Billy : "Je devrais voir un psychologue et c’est le cas de beaucoup de youtubers" (Interview)
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Je devrais voir peut-être un thérapeute, un psychologue, enfin je ne sais pas comment appeler ça, et c'est un peu le cas pour beaucoup de youtubeurs de la scène, beaucoup de streamers, etc., qui voient des psys. L'interview, l'interview match-up, c'est la première, et c'est avec toi.
Tu vas bien ? Ça va et toi Hugo ? Ça va tranquille, tranquille, tranquille.
Merci d'être là, c'est trop cool. Merci à toi pour l'invitation, et ça tue pour une première, je m'as dit, j'ai accepté direct. Je ne savais juste pas si j'allais être dispo pour ce soir-là, mais je suis rentré hier de mon tournage.
C'est bien tombé. Alors, comment ça se passe ? Il faut quand même poser la question, les gens se demandent peut-être ta jambe.
Tu en as parlé sur Twitter notamment. Ça va. Du coup, on a failli aller aux urgences.
Pour ceux qui auraient loupé l'épisode, on a fait un live genre à l'un des sommets les plus hauts d'Europe, et on est resté genre 40 minutes là-bas en chaussettes. Je suis venu avec ses baskets, quasiment, et genre ma jambe avait gonflé et tout, je la sentais même plus et tout, mais… Là, ça va ? Ça va.
Là, c'est mieux ? En vrai, on a frôlé la catastrophe avec Amine, mais ça va. Ce sera sur une vidéo sur YouTube sûrement ?
Ouais, le best-of arrive. Du coup, c'était en live. C'était en live.
Et là, il y aura sûrement un best-of. Trop, trop bien. Enfin, trop, trop bien.
Pas pour ta jambe, mais pour le best-of qui sera dispo. Ça commence bien. Du coup, on a parlé de stream, on a parlé de YouTube.
Ça permet de te présenter un peu. L'idée, ce n'est pas juste de faire ta biographie en mode, t'as fait ça et t'as fait ça et t'as fait ça. L'idée, c'est aussi de se dire, en fait, tu as forcément vécu des choses, tu as eu des points de bascule dans ta vie.
Des moments, ça peut être parfois des rencontres. Ça peut être des succès. Ça peut être des échecs.
Ça peut être le fruit du hasard parfois ou du destin selon d'autres. Et c'est là où je trouve ça cool, c'est de se dire, vas-y, on va se poser avec des gens dans les prochains jours. Et là, tu étais le premier et on va revenir sur ton parcours, comprendre comment est-ce que tu en es arrivé là où tu es aujourd'hui.
Et il y aura sûrement plein de choses à apprendre pour ceux qui nous regardent. Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ? Comment est-ce qu'on pourrait te définir ?
Billy, pseudo robot d'Ether sur les réseaux sociaux. Je suis pas mal sur Twitch en ce moment, de plus en plus sur YouTube. J'essaie de créer du contenu, de créer des choses sympas sur Internet, de donner de l'amour aux gens et qu'ils m'en donnent en retour.
Et ça a commencé sur Twitter beaucoup. Après, ça a été notamment sur Twitch. Maintenant, c'est aussi sur YouTube.
Du coup, on le disait à l'instant, avec des redifs et avec des vidéos aussi exclusives que tu postes et on te connaît un peu partout. Et ça va faire ultra-boomer de le faire, mais je vais quand même donner des chiffres. Parce que je sais qu'il y a des gens, même là, quand j'ai lancé l'édition sur Twitch, je sais que j'ai eu des commentaires de gens qui disaient « j'ai jamais ouvert Twitch ».
Il y en a, tu vois. Il y a des gens qui ne suivent pas Twitch et qui sont en mode « c'est quoi le truc ? ».
Donc, je donne quand même quelques chiffres pour que les gens te situent. Tu es à 1,5 ou 6 millions de followers sur Twitter, un bon 700k sur Twitch. En fait, tu es très suivi et plein de gens te connaissent.
Si ce n'est pas ça, c'est via d'autres vidéos de d'autres streamers ou YouTubeurs. Et je veux qu'on commence avec le tout début. Le tout début, c'est genre avant même Twitter, avant même tout ça.
C'est ton enfance, tout simplement. Ton enfance, ça a été en banlieue parisienne dans le 92. Comment ça se passait ?
J'ai cru comprendre, j'ai cru lire que tu étais quelqu'un d'assez discret au final. Ce qui a l'air assez fou quand on voit aujourd'hui à quel point tu peux être extraverti en vidéo. Tu étais discret quand tu étais jeune ?
Ouais, j'étais archi discret. Du coup, j'ai grandi à Cité-Jardin à Surenne dans le 92 et j'étais assez discret. Je n'ai jamais été dans les gros cons, on va dire.
J'étais dans mon coin tranquillement avec mes potes et c'est de là où tout a commencé en fait. On s'est créé un compte Pourses Valley entre nous sur les réseaux. Et c'est là où j'ai commencé à découvrir d'autres personnes de fil en aiguille.
Et c'est de là où tout a commencé quoi. Mais en soi, ouais, j'étais archi tranquille. Je suis quelqu'un, je suis très posé, introverti.
Je suis dans ma bulle un peu et voilà. Et tu as réussi du coup avec Twitter, Twitch aussi, à t'ouvrir aussi progressivement parce que publiquement, c'est un truc quoi. Ouais, peut-être que tout ça t'a aidé aussi à t'ouvrir d'une certaine façon.
De ouf. Ça constitue quasiment toute ma personne d'aujourd'hui puisque j'ai appris énormément de valeurs en grandissant là où j'ai grandi en cité avec mes potes. Énormément de valeurs, une façon d'un certain honneur à adopter, un comportement, des valeurs, etc.
Et je ne pense pas que j'aurais pu en être là aujourd'hui sans tout ça. Et c'est vrai que ça peut paraître parfois un peu cliché parce que souvent dans les interviews les gens qui viennent de citer, il y a ce truc de comment c'est, machin, qu'est-ce que ça t'a apporté ou quoi. Mais toi, tu as l'impression quand même que ça t'a forgé d'une certaine façon, ça t'a apporté des valeurs en fait.
Bah de ouf parce que bon après, c'est triste à dire, mais on nous a empilé les uns sur les autres un peu dans des débats de je ne sais pas combien d'étages en cité, etc. Et ça nous a forcé à savoir vivre. On a vécu des galères ensemble qu'on n'aurait jamais pu vivre ailleurs.
Des péripéties, je dois en avoir peut-être une cinquantaine avec mes gars. Et c'est vraiment l'un des seuls lieux au monde dans lesquels on pourrait vivre tout ça. Donc ouais, carrément.
Et ça pose des questions. Tu vois, quand toi, t'en es là où t'es aujourd'hui, ça pose forcément des questions d'égalité des chances ou plutôt d'inégalité des chances. On dit souvent, il y a souvent ce discours de ouais, la France, c'est la méritocratie.
Tout le monde part du même niveau, il y a une égalité, machin. Toi, t'as senti à ces jeunes, du coup, qu'il n'y avait pas cette égalité-là et qu'en réalité, il y avait quand même plus à faire quand on avait certains points de départ. J'ai senti qu'il n'y avait pas cette égalité-là, mais j'ai toujours refusé de me laisser abattre et de me dire c'est le système, c'est le système.
Je peux rien faire. Voilà, c'est ça. Donc, je fermais ma bouche et je me disais OK, il va falloir que je trime trois fois plus que d'autres personnes lambda, quoi, pour avoir ce que je souhaite choper.
Du coup, je me suis toujours mis à cravacher ça. Bon, après, sur les réseaux sociaux, le terme cravacher, c'est un peu… Certains parfois… Voilà, je ne suis pas à l'usine non plus, mais je me suis toujours dit qu'il fallait que je mette les bouchées doubles par rapport à d'autres pour obtenir… Voilà, c'est ça pour m'en sortir. Et justement, quand on progresse et qu'on commence à faire des trucs sur Internet, il y a forcément un moment où on est en train de faire quelque chose et on veut faire autre chose.
Je leur dis, l'interview-là, c'est une interview où on se concentre sur des points de bascule, donc des moments dans ta vie qui ont fait qu'il s'est passé quelque chose, il y a eu une étape, il y a eu un changement. Toi, dans ton cas, on disait, tu as commencé sur Twitter et puis au final, aujourd'hui, on te connaît beaucoup pour Twitch et qu'on passait de faire des tweets de genre 280 caractères à montrer sa tête en live, en direct, en spontané, devant des milliers de gens, c'est tellement autre chose. Comment ça s'est fait, toi, ce changement ?
Est-ce que c'était facile de faire cette étape de Twitter à Twitch ? Pas du tout. C'était même un échec cuisant.
Au début. Ma transition de Twitter, bon, du coup, à l'époque, je devais avoir 400 000 abonnés par là. À Twitch, ne fonctionnait pas du tout.
Je devais tourner autour des 100 viewers. Bon, ce qui est déjà très bien pour quelqu'un qui stream, quoi. Mais par rapport à Twitter… Voilà, par rapport à Twitter, ça ne suivait pas.
Du coup, énorme remise en question. Je me disais… Peut-être que j'intéresse finalement pas les gens. Peut-être… Il vaudrait mieux que je reste sur Twitter à juste écrire, tu vois.
Parce qu'en vrai, animer un stream, c'est quelque chose quand même. Il faut que tu aies une personnalité marquante, je pense. Il faut que tu aies les bonnes vannes.
Il faut que tu sois incisif au bon moment. Ce n'est pas donné à tout le monde. Mais je pense que ça peut s'acquérir au fil du temps et c'est ce qui m'a… Et toi, qu'est-ce qui a fait que tu as franchi le pas ?
Tu t'es dit, vas-y, je dois… Enfin, je dois. En tout cas, je veux faire cette chaîne Twitch. Tu disais que c'était la prochaine étape logique pour toi de le faire ?
Je suis un peu tombé dedans par hasard. Je connaissais quelqu'un, j'avais les réseaux sociaux qui m'avaient dit que tu devrais tester et tout. Je sais que tu joues quasiment tous les jours aux jeux vidéo, mais le faire en direct avec ta commu, ça pourrait être sympa, ça pourrait renforcer encore plus les liens, créer de meilleures choses, etc.
Du coup, j'avais testé par pur hasard et j'avais kiffé. Mais j'avais kiffé, mais j'ai fait une pause d'un an entre mon premier stream et le deuxième. Parce qu'en vrai, je me cherchais encore un peu dans ma tête, je me disais… En fait, on s'était déjà vus, je ne sais pas si tu te rappelles… Oui, bien sûr, il y a longtemps.
Il y a fait deux ans. Il y a fait deux, trois ans. Même plus, je crois ça.
Avec Jérôme, Jérôme Jarre que j'embrasse. J'aurais kiffé prendre comme lui ce tournant-là dès le début, en fait, sur Twitter. Mais je me suis vite rendu compte que c'est beaucoup plus puissant lorsque c'est un influenceur dans le divertissement, qui se reconvertit dans l'humanitaire, en fait, parce qu'il y a un taux d'engagement beaucoup plus élevé.
Quelqu'un qui se met direct dans ça, en fait, genre les gens n'auraient peut-être pas suivi dans mes délires. Donc en gros, pour préciser, parce que pour ceux qui ne connaissent pas forcément, c'est vrai que sur Twitter, tu as eu un truc où très tôt tu t'es mobilisé, tu as dit « Vas-y, j'ai une audience, je vais aller aider. » Par exemple, je sais que quand il y avait un manque d'oxygène, notamment en Algérie, tu allais publier une cagnotte.
Enfin, régulièrement, en fait, tu as été connu notamment pour ça, pour lancer des appels à l'aide des cagnottes, des recrutements de stages ou quoi. Et du coup, ok, c'est intéressant, tu t'es dit, en fait, pour avoir un impact et avoir un vrai impact sur la vie et positif, c'est peut-être plus intéressant que je fasse du contenu de divertissement et après, je m'engage et après, du coup, j'utilise mon audience, c'est ça ? Carrément, ça marche beaucoup plus parce que quelqu'un qui se lance dans ça directement, dans l'humanitaire, l'aide, le caritatif, etc.
Si les gens se disent « En fait, c'est qui ? » Genre, ils vont se sentir moins enclins à partager le truc et à s'investir dans ça qu'un mec qui va faire, par exemple, Paris-Marseille à pied et qui va filmer toute son aventure de A à Z. C'est créer une vraie relation avec les gens et de se dire on est ensemble coûte que coûte.
Dans le cas du The Event, avec des donation goals ou des trucs où tu vas se mobiliser. C'est ça. On doit le faire cette année-là.
On attend qu'il fasse un peu plus chaud avec Amine, mais du coup, on va devoir faire Paris-Marseille à pied. Et je pense que c'est vraiment nécessaire de se reconvertir du divertissement dans l'humanitaire. Bon, c'est ce que j'aimerais faire, du coup, moi.
Et là, tu vas aller plus loin et j'ai vu un tweet, c'était, je crois, pour le Nouvel An, où tu disais qu'il y avait cette volonté, toi, de vraiment créer une assaut, d'aller faire des choses. J'aimerais créer mon assaut. J'ai pas de problème en général avec les assauts, mais je trouve que, pour la plupart d'entre elles, ça manque énormément de transparence, qu'on ne sait pas trop où les fonds atterrissent à chaque fois, etc.
Et j'aimerais vraiment créer une assaut. Je ne sais pas si ce serait la première dans le genre, mais une assaut où il y aurait une page, par exemple, sur le site de l'assaut, où il y aurait toutes les entrées, toutes les sorties, l'argent qui n'a pas été dépensé, peut-être rembourser les donateurs, comment les réinvestir dans d'autres choses, etc. Être le plus transparent possible, qu'il n'y ait aucune rémunération de mon côté ou de mon équipe, qu'on se soit full bénévolat, quoi.
Et surtout, tout ça pour donner du bonheur autour de nous, quoi, visiter les hôpitaux. Avoir de l'impact. Et d'où ça vient, toi, cette envie ?
Parce que c'est quand même très présent. Tu vois, il y a quand même un truc où on le disait, ça a commencé sur Twitter. Là, tu en parles quand même souvent.
On voit que ça te tient à cœur. D'où ça vient, c'est ce côté ? Tu as l'impression que si tu ne fais pas ça, entre guillemets, tu ne serres pas assez aux gens qui te regardent ?
Ou c'est quoi le truc ? Non, je ne pense vraiment pas aux autres en faisant ça. Et d'ailleurs, tout ce qui est compliments, etc., ça me passe au-dessus.
Mais je ne sais pas. En fait, je me cherche encore un peu dans ma tête. Je sais que c'est dans ça que je m'épanouirais.
Une part de toi qui te dit « je m'épanouis là-dedans ». C'est ça, parce qu'en soi, un influenceur, c'est en quelque sorte, c'était privé, si je puis dire. C'est quelqu'un qui doit faire entrer de l'argent tout le temps, nouer peut-être un semblant de relation avec des gens.
C'est parfois archi forcé, etc. Et je ne voulais vraiment pas continuer dans ça. Bien sûr, je ne généralise pas, pardon.
Certains font… Non, mais ça… Ils mettent vraiment du cœur, etc. Mais je me suis dit, un jour, tout ça finira. Je mettrai ma carrière d'influenceur de côté et je veux vraiment continuer dans ça, me faire petit discret et multiplier les bonnes actions autour de moi pour rendre heureux des gens, pour venir en aide à des SDF, faire des maraudes, etc.
Et c'est vrai que nous, on s'est rencontrés dans… Je ne sais pas, c'était à peut-être trois ans, je ne sais pas, mais… Et c'était via Jérôme Jarre, on s'était croisés à un truc. Et la raison pour laquelle on s'était trouvés au même endroit, c'est que Jérôme disait, en fait, il y a des trucs qu'on veut pousser, on veut développer des actions et des choses. Jérôme Jarre, donc.
Et tu avais déjà, toi, cette envie de se dire, vas-y, on peut faire quelque chose, quoi. Non, mais ce mec, il m'a toujours passionné parce que… Bon, après, c'est un peu le parcours que je suis en train d'emprunter là, maintenant. Enfin, il avait commencé sur Vine, il me semble.
Il faisait full humour et il s'est reconverti dans ça le jour au lendemain pour faire des dingueries. Pour la Somalie, pour pas mal de… les Rohingyas au Bangladesh, il y a eu pas mal de mobilisation, ouais. Ouais, et il me parlait déjà de ça à l'époque.
Je n'étais pas prêt à ce moment-là, parce que bon, du coup, j'avais plaqué mon taf pour mettre à fond sur les réseaux, j'avais besoin de thunes, forcément. Et si je m'étais lancé dans ça bénévolement, dès le début, je n'aurais pas pu m'en sortir, quoi. Du coup, je lui avais dit, il faut que je fasse encore des thunes et peut-être qu'un jour… Et après.
Et là, c'est le moment, j'ai l'impression, du coup, pour les prochains mois et même les prochaines années, tu as tout un truc. C'est ça, la Saoche compte l'a lancé cette année, quoi qu'il arrive, mais j'ai peut-être deux, trois années d'influence à venir encore. Il faut quand même que je mette les miens à l'abri, que je me mette bien, etc.
Mais c'est vrai que ce que tu disais sur pourquoi est-ce que tu t'engages, je disais aussi pour moi. Je trouve ça tellement bien de le dire parce que c'est important de faire comprendre que quand tu fais une bonne action, certes t'aides quelqu'un, mais même pour toi, en fait, c'est tellement enrichissant parce que tu peux faire une rencontre. C'est bien, en fait, tu te sens utile à la fin de la journée.
De ouf. Le relationnel, l'humain, je trouve que c'est hyper important. Tous les jours, en me levant, je me dis, putain, je suis vraiment un connard de ne pas en faire quelque chose, en fait.
J'ai tellement de personnes qui me suivent et je ne peux pas juste me satisfaire moi-même en me faisant des tues de moi, en enchaînant les partenariats, les op, ceci, cela, les sponsoring, etc. Et chaque jour, je m'en veux de ne pas faire ce genre d'action, en fait. Je me dis, il y a tellement de personnes qui me suivent, on pourrait faire quelque chose de big tous ensemble.
Et je pense qu'à ma poire, quoi. Enfin, j'aide de temps en temps quand je peux, bien sûr, mais ça n'a rien d'aussi massif que ce que j'aimerais entreprendre moi avec l'association. Donc, chaque jour, je me dis ça et j'espère qu'un jour arrivera où...
Et trop trop hâte, du coup, de découvrir ça. Et moi, ça me parle complètement quand tu dis que, voilà, l'impact de quelqu'un qui fait du divertissement de base et qui s'engage, il est massif. Moi, je le vois, tu vois, parce que je suis à la fois youtubeur, mais je suis aussi journaliste et tout.
Donc, des sujets comme ça, on en parle tous les jours. Tu as vu dans le reste de l'émission tout à l'heure qu'on présente des initiatives chaque semaine et tout. Mais ce que je sais aussi, c'est que, voilà, si moi, je fais quelque chose, c'est cool.
Mais si on a demain un gros youtubeur ou un autre streamer qui a un public peut-être plus gros que le mien et qui en parle, bah juste un tweet ou juste un truc, ça peut avoir un impact tellement fort, tu vois. Tu as des trucs, tu vois, Thibaut InShape. Qu'on aime ou pas son contenu, à la limite, ce n'est pas du tout le sujet.
Il s'est mis ces dernières semaines à faire des vidéos où, en gros, il va aller voir des personnes en situation de handicap. Il va aller visiter des éléments historiques ou quoi. Et je me dis, c'est juste chanvée parce que, bah oui, de base, ce n'est pas ce qu'il devait faire, mais il a un impact de ouf en le faisant et c'est trop bien en termes de messages qu'il envoie et c'est cool, quoi.
En fait, ça joint un monde à un autre. Par exemple, ceux qui suivent Thibaut InShape dans ton exemple suivent probablement pour tout ce qui est fitness, muscu, etc. Et le fait de le voir dans un autre décor, un autre univers, etc. va inciter la curiosité de ces gens-là.
Et ça donne des stats de fou pour des choses inespérées, quoi, donc carrément. Très clairement, il y a eu des moments qui ont fait que tu as passé un cap et ta chaîne a commencé à exploser d'une façon ou d'une autre. Il y a eu, moi, je me souviens, c'était le premier confinement, je crois, le GTARP, c'était le premier confinement.
C'était le premier confinement. Il y a été un arc assez important. Moi, je me souviens à mater des lives, des lives switch pendant le premier confinement.
Tu vas parfois à deux, trois heures du mat' et tout. Genre, après les actus du jour que j'avais tourné, j'étais genre, je passe du temps dessus et tout. Il y a eu des trucs comme ça.
Donc, il y a eu un vrai bond en termes d'audience. Et ça, c'est un truc que tous les créateurs de contenus, youtubeurs, steamers ou quoi ils connaissent, c'est qu'il y a un truc qui fait en partie. OK ?
De voir ce que tu fais, ça se développe. Mais tu as aussi des craintes ou tu as aussi des peurs ou tu as aussi des trucs qui peuvent presque être angoissants en tant que tel. Et toi, j'ai vu qu'en fait, tu n'hésitais pas à en parler par ce part-là via Twitter ou même toi en stream.
Est-ce que tu as senti et tu sens aujourd'hui parfois que ça peut te peser au quotidien ? Carrément. Moi, avec les gens qui me suivent, j'essaie d'être un maximum transparent sur tout ce que je fais, que ce soit sur les OP.
Peut-être parfois même, je peux drop le montant. Parler de ce que je ressens au quotidien, etc. Tu n'es pas payé pour être là, je précise.
Il n'y a pas de budget. Parler de ce que je ressens au quotidien, de telle pause que je vais faire à tel moment parce qu'il s'est passé telle ou telle chose en stream ou même dans ma vie privée, etc. Et en vrai, c'est archi pesant.
Les gens… En fait, je lis parfois des commentaires de gens qui disent « ouais, frérot, tu es streamer, tu joues à des jeux vidéo, on échange nos vies, tu te lèves le matin à 8 heures pour aller à l'usine, etc. » En fait, je suis d'accord que c'est largement moins fatigant et c'est même peut-être une vie de rêve de pouvoir se lever et de vivre de sa vie juste en jouant à des jeux. Mais psychologiquement, il faut être accroché parce que chaque jour qui passe, ça te met dans une matrix supplémentaire.
Tu vois peut-être tes stats baisser. Tu vois peut-être des gens qui t'envoient des pavés. En fait, beaucoup de choses se passent en sous-marin, dans tes DM, etc.
Des gens qui t'envoient des pavés pour te dire que « frérot, tu deviens nu lâché. Tes stats baissent parce que tu ne fais pas ci, tu ne fais pas ça. Arrête les streams », tu vois des choses comme ça.
Bon, là, je dis des choses un peu bateau. Je ne pense pas qu'un être humain soit fait mentalement pour supporter autant d'attention. En fait, qu'ils soient positifs ou négatifs, je pense que c'est un peu pour ça que les stars pètent les plombs parfois, etc.
C'est trop de visibilité, trop d'engouement. Les gens attendent trop de tout en fait. Et tu as juste envie parfois de dire « lâchez-moi ».
C'est ce qui m'arrive souvent et je fais des pauses. Là, ça fait un mois que je n'ai pas stream, j'en avais besoin. Et c'est assez dur en vrai.
Je te rejoins sur le côté que ce n'est pas normal en vrai d'avoir autant de visibilité. C'est-à-dire que l'humanité ne nous a pas fait de telle façon qu'on est censé d'un coup parler peut-être à un million de personnes dans le cadre de quelque chose. C'est pas normal et du coup, évidemment, on est peut-être une vie bien plus confortable que plein d'autres gens qui seraient dans plein d'autres situations.
Donc, l'idée, ce n'est pas de comparer ni rien. Mais c'est intéressant de voir que dans ta situation, par exemple, tu peux souffrir de certains trucs et c'est bien d'en parler. Non pas pour que les gens se disent « oh là là, pauvre Billy ou quoi » et je sais que ce n'est pas du tout ce que tu recherches, mais juste pour que les gens aient cette clairvoyance sur comment ça se passe.
Parce que toi, du coup, comment ça se traduit ce genre de difficultés au quotidien ? C'est trop d'un coup ? Ouais, c'est trop d'un coup.
Après, j'ai un problème perso, c'est que je n'aime pas m'ouvrir aux autres. Enfin, je préfère garder ça pour moi et me renfermer dans ma solitude avec mes problèmes que d'en parler, je ne sais pas, à ma copine, à un pote, même à Amine, tu vois, je ne lui en parle jamais. Et en vrai, c'est assez difficile parce qu'en vrai, en soi, je devrais voir peut-être un thérapeute, un psychologue ou enfin, je ne sais pas comment appeler ça.
Et c'est un peu le cas pour beaucoup de youtubeurs de la scène, beaucoup de streamers, etc., qui voient des psys. Tu as pensé à le faire ?
C'est un truc que tu serais prêt à faire si tu sens que tu en as vraiment besoin et que tu dis vas-y, c'est… Carrément, il faut que je le fasse. Il faut que je le fasse. Après, j'ai un peu une fierté mal placée de me dire ça va se tasser, je peux gérer ça seul, etc.
Mais en vrai, il faudrait vraiment que j'en consulte un. Comme tu as dit, un être humain n'est vraiment pas fait pour supporter autant de trucs. Genre même dans un lycée de X personnes, tu peux avoir deux, trois personnes sur tes côtes gratuitement, c'est déjà très dur à supporter.
Alors plus d'un million, c'est vraiment compliqué. Est-ce que tu as peut-être aussi réalisé que le bonheur en tant que tel, si tu n'es pas forcément dans… C'est pareil, ça part un peu cliché, mais c'est le cas. Et je pense qu'on est tellement de youtubeurs à l'avoir vu.
Tu ne se situes pas dans le nombre de gens qui vont te suivre ou le nombre de gens de machin ? Je ne me catégorise vraiment pas dans cette tranche d'influenceurs-là, entre guillemets. Genre les stats.
Je préférais avoir largement moins d'abonnés et une communauté très aimable, des gens qui sont prêts à me soutenir dans mes projets, qui sont prêts à me capter si je leur donne rendez-vous à tel endroit, faire peut-être des maraudes ensemble, peut-être jouer à un jeu ensemble le soir, etc. Je préférais avoir moins de gens qui me suivent et une bien meilleure relation que je ne sais pas combien de personnes et que ce soit un enfer au quotidien. C'est invivable en vrai.
Il y a une pluie de cœur dans le chat en ce moment. C'est très beau. Mais c'est vrai que ce n'est pas évident de parler de santé mentale et de parler de tout ça parce que ça peut paraître tabou.
On peut se dire là, c'est la honte d'avoir des difficultés, alors que non, quoi. J'ai aucune honte par rapport à ça. Et en vrai, vaut mieux que je sois le plus transparent possible.
Parce que ma vie, en vrai, je la passe avec ces gens-là qui me suivent. Maintenant, tu vois mes potes, je dois les voir une fois par mois. Tandis que quand je stream, je vois genre six heures par jour toutes ces personnes-là.
Donc, vaut mieux que je sois le plus transparent possible pour que ça se passe au mieux que de leur cacher des choses et qu'au final, ça empire parce qu'ils font des trucs qui me déplaisent et que je n'en parle pas. Du coup, ils continuent dans ça et que je m'enferme dans un cercle vicieux. Ce n'est pas viable.
Vraiment. Et face à tout ça, on en parlait, le fait d'en parler justement, ça peut aider. On a parlé de psy, de thérapeutes, mais ça peut être aussi des amis, des gens sur qui tu peux compter pour te confier là-dessus et sentir que tu n'es pas tout seul.
Toi, dans ton cas, on connaît un duo quand même pas mal que tu as avec Amine. Donc, pour ceux qui ne connaissent pas Amine, c'est un autre streamer, un gars qui vient aussi de Twitter beaucoup, avec qui vous faites beaucoup de choses. On peut montrer des images, mais ça a été ces derniers jours des lives horreurs IRL.
Ça a été des vidéos sur YouTube aussi maintenant où tu fais une sorte de tour de France et tu vas voir des régions et que je l'ai trouvée d'ailleurs chambée à cette vidéo-là. Enfin, se plonger, il y a un côté reportage, mais avec votre ton et je trouve ça tellement cool d'apprendre des choses, de découvrir des choses par ce biais-là. Amine, c'est vrai que c'est quoi la relation que tu as aujourd'hui du coup avec lui ?
C'est quelqu'un avec qui tu peux te confier et tu peux parler de tout ça, tu trouves ? De ouf, c'est mon bras droit en quelque sorte. Genre quand des choses ne vont pas, je lui dis, mais il m'en veut aussi parce que je ne lui dis pas forcément tout.
Et lui-même me dit, frère, lâche ce que tu as sur le cœur, tu vois, si tu veux en parler, je suis là, etc. Et c'est peut-être la seule personne que je connaisse avec qui je peux parler de ces choses-là parce qu'il est lui, en fait. Ça veut dire qu'un pote à moi, je pourrais lui en parler, etc.
Mais c'est compliqué de faire ressentir à quelqu'un qui n'a pas toute cette pression sur les épaules la pression que tu as à toi, justement. Donc Amine, c'est la personne la plus enclin à qui je pourrais me confier. Comment est-ce que ça s'est fait d'ailleurs ?
Parce que j'ai mis beaucoup de temps avant de trouver des amis avec qui je sentais que je pouvais me confier. Tu as des potes, tu en as plein, tu peux en avoir très facilement, mais des amis avec qui tu sens que tu peux te confier, c'est parfois plus dur. Toi, comment ça s'est fait ?
Surtout que tu es discret de base pour sentir que lui, on peut parler, lui, on peut sourire. Je le connais depuis pas archi longtemps comparé à des potes d'enfance avec qui je me confie moins. Mais ça doit faire cinq ans que je connais Amine.
Et dès le début, en fait, j'ai ressenti que c'était… En fait, c'est comme si on avait grandi ensemble parce qu'on avait les mêmes codes, la même façon de parler, les mêmes bannes. J'arrive un peu à sentir les gens aussi. Je le sentais très honnête dans sa façon de faire, dans sa façon de dire.
Je savais que c'était un bon gars, grosso modo. Des fois, il y a des rencontres comme ça dans la vie qui prennent tout de suite énormément de place et c'est beau. C'est cool, c'est cool.
Et je vois que ça parle de Séphie dans le chat. C'est vrai que c'en a un autre, j'imagine pour toi qui est… Séphie, d'ailleurs, peut-être pour ceux qui ne le connaissent pas pour le présenter, mais… Bah, Séphie, il a tellement de casquets. C'est vrai.
Moi, je connaissais avant que… Je ne savais même pas que vous connaissiez. Enfin, c'était trop long. Ouais, je dois connaître Séphie depuis aussi longtemps qu'Amine, en vrai.
Et on s'est rapprochés il n'y a pas si longtemps. En vrai, il habite à Suren, lui aussi, juste à côté de là où j'habitais. Donc, c'est cool.
Et pareil, c'est une Amine version 2, si je puis dire, parce qu'on a les mêmes codes, même façon de parler, même vannes. C'est quelqu'un de très sincère aussi, quelqu'un de très intelligent. Genre, tu sens que tu peux faire des choses avec lui sans qu'il le prenne mal.
En fait, il comprend tout de suite la chose dans la bonne tournure, en gros. Et c'est très agréable d'avancer avec lui. Et c'est notre frérot à fond aussi.
Du coup, big up à Séphie qui va nous entendre aussi. Et ouais, je pense, leçon importante là-dessus, c'est… On parlait de rencontres, de points de bascule importants dans ta vie. Il y a la question des rencontres amicales qui sont super importantes.
Et voilà, peut-être un message aussi, du coup, parce que moi, j'ai mis beaucoup de temps à réaliser que, bah ouais, des amis, ce n'est pas juste des gens avec qui tu vas sortir en soirée et jouer à FIFA et je ne sais quoi. C'est aussi des gens avec qui tu peux te confier. Il n'y a pas que les relations amoureuses ou la famille pour ça.
Clairement, pour moi, un ami, c'est quelqu'un qui est capable de voir que tu vas mal, en fait, et qui te connaît assez pour dire frérot, qu'est-ce qu'il y a ? T'as quoi ? T'as l'air bizarre et tout.
Pour moi, c'est ça un vrai pote et c'est primordial. En vrai, j'ai failli me renfermer dans énormément de solitude avec les streams parce que, mine de rien, quand tu vis un calvaire parfois en stream, dans le chat, etc., les gens, leur façon de te parler, de te prendre pour un chien, etc., quant à ça tous les jours, tu te sens vite seul.
Quand tu dis que les gens… Parce qu'il y a un extrait, je ne sais pas, c'est même inutile de le montrer, mais où d'un coup, tu n'as même pas pété un câble, mais tu as été très honnête, tu as dit, les gars, en fait, je ne suis pas à votre ordre, je ne suis pas à votre service et je ne vais pas répondre à vos demandes de contenu, de machin, de truc, je fais ce qui me plaît. Et ce n'est pas facile de tenir ce discours-là parce que, déjà, tu as souvent une pression, en fait, des gens qui te regardent, tu te font. Mon rapport a un peu changé avec Twitch parce qu'au début, tu sais, je mettais un sub-goal, je faisais attention à mon nombre de subs pour savoir si, à la fin du mois, je pouvais payer mon loyer, etc.
Et au bout d'un moment, je me suis dit, Nick, en fait, parce qu'en faisant ça, c'est sûr que j'allais être à leur merci parce que c'était comme si c'était mes patrons, quoi. L'erreur, si vous ne savez pas la chaîne, ça va être compliqué pour moi. Du coup, tu dois être toujours très aimable, peut-être parfois un peu dans l'hypocrisie, etc.
Et je me suis dit, tout ça, ce n'est pas pour moi. Je préfère désactiver les dons de ma chaîne, enlever, tu sais, les alertes sub, etc. Ne même plus en parler.
Bon, bien sûr, je remercie ceux qui se subent à ma chaîne. C'est plaisir quand même. Voilà, ça fait quand même plaisir.
Mais je me suis dit, si je me détache de tout ça et que je suis libre, à proprement parler, niveau revenu, plus personne ne pourra rien me dire. Et les gens seront là vraiment par plaisir, en fait, comme si certains pensent vraiment qu'ils ont genre un gun sur la tempe et qu'ils sont obligés de regarder live et que s'ils n'aiment pas, ils doivent être désagréables, mettre des messages de haine, etc. Je suis bien là pour le rappeler qu'il existe énormément de live.
Il y a plein d'autres streamers, que chacun regarde ce qu'il aime. Et si tu n'aimes pas, frérot, vas sur la page d'accueil, regarde autre chose, une vidéo YouTube, je ne sais pas. Mais tu n'es pas obligé de rester sur live pour être désagréable parce que c'est là où je viens d'en faire quand ce genre de personnes se multiplient par 10, 15, 20, tous les gens dans le chat, c'est trop chiant.
Je pense aussi que beaucoup ne captent pas à quel point, même si tu as 100 commentaires positifs, le fait d'avoir une insulte ou un truc. Ah, c'est ouf. On connaît tout ça, je pense.
C'est ouf. Je dis souvent en live, c'est comme quand un pote à toi te rend genre sans service, il va te faire une crasse, elle va te rester en tête quand même, tu vois. Tu vas te rappeler de ça, forcément, tu vas l'avoir un peu amer vis-à-vis de lui.
Donc là, c'est un peu la même chose. J'ai beaucoup de messages positifs, mais le cerveau, vraiment, je ne sais pas si c'est le cas pour tout le monde, mais il est vraiment conditionné pour buter sur vraiment le commentaire négatif. Et ça peut limite, moi, des fois, ça me nique ma soirée.
Je lance un live, je me dis, OK, je suis 4 heures en live ce soir. Je vois dès les 10 premières minutes, je lis un truc, ça me mine le moral. Je me dis, putain, comment je vais faire ?
Genre même s'il y a 100 messages positifs, ça ne va pas changer la donne. Mais du coup, j'en parle direct quand ça m'arrive. J'en parle immédiatement, j'essaie de faire en sorte que ça ne se reproduise plus, que ce n'est peut-être pas correct de dire ça, etc.
Moi, je surkiffe Twitch, mais c'est vrai que parfois, il y a ce côté très spontané dans le retour des gens sur tout. Et parfois, ça peut être trop direct et les gens ne mesurent pas forcément à quel point ça peut faire mal. En vrai, encore une fois, l'idée, ce n'est pas de dire, on ne va pas dire les pauvres streamers ou quoi, mais c'est quelque chose qui peut avoir un vrai impact sur les gens et ça vaut le coup d'en parler.
Non, de ouf. Après, comme tu as dit, les pauvres streamers, on n'est vraiment pas les plus à plaindre. Bien sûr.
Mais dans cette profession-là, entre guillemets, les gens, en fait, il y a des gens, en fait, tu ne sais vraiment pas comment s'est passée leur journée. Ça se trouve, ils ont une journée de merde au taf, ça se trouve, ils se sont embrouillés avec leur copine, avec un pote. Et vraiment, des fois, on est leur punching ball le soir.
Vraiment, c'est un défouloir pour eux. Genre, ils peuvent être désagréables gratuitement. Tu n'as même pas eu le temps de parler en lançant de live, tu sais, c'est encore sur le watching screen qu'ils sont déjà en ébullition dans le chat, à dire des trucs de ouf.
Donc, en vrai, je n'en veux pas forcément à ces gens-là, parce que ça se trouve, ils vivent des choses difficiles, ils passent par des mauvaises phases. Mais il faut qu'on y mette tous d'une autre. Parce que si moi aussi, je suis désagréable comme ça en live et que je vous montre ce que je vis de ma vie privée en live en étant aussi désagréable que vous dans le chat, on ne s'en sort plus, il faut que chacun le mette du sien et qu'on vive un bon moment tous ensemble.
De ouf, beau message. Et c'est bien de le dire aussi sur Twitch, du coup, même si on met là, cette vidéo sera aussi en podcast et sur YouTube. Oui, on est sur Twitch.
C'est important de faire passer le message aussi. Mais là, beaucoup de bienveillance dans le chat, donc je ne suis pas trop inquiet pour vous ici. Ça fait quand même plaisir.
On a vu plusieurs moments. On a vu la question de ta rencontre avec Amine, qui a été un point de bascule important dans ta vie, le passage de Twitter à Twitch. Je veux qu'on voit maintenant la suite, comment est-ce que tu vas évoluer sur tout ça, parce qu'il peut se passer beaucoup de choses maintenant pour toi, tant d'un point de vue perso que pro, il y a un champ des possibles quand même qui est immense.
Et déjà, ton pseudo, certains t'appellent Billy, certains t'appellent Reveux d'Ether. C'est ton pseudo sur Twitter et un peu partout. Ce pseudo, tu t'expliquais en live, il me semble, il y a quelque temps que ça a été, peut-être pas un poids, mais ça a été quelque chose qui t'a fermé des portes.
Carrément, c'est dur parce que, enfin, c'est dur entre guillemets, parce que j'ai dû faire trois fois plus de stats. Bon, si on parle en termes de marques, etc., d'agences, de riche, etc., j'ai dû faire trois fois plus de stats que d'autres pour obtenir peut-être des prix inférieurs à d'autres qui avaient du coup deux ou trois fois moins.
Et des budgets plus faibles, quoi. Voilà, c'est ça. Après, c'est un peu, je pense, un peu le reflet de la société actuelle dans le monde du travail, etc., vis-à-vis de certaines minorités qui se reflètent aussi dans ce que je fais sur Internet.
Bon, je n'ai jamais pleurniché sur ça pour autant, j'ai juste toujours pris sur moi, encaissé. Et le but, c'est vraiment d'ouvrir la porte à d'autres futurs Rebeu ou Renoir ou Asiat ou je ne sais qui. Parce que Rebeu veut dire arabe.
Je précise quand même pour ceux qui… Oui, c'est ça. Parce que sinon, vraiment, les gens se disent, mais c'est quoi le rapport ? C'est ça, exactement.
Rebeu, envers, non, c'est arabe. On ne sait jamais, ces gens ne savent pas, au moins on le dit. Oui, et de leur dire, les refs, pendant X années, ça a été un peu chaud avec le pseudo, etc.
Je ne sais même pas, tu vois, je n'ai aucune certification sur 15 ans. Bon, après, à la limite, ça, je m'en fous. Mais je ne sais même pas si c'est peut-être indirectement lié, si je ne sais pas.
Mais moi, si je peux ouvrir la porte, entre guillemets, à ces futurs gars-là, moi, c'est une victoire pour moi. Oui, c'est une réussite, leur dire qu'ils n'aient pas honte de ce qu'ils sont et qu'ils puissent mettre ce qu'ils veulent en pseudo, en contenu, en… Oui, et c'est bien de le garder. Alors, effectivement, on dit c'est beurre, mais du coup, en gros, ça veut dire, enfin, c'est le verlan de beurre, le terme.
Oui, c'est ça, c'est ça. Voilà, pour donner le terme exact, la définition exacte. Non, et du coup, toi, tu t'es dit, vas-y, non, mais j'assume ce nom.
Et ça me permet aussi de peut-être ouvrir la voie à d'autres pour s'assumer… Clairement, en guise d'exemple, je pense que j'ai déjà peut-être eu des budgets inférieurs à ce que j'aurais dû avoir peut-être avec ce pseudo. J'ai déjà eu des collabs refusés, genre pseudo, on le voit en bizarre, ça ne va peut-être pas être possible, etc. Mais à force de casser Internet, entre guillemets, bon, il y a cassé et cassé, je casse à ma hauteur, tu vois.
Mais mec, en un an ou en deux ans même pas, tu t'es hissé parmi les top streamers français, et ça, même en général, c'est ouf, en vrai, c'est ouf. Ouais, en vrai, je suis assez fier de ces perfs-là. Bon, après, c'est grâce aux gens qui me suivent dans mes délires, etc.
Sans eux, il n'y a rien, je le répète tout le temps. Et du coup, tu gardes ce nom et toi, tu l'as su là-dessus. Je garde ce nom, même si ça peut un peu me freiner sur ma progression.
Je pense que le plus dur a déjà été fait. Plus je casserai Internet, plus ce sera facile pour moi de m'installer dans ce game-là, entre guillemets, et plus ce sera une victoire pour ceux qui arriveront après et qui pourront avoir Renoir d'Ether ou je ne sais quel, c'est le pseudo. Ce serait très beau, très, très cool.
Dans les prochaines étapes, du coup, pour toi, qu'est-ce qui se passe ? Je sais que pour préparer quand même l'interview, je sais que tu as teasé deux, trois fois des formats, des choses qui viendraient et tout. Où est-ce que tu en es ?
Je sais que, du coup, on l'a dit, tu as aussi la question de toi de préserver et prendre le temps qu'il faut. C'est quoi pour toi la prochaine étape ? Et comment est-ce que tu vois, c'est quoi ton ambition ?
Tu veux aller jusqu'à où ? Il y a une phrase de Penel qui m'a toujours inspiré. La phrase, elle est archi simple pour certains.
Ils m'ont dit, oh, ta buse, c'est très bato et tout. Mais quand ils disent dans un son, je dois rentrer dans la légende, c'est dans… Dans la légende. Dans la légende.
Cette phrase, j'ai longtemps réfléchi là-dessus, en vrai, parce que ça m'inspire de ouf, parce qu'eux, ils ne voulaient pas seulement ajouter leur pierre à l'édifice, mais créer leur propre édifice, en fait. Et genre, casser tous les codes du milieu dans lequel ils sont et casser toutes les frontières, quoi. Du coup, ça, ça m'inspire énormément.
En vrai, j'aurais pu rentrer dans le moule déjà préfait sur Twitch, m'en sortir, etc. Mais je veux prendre des risques, je veux tenter des choses qui n'ont pas forcément déjà été faites, ou du moins peut-être en France, ou qui ont déjà été faits, mais le démocratiser à ma façon. Et je veux innover, je veux créer… Là, je suis sur un live horreur interactif qui arrive prochainement, où le tchat pourra me contrôler, moi, dans la vraie vie.
Waouh ! Donc ça, ça arrive bientôt, et je suis un peu que sur de la dinguerie comme ça, après, bien sûr, les gens réclament énormément de lives quotidiens, un peu tranquilles dans mon local, etc. Ils en auront, mais c'est vraiment innover, casser les codes et apporter ce qu'aucun autre streamer ou youtubeur a pu apporter jusqu'ici.
Et franchement, tu le fais beaucoup depuis que tu es arrivé sur Twitch, je pense que dans le chat, ils sont d'accord aussi. Et franchement, non, merci pour ça. Enfin, ça apporte un vrai… Et j'ai vu tellement de gens sur Twitter juste le dire, et je pense qu'on est nombreux à le penser, tu vois.
Y compris, mais d'ailleurs, je pense que c'est des gens peut-être qui ne te suivent pas forcément, mais c'est un mode trop bien, quoi. Il y a tellement de nouvelles choses qui arrivent sur Twitch, et tu vois, que ce soit toi en solo ou avec Amine, vous amenez tellement de nouveautés, c'est trop kiffant, c'est vraiment kiffant. On se casse toujours la tête pour se dire, il y a forcément une autre solution à ça.
Par exemple, tu vois le Z-Event, quand j'ai été invité, je me suis dit, il y a peut-être une autre façon de passer tous les Z-Event sans jouer aux jeux vidéo, quoi. Du coup, je me suis dit, bah, let's go, ça parquait en la VRL, on va tenter de faire des mini-jeux, j'avais un caddie avec des cadeaux emballés tout bidon à l'intérieur. Et voilà, c'était vraiment que de l'entertainment, que du divertissement.
Et je pense qu'à ça, en fait. Je pense vraiment qu'à innover, qu'à changer ces trucs-là, et que les gens se disent plus tard, peut-être, il est rentré dans la Légende lui aussi, il a créé son truc. Et c'est ce qui me fait kiffer le plus, ouais.
Et le tout pour le bien aussi, ce qu'on disait tout à l'heure avec l'assaut que tu as monté et tout. Donc, il y a une vraie combinaison des trucs qui échangés. Mais ça, je pense que pour que ça marche autant que je l'aimerais, il faut vraiment que je continue encore un peu dans l'influence, le divertissement, etc.
Pour que ce soit vraiment un truc big. Je pense que quand je serai à l'apogée de ma carrière, entre guillemets, ce sera le bon moment pour drop tout ça, quoi. On va suivre tout ça.
Merci beaucoup, mec, pour l'échange. C'était incroyable. Ça t'a plu, toi ?
De ouf. Et en vrai, ça change pas mal des autres interviews. Genre, le concept de point de bascule, je trouve ça dard, en vrai, parce que ça monte vraiment en avant-après, dans plein de situations, donc c'est énervé.
Encore une fois, ce que tu as dit sur l'amitié, ce que tu as dit sur tout ça, moi, ça me parle de ouf, et je trouve ça trop bien de pouvoir, évidemment, la santé mentale aussi, et de pouvoir en discuter, quoi. Carrément, je devais voir peut-être un psy, un thérapeute. J'ai l'impression que ça m'a fait une sorte de mini séance, là.
Ça m'a fait du bien de me lâcher un peu et de dire ce que j'avais dans le cœur, quoi.
Thierry Mariani