Olivier Faure : discours après le 2nd tour des municipales 2026 – 22 mars 2026
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je remercie les millions d'électrices et d'électeurs qui ont permis ces formidables victoires d'un maire socialiste, d'un maire du bloc de la gauche et de l'écologie et plus largement toutes celles et ceux qui, en participant à ce scrutin, ont fait vivre la démocratie locale. Je salue les conquêtes de Nîmes, Pau, Saint-Étienne, Amiens, Agen, Aubervilliers, parmi tant d'autres, à Paris, Lyon et Marseille, Nantes, Montpellier, Lille, Rennes, Rouen, Le Mans, Blois, Quimper et tant d'autres, la gauche et l'encontre. Dès demain, les Français pourront compter sur nos maires, plus que jamais.
Les socialistes sont la principale force territoriale de la gauche et dès demain, ils se remettront au travail, au service de leurs concitoyens. Ils devront faire face à une situation inédite. Il faudrait être aveugles et sourds pour ne pas voir et entendre ce que les Français nous ont livré pendant cette campagne. Notre pays est fracturé, marqué par le pessimisme, la défiance, la peur de l'autre. Cette situation n'est pas née du hasard, mais de la colère contre les inégalités criantes, de l'abandon que vivent tant de nos concitoyens, qui ont le sentiment que, scrutin après scrutin, ils ne sont pas entendus.
Le niveau de l'abstention est la marque de cette crise de notre projet collectif, qui est aussi une profonde crise démocratique. Notre pays a besoin d'apaisement, de dialogue et de justice. Il a besoin de retrouver le sens de son identité républicaine, fondée sur la fraternité et le respect mutuel, bâti sur un idéal qui nous dépasse et donne du sens à notre monde et des chances nouvelles à chacune de nos vies. Ce combat est le mien et le nôtre depuis toujours. Ce combat se résume en une phrase, donnée à chacun sa place et sa chance. Depuis plusieurs semaines, nous assistons à une totale inversion des valeurs et à la perte des repères les plus stables.
L'inversion a pris un tour nouveau, après que la droite, de renaissance à LR, s'est félicitée du soutien de l'extrême droite à Paris, comme dans de très nombreuses autres villes. La droite a perdu sa boussole, pas nous. Face au délitement du camp macroniste, face à la fusion idéologique en cours de la droite et de l'extrême droite, il n'y a que la gauche pour éviter à la France cette régression réactionnaire et ultralibérale. Encore faut-il que la gauche puisse se rassembler sur des principes clairs. La provocation outrancière, la conflictualisation à tort et à travers, les dérapages antisémites sont une voie sans issue. Les gauches irréconciliables conduisent de la même façon à une impasse.
Je crois à la possibilité de se rassembler avec ceux qui ont une claire conscience des enjeux et qui ne se résolvent pas à suivre aveuglément le bruit et la fureur. J'appelle chacun au sursaut démocratique à choisir de nouveau le chemin de la coopération, celui de la réussite collective qui est à notre portée si nous savons faire entendre la voix de la justice sociale et de l'avenir de notre planète. Vive la France, vive la République.
Olivier Faure