunion de groupe a dit que Michel Barnier avait dit ok pour reprendre le texte alors on sait que le texte avait été énormément modifié en commission Olivier Falorni qui est très en pointe sur le sujet avait redéposé une proposition de loi où en fait on en revenait là où on s'était arrêté il y avait eu des divisions assez marquées dans chacun des groupes mais en tout cas apparemment le Premier ministre est assez d'accord pour remettre sur la table c'est vrai que ce serait un texte assez transpartisan peut-être un bon test pour savoir si cette assemblée peut fonctionner enfin pour terminer sur la méthode c'est vrai que le casting a été fait avant de savoir ce qu'il voulait faire c'est original on nous dit on nous dit plutôt du côté du camp présidentiel macroniste que cette déclaration de politique générale pourrait être co-écrite co-construite avec les renaissances
les ensembles ou ça c'est ? je crois que ce qui a été laissé entendre par certains représentants de renaissance ça serait quelque chose de très nouveau mais depuis le 9 juin tout est nouveau tout est complètement rock'n'roll ou baroque dans ce que nous vivons à commencer par la durée des ministres démissionnaires le fait que vous ayez des membres de commission qui soient en même temps ministres enfin bon bref on est complètement on marche sur la tête et ça fait mal
et ça fait mal
pour terminer vous ne la reprenez pas
mais elle parle aussi sévèrement que moi c'est vrai
je ne reprends pas vos argumentaires alors juste pour terminer
Adrien Brachet il nous reste une poignée de secondes vous lui donnez quelle chance de survie ça peut tenir cet attelage alors disons que tout le monde a intérêt à ce que ça dure un tout petit peu pour que personne ne paraisse comme l'irresponsable qui favorise le désordre parce que dans les électorats de droite et du centre c'est pas toujours très bien vu mais ça va très vite se compliquer pourquoi et ça rejoint un peu tout ce qu'on se dit depuis le début de cette émission parce qu'au fond on n'a pas encore vraiment changé de culture politique on est encore dans une culture très présidentielle et donc chacun on le voit Gabriel Attal Edouard Philippe Laurent Wauquiez commencent déjà à se projeter vers 2027 et donc en se projeter vers 2027 tout le monde va vouloir envoyer des pots de bananes à Michel Barnier c'est aussi ça le problème c'est rock'n'roll on a bien compris juste rebondir sur ce que vous venez de dire je pense que toutes les personnes que vous citez vous pourriez ajouter Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne pensent pas que ça tiendra jusqu'en 2027 bien sûr c'est pour ça que Wauquiez ne va pas au gouvernement tout à fait ils sont en embuscade bien sûr voilà les appétits présidentiels qui évidemment ont énormément pesé sur ces gouvernements merci beaucoup on s'arrête là merci pour ce tour d'horizon très complet et on y va Edouard Plenel maintenant Le Jardin et la jungle aux éditions de La Découverte c'est une adresse je disais à l'Europe qu'on pourrait presque lire à haute voix l'Europe selon vous qui n'a pas renoncé à son désir de puissance de domination et qui fait la leçon au reste du monde dans une forme de colonialisme ou de néocolonialisme ça mérite une explication juste après l'invitation de Katia Gilder
Si on vous invite Edouard Plenel c'est parce que vous êtes un homme en colère sidéré par le silence l'indifférence du monde face à la guerre menée par Israël en Palestine Vous dénoncez les deux poids deux mesures d'une Europe unanime à condamner l'invasion de Poutine en Ukraine mais impuissante à arrêter la main de Benyamin Netanyahou à Gaza
Le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou ont le même but de guerre l'avènement d'un monde sans autre loi que la force
Vous fustigez ce refus du droit international chez ces dirigeants qui gouvernent par la loi du plus fort Personne ne nous arrêtera ni la haie ni l'axe du mal ni personne d'autre
Peu importe à quel point ils veulent nous intimider Peu importe qui ou à quel point ils veulent supprimer notre volonté Personne dans l'histoire comme je l'ai déjà dit n'a jamais réussi à faire quoi que ce soit de ce genre Cela n'a pas fonctionné aujourd'hui et ne fonctionnera jamais
De livre en livre Edwip Lennel votre travail de journaliste vous conduit à alerter le monde à réveiller les consciences vous l'essayiste le cofondateur de Mediapart Votre dernier ouvrage décrit notre vieux continent comme un jardin civilisé et bien entretenu une terre de liberté politique et de prospérité économique mais un jardin qui a peur d'être envahi par la jungle qui l'entoure ce monde étranger celui des migrants des exilés des colonisés d'hier et d'aujourd'hui
En attendant de parvenir à une protection renforcée des frontières extérieures de l'Union grâce au nouveau régime d'asile européen commun nous devons renforcer les contrôles des frontières nationales
Devant ces murs qui se dressent ces frontières qui se referment vous appelez l'Europe à se souvenir de son histoire et de ses valeurs elle qui a connu tant de guerres jusqu'à la barbarie du génocide Vous réclamez la paix et rêvez d'un monde où l'égalité des peuples et des droits serait naturelle et universelle
Alors on va y revenir à ce discours que personnellement je ne connaissais pas donc du représentant européen pour les questions politiques internationales Joseph Borrell Le jardin et la jungle D'abord de quoi et de qui parle-t-il et comment vous êtes tombé sur ce discours qui est au fond le fil rouge de votre texte Joseph Borrell a prononcé ce discours devant l'académie qui forme les futurs diplomates de l'Union européenne à Bruges C'était quelques mois à l'automne 2022 après l'invasion par l'impérialisme russe de l'Ukraine donc la rupture du droit international la loi du plus fort et donc Joseph Borrell dit voilà l'Europe nous sommes un joli petit jardin où tout fonctionne mais tout autour c'est la jungle la jungle risque d'envahir le jardin et comme c'est un homme de bonne volonté un social démocrate espagnol il ne veut pas construire des murs donc il dit les jardiniers européens vous devez vous projeter dans la jungle le problème c'est qu'un an après son discours va être fracassé par ce que nous allons commémorer le 7 octobre c'est à dire les massacres terribles commis par le Hamas terroriste les massacres terroristes et avec un crime de guerre un crime contre l'humanité contre des civils et évidemment la riposte existentielle menée par l'état d'Israël aujourd'hui et ses dirigeants de droite et d'extrême droite qui est aussi crime de guerre crime contre l'humanité voire selon certains juristes crime de génocide c'est d'ailleurs ce livre à l'ombre de ces deux guerres que vous nous interrogez nous européens au sens très large d'ailleurs projeté dans l'occident vous dites bien d'ailleurs qu'il y a une différence entre la géographie et l'idéologie d'une certaine façon l'Europe a projeté l'idée de l'égalité des droits pour le meilleur et pour le pire mais nous avons projeté cette idée là parce que nous les avons aussi défendues inventées écrites dans des constitutions et parfois violées et du coup permis à des peuples de les brandir contre nous ça a produit une catastrophe qui est la catastrophe européenne c'est nous qui l'avons commise c'est à dire que nous avons vu que des la Shoah la deuxième guerre mondiale l'extermination des juifs d'Europe du coup sursaut déclaration universelle des droits de l'homme 1948 la même année où nous reconnaissons l'état d'Israël et alors pourquoi je fais cette idée de cet écho c'est que au fond j'interpelle le double standard comment les peuples du monde peuvent-ils nous croire si ce que nous brandissons à juste titre contre la Russie impérialiste qui invahit l'Ukraine et que nous armons l'Ukraine et bien nous le faisons pas face à la folie qui menace l'existence même de l'état d'Israël de ce que font les dirigeants israéliens actuels donc ce double standard et qui est un double standard général je le décline dans d'autres situations est-ce que vous n'êtes pas un peu dans l'excès en disant que l'Europe l'Occident a littéralement abandonné la population de Gaza à son sort parce qu'il y a quand même un droit international certes qui n'arrête pas la guerre mais regardez le procureur Karim Khan de la Cour pénale internationale qui arrive à un mandat d'arrêt contre Benyamin Netanyahou et contre le Hamas qui ne lui est pas donné encore il l'a demandé mais bien sûr d'abord avant la CPI il y a la Cour internationale de justice qui a été créée la même année les mêmes années après la deuxième guerre mondiale personne ne la connaissait nous la découvrons aujourd'hui et nous voyons ce qui se passe mais c'est pas nous qui avons été brandir le droit international à la Cour internationale de justice c'est l'Afrique du Sud en 1948 nous ne finissons pas le travail nous laissons un autre pays issu de notre histoire la colonisation l'Afrique du Sud créer l'apartheid le pays qui est issu du combat contre l'apartheid contre la division la séparation la haine de l'autre qui prépare les crimes contre l'humanité et bien c'est lui qui est venu devant la Cour de la Haie dire hé oh c'est le coupable qui répare en étant capable de voir l'autre et nous on est aveugle c'est ça que vous dites mais c'est pas nous qui avons fait le zèle devant la Cour internationale de justice et par ailleurs mais vous savez quand même qu'on a aussi des juristes des avocats bien sûr des familles d'otages qui sont défendues à la CPI d'autres du côté aussi des Gazaouis de la population civile il y a quand même en France une volonté de peser même si nous n'avons pas forcément le poids politique par exemple pourquoi nous ne faisons pas ce qu'a fait l'Espagne et d'autres pays la reconnaissance de l'état de Palestine qu'est-ce que c'est que le droit international c'est l'égalité des droits à l'échelle du monde donc les palestiniens ont les droits de vivre dans un état eux-mêmes et de pas parce que cette guerre que mène M.
Netanahou c'est une guerre de destruction de la Palestine c'est un aveuglement et beaucoup d'Israéliens le disent le journal Eretz le dit très bien le journal indépendant de 972 en Israël qui est formidable qui fait des scoops le disent très bien donc il y a des voix qui s'élèvent en Israël contre ça et donc face à cela nous on doit dire à Israël c'est pas possible donc on reconnaît l'état de Palestine comme l'a fait l'Espagne et l'Espagne ils ne sont pas des bolcheviques le couteau entre les gants ils ne sont pas voilà c'est l'Espagne du gouvernement actuel et puis d'autre part donc il y a des moyens des moyens de peser que nous n'avons pas accueilli et puis des sanctions nous avons pris des sanctions contre le régime d'apartheid on ne peut pas continuer et ça ça interpelle les Etats-Unis d'Amérique à livrer des armes qui détruisent des civils on ne peut pas tolérer un terrorisme d'Etat on condamne le terrorisme de mouvements qui se disent d'émancipation et qui néanmoins commettent des crimes quand ils tuent des civils mais est-ce que vous mettez exactement sur le même niveau un Vladimir Poutine qui agresse qui envahit un Benjamin Netanyahou bien sûr qui riposte par une guerre à un massacre sur sa terre pourquoi je vous dis bien sûr parce qu'ils ont la même idéologie monsieur Netanyahou a violenté y compris une promesse de citoyenneté au cœur de l'Etat d'Israël il a la même logique identitaire il a l'idée je cite d'ailleurs l'idéologue qui s'appelle Yoram Azoni qui a fait un livre qui s'appelle les vertus du nationalisme et qui est une bible de monsieur Orban de monsieur Trump et évidemment aussi des poutiniens c'est l'idée au fond il n'y a plus qu'une loi mon peuple ma nation mon identité et il n'y a pas de toi au-dessus de moi c'est une démocratie Israël et toutes les décisions sont votées à la Knesset au Parlement ce qui fait quand même une différence majeure vous me l'accorderez avec la Russie oui d'accord mais néanmoins il y a des manifestations de milliers d'Israéliens tous les samedis soirs et tous les vendredis soirs qui protestent contre ça qu'est-ce que je voulais vous dire c'est la question du droit international qui est en jeu nous avons dit et l'auteur de la déclaration universelle des droits de l'homme en 1948 est René Cassin compagnon du général de Gaulle grand juriste figure du judaïsme laïque français et qui dit que nous ont appris la catastrophe européenne qu'on ne peut pas faire confiance aux états aux nations et aux peuples aussi civilisés et démocratiques se prétendent-ils car ils peuvent devenir fous ils peuvent devenir criminels ils peuvent penser c'est tout ce que mon livre interpelle être dans une logique de supériorité je suis détenteur du bien du vrai du juste les autres c'est des barbares donc je peux me le permettre et donc qu'est-ce qu'on fait on dit il y a des droits au-dessus de vous il y a des droits de l'enfance il y a des droits de la famille il y a des droits à la santé il y a des droits à l'accueil il y a des droits à la solidarité il y a des droits à la fraternité il y a le droit de ne pas être agressé il y a le droit de résister si je suis agressé et ainsi de suite il y a un droit international aujourd'hui je suis désolé de vous le redire il est piétiné il est piétiné par monsieur Netanyahou tout autant que par monsieur Poutine au fond ce texte qui est très fort et qui nous fait aussi voyager dans d'autres textes vous êtes un grand camusien ça se termine avec Camus on y vient dans un instant mais au fond vous nous dites si l'Europe ne se réveille pas si elle ne défend pas ses valeurs quoi ?
elle s'effondre est-ce qu'il y a comme vous dites souvent avec Israël la question de la survie qui se joue aussi pour l'Europe ?
c'est surtout si l'Europe ne respecte pas ses valeurs il ne s'agit pas de les défendre en disant regardez comme on est fort il s'agit de ne pas laisser un monde se fédérer contre nous dans le ressentiment c'est la stratégie de monsieur Poutine c'est ce qu'il fait en Afrique où des pouvoirs militaires qui violentent leur peuple se sont dressés contre le néocolonialisme français aujourd'hui vous pensez qu'on en est là ce qu'on appelle les pays du sud global ne nous croient pas vous avez vu le nombre de pays où la France a perdu son influence et donc on a des régimes qui font alliance avec monsieur Poutine qui ont une idéologie aussi identitaire d'ailleurs un critère c'est toujours le traitement des minorités par exemple l'homophobie ou les minorités de genre c'est un point commun d'ailleurs avec toutes ces idéologies identitaires très souvent et donc la question c'est de ne pas fédérer le ressentiment du monde et puis surtout plus nous serons dans cette logique nous sommes un jardin formidable plus nous serons aveugles au fait que nous produisons nos propres jungles qu'est-ce que c'est que l'extrême droite en Europe c'est notre jungle voilà vous dites très clairement qu'on construit des murs qu'on a perdu toutes nos valeurs il y a encore quand même heureusement un droit d'asile en France il est mal mené vous avez le sentiment vraiment que la France renoue avec les pires erreurs de son passé le mot identité par exemple c'est absolument un gros mot pour vous il n'y a que d'identité de relation comme le disait Edouard Glissant je le cite en introduction vous, moi, nous tous nous sommes faits de diverses histoires du monde l'identité à racine unique l'identité éternelle l'identité fixe ça n'existe pas c'est même contraire au vivant je termine c'est un traité de botanique politique mon livre je termine en citant des savants du muséum d'histoire naturelle le vivant bouge le vivant se transforme et le mélange libère tout comme le métissage nous sommes faits de déplacements l'émancipation c'est un déplacement nous ne sommes pas assignés à résidence c'est quoi l'égalité c'est que nous ne sommes pas prisonniers de notre condition de notre gérigine de notre croyance de notre apparence de notre sexe de notre genre c'est ça la promesse allez on va terminer avec Emmanuel Macron encore lui on vous en avait déjà parlé mais vous êtes assez cinglant il faut le dire dans ce portrait au vitriol que vous dressez dans ce texte vous parlez d'un pouvoir sans limite où l'élection d'un seul se confisque la volonté de tous et on y vient Camus à la fin du livre un homme ça s'empêche alors forcément on est à l'Assemblée nationale il y a une procédure de destitution qui va être soumise aux députés c'est ça qu'il faut faire l'empêcher le démettre non je pense que je ne rentre pas dans ces débats je préfère dire tout simplement que vous voyez ce que je dis ça va des guerres actuelles ça va au delà de l'actualité je l'accorde bien volontiers ou ça va à l'extractivisme et au débat écologique monsieur Macron dans sa politique mais de manière beaucoup plus folle monsieur Trump monsieur Elon Musk Gazprom en Russie et bien d'autres témoignent de ce que j'appelle à la fin de ce livre l'illimitisme il n'y a pas de limite et ça notre espèce elle met en danger elle-même et le tout vivant du monde et sincèrement la révolution MeToo et pour le genre que je représente tout ce que nous je représente ici et que nous voyons et qui sincèrement moi me sidère ce que MeToo dit des hommes et fait des hommes est une révolution sans précédent merci beaucoup on reviendra j'en suis sur ce thème il y a un débat dans l'actualité entre différentes intellectuelles faites un débat avec madame Fourette avec madame Fourette je veux bien lui répondre alors écoutez très bien on vous prend au mot ça m'intéresserait particulièrement le jardin et la jungle c'est à lire aux éditions la découverte voilà on retrouve le plénel dans tous ses combats mais il y a aussi des raisons d'espérer il faut le dire avant de se quitter je vais vous montrer quelques images parce que vous le savez demain ce sont les 41ème journée du patrimoine les équipes d'LCP vont vous faire visiter regarder l'assemblée comme si vous y étiez on va vous emmener notamment regarder dans les fabuleuses fresques de la croix dans la bibliothèque qui sont restaurées en restauration depuis quelques mois ce sont des images inédites de ces peintures qui ont retrouvé leurs couleurs on vous fera découvrir tout ça c'est à 11h30 en direct avec toutes les équipes d'LCP c'est le week-end profitez bien merci Edoui Plenel merci à vous à la semaine prochaine ciao