Route du Rhum : "Le troisième œil du marin" pour éviter les collisions en mer créée par une entreprise bretonne
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:40OuverteRéponse directe
Expliquez-nous à quoi ça sert cette petite boîte.
- 1:07OuverteRéponse directe
Et il est placé où ce petit boîtier ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Comment vous avez fait pour « dresser » votre intelligence artificielle ?
- 2:49OuverteRéponse directe
ça permet de détecter un iceberg ou un conteneur ou un homme à la mer, à quelle distance du bateau ?
- 3:14OuverteRéponse directe
Certains skippers en ont déjà bénéficié, ont déjà évité des collisions grâce à votre appareil ?
- 3:53OuverteRéponse directe
C'était quoi les contraintes pour concevoir ce petit boîtier ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:59InvitéFait
« le plus important est l'IA qu'il y a derrière et qui va détecter en fait tout ce qui flotte et est un risque potentiel de collision. »
- 1:04InvitéFait
« on est un peu le troisième œil du marin. »
- 1:33InvitéFait
« Exactement. En fait le système va détecter tout ce qui flotte. »
- 1:57InvitéFait
« Les skippers de course au large nous ont aidés à apprendre à cette IA à détecter les objets flottants. »
- 3:01InvitéChiffre
« notre système va détecter un porte-conteneur à l'horizon et par contre une bouée ou un homme à la mer ou un iceberg, un peu plus près dans les 300 ou 500 mètres. »
- 4:38InvitéChiffre
« on est autour de 90-95% de bonnes détections et de bonnes alertes. »
- 4:56PrésentateurChiffre
« 700 grammes à peu près, vous me direz, c'est ça ? »
- 5:28InvitéChiffre
« les coûts vont dépendre des systèmes, mais on va de 5 000 euros jusqu'à 40 000 euros en fonction des systèmes. »
Temps de parole
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- ?2 %
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On parle de voiles et technologie ce matin avec notre invité. Oui, les skippers de la 13e route du Rhum sont désormais tous à Saint-Malo. Ils prendront la mer dimanche 1er novembre. Et la plupart des bateaux vont embarquer de l'IA, de l'intelligence artificielle. En tout cas, ceux qui ont le plus de budget. Bonjour Solène Guérou.
Bonjour.
Merci d'être ici, d'être venue dans le studio d'ici, Brésil. Vous êtes la directrice marketing de Sea AI, une entreprise que vous avez cofondée notamment avec votre père à Port-la-Foret, Sea comme la mer en anglais et AI comme l'intelligence artificielle en anglais également. C'est ce boîtier qu'on appelait avant Oscar Sea AI et sur lequel vous travaillez depuis 2018. Expliquez-nous à quoi ça sert cette petite boîte. Vous êtes venu avec dans le studio ce matin. On dirait un petit rectangle blanc avec deux yeux noirs, un peu comme le robot Ball-E du dessin animé que j'évoquais tout à l'heure. Ça sert à quoi ?
Alors ce petit boîtier en fait est composé de plusieurs caméras, des caméras couleurs et aussi des caméras thermiques. Mais le plus important est l'IA qu'il y a derrière et qui va détecter en fait tout ce qui flotte et est un risque potentiel de collision. Donc on est un peu le troisième œil du marin.
Et il est placé où ce petit boîtier ?
Et ce petit boîtier il est placé en tête de mât,
donc très
très haut. Et il doit tenir des vitesses comme 40 nœuds ou 30 nœuds et parfois autour du monde comme le Vendée Globe. Donc la route du Rhum c'est même une courte distance par rapport à ce qu'il est habitué à faire.
Oui, là ils vont faire 6500 km à peu près vos boîtiers sur les bateaux qui s'élancent dans une grosse semaine maintenant. Donc le but de cette machine, avec les petites caméras, c'est d'éviter les collisions.
Exactement. En fait le système va détecter tout ce qui flotte. Donc ça peut être des filets de pêche, des cétacés en surface, des conteneurs. Plus récemment un skipper nous a parlé d'un radeau de survie qui a décroché d'un porte-conteneur par exemple. Et le système a pu l'alerter en temps et en heure afin d'éviter cette collision qui peut finir la course.
Des
icebergs aussi ?
Des icebergs aussi. Alors là ils ne devraient pas en
rencontrer sur ce parcours-là. Il n'y en aura pas sur cette
route vers
la Guadeloupe. Mais en
effet, on entraîne notre IA. Les skippers de course au large nous ont aidés à apprendre à cette IA à détecter les objets flottants. Et ça pendant deux ans, les deux premières années, n'ont été qu'à entraîner l'IA à détecter les objets et ne pas les confondre avec des vagues. Des vagues, les crêtes de vagues, les moutons. Parce que c'est extrêmement dur pour une IA de faire la différence entre une bouée, un homme à la mer ou une crête de vagues et un mouton.
Comment vous avez fait pour « dresser » votre intelligence
artificielle ? Alors
pour dresser et entraîner l'intelligence artificielle, on a besoin de filmer, filmer, filmer énormément d'images. Et ensuite, on va avoir des humains qui vont faire des petits carrés autour des bouées, autour des objets et qui vont dire à l'IA « ça c'est un bateau, ça c'est une bouée, ça c'est un homme à la mer. » Et on a fait ça et on continue de le faire sur des objets de plus en plus rares et qu'on n'a pas encore comme les baleines et les icebergs. Mais c'est vraiment au fur et à mesure, on entraîne cette IA pour rendre l'IA intelligente.
Et
ça permet de détecter un iceberg ou un conteneur ou un homme à la mer, à quelle distance du bateau ?
Alors
en fait, ça va être un peu comme nous,
c
'est-à-dire que notre système va détecter un porte-conteneur à l'horizon et par contre une bouée ou un homme à la mer ou un iceberg, un peu plus près dans les 300 ou 500 mètres.
Ça
va dépendre de la taille de l'objet. Plus c'est gros et plus notre système voit l'un, c'est un peu comme nous, sauf qu'il fonctionne aussi jour et nuit puisqu'il est équipé de caméras thermiques.
Certains skippers en ont déjà bénéficié, ont déjà évité des collisions grâce à votre appareil ?
Oui, c'est ce que je disais.
En
fait, la plupart d'entre eux ont déjà évité soit des filets de pêche en surface, soit des radeaux de survie lâchés,
soit
des bouées métalliques, mais aussi des petits bateaux de pêche au large des côtes brésiliennes ou africaines qui sont des toutes petites embarcations et où en fait, à cause de la nuit ou à cause de la réverbération du soleil, on ne voit pas à l'œil humain ces petits bateaux-là. Et donc le système les prévient qu'il y
a
quelque chose et qu
'il
faut l'éviter.
Thomas Ruyant a évité une baleine, je crois, avec.
Une baleine, détection en fait, grâce aux oiseaux et à la surface agitée, qu'effectivement, il y avait une baleine et a pu l'éviter.
C'était quoi les contraintes pour concevoir ce petit boîtier ? Que ce soit pas trop lourd, que ce soit pas trop bruyant
aussi ? Ils sont
exigeants nos skippers. En effet, c'était léger, qui ne consomment pas d'énergie, qui tiennent le coup en haut d'un mât et qui ne produisent pas de fausse alerte. Donc c'était vraiment comment ne pas aussi alerter s'il
n
'y a rien. Donc c'est vraiment tout ce travail de performance qu'on a dû faire pour avoir une IA performante qui ne réveille pas le skipper pour un oiseau en surface. Donc vraiment des vraies alertes et pas des fausses alertes.
Et aujourd'hui, l'efficacité, elle est de quel ordre ? Enfin, je veux dire, l'appareil, il se met à sonner quand il y
a
quelque chose ? Dans 100% des cas ?
Alors, ça ne sera
jamais 100%, ça reste de l'IA, on va dire, on reste un capteur. Mais on est autour de 90-95% de bonnes détections et de bonnes alertes. Et la majorité des skippers sont vraiment contents. Ils ne parlent plus du ponton sans allumer le système.
Donc ça, c'est en tête de masse, ce petit boîtier, on rappelle, un rectangulaire qui fait une dizaine de centimètres, je ne
sais
pas combien de kilos, 700 grammes à peu
près, vous me direz, c'est ça ? A
l'intérieur, dans son cockpit, à la barre de son bateau, le skipper, lui, il a un écran de contrôle ?
Exactement, il
a un écran, un ordinateur ou même une tablette qui va lui montrer ce qui se passe. Donc tout le flux vidéo qui va sortir de ce petit boîtier va être sur sa tablette. Mais il va aussi recevoir les alertes et la détection du système. Donc une virtuelle augmentée pour signaler cet objet à la surface de l'eau.
De jour comme de nuit ?
De jour comme de nuit.
Tout ça pour quel coût ?
Et 24 heures sur 24.
Et
les coûts vont dépendre des systèmes, mais on va de 5 000 euros jusqu'à 40 000 euros
en
fonction des systèmes. Parce que vous équipez aussi des bateaux de la SNSM, par exemple, des bateaux de pêche qui ont des systèmes qui tournent à 360.
Exactement, on a commencé dans la course large, mais aujourd'hui, on est un vrai système pour toute la sécurité maritime. On sauve des vies en mer, aussi bien dans la plaisance que dans tout ce qui est sauvetage en mer et aussi bateaux, ferries, passagers. On est vraiment dans tous les domaines aujourd'hui.
Si.ai, S-E-A.A-I, c'est votre entreprise. Merci beaucoup Solène Goueroux d'avoir été avec nous ce matin dans le studio d'ici Brésiselle. Et bon vent à tous les skippers du Vendée Globe. Du Vendée Globe aussi, mais de la route du Rhum dans l'immédiat. Je vois arriver à l'horizon Stéphane Bern, tiens, dans 5 minutes.
C'est sûr que c'est lui
? C'est
lui.