Face-à-Face : Gérard Larcher
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] il est 8h33 sur RMC et BFM TV bonjour Gérard Larcher vous êtes le président du Sénat on va parler retraite bien sûr puisque ça a été donc annoncé ce matin les retraites seraient adoptées la réforme des retraites idéalement avant Noël sous forme d'une vraie loi en bonne et due forme un projet de loi et le gouvernement qui promet du dialogue et de la concertation vous étiez avec Emmanuel Macron hier soir à 18h30 donc vous étiez invités plutôt pour l'avant-diner à l'Elysée est-ce que c'est vous qui l'avez convaincu c'est pas en tous les cas nous avons fait un large tour d'horizon sur l'état du pays sur l'agenda parlementaire sur la situation internationale et dans le cadre de l'agenda parlementaire naturellement nous avons parlé du dossier de la réforme des retraites vous savez je le dis depuis longtemps c'est une réforme indispensable qui nécessite du courage mais cette réforme elle est indispensable demain pour sauver notre système de retraite je rappelle qu'on parle de plus de 320 milliards de 14% du produit intérieur brut et que sauver notre système de retraite c'est faire un choix entre quoi augmenter les cotisations impossible dans cette moment d'inflation et de perte de pouvoir d'achat premier sujet diminuer diminuer le montant des retraites impossible donc allongez la durée allongez la durée du travail le faire d'une manière qui soit concerté qui prennent en compte les carrières longues qui prennent en compte ceux qui ont commencé à travailler à moins de 20 ans c'est-à-dire tout est dans l'amendement que le Sénat depuis 2020 propose à chaque projet de loi de financement de votre amendement j'ai vu que l'inspiration n'était pas très éloignée de celle qui nous a conduit depuis trois années à travailler autour de ça au Sénat si je vous écoute LR les députés puis les sénateurs signeront des deux mains mais en tous les cas au Sénat je ne peux parler que du Sénat c'est un sujet que la commission des affaires sociales portera d'ailleurs dès le projet de loi de financement de la sécurité sociale ça engagera le débat c'est aussi une manière d'éclairer le débat Gérard Larcher sur le fond 65 ans comme âge de départ un minimum vieillesse placé à 1100 euros et une prise en compte de la pénibilité le programme vous convient 65 ans vous ne laissez pas de faire baisser le curseur au Sénat nous étions à 74 ans de manière progressive donc il peut y avoir un sujet ce que je note c'est que à la fois il y aura l'âge je le rappelle il y aura le nombre d'années de cotisations ce qu'on a appelé la réforme Touraine et puis il y aura la convergence des régimes spéciaux nous proposions d'ici 2032 c'est le propre du débat parlementaire c'est d'ajuster sur chacun des curseurs en tous les cas c'est une réforme indispensable pour un des piliers de notre modèle social un des piliers ça veut dire quoi c'est-à-dire que les autres restent fragiles c'est la santé l'accès à la santé on va y revenir on va parler d'ailleurs de ces juniors docteur de la question du des déserts médicaux mais quand même encore un mot sur l'état d'esprit d'Emmanuel Macron hier quand vous avez pris le temps donc de voir de vous parler est-ce que il vous a parlé aussi de cette idée de de dissolution alors ça ne concerne pas le Sénat le Sénat ne peut pas être dissolu mais cela peut être mais exactement vous ne pouvez pas être être dissous vous n'avez donc d'ailleurs pas les moyens de faire une motion de censure en revanche c'est aussi quand même dans la Manche d'Emmanuel Macron qui menace dès aujourd'hui d'ici à motion de censure on va dissoudre écoutez la motion de censure c'est un droit des parlementaire et ce droit des parlementaires sans doute l'exerceront-ils s'il y avait un 49-3 où on peut déposer une motion censure 149 trous enfin ça veut dire qu'on aurait 49-3 motion de censure dissolution écoutez nous verrons l'ambiance et la nature du débat au moment le rappel d'une possibilité constitutionnelle vous trouvez qu'il est dans son droit et que c'est la Constitution c'est une décision qui lui appartient après je le rappelle consultation de la présidente de l'Assemblée nationale et du président du Sénat donc le moment venu essayons de conduire cette réforme qui est indispensable qui est une réforme qui s'inscrit dans notre modèle social soyons attentifs à la concertation avec les partenaires sociaux écoutons-les et ayant le courage de la réforme et vraiment vous pensez qu'ils seront consultés c'est-à-dire que on voit bien sur le fond vous êtes déjà grosso modo d'accord sur l'idée que ce soit 65 peut-être 64 ans à quoi elles vont servir [Musique] croyez-vous que le Sénat a rencontré donc pour vous la concertation en réalité quand on dit il faut concertation vous vous dites bon elle est déjà là très important sur la pénibilité par exemple voilà pourquoi l'an dernier en votant nous étions donnés une année pour permettre ce temps de la concertation et l'ajustement qu'on avait appelé il y a un dans la conférence de financement Gérard Larcher on comprend bien sûr les retraites vous étiez plutôt d'accord est-ce que sur le budget vous étiez plutôt d'accord parce que ici même hier vous vous êtes le président de la santé des territoires et hier le président de l'Association des maires de France disait que ce budget allait je le cite spolier les collectivités est-ce que vous partagez cette année c'est un budget qui est un budget qui m'inquiète c'est un budget qui nous amène à emprunter 270 milliards ne pas réduire réellement notre dette à continuer j'allais dire entre guillemets une certaine forme de folie dépensière avec aucun signal de retour progressif à déséquilibre financiers donc c'est le premier regard que je porte sur ce budget naturellement un budget des éléments sur lequel il faut porter l'effort pensons au secteur de l'éducation de l'environnement de la sécurité de la défense mais il y a aucune proposition d'économie quand on regarde la réalité budgétaire or urgence covid la colonne des pluies c'est la colonne des moins quoi de dépenses ordinaires je vais à part l'investissement en plus est-ce que vous pensez que c'est une manière de retrouver un horizon non soyons sérieux il nous faut chercher quand on dépense plus là où on dépense moins et vous auriez fait sur quoi vous les économies la simplification la diminution des normes l'OCDE l'avait chiffré à 60 milliards de surco en France sur une année d'économie il y a dans ce pays plus de 500 agences je ne suis pas certain qu'on n'est pas une double administration et puis il va falloir avoir le courage on a 5 millions 600000 personnes dans les dans les fonctions publiques où est-ce qu'on peut ajuster il faut donc on ne retrouvera pas l'équilibre à une année il faut tracer les perspectives mais ça manque singulièrement dans ce budget ce sera l'occasion de l'examen du budget notamment au Sénat c'est 49 3 ou le 49 3 ne s'applique pas bien de proposer un certain nombre de pistes et vous le on entend dans votre mot vous dites c'est une folie des pensées et un budget qui vous inquiète un mot justement sur la santé puisque vous le disiez à l'instant là ça fait partie des piliers sur lesquels vous dites on peut mettre le paquet on peut augmenter les dépenses quand on voit qu'il y a eu des fermetures de lit et quand on voit qu'il y a encore de nombreux déserts médicaux cette idée notamment pays pour y pallier de mettre des jeunes médecins dans les territoires parce que c'est une bonne idée je n'ai pas dit qu'il fallait augmenter les dépenses systématiquement il faut avoir une performance de nos dépenses et mieux répondre aux besoins de santé et en même temps on peut pas hypothéquer ce budget sur les générations futures il faut donc soyons raisonnables mais la situation dans le cas du projet de loi de financement la sécurité sociale et moins inquiétante que dans le cadre du budget général trois choses en dehors des retraites l'hôpital le lien vit l’hôpital la désertification médicale premier sujet dont on nous parle dans les zones rurales aujourd'hui dans tous les départements urbains il nous faut donc répondre à cela il y a des éléments dans le projet de loi et notamment l'article 22 c'est un peu technique mais c'est la convention c'est la convention entre l'État la sécurité sociale et les médecins est-ce qu'on peut continuer à conventionner des médecins dans des zones sur denses il y en a et à ne pas attentif aux zones soudances donc il y a ce qui est dans le texte sur la convention qui je dois dire sera examinée avec attention et intérêt au Sénat il y a aussi la quatrième année d'internat dont nous avons depuis longtemps souhaité c'était un des thèmes souvenez-vous de l'élection présidentielle qui ferait leur quatrième année dans notamment dans des zones soudances donc ces jeunes docteurs qui commenceraient en zone de désert médical vous trouvez que c'est une bonne chose la troisième semaine d'octobre nous aurons une proposition de loi ou Sénat qui va poser le principe de cette quatrième année pas le principe proposer de le mettre dans la loi c'est une manière d'amorcer ce que nous ferons dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale il faut il y a 7 millions de nos compatriotes qui n'ont pas de médecin traitant c'est une inéquité insupportable je peux vous dire que c'est la première des questions que nous pose les mères encore plus que leurs inquiétudes budgétaires qui sont grandes sur la question de l'énergie aujourd'hui il y a aussi les envols du prix de la restauration scolaire et réalité qui va falloir qu'on traite mais la question médicale de l'accès aux soins de l'accès aux soins elle est vraiment le premier sujet ça me fait penser quand même gère un arché ce matin j'avais sur RMC le témoignage d'un docteur qui exerce depuis 15 ans dans les quartiers nord de Marseille il s'appelle le docteur wichou et il a décidé de fermer de fermer son son cabinet parce qu'il a eu une énième agression lundi et il disait on se retrouve en fait dans cette double problématique parce qu'on est ultra sollicité parce que précisément on est quand même dans des déserts médicaux même si c'est en effet quand on entend le mot désert médicaux on imagine au contraire très dans ses manpellé et qu'il n'y a pas suffisamment de médecins et il dit et malgré tout ben moi je vais partir je vais partir parce que je suis trop agressée et que ce sont des quartiers dit-il ce sont les caïdes qui ont pris le pouvoir il dit c'est eux qui font la loi là vous êtes sur le sujet de l'état de la sécurité dans notre pays quand vous regardez les derniers chiffres du ministère de l'Intérieur vous voyez que la situation c'est encore dégradée quand un professionnel de santé ne peut plus exercer dans ce quartier parce que ce quartier au fond est sorti de la République vous voyez qu'en plus il assigne les habitants de ce quartier à ne plus avoir de médecins traitant de médecin référent et on est là sur un sujet majeur responsabilité de l'État qui est assujé régalien suffit pas de voter les lois il suffit pas de donner les moyens nous allons le faire très bientôt en première lecture au Sénat dans une loi d'orientation de modernisation de la police il faut exercé réellement l'autorité et assurer tous les jours regardez ce qui se passe à Nantes qui est en train de devenir quasiment le symbole en effet de l'insécurité dans ce pays des habitants qui disent en fait l'insécurité est devenu le paysage de Nantes oui mais c'est insupportable dans une république une des responsabilités majeures de la République c'est d'assurer je rappelle c'est dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen d'assurer la sûreté assurer la sûreté des habitants un mot sur la laïcité une mosquée a été fermée hier enfin la décision de fermer cette mosquée par Gérald Darmanin là c'est un exercice de l'autorité oui c'est l'application de la loi doute 2021 quand prédicateur j'allais dire quel que soit sa religion tient des propos contraires aux valeurs de la République contrairement contre les femmes les homosexuels les juifs contre que ce soit les Juifs les Chrétiens à d'autres endroits où peu importe qui compte et bien il est du devoir de la République de prendre des décisions qui s'imposent et vous savez ce sujet de la laïcité il est aussi posé à l'école il est posé à l'école et le respect de la loi de 2004 d'ailleurs pour rien de vous cacher j'en ai parlé au président de la République parce que de nombreux élus disent que la situation est en train à nouveau se dégrader sous la pression nous le savons des réseaux très riches et salafistes et là je dis au président de la République c'est pas l'habitude de raconter ce qu'on échange mais sur ce point-là qu'il était essentiel de faire respecter la loi 2004 de soutenir les enseignants et de soutenir les principaux proviseurs directeurs d'école qui tiennent bon et soutenir ça veut dire aussi une attitude que la justice doit avoir je le dis extrêmement clairement quand quelqu'un menace un enseignant parce qu'il a demandé à une jeune de retirer son voile en classe je trouve quand même un peu court qu'il soit remis en liberté extrêmement rapidement et vous faites référence vers un marché à ce qui s'est passé dans le troisième arrondissement à Paris il y a dix jours une professeur qui a demandé à une élève de d'enlever le voile qu'elle avait remis dans une sortie scolaire son frère a menacé l'enseignante et il a été arrêté par la police alors qu'il était en chemin pour aller s'en prendre sans prendre un saignante mais il a été remis en liberté vous voyez le message vous savez la répétition je vous centrer solennel sur cette question là je crois profondément que la loi de 1905 est une loi de liberté j'ai d'ailleurs travaillé sur ce sujet avec Marcel gaucher c'est une loi de liberté pour tous que vous soyez croyant ou que vous ne soyez pas croyons et appliquez la loi de 1905 et en même temps appliquer de la loi 2021 c'est indispensable mais vous me dites ce matin j'avais un marché que vous avez dit ça très sérieusement à Emmanuel Macron hier c'est ce que j'allais vous demander vous avez pas peine directe qui a réagi là-dessus en disant nous sommes attentifs mais il dit attendre davantage d'informations on peut plus uniquement observer des statistiques il faut tout simplement appliquer la loi c'est vrai à l'école c'est vrai dans d'autres sujets donc quand on attend plus d'informations vous vous dites on les a déjà d'ailleurs un mot sur les femmes les femmes en Iran parce que c'est vrai que ça paraît quand même assez paradoxal on parle ici d'une professeur qui est menacée de mort parce qu'elle a demandé à une jeune fille d'enlever son voile vous voyez les images de ces femmes iraniennes qui qui peuvent perdre la vie et qui pour nombre d'entre elles l'ont fait parce qu'elle en je vous l'ai déjà dit elles ont un extraordinaire courage et ça doit nous amener à réfléchir quand on voit des campagnes de la Commission européenne ou du Conseil de l'Europe qui présentent des jeunes filles voilées je crois que ça ne fait pas partie des valeurs le voile est un droit mais nous avons défini je veux dire les conditions dans lequel on doit retirer des signes religieux ostentatoires notamment chez des mineurs je constate que sur une photo d'une campagne totalement récente de la Commission européenne c'est une enfant voilée dans une classe une enfant voilée dans une classe ça vous a choqué c'est pas que ça m'a choqué ça me conduit à saisir le président de la commission pour l'Union européenne pour avoir des éclaircissements pour avoir des éclaircissements Gérard Larcher ce rapport hier du Sénat de plusieurs sénatrices sur le porno avec un certain nombre de propositions mais aussi le constat d'un échec puisque ça fait plusieurs années que l'arcom est régul vraiment saisi l'arc comme quel gendarme en gros de tout ce qui est à la fois numérique et télévisuel saisi pour régler cette histoire d'accès au porno par les plus jeunes et on voit que ça n'est toujours pas le cas on ne sait pas faire je pense d'abord que le Sénat bien fait de s'emparer de ce dossier ça n'était pas si simple que cela et nos collègues l'ont fait avec engagement et courage courage ça s'inscrit totalement dans la mission du Parlement votez la loi mais aussi contrôler l'application de la loi on voit qu'il y a deux lois particulièrement qui ne sont pas respectés une loi qui maintenant 21 ans qui a prévu que l'éducation notamment aux relations affectives et sexuelle doit être portée à l'école pour sensibiliser les jeunes et puis il y a une loi beaucoup plus récente loi de mémoire de 2020 qui n'est pas respecté notamment parce qu'il y a deux choses l'accès l'accès aux mineurs de ces sites qui sont souvent des sites dégradants et puis aussi les violences qui sont faites aux femmes dans la et bien à ceux qui ne cessent de nous parler du droit des femmes et on pourrait dire aussi parfois des hommes jeunes qui se sont retrouvés de violence moi je dis que il y a la de la part du Sénat une sensibilisation il faut que la loi soit respectée il faut qu'on donne les moyens à la com recolivier Metz s'est exprimé nous l'avions évoqué ensemble il y a maintenant une quinzaine de jours qui a vocation à regarder notamment dans le secteur de production qu'est-ce qui se passe ce qui me frappe c'est que depuis le début de cette interview sur quasiment tous les sujets votre réponse c'est il faut que la loi soit respectée il y a un problème de respect de la loi en fait j'ai l'impression que vous nous dites bah il y a telle loi de telles dates enfin en plus vous êtes la mémoire de toutes ces lois et pour autant vous constatez qu'elle n'est tout simplement pas appliquer elle n'est pas assez appliquée par contre quand on propose la fermeture du de la mosquée Obernai c'est l'application de la loi et c'est bien de le faire ainsi par contre quand je vois que dans l'éducation depuis 21 ans les lois sont là mais qu'elles ne sont pas appliquées sur un tout autre sujet qui est un sujet de société la fin de vie la loi clés nous allons l'évaluer avant d'ailleurs de se poser la question est-ce qu'il faut aller plus loin que la loi kleston vous savez c'est un sujet de conscience c'est très sujet partisan moi je constate jadis c'était président de la Fédération hospitalière de France que la moitié encore nos compatriotes n'ont pas vraiment accès à des soins palliatifs en fin de vie et que Yala est une inéquité et nous avons voté un texte depuis est-ce que ce texte il est mis en oeuvre est-ce qu'on l'a évalué c'est notamment un rôle du Parlement si nous voulons demain mieux faire respecter la loi il faut la contrôler l'évaluer que avant de dire qu'on va faire une loi sur la fin de vie vous dites attention l'urgence c'est pas ça l'urgence c'est d'appliquer la loi et de donner accès aux Français à une dignité de fin de vie c'est-à-dire à des soins palliatifs mais avant de l'entaber faisons d'ailleurs j'ai noté que la commission consultative d'éthique disait qu'il fallait évaluer la loi clash Leonetti et j'ajoute moi à quel niveau soit un palliatif nous en sommes est-ce que tous les Français ont fini nous l'avons nous l'avons mis en œuvre est-ce qu'il y a les moyens vous aurez au contraire je sens bien que pour vous c'est important et que vous vous dites attention attention moi qui la loi veille pour référence vous savez qu'on va avoir des débats constitutionnalisation ou non mais est-ce que déjà aujourd'hui l'accès des femmes à l'interruption volontaire de grossesse est garantie en fait pour donner les moyens et avec justesse Gérard Larcher président du Sénat merci d'être venu répondre à mes questions sur RMC BFM TV il est 8h54
Gérard Larcher