Ukraine : les peuples pris en étau (invitée de la matinale de Franceinfo 22/2)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Nathalie Harta. Bonjour. Merci d'être avec nous.
Commençons donc par la crise entre la Russie et l'Ukraine. Vladimir Poutine reconnaît les Républiques sécessionnistes à l'est de l'Ukraine et souffle chaud et le froid. Quelle est votre position en vous sur ce conflit sur ce dossier ?
Moi d'abord, je ne partage absolument pas l'état d'esprit béliqueux euh contre contre contre la Russie, contre Poutine qui qui monte là parce que cette guerre, elle est sûrement pas dans l'intérêt de la population. Voilà. Et euh vous savez, c'est sont des populations qui sont entremêlées, qui sont russophones, qui sont ukrainiennes, qui ont vécu ensemble pendant des décennies, qui qui voilà et et là aujourd'hui ce qu'on voit c'est qu'elles sont poussées à choisir un camp contre un autre.
Elles sont poussées dans la haine nationaliste. Et ce matin encore, il y avait un reportage dans un journal expliquant un témoignage donc d'un d'un habitant qui est à la frontière de de de la zone séparatiste qui expliquait que lui en en gros il s'en moqué d'être ukrainien ou d'être d'être d'être russe mais il voulait qu'on en finisse avec ses checkpoint avec avec ses avec avec ses ses tirs de mortier. Il ils voulaient pouvoir circuler et voilà là ce qu'on voit c'est comme en Yougoslavie hein des des familles qui vont être séparées enfin voilà donc et tout ça pourquoi pour une guerre d'influence une guerre d'influence qui est menée entre d'un côté mais bien sûr écoutez l'OTAN c'est pas une agence de paix he et l'OTAN a encerclé la Russie de Poutine et a renforcé sa pression militaire contre contre la Russie déjà là de depuis des années faute de l'ant des occidentaux de mettre cette pression ou c'est c'est bien sûr c'est d'abord de la responsabilité des États-Unis Unis qui a fait un choix là, un choix et c'est une guerre d'influence qui va de paire de toute façon avec toutes ces rivalités impérialistes qu'on charit dans cette société.
Qu'est-ce que vous pensez du rôle de la France et d'Emmanuel Macron qui a voulu jouer les médiateurs jusqu'au bout ? Mais de toute façon, c'est si on voit bien qu'il n'a aucun poids que en réalité celui ceux qui mène la danse, c'est Biden d'un côté et c'est Poutine de l'autre. Revenons sur cette campagne.
He alors je rappelle vous êtes professeur d'économie dans un lycée de cette syndice. C'est votre 3è campagne. Pour vous, il y a pas eu de problème de parrainage, vous les avez eu rapidement, vous avez fait le travail.
Qu'est-ce que vous pensez de ceux qui disent "Je ne vais pas les avoir", qui remettent même en cause le système des 500 parrainages ? Non, je tiens à dire que c'est toujours un défi pour nous aussi. C'est voilà un effort militant.
Mais oui, ça veut dire que les autres ne font pas le travail que vous faites. En tout cas, fort heureusement, nous nous avons rencontré [raclement de gorge] des maires de petites communes qui était attaché au pluralisme réellement et qui avaiit à cœur que que notre voix puisse se faire entendre. Vous savez, les maires des petites communes sont aussi des salariés, ce sont aussi des petits agriculteurs, ce sont des artisans, ce sont des des anciens ouvriers.
Voilà. Donc ils savent ce que c'est aussi le problème des classes populaires, le problème des fins de mois, le problème de la précarité. Donc je pense que la voix que je porte Oui.
En tout cas, en tout cas voilà, je leur suis reconnaissante de pouvoir de pouvoir mener cette campagne. Donc pour cette troisème campagne, vous défendez infatigablement les travailleurs et les travailleuses. En 2012, vous aviez obtenu 0,56 % des voies, 0,64 en 2017 pendant ce quinquena.
Il y a eu les gilets jaunes, on voit bien le pouvoir d'achat. Le sujet de l'augmentation des salaires sont au cœur de la campagne, mais pourtant vous n'êtes même pas à 1 %. Pourquoi ça prend pas plus que ça ?
Non, mais je crois que d'abord tous ceux qui cherchent à se défendre, à se battre sur leur salaire, je peux vous dire qu'il regardent vers nous. Nous sommes dans les entreprises, nous sommes dans les quartiers populaires et savent qu' peuvent compter pour compter sur nous. Maintenant, les élections, c'est c'est autre chose.
C'est un autre c'est c'est une toute autre situation. D'abord, il y a beaucoup de femmes et d'hommes du monde du travail qui s'abstiennent, hein, qui ne veulent plus entendre parler de ce problème. Oui, parce que il voit, qu'est-ce qu'il voit ?
Il voit que de gouvernement en gouvernement, rien ne change pour eux. Voilà. Moi, je je pense à à la à la belle déclaration d'Emmanuel Macron expliquant que il fallait reconnaître davantage les premières lignes.
Qu'est-ce qui s'est passé ? Rien du tout. Mais ça fait des décennies que ça dure des décennies que que les ouvriers, les les les aides soignantes, les aides à domicile, les les voilà les tout t tout tous ceux qui sont à la base par l'élection de toute façon voilà sont méprisés euh et euh donc beaucoup s'abstiennent beaucoup et ceux qui euh sont prêts à voter, qu'est-ce qu'ils font ?
Et bien ils attendent le sauveur suprême. Ils attendent [raclement de gorge] celui qui va leur en promettre en veux-tu en voilà. Bon écoutez moi je ne mange pas de ce pain là.
Vous croyez pas ce système ? Vous croyez pas encore à l'élection ? Vous croyez pas à ce système ?
Moi, je pense que clairement et c'est ce que je veux porter dans cette élection, je pense que le monde du travail, il a la capacité lui-même de changer son sort. Ça dépend effectivement de leur de la combativité, de des luttes qu'ils vont pouvoir mener. Mais pour se faire respecter dans cette société capitaliste, bah oui, il faut se battre.
Voilà. Ça passe par l'élection ou c'est alors par l'élection ? Bah par l'élection déjà, c'est il faut se rassembler derrière cette perspective là.
Et moi, c'est ce que je cherche à faire, c'est rassembler un camp derrière cette derrière derrière cette idée que l'ensemble du monde du travail porte la société et que ses intérêts, les salaires, les conditions de travail parce qu'on peut parler des salaires mais des cadences aussi, c'est devenu complètement dingue, des rythmes de travail qui sont de plus en plus durs. Donc c'est les petites retraites, c'est l'accès au logement, l'accès à la santé. Et bien pour euh finalement euh il faut dire que ces intérêts-là, nos intérêts à tous hein euh euh quand on parti au monde du travail et ben ils doivent passer avant les profits, avant les grandes fortunes et et c'est cette idée qu'on est capable bah nous de faire valoir nos nos intérêts en nous battant.
Vous proposez notamment un SMIC à 2000 € l'augmentation des salaires, diminution du temps de travail. Comment vous financez vos propositions ? Mais comment finance-t-on ces super dividendes là qui sont distribuées euh et euh qui qui voilà qui qui permettent à à Bernard Arnaud euh alors d'accord, c'est le plus riche hein du pays euh le patron du du groupe LVMH, mais d'encaisser 3,8 millions par jour.
C'est deux SMIC à la minute. Comment fait-on ? Où est-ce queon prend toute cette richesse ?
Vous avez vu que les secteurs en en grand développement, c'était le luxe hein. Alors des sacs à 300000 €. Alors maintenant, c'est c'est le prix d'une voiture.
Alors les voitures 300000 € ça se vend bien, il paraît. Ça se vend bien. Alors euh c'est pas moi qui vais l'acheter, hein.
Mais ça se vend bien. Mais d'où vient cet argent-là ? Et il vient des travaxer ses profits.
Je dis qu'il faut prendre sur les profits pour augmenter les salaires en effet et pas des miettes. Il faut augmenter véritablement les salaires, porter le SMIC à 2000 € net par mois. Lors de votre meeting à la mutualité le 12 février, vous avez beaucoup ciblé les autres candidats de de gauche.
Ce sont eux vos adversaires dans ce cas. J'ai aussi beaucoup ciblé et le Pen qui sont antipodes des intérêts des travailleurs qui cherchent à les dresser les uns contre les autres, qui cherchent effectivement à c'est la politique du bouqu émissaire. Voilà.
Alors, ils ont pas un mot contre les véritables responsables, ceux qui accaparent finalement toutes les richesses, mais par contre taper sur des travailleus, des travailleurs parce qu'ils sont immigrés, alors ça ils y vont. Alors c'est ça fait partie de ceux que je combats en priorité. Écemour a changé quelque chose dans cette campagne.
C'est votre 3è campagne. On voit bien que il y a plus de candidats d'extrême droite. Euh vous voyez sur le terrain que ça change quelque chose ?
Ah, il a il a poussé toute la vie politique plus à droite. Et puis c'est cette grande diversion, hein, parce que effectivement depuis le début de la campagne hein, c'est des heures et des heures passées sur quoi ? Sur des histoires de prénom, sur des histoires de drapeau accroché à l'Arc de Triomphe.
Enfin bon, c'est complètement dingue. Alors même qu'aujourd'hui il y a des femmes et des hommes qui travaillent, qui triment du matin au soir ou alors qui ont travaillé toute leur vie hein, qui ont du mal à se chauffer, à faire leur plein d'essence, qui ont du mal à se nourrir et et de cela de cela euh on n parle pas, on considère que c'est normal. Rapidement, il y a une responsabilité de la gauche, même si vous êtes en marge de la gauche, vous pensez pas qu'il aurait dû y avoir quand même une union.
Vous ne le regrettez pas aujourd'hui Mais moi je suis pas nostalgique d'un gouvernement Hollande si vous voulez. Je suis pas nostalgique d'un gouvernement Jospin et même mitéran. Tous ces gouvernements-là, ils ont finalement fait ce que le grand patronat voulait faire et y compris, ils ont fait reculer les droits à la retraite.
Ils ont laissé les entreprises fermées, ils ont fait reculer le code du travail, ils ont supprimé autant de lad hôpitaux que la droite hein. Donc ou cette politique là hein qui finalement est toujours au service au service des mêmes et des lois capitalistes he où il faut que l'argent aille au plus riche et bien elle est contraire de toute façon aux intérêts. Donc moi c'est pas mes perspectives. perspective encore une fois, c'est que le monde du travail lui-même est conscience de sa force, de sa légitimité et qui s'organise pour se défendre.
Merci Nathalie euh Harto d'avoir été avec nous ce matin.
Nathalie Arthaud