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interviewSénat (sur YouTube)· 23 janvier 2026 109 min

Sidaction s’engage contre le masculinisme

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mesdames les rapporteurs, chers collègues, non mesdames, mais ils vont arriver, on en a trouvé dans des couloirs donc mais le temps qu'ils arrivent 8h30, c'est un peu tôt parfois. Euh donc mesdames, nous poursuivons ce matin nos travaux consacrés à la montée en puissance des mouvements et réseaux masculinistes en France. Nous entendons dans ce cadre une représentante de l'association Sidaction, une association qui, comme chacun sait se bat pour faire reculer le VIH et avancer la recherche contre ce virus.

Vous êtes accompagné de l'Institut de sondage Opinion Way et du SNK FSU, le syndicat des infirmiers et infirmières de l'éducation national. Je souhaite donc la bienvenue à Hélène Roger, directrice du pôle analyse et plédoyer de S d'action, Éléonore Carré, responsable des études société au sein du pôle Opinion Opinion chez Opinion et Mathilde Varette, infirmière de l'éducation nationale et secrétaire générale adjointe du SNIX FSU. Sidaction intervient également dans le domaine de la prévention en matière de santé sexuelle et dans ce cadre a pu constater la propagation notamment sur les réseaux sociaux des discours de domination masculine.

Or, ces discours influencent profondément la manière dont de nombreux jeunes envisagent la sexualité, le consentement et leurs relations. Pour objectiver cette tendance, vous avez rendu public le 1er décembre dernier à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida un sondage inédit réalisé par Opinion W qui révèle une percée alarmante des discours masculinistes auprès des hommes en France. Tous âges confondus avec un impact particulièrement fort chez les 16 34 ans.

Le sondage aborde tout d'abord le rapport à l'identité masculine. Il montre un sentiment très répandu de stigmatisation des hommes. 58 % des hommes considèrent que les médias caricatur les hommes depuis mitou et 52 % que dans notre société on s'acharne sur les hommes.

Le retour de représentation très stéréotypée est est veriliste de ce que serait être un homme. 60 % considère que être un homme, c'est savoir prendre des risques. Et bien sûr, une défiance à l'égard du féminisme. 58 % considèrent que le féminisme va trop loin, en fait trop.

Vous pourrez nous dire ce qui selon vous explique cette évolution ou ce retour en arrière et pourquoi les plus jeunes générations semblent davantage perméable à ces discours que leurs aînés ? Le sondage analyse ensuite les conséquences sur le rapport au consentement et aux normes sexuelles de la diffusion des discours masculinistes. Les représentations à l'égard des femmes restent imprégnées de suspicion et de jugement négatif. 43 % des 16 34 ans pensent qu'une femme qui multiplie les partenaires sexuels ne se respecte pas.

Vous mettez par ailleurs en avant un exemple particulièrement préoccupant. Un homme sur 10 11 % donc un peu plus même et un jeune homme de 25 34 ans sur 5 18 % affirme comprendre le steel thing soit le fait qu'un homme retire son préservatif sans prévenir son ou sa partenaire pendant le rapport sexuel. Vous ajoutez que chez eux qui chez ceux qui adhèrent aux théories masculinistes, ils sont 34 % à cautionner cette pratique, soit + 23 points par rapport à la moyenne.

Enfin, vous avez cherché à mesurer l'audience des influenceurs masculinistes. L'étude montre une exposition massive des jeunes hommes à ses contenus. 66 % des 16 34 ans en connaissent au moins un. et le fait qu'une partie d'entre eux y trouve des repères identitaires, un discours présenté comme alternatif, voire pour un jeune sur deux âgé de 25 à 34 ans qui connaît ses influenceurs masculinistes, l'idée que ces contenus disent enfin la vérité.

Face à ces constats, votre travail ne se limite pas au diagnostic. Vous proposez aussi des pistes d'action concrètes. Vous signez d'abord l'urgence de renforcer l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.

Je répète, vous soulignez d'abord l'urgence de renforcer l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Avec le planning familial et SOS homophobie, vous avez saisi le tribunal administratif de Paris pour faire respecter la loi de 2001. Le tribunal a reconnu la carence de l'État par une décision rendue le 2 décembre dernier le condamnant au paiement d'un eurosybolique tout en prenant acte d'un arrêté et d'une circulaire publiée en février 2025 sur la mise en application de ces programmes.

Vous pourrez nous dire si selon vous ces textes récents sont de nature à permettre une mise en œuvre effective de l'évablissements scolaires. Enfin, de manière particulièrement innovante, vous avez lancé la campagne Alpha Safe. Vous avez fait le choix d'investir les codes des influenceurs alpha sur TikTok pour diffuser à travers des personnages générés par intelligence artificielle des messages de prévention, de respect, de consentement, de dépistage et de lutte contre les discriminations.

Cette campagne révélée le 1er décembre dernier apporte une réponse originale à la banalisation de ces discours toxiques. Cette audition sera l'occasion de recueillir votre analyse approfondie de ce sondage, mais aussi votre retour d'expérience sur cette campagne et plus largement vos propositions pour contrer la banalisation des discours masculinistes et mieux protéger les jeunes. Avant de vous céder la parole, je précise que cette audition fait l'objet d'une captation audiovisuelle en vue de sa retransmission en direct sur le site et les réseaux sociaux du Sénat.

Je laisse dans un premier temps la parole à Hélène Roger, directrice du pôle analyse et plaidoyer de Sidaction. À vous madame. Merci beaucoup madame la présidente.

Merci à vous euh mesdames les rapporteurs euh mesdames les sénatrices euh pour cette invitation. Euh je vais commencer par présenter brièvement S d'action pour expliquer un peu d'où nous partons et d'où nous parlons. Effectivement, comme vous l'avez dit, nous sommes une association qui a été créée en 1994 et qui fonde son existence sur un principe essentiel : réunir la recherche et le milieu associatif et faire de chacun d'entre nous des acteurs et actrices de la lutte contre le sida.

Donc si d'action se bat pour un monde où chaque personne qu'elle vive avec le VIH ou qu'elle soit exposée au risque de contamination dispose d'un accès équitable à la prévention, au traitement, aux soins et ce quelle que soit son origine ethnique, culturelle, sociale, sa sexualité, son genre, son appartenance religieuse ou son état de santé. Et puis nous collectons des fonds pour financer les associations et la recherche notamment via le site d'action média que vous connaissez sans doute qui est également un temps important d'information et de prévention autour du VIH SIDA. des IST, de la santé sexuelle.

Notre parole n'est donc pas celle d'une structure experte du masculinisme, mais d'acteur de santé publique et plus particulièrement de santé sexuelle confronté à ces discours masculinistes et qui tentent d'en comprendre les mécanismes pour mieux les endiguer. Notre engagement sur l'information, la prévention et la santé sexuelle notamment des plus jeunes prend différentes formes. Nous ne menons pas nous directement des activités de terrain auprès des différents publics, mais nos missions consistent notamment à promouvoir l'information, la sensibilisation et l'empowerement des jeunes sur les enjeers à leur droits et santé sexuelles.

Pour cela, plusieurs dispositifs qui ont tous participé à nourrir notre réflexion sur la montée en puissance des discours masculinistes. Tout d'abord, nous finançons des associations qui mènent directement ce type d'activité dont certaines interviennent notamment dans le cadre des séances des Vars mais aussi en milieu hors scolaire. Euh ces associations nous remontrent leurs problématiques de terrain, leurs difficultés dans le cadre du suivi de leurs subventions.

Je prendrai pour exemple ID santé qui est un partenaire qui intervient à Toulouse et en Guyane qui nous a rapporté des exemples entendus lors de séances auprès des 165 ans. Des jeunes qui pensent que s'ils ne font pas l'amour, ils ont plus de testostérone et donc ils deviennent plus forts physiquement. De l'autre côté, des jeunes qui disent que les hommes ont des besoins différents des femmes.

L'utilisation de mots sans connotation affective pour désigner les rapports sexuel est souvent violent. La banalisation de la violence renforcée par l'entreo masculin sur certaines interventions, des mots violents pour décrire les femmes ou l'idée pour certains que la pénétration est obligatoire dans tout rapport sexuel avec des des citations comme bah encore heureux qu'il y a toujours pénétration et même si la personne n'est pas d'accord, il revendique le fait de pratiquer malgré tout la pénétration faisant fit du consentement. beaucoup de discours autour du caractère naturel biologique des différences femmes-hommes qui sont notamment utilisés pour justifier un rejet de l'homosexualité et de la et de la transidentité qui sont très présents.

Ces types de retour de terrain constituent bien évidemment une alerte. Par ailleurs, nous organisons tous les ans au moment du S d'action Média en mars un sondage qui est réalisé également par Opinion auprès des jeunes pour comprendre et documenter l'évolution de leurs connaissances sur le VIH et les IST et l'évolution des pratiques de prévention. Sans rentrer dans le détail, le dernier sondage daton de mars 2025 montrait que les fausses informations sur le VIH et les IST, tout comme l'exposition au risque sont en progression, faiblesse du recours au préservatif et au dépistage notamment.

Enfin, dans ce sondage, nous avons mesuré la perméabilité des jeunes aux théories complotistes d'après l'échelle de Brouer que vous connaissez peut-être qui donc prend cinq affirmations et voit le nombre d'affirmations auxquelles les jeunes adhèrent. 92 % des jeunes croient à au moins une affirmation. et un jeune sur quatre croit aux cinq affirmations qui leur sont présentées.

Or, la perméabilité aux thèses complotistes est sans doute assez proche. Pouvez nous donner les cinq affir les cinq affirmations tout à fait. Beaucoup de choses se produisent dans le monde dont le grand public n'est pas informé.

Les politiciens ne nous disent généralement pas ce qui motive réellement leur décision. Il existe des organisations secrètes qui influencent considérablement les décisions politiques. Des événements qui en apparence ne semblent pas avoir de lien sont souvent le résultat d'activité secrète et les agences gouvernementales surveillent étroitement les citoyens.

Voilà les cinq affirmations. Donc comme je le disais, la perméabilité au thèse complotiste est sans doute assez proche de la perméabilité au thèse masculiniste puisqu'elle repose sur les mêmes principes et les mêmes ressorts. Victimisation, utilisation du bon sens à l'opposé des données et connaissances scientifiques et des réponses souvent simplistes affirmées sans aucun contreargumentaire.

Elles sont aussi relayées par les mêmes réseaux extrémistes. Enfin, nous avons mené des campagnes qui ciblaient particulièrement les jeunes pour communiquer sur des enjeux plus large que le VIH et sur ce qui fait obstacle à une entrée des jeunes dans une sexualité épanouie, consentie et protégée comme par exemple sur la pornographie en 2024 qui reprenait déjà le même principe que celui que vous allez voir ici. Détourner les codes pour dénoncer les préjugés sexistes, les rapports de domination et la négation du consentement véhiculé dans la pornographie.

Ces campagnes ont confirmé pour nous la nécessité d'un contrediscours à l'endroit même où ces propos sont tenus. Enfin, comme beaucoup de structures qui utilisent les réseaux sociaux, nous avons vu une progression exponentielle de ces contenus masculinistes et du nombre d'influenceurs qui nous a alerté. En cherchant davantage d'informations, nous avons trouvé assez peu de données sur l'ampleur de ce phénomène en France, contrairement au Royaume-Uni où de nombreuses études sont disponibles ou sur l'impact de ces discours sur la santé et la santé sexuelle notamment.

Nous avons donc voulu en savoir plus avec l'intuition que ces discours réactionnaires antiféministes prenant la domination avaient des effets sur les comportements et possiblement sur le rapport des jeunes à la prévention et au risque. Les questions qui nous ont animé sont où est-ce que les hommes et notamment les jeunes s'informment ? Quelle est l'ampleur de ce phénomène ?

Y a-t-il beaucoup d'hommes qui adhèrent à ces thèses ? Quels sont les impacts concrets sur les comportements, la prévention, l'information et la sexualité ? Et donc, en quoi le masculinisme est-il néfaste à la santé publique ?

D'où le lancement de cette étude avec Opinion qui a confirmé notre intuition et je laisserai lesonor carré d'Opinion vous présenter en détail les résultats du sondage juste après mon intervention. Alors pourquoi cette campagne ? Bien évidemment avec toutes ces ces retours d'information, il nous a pargent d'alerter sur ce phénomène pour rappeler l'essentiel.

Le masculinisme n'est pas une opinion, c'est une idéologie qui vise à restaurer une domination masculine et des rôles de genre traditionnel en partant du principe que le féminisme et plus largement les femmes serait une menace pour la société. Mais quand on est le masculinisme à la haine des femmes serait réducteur. Les masculinistes sont aussi racistes, antisémites, LGBT phobes.

Les homosexuels représentent selon eux tout l'inverse de ce qu'ils défendent. Un homme diminué, efféminé, non virile, un danger pour l'humanité. Or, l'épidémie de VIH agi depuis son apparition comme un révélateur des discriminations, des inégalités et des difficultés d'accès au droit et à la santé.

Toute forme de discrimination et de stigmatisation nourrit l'épidémie et entrave l'accès à l'information, à la prévention, au dépistage et aux soins. Ces discours d'exclusion sont donc extrêmement dangereux. C'est également une machine à exploiter les fragilités des jeunes hommes.

Les communautés masculinistes fonctionnent comme des groupes de soutien. Elles convertissent les frustrations individuelles en ressentiment collectif envers les femmes et les minorités. C'est un business de la souffrance et de la solitude pour vendre une vision toxique des relations affectives et sexuelles.

Or, les adolescents cherchent des repères. Ce type de discours gagne du terrain parce qu'il percute une génération parfois fragilisée, exposé à la pression sociale et confrontée à un manque d'éducation affective et sexuelle, à la solitude, à la vulnérabilité émotionnelle. Les discours virilistes en ligne exploitent ses vulnérabilités.

Les masculinistes leur vendent des certitudes à un moment de forte construction identitaire et de questionnement profond. On voit donc se développer un mécanisme assez clair. Les discours mal alpha renforcent l'idée que la valeur d'un garçon dépend de sa domination émotionnelle et sexuelle.

Ce modèle rend l'intimité plus difficile, distore la perception du consentement et encourage la performance plutôt que la connexion et la construction de relation équilibrée. Il décourage toute demande d'aide quand l'angoisse monte. Sans compter bien évidemment les discours pseudomédicaux et les contrevérités scientifiques assainées sans aucune possibilité de contreargumentaire.

Les influenceurs s'érigent fréquemment en spécialistes de la question évoquant des théories souvent douteuses sur la testostérone, la dangerosité des préservatifs et des conseils pratiques pour booster sa virilité et être puissant au lit. Pour contrer cette déferlante, la prévention et l'information en ligne rencontrent de nombreuses difficultés. Tout d'abord, comme vous le savez, les algorithmes sont friants de ce type de discours clivant et aucun réseau social n'est épargné.

Comme les algorithmes privilégient les contenus provocateurs, cela amplifie les vidéos alpha et donne une place disproportionnée au discours masculiniste. Les algorithmes ciblent aussi les profils d'hommes et notamment de jeunes hommes. Selon une étude que vous connaissez sans doute, 23 minutes, c'est le temps qu'il faut pour un jeune garçon avant d'être exposé à du contenu toxique et 26 minutes pour du contenu masculiniste au sens strict sur TikTok et YouTube Shorts.

Enfin, les algorithmes renforcent les silos. Les communautés sont comme dans un couloir de nage et n'arrivent pas à se parler ou à interagir. Il est donc quasi impossible de toucher les jeunes qui sont sensibles à ces discours en restant dans notre espace habituel.

Les formats des contenus sont aussi en cause des contenus courts, impactants avec des mises en scène calibrées sur le mode du conseil ou de la confidence qui touche particulièrement les plus jeunes à la recherche de modèles. Face à cela, les discours scientifiques ou sociaux restent à la traîne et sont très difficiles à diffuser sur les réseaux sociaux. Ceci s'explique notamment par le fait que les stratégies d'influence et les nouvelles règles de méta empêchent les structures à caractère social de promouvoir leur contenu.

Ces règles empêchent de booster les vidéos à contenu social ou politique et font disparaître les contenus des fils d'actualité et relèguent les sujets liés notamment au féminisme et aux minorités au rang de sujets sensibles indésirables par méta. Ce choix idéologique de méta nous condamne au silence, invisibilise nos luttes et les causes que nous défondons et il empêche la diffusion d'informations et de messages de prévention. Il constitue une atteinte directe à notre liberté d'expression.

D'où la stratégie développée pour notre campagne. Aller sur ses espaces pour briser ses barrières et apporter des réponses là où ils en cherche sans culpabiliser les jeunes. La campagne Alpha CEF constitait donc à infiltrer les espaces où dominent les contenus masculinistes pour y réintroduire information, prévention, protection.

L'objectif est simple, transformer les codes virilistes en levier de santé publique. Fin novembre, avec l'accompagnement de l'agence Monster, nous avons diffusé discrètement sur TikTok une série de vidéos virales imitant les codes des influenceurs Alpha pour réinjecter prévention, respect et information fiable dans les fils d'actualité des jeunes hommes. Le 1er décembre, à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, l'opération a été officiellement révélée au grand public.

Pendant 10 jours, nous avons donc fait émerger sur TikTok 19 faux influenceurs reprenant les grandes catégories grand frères, love coach, Jim Bro, cryptobro, survivalistes, philosophes, stoïicien. Ils ont été générés par intelligence artificielle et animés comme de véritables créateurs de contenu. Même cadrage, même ton, même assurance démesurée.

Mais pour porter un message rebour de ce toxique véhiculé par les masculinistes, des messages positifs sur le consentement, la prévention, le dépistage et la lutte contre les discriminations, je vous invite donc à regarder deux vidéos de cette campagne. E moi, si j'avais violé une meuf, sachez même que je m'en voudrais même pas. Si je discuta avec une femme, c'est qu'à la fin, je vais la baiser.

Les préservatifs, qu'il soit masculin ou féminin, sont bourrés de perturbateurs endocriniens. Ça n'a rien à faire autour d'une et encore moins à l'intérieur du vagin d'une femme. Ces propos violents témoignent d'un phénomène qui explose en ligne.

L'idéologie masculiniste. Sur les réseaux, certains influenceurs diffusent misogynie, homophobie et fausses infos sur la sexualité. Des propos toxiques boostés par un algorithme obsédé par le spectaculaire. [musique] Résultat, les jeunes hommes voient leurs repères brouillés par des discours qui prennent la domination masculine et encouragent des comportements à risque.

Alors, pour capter leur attention, nous avons décidé d'aller sur le même [musique] terrain en infiltrant l'algorithme grâce à une armée d'influenceurs fictifs et des centaines de vidéos qui reprennent les codes masculinistes. Vous pensez que les préservatifs, c'est pour les faibles ? Non, les vrais [musique] hommes sont ceux qui protègent.

Puissant au lit, sûr de toi, tout en respectant un nom. Le consentement, c'est pas un bonus, c'est la base. Cette fois, avec un objectif radicalement différent, déconstruire les [musique] fausses idées et inciter à des relations respectueuses et protégé.

Une alerte sur un phénomène inquiétant pour rappeler l'importance de rester vigilant et [musique] protéger les jeunes. Quand la masculinité toxique devient virale, rétablir l'effet devient vital. Sidaction, ensemble contre le sida.

Écoutez attentivement. Vous pensez qu'un mal alpha prend des risques ? Faux.

Ça, c'est ce que disent les faibles. Vous pensez que les préservatifs, c'est pour les faible ? Non.

Les vrais hommes sont ceux qui se protègent. Le vrai courage, ce n'est pas de sauter dans le vide, c'est de se faire tester. Se protéger n'est pas une option, c'est un signe de puissance.

Parce que celui qui contrôle la situation, ce n'est pas celui qui prend des risques, mais celui qui choisit de se protéger. Voilà donc deux exemple donc sur la la présentation de la campagne et sur un exemple d'un d'influenceur généré par intelligence artificielle. Les résultats donc ce sont 270 vidéos publiées, 300000 vues et surtout 132 retombées médias et plus de 90 millions en audience cumulé.

Cette campagne a été également relayée par plus de 50 personnalités que ce soit des artistes comme Marina Foy Edit Preto, Boot Kid, des animateurs et des animatrices TV, Nicos Aliagas, Flab Flamand, Agath Lecon, Julien Belver et d'autres et puis des influenceurs bien évidemment Paint, Shera, Marcus, Orgasmo, Lecunu ou Zaya Derar. Cette campagne a aussi montré l'intérêt pour les résultats du sondage permettant de mettre en lumière l'impact concret de ces discours sur les comportements de prévention. Cependant, bien évidemment, des initiatives comme la nôtre sont beaucoup trop limitées, que ce soit en temps comme en moyen de diffusion pour faire pour faire front, pardon, face au défarlement constant et exponentiel des contenus masculinistes.

Il est nécessaire que des politiques de soutien à la diffusion de campagnes d'information et de prévention puissent être développées notamment par un meilleur encadrement des règles de concurrence sur les réseaux sociaux afin de faciliter la diffusion d'informations vérifiées et de discours sur le VIH et les IST, la prévention, mais aussi sur l'égalité de gens, le consentement, la non discrimination, le respect, la lutte contre le harcèlement, un renforcement du rôle de l'ARCOM pour la surveillance, le contrôle et la modération des contenus. Ce renforcement passe bien évidemment par une augmentation des moyens dédiés. L'audition de spécialistes des réseaux sociaux et du cadre législatif de ceci permettrait sans doute de creuser ce sujet et d'émettre des recommandations plus précises que celle que nous présentons ici.

Promouvoir la réalisation d'études approfondies et travailler avec des chercheuses et chercheurs sur les mécanismes et sur l'impact des discours masculinistes sur la santé permettra également de mieux identifier les enjeux tout comme les ressorts les plus efficaces pour lutter contre la prolifération de ces discours. Par ailleurs, la repost ne peut pas avoir lieu uniquement sur les réseaux sociaux, à la fois parce que la prolifération de ces discours se fait dans toutes les sphères de la société et pas uniquement sur internet, mais aussi parce que la bataille est à ce point inégal et se nourrit de l'isolement et des vulnérabilités que la réponse doit être aussi dans l'accueil, l'écoute et la disponibilité de personnel formés et outillés pour repérer ces discours et les déconstruire. Mathilde Varette du SNX reviendra plus précisément sur ces enjeux et sur le rôle de l'év.

Mais permettez-moi de rappeler, comme vous l'avez déjà fait, qu'il est impératif de donner les moyens pour une réelle application des cours des cours d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Le programme ne suffit pas, nous pourrons y revenir. Je renvoie pour cela aussi au livre blanc du collectif pour une véritable éducation à la sexualité dont nous faisons partie qui détaille 46 recommandations pour cette mise en application et je répondrai bien évidemment volontiers aux questions à ce sujet.

Mais je voudrais tout de même insister sur deux points fondamentaux. les moyens financiers bien évidemment qui sont indispensables à cette effectivité. Une ligne budgétaire nationale dédié à l'EVARS doit être créée et il faut inscrire dans le projet de loi de finance une enveloppe spécifique de 622 millions d'euros par an, soit 52 € par élève.

La reconnaissance et la sécurisation de l'expertise et du rôle central des associations dans le dispositif à un moment où les subventions aux associations sont diminué de toute part, où les libertés associatives reculent et où les attaques des groupes réactionnaires se multiplient. À ce titre, il est important de souligner que les coupes de budget aux associations féministes ou celles qui travaillent sur la santé sexuelle sont délétaires dans le climat actuel, tout comme le fait de ne pas condamner fermement les attaques répétées contre des associations féministes comme le planning familial. Un soutien sans faille à ces associations est indispensable.

Pour creuser ce sujet, il serait donc intéressant d'ussier d'autres membres du collectif qui regroupent aussi bien des associations travaillant sur le harcèlement en ligne, les droits des femmes et des familles, la planification familiale ou l'homophobie, aussi bien que des représentants de syndicat de parents ou d'enseignement. Ceci permettrait de détailler les retours de terrain sur l'impact du masculinisme sur d'autres dimensions de la vie affective, relationnelle et sexuelle des jeunes. Enfin, la lutte contre le sida nous a appris un principe fondamental.

Rien ne peut se faire sans les personnes directement concernées. Les femmes et les personnes LGBTQI en premier lieu bien sûr les premières victimes du masculinisme, mais aussi les hommes eux-mêmes et notamment les jeunes pour construire des réponses adaptées et promouvoir des modèles masculins alternatifs trop peu présents aujourd'hui prenant égalité, respect, tolérance et écoute. Je vous remercie de votre attention.

Merci beaucoup. C'était très intéressant. Et donc bah je vais sans plus tarder laisser la parole à Éléonor Carré.

Madame la présidente, mesdames les rapporteurs, madame mesdames les sénatrices, merci de nous auditionner aujourd'hui. Je représente Opinion No Institut qui a réalisé pour sida action l'étude les hommes et le masculinisme auprès d'un échantillon représentatif de 1528 hommes âgés de 16 à 59 ans, ce qui est un échantillon conséquent avec un suréchantillon permettant d'interroger au total 800 jeunes hommes de 16 à 34 ans parce que c'était une cible qui nous intéressait particulièrement parce que nous voulions pouvoir analyser de manière fiable leur réponse. Cette étude a été réalisée très récemment puisqu'elle a été réalisée au cours du mois de novembre et elle a été réalisée en ligne.

Mon propos va se concentrer aujourd'hui sur ce que nous mesurons et sur les mécanismes que ces résultats permettent d'éclairer avec prudence. Il s'agit d'un sondage dont nous mettons donc nous mettons en évidence des écarts entre groupe et des liens cohérents entre exposition, perception et comportement sans prétendre reconstituer des trajectoires individuelles ni établir de causalité. L'intérêt de cette étude, c'est qu'elle documente un phénomène souvent abordé sous un sous un angle uniquement idéologique en montrant ces effets possible sur des dimensions très concrètes, la sexualité, le consentement et la prévention.

Ce que montre nos données, c'est d'abord un climat de recomposition des rapports femmes-hommes vécus par une partie des hommes comme une perte de repères. Un homme sur deux a le sentiment que la société s'acharne sur les hommes aujourd'hui. 52 % et ça monte à 59 % parmi les 25 34 ans.

Dans le même temps, un homme sur de estime qu'on ne sait plus vraiment ce que signifie être un homme aujourd'hui. 52 % encore, 59 % parmi les 25 34 ans, ce sont les mêmes chiffres. Euh mais ce n'est pas une erreur.

Ce malaise, il n'implique pas une radicalisation massive, mais il crée une disponibilité à des discours qui promettent des repères simples, une lecture claire du monde social et une forme de réassurance identitaire. On le voit aussi dans l'idée qu'il serait aujourd'hui plus difficile d'être un homme qu'une femme, 36 % pensent ça, ou dans le sentiment que les hommes ne sont plus assez respectés aujourd'hui. 47 % partagent cette opinion.

Dans ce contexte, la virilité reste un marqueur central. Un homme sur deux juge important d'être virile et près d'un sur de regrette que les hommes ne soient plus assez viriles. 46 %.

Deux hommes sur trois disent vouloir assumer pleinement leur virilité. Ils sont 66 % à dire ça. On voit aussi l'importance de l'injonction à prouver. 52 % considèrent qu'un homme doit démontrer qu'il en était qu'il en est vraiment un et 60 % associent le fait d'être un homme au fait de savoir prendre des risques.

Ce registre virile n'est pas anecdotique. Il structure la manière d'entrer en relation, de se positionner et il peut influencer le rapport à la sexualité et à la prévention. Deuxième élément majeur, on observe une confusion massive autour de ce qu'est le masculinisme.

Près d'un homme sur deux le perçoit comme un pendant masculin du féminisme. Cette mise en équivalence, elle joue un rôle important dans la banalisation. Elle donne l'impression qu'on serait dans une symétrie de revendication et donc dans une logique de rééquilibrage alors que les contenus que nous mesurons relèvent souvent d'une lecture conflictuelle des rapports femmes-hommes avec des normes virilistes et parfois une défiance envers l'égalité, le consentement ou la prévention.

Dans le même temps, on voit un antiféminisme assez diffus qui s'exprime. Une majorité d'hommes jugent que le féminisme va trop loin aujourd'hui, 58 %. Un homme sur deux estime que les féministes cherchent surtout à affaiblir les hommes, 52 % et près d'un/3 se sentent menacés par les féministes 31 %.

À noter encore une fois que ce sont des opinions dans le sens où ce n'est pas une mesure objective mais ces ressentis sont structurants car ils nourrissent un cadre mental dans lequel certains hommes peuvent interpréter les normes nouvelles non pas comme une évolution collective mais comme une mise en en accusation sur les profils. Nous restons prudents parce que nous ne pouvons pas inférer des trajectoires individuelles. Comme je le disais au début de ma présentation.

Nous n'avons pas directement mesuré les événements de vie comme une rupture affective ou l'isolement l'isolement social par exemple. En revanche, nous identifions des facteurs associés. D'abord l'âge.

Les 25 34 ans se distinguent sur plusieurs items structurants, par exemple sur le sentiment de stigmatisation, comme on l'a déjà vu, à 59 %, ou sur la perte de repère autour de la définition de ce que signifie être un homme, 59 % aussi, quand dans les deux cas, c'était 52 % en moyenne. Ensuite, la proximité politique. L'adhésion à certaines perceptions énormes et sensiblement plus forte chez les sympathisants d'extrême droite, par exemple, sur l'importance d'être virile.

Ça monte à 65 % contre 51 % en moyenne. Donc un écart de 14 points. 3è point, l'exposition est centrale.

L'adhésion revendiquée au masculinisme est minoritaire à l'échelle de l'ensemble des hommes, 18 %, mais elle est nettement plus élevée parmi ceux qui connaissent effectivement ces contenus. On monte à 43 %. Et on le voit chez les 25 34 ans, ces chiffres sont systématiquement plus importants.

Plus d'un tiers des 25 34 ans adhè et la proportion atteint près de 60 % parmi ceux qui déclarent connaître au moins un influenceur masculiniste dans cette tranche d'âge. Enfin, on observe que ces normes viriles sont un marqueur important. L'idée qu'un vrai homme doit garder le contrôle 40 % 45 % parmi les 25 34 ans, 62 % parmi les hommes qui adhèrent au contenu man skiniste ou que multiplier les partenaires est un signe de séduction entre 42 et 62 % parmi ceux qui adhèrent sont des faits importants.

Et c'est ce qui permet d'éclairer la question centrale aussi, toutes tous ces éléments de de profil, c'est pourquoi les jeunes hommes et surtout les 25 34 ans apparaissent comme plus perméables. Alors, il y a d'abord un effet euh de un facteur d'exposition. Les réseaux sociaux jouent désormais un rôle central dans la socialisation relationnelle et sexuelle.

Dans d'autres questions qui portaient sur la source d'information extérieure préférée parmi des sources comme les réseaux sociaux, les médias, des journalistes, des personnalité publique, les réseaux sociaux arrivent en tête à 23 % devant les médias traditionnels à 19 % ou les professionnels de santé et le cercle proche qui avait quand même été cité parce que c'était une question ouverte, les réponses étaient spontanées qui apparaissent donc plus loin dans cette question à 6 % chacun. Cela ne signifie pas que les réseaux sociaux remplacent la famille, l'école ou les proches dans l'absolu, mais que dans l'écosystème des sources externes et médiatiques et bien il constitue un canal dominant. Chez les moins de 35 ans, cette dépendance euh informationnelle, pardon, est beaucoup plus forte. 37 % citent les réseaux sociaux comme première source.

On a un écart de 14 points par rapport à la moyenne et l'exposition aux influenceurs masculinistes est massive parmi ces jeunes hommes. 66 % connaissent au moins un influenceur masculiniste parmi ceux que nous avons testé. 37 % consultent leur contenu dont 19 % régulièrement.

L'âge aussi en soi joue comme un moment social particulier. Les 25 les 25 34 ans sont souvent dans un âge charnière où se cristallisent des injonctions de performance, de comparaison, de séduction et parfois d'anxiété de statut. C'est aussi un moment où on s'émancipe davantage les sources parentales ou scolaires et où l'on cherche des repères à soi.

Or, l'homme numérique propose une offre immédiate, accessible et souvent très prescriptive. Il faut ajouter une nuance quand même. Les jeunes hommes ne forment pas un bloc homogène.

Je vous parle beaucoup des 25 34 ans depuis tout à l'heure. Alors que c'est vrai, on a fait un focus sur les 16 34 ans. Mais on le voit dans nos résultats.

Les 25 34 ans ressortent souvent comme un âge plus sensible avec davantage de stigmatisation, de pair de repère sur ce que signifie être un homme et une tolérance plus élevée au steel siging sur lequel je reviendrai. À l'inverse, les 16 24 ans sont très exposés, mais ils apparaissent un peu moins dans une logique de menace vis-à-vis du féminisme puisque 25 % considèrent être menacé et c'est 32 à 34 % parmi les 25 ans et plus. Ils sont surtout un peu plus nombreux à dire que le féminisme devrait aller plus loin.

Alors c'est léger mais 7 % contre 3 % parmi les 35 ans et plus. Autrement dit, les l'effet jeune combine une exposition massive et un effet d'âge charnière particulièrement marqué chez les 25 34 ans. Pour revenir à l'enjeu de l'exposition, on peut rappeler qu'elle est d'autant plus efficace qu'elle se présente sous forme de solution, comme le disait Hélène notamment, des contenus courts émotionnels, personnalisés avec une promesse de réassurance.

Dans nos données parmi ceux qui connaissent ces contenus, une part importante dit y trouver un sentiment de réassurance sur leur identité masculine. On a 37 % qui disent ça, 48 % parmi les 25 34 ans, donc la moitié ou aussi une part importante qui estime que ces contenus disent enfin la vérité. 40 % 51 % parmi les 25 34 ans.

Ce n'est donc pas seulement un débat politique abstrait, c'est une offre de repère identitaire. De fait, le cœur du problème n'est pas seulement idéologique, bien qu'il le soit, il est aussi concret, intime et sanitaire. L'étude montre que les discours masculinistes sont associés à des représentations spécifiques de la sexualité.

Incertitude, tension autour du consentement, valorisation du contrôle et de la prise de risque et remise en cause de la prévention. L'idée montre une sexualité vécue comme plus complexe et plus incertaine. Une majorité d'hommes dit ne plus savoir ce qu'ils ont droit de dire ou de faire. 64 %.

La sexualité hétérosexuelle est jugée s'être complexifiée ces dernières années davantage pour les hommes, 58 % et même 65 % parmi les 25 34 ans. Que pour les femmes, 32 % partagent cette opinion. Cette asymétrie, elle est importante.

Elle dit quelque chose d'un vécu masculin, de la norme qui change et parfois d'une difficulté à intégrer des codes relationnel plus explicite. Sur le consentement, on observe une tension très forte. 57 % estiment qu'on parle tellement du consentement qu'on finit par culpabiliser les hommes.

C'est 72 % parmi les personnes qui adhèrent au contenu masculiniste. 41 % affirment que demander explicitement le consentement gâche la spontanéité d'une relation sexuelle. Ce qui se joue là, ce n'est pas seulement un désaccord, c'est un conflit de normes.

Du côté, d'un côté une norme contemporaine de verbalisation, de coresponsabilité, de respect explicite. De l'autre, des normes virilistes plus traditionnelles qui valorisent le contrôle, la performance, parfois l'idée que l'homme sait ou que l'homme prend. Et lorsque ce conflit de norme est renforcé par certains contenus, les messages de prévention deviennent moins audibles.

Non pas par manque d'information, mais parce qu'ils sont recodés comme une atteinte à la virilité, à la puissance ou au contrôle. Et ça complique tout ce qui repose sur la parole. Parler de dépistage, de partenaire, de protection ou de limite.

On le voit d'ailleurs dans les contradictions internes. La norme de responsabilité reste très majoritaire. C'est rassurant. 93 % adhèrent à l'idée qu'un homme responsable protège ses partenaires contre les IST, mais elle cohabite avec d'autres représentation. 40 % estime qu'un vrai homme doit garder le contrôle et oser prendre des risques y compris sexuels.

Et surtout l'idée euh l'étude met en évidence des attitudes problématiques autour du consentement et de la contrainte. 38 % estiment qu'un homme ne peut être tenu responsable si la femme ne dit pas explicitement non. Plus globalement, on voit apparaître dans nos résultats trois mécanismes cohérents.

Une conception restrictive du consentement assimilé à l'absence de non explicite, c'est ce 38 %. Une valorisation du contrôle masculin dans l'acte sexuel. 40 % pensent qu'un vrai homme doit garder le contrôle, ce qu'on disait tout à l'heure, et parfois une requalification de la contrainte en injustice subie, l'idée de on me l'a imposé qui permet de rationaliser cette transgression.

Dans cette logique, le résultat sur le steel signe est particulièrement préoccupant. 11 % déclare comprendre qu'on retire un préservatif sans prévenir son ou sa partenaire. Et ce chiffre monte à 18 % parmi les 25 34 ans et à 34 % parmi ceux qui adhèrent au contenu masculiniste.

Ce résultat, il ne signifie pas que ces hommes revendiquent une violence sexuelle, mais il traduit une confusion profonde sur le statut du préservatif. C'est à la fois un outil de prévention et une condition du consentement. C'est un signal d'alerte majeure à l'intersection des violences sexuelles et de la prévention VIH IST.

Le préservatif concentre d'ailleurs ses tensions euh dans le fait que on a une perception positive qui reste majoritaire. 81 % on une image positive principalement comme une protection indispensable 61 % ou comme une marque de respect envers le ou la partenaire 20 %. Mais des représentations virilistes persistent. 27 % disent se sentir plus puissants lorsqu'ils n'en mettent pas. 25 % estiment euh que les femmes doivent respecter les hommes qui ne veulent pas porter de préservatif.

C'est 32 % parmi les 25 euh les 16 34 ans pardon et 50 % parmi ceux qui adhèrent au contenu masculiniste. 13 % associent le préservatif à un manque d'assurance. Ces chiffres montrent que la prévention n'est pas seulement une question d'accès ou de connaissance, elle se joue dans un rapport de norme et parfois dans un rapport de pouvoir.

Cela rejoint un autre résultat important, le maintien d'un double standard sexuel et de jugements moraux sur la sexualité des femmes. 42 % considèrent qu'un homme qui multiplie les partenaires est un séducteur. Mais dans le même temps, 38 % estime qu'une femme qui en fait de même ne se respecte pas. 22 % interprète on pourrait espérer que ça évolue surtout on le voit d'autres données appuient cette idée que il y a un double standard 22 % interprète un résultat positif aux IST chez chez une femme comme le signe d'une sexualité trop active. 27 % parmi les 25 34 ans, 51 % parmi les hommes qui adhèrent au contenu masculiniste.

Ces représentations fragilisent la prévention. Elle passe sur la communication, elle renforce des asymétries dans la négociation du préservatif et elle déplace la responsabilité sur les femmes au détriment d'une prévention fondée sur la coresponsabilité et l'explication. Sur les espaces numériques eux-mêmes, nos données montrent qu'ils ne sont pas seulement un lieu de diffusion, mais un lieu de socialisation.

Il fonctionne comme un espace d'exposition à des contenus normatifs, comme un espace de normalisation parce qu'à force de répétition, certaines idées deviennent familières et comme un espace d'autorenforcement via l'entre soi et les logiques communautaires. Sans prétendre analyser techniquement les algorithmes, nos résultats sont cohérents avec plusieurs mécanismes favorables à la viralité. Les formats cours émotionnels personnalisés adapté aux plateformes vidéo comme j'en ai déjà parlé et surtout cette promesse de réassurance identitaire.

On te dit enfin la vérité, tu n'es pas seul que l'on retrouve dans les items mesurés. Par exemple, ceux qui connaissent ces contenus, 37 %, ils trouvent un sentiment de réassurance sur leur identité masculine. 48 % parmi les 25 34 ans.

Et 40 % estiment avoir trouvé des contenus qui disent enfin la vérité, 51 % parmi les 25 34 ans. Enfin, ces contenus s'accompagnent souvent d'une logique de conseil pratique. 32 % des hommes qui connaissent ces influenceurs déclarent avoir déjà tenté de mettre en pratique certains conseils issus de ces comptes pour devenir, je cite, un homme meilleur, 41 % parmi les 16 34 ans.

Dans notre dispositif, nous avons aussi mesuré la notoriété et le suivi de plusieurs figures. Alexis Chens, Papacito, Tais Descuffon et d'autres. Ces trois-là figurent parmi les plus connus entre 28 et 23 % et parmi les plus suivis entre 13 et 9 %.

L'idée ici n'est pas de personnaliser le débat, mais de rappeler que ces figures constituent des points d'entrée identifiables et que leur audience n'est pas marginale. Enfin, du point de vue des politiques publiques, notre étude invite à traiter le sujet comme un enjeu de prévention, d'éducation et de santé publique et pas uniquement comme une question de radicalité idéologique. Très concrètement, ce que suggèrent nos résultats, c'est qu'il faut travailler à la fois sur des repères relationnels et sexuels plus clairs, car une majorité dit ne plus savoir quoi dire ou quoi faire, sur une prévention qui soit audible dans un contexte de conflit de norme et qui intègre la question du pouvoir autour du préservatif et une présence renforcée dans les espaces numériques qui sont devenus centraux dans la socialisation sexuelle des jeunes. 37 % des moins de 35 ans citent les réseaux comme première source externe. 66 % connaissent au moins un influenceur.

En matière de recherche à venir, au-delà de l'idée de barométriser par exemple cette étude pour voir comment les perceptions évoluent dans le temps, l'enjeu serait surtout de mieux comprendre les parcours d'exposition et les points de bascule. Ces trajectoires individuels aussi dont nous parlions mais que nous n'avons pas mesuré. Qu'est-ce qui fait qu'un jeune homme passe de contenu conseil à une lecture plus conflictuelle des rapports femmes-hommes ?

Et qu'est-ce qui au contraire permet de rendre des messages de prévention et de consentement plus audible ? Au final, on voit que le masculinisme apparaît dans nos données comme un un symptôme, un amplificateur et un facteur de risque en matière de santé sexuelle. Un symptôme parce qu'il s'encre sur un malaise préexistant, stigmatisation et perte de repère.

Amplificateur parce qu'il repose il propose des repères simples et virilistes et renforce un conflit de norme culpabilisation autour du consentement. Enfin, facteur de risque parce qu'il s'associe à des signaux concrets sur la prévention et le consentement. Reconsidération du préservatif et tolérance au Steelsing.

Merci beaucoup. Merci beaucoup. Je pense qu'on aura pas mal de questions euh à vous poser tout à l'heure, mais euh avant cela, je donne la parole à Mathilde Varette.

Madame la présidente, mesdames les rapporteurs, mesdames les sénatrices, je vous remercie de nous donner la parole aujourd'hui sur un sujet majeur de droits des femmes, de santé publique et d'éducation, la diffusion des idéologies masculinistes et les leviers de prévention qui pour ma part seront plutôt en milieu scolaire et universitaire. Je m'exprime à la fois ici comme infirmière de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur au contact quotidien des élèves et également comme secrétaire général adjointe du SNIX FSU. l'organisation syndicale représentative des infirmières et infirmiers de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur.

Ici, je n'aborderai pas la définition du masculinisme ayant été déjà clairement posée lors des précédentes auditions par différentes chercheuses. Mais je souhaite en revanche attirer votre attention sur ces effets concrets tels que nous les observons en milieu scolaire et universitaire et sur les leviers de prévention qui relèvent directement de nos missions. Ces idéologies touchent particulièrement les adolescents et les jeunes adultes à un âge charnière où se construisent l'identité, les relations affectives et sexuel et les représentations des rapports entre les femmes et les hommes.

Sur le terrain, les infirmières de l'éducation nationale observent que ces discours ciblent très souvent des jeunes garçons ou des jeunes hommes en situation de fragilité. Isolement social, manque de confiance en soi, difficultés scolairire ou relationnelles et un sentiment de déclassement. Le masculinisme exploite ses vulnérabilités en proposant une lecture à la fois simpliste et dangereuse du mal-être.

Il reconnaît la souffrance mais en détourne la cause vers un ennemi désigné, les femmes et le féminisme. Dans une société encore marquée par des rapports patriarcaux, cette désignation fonctionne d'autant plus efficacement qu'elle s'appuie sur des stéréotypes de genre encore très présents. Les femmes deviennent des cibles faciles, historiquement dominées et socialement rendu responsables de frustrations masculines qui relèvent en réalité de mécanismes sociaux, économiques et symboliques beaucoup plus complexes.

La femme est donc désignée comme responsable d'un système dont elle n'est pas bénéficiaire. La domination historique facilite cette mécanique de banalisation des discours misogynes et de naturalisation de l'infériorité féminine permettant une tolérance sociale plus grande aux violences symboliques envers les femmes. Le propos que je tiens aujourd'hui repose sur une observation clinique continue encadrée par un cadre réglementaire précis, en particulier la circulaire du 10 novembre 2015 relative aux missions des infirmières de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur.

Ce texte reconnaît explicitement notre rôle clinique préventif, éducatif et relationnel, mais aussi notre contribution directe à la réussite scolaire. En considérant la santé comme un déterminant majeur des apprentissages, l'infirmerie scolaire, souvent perçue comme un lieu de soins ponctuel, est en réalité avant tout un lieu de parole accessible, sans rendez-vous, sans formalité, pour quelque motif que ce soit et sous couvert du secret professionnel. Chaque année, près de 18 millions de consultations infirmières y sont réalisées.

Dans l'immense majorité des cas, il ne s'agit pas de soins somatiques mais d'écoute, d'évaluation globale et d'accompagnement. La consultation infirmière constitue un espace professionnel central dans la prévention du masculinisme. Elle permet d'appréhender l'élève dans toutes ses dimensions physiques, psychiques, émotionnell, relationnel, familial et social.

Cette approche globale est essentielle car un élève en mauvaise santé, en insécurité psychique, sous-prise ou en souffrance relationnelle n'est pas disponible pour apprendre. La santé conditionne l'attention, la concentration, l'assiduité, la confiance en soi et donc la réussite scolaire et l'intégration sociale. Les infirmières offrent un espace non jugeant, sans injonction viriliste et travaillent sur l'estime de soi, la gestion des émotions, les relations respectueuses, la prévention des violences sexistes et sexuelles ainsi que la déconstruction des stéréotypes de genre.

Pour le SNX fait, prévenir le masculinisme ce n'est pas lutter contre les garçons, c'est leur offrir d'autres récits que ceux de la haine et de la domination. Cette action est rendue possible par une position singulière. L'infirmière de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur est souvent la seule professionnelle de santé présente quotidiennement dans les établissements.

Cette présence continue permet une observation dans le temps, un repérage précoce des fragilités et une intervention avant que les difficultés ne se traduisent par de l'absentéisme, du décrochage ou des conduites à risque. Les élèves ne viennent pas toujours avec une demande formulée. Très souvent, ils viennent avant même de pouvoir nommer ce qu'il traversent.

C'est précisément à cet endroit que l'écoute infirmière joue un rôle déterminant. Lorsque cette parole peut être accueillie tôt, mise en mot et reconnue, elle permet de restaurer l'estime de soi, la sécurité intérieure et donc la disponibilité aux apprentissages. Lorsque ce mal-être restera sans réponse, d'autres discours prennent le relais.

C'est ici que le lien avec le masculinisme devient central. Le masculinisme n'apparaît pas en opposition à l'écoute. Il apparaît là où l'écoute fait défaut.

Il fonctionne comme un discours de substitution. Il capte des jeunes en difficulté, souvent des garçons en perte de repère. Elle leur propose des explications simples à des vécus complexes.

Il transforment la vulnérabilité en domination, la souffrance en ressentiment et désigne les filles et les femmes comme responsables. Beaucoup d'adolescents que nous recevons ne relèvent pas de la psychiatrie. Ils traversent des expériences ordinaires mais douloureuses.

Rejet amoureux, sentiment d'injustice, humiliation, difficultés à trouver leur place dans un système scolaire exigeant. Lorsque ces fragilités ne trouvent pas d'espace d'écoute et de reconnaissance, elles deviennent un terrain particulièrement fertile pour des discours d'endoctrinement. Il est important de le dire clairement.

Le masculinisme ne transpère pas dans le vide. Il s'inscrit dans des fragilités sociales profondes. Les jeunes grandissent dans une société marquée par l'incertitude, la précarité, les inégalité social et de santé, l'angoisse du déclassement, la crise climatique, les tensions géopolitiques et une perte de repère collectif.

Beaucoup doutent de leur avenir scolaire et professionnel, de leurs valeurs, de leur légitimité. Chez certains garçons, ces fragilités se conjuguent à des injonctions violentes à la virilité et à l'absence de modèles masculins émancipateurs. Les discours masculines promettent alors de la puissance là où il y a de la puissance et de la certitude là où il y a du doute.

Les infirmières de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur sont en première ligne pour repérer les conséquences concrètes de ces discours dans l'enseignement supérieur avec moins de 300 infirmières pour l'ensemble du territoire. L'accompagnement des étudiants est fortement fragilisé alors même que les situations de violence, de contraintes sexuelles, d'emprise et de mal-être persiste, voir s'aggrave. Les situations de violence, notamment au sein des couples d'adolescents ou de jeunes adultes, sont très souvent révélées à l'infirmerie en premier lieu, les jeunes filles viennent parce qu'elles savent qu'elles seront écoutées, même lorsqu'elles minimisent les faits, même lorsqu'elles n'ont pas encore les mots pour nommer la violence.

Ces situations ont des conséquences directes sur la santé mais aussi sur la la scolarité. Absence répétée, chute des résultats, isolement, parfois décrochage. Nous constatons également une précocité inquiétante des propos masculinistes.

Des élèves très jeunes tiennent déjà des propos sexistes, justifient le contrôle, la domination et les gestes déplacés, banalise la remise en cause du consentement. Ces discours dégradent le climat scolaire, fragilisent le vivre ensemble et entravent la réussite. Un élément nouveau est que les élèves établissent ce même très tôt un lien entre ces discours et des modèles de réussite social, économique ou politique largement médiatisé.

Le masculinisme est perçu comme une idéologie globale qui dépasse la sphère intime et s'inscrit dans une vision hiérarchisée du monde. C'est précisément à cet endroit que le rôle de l'école devient décisif. L'école n'est pas seulement un lieu d'instruction, elle est un lieu d'émancipation.

Elle a pour mission de permettre à chaque élève, fille ou garçon, de se construire comme un sujet autonome, capable d'esprits critiques, de choix éclairés et de relations respectueuses. Le masculinisme, à l'inverse, n'est pas un mouvement d'émancipation. C'est un mouvement d'endoctrinement qui enferme les élèves dans des rôles rigides et hiérarchisés et compromet leur développement personnel, scolaire et citoyen.

Les infirmières participent pleinement à cette mission émancipatrice. En agissant sur la santé, en sécurisant les élèves, en restaurant leur capacité à penser et à choisir, nous contribuons directement à leur réussite scolaire, à leur capacité à se projeter dans l'avenir. Les infirmières impulsent et interviennent dans la prévention à l'éducation à la santé. conseille les équipes de direction sur les questions de santé globale et de qualité de vie scolaire, coordonne des projets de santé avec des partenaires, participe à la protection de l'enfance et contribuent à la scolarisation des élèves en situation de handicap.

Elles s'inscrivent ainsi pleinement dans la politique publique de santé de l'État du niveau ministériel jusqu'aux établissements. Dans ce contexte, l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle constitue un levier indispensable à la fois de prévention, de richite scolaire et d'émancipation. Pourtant, elle reste insuffisamment déployée, faute de moyens, de formation généralisée et d'un engagement institutionnel clair.

Enfin, je souhaite attirer votre attention sur un point structurant, la reconnaissance de la spécialité infirmière de éducation nationale et enseignement supérieur dans la loi relative à la profession infirmière qui constitue une avancée majeure. Mais à ce jour, alors même que la loi était adoptée en juin, le travail sur la mise en œuvre effective de cette spécialité n'a pas débuté ni à l'éducation nationale ni au ministère de la santé. Sans reconnaissance opérationnelle et sans moyen humain suffisant, les missions de prévention ne peuvent être pleinement assurées.

La semaine dernière, le SNIC s'est fait su avec le copile, le comité de suivi pour une véritable éducation euh à la à la sexualité, pardon, excusez-moi, à rencontrer la DG SCO, la direction générale d'enseignement scolaire. Et là, nous avons appris que 110 millions d'euros annoncés par le gouvernement pour la mise en œuvre du programme Evars ne constitue à ce stade euh que l'évaluation de la charge salariale théorique pardon théorique nécessaire pour assurer ces séances sans création de poste, sans plan de formation ambitieux et sans garantie de déploiement sur l'ensemble du territoire. Dans ces conditions, le risque est grand que l'éducation à la sexualité reste inégalement appliquée, dépendante de l'engagement individuel des personnels et insuffisante face à la puissance des discours masculinistes diffusés en ligne.

Or, la lutte contre les idéologies masculinistes ne peut reposer uniquement sur des réponses sécuritaires ou répressives. Sans prévention, on traite les effets, jamais les causes. Investir durablement dans la santé, l'écoute et l'éducation, c'est agir en amont avant que la violence, le décrochage ou la radicalisation ne s'installe.

Le masculinisme, comme on l'a vu précédemment, n'est ni marginal ni anodin. Il est le symptôme des fragilités individuelles et collectives et un signal d'alerte sanitaire, éducatif et social. Les infirmières de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur sont en première ligne.

Nous voyons, nous entendons, nous accompagnons souvent bien avant que la violence ou l'échec scolaire ne s'installe durablement. Mais sans moyens suffisant et sans une institution pleinement engagée dans son rôle émancipateur, la prévention et la réussite scolaire ne peuvent pas tenir. Je vous remercie pour votre attention.

Merci beaucoup. Euh avant de passer la parole à mes collègues rapporteurs, je vais euh poser quelques questions et et qui porte plutôt sur l'étude d'opinion pour savoir si vous avez vu des différences par exemple entre urbain rural, jeune qui fait des études, jeunes qui fait pas des études. C'estàd sociologiquement malgré tout, est-ce qu'il y a des des jeunes plus sensibles ou plus cibles que d'autres ? et et de la même façon, est-ce que vous avez étudié les différents types de masculinisme ?

Parce que je pense qu'on pourrait mettre un S à masculinisme parce que entre les inselles, les mytos, enfin, on commence maintenant à à naviguer dans ce monde qui est quand même très différent. C'est c'est quand même plusieurs plusieurs mouvances. Et puis ensuite, bah une question c'est comment renforcer la présence d'un autre discours sur les réseaux sociaux en sachant que évidemment on pourrait se dire que on contraint mais ça je pense qu'on arrivera jamais enfin ça sera très compliqué.

Ça veut pas dire qu'on va pas se battre pour le faire mais donc qu'est-ce qu'on peut faire pour avoir plus de présence ? qui pourrait essayer d'avoir plus de présence sur les réseaux sociaux pour avoir ce contrediscours que vous portez et comment mieux relayer éventuellement ce contredis dans un premier temps puis je donnerai après la parole à mes collègues. Je vais répondre sur les les deux premières questions.

Je crois que sur la troisème question Hélène a a un point intéressant euh sur les différences socio-démographiques. Ce qui nous a interpellé aussi, c'est vrai que je l'ai pas mentionné, c'est la différence en fonction du niveau de diplôme qui est assez importante où on voit que les personnes moins diplômé adhèrent davantage au contenu masculiniste, au propos des contenus masculinistes. C'est assez parlant à la fois sur les normes virilistes, sur l'adhésion et le besoin de réassurance identitaire notamment sur les contenus et le sentiment de de trouver des contenus qui disent enfin la vérité.

Euh également des différences entre urbains et mais qui sont moins flagrantes euh et finalement plus homogène mais une petite prédominance quand même parmi les ruraux. sur les types de masculinisme. C'est effectivement un point très intéressant et qu'on a pu observer aussi notamment dans le dans le rapport du HCE avec les deux types qui ont été identifiés entre sexisme.

Alors c'était du sexisme, sexisme paternaliste et hostile. Euh dans notre étude, nous n'avons pas fait nous n'avons pas eu cette démarche. effectivement, elle est intéressante et c'est pour ça que je disais dans à la fin de ma présentation qu'il serait intéressant de de justement investiguer ces ces dimensions là dans une prochaine étude, éventuellement dans le cadre d'une étude barométrique qui viendrait être enrichie par différentes dimensions pour creuser ces aspects-là.

Alors concernant qui pourrait avoir plus de présence sur les réseaux sociaux, je vous l'ai dit déjà les structure qui apporte de l'information vérifiée et des contrediscours et et vraiment ces règles de méta elles sont absolument délétaires. Je vous donne un exemple, on a fait une vidéo sur l'information sur les modes de transmission du VIH. À l'occasion du 1er décembre, on a fait 8500 vues.

La vidéo que vous avez vu qui euh remet en cause le préservatif plein de perturbateurs endocriniens, il a été retransféré 6600 fois. Voilà. Donc en fait, on est vraiment sur des sur des sur des niveaux qui sont extrêmement extrêmement divers et et tant qu'on pourra pas avoir vraiment une place importante de ces contreddisours, ça va être compliqué.

Donc oui, il y a effectivement les acteurs de prévention d'information, les associations féministes. Effectivement, on sait que sur les réseaux sociaux, ce qui marche, c'est aussi d'avoir des personnalités qui prennent ces sujets-l à bras le corps et qui s'expriment. Je parlais de la place des hommes, on commence à voir quelques hommes qui effectivement s'exposent et prennent la parole sur ces questions euh et qui le font plutôt bien, mais c'est encore beaucoup trop peu face à la déferlande d'influenceur masculiniste.

Euh et sans doute qu'il faudrait travailler davantage justement à avoir des influenceurs, des hommes qui sont influents, que ce soit des stars de la chanson, que ce soit voilà qui qui permettent justement de porter ses discours, ça paraît indispensable effectivement. Après, sans doute que voilà, des spécialistes des réseaux sociaux encore une fois pourraient peut-être amener des des compléments d'information sur ce sujet. Merci madame la président Laurence Rossignol.

Merci euh à vous trois pour vos travaux, présentations, vos recherches. J'ai effectivement une une un de questions euh pour bah pour vous trois en fait. Euh la première, mais je suis pas sûre que c'est pour dire qu'il va falloir qu'on travaille là-dessus.

Et ce qui m'y fait penser, c'est quand vous proposez qui a une viralité alternative à la viralité masculiniste, c'est quoi le chiffre d'affaires du masculinisme sur les réseaux sociaux et c'est quoi le chiffre d'affaires de la prévention sanitaire et du féminisme sur les réseaux sociaux ? Et je n'ai pas les chiffres, mais je suis absolument convaincu que c'est un cheval une alhouette. Et le féminisme, ça rapporte pas.

Le ça rapporte pas, ça rapporte business. En revanche, ce serait intéressant qu'on arrive à identifier quels sont les les chiffres le chiffre d'affaires de tout ça. Puis quand même, faut jamais oublier que toute cette histoire de réseaux sociaux est quand même une histoire de business, voilà.

Et pas simplement de diffusion, d'idéologie. Euh ça c'était ma première suggestion pour nous toutes de travailler là-dessus. Ensuite, j'ai une question pour vous madame la pour Mathilde Varette.

Euh est-ce que dans votre observation clinique du harcèlement scolaire, vous arrivez à identifier pas statistiquement mais empiriquement la part du masculinisme dans le harcèlement scolaire ? aussi bien harcèlement dont les filles que les et les garçons sont victimes. Euh ma troisème remarque, c'est plutôt une c'est une contradiction qui qui m'étonne enfin qui tout le temps me frappe un peu chez les masculinistes, c'est qu'à la fois ils mettent en valeur la souffrance qui est liée au stéréotype qui pèse sur les hommes.

Voilà, j'ai vu des vidéos. Voilà, un homme il faut qu'il soit fort, faut qu'il soit riche, il faut que ce soit su et en même temps la défense de ces stéréotype c'estàd que leur mouvement s'inclut dans la défense des stéréotypes dont eux-mêmes se disent des victimes. Euh il y a quelque chose que dont j'arrive pas à total enfin je vois qu'il y a un coin là et je sais pas comment on le prend.

Euh 3e sujet euh 4e pardon 4e sujet euh vous n'en avez pas parlé euh c'est la place euh du porno et de la consommation de porno dans euh la diffusion et l'adhésion au stéréotypes masculiniste et en particulier chez les moins de 35 ans puisqu'on a chez chez les moins de 35 enfin entre les 20 25 35 une génération bien formée au porno. Et enfin, il y a une troisième, vous avez fait le lien entre masculinisme et extrême droite, racisme, antisémitisme, mais j'observe que ça que ça intervient en même temps d'une offensive religieuse et cléricale forte sur nos sociétés qui est assez qui est multi de plusieurs sources. Euh est-ce qu'on peut identifier euh la part euh des convictions religieuses dans euh les euh jeunes hommes les plus soumis aux stéréotypes masculiniste ?

Je vous invite à répondre et puis ensuite Olivier Richard posera ses questions. Merci pour ces questions. Sur le chiffre d'affaires d'évidence, je n'ai pas d'information malheureusement mais c'est une question qui est intéressante et où je vous rejoins complètement sur les poids différents que ils doivent avoir aujourd'hui.

Sur les souffrances liées au stéréotypes alors même qu'ils s'inscrivent dans cette mouvance. C'est globalement euh ce que j'appelle euh quand je je présentais les résultats, c'est ce conflit de normes à la fois euh des norme où on considère que euh on doit protéger son ou sa partenaire mais en même temps un rapport de domination. C'est un exemple en fait, on n'est pas à à une contradiction près et c'est normal hein, c'est la nature humaine d'être dans un paradoxe permanent, mais effectivement à la fois se plaindre de stéréotype et d'être de se poser en victime et de retourner la situation, c'est typique justement de ce principe de masculinisme pour défendre une place, un statut qui aurait été perdu, un déclassement et c'est une illustration même justement et c'est le cœur du masculinisme.

Donc c'est une remarque qui est qui est juste mais qui qui est fondatrice finalement de de ce mouvement, de cette mouvance sur la place du porno dans l'adhésion euh au contenu masculiniste et au masculin masculinisme de manière générale. C'est vrai que dans cette enquête, on ne l'a pas euh on l'a pas testé. On avait déjà une enquête assez longue euh et c'est important de de garder une une longueur de questionnaire raisonnable.

Euh en revanche, on a pu réaliser avec Openway euh différentes études, que ce soit pour la maison des femmes, que ce soit pour apprenti d'auteuil sur notamment la consommation de pornographie. Et on voit on voit bien quand même qu'aujourd'hui l'impact que ça a sur les représentations, mais je vais je vais rien vous apprendre mais l'impact que ça a sur les représentation en chiffre, elle est elle est elle est saisissante que c'est une source d'information qui reste qui n'est pas forcément prioritaire dans le sens ce n'est pas la première source d'information mais elle est importante et surtout ce qui est très notable c'est l'âge auquel on est pour la première fois exposé au contenu pornographique Alors même que c'est un âge où on n pas forcément encore de séance des varses. Et donc on a un discours qui va dans un sens qui explique enfin un discours des images en tout cas des contenus qui donne des idées, une représentation de la sexualité, des sexualités tandis que des discours qui viendraient euh nuancés, modérer, euh donner un cadre juste à cette interprétation et bien elle n'arrive pas encore assez à rentrer dans les écoles.

Donc on voit bien le la le problème que pose la pornographie aujourd'hui quand c'est une des premières sources d'information à un âge qui est bah justement au moment de de la scolarité dans les collèges à partir de 10 ans où c'est une une exposition qui est importante. Euh je voulais peut-être justement en profiter pour passer la parole à Mathilde. Alors euh effectivement la pornographie, ça fait partie de d'une manière de s'informer euh des élèves quand effectivement on travaille sur l'éducation à la vie affective et sexuelle.

C'est un sujet qui ressort très très régulièrement. Les inquiétudes des jeunes garçons, c'est souvent la taille de leur pénis, hein. Clairement, c'est des questions qui nous posent très régulièrement.

Euh donc effectivement lors de ces séances, on reprend ce que la pornographie on réexplique. Euh par contre par rapport au lien avec le masculinisme, euh alors pour les infirmières pour l'instant c'est un lien qui est compliqué à faire. Alors, d'une part bah par le manque de formation des infirmières de l'éducation nationale, euh c'est quelque chose le masculinisme que c'est un terme qu'on voit apparaître quand même assez récemment et euh nous on va faire effectivement du lien avec le on va dire le sexisme, la misogénie, le harcèlement, mais le masculinisme en tant que tel, c'est beaucoup plus compliqué de faire de faire le lien pour les infirmières.

Donc euh avoir même de façon empirique un chiffre entre le harcèlement et euh les réseaux masculiniste euh c'est quelque chose qui est compliqué à avoir. Pas les réseaux je pardon, je pensais pas au réseau, je pensais plutôt euh à euh ce que ça porte sur quel est dans le harcèlement scolaire euh que les jeunes se que les lycéens ou les collégiens s'infligent entre eux. Hm hm.

Euh quelle est la part justement qui n'est pas lié au réseau mais qui est inspirée sexisme en fait plus que masculinisme c'est sexist dévalorisation des filles, assignation au stéréotype ce qu'on a évoqué tout à l'heure voilà la fille facile, la réputation et cetera. C'est je pensais plutôt à ça qu'au réseau. D'accord.

Alors oui, effectivement c'est des termes qu'on entend très régulièrement. Oui, quand on discute avec les jeunes, pour vous, un garçon qui a beaucoup de copines, qu'est-ce que c'est ? Souvent ça ressort, c'est un donjuant, c'est un séducteur.

Et la jeune fille qui a beaucoup de copains d'aventure et ben c'est je vais dire les termes cruments, hein. C'est une c'est une Voilà, donc ça c'est encore des choses qu'on entend très régulièrement lors des séances d'éducation à la sexualité. Et effectivement euh le harcèlement, je pense que ça les jeunes vont moins bien et donc ça les incite s'il n'y a pas de réponse à l'école en tous les cas ou de structures adaptées à aller sur donc les réseaux sociaux, se renseigner sur les réseaux sociaux et il se retrouve très rapidement sur les réseaux masculinistes et il cherchent à ressembler en fait à ces influenceurs qui donnent une image parfaite d'eux et qui leur disent clairement euh eh et bien moi j'étais pas bien à ton âge, j'allais pas bien depuis que je fais ça, ça je vais beaucoup mieux et euh donne cette image euh qui est effectivement paradoxale par rapport euh à leur discours.

Ah oui, excusez-moi. Oui, pardon. Euh bon, sur la question du chiffre d'affaires du masculinisme, bien évidemment, je n'ai pas de réponse.

Euh je le disais, on n'est pas pied à pied dans cette dans cette bagarre là. Donc donc voilà. Mais effectivement, c'est une histoire de business et et là les réponses sont complexes.

Euh on l'a dit euh sur les questions de contradiction, je crois que c'est aussi tout le principe des masculinisme comme vous l'avez dit parce que même entre eux, ils sont contradictoires, entre les pickup artistes qui vont aller chercher de la conquête féminine et promouvoir des relations sexuelles à Touva et d'autres qui vont être au contraire dans surtout pas de relation avec les femmes parce que c'est extrêmement problématique. C'est un mouvement qui se contredit aussi en permanence et c'est toute la difficulté, c'est que finalement justement construire les contre disccours sur quelque chose qui est aussi friable je dirais et et parfois très antinomique, c'est difficile. Donc on peut effectivement aller sur les normes, sur les valeurs, après sur le détail de ce qui est prené par les masculinismes.

Il y a ces contradictions qui sont extrêmement compliquées et comme le disait Mathilde, c'est vrai que le manque de de compréhension de ce phénomène là aussi par les les acteurs de terrain parce que finalement c'est assez récent et il y a assez peu d'outils qui permettent de répondre, ça fait partie effectivement des difficultés pour pour s'adresser à cette problématique. Bon, la place du porno dans la consommation, on en a parlé. Juste pour renforcer ce qui a été dit, je crois que la moyenne d'âge de première exposition à la pornographie en Île-de-France des jeunes garçons, c'est 10 ans.

Donc voilà, effectivement, on est aussi sur des des jeunes qui sont exposés extrêmement tôt et souvent bien évidemment avant même d'avoir eu un un discours sur les Vars. Donc ça c'est fondamental sur la question de l'offensive religieuse et cléricale sur nos sociétés, c'est pas du tout quelque chose effectivement qui a été traité. Euh moi, je parlerai de de régression et de de phénomènes réactionnaires global, hein, qu'on voit à peu près dans toutes les dimensions en France et à l'international.

Euh et effectivement avec aussi des postures euh euh virilistes, masculinistes euh qui sont promues hein notamment par des leaders politique et cetera qui sont extrêmement inquiétantes. Euh donc moi je le mettrai plus sur cette tendance globale. Épargnons les religions.

Olivia Richard. Merci présidente. Laurence Rossignol nous a envoyé un un article cette semaine d'eux même euh sur une pratique sexuelle novatrice qui se répand à savoir l'étranglement qui serait une des causes majeures de d'AVC chez les femmes de moins de 40 ans.

Donc ça c'est réjouissant. ainsi que alors je sais plus si c'est toi ou quelqu'un je ne sais plus qui sur cette ce journaliste au Canada qui a fait une enquête un an après le procès pélico euh et qui c'est toi aussi c'est une source d'information euh très importante pour nous Laurence Rossignol qui montrait que en quelques heures une centaine d'hommes s'étaient portés volontaires pour venir violer sa femme fictive endormie donc on voit bien que en effet le lien entre de santé publique et santé publique sexuelle et masculinisme me semble tout à fait pertinent euh inquiétant. Euh comment à l'heure de l'information si facile ces ces boucles obscurantistes peuvent-elles autant prospérer ?

C'est quand même un peu agaçant parce que tout ça pour ça. Bon, il n'en reste pas moins que j'avais quelques questions. Nous sommes allés hier au rendu du rapport du HCE qui a s intéressé aux mêmes questions que nous et euh des chiffres nous ont été donnés puisque ils ont travaillé sur cette notion de sexisme hostile ou protecteur.

C'est donc pas tout à fait le même angle, même si en effet si c'était intéressant. Euh Opinion Way s'est intéressé, de ce que j'ai compris, aux hommes enfin aux garçons et hommes, jeunes hommes, mais donc pas les femmes. Et ne vous sent ne vous semblerait-il pas intéressant de de regarder comment les filles dont on avait compris l'année dernière que en parallèle en miroir elles étaient de plus en plus féministes et néanmoins, on apprenait hier que 8 % des femmes considéraites en écho au 13 ou 14 % des hommes qu'une femme ne pouvait pas devenir présidente de la République.

Euh voilà. Est-ce que c'est quelque chose de générationnel qui est destiné à s'éteindre ou est-ce que c'est quelque chose qui revient et y a-t-il peut-on mesurer un mouvement trades en France ? Euh première question.

La deuxième, je rebondis sur l'âge de l'entrée dans le porno à 10 ans en Île-de-France. En général, c'était plutôt 13 ans. Votre enquête, madame, commence à 16.

Je reviens de Berlin où j'ai pu échanger avec des élèves de première pendant seulement 1hure et demi, ce qui est un petit peu long pour maintenir l'attention. Euh j'ai pas noté de de propos particuliers euh et la proviseur de l'établissement qui est allemande m'a confirmé que elle elle observait des propos inquiétants beaucoup plus tôt et qui avait tendance à disparaître parce que quand même quand on leur parle ça passe. Ce qui était émin.

Alors est-ce que c'est le cas ? Non puisque ça revient à 25. Donc pourquoi euh Mais donc est-ce qu'avant 16 ans on peut essayer de de mesurer ?

Est-ce que lutter du coup aussitôt sert à quelque chose si la prévalence du phénomène s'accentue à partir de 25 ? Comment on s'adresse à ces gens-là ? Parce qu'on voit pas le rapport avec l'école.

Si bon voilà cette question là. Et ensuite, vous nous avez parlé du lien avec l'idé les idéologies d'extrême droite, que les choses soient claires euh puisqu'on entend beaucoup que les extrêmes se rejoignent. Quels sont euh y a-t-il d'autres euh euh partis politiques pour qui votent les masculinistes ?

Merci. Qui répond sur les femmes déjà ? H oi.

Alors, sur le fait de s'intéresser aux femmes, évidemment, c'est un point très intéressant. C'était pas le cadre de cette étude en l'occurrence. En revanche, nous avons réalisé d'autres études où nous interrongeons les hommes et les femmes.

Et ce qu'on observe euh est assez intéressant aussi dans le sens où effectivement on observe alors je sais pas si ce qu'on a observé c'était plus de féminisme, en tout cas plus de progressisme chez les femmes, plus d'ouverture d'esprit et en tout cas une tendance à aller davantage dans ces directions. mais dans le même temps, une réelle imprégnation d'une culture de code masculin qui reste important et qui montre que globalement c'est sur un indicateur par exemple il me semble sur le fait qu'un homme puisse être violent mais tant que ce n'est pas physiquement avec une femme ce n'est pas grave. C'était ça et les chiffres demeuraient malgré tout importants aussi auprès des femmes.

Donc ce n'est pas parce qu'il y a une dynamique vers progressisme ou plus de féminisme au sein d'une population et notamment en l'occurrence la population des femmes qu'il n'empêche que des représentations qu'elles ont connu à travers des fictions, à travers des récits, à travers de la pornographie aussi puisse persister dans leur imaginaire, dans leur représentation. et dans les normes auxquelles elle se réfèrent. Euh ça c'est la première chose.

Je voudrais revenir aussi sur cette enquête de du Gomenier, je crois au Canada qui montrait quand même donc en 48 he je crois que c'était 105 hommes s'étaient portés volontaires pour disons-le violer sa femme fictive que seul trois se sont préoccupés d'un éventuel consentement dont un qui a dit je profiterai donc d'elle endormie ce qui est glaçant alors évidemment il y a eu des signals allemand. Donc on ne les compte pas dans les hommes répertoriés, mais on voit bien en tout cas que un sujet qui a quand même fait le tour du monde avec l'affaire Pélico ne provoque pas un bouleversement immédiat. Donc on a beau entendre du neutal man en fait il n'y a il y a toujours une difficulté de prise de conscience et des réactions qui demeurent.

Donc, il y a une éducation à faire, mais l'éducation, elle prend du temps. Ce qui m'amène au point avant 16 ans, est-ce qu'on peut mesurer ? Et est-ce que ça sert d'avoir une action à avant 16 ans ou en tout cas jeune à l'école si ça revient à 25 ans ?

La première chose, avant 16 ans, est-ce qu'on peut mesurer ? Donc là, c'est vraiment d'un point de vue technique que je vais vous répondre. Oui, on peut mesurer.

Mais la limite et dont on nous avions discuté avec S d'action, c'est qu'avant 16 ans, quand on réalise de l'interrogation en ligne, on doit passer par les parents. Euh ce qui crée une vraie limite dans ce type de sujet euh où déjà la discussion est limitée. Dans une une étude qu'on avait réalisé pour euh la maison des femmes, euh 27 % des parents, il me semble, disaient parler de sexualité avec leur leurs adolescents. 27 % c'est très faible.

Donc imaginez répondre à des questions sur le consentement ou autre avec ses parents à côté euh ça va biaiser. C'est pour ça qu'on a fait le choix de commencer à 16 ans. La question s'est posée de savoir quel était le seuil.

C'est possible, c'est pas forcément ce qu'on recommande ou en tout cas il faut un une autre méthodologie. Ça c'est la première chose sur le point technique. Est-ce que ça sert ensuite ?

Alors ça c'est mon point de vue de sondeuse et je laisserai mes camarades répondre aussi. Est-ce que ça sert d'intervenir aussitôt quand ça revient à 25 ans ? Oui, évidemment.

Euh pourquoi ? D'une part, parce que si des des jeunes hommes de 25 à 34 ans ont euh adhèrent à ces contenus, c'est aussi des jeunes hommes de 25 à 34 ans en 2026 qui ont grandi avec des représentations des normes qui infusent encore. Il faut aussi avoir ça à l'esprit.

C'est une histoire de d'époque aussi. Euh pourquoi ça sert ? Parce que je reviens à ce que je disais tout à l'heure, quand on a des parents qui ont des difficultés à parler de sexualité avec leurs enfants, on peut le comprendre, c'est pas forcément évident comme dialogue, que les Vars n'est pas suffisamment présent aujourd'hui dans les écoles, que la pornographie est un canal important, que les réseaux sociaux sont un canal déterminant dans la connaissance et l'apprentissage des normes qui vont être retenues en terme de sexualité.

Euh oui, il faut pousser, il faut se donner les moyens de changer la donne et justement d'avoir de de changer l'équilibre aujourd'hui pour avoir des discours qui permettent de rationaliser et de donner des normes justes aux jeunes hommes mais aussi aux jeunes femmes. Les jeunes hommes et les jeunes femmes ont les mêmes discours, ont la même exposition aux réseaux sociaux, ont la même exposition alors avec des contenus différents bien sûr, mais ont les mêmes séances des vares ou non. Mais les jeunes femmes ne tiennent pas ces discours là à tel point.

Néanmoins, on voit aussi quand même une porosité sur euh leur rôle et le rôle des hommes. Et c'est déterminant et c'est un point qui est aussi important à investiguer aujourd'hui. Mais les quand on voit infin dans les résultats justement de dans les statistiques et là hors sondage vraiment les statistiques publiques en terme d'agression sexuelle, de viol, ce sont des hommes, ce ne sont pas des femmes.

Donc c'est aussi là où l'enjeu se situe, c'est éduquer les jeunes hommes pour que il n'y ait pas de glissement vers des agressions, des viols, des violences sexuelles et que le consentement opère. euh éduquer les jeunes femmes pour qu'elles revendiquent aussi leurs droits. Et pardon, dernier point sur les autres parties.

Euh concrètement, on voit que euh je je vais dire assez globalement, mais pour les partis situées à la gauche de l'échiquier politique, tous les chiffres sont globalement meilleurs que à l'extrême droite. C'est vraiment à l'extrême droite où on voit que ça décolle. Après, même si notre échantillon était conséquent, sur certains partis, on ne voit pas euh on n' pas suffisamment de d'effectif euh parce que trop de personnes se sentent proches trop peu de personnes se sentent proches de ces parties.

Mais on voit vraiment une polarisation entre gauche et extrême droite avec un un centre et une droite plus neutre sur ces sujets là. Ça ça vraiment c'est il y a un effet croissant en allant à l'extrême droite et ceux qui ne se sentent proches d'aucun parti sont plutôt euh ont des opinions relativement similaires aux personnes qui se situent à gauche de l'échiquie politique. sur les questions de masculinisme, j'entends euh oui, juste quelques points pour pour compléter ce qui a été dit sur la façon dont les filles se positionnent.

Effectivement, on lisait de toute façon, c'est vraiment des sujets à explorer. Il faut il faut réaliser davantage d'études pour le comprendre. Sans doute qu'il y a aussi un phénomène qui est un phénomène de se faire accepter.

C'est-à-dire que en tant que femme, le besoin de se faire accepter par les hommes constitue une adhésion à ces thèses au moins en apparence, même si finalement c'est plus du déclaratif que vraiment quelque chose qui est qui est intrinsèque. Mais mais voilà et notamment pour les plus jeunes, les femmes qui veulent être reconnues par les garçons, finalement elles ont aussi euh très peu de possibilités autres que de dire "Ah bah ces normes-là, elles sont super." Donc ça forcément que ça joue, c'est pas la seule chose mais ça joue euh bien évidemment sur le le fait de d'aller tôt et d'avoir des des des Vars en fait qui arrivent tôt, on l'a dit hein, c'est de la prévention, c'est le fait aussi d'anticiper l'avenir.

Alors sans doute qu'il y a aussi ces hommes de plus de 25 ans, ils ont été exposés à des contenus et notamment je pense à des contenus culturels he des films, des séries et cetera qui ont aussi prené un certain nombre de valeurs qui sont en évolution. Aujourd'hui, hein, on voit sur les contenus pour les jeunes dans les dessins animés et cetera, des normes qui sont quand même euh vraiment en évolution avec des filles beaucoup plus puissante, avec des rapports hommes-femmes beaucoup plus égalitaires et respectueux. Donc ça ça joue forcément.

Euh euh mais oui, je le disais, c'est c'est un paris sur l'avenir et c'est aussi engager l'avenir. Euh dans les Vars, nous ce qu'on trouve intéressant, c'est aussi euh euh ce qui est euh la rationalisation des finances publiques euh et euh et finalement la la prévention des coûts qui sont liés aux futures violences sexistes et sexuelles, aux IST, aux grossesses précoces, aux discriminations, qu' s'agissent de dépenses de santé, de police, de justice ou de protection sociale. Arriver en amont bien évidemment c'est permettre d'endiguer tous ces phénomènes.

Oui. Bah je ne peux que confirmer tout ce qui a été dit précédemment et puis oui, on parle effectivement de jeunes qui ont 25 ans et il faut savoir quand même que ces dernières années seul 15 % des jeunes ont pu bénéficier d'éducation à la vie affective relationnelle et sexuelle. Donc euh voilà, on espère effectivement enfin je suis persuadée que la prévention aura un impact sur la jeunesse qui arrive et qu'il est vraiment important d'investir sur cette jeunesse pour pouvoir faire des économies dans l'avenir que ce soit voilà tout ce qu'a dit Hélène précédemment sur la santé notamment qui est plus mon domaine et l'éducation.

Je pense que le niveau de diplôme ce qui a été dit aussi tout à l'heure a un impact important. Nous, on peut le voir par exemple dans tout ce qui est lycée professionnel, il y a beaucoup plus de de difficultés sans vouloir les stigmatiser, hein. Mais on sent que le le niveau de diplôme a un impact et l'esprit critique pour les jeunes non diplômés sont plus compliqués à est plus compliqué à avoir sur les les réseaux sociaux.

Marie-Pierre Monier. Merci présidente. Alors d'abord moi je vous remercie pour vos propos, vos analyses, votre étude, le sondage même si on parlait avec ma voisine, ça ne nous met pas le moral est qu'on sent vraiment que enfin c'est déprimant.

Oui, tout à fait. et qu'il faut vraiment agir. On peut plus rester comme ça parce qu'on voit vraiment une montée en puissance et il faut faire quelque chose.

Alors je je reviens sur les Vars. La présidente a posé le cadre quand elle a pris la parole et vous en avez parlé. Ça fait très longtemps à la délégation droits des femmes que nous portons ce sujet.

Nous le portons aussi. Moi je suis membre de la commission culture et je m'occupe d'éducation. J'étais profe ma vie.

J'ai interpellé plusieurs ministres sur le sujet. J'ai quelques inquiétudes. C'est vrai que le programme a été défini, que ça a cadré et rendu les choses obligatoires.

Pour le moment, on sait pas si elles le sont vraiment. Je suis inquiète du fait qu'on est enlevé parce que pour le primaire, pour le premier degré, c'est les vares et il n'y a pas le S justement. Or euh c'est quelque chose d'important parce que je suis convaincue comme vous l'avez dit que il faut parler, il faut que les jeunes se parlent, il faut parler de ces sujet parce que c'est toute leur façon de vivre après même la relation entre eux, entre elles, avec leur futur amoureux amoureuse.

Enfin, c'est tout un cadre qu'on met en place et qui est indispensable. Je suis aussi inquiète du fait qu'on ait éloigné les associations de cet enseignement parce que moi je vis en ruralité. Euh je sais qu'il y a le planning qui est là qui joue ce rôle et des associations et c'est un moyen pour eux de les faire rencontrer les jeunes et que les jeunes après puissent aller.

Je parle de ruralité parce qu'il y a peu de structures par rapport à la ville où les enfants vont pouvoir avoir peut-être d'autres endroits chez nous. C'est très ciblé et si on on ne leur permet pas de venir ça sera un gros problème. Et enfin sur ce sujet de l'évar oui le programme a été mis en place.

Je suis pas certaine que l'ensemble des enseignants a été formé. Quand j'ai posé posé au ministre la question de justement la ligne budgétaire dédiée, il m'a été répondu qu'il y en avait pas besoin puisque ça faisait partie du programme. Donc j'ai quelques inquiétudes et je me demandais si au niveau de la délégation nous ne pourrions pas nous faire une interpellation précise au ministre.

On l'a fait parfois déjà et c'est quand même quelque chose qui est consensuel de savoir comment concrètement c'est mis en place. Est-ce que c'est effectif ? Est-ce qu'il y a vraiment des moyens pour le faire ?

J'ai eu à titre de de Dromoise une inquiétude quand vous avez parlé du recul de l'aide au niveau des associations puisque dans mon département la précédente présidente a fermé cette cette centre de santé sexuelle et a diminué l'aide au planning. Donc oui, il y a un recul, il faut vraiment se bagarrer pour que les choses aillent dans un sens inverse, celui dans lequel nous avons le sentiment d'aller. Alors, je suis très attachée à la ruralité comme la présidente vous avait expliqué et il faut me repréciser.

Donc, j'ai vu que dans les documents qui nous ont été dits, il y a 1508 hommes qui ont été contactés pour ce sondage. C'est ça, je ne me trompe pas. Où les avez-vous pris ?

Comment ça s'est fait ? Je reviens sur cette question. Ruralité. ou ou urbain mais aussi ou en France parce que quand même ça peut interpeller vous savez que sur les violences intrafamiliales et en particulier sur les féminicide la ruralité est particulièrement impactée donc ça j'aimerais bien savoir et puis votre j'ai été aussi interpelé sur le fait de la petite vidéo là que vous avez présenté si j'ai bien compris vous avez dit 300000 vues ou bien ce que je n'ai pas compris et tout à l'heure vous avez parlé de 600 vues 600000 vues pour quelque chose qui allait dans dans le sens inverse.

Finalement, c'est peut-être pas beaucoup. Comment faire prospérer cela ? Merci.

Qui répond ? [rires] Bah oui, puis et l'honneur carré sur d'où viennent les 1300 et cetera. Oui, ce sera moi.

Moi, je vais plus répondre par rapport à l'éducation nationale. Alors, pour l'instant euh de ce que de ce qu'on en sait donc, ce sont les référents et les formateurs éducation à la vie affective et sexuelle qui sont en cours de formation, qui sont formés de façon en présentielle. Euh pour l'instant, bah les autres personnels, les formations arrivent progressivement.

Il y a des parcours magistères en ligne. Euh voilà, pour l'instant l'ensemble des professionnels de l'éducation nationale ne sont pas formé en masse. Comme je vous disais tout à l'heure, la ligne budgétaire c'est 119 millions d'euros mais qui correspond à la masse salariale estimée.

Il y a pas de ligne budgétaire supplémentaire et pas de ligne budgétaire non plus sur la la formation des personnels et qui pourtant est nécessaire au vu de des évolutions bah d'une part technologique et de l'évolution de par rapport à tout ça. Euh et puis oui, je voulais souligner aussi l'importance des associations. Moi je suis d'accord avec vous.

Au niveau rural euh les infirmières et les enseignants ne peuvent pas tout faire. les enseignants ne se sentent pas toujours en capacité de faire l'éducation à la vie affective et sexuelle. Et euh en milieu primaire, le fait d'enlever le terme sexualité, c'est vrai que c'est inquiétant.

Nous quand on a participé au programme, c'est un terme qu'on refusait d'enlever. C'est important. Les jeunes, les enfants nous parlent de sexualité.

C'est pas nous qui allons lancer le sujet, mais euh lors de ces séances, on va répondre à leurs questions. Donc, on ne peut pas élucider lorsqu'il se parlent de choses plus précises, des choses qu'ils ont vu, de la pornographie, des images. C'est important quand même de répondre à leurs questions.

Je continue sur les questions des vares et notamment sur le rôle des associations. Effectivement, c'est fondamental, on l'a dit, le financement et et le fait que les associations puissent intervenir. D'ailleurs, il y a eu un peu une confusion sur le fait que les associations puissent intervenir en primaire.

Normalement, ça a été ça a été levé notamment dans la FAC, je crois, sur le site du ministère de l'éducation, mais il faut quand même refaire un vrai discours et c'est pour ça qu'on appelle aussi à des campagnes d'information de la part des pouvoirs publics et du ministère pour défendre les Vars et pour expliciter les Vars que ce soit au sein des établissements mais aussi auprès des parents pour que les parents le comprennent et l'intègrent parce qu'il y a aussi beaucoup de on n'est pas venu là-dessus mais il y a aussi de la défiance et des questionnements de la part des parents sur sur ces séances des vares et il faut pouvoir pouvoir répondre à ces questions et le programme le fait d'ailleurs puisqu'il permet de bien définir pour quelle classe d'âge quels sont les contenus et cetera. Donc ça a quand même un phénomène de réassurance qui est important. Pour revenir sur la question des associations, c'est aussi des associations qui sont extrêmement formées.

Former les les enseignants, c'est fondamental mais les enseignants, c'est 12 heures de formation. Euh une personne qui va intervenir au au planning familial, c'est 170 heures de formation avec un travail sur la posture, sur l'écoute, sur l'accompagnement des des des jeunes. Euh c'est des temps dédiés à la veille pédagogique, à la création d'outils, euh ça garantit des connaissances actualisées et une réelle maîtrise du sujet qu'on ne peut pas attendre d'enseignants qui dont la matière principale n'est pas celle-ci et qui vont le faire sur la base du volontariat bien évidemment avec toute la bonne volonté possible et et voilà et qui vont le faire.

Mais cette complémentarité, elle nous paraît essentielle aussi parce que finalement pour des jeunes, aller parler sexualité, doute, questionnement à des adultes référents qui sont soit des parents, soit des enseignants, c'est bien évidemment extrêmement compliqué. Il faut des tierces personnes, il faut des alternatives qui puissent leur permettre d'être dans des endroits sécurisés où ils aient une parole complètement libérée et la plus la plus simple possible. Euh enfin sur la question de faire prospérer les vues.

Alors, j'ai j'ai comparé nous l'ensemble de notre campagne qui a fait 300000 vues à une seule vidéo sur la question du préservatif. Donc vraiment encore une fois, on est dans une inégalité euh très très importante. J'ai encore une fois pas la réponse malheureusement, on a quelques pistes qu'on vous a donné mais je voilà je j'aimerais pouvoir vous en dire plus. peut-être apporté sur l'affaire des diplômes.

Ah pardon, vous vouliez parler Léonore Carré ? Pardon ? Aucun problème.

Euh sur la question de l'origine des personnes que nous avons interrogé. Donc nous les avons interrogés en ligne via panel. Euh ça c'est la première chose.

Et ensuite nous avons un échantillon représentatif de cette population des hommes âgés de 16 à 59 ans. Est-ce que c'est possible de mettre je peux le faire ? Nous avons, je suis passée rapidement dessus tout à l'heure parce que j'avais pas mal de choses à vous dire mais c'est la structure de l'échantillon c'est la structure INC donc c'est vraiment représentatif de la population des hommes de 16 à 59 ans.

Et vous le voyez, nous avons donc des personnes qui viennent de toutes les régions de France, c'est pas uniquement l'Île de France ou une certaine région et aussi sur tout le territoire sur 100000 habitants et plus puisque l'agglomération parisienne par les 100000 les l'agglomération les 100000 habitants et plus ici ne comprennent pas l'agglomération parisienne, c'est hors agglomération parisienne. C'est pour ça que je rajoute et moi je dis que 100000 habitants et plus ça fait ça fait 50 % puisque je mets l'agglomération parisienne dans les 100000 habitants et plus. C'est tout à fait ça.

Je les ajoute. Merci. Vas-y Laurence Rossignol.

Je partager un élément avec vous. Il y a l'année dernière, on a fait une enquête mon association l'assemblée des femmes, la fondation George Jorè et Ipsos sur la perception du féminisme. Et ce qu'on s'est aperçu, c'est que ce dont on s'est aperçu pardon, c'est que les les adhésions les plus importantes aux items antiféministes étaient dans les CSP++.

Donc je vous laisse donc je et en fait les CSP+ on a en général le niveau de diplôme qui qui permet d'être CSP+. Donc il faut faire attention il y a une radicalisation aussi chez les CSP+. On a toujours tendance à dire les gamins les moins diplôés, les gamins des LEP et cetera, mais c'est en même temps les plus enfin ce que moi j'ai observé c'est en même temps les plus les plus attentifs et les plus demandeurs euh d'autres canaux d'information.

Il y a il y a voilà il y a un truc à voilà paser. Après je vais revenir sur la question sur les religions que vous avez. Moi non les religions c'est pas le sujet.

Le sujet c'est la politique. Bah non. Euh je vous je vais vous dire pourquoi. 2014 ABCD de l'égalité.

D'où sont parties les campagnes qui ont eu la peau des ABCD d'égalité, des mosquées et des paroisses traditionnaliste. Donc tout ceci ne s'est pas évaporé quand on observe en France une montée, une crispation sur des formes religieuses rigoristes dans des religions qui considèrent que les hommes et les femmes ne sont pas égaux complémentaires ou que les femmes sont assignées à la fonction reproductive depuis le paradis depuis toujours. Il y a un lien entre la l'affiliation religieuse et et les convictions et aussi sur ces sur ces affaires de masculinisme.

Donc l'histoire qu'il faut un peu on détourne un peu les yeux. Moi, je veux savoir si si on me dit les niveaux de diplôme, la taille des logements, masculinisme et taille des logements, masculinisme à mon je veux avoir masculinisme et conviction religieuse parce que j'en ai expérimenté les conséquences au moment des ABCD de l'égalité et je voulais savoir la question était plutôt carré est-ce que dans les enquêtes que vous que mène Opinion Way, est-ce que vous interrogez faites aussi ce croisement là parce qu'on croise tout. On croise tout.

La difficulté généralement et je pense que vous devez le savoir, c'est les effectifs disponibles. C'est comme pour le politique où j'expliquais que sur certains partis, on ne peut pas analyser ce qu'on observe aujourd'hui globalement sur un échantillon. Il n'est pas très conséquent et qu'on veut l'analyser de manière sérieuse et fiable, c'est qu'on ne peut pas analyser certaines religions parce que les effectifs sont trop faibles.

Globalement, ce qu'on peut observer dans un échantillon de 1500 personnes, si on n pas fait de suréchantillon, j'entends et si on veut le faire de manière fiable et sérieuse, on ne peut pas regarder autre chose que religion catholique ou pas de religion. Donc je peux pas me prononcer là-dessus sur la base de cette enquête. sur exactement euh sur la question parce que je trouvais ça intéressant ce que vous disiez sur l'enquête que vous aviez réalisé avec Ipsos sur les CSP++ effectivement mais parce que c'est un fantasme aussi de garder l'idée que les discours d'extrême droite ne séduisent qu'une franche de la population populaire ouvrière.

C'est faux et c'est d'autant plus faux avec un renouvellement de l'offre politique qui donne aussi des arguments, des propositions qui séduisent des populations très CSP+, très conservatrices qui s'y retrouvent et donc qui adhèrent aussi à des discours qui proposent, mais ça a été dit aussi hein, euh qui proposent de revenir à une composition des rôles traditionnels euh qui donne à l'homme un rôle de pouvoir, de domination, aux femmes un rôle de soumission au foyer. Bref, une composition qui correspond à un imaginaire pour le coup fantasmé et idéal pour certains. Juste en complément sur la question des religions, mon propos était pas du tout de dire qu'il y a aucun lien.

On voit aussi nous dans le travail qu'on mène et notamment dans des groupes qui s'attaquent à les Vars, des groupes qui se revendiquent de certaines religions et de valeurs religieuses. Et de toute façon, on est bien d'accord que on voit peu de religions qui ont vraiment donné une image de la femme et des rapports hommes-femmes vraiment égalitaires. Donc voilà, c'était plus de dire il y a aussi une instrumentalisation politique de ça qui s'en saisit et qui le et qui le oui qui l'instrumentalise pour pour faire en sorte que les religions soient ramenées à ce niveau-là.

Mais c'était pas de dire il y a aucun lien avec les religions. Euh bien évidemment, il y a euh quelque chose qu'on peut voir euh euh de façon euh tenue. Après, c'est c'est c'est encore une fois des éléments qu'on n' pas euh on n' pas euh étudié en tant que tel et sur lesquels il est difficile d'avoir une position affirmée.

Oui, je voulais juste revenir également sur les religions. Euh effectivement, moi c'est une question que je me suis posée. est-ce que c'était peut-être lié à de l'intégrisme religieux ou pas ?

Et en discutant avec mes collègues infirmières, je me suis rendu compte que c'était pas uniquement la religion en tous les cas qui entraîit des propos sexistes misogynes il y a pas uniquement en tout cas c'est cette impulsion là. Je dirais parce que je dirais que euh enfin selon où on est donc la ruralité sera pas touchée la même de la même façon que la banlieu mais on a une culture rurale, une culture banlieu qui effectivement avec des jeunes qui eux-mêmes sont pas forcément hyper religieux mais sont quand même bien infiltrés d'un certain nombre de enfin oui bien abrevé d'un certain nombre de de de critères d'une culture voilà dont ils sont imbibés et qui ne reflète pas tout à fait l'égalité entre les hommes et les femmes. On est tout à fait d'accord.

Euh donc et alors autre commentaire aussi, j'ai l'impression que on a eu alors je suis en train je saoule tout le monde avec ça, je suis en train de lire ou plutôt d'ailleurs d'écouter en audio la maison vide, le dernier prix concours et où on raconte l'histoire de femme. C'est début du siècle, enfin début du 20e siècle. Donc ça fait 120 ans aujourd'hui l'histoire puisque 1904 1905 euh où la femme ne choisissait pas son mari.

Et donc là il y avait clairement un rapport de domination. C'est en France, c'est il y a 100 ans et je pense qu'on en est sorti il y a pas si longtemps que ça. Je rappelle quand même que premier compte en banque sans demander l'autorisation de son mari, c'est 1967.

À peu près même période pour pouvoir enfin travailler sans avoir l'autorisation de son mari. Donc on voit bien que on a une culture et dont on pensait s'être un peu dégagé. Donc du coup pour une génération que nous partageons pour certaines ici, on n' pas eu ce sentiment parce que on a des mères qui s'étaient batttu et puis du coup nous on était libre d'aller faire des études de et puis effectivement là on a ce qui s'appelle chez certains et entre autres dans le monde du travail. ce qui peut t'expliquer TC CSP+ aussi la fameuse gender fatigue parce que effectivement à partir du moment où on met des critères pour que les femmes puissent accéder à des postes et réduire les inégalités.

Certains considèrent que ils ont été spoliés de la place qu'ils auraient dû avoir parce que une femme l'a obtenue. Donc il y a effectivement une résidence une résistance qui se fait mais j'ai vraiment l'impression qu'il y a ce retour euh et cette baisse quoi. Il y a eu un moment où les droits des femmes ont vraiment augmenté et puis là maintenant on est obligé de se battre pour les maintenir, pas pour augmenter mais déjà pour les maintenir. et et le masculinisme vient évidemment dans tout ce magma où on va retrouver l'augmentation aussi des religions parce que de l'inquiétude parce que enfin donc tout ça est effectivement assez complexe et avec tous ces mouvements de masculinisme avec un s franchement parce que effectivement c'est pas la même chose que d'avoir ceux qui ne veulent aucune relation avec les femmes, ceux qui veulent les collectionner et puis en fait les inscell qui sont très malheureux parce que les femmes ne veulent pas d'eux Enfin, c'est quand même assez assez complexe.

Et effectivement, je rebondis sur une petite commentaire de ma voisine, ce côté assez étonnant où ils vont se hiérarchiser entre eux quoi, du mal alpha pour finir par le mal oméga entre celui qui aura accès, enfin globalement, c'est celui qui aura accès à la femelle et celui qui aura jamais accès. On on tombe dans un monde complètement animal. C'est quand même assez surprenant et donc je pense que nous devons aider les hommes à se libérer de ce de ces critères et et effectivement alors malgré tout je pense que plus on fait d'études, plus on arrive à sortir du complotisme, aller chercher les informations en validant si elles ont des vraies sources ou pas des vraies sources.

Donc je veux toujours être positive. Donc je vais essayer de parier là-dessus en me disant qu'effectivement à la fois les Vars si on arrive à le mettre en place et c'est vrai que l'année dernière on avait Élisabeth Borne qui était vraiment allante pour que ça se mette en place. Il y a eu un programme qui a été adopté.

Maintenant, je pense que Marie-Pierre Meier le disait, il sera de notre devoir d'aller regarder comment ça se passe pour de vrai et savoir si on a passé les 15 % qu'on avait de base et si on a réussi effectivement à avoir à irriguer plus. Et du coup, Colombe Brossell souhaite réagir. C'est c'est pas du tout pour prolonger nos nos débats.

On a été nombreux à intervenir lors de l'examen du budget de l'éducation nationale en en décembre. sur cette question là, la réponse du ministre a été de dire "Écoutez, c'est trop tôt et d'ailleurs nous-même nous allons évaluer. Nous allons évaluer en décembre si ma mémoire est bonne puis nous allons continuer à à évaluer après." Là vraiment c'est beaucoup trop tôt, je reviens pas sur sur la ligne dédiée.

Il n'y a sèchement répondu en disant "Mais on va pas faire une ligne dédiée pour toutes les matières du programme", ça n'a aucun sens. Je pense qu'il n'est pas inutile maintenant que le mois de décembre est passé et que la première évaluation a été faite par le ministère, de demander à avoir ces informations et de continuer à peser parce que on était un peu seul dans cet échange. Et donc nous allons effectivement continuer et puis je pense que effectivement il faut réussir à faire comprendre aux hommes comme aux femmes que on vit quand même beaucoup mieux. quand on se respecte mutuellement et que ça donne des couples plus heureux euh que lorsque l'un des deux impose son désir et sa puissance à l'autre.

Alors que en partageant, franchement, je pense qu'on on vit plus heureux. Donc ce serait peut-être le message à faire passer. Je sais pas comment on arrive à faire passer ça sur les réseaux sociaux, mais battons-nous pour essayer de dire que on a aussi le droit d'être heureux et de pas se torturer que qu'on soit une femme ou un homme finalement.

Donc je vous remercie vraiment d'être venu, c'était assez intéressant. Euh on va essayer aussi de diffuser bien la campagne mais dont on avait parlé lors de votre campagne, j'avais été interrogée par un média qui avait quand même juste rien retenu de ce que j'avais dit alors qu'on avait déjà commencé à travailler sur les masculinismes. Donc là aussi, je pense qu'il faut se battre pour réussir à vraiment faire passer les messages.

Mais nous serons là à vos côtés pour cela. Merci. Merci à vous.

Merci. Merci à vous normalement.