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interviewBFMTV· 2 avril 2026 12 min

Guerre au Moyen-Orient: Emmanuel Macron répond à Donald Trump depuis Séoul

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

l'allié américain d'abord je ne présente pas en ces termes qui serait je dirais négatif ensuite c'est une question qui est souveraine et quand on regarde le niveau de la présence à la fois militaire d l'importance des liens et c'est bien légitime depuis maintenant plus de 70 ans je pense ça peut pas être incantatoire néanmoins j'ai je perçois chez tous mes interlocuteurs la même chose que chez nous c'est à dire une interrogation un doute quand on est confronté à des situations qui ne sont pas prévisibles et qui peuvent parfois mettre dans la difficulté et donc je crois que la conviction qui maintenant est croissante à la fois chez les responsables politiques mais également chez les responsables économiques c'est celle de devoir diversifier les partenariats et je crois que l'europe en tout cas c'est ce que je suis venu plaider l'europe et la france doivent être regardé sans doute un peu différemment. J'ai rappelé nos chiffres, nos atouts, mais également le fait que nous étions des partenaires au service de l'ordre international, prévisibles et de confiance. Et au fond, dans la guerre aujourd'hui qui accourt au Moyen-Orient, c'est la même chose, c'est le même message qu'envoie la France.

Nous sommes des partenaires de confiance et nous sommes du côté du droit international et de la stabilité je crois que ça a beaucoup de valeur voilà donc tout ça prendra du temps mais je pense que les choses sont en train de s'infléchir et en tout cas c'est très cohérent avec ce que nous défendons depuis maintenant neuf ans sur la stratégie d'eau pacifique. Monsieur le Président, vous faisiez allusion à l'instant au président Trump qui s'en est pris ces derniers jours plusieurs fois à la France et hier soir il s'en est même pris à vous directement avec des allusions privées sur votre couple. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

Est-ce que c'est une attaque que vous considérez comme contre la France, ce qu'il a dit ? Écoutez, je ne veux pas rentrer. On parle de choses trop graves.

On parle de guerre. On parle aujourd'hui de femmes et d'hommes qui sont au combat, de femmes et d'hommes et de civils qui sont tués, de la guerre qui sévit dans cette région on parle aussi des conséquences de cette guerre sur nos économies je pense à nos compatriotes les américains vivent la même chose les prix de l'essence du gaz qui montent Et donc les propos que j'ai pu entendre, que vous faites référence, ne sont ni élégants ni à la hauteur. Voilà.

Donc je ne vais pas y répondre. Ça ne mérite pas de réponse. Ce qu'il faut faire, c'est agir pour la désescalade, pour un cessez-le-feu, pour la reprise de négociations qui seules peuvent régler en profondeur ce qui se joue dans la région et qui est important pour la stabilité de tous nos partenaires et de nous tous et pour la reprise aussi d'une libre circulation, la reprise des échanges économiques dont nous avons besoin parce qu'aujourd'hui ce sont nos compatriotes, c'est nous tous qui sommes les victimes des conséquences de cette guerre.

Malgré tout, est-ce que ça ne distend pas vos liens ? Est-ce que ça ne fait pas encore plus peut-être des États-Unis un partenaire qui deviendrait encore plus imprévisible que jamais ? Ce n'est pas ces mots qui changent quoi que ce soit, la réalité est là.

Et donc moi ce qui m'importe c'est d'aller de l'avant pour notre pays, pour nos compatriotes et pour tous nos amis dans la région. Et donc maintenant il faut bâtir les solutions diplomatiques. Voilà.

Et donc permettre d'avoir la paix le plus vite possible, cesser le feu, un cadre clair et permettre de reprendre la libre circulation à travers le détroit d'Hormousk. Et pouvoir avoir justement un cadre établi et ensuite construire le chemin d'une paix durable. Alors il y a la région qui est la question aussi du liban à laquelle évidemment nous sommes très attachés sur laquelle nous oeuvrons aux côtés des autorités libanaises.

Juste pour répondre à...

Monsieur le Président, hier vous avez justement parlé, vous avez dit sur NHK, à quoi servirait d'avoir bombardé l'Iran pendant des semaines s'il ne sortait pas un nouveau cadre ? Quel pourrait être ce cadre ? On sait assez bien ce qu'il convient de bâtir, il y a eu des emprises nucléaires qui ont été détruites, à nouveau frappées.

Je rappelle qu'il y a six mois on nous avait expliqué que tout avait été détruit, que tout était réglé, pour ceux qui l'avaient oublié. Donc on voit bien que qu'est-ce qui manque ? S'il n'y a pas derrière des enquêteurs internationaux qui vont regarder où sont la matière existante, comment se font les recherches à aller vérifier les sites, ça n'est pas sérieux parce que vous avez toujours aujourd'hui et vous aurez demain en Iran des gens qui ont la compétence, vous avez toujours des sites cachés, etc.

Et donc ça n'est pas une action militaire ciblée même sur quelques semaines, qui permet de régler dans la durée la question du nucléaire. Et donc derrière, il faut un cadre le plus exigeant possible pour éviter qu'il y ait de nouveaux enrichissements, pour traiter la question des matières qui seront encore justement sur place, de voir comment les traiter. Il y a plusieurs, je ne vais pas rentrer ici dans les modalités techniques, mais sous l'autorité de l'Agence internationale de l'énergie atomique de pouvoir en reprendre le contrôle et de s'assurer qu'il n'y a pas d'enrichissement, ni derrière de militarisation.

Ça, c'est la première chose. S'il n'y a pas de cadre de négociations diplomatiques et techniques, la situation peut se redétériorer en quelques mois ou quelques Ensuite, sur l'activité balistique, c'est la même chose. Il faut derrière qu'à travers la négociation, on bâtisse un cadre qui permet d'observer l'évolution de ses capacités et de s'assurer qu'il n'y a pas à nouveau un réarmement.

La troisième chose, c'est qu'il y a un engagement aussi sur ce qu'on appelle les proxys, en tout cas tous les groupes, groupes terroristes ou milices qui agissent au nom de l'Iran dans des pays voisins et qui viennent bousculer la souveraineté de plusieurs de ces Etats. Et donc sur chacun de ces sujets, ça n'est que par une négociation approfondie, un accord et d'ailleurs il faut mettre dans cet accord également la question des sanctions qu'on pourra, donc c'est par un tel accord qu'on pourra s'assurer d'un suivi dans la durée et préserver la paix et la stabilité pour tous. Monsieur le Président, parmi les déclarations notamment d'hier, il y a cette menace de nouveau brandy de se désinvestir de l'OTAN, de la part des Américains.

En tout cas, Donald Trump et certains de ses ministres qui insistent plus en plus sur ce point en restant évidemment ambiguës. Et puis il y a aussi une autre déclaration hier soir, c'est ces annonces de frappes encore plus dures pour deux à trois semaines sur l'Iran. Quelle est votre réaction sur ces deux points ?

Écoutez, moi j'ai pas beaucoup de réactions à avoir. Je pense que des organisations, des alliances, des comme l'OTAN, elles valent par ce qu'on ne dit pas, c'est-à-dire la confiance qu'il y a derrière. Et c'est souvent comme ça d'ailleurs des sujets militaires et stratégiques.

Si on crée chaque jour le doute sur son engagement, on envie de la substance. On n'appartient pas de commenter, c'est une responsabilité que prennent aujourd'hui les autorités américaines en chaque matin disant qu'elles ne feront ceci, ne feront pas cela ou autre. Quand on a signé un texte, quand on s'est engagé dans une alliance, quand on croit qu'il est important de défendre la sécurité de ses alliés, en tout cas partenaires, n'est à la hauteur des engagements qu'on a signés.

On les ne commande pas chaque matin, ni pour dire qu'on le fera ou qu'on ne le fera pas. On ne dit rien. Et le jour où il y a un problème, on est là.

On a signé des accords avec les pays du Golfe. On n'a pas commenté ces accords pour dire on sera là, on sera pas là ils ont été attaqués on était là c'est comme ça que ça doit se passer et pas d'une autre manière donc moi je suis pas là pour commenter les commentateurs je trouve que je ça parle trop et Ça va trop dans tous les sens. Voilà.

Et donc, je pense que le monde a besoin de stabilité. Je pense qu'on a tous besoin de stabilité, de calme, de retour à la paix. Et ça n'est pas un spectacle.

On On parle de paix, de guerre. On parle de la vie de femmes et d'hommes. On parle de la situation de nos pays, des risques qu'il y a sur nos pays.

Et on parle de la situation économique de nos pays. D'ailleurs, qu'il s'agisse des États-Unis, d'Amérique ou de nous européens ou ici d'asiatiques tout le monde paye les conséquences donc faut être sérieux quand on veut être sérieux on dit pas chaque jour le contraire de ce qu'on a dit la veille et il faut peut-être pas parler tous les jours faut juste faire calmer les choses et bâtir une paix durable sur les frappes voilà une frappe massive annoncée hier soir je n'ai pas tellement de commentaire à faire je pense que je suis pas le commentateur d'une opération que les américains ont décidé avec les israéliens seul Ils peuvent après déplorer qu'ils ne sont pas aidés dans cette opération, qu'ils ont décidé seul. Ce n'est pas notre opération.

Nous, ce que nous voulons, c'est qu'il y ait la paix le plus vite possible et un cadre diplomatique qui soit établi et donc je vais pas moi commenter ce qui est dit par les uns les autres je m'assure en tout cas que la sécurité de nos partenaires était et préserver que la sécurité de nos emprises est préservé et que nous puissions ont aussi aidé les pays qui sont les plus déstabilisés, du banc que j'évoquais, et surtout que le plus vite possible, on puisse restaurer la liberté de circulation. Sur le détroit d'Ormousse justement, est-ce que la première ministre japonaise et vous allez en parler avec le président sud coréen se sont engagés à participer à l'initiative que vous avez évoqué il ya maintenant deux trois semaines et là encore donald trump a redit dans son allocution ça ne Il ne suffit pas d'intervenir comme vous proposez une fois que les armes se seront tues. C'est aux pays qui ont besoin du détournement de Mousse de venir maintenant le libérer, prenez-le, allez-y.

Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de difficile à réconcilier entre ces deux — Non. D'abord, il y a des gens qui défendent l'idée de libérer de vives forces par une opération militaire le détroit d'Hormuz. Position qui a parfois été exprimée par les États-Unis d'Amérique.

Je dis « parfois » parce qu'elle a pu varier. Ça n'est jamais l'option que nous avons retenue et nous considérons qu'elle est irréaliste. Elle est irréaliste parce qu'elle prendrait un temps infini et elle exposerait tous ceux qui iraient au travers de Z3, des des risques côtiers de la part des gardes de révolution qui ont des moyens, mais aussi de missiles balistiques, de tas de risques.

Depuis le début, nous, ce qu'on dit, c'est qu'il faut pouvoir rouvrir ce détroit parce qu'il est stratégique pour l'énergie, pour d'ailleurs les engrais aussi, commerce international, mais que ça ne peut se faire que de manière concertée avec l'Iran. Et donc Donc, première chose, c'est évidemment qu'il y a un cessez-le-feu, une reprise des négociations. Et dans ce cadre, pour garantir qu'il n'y a pas de frappe qui touche ces bateaux, avec possiblement, c'est ce qu'on offre, des missions de réassurance.

C'est une des options possibles, de pouvoir le faire. Mais ça n'est en aucun cas une opération de vive force que nous avons proposée. Voilà, le cadre est clair.

C'est pour ça qu'il vient dans un temps second. Mais ne pensons pas qu on puisse libérer l'ouvrir de vive force. Après, c'est là où aussi la négociation diplomatique est très importante.

C'est que le monde ne peut pas vivre avec non plus l'Iran qui du jour au lendemain déciderait d'ouvrir, de fermer. Donc il faut que le cadre soit établi. Il y a des eaux iraniennes, il y a des eaux internationales, il y a des eaux omanaises.

Il faut que tout ça soit bien établi et respecté et surveillé et que les choses puissent reprendre. Quelques mots de très rapide, monsieur le président, juste sur le territoire national. On ne vous a pas entendu de vive voix sur cet attentat déjoué Bank of America à Paris.

Et ce matin, on apprend que la Goldman Sachs est placée sous protection judiciaire après des menace d'un groupe iranien. Quelles sont les informations que vous avez à ce sujet ? — Je ne ferai pas de commentaire au-delà de ce que les magistrats en charge du dossier et les ministres peuvent dire.

Je veux ici simplement dire que nous sommes extrêmement vigilants, comme nous le sommes depuis et puis toujours sur les menaces terroristes. Je félicite les services enquêteurs qui ont tué l'information et qui ont ainsi pu déjouer la tentative qui s'est organisée il y a quelques jours. Je veux dire que nous sommes très vigilants sur chacun de ces sujets pour aussi rassurer tous ceux qui peuvent être ciblés, d'ailleurs en France comme ailleurs parce qu'on a vu plusieurs autres pays européens qui ont été ciblés par des tentatives d'attentats du même type.

Donc grande vigilance, mobilisation de l'ensemble des services compétents et des magistrats. Et c'est eux qui vous éclaireront sur les faits. Merci à tous.

Merci beaucoup. Merci, mesdames et messieurs. Bonne soirée.