Jean-François Copé à propos d'Emmanuel Macron : "Tout ce qu'il dit est le contraire de ce qu'il fait"
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Bonjour Jean-François Copé, maire LR de Meaux, ancien ministre du budget du gouvernement Sarkozy, du gouvernement Chirac. Le mouvement Les Républicains, absent du gouvernement depuis une dizaine d'années, vous appelez donc à faire élire un maximum de députés LR les 12 et 19 juin prochains. Pourquoi le parti Les Républicains ferait-il mieux qu'aux législatives qu'il y a quelques semaines après le faible score à la présidentielle ?
Tout simplement parce que la donne est différente. On aura l'occasion bien sûr de débriefer le moment venu ce qui s'est passé au présidentiel, mais en ce qui concerne les législatives, vous savez il y a 577 circonscriptions, et à chaque fois ce sont des élections qui ont trait à la dynamique du territoire, à la personnalité des candidats.
Vous avez beaucoup de circonscriptions dans lesquelles nous présentons des candidats ou des candidates qui sont des élus locaux, qui ont ancré sur le territoire une vraie expérience professionnelle au sens noble du terme, l'action publique, et ils ont face à eux des gens qui sont souvent parachutés, assez inconnus, et qui surtout n'ont pas d'autre chose à raconter que l'étiquette qu'ils représentent. Et je pense que les Français ont probablement envie de voir autre chose. Donc il y a peut-être un chemin de ce côté-ci.
Je le dis d'autant plus que je soutiens évidemment un certain nombre de candidats en région, et que je vois bien ici ou là la manière dont les gens réagissent par rapport à cette campagne.
C'est-à-dire que vous pensez qu'aux législatives, les voix à capter en France, elles sont à droite ?
Je pense que les voix à capter sont à droite. Je pense que les Français surtout, ils sont en attente d'un discours beaucoup plus clair en matière d'autorité de sécurité d'une part, et d'autre part de réformes lisibles, compréhensibles et partagées. Sur la sécurité, le moins qu'on puisse dire, c'est que, comme d'ailleurs sur les réformes, ce début de nouveau quinquennat, est assez illisible en fait.
Et je trouve qu'Emmanuel Macron, qui a eu cette stratégie un peu d'évitement durant la présidentielle, qui a consisté à faire en sorte qu'aucune grande question ne soit abordée, aucune, à aucun moment, est en train de faire cette même stratégie pour les législatives, mais ça peut ne pas se passer comme ça.
Sauf qu'en ce moment, il donne une interview d'ailleurs ce matin à la presse régionale, Emmanuel Macron, il veut par exemple que la réforme des retraites entre en vigueur dès l'été prochain, il le dit, cela dit, sans tenir compte de la majorité dont il pourra disposer à l'Assemblée après les législatives. Est-ce que ce calendrier d'annonce vous surprend ?
Non, moi ce qui me gêne beaucoup, c'est l'ambiguïté sur le fond, c'est-à-dire, il va faire quelle réforme des retraites en fait ? Parce qu'il est parti flamberge au vent, il nous a parlé de décisions très ambitieuses, et puis à l'occasion d'un déplacement de campagne, il est tombé sur une militante des Gilets jaunes qui lui a dit 65 ans, c'est insoutenable. En deux minutes, il a dit, bon, d'accord, pas de problème, on passe à 64. Je me suis dit, au rythme, ça va, on va finir à 55. De la même manière que sur les autres sujets, il nous dit, je ne vais plus du tout gouverner pareil, je vais associer tout le monde.
Alors on se dit, ah bon, tiens, changement complet, il nous dit ça avant, mais est-ce qu'il va le faire après ? Et puis on dit, vous pouvez nous donner un exemple ? Il dit, bah oui, par exemple, on va faire une conférence sur les élus locaux, les territoires, qui est quand même un des trucs qui marche en France quand même, c'est-à-dire les maires tiennent la République quand même sur le terrain.
Alors on se dit, tiens, il va proposer des nouvelles idées, il dit, bah oui, par exemple, on va réduire le nombre d'élus, ah bah ça, c'est la tarte à la crème, bien des magots, on ne fait pas d'économie pour l'État, mais par contre, alors là, vraiment, les méchantes collectivités locales, et puis deuxièmement, on va faire des réductions drastiques des budgets locaux.
C'est-à-dire déjà, on a du mal, nous les maires, je peux en témoigner un mot, à appliquer les consignes gouvernementales tellement on nous en met sur les épaules, mais en plus, on va encore se payer sur la bête, comme on l'avait fait en supprimant la taxe d'habitation, mais par contre, l'État, lui, alors vraiment, aucune économie de prévu, tout ça, il n'y a pas de problème.
C'est tout l'inverse, et c'est ça qui ne va pas, parce qu'il y a un moment où les Français, il ne faut pas les prendre pour ce qu'ils ne sont pas, ils voient bien tout ça, et donc il y a eu un phénomène qui a conduit à ce qu'ils soient réélus aux présidentielles, et encore une fois, on est là pour que ça marche pour la France, je suis quand même obligé de vous dire qu'en même temps, pour reprendre sa célèbre formule, tout ce qu'il dit est le contraire de ce qu'il fait, et c'est ça qui nous inquiète.
Dans cette interview ce matin, il précise aussi, le chef de l'État, sa nouvelle méthode, donc pour les cinq années à venir, ça passera par un conseil national de la refondation, chargé de réfléchir au grand thème d'actualité, l'écologie, le pouvoir d'achat. Cette instance, elle va réunir les forces politiques, les associations, et aussi des citoyens tirés au sort, plus de horizontalité, moins de verticalité, c'est la bonne méthode pour vous aussi ?
C'est ce que je viens de vous dire, c'est-à-dire, je pense qu'on repart vers une différence entre ce qu'il annonce et ce qui va être fait en réalité, parce que ça, en fait, c'est un remake du grand débat qu'il a inventé après les... En 2019, oui. Sauf que le grand débat en question, quand il a fait le tirage au sort et qu'il a entendu les propositions du tirage au sort, il n'en a retenu strictement aucune. D'ailleurs, il a probablement bien fait, parce que le tirage au sort, c'est une idée de l'extrême-gauche, ok, dans la démagogie, on n'est pas obligé de tout reprendre, mais enfin, c'est pas comme ça que ça marche.
Enfin, je vois pas pourquoi on tirerait au sort pour décider pour l'avenir du pays, alors que, dans les métiers, quand on est enseignant, quand on est chercheur, quand on est entrepreneur, quand on est salarié dans le domaine, par exemple, des nouvelles technologies, c'est un métier qu'on apprend. Donc, je voudrais bien savoir au nom de quoi, pour gouverner notre pays, ce ne serait pas quelque chose qui ressemble quand même à de l'expérience à un métier. Donc, cette démagogie, elle me gêne beaucoup, en réalité, parce que ce n'est pas ce qu'on attend d'un président de la République qui incarne cette sensibilité politique-là.
Et c'est pour ça que je pense que LR, les Républicains, on a une vraie mission dans cette affaire, parce qu'en réalité, c'est vrai qu'on a pris un gros choc avec la présidentielle, mais en même temps, il y a derrière tout ça des hommes et des femmes qui ont une expérience de terrain et qui défendent des valeurs qui sont assez proches de ce que veulent une majorité de Français.
Je vous le disais tout à l'heure, autour de la sécurité, qui est un problème majeur, on a vu ce qui s'est passé au Stade de France, qui n'est que la résultante de dix années de laxisme, mais aussi de la réforme qu'on veut faire, dans de nombreux domaines, et vous évoquez le pouvoir d'achat, mais le pouvoir d'achat, ça n'est qu'une partie du problème, c'est-à-dire que derrière la crise que traversent les Français aujourd'hui et qui les met en situation de très grande fragilité pour consommer des produits souvent essentiels, il y a une autre réalité qui vient la compléter, c'est que la crise en Ukraine plus la crise sanitaire a conduit à une inflation, et cette inflation, si nous ne trouvons pas des réformes économiques pour la compenser, et pas simplement des chèques, le pire est à craindre.
Et bien pourquoi pour ces législatifs, pourquoi les candidats, les républicains, pour parler du pouvoir d'achat et pour parler de l'inflation, pourquoi devraient-ils avoir plus confiance envers les candidats LR que les autres ?
Tout simplement parce que, comme je vous le disais tout à l'heure, les candidats LR portent avec eux à la fois l'expérience d'élus terrain, parce que nous choisissons très régulièrement des gens qui ont déjà été élus dans des collectivités locales pour porter nos couleurs à l'Assemblée Nationale, et donc connaissent les grands problèmes auxquels nous avons à faire face, sécurité, transport, emploi, tous ces éléments qui sont absolument essentiels.
Pour le transport, il y a eu les chèques aussi soutenus par le gouvernement, les chèques essence, les chèques de toutes sortes d'ailleurs.
Oui, c'est d'accord, mais moi, une fois qu'on a dit qu'on faisait un chèque pour compenser quelques semaines d'augmentation du prix de l'essence, le problème, il est beaucoup plus profond. On a besoin d'une réflexion alternative sur les modes de consommation énergétique, sur tout ça, pour l'instant, tout ça n'est pas arrivé, mais c'est un autre point.
Vous me demandez, l'expérience de l'élu LR, c'est celui qui, justement, sur le terrain, dans une municipalité, voit de quoi il parle quand il a fait une permanence de quartier avec des habitants qui lui ont dit ce que c'était que la difficulté de la vie quotidienne liée à un problème de sécurité, un problème de pouvoir d'achat, un problème de chômage. Et dans ces moments-là, qui vient-on voir ? On vient voir l'élu qui, sur le terrain, va trouver une solution. On ne va pas voir un ministre qu'on ne voit jamais et encore moins se référer à ce qui est annoncé à la télé. Donc, encore une fois, qu'est-ce qui fait la différence ?
C'est à la fois cet élément de connaissance du terrain, de la pratique publique, et deuxièmement, la défense de valeurs auxquelles une majorité de Français adhèrent. Je le répète, sur ces questions de sécurité, sur ces questions de réforme pour notre pays, il y a des rendez-vous de courage que la droite de gouvernement, contrairement à l'extrême droite, a toujours incarné. Et je pense que dans un quinquennat qui, pour l'instant, est très imprécis, c'est le moins qu'on puisse dire, puisque M.
Macron, il n'a pas été élu sur son projet, il a été élu contre les autres, moi, ce qui m'inquiète beaucoup, c'est que, du coup, s'il n'y a pas de feuille de route, ce quinquennat peut être un grand rendez-vous manqué. Et c'est en cela que, si, par exemple, les députés de M. Macron n'étaient pas majoritaires dans ce pays, et c'est quelque chose qui peut arriver, compte tenu de la montée de M.
Mélenchon, de ne pas avoir de majorité absolue, la question se posera, et elle doit être réfléchie dès maintenant, d'entendre qu'il peut y avoir un bras droit, celui de LR, qui soit un élément clé dans un pacte de gouvernement, pour faire tout ce que ce gouvernant ne fait pas, et je pense en particulier aux questions de sécurité, qui sont omniprésentes dans le débat des Français, et qu'on ne veut pas entendre apparaître.
Ce pacte de gouvernement dont vous venez de parler, ce pacte majoritaire, après les législatives, ce serait, pour les Républicains, d'imposer, pourquoi pas, au prochain gouvernement, de travailler avec des ministres, étiqueter les Républicains ?
Oui, ce n'est pas des débauchages individuels, et les débauchages individuels, ça n'a strictement aucun impact. C'est ce qui s'est passé pour l'instant. Oui, bien sûr. Le vrai sujet, c'est LR, un parti de droite de gouvernement, qui doit, quelque part, être en situation, un jour, de construire une alternance. Mais construire une alternance, sans jamais montrer aux Français qu'on est dédié à travailler pour eux, ça n'a aucun sens. Simplement, moi je pense que les débauchages individuels sont totalement illisibles, ils apparaissent, à juste titre, comme des parcours de carrière individuelle, alors que dire à M.
Macron, vous avez des défaillances majeures dans la politique que vous conduisez, vous ne connaissez pas bien les territoires, et vous les méprisez bien souvent, et je vous le disais tout à l'heure au début de notre entretien, à travers des annonces assez démagogiques. Deuxièmement, sur les questions de sécurité, il y a une défaillance majeure, parce que vous ne voulez pas en entendre parler, alors que, et je le répète, c'est un sujet très important pour d'innombrables Français, aussi bien en zone rurale que dans les villes. Sur ces sujets-là, par exemple, il y en a d'autres dont on pourrait parler, l'immigration, par exemple, mais il y a aussi la question de l'éducation.
Ce qui se passe aujourd'hui dans le domaine de l'éducation nationale, avec la pénurie de recrutement des enseignants, devrait quand même nous interpeller tous, sur quelle politique mener en matière éducative. Or, dans ce domaine-là, c'est le flou le plus absolu, et puis il y a quand même de grandes inquiétudes par rapport au profil du nouveau ministre de l'Éducation nationale, et aux valeurs de la République que nous défendons. Donc, si vous voulez, par rapport à tout cela, j'ai envie de vous dire, peut-être que vous devriez entendre les Français, et que les Français de leur côté devraient se dire qu'il y a peut-être une voie d'amélioration certaine en votant pour les députés républicains.
Puis, je voudrais quand même dire une dernière chose, c'est que je suis sidéré de voir le peu d'enthousiasme des Français pour le nouveau gouvernement. Vous avez vu, traditionnellement, quand on nomme un nouveau Premier ministre, il y a une cote de popularité importante, personne ne se sent incarné par l'équipe gouvernementale, par sa Première ministre, alors même que nous démarrons un nouveau quinquennat.
Sur les thèmes d'actualité pour les législatives, vous parliez des sécurités. C'est un thème fédérateur, la sécurité pour les législatives ?
Mais la question n'est pas que ce soit un thème fédérateur. La question est que ce soit un scrutin. Non, le problème n'est pas de savoir ce qui est fédérateur. Ce qui n'est pas. Ce qui est important, c'est de savoir ce que les Français attendent de leurs gouvernants. Or, la première chose que les Français attendent de leurs gouvernants, c'est qu'ils les protègent. Parce que nous sommes arrivés à un moment de dérive, d'impunité et d'impuissance des pouvoirs publics, qui conduit d'innombrables Français à se dire « Mais quel est ce pays dans lequel nous vivons, pour lequel nous payons des impôts, et dans lequel nous avons peur ? » Pour nous, pour nos enfants, pour nos parents, au quotidien.
Alors, on peut faire semblant de ne pas voir, mais c'est un sujet majeur. Et mon drame dans cette affaire, moi qui vis cette expérience en tant que maire de mots, c'est que les solutions, elles existent, mais que c'est un sujet qui est très souvent, et trop souvent, tabou, dans le débat public national. Est-ce que c'est un sujet local ou un sujet national ? Les deux ? C'est les deux. Quand on a un drame comme celui qu'on a connu avec le fiasco du match de la semaine dernière au Stade de France. Alors là, pendant trois jours, on ne parle que de ça. Et puis après, on met ça sous le tapis, et on va vous parler d'autre chose. Genre le pouvoir d'achat.
Le pouvoir d'achat est un sujet majeur, mais ne pas voir que la sécurité est un des grands sujets aujourd'hui, parce que les Français l'évoquent en disant « Mais qu'est-ce que c'est que notre pays qui ne peut pas assurer notre sécurité ? » Il y a un vrai problème. Or, pourquoi il y a un problème ? Parce qu'on ne prend pas les décisions qui s'imposent. Je prends un exemple très concret.
J'ai, comme notre maire, mais j'ai fait le choix, il y a un certain nombre d'années à Maud, d'engager une police municipale armée, très importante, de mettre des caméras de vidéosuréance partout, et de faire un partenariat permanent avec la police nationale, le parquet de Maud, les chefs d'établissements scolaires, et la protection judiciaire de la jeunesse. Quel bilan ? Le bilan, c'est qu'on a diminué par de la délinquance, en 10 ans. Alors, bien sûr qu'on est dessus tous les jours, bien sûr qu'on a des problèmes et qu'on combat les bandes, les trafics de stupéfiants, etc.
Mais, il n'en reste pas moins que dans des quartiers qui, initialement, étaient essentiellement composés de tours, que nous avons démolis pour y mettre à la place des immeubles de 4 étages, là où il n'y avait que des logements sociaux, on y a mis de l'accession à la propriété, on n'a plus la même ville. Et à côté de ça, on a un Premier ministre ou un Président de la République qui va à Marseille, dans les quartiers Nord, pour dire, vous allez voir, on va régler le problème, et qui, au sortir de cela, ne prend aucune décision concrète.
Or, moi, ce qui me gêne par rapport à cela, c'est qu'on est obsédé à Paris par les effets d'annonce, mais qu'il n'y a pas derrière ça une vision, les moyens qu'on met derrière et les hommes et femmes qu'on désigne pour faire. Et c'est ça qui me gêne. C'est cette absence de réflexion sur qu'est-ce que c'est que la politique efficace. Or, les Français, agissent avec des résultats. Et vous avez, à travers l'exemple concret que je vous ai donné de politique de sécurité, un changement complet de paradigme qui nécessite un travail entre l'État et les collectivités locales.
Alors, il y a les thèmes de campagne pour ces législatives. Il y a aussi la question de la dynamique. Pour l'instant, la dynamique, elle est à gauche avec Jean-Luc Mélenchon qui se positionne comme le grand rassembleur des troupes de gauche. Est-ce que cette dynamique de la NUP est un exemple pour vous, pour les Républicains ?
Écoutez, enfin, un exemple. Ne me demandez pas de venir faire l'éloge de ce qui est absolument, pour moi, l'antithèse de ce qu'il faut défendre, c'est-à-dire le populisme absolu. Je sais qu'il est... Alors, je prends mon risque en disant ça chez vous, mais enfin, quand même.
Imaginez que le responsable de l'extrême-gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui tient des propos absolument ahurissants, ahurissants, qui consiste systématiquement à opposer les gens les uns aux autres, les gentils contre les méchants, les riches contre les pauvres, de passer son temps à donner des leçons de morale, ne l'appliquant pas toujours à ses propres décisions, et fédérant, ce qui est la honte d'ailleurs, un parti socialiste qui est à lui, pour le coup, historiquement un parti de gouvernement et qui a accédé de céder au communautarisme, je me dis, mais à quel moment la lumière va s'allumer et on va quand même dire ce que c'est que la réalité de l'extrême-gauche ?
Autant, on est très aîné, on a raison de l'être pour dénoncer l'extrême-droite, et comme vous le savez, je suis un grand militant de la dénonciation, de l'imposture de l'extrême-droite française qu'ils appellent Le Pen ou Zemmour, et de la nécessité d'être, nous, à droite, totalement étanche par rapport à l'extrême-droite, c'est ainsi que j'avais parlé de la droite décomplexée d'ailleurs, on parle de tous les sujets, mais on refuse toute alliance et toute compromission avec l'extrême-droite, voir que le parti socialiste a pu céder aux sirènes de l'extrême-gauche le tout dans une espèce d'impunité fraîche et printanière, c'est, de mon point de vue, absolument indigne.
Donc, en réalité, il y a derrière tout ça, et je le regrette là encore, un débat public qui consiste à dire bah oui, le match il est entre M. Macron et M. Mélenchon, alors qu'en réalité, nous sommes en train d'observer là un match entre un parti de gouvernement, celui de M. Macron, dont les insuffisances sont considérables, je l'ai dit tout à l'heure sur les questions notamment régaliennes, et puis de l'autre, une extrême-gauche qui se cache derrière un joli sourire festif, alors qu'il y a derrière ça un danger énorme de fracture de la société.
Et on parlait dynamique, d'où vient tout de même cette impression Jean-François Copé de ne pas entendre distinctement, et vous le faites pourtant ce matin haut et fort en ce moment, de ne pas entendre un discours fort à droite
pour les législatives. Vous savez, c'est un peu normal, à partir du moment où on prend une défaite comme celle qu'on a prise aux présidentielles, il y a forcément un traumatisme, surtout que malheureusement depuis 2012, la droite qui est un parti de gouvernement et qui est née pour gouverner au service des français est exclue du pouvoir par les urnes, donc forcément, cela crée un traumatisme. Enfin bon, heureusement, les temps nous amèneront au lendemain des législatives aussi à faire un travail de reconstruction complète de notre projet, mais cela peut se faire aussi en travaillant au service des français dans les collectivités et peut-être demain, si M.
Macron n'a pas la majorité et qu'il est obligé de travailler avec LR, peut-être pour LR d'imposer un certain nombre de ses idées pour cocher les innombrables cases manquantes de ce début de quinquennat Macron qui est un peu inquiétant.
Merci Jean-François Copé d'être venu le dire ce matin haut et fort sur France Inter. Je vous souhaite une bonne journée. Merci à vous. Il est 8h39 sur Inter.
Jean-françois Cope