Collectif Culture-Libertés : Interventions de Gabriel Robin, Mathilde Paris et Marie Céhère
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:33InvitéFait
« Nous incarnons un engagement patriotique fort, à l'image des artistes et des écrivains engagés dans la Grande Guerre ou la Résistance. »
- 3:03InvitéFait
« Parmi les 150 nouveaux noms communs que dévoilait la dernière mouture du Petit-Larrousse, figurant entre autres « Selfie », « Bolos », « Mémérisé » ou « Community Manager ». »
- 3:22InvitéFait
« François Hollande est un « Bolos » par exemple. »
- 3:30InvitéFait
« Ces mots ne sont pas français. »
- 12:15InvitéFait
« Nous devons actuellement faire face à un contexte à la fois de crise et à un désengagement de l'État qui fait que nous devons, en tant qu'acteurs culturels, trouver de nouvelles sources de financement. »
- 12:41InvitéChiffre
« Le mécénat culturel est en diminution. »
- 13:22InvitéFait
« Je pense par exemple à la question des fonds de dotation qui ont été créés par le législateur en 2008 en France. »
- 16:44InvitéFait
« L'intérêt pour les langues anciennes s'est considérablement effondré, même dans les cagnes, même dans les facultés de philosophie. »
- 18:10InvitéFait
« On va déplorer que les universités françaises ne cessent de chuter dans les classements internationaux. »
- 19:23InvitéFait
« Je croise des éditeurs qui me disent qu'ils n'ont plus les moyens de payer leurs auteurs. »
- 20:01InvitéFait
« De grosses maisons d'édition parisiennes ont annoncé qu'elles allaient devoir encore réduire les droits d'auteur. »
- 20:46InvitéChiffre
« En France, il n'y a qu'une vingtaine d'auteurs qui peuvent réellement vivre de leurs plumes sans avoir de revenus de substitution. »
Temps de parole
- Invité34 %
- Invité 229 %
- Invité 319 %
- Présentateur16 %
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En tous les cas, je vais passer la parole à celui qui va exercer les fonctions de secrétaire général. C'est une difficile tâche. C
'est
un intellectuel pur, c
'est
un Toulousain. Il oeuvre et il écrit beaucoup, sur Boulevard Voltaire notamment, c'est Gabriel Robin.
Bonjour.
Alors ça ne sera pas facile de passer après Gilbert Collard, qui a donné un discours vraiment magnifique.
Donc
excusez-moi, je vais maintenant dans un journal public et passer après un ténor comme ça. Ce n'est pas un cadeau. On vous a écrit par une petite élocution, donc je vais vous la lire. Alors depuis plusieurs mois déjà, nous travaillons à faire de ce collectif culture un outil efficace, qui nous permettra de développer plus à fond une politique culturelle au service des Français, tant travailleurs du monde de la culture que spectateurs.
Plus
encore, nous sommes animés du souci de la France, de son destin, de son histoire en héritage, de sa culture en partage et de sa place dans le monde de demain.
La
politique culturelle doit être sous-straite à l'influence négative des idéologues politisés du gouvernement et de ses prédécesseurs. Pour autant, il serait même d'imaginer que la culture ne participe pas aux faits
politiques. Nous
incarnons un engagement patriotique fort, à l'image des artistes et des écrivains engagés dans la Grande Guerre ou la Résistance. Pensons-nous à Apollinaire, ou être polonais et sujet russe, qui demanda à être français pour défendre sa patrie de cœur sur le champ de bataille. Et on nous aussi à l'esprit, blessandra, suisse engagée dans la Légion étrangère, Champégui, mort à la tête de ses troupes, Saint-Exupéry, ou bien encore Simone Veil, auteur de l'Enfracinement et Héroïne. Les exemples ne manquent pas, car longtemps, nos hommes de culture sont aussi des citoyens engagés dans la cité et au-delà.
La culture n'est pas l'apanage de la pseudo-gauche au pouvoir, mais une pseudo-droite qui l'a exercée avec les résultats que nous connaissons. Ils n'ont pas de domaine réservé. Il suffit de tirer le bilan de leur politique pour constater à quel point ils ont abandonné la culture au profit de l'économie de la culture.
Aujourd
'hui, la presse de gauche attaque le président Hollande en s'interrogeant sur la possibilité d'un dialogue entre ce dernier et les intellectuels.
La
culture n'est semble-t-il pas la priorité de l'Élysée, plus intéressée par les enjeux sociétaux. Régulièrement, ils se griment comme protecteurs des arts et des lettres. Ils ne sont pourtant, au fond, que des pontiers pyromanes.
De
nombreux conservatoires en région perdent leur subvention. Il y a un véritable désert culturel, alors que les dépenses inutiles, voire somptuaires, se multiplient à tous les échelons administratifs. Il suffit.
Nous
serons un rempart contre la déculturation générale de la société française. Si Mme Vallaud-Belkacem entend supprimer les enseignements des langues d'enseignes, nous souhaitons, au contraire, valoriser avec le plus grand zèle les éléments constitutifs de notre civilisation. En ce sens, je crois que le collectif culture aura un rôle essentiel à jouer dans la bataille culturelle contemporaine. Le pouvoir a progressivement marginalisé la culture classique et les cultures traditionnelles, ce qui a produit une insécurité culturelle. Nous entendons réconcilier la France et son identité profonde.
On
peut citer en exemple éclairant des conséquences de l'insécurité culturelle, les dernières éditions des dictionnaires Robert et Petit-Larrousse. Qui ont récemment fait les gros titres des journaux. Les dégâts sont immenses. En s'abandonnant au lieu commun de l'époque, les éditeurs participent à la destruction de notre langage par le relativisme indurne. Parmi les 150 nouveaux noms communs que dévoilait la dernière mouture du Petit-Larrousse, figurant entre autres « Selfie », « Bolos », « Mémérisé » ou « Community Manager » que Valls a récemment repris puisqu'il serait installé un bataillon de « Community Manager ».
Ce nouveau chant mexical pourrait être amusant à l'utiliser pour qualifier certains individus résidant à l'Elysée ou à Matignon. François Hollande est un « Bolos » par exemple.
Il
est énormément beaucoup moins approprié à un dictionnaire. Ces mots ne sont pas français. D'ailleurs, les Québécois, peu adeptes des anglicismes et des emprunts américains voisins, utilisent le terme égoportrait, qui est beaucoup plus correct dans notre regard. Espérons que demain, l'Académie française ne finisse pas elle-même par succomber au chant des sirènes suggestives de l'Air Mutant. Cet exemple d'actualité pourrait à première vue paraître anecdotique, s'il n'était pas révélateur de toutes les politiques culturelles des vingt dernières années. Nous assistons à une véritable inversion, par laquelle la transgression est devenue la norme.
Transgresser pour le plaisir de transgresser, à l'image de l'érection d'un plug-in algéant, en place dans l'homme, ne rend service ni aux artistes transgresseurs, puisque toute leur réalisation ne devienne banale et ne chante plus personne, ni au public, qui devient incapable de distinguer l'art de la fraude, ni au patrimoine, qui défigure. Personne n'y gagne. Le rôle du politique n'est d'ailleurs pas celui du critique.
Nous
souhaitons ardemment défendre nos patrimoines matériels et inmatériels, comme le disait Gilbert Collard, contre les forces qui les menacent. Pour autant, nous ne sommes pas des réactionnaires. Marine Le Pen citait Victor Hugo en introduction de son discours du dernier congrès du Front National. « On arrête l'invasion des armées, mais on ne peut arrêter l'invasion de décider. » Cette phrase prend tout son sens aujourd'hui. Lorsque Manuel Valls s'en prend à tous les auteurs qu'il estime mal pensant, il le fait parce qu'il a peur que d'autres idées que les siennes triomphent dans les esprits défoncés.
Michel Houellebecq, Éric Zomou ou Michel Enfray, que citait Sébastien Chenu, ont tous eu à souffrir des attaques pernicieuses de cette super classe politico-médiatique que l'on prétend libérataire. À tort, car ce sont des libérataires qui se dévoilent en sens de ça et réduisent nos libertés d'opinion et d'expression à peau de chagrin. Demain, qui aura su bien les foudres de ce gouvernement en dirige de plus en plus autoritaire ? Moi ? Peut-être vous aussi dans vos fonctions de journaliste qui êtes ici, vous auriez tort de vous croire à l'abri. Ce collectif sera un phare pour les artistes, les penseurs et le public qui réclament plus de liberté, plus de choix.
Plus personne ne supporte la pensée unique et l'artistiquement correcte, dont les idéologues de l'indifférenciation globaliste se font les inlassables promoteurs. Nonobstant l'acharnement de certains restera dans nos libertés, tant par la censure directe que par la marginalisation progressive d'artistes ne correspondant pas au nul envisagé par le ministère et ses différences bien, l'éthique de la pensée unique cède sous les assauts du réel. La liberté d'expression ne peut bien entendu pas être au total, mais elle se doit d'être maximale démocratie.
La philosophie de notre collectif sera donc constituée de deux axes forts, la défense, la valorisation et la projection de notre identité culturelle par le haut et la démocratisation de notre culture à la base. Cependant, nous excluerons tout esprit partisan excessif et toute pensée de système de nos travaux programmatiques.
Pour
toutes les grandes questions, notre démarche sera pragmatique et juste. Témoignerons de cette éthique politique renouvelée et rapports les audits que nous rendrons sur les collections publiques d'œuvres d'art détenues par l'État, le statut de l'intermittent du spectacle, les libertés numériques, le cinéma français ou bien encore la protection du patrimoine. Notre objectif prioritaire sera de rationaliser la gestion des politiques culturelles pour mettre fin à la galerie financière tout en garantissant une offre de qualité au public et un écosystème rassurant aux acteurs et travailleurs du monde culturel. Je finirai par citer Pégui qui sera la dévise de notre collectif.
Omer est nouveau ce matin et rien n'est peut-être plus vieux que le journal d'aujourd'hui.
Il y en a un certain nombre dans la salle qui ont accepté de s'engager publiquement. Je voudrais les citer. Peut-être qu'ils le souhaitent se lever, nous faire un signe pour qu
'on
les identifie comme tels puisqu'ils vont porter ce collectif avec un certain nombre d'entre
eux
qu'on peut imaginer. Ils ne peuvent pas toujours s'engager publiquement. Ils sont aussi parfois dans la salle d'ailleurs. Mais j'aimerais d'abord saluer, elle sera secrétaire générale adjointe. Elle a un master professionnel des arts et de la culture. Elle est chargée de mécénat culturel et des fonds de dotation au domaine de Chambord. Elle sait donc de quoi elle parle. C'est ma voisine. C'est Mathilde de Paris. Elle a vos travaux du collectif. Elle a deux actes de langue et de littérature russe. Elle est diplômée de supérieure d'art lyrique. Elle est conseillère linguistique à l'Opéra du Rhin. Rédacteur dans la maison mère du ministère de la Culture. Je l'aperçois de loin.
C'est Pauline Descôtes. Il est maire adjoint à la vie culturelle, aux associations et citoyennes à
Hélène
Beaumont. Il est conseiller départemental du Pas-de-Calais.
C
'est Christopher Zuret.
Par
Paris, c'est Pierre Degnaud. Évidemment avec lui puisqu'il a été le conseiller culture, francophonie, liberté, l'expression de marine et qu'il est présent du ciel. Maître Karimouchik. Elle est contributrice sur
causeur.
Marie C
.R. Elle
est professeure et galériste d'art. Elle est créatrice d'un espace d'art contemporain consacré à l'art abstrait plus précisément. Daniel Grimaldi.
Il
est ancien chroniqueur littéraire du magazine Jalouse. Il anime des débats littéraires à la librairie Clémer de Strasbourg. Il sera chargé plus précisément de la thématique musique. Laurent Husserre.
Le
cinéma. Le président du syndicat du cinéma français. Cinéaste, réalisateur et producteur. Daniel Léger. Pierre Magré. Il est mauvaise de vue. Voilà, Pierre est là-bas. Mais notre
geek
de la maison qui sera chargé de la thématique Internet et liberté. Il a un master en sciences et technologies du logiciel. Il est aujourd'hui chef d'entreprise. Mathieu Millasso.
Il
sera chargé de la thématique patrimoine. Il est membre de la Société d'histoire de l'art français. Il a un master
en
Erasmus sur la réception des artistes français à
l
'exposition universelle de 1873. Guillaume Pradoua. Contenu à Mathilde et Marie nous expliquent pourquoi elles ont accepté de s'engager toutes les deux dans ce collectif. Elles ne se connaissaient pas avant ce collectif, soit sur pied. Elles ont des profils très différents. Mais j'avais... Il est intéressant de les entendre l'une et l'autre sur la raison de leur engagement particulièrement, avec des profils particulièrement différents. Mathilde, je te laisse évidemment la parole.
Merci, Christian. Bonjour à tous. Alors, pour ma part, je suis issue du monde des arts et de la culture, aussi bien par mon parcours professionnel et mes études, avec une prédilection notamment pour l'art contemporain et patrimoine. Je travaille d'ailleurs au sein d'un site patrimonial majeur. Alors, lorsque j'ai été contactée par Sébastien pour rejoindre le collectif, je dois dire que j'ai accueilli cela avec un très grand enthousiasme, parce que c'était enfin l'opportunité de pouvoir allier mon engagement politique puisque je suis élue sous les couleurs du Front National localement et que j'ai eu cette passion pour les arts et la culture vraiment depuis toujours.
Alors, il y a plusieurs sujets que je souhaite défendre au sein du collectif. Il
y
en a un qui me paraît assez central et majeur compte tenu du contexte actuel. C'est la question du financement de la culture grâce au développement du mécénat. En effet, nous devons actuellement faire face à un contexte à la fois de crise et à un désengagement de l'État qui fait que nous devons, en tant qu'acteurs culturels, trouver de nouvelles sources de financement. Alors, ce sujet est pour moi absolument central et nous devons effectivement savoir que le mécénat s'est beaucoup développé ces dernières années, notamment avec la loi Ayagon. Mais pourtant, le mécénat culturel est en diminution.
Nous avons pourtant une augmentation, c'est un peu paradoxal, du nombre de donateurs, notamment une progression des PNE et des TPE.
Mais
les dons sont beaucoup moins importants.
Et
ça s'explique notamment parce qu'en contexte de crise, quelque chose d'assez fréquent, on constate que les mécènes préfèrent privilégier la solidarité qui leur paraît plus essentielle que la culture, même si je le regrette vivement.
Alors,
je pense que nous avons vraiment des outils à notre portée, mais que nous utilisons mal et qui ne sont pas forcément assez connus non plus. Je pense par exemple à la question des fonds de dotation qui ont été créés par le législateur en 2008 en France. On peut maintenant créer ces fonds de dotation qui permettent de recevoir à la fois des dons et des lègues, ce qui est très intéressant,
et
de pérenniser ces dons en les capitalisant. Malheureusement, le constat qui est fait par rapport à ces fonds de dotation,
c
'est qu'on ne les utilise pas de manière assez efficace et ils sont assez peu connus encore. Le problème à cela, c'est un vrai manque de formation des professionnels de la culture à la collecte de fonds. La collecte de fonds,
c
'est un vrai métier, ça s'apprend.
Et
je pense qu'il y aura vraiment un effort à faire là-dessus parce qu'autrement, c'est laisser nos institutions culturelles démunies face au contexte actuel.
Alors,
je compte bien entendu sur le collectif pour pouvoir bouger les lignes en ce sens.
Je
pense que le collectif culture sera vraiment un outil remarquable pour pouvoir enfin proposer une alternative aux politiques culturelles qui ont été menées jusqu'ici, avec des propositions concrètes, mais aussi innovantes, et qui sont en adéquation avec le terrain, puisque, comme vous l'avez vu avec la présentation qu'a fait Sébastien Chenu, nous sommes tous des acteurs de la culture, avec des profils variés, et donc nous sommes très au fait des réalités du secteur. Merci.
Et comme la liberté, c'est le courage, elle est courageuse de s'engager, après avoir publié son premier roman qui fonctionne bien, et je vous invite à vous procurer, « L'Élise en dangereuse ». Je crois que la liaison, qu'elle est au miracle de collectif culture, ne sera pas si dangereuse que cela.
Marie
Serre.
C
'est vrai que pour moi, c'était une très bonne opportunité de faire coïncider mes engagements politiques et les idées que j'avais, que je nourrissais depuis plusieurs années, et puis, une nouvelle vie professionnelle, puisque je débute, comme disait Sébastien, dans le milieu intellectuel et littéraire, qui est un milieu difficile, dans lequel il n'est pas bon de penser les choses qui se disent ici, mais peu importe. Donc, oui, c'est quelque chose qui est encore assez mal reçu, dans le monde de l'édition particulièrement. Alors moi, j'ai une formation de philosophie, de cagnes et philosophie en province. Il faut savoir que l'Ibokane et cagnes,
c
'est supposé être une formation d'élite. Les meilleurs éléments d'un pays sont supposés en sortir. Ce que j'ai constaté, que ce soit dans les lycées où sont dispensés ces enseignements, ou dans les facultés dans lesquelles on poursuit le cursus, c'est plutôt une dégradation considérable, à la fois du niveau culturel, des bâtiments en eux-mêmes, de la disponibilité des professeurs, et puis tout simplement du niveau intellectuel des élèves dont je faisais partie et que je déploie vraiment. L'intérêt pour les langues anciennes s'est considérablement effondré, même dans les cagnes, même dans les facultés de philosophie.
Et donc ça, c'est plutôt inquiétant, je dirais, quand on va dans des facultés où les bâtiments sont en ruines, où les amphicats sont poussiéreux, où soit il n'y a que deux ou trois élèves qui n'écoutent pas le cours, soit il n'y
a
pas de professeur, soit les amphithéâtres sont bondés, et dans ce cas-là, il est absolument impossible d'entendre le cours. Ce n
'est
pas de très bonne augure pour l'avenir de notre pays, parce que c
'est
l'avenir de notre pays qu'on forme dans ces murs. Je me destinais à être professeure de philosophie, et j'ai eu l'opportunité de quitter Lyon et de venir m'installer à Paris et de faire ce que j'aimais vraiment, c'est-à-dire écrire, et malheureusement, je ne le regrette pas. J'avais envie d'enseigner, j'avais envie de transmettre la passion de la philosophie que j'avais depuis le lycée à des élèves, j'avais l'espoir que ce serait possible de susciter des passions, des vocations, et malheureusement, j'ai été extrêmement découragée, et aujourd'hui, je suis plutôt contente de m'être évadée de ce système qui est réellement un corps à l'agonie, amorphe, dans lequel il ne se passe plus rien.
Et
à côté de ça, on va déplorer que les universités françaises
ne
cessent de chuter dans les classements internationaux.
Il
y a peut-être quelque chose à faire de ce côté-là, il me semble, parce que lorsqu'on a des universités qui sont concrètement, et au sens figuré, en ruines, il ne faut pas s'étonner que tous les bons élèves partent faire leurs études aux États-Unis,
au
Canada, en Suisse, voire dans les pays d'Amérique latine,
parce
que ces pays sont vraiment aujourd'hui des lieux très attractifs pour les étudiants, et je connais personnellement beaucoup de mes camarades de Cagnes ou de facultés de Chillot qui ont quitté la France parce que ce n'était plus possible de recevoir une formation correcte dans l'université française. Donc ce désastre me préoccupe beaucoup.
Et
à côté de ça,
une
autre problématique qui m'intéresse beaucoup, c'est celle que j'ai découverte en venant à Paris, en étant intégrée dans le milieu littéraire, journalistique, éditorial, c'est la réalité de ce qu'est aujourd'hui la production littéraire française. Et elle est réellement catastrophique. Je croise des éditeurs qui me disent qu'ils n'ont plus les moyens de payer leurs auteurs.
Je
croise des éditeurs qui me disent que même en s'appuyant sur un fond solide et sur des titres qui ont fonctionné,
ils
n'ont à peine
de
quoi s'acheter un paquet de cigarettes par mois.
Alors
certes, on peut faire autre chose avec 7 euros, mais enfin, c'est le choix de chacun. Reste que cette situation est réellement catastrophique. Récemment, plusieurs gros éditeurs parisiens, donc pas des petites maisons, pas des éditeurs alternatifs qui n'ont qu'un catalogue restreint. De grosses maisons d'édition parisiennes ont annoncé qu'elles allaient devoir encore réduire les droits d'auteur. Donc il faut savoir qu'aujourd'hui, un auteur qui n'est pas un très très gros vendeur pourcent du prix de vente d'un livre et ces droits vont être réduits pour les auteurs qui vendent le moins de livres à 4%, voire à 2%. Et certains, je pense, sont même inexistants. Quant aux avaloirs qu
'on
donne aux auteurs avant la publication d'un livre, ils sont pratiquement inexistants désormais. Donc le mythe de l'écrivain qui vide sa plume est en train de disparaître. Ce n'est plus qu'un mythe. Aujourd'hui, en France, il n'y
a
qu'une vingtaine d'auteurs qui peuvent réellement vivre de leurs plumes sans avoir de revenus de substitution. On vante partout dans le monde la langue française, la littérature française, ce patrimoine immatériel dont Gilbert Collard parait. Il me semble que cet état de choses est réellement déclorable et inquiétant parce que si plus personne n'écrit, plus personne ne lira et c'est par la lecture et par l'apprentissage et par la familiarisation avec la langue française que commence la culture à mon sens. Voilà le sens de mon engagement.
et par l
'apprentissage
et par
l
'apprentissage