10 SEPTEMBRE : "LA RÉPRESSION PEUT ÊTRE PIRE QUE POUR LES GILETS JAUNES"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La fameuse date du 10 septembre, vous le savez, un mouvement appelle à la mobilisation derrière un slogan choc bloquons tout, bloquons tout, bloquons tout, bloquons tout. Le propre des gilets jaunes, c'est d'avoir créé la surprise. Alors là, c'est tellement annoncé que ben évidemment que la répression va se préparer de manière conjointe.
Il faut reprendre le contrôle. Nous avons perdu le contrôle sur nos finances publiques. La dette de notre pays s'est accru de 2000 milliards d'euros.
On agite la question de la dette pour pressurer alors là pour le coup ça ressemble plutôt à la Révolution française les gens qui sont déjà extrêmement pauvre. Il y a une espèce d'humiliation. On a déjà trouvé immonde la répression des gilets jaunes et ça peut être encore pire.
Je suis directrice de recherche au CNRS. Enfin, je suis historienne spécialiste de la Révolution française mais je travaille dans un rapport passé présent sur les émotions politiques et les dynamiques politique. Il y a pas tant de points commun que ça parce que le propre des gilets jaunes, c'est d'avoir créé la surprise et donc d'avoir réussi à maintenir sous les radars pour la plupart du monde l'événement comme tel de blocage.
Alors là, c'est tellement annoncé que bah évidemment que la répression va se préparer d'une manière conjointe et que en fonction des gens qui vont se rallier pas à ce mouvement, elle va s'activer ou pas. Et donc, on n'est pas du tout du point de vue du rapport entre mouvement social et disons maintien de l'ordre de l'État dans la même configuration. [Musique] La cause première, elle est large, elle est proche de celle des gilets jaunes pour le coup.
C'est-à-dire que la souveraineté populaire n'existe plus. Autant dire queles que soient les opinions qui s'expriment de différentes manières, ce n'est pas entendu et ce n'est pas entendu euh aussi bien sur les questions écologiques et la pétition contre la loi du plomb en témoigne. S'il y a autant de gens qui se sont mobilisés, c'est que quand même c'est scandaleux de laisser une loi permettre l'usage de de produits nocifs pour la santé.
On est dans le contraire de la fonction étatique qui est de protéger ses citoyens. Et donc de ce point de vue-là, il y a quelque chose d'éminemment révoltant et que cette révolte, elle est euh elle est le la vraie question centrale et elle prend toutes sortes de formes, que ça soit celle qui est finalement très transversale de la santé, destruction des services de santé, euh mise à l'épreuve de la santé des gens par des produits nocifs, non punition, impunité des gens qui produisent du de l'eau minérale qui n'est plus de l'eau minérale. Donc il y a comme ça toute une seule chose plus le fait que on agite la question de la dette pour pressurer alors là pour le coup ça ressemble plutôt à la Révolution française des gens qui sont déjà extrêmement pauvres.
C'est quand même les gens qui ont vu leur pouvoir d'achat éroder par l'inflation et par la l'absence de suivi des salaires queon souhaite finalement prendre l'argent. Donc à un moment donné, à force de d'exagérer et de prendre toujours au même endroit, bah on se retrouve quand même dans une situation où il y a une espèce d'humiliation et c'est ce type d'humiliation et d'indignation qui depuis au moins 15e siècle et les théories après qui vont venir de de Maiavel, c'est que les humeurs des puissants sont dissymétriques des humeurs des humbles, que les humbles demandent juste à ne pas être dominé et à pouvoir vivre bien. C'est-à-dire vivre bien, c'est se nourrir, élever correctement ses enfants, pouvoir les éduquer.
Alors que les dominants considèrent qu'ils n'ont pas suffisamment voir qu'ils perdent s'ils n'accumulent pas d'avantage. Et on est complètement dans cette dissymétrie des humeurs qui fait que on s'autorise du côté des puissants à continuer à vouloir plus alors que maintenant c'est quand même une évidence difficile à voiler que on a pris l'argent des pauvres pour nourrir les riches actionnaires. Donc ça les gens sont quand même pas idiots et ils s'en rendent compte.
C'est un point important parce que Mira Beauer dit que ça peut être le trésor national en tant que cette dette oblige à transformer le la situation de l'ancien régime mais en l'occurrence bon bah sa dette elle a été contractée par ce qu'on est en train de contracter c'est-à-dire la guerre en l'occurrence la guerre de d'indépendance américaine et par trop de dépenses de la cour. Donc une liste civile comme on dit qui est trop importante. Donc il y a double raison que les caisses de l'État soient vides et aussi des mauvaises récoltes, des situations climatiques pas satisfaisantes.
On est dans une situation de ce point de vue-là qui est pas si différente. On veut augmenter les dépenses de guerre, on les a déjà augmenté. On veut continuer à nourrir le plus possible les actionnaires.
On veut que le monde financier et quand je dis financier, je pense pas juste à la finance internationale, mais tous ceux qui participent même en étant des petits actionnaires relativement à la grande finance que ça devienne plus gros que les États. C'est ça les banques, les banques importantes, elles ont des avoirs qui sont plus importants qu'un état et c'est pour ça qu'elles sont trop grosses pour chuter. Donc c'est une espèce de concurrence entre le monde financier et le monde politique.
C'est déjà le cas la veille de la révolution. Mais il se trouve que le monde financier, la veille de la révolution, c'est la bourgeoisie. Et donc la bourgeoisie, elle fait chanter le monde politique.
Elle lui dit "Mais à ce coup-là, on veut bien payer puisque les nobles ne veulent pas payer, l'église ne veut pas payer. Donc les ordres privilégiés ne veulent pas payer. Considèrent que ça serait vraiment contraire à leur privilège.
Au bout du compte, la bourgeoisie n'est pas contre mais en échange du pouvoir. Alors nous là c'est très différent parce que ceux qui ont beaucoup d'argent et qui pourraient éponger la dette contrairement au petit peuple qui peut pas éponger la dette qui peut juste s'endetter davantage sur le modèle grec et bien ils font aussi chanter c'est des Elon Musk c'est des gens comme ça et donc si eux prennent le pouvoir des situations à la Trump à la Nethanahou et donc c'est une alliance du capital et du fascisme. C'est ça à quoi on assiste aujourd'hui avec la dette pendant la révolution.
C'est pas le cas parce que la bourgeoisie n'a pas alors le pouvoir et elle appartient en plus au tiers états. Donc elle est obligée de penser d'abord tiers états avant de penser bourgeoisie. Alors que aujourd'hui, on peut pas dire que on soit dans une situation où ceux qui disposent du capital pense autrement même que comme leur capital à eux, leur entreprise en concurrence avec d'autres entreprises.
Donc on est dans une situation où la dette, si on fait pas une transformation radicale des règles du jeu, elle ne peut être épongée que par nos ennemis. Et donc on est dans une situation qui ressemble quand même beaucoup plus que la veille de la révolution de mon point de vue à une NAS parce qu'on est coincé avec un double bind et le gouvernement fait alliance avec ceux qui peuvent payer pas avec les petits. Et donc pour pouvoir tenir dans cette alliance, il faut continuer à leur dire mais on vous prendra pas d'impôts parce que c'est contraire à leur conception de leur manière de prendre le pouvoir.
Ils veulent pas contribuer à un état qui serait l'état pour tout le monde. Ils veulent transformer en personne dépendante absolue l'ensemble des individus. C'est clairement exprimé. [Musique] Malheureusement euh historiquement euh sans cadre, les rapports de force sont peu élaborés et donc c'est des feux de paille.
C'est ce que Jean-Nicolas appelé la rébellion. et on est encore au stade de la rébellion. Il se trouve qu'en plus dans cette rébellion, il y a des enjeux politi politiciens de démarquage de syndicat les uns par rapport aux autres.
Qui va suivre ? Qui ne va pas suivre ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
Comment en tant que syndicat jouer son rôle de critique de cette oppression du petit peuple par des taxes indus sans suivre ? Euh donc fabriquer des journées d'action. Alors la journée d'action, c'est quand même le truc qui est déprimant par excellence dans le mouvement actuel.
Ça sert pas quoi. Ça sert peut-être à se compter, à se faire plaisir très très momentanément. C'est fugaces.
Et ça sert surtout au syndicat à compter ses troupes. Donc c'est pas même la mise en place d'un rapport de force. Il y a quand même un enjeu de dépassement de ce que va être le 10 septembre.
C'est-à-dire, quelle que soit la réussite en terme de nombre, un conglomérat de désir face à un gouvernement injuste. Mais les modalités de ressentir l'injustice sont variables en fonction des gens. Les gens qui ressentent pas l'inflation, ils trouvent insupportable de plus pouvoir avoir accès à des services d'urgence correctes.
C'est pas les mêmes questions qu'ils ont chacun. Si on narrive pas à dépasser en disant bah il faut un nouveau projet social euh et il ne peut être qu'unitaire euh bah on laisse la place quand même à euh des adversaires qui sont redoutables et qu'on est un peu innocent, un peu naïf. On a déjà trouvé immonde la répression des gilets jaunes et ça peut être encore pire.
Donc du coup, ça aussi il faut le penser en même temps. Et donc construire des espaces protégés, c'est utiliser le droit euh néolibéral de la propriété privée pour se protéger dans la propriété privée, de se privatiser pour pouvoir mieux travailler, finalement, se séparer pour mieux revenir. Et ça ça dépend effectivement des actifs qu'on appelait dans le temps les actifs du bien ouvrier, c'estàd les lieux sociaux qu'on peut aller occuper, soit parce qu'ils vous sont prêtés, soit parce que il y a des liens avec des municipalités, soit avec des lieux culturels qui eux-mêmes sont tellement dépendants aujourd'hui en terme de subvention qu' qu'ils osent plus ils osent plus faire quoi que ce soit alors que c'était un lieu possible.
Et c'est par hasard si on coupe à ce point les moyens de la culture, c'est que un théâtre, un cinéma, c'est un lieu où on peut faire des réunions. Et donc tous les lieux de réunion possible aujourd'hui sont fragiles et c'est ça qu'il faut chercher à mailler. Voilà, pour moi c'est c'est ça l'enjeu. [Musique]
François Bayrou