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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 11 avril 2023 26 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalTravail & emploiInstitutions & électionsDéfense

Taïwan : "La France a une voix singulière pour jouer la désescalade", estime Stéphane Séjourné

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:26OuverteRéponse directe

    Quelle est la ligne de la France sur Taïwan et la Chine ?

  • 2:58RelanceRéponse partielle

    Si on traduit les propos du président, cela signifie-t-il que les tensions de Taïwan sont créées par les Américains ?

  • 4:12FerméeRéponse directe

    Aujourd'hui, qui veut contrôler Taïwan ? La Chine ou les États-Unis ?

  • 4:53FerméeRéponse directe

    L'Europe est-elle à équidistance entre la Chine et les États-Unis sur Taïwan ?

  • 6:02OuverteRéponse directe

    Marco Rubio demande si Emmanuel Macron parle au nom de l'Europe. Que répondez-vous ?

  • 7:22RelanceRéponse partielle

    Les mots d'Emmanuel Macron sur Taïwan ont été critiqués en Europe. Que répondez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:30Invité politiqueFait
    « Il ne faut pas caricaturer les propos du président de la République. »
  • 1:40Invité politiqueFait
    « Il faut que l'Europe, et notamment la France, puisse jouer un rôle particulier, un rôle de désescalade. »
  • 1:52Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas d'équidistance entre la Chine et les États-Unis. Il y a d'un côté une démocratie, la plus grande démocratie du monde, nos alliés, et de l'autre côté un régime autoritaire qui est d'ailleurs un régime concurrent au nôtre. »
  • 2:06Invité politiqueFait
    « La stratégie française a toujours été la même sur le point de vue militaire, international et diplomatique. »
  • 9:57Invité politiquePromesse
    « Il va falloir qu'on produise nos propres batteries sur le sol européen. »
  • 11:05Invité politiqueFait
    « La Commission européenne va envoyer trois textes au Parlement européen et au Conseil pour un vote probablement avant l'été. »
  • 14:23Invité politiqueFait
    « Il nous reste quatre ans. »
  • 17:57Invité politiqueFait
    « C'est faux. »
  • 20:30Invité politiqueChiffre
    « On est parti de 65 ans, on a maintenant 64. »

Temps de parole

  • Stéphane Séjourné65 %
  • Présentateur15 %
  • Présentateur 213 %
  • Auditeur5 %
  • Auditeur 23 %

2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9-30. Et avec Léa Salamé, nous recevons aujourd'hui dans le grand entretien le secrétaire général du parti Renaissance, président du groupe Renew Europe au Parlement européen. Question, réaction, 01-45-24-7000 et application de France Inter. Stéphane Séjourné, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro, on va évidemment évoquer la situation en France à trois jours de la décision du Conseil constitutionnel sur la réforme des retraites. Mais commençons par l'international et les déclarations d'Emmanuel Macron à l'issue de son voyage en Chine, des propos qui ont fait bondir aux Etats-Unis et dans l'Union européenne.

Emmanuel Macron a déclaré, je le cite, « La pire des choses serait de penser que nous, Européens, devrions être suivistes sur la question de Taïwan et nous adapter au rythme américain et à une surréaction chinoise. Les Chinois aussi sont préoccupés par leur unité et Taïwan, de leur point de vue, en est une composante. Il est important de comprendre comment ils raisonnent. » Fin de citation. Le timing de ces déclarations interroge. Elles ont été faites à la veille d'importantes manœuvres militaires chinoises autour de Taïwan. La Chine s'est entraînée hier à un bouclage de l'île en simulant des bombardements ciblés.

Alors, question directe, pouvez-vous nous expliquer ce matin quelle est désormais la ligne de la France sur Taïwan et sur la Chine ?

1:30
Stéphane Séjourné

D'abord, il ne faut pas caricaturer les propos du président de la République. Je les ai cités. Qu'est-ce qu'il nous dit ? Il nous dit que dans le cadre des tensions et de l'escalade aujourd'hui entre deux puissances, il faut que l'Europe, et notamment la France, puisse jouer un rôle particulier, un rôle de désescalade. Et dans ce cadre-là, évidemment, nos alliés sont les Américains et il n'y a pas d'équidistance entre la Chine et les États-Unis. Il y a d'un côté une démocratie, la plus grande démocratie du monde, nos alliés, et de l'autre côté un régime autoritaire qui est d'ailleurs un régime concurrent au nôtre.

Par contre, dans ce cadre-là et dans la construction d'une autonomie stratégique européenne, dans le cadre de la troisième voie aussi qu'on essaye de construire, évidemment, il faut que l'Europe, il faut que la France puisse jouer un rôle dans la diplomatie mondiale. Alors évidemment, j'entends depuis hier dans les commentateurs, notamment aux États-Unis, évidemment, quelques critiques, mais je pense qu'il n'y a pas en tout cas de stratégie nouvelle.

Depuis maintenant plusieurs années, le président de la République intègre la question de l'autonomie stratégique dans la dimension européenne pour avoir plus d'autonomie et plus d'indépendance sur l'industrie, sur la défense, sur l'international. Et donc tout ça est très cohérent en réalité. Je suis assez étonné ce matin de voir une levée de bouclier alors que la stratégie française a toujours été la même sur le point de vue militaire, international et diplomatique.

2:58
Présentateur

Pardon, mais si on reprend exactement les mots du président, sans les caricaturer, juste en les citant, en disant cette phrase sur Taïwan, nous ne devons pas suivre le rythme américain ni la surréaction chinoise. Pardon, si on traduit, ça voudrait dire que le problème de Taïwan, que les tensions de Taïwan, ce sont les Américains qui la créent, qui les créent, et que les Chinois ne font que surréagir à ce que font les Américains. C'est ça que ça veut dire cette phrase, c'est ça que les gens ont compris et c'est ça que les Européens ont compris.

3:23
Stéphane Séjourné

Il y a aujourd'hui une escalade, et il y a une escalade des tensions avec des réactions et des surréactions. Je ne vous fais pas un dessin, mais si ces deux puissances mondiales décident d'en arriver à un conflit armé, c'est probablement la Troisième Guerre mondiale. Donc, le président de la République réitère le fait que l'Europe, la France, a une voie singulière pour jouer la désescalade, et donc il faut que cette diplomatie puisse se jouer aussi en indépendance de ces deux blocs et joue aussi une puissance d'équilibre.

Ça a été la stratégie, en tout cas depuis maintenant 5 ans, du président de réguler la France sur une voie de puissance d'équilibre au niveau international et au niveau européen. Et aujourd'hui...

4:12
Présentateur

Aujourd'hui, qui veut contrôler Taïwan ? C'est les Chinois ou les Américains ?

4:16
Stéphane Séjourné

Je pense que là, on voit bien ce qu'il a dit dans son édito très justement. Il y a des élections à Taïwan. Et à chaque fois qu'il y a des élections à Taïwan, il y a du côté des Chinois des manœuvres militaires pour justement peser sur ces élections. Et il y a la volonté des Etats-Unis d'affirmer dans la région une présence et une autorité aussi sur Taïwan. Il ne faut pas que l'Europe joue un rôle là-dedans d'escalade et de suivisme des Etats-Unis, mais plutôt de désescalade. Et c'est un peu le rôle qu'a en tout cas demandé le président de la République de jouer aussi au niveau européen, au niveau français.

4:53
Présentateur

On est à équidistance aujourd'hui. Et l'Europe sur la question de Taïwan. C'est-à-dire que ni Chinois, ni Américains sur la question de Taïwan. On n'est pas plus proche de la démocratie qu'est Taïwan aujourd'hui.

5:03
Stéphane Séjourné

Évidemment que non. Je l'ai dit, d'un côté, il y a la plus grande démocratie du monde, nos alliés, mais des fois, on n'est pas alignés. On n'est pas alignés sur nos intérêts économiques, sur nos intérêts diplomatiques. Je vous rappelle que la France a aussi des intérêts dans la région. Et la France a des positions, notamment dans la région, avec des territoires qu'il faut aussi protéger, les Français qui habitent là-bas. Et puis, de l'autre côté, il y a un régime autoritaire, qui est le régime chinois, qui est un régime concurrent d'une autre, de nos démocraties. Et il faut en tenir compte.

Maintenant, dans le cadre de l'augmentation des tensions, moi, je pense que c'est important que l'Europe joue un rôle d'apaisement.

5:40
Présentateur

Aux Etats-Unis, le sénateur de Floride, Marco Rubio, demande aux Européens si Emmanuel Macron parlait en leur nom, tout en dénonçant une visite complaisante d'Emmanuel Macron en Chine. Rubio dit, si Emmanuel Macron parle au nom de l'Europe, alors les Etats-Unis devraient en tirer les leçons et se concentrer sur Taïwan et laisser les Européens gérer l'Ukraine.

6:02
Stéphane Séjourné

Qu'est-ce que vous lui répondez ? Bon, d'abord, il y a eu la volonté, évidemment, d'associer la Commission européenne. Ça ne vous aura pas empêché de voir. que la présidente de la Commission européenne était présente. Je pense que, par ailleurs, dans le dialogue avec les Chinois, parler à 27, c'est une bonne chose. La Chine a eu toujours une stratégie de division de l'Europe et donc de parler avec 27 capitales qui permettaient à la fois, sur le point de vue commercial, sur le point de vue diplomatique, de diviser les Européens. Et donc, il y a une volonté française de faire de l'Europe une Europe puissance et de, justement, parler à 27.

Sur la question ukrainienne, on est dans un schéma complètement différent. Il y a un conflit à nos portes européennes. Et là, les Américains sont nos alliés, sont les alliés de l'Ukraine et nous avons, ensemble, déployé des moyens très importants pour aider militairement et financièrement l'Ukraine parce qu'on y a un intérêt commun. On y a un intérêt commun que, justement, la Russie ne déploie pas son régime sur d'autres territoires et puis d'apaiser la région.

Donc, il n'y a pas d'incompatibilité en ayant une démocratie, en tout cas une Union européenne qui est en capacité d'avoir sa propre voix, une France qui joue une position singulière sur la scène internationale de désescalade et en même temps, une alliance sur la question ukrainienne.

7:22
Présentateur

Vous entendez ce que dit Marco Rubio qui est un leader conservateur américain. C'est-à-dire, en gros, si vous tous, les Européens, vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron, ce qui n'est pas le cas puisque la levée de boucliers a été partout. Vous êtes député européen. Vous savez que partout et notamment dans les pays de l'Est mais aussi en Allemagne, les mots d'Emmanuel Macron sur Taïwan ont été vivement critiqués. Mais il dit, en gros, démerdez-vous, débrouillez-vous sur l'Ukraine si c'est comme ça. Si ce que vous dites et ce que craignent les pays de l'Est, c'est de dire, oh là là, si les Américains sentent qu'on n'est pas alliés.

Aujourd'hui, l'Ukraine n'est pas russe grâce au soutien militaire américain, surtout, non ?

7:55
Stéphane Séjourné

La question de l'alliance, en tout cas de l'Europe et des Etats-Unis sur l'Ukraine n'est pas en danger avec ces déclarations. On a un intérêt commun entre nos démocraties et avec les Américains pour aider l'Ukraine et je pense que ça continuera.

8:09
Présentateur

C'est dans ce contexte qu'Emmanuel Macron effectue aujourd'hui une visite d'Etat aux Pays-Bas où il devrait prononcer cet après-midi à l'AE un discours sur la souveraineté économique et industrielle de l'UE six ans après son discours de la Sorbonne sur l'Europe déjà. Que faut-il attendre, Stéphane Séjourné, de ce discours de l'AE aujourd'hui ?

8:30
Stéphane Séjourné

Jusqu'à maintenant, la souveraineté européenne s'est faite à marche forcée, j'ai envie de dire, avec les crises, la crise du Covid, la crise ukrainienne on en parlait à l'instant et donc avec le Covid on a réussi à bâtir une Europe de la relance 750 milliards d'euros qui ont été investis, qui ont été directement prélevés et engagés par la Commission européenne et puis avec la guerre en Ukraine on a fait, on a engagé la voie de la défense européenne, on a avancé.

Maintenant, il va falloir que la souveraineté européenne soit notamment indépendante, j'ai envie de dire, des crises et qu'on puisse aussi la construire en dehors des crises et à marche forcée comme on a pu le faire pendant tout un temps et donc on a un intérêt aujourd'hui, c'est de remettre sur la scène européenne la question de l'autonomie stratégique, je pense que ça sera une partie du discours du Président de la République

9:24
Présentateur

Ça veut dire quoi concrètement ? Quels vont être les mots forts du discours cet après-midi ?

9:29
Stéphane Séjourné

Concrètement, sur le volet industriel, sur le volet de défense, sur le volet international, on en a parlé, il faut que l'Europe construise son indépendance et construise la question de sa force et dans ce qu'on appelle l'Europe puissance. Je vous donne un exemple, par exemple, on a décidé pour nous-mêmes d'interdire la vente de voitures thermiques en 2035, typiquement, mais aujourd'hui, il nous manque notre autonomie stratégique sur les questions industrielles. Il va falloir qu'on produise nos propres batteries sur le sol européen.

10:00
Présentateur

Il faudra qu'on produise

10:01
Stéphane Séjourné

notre énergie sur le sol européen, décarbonée. Et donc, tous ces sujets-là, tous ces sujets-là nécessitent justement de construire cette autonomie stratégique.

10:11
Présentateur

Et donc, de mettre de l'argent, Emmanuel Macron le répète, on aura notre IRA européen. IRA, c'est le nom de ce gros plan d'investissement décidé par Joe Biden pour aider les industries et les entreprises américaines qu'Emmanuel Macron avait jugé déloyale vis-à-vis des Européens quand il était allé à Washington il y a quelques mois. On aura notre IRA. Pour l'instant, l'IRA a du mal à se mettre en place notre plan, nous, d'investissement pour privilégier les entreprises européennes. En gros, c'est ça l'idée. Les Allemands freinent un peu. Enfin, je veux dire, on dessine un futur IRA européen mais on ne met pas l'argent, quoi.

10:49
Stéphane Séjourné

Très concrètement, la Commission européenne va envoyer trois textes au Parlement européen et au Conseil pour un vote probablement avant l'été pour ce qui concerne le Parlement européen et une adoption, je pense en septembre, en tout cas j'espère, qui correspond à notre réponse à l'IRA américaine. C'est quoi les enjeux d'abord ? Les enjeux, c'est de garder nos emplois et nos industries vertes alors que les États-Unis jouent sur notre compétitivité.

On a un prix de l'énergie qui est très très fort en Europe et donc il y a une compétitivité qui est en notre défaveur par rapport aux États-Unis et les Américains décident d'augmenter leur compétitivité en rajoutant de la fiscalité justement pour attirer les industries du futur. Donc il faut qu'on soit encore compétitifs en Europe, on va jouer ce rôle-là, ça va être le rôle de la Commission européenne, il y aura probablement le plan européen ressemblera en termes de quantité d'argent je veux dire au plan américain, c'est à peu près 2% du PIB, on va aller rechercher dans beaucoup de programmes spécifiques où on n'a pas exécuté l'argent, plan de relance, etc.

où ça n'a pas encore été dépensé pour le réaiguiller sur les industries vertes. Donc il y a une réponse qui se crée et là-dessus on a réussi à convaincre nos amis allemands. Donc je suis plutôt positif et confiant sur le fait qu'en septembre et je remarque juste qu'au moment où on se pose la question de la réactivité européenne où le passé nous a quand même donné des sueurs froides sur notre capacité à réagir. Je pense notamment aux industries métallurgiques qui sont beaucoup tombées faute de réactions notamment européennes au moment où les Etats-Unis et la Chine sursubventionnaient en tout cas l'acier en Europe.

Et bien là pour une fois on a vraiment un plan qui va arriver rapidement qui va être bien dimensionné et donc ça il faut qu'on arrive quand même à s'en féliciter.

12:47
Présentateur

Stéphane Séjourné est sur la défense chaque pays augmente ses dépenses militaires de son côté notamment l'Allemagne de manière sensible mais pas de défense commune pas d'armée commune la France a du mal à entraîner les autres avec elle sur ces sujets pourquoi ?

13:01
Stéphane Séjourné

Je pense que d'abord parce que c'est une compétence de souveraineté nationale et qu'il y a une bataille presque culturelle politique à mener sur la question de la défense européenne sur la question de l'Europe puissance on voit bien qu'on avance très fortement avec l'Ukraine on a créé un fonds européen de défense pour la première fois on a presque 2 milliards d'euros qui va être utilisé pour acheter des armes en commun au niveau des 27 pour donner des armes à l'Ukraine alors on avance petit à petit on travaille sur l'interopérabilité en tout cas du matériel européen pour justement pouvoir avoir cette complémentarité européenne mais petit à petit et aussi à marche forcée avec les crises c'est pour ça qu'il faudra probablement dans les élections européennes qui vont arriver dans un an maintenant peut-être donner un cap supplémentaire ce sera l'occasion d'un débat je pense

13:54
Présentateur

vous serez candidat ?

13:56
Stéphane Séjourné

je ne sais pas si je serai candidat je reviendrai vous le dire en septembre

13:59
Présentateur

Stéphane c'est journée on va en venir à la politique intérieure et aux retraites trois mois de contestation de la réforme des retraites on est à trois jours de la décision du conseil constitutionnel dans le Figaro ce matin le directeur général opinion de l'IFOP Frédéric Dhabi dit la chose suivante on est aujourd'hui dans une ambiance qui rappelle une fin de règne vous répondez quoi à ça ?

14:23
Stéphane Séjourné

il nous reste quatre ans quatre ans et moi je veux être positif on n'est pas là pour administrer le pays on est là aussi avec un programme politique on est dans un contexte particulier avec au parlement une majorité relative mais une majorité relative doit nous permettre aussi de construire des textes et ne pas handicaper en tout cas la France et de de rester dans une situation de statu quo après les retraites donc tout l'engagement en tout cas de la première ministre et sur demande du président de la république ça a été de retrouver des priorités maintenant dans les prochaines semaines avec les syndicats avec les partenaires sociaux qui doivent nous permettre justement de réengager sur le travailler mieux sur un certain nombre de sujets qu'on a entendus dans les manifestations entre ceux qui s'épanouissent au travail ceux qui ne s'épanouissent pas au travail les gens qui sont en première ligne qui aujourd'hui sont des travailleurs qui sont nécessaires pour notre économie

15:19
Présentateur

mais ils ont les salaires stagnent avec qui vous allez avec qui vous allez penser cela après avec les syndicats vous dites vous pensez qu'ils sont prêts aujourd'hui à venir discuter je pense qu'on n'a pas le choix

15:32
Stéphane Séjourné

de façon de réengager avec les syndicats de réengager avec les français mais surtout de faire de ces 4 ans 4 ans aussi utiles

15:41
Présentateur

les propos sont vifs entre Emmanuel Macron par exemple et Laurent Berger depuis la Chine Emmanuel Macron s'en est vivement pris au leader de la CFDT qui disait que nous vivions une grave crise démocratique réponse du président pour la première fois de son histoire contemporaine la CFDT n'a proposé aucun autre projet ni l'accélération ni l'augmentation de la durée de cotisation la seule option c'était rien pourquoi en veut-il tellement à Laurent Berger n'est-ce pas une manière de mettre de l'huile sur le feu dans le climat actuel que décrit Frédéric Dhabi avec ces mots

16:15
Stéphane Séjourné

moi les relations interpersonnelles ne m'intéressent peu et ne m'intéressent pas le seul sujet qui m'intéresse c'est de savoir si sur le rythme horaire sur la réglementation du télétravail sur les contrats de travail le bilan de compétences après 40 ans est-ce que la CFDT souhaite ou pas réengager avec nous et donc il faut qu'on sorte de cette question interpersonnelle le président de la république s'exprime en tant que président de la république le secrétaire général de la CGT

16:45
Présentateur

le président de la république vise directement

16:48
Stéphane Séjourné

c'est une question personnelle c'est une question il y a un débat politique sur les retraites on a été en désaccord avec les organisations syndicales j'entends qu'on aurait qu'on aurait maltraité les syndicats dans un premier temps le président de la république à sa réélection a invité l'ensemble des organisations syndicales à réfléchir il ne faut pas que les syndicats sortent humiliés

17:07
Présentateur

de cette séquence

17:07
Stéphane Séjourné

donc il y a bien une question je suis d'accord sur le sujet c'est pour ça que la main tendue qui a été donnée il y a maintenant une semaine avec les premières concertations sur les partenaires sociaux mais aussi avec les forces politiques doit nous conduire à peut-être revoir un la méthode de les priorités mais en tout cas faire que ces quatre ans sont quatre ans utiles

17:29
Présentateur

vous dites j'entends qu'on aurait maltraité les syndicats c'est pas que la gauche qui le dit c'est pas que les syndicats qui le disent la droite également vous le dit Gérard Larcher il y a quelques jours disait le dialogue social est l'une des grandes faiblesses du président de la république depuis maintenant six ans il y a eu un déficit grave de dialogue social si j'ai un reproche à faire au président de la république c'est ce déficit là le MEDEF aussi Geoffroy Aude-Bézieux a ce micro la semaine dernière qui disait il y a eu un vrai problème de méthode sur la réforme des retraites et pas de concertation et pas de considération

17:57
Stéphane Séjourné

c'est faux c'est faux sa réélection le président de la république a convié à l'ensemble des partenaires sociaux à discuter de l'agenda politique je me rappelle très bien que d'ailleurs la CGT à l'époque il n'y avait pas de réforme des retraites sur la table n'est pas venue puis après il y a eu le CNR où on a essayé de réengager les syndicats dans des discussions qui permettent d'aboutir à un agenda politique et social évidemment il y a eu des discussions mais il n'y a pas eu de concertation parce que il n'y a pas eu de présence des syndicats donc il faut maintenant retrouver évidemment une méthode moi je suis assez confiant sur la suite de toute façon je vous lis l'Assemblée nationale restera en l'état on est dans une majorité relative il va falloir faire avec c'est une nouvelle méthode qu'on doit trouver le Premier ministre a évoqué un certain nombre de pistes sur la méthode des textes plus courts des textes plus concertés en amont

18:47
Présentateur

période de convalescence aussi elle a dit vous êtes d'accord avec ça ?

18:50
Stéphane Séjourné

je pense qu'il faudra du temps il faut une période

18:52
Présentateur

de convalescence ?

18:53
Stéphane Séjourné

il faudra du temps y compris pour regagner la confiance l'engagement des Français et on va commencer aussi à travailler à ça

19:01
Présentateur

allez on passe au standard d'Inter où nous attend Christophe bonjour Christophe bienvenue

19:06
Auditeur

oui bonjour merci pour la qualité de vos émissions je suis un peu sidéré de ce que j'entends retrouver la congéence des Français je ne sais pas si vous vous rendez compte du fossé que vous avez créé moi je voulais intervenir parce que j'ai voté pour Emmanuel Macron au second tour pour faire barrage à l'extrême droite ça a été l'objet de discussions assez âpres moi j'ai une amie qui a été votée en pleurant parce qu'elle nous a dit qu'on allait se faire trahir et le Front républicain pour nous devait être une évidence malheureusement là aujourd'hui ça va être impossible vous avez abîmé la démocratie d'une force énorme au point où aux prochaines élections on ne pourra pas expliquer que lutter contre l'extrême droite ça se fera avec un butin d'un camp républicain c'est fini vous avez brisé ça et je ne sais pas si vous vous rendez compte de la violence que vous avez exprimée envers les syndicats et envers tous les citoyens qui se sont exprimés pacifiquement dans la rue et voilà moi je suis un peu un peu sidéré d'entendre parler d'une querelle d'hommes qu'il y a entre le président de la République et le président de la République et le syndicat réformique on touche plus tard on parle du président de la République et du syndicat le plus modéré qu'il soit et on parle d'une querelle d'hommes mais il faut redescendre maintenant il faut revenir à la raison le saisir on est

20:19
Présentateur

merci Christophe pour votre intervention Stéphane Séjour on est vous à répondre

20:23
Stéphane Séjourné

oui Christophe bon d'abord il y a eu des bougées sur le programme présidentiel on est parti de 65 ans on a maintenant 64 une partie de la réforme un tiers de la réforme est utilisé notamment en termes de bénéfices pour permettre justement plus de justice sociale dans le cadre des réformes on était la remise en cause en tout cas de la légitimité du gouvernement à proposer une réforme est pour moi pas valable c'est à dire qu'on a proposé cette réforme

20:52
Présentateur

parce qu'il vous reproche il ne met pas en cause la légitimité

20:54
Stéphane Séjourné

bien sûr mais on voit bien que la question de la légitimité se pose aujourd'hui à tous les niveaux et donc je redis que cette réforme a été concertée y compris avec les groupes politiques j'entendais Bruno Retailleau nous dire que ce texte n'était plus le texte du gouvernement et qui était soumis à l'Assemblée nationale et puis je redis que le contexte politique fait que à l'Assemblée nationale nous n'avions pas de majorité parce que le groupe DLR s'est divisé et donc le contexte fait qu'on arrive à cette situation et que notre responsabilité c'est de réengager évidemment avec les partenaires sociaux et donc soyons confiants aussi pour la suite parce qu'on a encore un certain nombre de sujets à évoquer

21:36
Présentateur

François-Xavier depuis la belle ville de Vannes pardon bonjour François-Xavier bonjour

21:44
Auditeur

je suis bouleversé par la déclaration d'Emmanuel Macron sur Taïwan abandonner Taïwan c'est lui promettre le sort de Hong Kong c'est-à-dire l'écrasement d'une partie démocratique de la Chine par un régime qui n'est pas seulement autoritaire qui est totalitaire n'est-ce pas et c'est tout à fait honteux Taïwan est la preuve que les Chinois peuvent être démocrates et notre intérêt à nos démocraties mondiales c'est de soutenir cette expérience-là cette possibilité pour la Chine de devenir démocratique je suis à bouleverser il n'y a pas de mots n'est-ce pas pour c'est une défaite de la démocratie mondiale que de l'envahir par la Chine

22:23
Présentateur

merci François-Xavier pour cette intervention Stéphane Séjourna

22:26
Stéphane Séjourné

oui il n'y a pas de il n'y a pas de volonté de laisser Taïwan être envahi par la Chine au contraire il y a l'idée de faire redescendre les tensions d'avoir une voix particulière dans les explications et notamment dans la diplomatie mondiale aujourd'hui et encore une fois je vous le dis moi je fais une vraie différence entre la Chine et les Etats-Unis on a d'un côté la plus grande démocratie du monde et de l'autre côté un régime autoritaire au Parlement européen on a un certain nombre de collègues qui aujourd'hui sont interdits de territoire en Chine il ne peut pas y avoir de rétablissement d'ailleurs de lien diplomatique entre le Parlement européen et nous tant que cette question n'est pas réglée et donc la différence est là et je pense que de toute façon la France en tout cas gérera et ça va gérer le statu quo la baisse des tensions mais en aucun cas se mettra du côté d'un régime autoritaire

23:17
Présentateur

Deux petites questions rapides si vous voulez bien sur la politique interne encore au patron d'abord de Renaissance du parti du président Jean-Louis Debré s'est montré dur envers votre parti La République En Marche Renaissance ne s'est pas implantée dans les territoires ce parti n'existe pas ceux qui sont là n'ont aucun contact avec l'opinion publique avec le peuple ils ont été élus sur une vague et dans un profond sentiment de supériorité vous lui répondez quoi ?

23:41
Stéphane Séjourné

Je lui dis que la question de l'enrichinement en tout cas territoriale ne se décrète pas elle se construit et c'est tout mon rôle aujourd'hui en tant que patron du parti on a des milliers d'élus locaux j'ai renouvelé le bureau exécutif et notamment dans les départements une grande partie aujourd'hui des patrons de départements de mon parti sont des élus locaux qui s'enracinent aussi sur le terrain mais ça prend du temps évidemment et c'est une construction je suis pour l'engagement et je crois que en tout cas la démocratie doit aussi permettre de faire naître des partis politiques de leur permettre d'arriver à maturité c'est ce qu'on essaye de faire avec Renaissance

24:25
Présentateur

Pensez-vous aussi comme Gérald Darmanin qu'il y a aujourd'hui un terrorisme intellectuel de la gauche ?

24:30
Stéphane Séjourné

Je pense qu'on a un problème avec une partie de la gauche je pense qu'on a un problème d'identité y compris sur la question du suffrage universel avec une partie de la gauche LFI est sur une dynamique où l'avant-garde éclairée est presque plus important que le suffrage universel et le peuple vote souvent contre ses intérêts c'est un peu leur philosophie quand je regarde les tweets de monsieur Bompard et madame Mathilde Panot notamment sur les dernières législatives partielles moi je suis atterré je voulais juste les lire l'alliance des voix de droite aura permis d'évincer une députée du peuple à l'Assemblée Nationale ça c'est Emmanuel Bompard une députée du peuple a été éliminée Mathilde Panot c'est-à-dire qu'il y a des députés du peuple et il y en a qui ne sont pas députés du peuple il y en a qui sont battus et il y en a qui sont éliminés ou évincés donc il faut se réveiller et donc c'est vrai que le projet politique derrière qui est la crise de régime couplée à une remise en cause de la légitimité des élus en fonction de ce qu'ils incarnent et à mon avis problématique d'un point de vue démocratique

25:40
Présentateur

Stéphane Séjourné

25:41
Stéphane Séjourné

merci d'avoir été

25:43
Présentateur

à notre micro ce matin

Taïwan : "La France a une voix singulière pour jouer la désescalade", estime Stéphane Séjourné — Stéphane Séjourné · Pourquijevote