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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 13 février 2020 29 minFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSantéTransports

Protection du Mont Blanc : point presse depuis Saint-Gervais | Emmanuel Macron

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 14:01RelanceRéponse directe

    Les associations écologistes attendent des mesures plus rapides. Pourquoi ne pas déplacer l'aire de régulation du Fayet ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Faut-il avoir peur du coronavirus à Saint-Gervais ?

  • 19:00OuverteRéponse directe

    L'INSEE annonce un taux de chômage historiquement bas. Pensez-vous atteindre 7% d'ici 2022 ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous préciser le périmètre et le calendrier de l'arrêté de protection du Mont-Blanc ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Emmanuel MacronChiffre
    « Le siècle passé a vu un réchauffement de 2,5 degrés sur le Mont Blanc, là où le réchauffement moyen mondial est d'un degré. »
  • 6:00Emmanuel MacronFait
    « À partir du 1er juillet prochain, tous les poids lourds de norme Euro 3, Euro 4 seront interdits dans la vallée et sur le passage. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-E. Macron: Heureux de vous retrouver, mesdames les ministres, Mesdames, messieurs les parlementaires, mesdames, messieurs les maires et élus, ravi d'être parmi vous, mesdames, messieurs les journalistes. Ravi d'être parmi vous.

L'objectif était de pouvoir, en effet, rendre compte de ce déplacement, des échanges et de tout le travail qui a été conduit ces derniers mois par les ministres avec l'ensemble des élus sur plusieurs sujets et à composante très fortement environnementale. Ca faisait, en effet, longtemps que je souhaitais venir sur le mont Blanc et venir dans la vallée et je suis très heureux d'être avec vous à l'issue d'un déplacement de quasi 2 jours pour évoquer, donc, ces enjeux de protection. On a évoqué ce matin, j'y reviendrai, les sujets de biodiversité, le sujet du mont Blanc, le sujet aussi de la pollution dans la vallée de l'Arve.

Comme vous le savez, j'ai tenu à rencontrer hier, dès mon arrivée, un groupe d'experts et de scientifiques spécialistes du climat, de la biodiversité. Merci encore au président du conseil départemental de nous avoir acheminés et à M. le maire de Chamonix de nous avoir accueillis, et nous avons pu avoir un échange extrêmement nourri sur les sujets de dérèglement climatique et de biodiversité.

A un moment, je le rappelais ce matin, où l'année 2020 sera absolument clé sur cet agenda avec plusieurs rendez-vous qui scanderont cette année, la remise des travaux de la convention citoyenne au début du mois d'avril prochain, qui sera une étape importante, le rendez-vous fondamental de Marseille et donc l'UICN, que nous accueillons, ce congrès mondial de la nature, et je suis revenu longuement dessus lors de mon discours ce matin, et la COP15 de la Convention sur la diversité biologique donc en octobre en Chine. Et c'est tout cet agenda sur lequel je suis longuement revenu, mais sur lequel nous avons échangé avec les scientifiques. Le constat est, évidemment, celui d'un fort déclin, mais rattrapable si un sursaut immédiat et une action dans la durée sont conduites.

Parmi les actions fortes à mener, c'est la nécessité de constituer un réseau d'aires protégées important pour permettre la libre évolution du vivant et la reconquête future des espaces et espèces dégradés et disparus. Ce matin, la Mer de Glace, nous avons pu, je crois pouvoir le dire, mesurer, appréhender de manière extrêmement tangible et visible pour tous nos concitoyens l'impact très direct du réchauffement climatique. Je sais combien les élus ici présents et l'ensemble de celles et ceux qui sont impliqués dans la montagne mesurent, vivent ces impacts et nous voyons là la nécessité d'agir tous ensemble pour véritablement engager une sortie des énergies carbonées.

La réponse, évidemment, pour limiter cet impact, n'est pas immédiate. Le siècle passé a vu un réchauffement de 2,5 degrés sur le Mont Blanc, là où le réchauffement moyen mondial est d'un degré à cause des effets d'accélération qui sont liés au réchauffement de la montagne et c'est donc l'ensemble de notre stratégie de lutte contre le réchauffement climatique qui est la réponse la plus adaptée à ce défi. J'y suis là aussi revenu ce matin.

Nous avons ensemble ce matin aussi pu accompagner l'ensemble des membres de la gouvernance et des personnels de l'Office français de la biodiversité et je veux remercier les ministres et les parlementaires ici présents qui se sont tous et toutes beaucoup engagés pour ce sujet. Et c'est par cet office que nous rendrons véritablement efficace l'action du gouvernement en matière de protection de la biodiversité. Cette création montre que les solutions passent par, justement, là aussi, l'innovation et des synergies intelligentes.

Auparavant, écologistes et chasseurs ne se parlaient pas, ou trop peu, d'une manière souvent conflictuelle. Or, ils veulent tous protéger les écosystèmes, une biodiversité, qu'elle soit ordinaire ou extraordinaire. Et, par la gouvernance, on a rassemblé beaucoup de ces collèges qui étaient séparés à travers des organismes jusqu'alors distincts et surtout mis en place avec les 2 800 agents de l'Office, une force de frappe avec des pouvoirs nouveaux que j'ai pu rappeler ce matin.

Et je ne vais pas reprendre tout ce que j'ai pu dire ce matin, je répondrai à vos questions s'il y en a suite à ce discours, mais je veux aussi insister sur la mobilisation, parce que je ne l'ai pas fait dans mon discours, des agences de l'eau à cet égard, en particulier en termes de financement et en termes aussi de mobilisation parce que les agences de l'eau ont un rôle clé dans cette approche et cette politique de la biodiversité compte tenu du caractère essentiel, évidemment, de la gestion de nos bassins, la mobilisation de nos agences de l'eau, la gestion du stress hydrique dans certaines régions ou de la bonne utilisation de nos ressources hydrauliques dans d'autres. J'ai ce matin détaillé très longuement les initiatives prises par la France en matière, justement, de biodiversité conduites par la ministre et la secrétaire d'Etat. Je ne vais pas ici y revenir.

Je pourrai répondre à vos questions et le rôle tout particulier de l'office. Nous avons pu, ensuite, avec des élus présents, et je remercie M. le maire de Saint-Gervais pour son accueil et son interpellation initiale sur ce sujet, revenir sur la question de la protection du Mont Blanc et de la Vallée de l'Arve.

Sur la protection du Mont Blanc, j'ai répondu, donc, à l'appel des élus qui avaient constaté une montée des comportements aberrants sur les voies d'accès au mont. Un travail très important a été mené par la secrétaire d'Etat, et je l'en remercie, tous ces derniers mois, avec l'ensemble des acteurs élus, mais également associations, organisations avec le peloton de gendarmerie de haute montagne, et je vous remercie, mon colonel, d'avoir été avec nous, avec l'ensemble des guides, syndicat national et compagnies locales, les Fédérations françaises de clubs alpins, l'intégralité, au fond, des usagers et des gestionnaires du Mont Blanc pour trouver les solutions les plus appropriées. Et nous avons ainsi pu définir une aire protégée sur le Mont Blanc afin de mieux en contrôler les accès, protéger ce monument naturel.

C'est un arrêté de protection d'habitat naturel qui est ainsi pris, en vertu, justement, du décret du plan biodiversité de décembre 2018 et qui permet, sur la base d'une cartographie qui a été discutée, je vous la montre là, c'est cette carte qui est le fruit de cette concertation et de ce travail commun et qui permet de définir cette zone qui rendra totalement possible l'activité, donc, de haute montagne, qu'il s'agisse d'alpinisme ou de ski, mais qui permettra de lutter contre les usages, si je puis dire, inappropriés, les pratiques qui contreviennent, justement, au respect de la nature et des règles et qui permettra de monter fortement les amendes. On en a longuement parlé ce midi, là où les amendes sont peu dissuasives aujourd'hui, 38 euros lorsque notre peloton interpelle, ce seront des amendes montées à 750, puis 1 500 euros, ce qui a un caractère, vous reconnaîtrez avec moi, beaucoup plus dissuasif. Et donc, ce n'est pas un arrêté d'interdiction qui empêcherait la montagne de vivre et les activités de continuer de se déployer, mais bien de protection, au sens plein du terme, c'est-à-dire de valorisation des usages souhaités et des bonnes pratiques souhaitées et d'un contrôle, une sanction contre les pratiques qui ne sont pas appropriées.

La concertation va donc être lancée et conduite par le préfet sur le projet d'arrêté de protection et sur la base de tous ces travaux, je crois pouvoir dire que c'est une avancée historique pour la protection du Mont Blanc, et je veux en remercier l'ensemble des acteurs et toutes celles et ceux qui ont mené autour de la secrétaire d'Etat et de la ministre cette concertation. Ensuite, nous avons évoqué le sujet de la vallée de l'Arve et de la pollution, sujet qui n'est pas nouveau, qui, je le sais, touche, inquiète la population, au-delà de l'inquiéter, a des conséquences très directes sur la santé des adultes et encore plus des enfants. Et je connais, pour l'avoir vu avant d'être président de la République, les conséquences et avoir discuté avec beaucoup d'associations qui mènent un combat important.

Et je sais combien les élus, depuis des années, se sont attelés à ce sujet. Alors, il y a des solutions concrètes, elles existent. Et d'ailleurs, depuis plusieurs années, elles sont conduites.

D'abord, il y a des solutions européennes qui est, précisément, d'accroître les contraintes sur le parc de poids lourds et pour exiger de l'ensemble de nos partenaires européens de faire rouler des poids lourds qui sont plus propres. C'est d'ailleurs dans ce contexte-là qu'à partir du 1er juillet prochain, tous les poids lourds de norme Euro 3, Euro 4 seront interdits dans la vallée et sur le passage, ce qui veut dire que ce seront véritablement les normes les plus exigeantes et les moins polluantes, qu'il s'agisse, d'ailleurs, de NO2 ou du CO2, qui seront autorisés. Ensuite il y a toute une politique qui a été mise en place depuis plusieurs années à travers, justement, des plans spécifiques de protection de l'atmosphère, le 2e plan ayant été présenté par le préfet en avril dernier.

Là aussi, les communes, le département, la région, l'Etat sont pleinement mobilisés pour avancer sur ce sujet. Je veux vraiment saluer l'esprit d'innovation qui a ici toujours présidé avec la mise en place, nous l'avons rappelé, et nous l'encourageons, des différents fonds, justement, pour accompagner ces changements, qu'il s'agisse, d'ailleurs, des artisans et des industriels, et donc qu'il s'agisse du fonds bois ou du fonds industrie. Il y a eu une véritable politique pour changer les usages et réussir à, justement, muter notre industrie et accompagner les pratiques qui sont les moins polluantes.

Là aussi, nous allons intensifier ce qui a été annoncé dans le plan d'avril. Sur le changement des chaudières à bois, les moyens nécessaires seront renforcés. Il y a déjà un peu plus de 3 000 chaudières qui ont été changées sur les dernières années, ce qui est important.

On sait qu'on a un parc de 5 000 à 8 000 qui est encore à changer et donc nous allons intensifier, là aussi, les crédits et accélérer les dispositifs pour changer plus rapidement ces chaudières à bois, accompagner les dispositifs existants et permettre aussi d'avoir une politique ciblée à l'égard des changements de véhicules. On a une prime de conversion qui a montré son efficacité. Il y a 600 000 véhicules en France comme ça qui ont abandonné les modèles, enfin, 600 000 ménages qui ont changé d'un véhicule très polluant pour un véhicule moins polluant.

Il faut accélérer ce dispositif dans la vallée. Au-delà de cela, il est évident qu'une des réponses les plus efficaces, c'est de réussir, de passer du véhicule et de la route à d'autres formes beaucoup moins polluantes et en particulier le ferroviaire. Et donc, nous avons eu une très bonne discussion, et je veux remercier en particulier la ministre pour la réunion qui s'est tenue lundi autour d'elle avec l'ensemble des élus qui sont impliqués et les propositions qui ont été faites par l'ensemble des élus sur ce sujet.

Et l'Etat souhaite pleinement prendre ses responsabilités pour accompagner cette indispensable mutation et avoir l'investissement ferroviaire qui convient pour accompagner ce travail. Nous allons donc, nous avons décidé l'extension, justement, du Léman Express jusqu'à Saint-Gervais-les-Bains et donc, on aura ce Mont-Blanc Express qui était souhaité par un engagement, et je les en remercie, du département, 50 millions, la région, 50 millions, l'Etat, 60 millions. C'est ce qu'on a défini à grosses mailles.

En tout cas, tout le monde doit se mettre autour de la table, et je vous remercie de l'entrain collectif, pour aller vite et véritablement avancer sur ce sujet indispensable qui va nous permettre de développer le ferroviaire beaucoup plus et d'avoir les bons reports modaux, comme on dit. A côté de cela, je sais toutes les attentes qu'il y a sur l'autoroute ferroviaire. Nous avons eu des discussions qui, ces dernières années, ont été lentes avec nos partenaires italiens et j'ai pris l'engagement de porter le sujet en février prochain pour accélérer, justement, la délégation de service public qui est un sujet franco-italien, et permettre, là aussi, de lancer plus rapidement les travaux sur l'autoroute ferroviaire, 2e sujet important.

J'ai aussi noté, et je les en remercie, l'engagement de la région pour déployer beaucoup plus rapidement sous le contrôle de M. le maire vice-président un parc, justement, de cars et autobus hydrogènes électriques ou hybrides avec, là aussi, les dispositifs d'Etat qui seront mis en place pour accompagner ces conversions. Je pense que l'ensemble de cette stratégie concertée sur le territoire pensée et construite est une réponse efficace à un des grands sujets environnementaux et de santé publique de la vallée, il n'est pas nouveau.

Les résultats des derniers plans et en particulier sur les dernières années montrent une amélioration de la situation, même s'il y a encore des situations critiques et on le sait, certains de nos concitoyens qui, très directement, souffrent encore de ces conditions. Voilà les quelques points sur lesquels je voulais revenir en conclusion de ce déplacement. J'aurai l'occasion dans quelques instants de rencontrer les élus et l'ensemble des équipes qui ont été mobilisées en fin de semaine dernière sur le coronavirus, et je veux ici les en remercier publiquement, parce que je sais aussi que le département a été fortement sollicité, qu'il y a eu des inquiétudes, mais aussi une mobilisation exemplaire des services de l'Etat, de la ministre de la Santé et des élus, et je vous en remercie très sincèrement.

Tous les contrôles ont été effectués. Je veux ici avoir un message rassurant et nous avons aussi évoqué, et je conclurai sur ce point, même s'il est en léger décalage, en tout cas, il est différent de tout ce que je viens de rappeler en matière environnementale. Mais je voulais dire aussi que les services de l'Etat resteront pleinement mobilisés aux côtés des acteurs économiques, en particulier dans le secteur du décolletage, dont je sais combien il est structurant dans la vallée et qui, aujourd'hui, a à faire face à un ralentissement de beaucoup de commandes dans le secteur automobile, qui est lié à la fois aux grandes mutations technologiques et aux difficultés mondiales et donc le ministre de l'Industrie est pleinement mobilisé, mais nous allons dans les prochaines semaines, là aussi, dépêcher une équipe spécifique pour proposer des solutions et un accompagnement idoine.

Je vous remercie. Je vais maintenant répondre à vos questions. -M. le président, bonsoir.

Bonsoir, M. le président. Jordan Guéant, France3 Alpes.

Vous évoquiez un Léman Express étendu jusqu'à Saint-Gervais, les associations écologistes attendent peut-être des mesures plus rapides. Vous-même, ce matin, vous parliez de la nécessité d'agir rapidement. N'y-a-t-il pas moyen d'avoir des mesures peut-être plus rapidement, plus symboliques et un déplacement de l'aire de régulation du Fayet par exemple ? -E.

Macron: Alors c'est un sujet qui a été soulevé, en effet, par M. le maire, on va le regarder. Je suis incapable...

Je serai pas sérieux si je vous rapportais une réponse aujourd'hui. Ca a été soulevé et ça fait partie de ce qui sera, en effet, mis à l'étude. Il y a plusieurs autres sujets très concrets.

Il ne s'agit pas de faire du symbolique, il s'agit de faire de l'efficace et, en effet, assurer qu'on ait une aire, si j'ai bien compris, où on arrête et on peut redémarrer qu'il soit moins en côté et donc on pollue moins semble intelligent. Donc il faut trouver le bon endroit et la bonne organisation. C'est, en effet, me semble-t-il, un dispositif efficace.

Je pense que tout ce que j'ai évoqué par ailleurs qui est dans le plan et les dispositifs qui sont portés par les communes, le département la région et l'Etat sont des réponses qui sont très efficaces. Et, ensuite, je pense qu'il faut accélérer cette réponse ferroviaire. C'est vrai que ce n'est pas une réponse dans l'année sur le plan opérationnel, mais il est indispensable enfin de la lancer pour pouvoir pas seulement donner des perspectives, mais avoir la réponse la plus transformante.

Donc, je vous rejoins sur ce point-là. Il a été décidé de le mettre au pot. Je crois que toutes les autres mesures montrent aussi leur efficacité très concrète et donc on va continuer à accélérer sur les différents fonds existants, sur les changements de chaudières, les changements de véhicules les plus polluants, on va regarder ce sujet pratique, et sur le ferroviaire. (Propos inaudibles) (...) -Oui, que pensez-vous, là, du report du fret sur le train ?

Et ne pensez-vous pas qu'il a pris un très gros retard aujourd'hui sur cette solution qui, effectivement, serait très intéressante sur le plan du climat ? -E. Macron: Mais j'y crois très profondément.

C'est d'ailleurs pour ça que j'assume d'avoir pris ces décisions et que nous avons pris dans le cas de la loi d'augmentation des mobilités et que la ministre a mené un très gros travail sur le sujet du ferroviaire au sens large, qu'il s'agisse, d'ailleurs, du fret comme du reste. Mais, soyons clair, quel est le mal de notre pays sur le ferroviaire ? Pourquoi on a un fret qui est dans cet état-là ?

Le fret ferroviaire actuel, il est dans un très mauvais état. Parce que nous avons pendant des décennies eu 2 problèmes. Nous n'avons pas réformé comme il le fallait l'entreprise SNCF, qui avait l'activité de fret, et donc ces modes d'organisation n'étaient pas concurrentiels par rapport aux autres et n'étaient pas concurrentiels pour ceux qui auraient fait appel au fret en raison des rigidités, des règles de travail, etc., c'est l'objet de la réforme qui s'est faite il y a un an et demi, mais elle n'a pas eu lieu pendant des décennies où le fret a perdu de sa compétitivité.

Et donc, la réforme qui a été conduite au début du quinquennat, elle va permettre de rebâtir de la compétitivité de l'entreprise SNCF, et de l'activité fret, simplement, elle ne réparera pas les problèmes qu'on a eus par le passé. La 2e chose, c'est que, pendant des décennies, nous avons sous-investi sur les infrastructures existantes, et en particulier de proximité ou qui pouvaient être utilisées. Et, si vous regardez les grands plans qui ont été scandés dans les 20 dernières années, on a créé souvent des nouvelles grandes infrastructures, on a promis, si je résumais, le TGV à tout le monde, et, souvent, on l'a fait, mais on n'a absolument pas investi dans la régénération des infrastructures existantes, ce qui a posé un énorme problème, ce qui pose un très grand problème dans la région et ce qui le pose dans des tas de régions, le problème que vous avez quand vous êtes en Ile-de-France sur la régularité des transports, le problème que vous avez sur beaucoup de petites lignes, le problème que vous avez dans la région, c'est ça.

Et donc, on doit rattraper un investissement, si je puis dire, de proximité et de régénération et c'est vrai que, pardon de le dire comme ça, c'est pas forcément très sexy d'investir sur des rails qui sont déjà là. Tout le monde préfère faire de nouveaux rails et investir sur de nouveaux équipements. On a fait ça très longtemps, mais on n'entretenait pas les rails qui étaient là.

Donc, voilà notre problème. Donc, là, on a : je fais les réformes qui permettent pour l'avenir d'être compétitif sur cette activité, on est en train de faire les investissements, qu'il s'agisse du fret ou des activité de transport de passagers sur le réseau existant qui vont permettre de redémarrer. Et donc, c'est pour ça que, en particulier, le projet que j'évoquais permettra d'y répondre, mais je ne nie pas le retard que nous avons sur le sujet.

Et c'est une réponse, en tout cas, celle du fret qui est, à mes yeux, extrêmement pertinente, parce qu'elle permet, comme vous l'avez très bien dit, le report modal, elle permet de sortir du transport par la route. -Bonsoir, M. le président.

Paul Larrouturou, "Quotidien". Ici, à Saint-Gervais, on est à quelques kilomètres des Contamines-Montjoie, on y a passé du temps, certains habitants disent qu'absolument tout va bien, mais de nombreux habitants nous parlent de psychose. Faut-il avoir peur du coronavirus ? -E.

Macron: Non, il ne faut pas avoir de psychose. Il y a eu une transparence complète et il y a eu surtout une mobilisation exemplaire de l'ensemble des services de l'Etat et des élus. Et je veux vraiment remercier l'ensemble des élus, le service de l'Etat et tous les services, d'ailleurs, associés et associations qui ont été mobilisés.

Ce qui s'est passé dans la vallée a été l'illustration, justement, à mes yeux, d'un très bon déroulement. D'abord, de la qualité de la coopération internationale et européenne et des échanges entre Britanniques et Français, en temps réel. Ensuite, de la transparence d'information.

L'irrationnel fait parfois partie du monde dans lequel nous vivons. On n'est pas obligés de s'y faire. Et, quand on cache des informations, on peut avoir peur ou douter.

Là, il y a eu une information en temps réel et la ministre, elle a dit tout ce qu'elle savait, comme à chaque fois, de manière très précise. Il y a eu, ensuite, une mobilisation locale de l'Agence régionale de santé, de tous les services compétents pour aller rechercher, avec les services de l'Intérieur, tous les services de l'Etat qui ont été mobilisés et des collectivités locales concernées pour aller rechercher les personnes qui avaient été exposées à un niveau de profondeur et d'exhaustivité, si on reprend les cas connus, c'est-à-dire qu'on a été recherchés les personnes qui avaient été exposées de manière directe à ce ressortissant britannique et, ensuite, tous les endroits où ces personnes étaient passées et tous les gens qui avaient été exposés même en secondaire, et, ensuite, tous les contrôles ont été faits, les confinements, les précautions, avec, je le sais, des contraintes, fermeture d'écoles, mobilisation des personnels hospitaliers, je veux aussi beaucoup remercier les personnels hospitaliers qui se sont mobilisés, on a des personnels soignants qui sont revenus dans la nuit, dès qu'on la su, dès vendredi. Et donc, tout a été fait dans les règles de l'art pour donner de la transparence, trouver toutes les personnes susceptibles d'être exposées, procéder, justement, au confinement et au suivi et lever tous les doutes.

Voilà. Donc, s'il y avait des doutes, je vous le dirais. Je ne suis absolument pas expert, et, dans ce sujet, il y a une équipe et il y a des experts scientifiques et médicaux près de la ministre qui suivent cela.

Il y a des informations qui sont en temps réel et donc, je dirais que la résultante de cela, c'est qu'il ne faut pas avoir de psychose, il faut avoir des justes inquiétudes quand il y a matière. Je sais que beaucoup ont vécu dans l'inquiétude le week-end dernier, parce qu'il y avait un doute et, le doute, on l'a partagé. Quand le doute est levé en transparence, il faut plus qu'il y en ait.

Et on continuera à agir de cette façon. Je vais peut-être prendre 2 dernières questions. -Oui.

Bonjour. Cédric Pietralung, du Monde. L'INSEE a annoncé un taux de chômage historiquement bas ce matin, le plus bas depuis 2008.

Est-ce que vous pensez que le taux de 7% est, du coup, possible d'ici à la fin de votre mandat ? Et, si oui, êtes-vous prêt à en faire une condition de votre candidature en 2022, comme l'avait fait votre prédécesseur ? -E.

Macron: Alors, j'allais vous le dire. J'allais vous dire, il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes. Non...

Moi, j'aime le sport. En sport, quand on marque un but, généralement, on le célèbre, on dit : "C'est formidable, etc." Tout le monde est content, mais on dit pas : "Je ne serai content que si je gagne 2 ou 3 à zéro", vous voyez.

Donc, je pense, plus sérieusement, c'est une très bonne nouvelle. C'est une très bonne nouvelle. Et, moi, je le rappelle, parce que je lis beaucoup de rapports d'expertise.

Il y a 5 ans, avec le taux de croissance qu'on a eu en 2019, je ne suis pas sûr qu'on aurait recréé des emplois. Et on nous disait qu'avec ces taux de croissance, on ne créait pas d'emploi dans notre pays. Donc, avec un taux de croissance qui a été un peu moins bon que ce qu'on escomptait, dans un environnement européen où la croissance est assez atone, en tout cas, moins importante qu'on ne le voudrait, et où il faut plutôt la relancer.

Moi, je note que, en effet, la baisse qui a été vécue et observée l'année dernière permet de montrer qu'il y a une efficacité des politiques qui sont conduites. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ca veut dire qu'on a, comme disent les économistes, enrichi la croissance en emploi.

Ca veut dire qu'avec moins de croissance, on crée plus d'emplois. C'était un des grands problèmes de la France quand on se comparait. Et que je crois, avec les différentes mesures qui ont été prises de flexisécurité, de réforme de l'assurance-chômage, d'investissement dans les compétences qui est un point très important pour permettre à nos concitoyens qui sont parfois loin du travail depuis plusieurs années d'être reformés pour retrouver un emploi, avec les mesures qui ont été prises en faveur de l'apprentissage, de l'alternance, parce qu'on a vu aussi les chiffres qui ont très fortement crû sur ces secteurs, ben, on commence à avoir des résultats.

Et je regardais les chiffres, surtout moi, ce qui m'intéresse, c'est le détail qui est derrière, 4,2 millions de nouveaux CDI en 2019 dans le prolongement des ordonnances, ça veut dire que, quand on parlait, je mets entre guillemets cette formule, parce que c'est ce que, parfois, certains employeurs disaient : "On a peur d'embaucher". Cette peur a été levée. Parce que même si on n'a pas une visibilité complète sur le carnet de commandes, il y a beaucoup plus d'embauches que dans les années normales.

En formation professionnelle, on a eu 497 000 chômeurs formés en 2019, grâce au plan d'investissement dans les compétences, on a eu 491 000 apprentis, je regarde les chiffres qu'il y a derrière, simplement cette statistique. Ce qui est un effet de la loi de novembre 2018. Ce sont ces chiffres-là qui me confortent.

Donc il faut poursuivre l'effort. Moi, je ne ferai aucun triomphalisme. Parce que quand on est autour de 8% de chômage, la bataille n'est pas gagnée.

Vous avez raison de rappeler que ça fait 12 ans que nous n'avions pas eu un tel chiffre. Et donc ça veut dire qu'on peut conjurer véritablement ce qui était une fatalité française, parce qu'on était les seuls, on était l'un de ceux qui avions détruit le plus d'emplois pendant la crise, et un des seuls à ne pas avoir réussi à conjurer le chômage de masse après crise. On est en train de corriger cela, de se rattraper, mais il faut viser beaucoup plus.

Donc je continue à avoir beaucoup plus d'ambition que rester à 8%, je vous le confirme. Après, je suis concentré jusqu'au bout et jusqu'au dernier jour, je ne vais pas commencer à mettre des conditions de ceci ou de cela. Une toute dernière question peut-être. (Propos inaudibles) M. le maire.

Je connais M. le maire, parce que c'est le premier à m'avoir alerté sur le sujet que j'évoquais tout à l'heure avec des ONG. -J'y vais ? -E.

Macron : Allez-y, M. le maire. (Propos inaudibles) -Fanette Debuisson de 8 Mont-Blanc.

Concernant l'arrêté de protection du Mont-Blanc, est-ce que vous pouvez nous en dire plus, précisément sur le périmètre et le calendrier, puisque vous avez parlé d'une concertation lancée ? -E. Macron : Alors, j'ai la carte, on peut vous la donner.

Donc on va vous la faire passer. Je répète les formules consacrées, il y a les 2 pétales, Chamonix-Saint-Gervais qui donc ont permis de définir cette carte. Elle va être mise à la concertation, parce qu'il y a aussi des élus présents qui peuvent décider d'être associés, il peut y avoir...

Et donc il y aura une concertation qui sera menée par M. le préfet. M. le préfet, quel est le délai ? -4 mois. -E.

Macron : 4 mois. Voilà. Je suis très précis avec vous, puisque vous me le demandez. -Ce sera bouclé d'ici la fin de l'année. -E.

Macron : Donc 4 mois, fin de la concertation. Et après ça... -Consultation publique. -E.

Macron : Consultation publique. (Propos inaudibles) Est-ce que l'été prochain, c'est...

Non, mais moi, la question que se pose légitimement, c'est : est-ce qu'on peut l'appliquer cet été ? -A l'été 2020, non. -E.

Macron : Elle sera encore sous enquête publique. -Il y aura des arrêtés provisoires. -E.

Macron : Alors, donc on va vous donner le tracé pour être très pratique avec vous, puisque vous me posez la question. Donc dès demain, M. le préfet mène la concertation sur cette base. 4 mois.

Ensuite, il y aura l'enquête publique, et pendant l'enquête publique, il y aura des arrêtés provisoires qui permettront déjà d'accroître les sanctions confère ce que je disais tout à l'heure. Et l'arrêté sera pleinement effectif avant la fin de l'année. Et la carte, on va vous la donner, ce sera plus simple.

Voilà, mesdames, messieurs. M. le maire, je passe un moment avec vous.

Merci à vous.