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interviewyoutube.com· 5 avril 2026 41 min

L'interview intégrale d'Éric Zemmour, président du parti Reconquête

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Eric Zemmour, bonjour Président de Reconquête, vous êtes notre invité dans BFM Politique avec moi pour vous interroger. Amandine Attalaya, bonjour Amandine. Et Bruno Jeudy, directeur délégué de la Tribune Dimanche. Le conflit au Moyen et au Proche-Orient, au cœur on l'entendait effectivement de cette bénédiction traditionnelle du pape Léon XIV, que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix, que ceux qui ont des armes les déposent. Vous êtes plutôt pape Léon XIV l'américain ou Donald Trump quand vous entendez le pape ?

0:31
Éric Zemmour

Vous savez d'abord, j'ai évidemment le plus grand respect pour le pape, pour sa parole. Il est tout à fait naturel que le pape exhorte à la paix. C'est quand même la logique de son rôle, de sa foi et de la tradition millénaire de l'Église. En revanche, disons que... Il ne faut pas surestimer ce conflit. Là, vous le mettez un peu en scène, on n'est plus autant de Philippe Lebel avec le pape. Il n'y aura pas de conflit, c'est à fleur et moucheté. Le pape n'est plus une puissance politique qu'elle fut au Moyen-Âge ou plus tard.

1:14
Invité

C'est une puissance diplomatique quand même, avec une représentation diplomatique dans beaucoup de pays, dans beaucoup de conflits.

1:21
Éric Zemmour

Bien sûr, mais je dirais que c'est une puissance morale. Et son propos est évidemment une... Une exhortation morale. Maintenant, moi, je vais vous dire... C'est pas... Je ne suis pas le pape, donc je peux, moi, avoir d'autres principes. Je l'ai entendu dire, on ne fait pas la paix par la force, mais par le dialogue. Je crois exactement le contraire. Je pense, vous savez, j'ai souvent des phrases de Napoléon pour guider ma pensée. Et je vous livre celle-ci. En tout cas, ça guide la mienne. Napoléon disait... Ça veut dire que, concernant, si on l'applique à cette guerre que mène Donald Trump en Iran,

2:07
Auditeur

vous êtes plutôt favorable à ce qu'il est en train de faire ? Parce que beaucoup, y compris des Américains, s'inquiètent aujourd'hui d'un enlisement, comme une sorte de fuite en avant. Ils ne voient pas les objectifs du président américain.

2:18
Éric Zemmour

Alors, ça, c'est un autre sujet. C'est une question très intéressante. Vous avez raison. C'est un autre problème. Je vais vous répondre. En vérité... Vous n'avez pas tort. Vous savez, c'est toujours la même chose. La différence entre le fou et le génie, c'est le succès. Si Trump réussit à faire chuter ce régime, à accomplir ses buts de guerre, on dira qu'il est le génie. S'il échoue, on dira que ce type était fou, ce type était nul, etc. Pour vous, fou ou génie, alors, Donald Trump ? On verra. On n'en sait rien. Ça dépend s'il réussit ou s'il échoue.

2:53
Auditeur

C'est vraiment juste que le régime peut chuter.

2:56
Éric Zemmour

Je ne sais pas. Je vous dis, ça paraît improbable.

2:59
Invité

Je suis d'accord avec vous. Juste, Eric, vous préférez la stratégie de la force, donc la logique trumpiste, ou la stratégie qui repose notamment de ne pas bafouer les règles internationales, les institutions internationales ? Ça fait Trump dans ce conflit.

3:13
Éric Zemmour

Moi, je vais vous dire, je ne crois pas à ce qu'on appelle le droit international. Ou plutôt, je pense que le droit international peut être utile pour régler la circulation aéronautique. Vous voyez, des choses techniques. Mais quand il s'agit de la souveraineté des États, de la guerre et de la paix, il n'y a plus de droit international, c'est les rapports de force, je vous l'ai dit. Maintenant, revenons à notre histoire. Quel objectif ? Non, parce que c'est important. Justement, c'est le problème. Moi, vous savez, depuis le début, depuis que Trump a été élu, je fais le distinguo. Vous m'avez déjà invité. Pardon de me répéter, mais je vais aller très vite.

Je fais le distinguo entre le Trump intérieur et le Trump extérieur. Le Trump intérieur, je pense, et je vous l'ai déjà dit, qu'il incarne un mouvement, un mouvement idéologique, politique, occidental, de la volonté des peuples occidentaux de sauver leur identité. Et le Trump extérieur ? En cela, je l'approuve. Et d'ailleurs, il prouve que c'est possible. Je vous donne un seul exemple qui est quand même très révélateur. Il y a eu un million et demi d'étrangers renvoyés depuis un an. Les villes de Miami et de Los Angeles ont vu leur population baisser par les expulsions d'étrangers illégaux.

4:23
Présentateur

Au prix de méthodes fortement contestées par les Américains, notamment avec sa police.

4:26
Éric Zemmour

Peut-être. Peut-être. Peut-être. Peut-être. Mais en tout cas, c'est un succès. Ça, c'est le Trump intérieur. En tout cas, la remigration, ça peut être efficace et ça peut marcher. Le Trump extérieur. Je voulais vous le signaler. Le Trump extérieur. Alors, le Trump extérieur, d'abord, j'ai toujours dit aussi qu'il a un avantage. Il assume son patriotisme et la défense des intérêts américains, là où les autres présidents faisaient la même chose, mais de manière plus hypocrite. Lui, c'est un patriote américain. Moi, je suis un patriote français. On sait bien que nous sommes alliés depuis au moins un quartier. 45 et même avant. Mais que nous pouvons avoir des intérêts divergents.

Et nous savons aussi que les Américains ne nous ont jamais ménagé. On se souvient des frégates australiennes, de Alstom, etc. Et ce n'était pas Trump. C'était d'autres présidents qui n'étaient pas tendres avec nous. Donc, quand nous avons des intérêts divergents, évidemment, je le dis. Je dis, je ne suis pas d'accord. Nous, nous avons des intérêts divergents. Deuxième chose, la méthode. Je reviens à votre question initiale. Parce que c'est la question fondamentale. Vous avez raison. Je pense que Donald Trump a tiré une leçon de son premier mandat, je dirais, à moitié raté. Du fait qu'il était inexpérimenté.

Qu'il a été pris en main par, je dirais, à la fois les classiques de son parti et la technostructure américaine. Ce qu'il appelait l'état profond. Et ce que les médias américains appelaient ironiquement les adultes dans la pièce. Vous vous en souvenez ? Et qu'ils l'ont, on peut le dire, ligoté et empêché de mener sa politique. Il s'en est débarrassé lors de son second mandat. Je pense que sur le plan intérieur, il a bien fait. Je pense que sur le plan extérieur, il a eu tort. Parce que, si vous voulez, à moins d'être le général de Gaulle ou Churchill, et encore, même si les géants étaient entourés de gars d'expérience, de grands diplomates, etc.

Vous ne pouvez pas, comme ça, dans le domaine des relations internationales, choisir des politiques avec votre instinct, même s'il est bon.

6:24
Présentateur

Donc là où il en est désormais. Qu'est-ce qu'il fait ? Il faut se retirer ou il faut aller jusqu'au bout et envoyer des troupes sur le terrain pour renverser le régime ?

6:31
Éric Zemmour

Moi, je pense que, d'abord, il est contre le fait d'envoyer des troupes. Il a fait toute sa carrière politique, je le rappelle, là-dessus. Ça serait vraiment un reniement absolu de ce qu'il est. En plus, je pense que ça serait une erreur. On a vu à chaque fois qu'on a envoyé des troupes pour changer le régime, que ça soit l'Irak, la Libye ou l'Afghanistan, que ça a été des catastrophes. Et en même temps, on se rend compte que bombarder,

6:55
Invité

bombarder un pays depuis cinq semaines comme il le fait, ça ne suffit pas pour renverser un régime. Peut-être dans un mois ou deux, peut-être qu'on dira le contraire. Mais aujourd'hui, on voit que c'est un premier échec.

7:06
Éric Zemmour

Vous avez mille fois raison. Autant la guerre des douze jours, vous savez qu'on a... Autant là, pour l'instant, il est mis en échec. Mais si vous voulez, moi, j'essaye. En même temps, je ne suis pas chef des armées. Même Emmanuel Macron, manifestement, qui a les renseignements que je n'ai pas, hésite entre différentes stratégies.

7:25
Auditeur

Vous êtes plutôt sur la ligne d'Emmanuel Macron aujourd'hui. C'est-à-dire ? C'est-à-dire une forme de retenue, de réserve, que cette guerre finisse. Et puis, on ne suit pas Donald Trump. C'est la bonne...

7:33
Éric Zemmour

Il est délicat de le suivre puisqu'il ne nous a pas demandé notre avis. Il ne nous a pas averti de cette guerre.

7:37
Auditeur

Non, mais il nous a demandé notre aide.

7:38
Éric Zemmour

Il nous a demandé notre aide après.

7:40
Auditeur

Oui.

7:40
Éric Zemmour

Ça fait un peu bizarre quand même. Soyons honnêtes. Je veux dire, bon, il a déclenché la guerre, je peux comprendre. Ils ont des intérêts, c'est ce que j'allais vous dire. J'essaye de regarder avec rationalité. Mais la position du président français est la bonne à vos yeux. Mais non, ce n'est pas qu'elle est la bonne. Moi, je lui reproche une chose. Comme d'habitude avec lui, il y a toujours du bon dans ce qu'il fait. Parce qu'il y a toujours du mauvais puisqu'il fait tout et le contraire de tout. Et qu'est-ce qui est bon, qu'est-ce qui est mauvais dans la position d'Emmanuel Macron sur ce conflit ? Il fait de l'agitation. Vous voyez, il dit « je n'interviendrai pas ».

Et en même temps, il fait des magnifiques images avec le sous-marin, les avions Rafa, etc.

8:14
Présentateur

Ça se suit parce qu'on a des accords avec les pays du Golfe, des accords de défense avec les pays de la région.

8:18
Éric Zemmour

Non, mais ça, on les avait avant. Oui. Donc c'est tout à fait normal qu'il les mette en œuvre. Absolument. En revanche, regardez, avec Israël, il fait tout et le contraire de tout. Il se propose au départ, après le 7 octobre, de mener une coalition pour les aider. Et après, il traite Nathaniel Oudbarbar et il interdit aux avions américains qui fournissent du matériel pour le dôme de fer de survoler le ciel français.

8:39
Présentateur

Mais quand on entend Éric Zemmour, le président américain, qui s'en prend personnellement au président Macron jusqu'à se moquer, si j'ose dire, de son couple, des relations avec son épouse, est-ce que là, vous vous dites, je soutiens le président de la République, même si je suis en désaccord avec lui, parce que s'en prendre au président de la République, c'est s'en prendre à la France ?

8:55
Éric Zemmour

Vous avez tout à fait raison, mais je vais vous dire mieux. Je trouve... Moi, j'aime bien les plaisanteries, même Payard, c'est une tradition française. Je trouve souvent, contrairement à beaucoup de gens et beaucoup de journalistes, que Trump est drôle. Là, en revanche, je ne l'ai pas trouvé drôle, je l'ai trouvé vulgaire. Je trouve que ça ne se fait pas et qu'on ne mêle pas, comme ça, la vie privée avec les affaires. L'affaire d'État, franchement, s'était déplacée, honnêtement.

9:21
Présentateur

Le gouvernement essaie de trouver des mesures, effectivement, parce que cette crise, cette guerre au Moyen-Orient, ça a des conséquences directes dans notre pays, et évidemment, notamment sur le prix des carburants. La semaine dernière, 70 millions d'euros qui ont été débloqués pour des aides ciblées, pour la pêche, pour les transports, pour un certain nombre d'autres domaines. Le gouvernement a annoncé en fin de semaine, le ministère de l'Économie, un préflash carburant à destination, justement, des secteurs dont le carburant, ça dépasse 5% du chômage. C'est un chiffre d'affaires.

Est-ce que les aides du gouvernement sont à la hauteur pour aider les Français qui nous écoutent et qui ont du mal pour faire le plein ?

9:54
Éric Zemmour

Écoutez, essayons encore une fois de voir ça rationnellement. Première chose, on sait que le prix de l'essence devient insupportable. On est à 2 euros. Plus de 2 euros. C'est complètement délirant. Plus de 2 euros. C'est complètement délirant. Les gens souffrent, surtout les gens qui, en province, doivent utiliser leur voiture. Parce que nous, dans les grandes métropoles, on est tranquille. On peut ne pas utiliser notre voiture. On ne travaille pas avec. En revanche, dans de nombreuses régions de France, il faut faire des dizaines de kilomètres pour aller travailler, pour emmener le gosse à l'école, etc. Donc, c'est insupportable.

Mais de l'autre côté, nos gouvernants, et en particulier Emmanuel Macron, ont tellement mal géré les finances publiques qu'il n'y a plus d'argent. Il faut le dire. On ne peut pas distribuer l'argent qu'on n'a pas, dit Sébastien Lecordier. Il a raison. Mais oui, mais il aurait dû le dire avant. Il a été ministre de Macron, je crois.

10:43
Invité

On a déjà financé un bouclier énergétique il y a à peine 4 ans.

10:45
Éric Zemmour

Mais on est bien d'accord. Et ça coûte très cher. Quand on voit l'Italie, par exemple, réduire ses taxes, l'Italie a beaucoup mieux géré, c'est paradoxal, mais ses finances publiques depuis des années que nous. Elle est très endettée aussi. Elle est très endettée parce que c'est le passé. Mais ce qu'on appelle le budget primaire est en équilibre. Mais passons. Il dépense 400 millions, les Italiens. Attendez. Moi, je pense, si vous voulez, que ce que fait le gouvernement n'est pas bon. Pour deux raisons. La première, c'est que ce sont toujours des aides, toujours des chèques. C'est toujours la logique. Alors évidemment, on réduit parce qu'on n'a plus d'argent. Donc on ne fait plus table.

On a l'ouverture comme on faisait avant. Mais on est là toujours à faire des chèques. Ce n'est pas bon. Deux, il propose un prêt, j'ai entendu, avec un taux d'intérêt. Prêt flash carburant, tout à fait. Donc il va prêter de l'argent aux gens pour payer les impôts qu'il prend dans la poche des gens. Il se moque du monde. C'est l'histoire du PGE. Pendant le Covid, on sait que ça devait sauver les entreprises. Ça n'a fait que retarder les faillites. Moi, je vais vous dire. J'observe un peu tout ce que tout le monde propose. La gauche dit qu'il faut bloquer le prix à la pompe. Ça, c'est...

C'est la méthode classique de la gauche que je qualifierais de vénézuélienne et qui va provoquer, évidemment, des restrictions, des manques et finalement une catastrophe. L'ERN propose une baisse de la TVA. J'entends ça de la bouche de Mme Le Pen, de M. Bardella. Ce qui existe ailleurs. Absolument. En Espagne, elle a baissé de 21. Absolument. Bonne idée. Ça coûte très très cher. Il y a deux choses. D'abord, ça coûte très cher. Deuxièmement, surtout, à mon sens, c'est une mesure qui favorise les gens qui ont besoin de prendre l'essence pour aller vivre, mais pas pour travailler.

C'est à je veux dire par là que vous savez que la TVA, les entrepreneurs et tous les patrons la remboursent, la versent et l'État leur rembourse. Donc, baisser la TVA, c'est une mesure de pouvoir d'achat pur, mais ce n'est pas une mesure de compétitivité. Alors, vous proposez quoi ? Je vais vous dire. En plus, par ailleurs, pardon, mais ça favorise les raffineries étrangères, parce que vous savez que la TVA, c'est une arme de protection des taxes que moi, je propose. Vous savez que sur l'essence, il y a deux taxes. Il y a la TVA et il y a ce qu'on a ce qu'on a appelé jadis la TICPE et qui ont aujourd'hui, on l'appelle la CISSE.

Je propose de baisser la CISSE parce que la CISSE, personne ne la rembourse. Donc, ça favorise aussi les gens qui travaillent, qui se font rembourser la TVA. Je pense que c'est plus efficace. Je précise parce que ça coûte de l'argent. Absolument. Ça coûte 12 milliards si on enlève un tiers. De 7 à 6. Vous les trouvez où ? Justement, je pense qu'il faut, ça fait longtemps qu'on le propose avec Sarac d'Info, des économies énormes. Je donne un seul exemple. Ces 12 milliards, on peut les prendre en supprimant l'aide publique au développement. C'est à peu près 12 milliards.

13:30
Auditeur

Mais c'est vraiment le moment, vous pensez ? On ne sait pas où va cette crise par définition. C'est très volatil. C'est peut-être plus d'une semaine.

13:35
Éric Zemmour

Évidemment que si elle s'arrête dans trois jours, on ne fait rien, puisque le prix de l'essence va redescendre. Je vous dis ça, c'est si elle dure. Le plan que je vous ai donné. Évidemment.

13:45
Présentateur

Ça veut dire qu'il faut attendre quelques jours, quelques semaines, pour voir durablement si cette crise ne plombe pas. Sébastien Lecornu a dit aujourd'hui, c'est la rigueur. Enfin, il n'a pas dit c'est la rigueur budgétaire. Il a dit qu'il faudra faire attention au sérieux budgétaire, quoi qu'il arrive, en l'opposant ou quoi qu'il en coûte. Ça, c'est fini.

14:02
Éric Zemmour

Non, mais écoutez, il se moque du monde. Moi, je veux bien que Lecornu découvre la catastrophe qu'ont fait les gouvernements dans lesquels il était ministre. Je veux bien. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Mais enfin, c'est quand même la conséquence de leur politique folle.

14:19
Invité

La politique du bouclier énergétique en 2022 et 2023, qui a coûté très cher, avait été votée au gouvernement par toutes les forces politiques. Elles avaient tort. Oui, mais ce que je veux dire, c'est que la politique a été soutenue aussi par l'opinion. Je suis d'accord, mais vous savez... Comme les aides pendant le Covid aujourd'hui. Vous avez raison.

14:40
Éric Zemmour

Vous avez raison, mais le rôle... Et puis, attendez, le Covid, petite parenthèse quand même, c'est que les autres ont fait la même chose que nous, mais en dépensant dix fois moins. Et ils se sont arrêtés beaucoup plus vite que nous.

14:51
Invité

Ça dépend des pays. Juste quand même pour revenir sur... Je vous en prie. Vous supprimez l'aide au développement. C'est ça, vous supprimez. Et donc... On l'a dit il y a longtemps. Oui, ça, je sais, c'est une de vos obsessions, mais... Non, non, il n'y a pas... Vous sacrifiez aussi un outil d'influence, de diplomatie française qui permet aussi, j'allais dire, d'exercer du... Du soft power et de faire rentrer de l'argent dans les caisses.

15:16
Éric Zemmour

Je sais que les avocats de l'aide publique au développement le disent toujours, mais c'est faux. Je vais vous dire pourquoi en deux mots. Quand j'étais jeune, on nous apprenait, et on avait raison, exactement ce que vous dites. C'est-à-dire que l'aide au développement devait favoriser des entreprises françaises. On appelait ça l'aide liée. Vous voyez, on vous prêtait de l'argent, mais en échange, vous achetiez des produits français, de... Vous voyez... Vous faisiez un métro français, un train français, enfin, vous avez compris. Sauf que, mon cher, c'est fini depuis 20 à 25 ans. Les retres de l'OMC interdisent absolument toute aide liée.

Et donc, en vérité, et vous savez, je me suis renseigné avant de proposer cette mesure, c'est que tous les spécialistes de l'aide publique au développement, qui sont de bonne foi, vous disent que le plus souvent, notre aide publique au développement sert aux intérêts chinois qui passent derrière et qui sont beaucoup moins chers. Sans compter... ...les destinations loufoques de cette aide publique au développement qui a été transformée sous son dernier patron en une espèce de machine walk pour les études de genre en Jordanie et...

16:26
Invité

On peut discuter de certaines aides, mais globalement, ces aides, elles ont aussi un intérêt de surpower et de présence... Non, je vous assure que c'est fini. Il n'y en aurait plus, il n'y aurait plus rien pour la France. C'est pas vrai.

16:37
Éric Zemmour

Les grands groupes comme Vinci n'ont pas besoin de cette aide. Et puis, de toute façon, je vous le répète, je vous assure, vous datez, nous sommes à peu près de la même génération, c'est normal. Vous, comme moi, nous avons appris ça quand nous étions jeunes. Mais c'est fini depuis au moins 20 ans.

16:51
Présentateur

Éric Zemmour, vous évoquiez les solutions mises sur la table par les différents groupes politiques, partis politiques face à cette crise, notamment sur la question du carburant, le Rassemblement national, la gauche aussi. La France insoumise s'est rassemblée hier, notamment, beaucoup de ses leaders à Saint-Denis, derrière le nouveau maire qui a été élu dès le premier tour, Bali Bakayoko. Plusieurs milliers de personnes réunies autour de ce maire pour une marche contre... le racisme et toutes les discriminations. De nombreux responsables qui étaient présents, Jean-Luc Mélenchon, bien sûr.

Je vous rappelle qu'il y a une enquête qui a été ouverte pour injure à caractère raciste après des propos qui ont été tenus contre le maire et les filles de Saint-Denis. Est-ce que vous lui apportez votre soutien et condamnez ces propos inadmissibles à son encontre ?

17:32
Éric Zemmour

Vous savez, je ne condamne rien du tout. Je n'ai rien à condamner. Moi, je suis pour la liberté d'expression.

17:37
Présentateur

Quand vous entendez quelqu'un qui dit sur un plateau qu'on n'est pas dans une tribu primitive comme on les décrit, avec un mal dominant qui décide. J'ai écouté.

17:44
Éric Zemmour

Je n'ai pas écouté ce propos. Il faut ne pas couper une phrase. Elle était au milieu d'un ensemble. Quand on en écoute l'ensemble, c'est des propos inadmissibles. Non, mais pourquoi inadmissibles ? Écoutez, moi, je vais vous dire. Il y a beaucoup de propos que je juge inadmissibles. Quand M. Bailly parle... Alors, je sais que vous allez me dire que ce n'est pas vrai, etc. Mais moi, je l'ai entendu. Quand il dit que Saint-Denis, c'est la ville des Noirs, moi, je trouve ça inadmissible. Il n'a jamais dit ça. Ce n'est pas vrai. Je l'ai entendu. Il n'a jamais dit ça. Le problème, c'est que Darius Rochemin parle sur lui. Quand on écoute la vidéo, on ne l'entend pas.

Alors, on va rentrer dans ce détail. Alors, je vais vous dire. Moi, je l'ai entendu. Moi, je ne l'ai pas entendu. Je suis peut-être maintenant à moitié sourd, après tout, c'est l'âge. Mais en tout cas, moi, je l'ai entendu. Mais peu importe. Je vais vous dire. En fait, c'est l'esprit était le même. Et je vais vous dire pourquoi. Mais c'est différent de dire il l'a dit et de dire l'esprit est le même. Il l'a dit. Il l'a dit, je l'ai entendu. Moi, je l'ai écouté, il ne l'a pas dit. Moi aussi, je l'ai entendu. Mais peu importe. Parce qu'il y a effectivement confusion, puisque Darius Rochemin parle sur lui.

Mais quand il fait campagne, et ça, vous ne pourrez pas le nier, en disant que son adversaire socialiste est un promoteur immobilier, parce qu'il veut gentrifier sa ville. En clair, soyons clairs, il veut faire venir des bobos blancs pour compenser démographiquement la population arabo-africaine qui est prédominante dans sa ville. Et qu'il dit que c'est un scandale, et que les gens qui viennent devront s'assimiler à l'esprit de ce qui est devenu sa nid, c'est exactement comme dire que c'est la ville des Noirs. Sauf qu'il ne l'a pas dit, donc ce n'est pas la même chose. C'est la même chose, excusez-moi.

19:17
Auditeur

Que ce soit ses choix, par ailleurs, politiques, en quoi ça justifie les propos de Michel Onfray que vous soutenez apparemment ? De le comparer, lui et ses proches, à une tribu primitive avec des mâles, des femelles ?

19:30
Éric Zemmour

Mais écoutez, Onfray fait une analyse. Il dit ce qu'il veut. Il a bien le droit de dire ce qu'il veut, moi. Quand M. Balka et Oco disent ce qu'ils veulent, moi je dis ce que je veux. Vous savez, il faut arrêter de censurer tous les gens. Attention, je rappelle que vous avez été condamné à plusieurs reprises, Eric Zemmour. Comment ? Je rappelle que vous avez été condamné à plusieurs reprises. J'ai été condamné par des lois liberticides et par des juges qui utilisent ces lois pour suivre un agenda politique. C'est l'état du droit en France aujourd'hui. Oui, mais il faudra le changer. Moi, je suis pour la liberté d'expression.

Vous savez, il y a une très belle phrase de Spinoza qui dit, dans une république libre, chacun est libre de penser ce qu'il veut et de dire ce qu'il pense.

20:10
Auditeur

La limite étant les propos racistes et négatifs. Mais ce n'est pas raciste. C'est la limite de la liberté d'expression.

20:15
Éric Zemmour

D'abord, qu'est-ce qui est raciste ? Ce sont des propos racistes qui sont condamnables par la loi. Moi, j'estime qu'il y a beaucoup de propos qui me choquent, moi. Ce n'est pas pour ça que je vais les interdire. Ce n'est pas pour ça que je vais attaquer devant la justice. Il faut arrêter avec ça. Il faut accepter la démocratie. C'est le choc des opinions. Le choc des opinions dans le respect des personnes. Mais il est respecté. Arrêtez avec ça. D'ailleurs, il n'a rien dit, lui. C'est la manipulation autour.

20:43
Invité

Pour revenir sur M. Balibakayoko. Et sur Jean-Luc Mélenchon qui, effectivement, revendique ce concept désormais de Nouvelle-France. Oui, maire de Saint-Denis qui incarne un peu la Nouvelle-France de Jean-Luc Mélenchon. Une Nouvelle-France qui avait aussi été invoquée par Lionel Jospin au début des années... Au début des années 90, début des années 2000. On était sans doute à une autre période. Nous sommes 25 ans plus tard. Est-ce que... Comment vous comprenez ce concept de Nouvelle-France ?

21:14
Éric Zemmour

Je souris parce qu'on peut évidemment dire que l'expression Nouvelle-France est utilisée par les politiques depuis deux siècles. À chaque fois qu'il y a une campagne électorale, on peut dire ça sera une Nouvelle-France, etc. Et puis, comme ça, c'est pour ça que je souris, on passe sur le caractère authentiquement révolutionnaire. Alors là, pour le coup, et moi qui me choque, mais peut-être que ça me choque pas vous, de revendiquer une nouvelle population, un nouveau peuple, ça n'a rien à voir, un nouveau peuple qui est ce peuple arabo-musulman et africain qui est censé remplacer le peuple de souche français, de civilisation greco-romaine et chrétienne.

C'est ça, dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon, ce que signifie Nouvelle-France. C'est ça, dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon, ce que signifie Le Jean-Luc Mélenchon dit qu'il parle de... Le Jean-Luc Mélenchon dit qu'il parle de... Il parle des générations. Et il a raison. Vous me permettez que je vous explicite ça ? C'est très simple. Il joue sur les mots, Jean-Luc Mélenchon. Parce qu'effectivement, il a raison. Ça va être un changement de génération. Mais qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? Nous avons une jeunesse qui est à peu près à moitié ou au grand tiers arabo-musulmane. On voit tous les chiffres de l'Inel. Comment ? C'est quoi vos chiffres ?

Laissez-moi finir mon explication, je vais en tenir pour une minute. Et on a des gens âgés qui sont très nombreux, puisque c'est la génération. Qui est née en 1945, la fameuse baby-boom. Et qui sont très vieux et qui sont uniformément blancs et de culture chrétienne. Quand ces gens-là auront disparu, ce qui est une affaire de 10 ans, de 15 ans, je leur souhaite longue vie. Évidemment, quand ces gens-là auront disparu, la nouvelle génération, nous aurons exactement un pays coupé en deux avec une moitié arabo-musulmane et africaine et une moitié française de souche ou héritière. On vérifiera. C'est une illusion statistique.

23:04
Présentateur

On va vérifier les chiffres que vous évoquez. Au-delà de ça, il y a la question de ces maires et les filles et du programme qu'ils commencent très concrètement à appliquer, Amandine.

23:12
Auditeur

Oui, sur le fond, par exemple, avec le maire de Saint-Denis qui a dit que pour l'instant, il interdisait les LBD, les lanceurs de balles de défense, qu'il réfléchissait à désarmer la police municipale. Il y a aussi l'interdiction des expulsions logatives s'il n'y a pas de solution de relogement. Que vous inspirent ces premiers pas des maires de la France Insoumise ?

23:30
Éric Zemmour

Au moins, ils appliquent ce qu'ils ont dit. Ils sont cohérents avec l'idéologie de LFI. Maintenant, c'est très simple. Cette idéologie, qu'est-ce que ça signifie ?

23:39
Auditeur

Pas tous, par ailleurs. Le maire de Roubaix, par exemple, ne veut pas désarmer la police municipale.

23:43
Éric Zemmour

Il y a plusieurs choses. D'abord, première chose, on va parler de la police municipale. Mais je tiens à dire d'abord que moi, je suis de ceux qui pensent que la première responsabilité de l'ordre revient à la police d'État. La police nationale. Il faut quand même rappeler les choses à la base. Si on va discuter de la police municipale, c'est parce que l'État, depuis 40 ans, a laissé en jachère la responsabilité de l'ordre et que nous avons aujourd'hui des tas d'endroits où l'ordre n'est plus un ordre national, républicain, etc. mais l'ordre des bandes et des trafiquants et autres. Ça, c'est la première chose que je voulais dire.

Deuxième chose, sur cette police municipale, on sait que si vous enlevez les LBD, à la police nationale ou municipale, ça veut dire que vous ne pourrez plus faire des contrôles des trafiquants de drogue et des gens qui vendent de la drogue en bas des tours. On ne peut pas contrôler sans LBD ? Je vais vous dire, c'est très simple. On m'a expliqué, donc ma science est récente, mais elle tient des policiers et des policiers municipaux. D'ailleurs, vous avez vu que les trois quarts des policiers municipaux de Saint-Denis veulent quitter leur travail. Qu'est-ce qui se passe ?

Quand vous arrivez en France, vous avez un policier, vous avez un policier, vous avez un policier, vous avez un policier, vous avez un policier en bas des tours, vous avez une nuée de gamins plus ou moins agressifs. Eux, ils gagnent leur argent comme ça en vendant de la drogue au pied des tours. Si vous n'avez pas les LBD, vous ne pouvez absolument rien faire. C'est ce que vous expliquent tous les policiers. Mais c'est délibéré, vous savez. Alors, je ne dis pas pour M. Bagayako à Saint-Denis.

25:23
Invité

Vous voulez dire qu'il y a une complicité des élus et d'une partie de la population dans le narcotrafic ? Absolument, c'est ce que je dis.

25:30
Éric Zemmour

Vous savez, il y a beaucoup de gens, qui vivent dans les tours du narcotrafic. Tous les gens qui cachent la drogue, tous les gens qui sont financés par les trafiquants de drogue. C'est les affaires sociales des trafiquants de drogue. Et par ailleurs, vous savez, on a beaucoup dit, alors je ne sais pas si c'est vrai, je n'ai pas enquêté, et je n'ai rien lu là-dessus, mais ça s'est dit qu'il y avait beaucoup dans les villes comme Saint-Denis, etc. On avait vu des responsables des gangs de trafic de drogue qui, derrière, ces élus... Ils l'ont totalement démenti. Ils l'ont démenti, très bien. Moi, j'entends et je vois ce qu'on me dit. Vous savez qu'en Italie...

26:08
Invité

C'est déjà une question d'entrisme.

26:09
Éric Zemmour

Comment ? Oui, absolument. Forme d'entrisme des narcotrafiquants. Absolument. Dans les lieux politiques locaux. C'est ce que j'entends. Vous savez qu'en Italie, ça existe. Et qu'ils ont voté une loi contre l'infiltration mafieuse pour dissoudre les conseils municipaux qui étaient sujets à cette infiltration. Je pense que nous devrions nous inspirer de cette loi italienne.

26:30
Présentateur

La fin de semaine a été marquée, aussi, par la contre-offensive d'une élue eurodéputée de la France Insoumise qui s'appelle Rima Hassan. Elle est restancée libre de sa garde à vue. Elle est convoquée le 7 juillet afin d'être jugée, je cite, pour apologie du terrorisme. Jean-Luc Mélenchon dénonce une police politique et, de son côté, elle juge être l'objet d'un véritable harcèlement judiciaire en raison, dit-elle, de ses opinions politiques. Alors... Ça vous a fait bondir quand vous avez entendu ça ?

26:56
Éric Zemmour

Non, non. Vous savez, moi, il m'en faut beaucoup pour me faire bondir. Madame Rima Hassan, d'abord, qu'est-ce qu'elle a fait ? Elle a exalté la mémoire d'un terroriste japonais qui avait tué, à l'aéroport de Tel Aviv, l'Aude, en Israël, en 1972, 26 Israéliens. Donc, elle a été convoquée pour apologie du terrorisme. Encore une fois, vous allez me dire c'est la loi.

27:25
Auditeur

Mais il y a bien qu'il y a des limites.

27:26
Éric Zemmour

Mais moi, je vous dis, je suis pour le free speech. Je suis pour la liberté de parole.

27:33
Auditeur

Vous voyez, je ne vais pas être incontournable.

27:35
Éric Zemmour

Bien sûr que ça s'applique à elle, parce que ça s'applique à moi. Bon, maintenant, c'est la loi. Moi, quand je suis... Vous avez dit que j'ai été condamné à de nombreuses reprises. Voilà, je suis condamné, je paye mes amendes, etc. Je respecte la loi. Bon, eh bien, elle, c'est la même chose. Elle est déférée, elle y va. Donc, elle n'est pas... Elle n'est pas déférée parce qu'elle est pro-palestinienne. Vous êtes d'accord, elle est déférée parce qu'elle a fait de l'apologie du terrorisme. Après, on trouve dans son sac de la drogue, que sais-je, est-ce que... Alors, évidemment, ils vont dire...

28:05
Présentateur

Du CBD, dit-elle. Et la drogue, effectivement, 3-MMC, dit-elle, était présente dans un élément du CBD. Elle dit qu'il y a une enquête pour montrer que ce n'est pas elle qui l'a amenée.

28:15
Éric Zemmour

Écoutez, moi, je ne veux pas me mêler de ça. Je m'en moque complètement. Elle prend ce qu'elle veut. Ça, en revanche, c'est le respect de la loi si elle prend de la drogue, mais c'est autre chose. Là, vous voyez, je suis pour la loi. Mais, en revanche, ce que je vois bien et ce que je comprends, c'est la stratégie de Jean-Luc Mélenchon. C'est là où vous voulez m'emmener. Police politique, dit-il. Harcèlement judiciaire. Non, lui, c'est une stratégie politique. Je vais vous dire. En fait, Jean-Luc Mélenchon a une stratégie claire et simple et menée avec constance depuis des années. Il veut dominer la gauche grâce à l'électorat musulman.

Comme, jadis, les communistes dominaient la gauche avec l'électorat ouvrier. Les musulmans sont sa nouvelle classe ouvrière. Les musulmans, qui, je le rappelle, en 2022, ont voté à 69% pour Mélenchon. On revérifiera les chiffres. Aucun problème. Il pense qu'il va dominer la gauche et qu'il se retrouvera au second tour face à d'autres. Les sondages, pour l'instant, prévoient Jean-Luc Bardella. Jordan Bardella, pardon. Donc, il le battra lors du débat d'entre deux tours, etc. Il ne doute pas qu'il le dominera.

29:31
Auditeur

Voilà sa stratégie. Vous pensez que ce sera ça le deuxième tour ? Mélenchon-Bardella, vous pensez que ce sera ça le deuxième tour ?

29:37
Éric Zemmour

Moi, je n'ai pas de marge. Vous suivez la politique. Je ne suis pas commentateur de sondage. Je reproche beaucoup aux journalistes, et ce que c'est devenu, d'être devenus des commentateurs de sondage. Je ne vais pas, alors que je ne suis plus journaliste, commenter des sondages.

29:53
Présentateur

Allons-y, puisque vous évoquez effectivement cette question de Jean-Luc Mélenchon construit, dites-vous,

29:59
Éric Zemmour

avec le Rassemblement National. Il fonde toute sa stratégie là-dessus, et donc, il veut absolument agréger une population musulmane de plus en plus nombreuse, puisqu'on laisse venir, et ça, c'est Emmanuel Macron qui est responsable, et tous ces gouvernements, 500 000 étrangers légaux par an, dont la plupart sont musulmans. Donc, on fait grossir cette population. Comme Mme Mélanie ? Non, Mme Mélanie, non. Vous faites semblant de croire que c'est la même chose. Non, Mme Mélanie, elle, et je ne suis pas spécialement pour, mais ils ont un autre problème. Non mais attendez, vous voulez qu'on parle de Mélanie, c'est très simple. Non, non, parce que sinon, on va partir.

Mélanie, elle fait venir des étrangers par un contrat court et qu'elle renverra. Et en Italie, il n'y a pas de regroupement familial, il n'y a pas, surtout, de droit du sol. Vous évoquez,

30:49
Présentateur

il y a quelques instants, effectivement, l'opposition, dites-vous, construite entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella. Ça pose aussi la question, effectivement, de l'élection présidentielle. C'est difficile à venir dans tout juste un an. On a vu, notamment, avec la Tribune Dimanche, un grand sondage avec plusieurs hypothèses que l'on a fait paraître la semaine dernière. On voit qu'il y a deux candidatures possibles chez vous, Sarah Knafo, Éric Zemmour. Est-ce qu'il va y avoir une primaire chez Reconquête ?

31:13
Éric Zemmour

Je vois que c'est la dernière blague en cours. Non, il n'y aura pas de primaire. Je suis désolé de vous dire. Moi, je suis très content de, contrairement à ce qu'on prétend et ce qu'on veut me faire croire, du succès, de Sarah Knafo, de la campagne magnifique qu'elle a faite à Paris, de, manifestement, elle a ébloui beaucoup de gens. Je ne vais pas me plaindre. Au contraire, c'est moi qui ai tout fait pour que ça soit ainsi.

31:39
Auditeur

Et vous allez vous décider quand ?

31:41
Éric Zemmour

Écoutez, vous savez, moi, je n'ai pas envie de vous annoncer ma candidature comme d'autres. Je trouve ça un peu dérisoire. J'ai l'impression d'ailleurs qu'ils ratent leur annonce de candidature à chaque fois et qu'après, ils sont obligés de parler que de ça. Moi, je veux parler de la France, de ses problèmes. De son sujet. On a tout notre temps. Ce sera vous le candidat de reconquête ? Mais j'ai tout mon temps pour me déclarer ma candidature. J'ai tout mon temps. Pourquoi voulez-vous qu'aujourd'hui, je vous dise je suis candidat ? J'en ai vu d'autres, c'était un peu ridicule.

32:11
Auditeur

Vous ne laissez pas beaucoup de place aux doutes. On attend de savoir si c'est vous le candidat. Mais vous ne la citez pas.

32:17
Éric Zemmour

Je n'ai pas compris votre question. Ce sera vous le candidat de reconquête ? Je dis simplement que pour l'instant, je ne vais pas annoncer ici ma candidature et que je suis heureux de voir le succès que rencontre partout Sarah Knafo. Parce que tout simplement, elle est talentueuse, travailleuse et que moi, je suis ravi qu'elle soit à mes côtés.

32:37
Invité

Le succès 10,4% à Paris, c'est le score de Mme Sarah Knafo. J'ai envie de dire, bon, elle s'est retirée au second tour, elle voulait faire battre la gauche, la gauche a gagné, tout ça pour ça ?

32:51
Éric Zemmour

Dans ce cas-là, on ne se présente jamais si on ne gagne pas.

32:53
Invité

Non, mais son objectif, c'était quand même est-ce qu'il n'y a pas de regret par rapport à la stratégie de l'entre-deux-tours ? D'abord, on a montré

33:04
Éric Zemmour

qu'en six semaines de campagne, on pouvait renverser la loi d'airain des sondages qu'on nous dit absolument imbattable et inarrêtable. Je vous rappelle qu'au début, elle était donnée à 4,5, que le candidat du RN était donné à 9,10 et que finalement, elle est finie à 10 et que le candidat du RN était à 1. Première chose. Deuxième chose, malheureusement, là vous avez raison, elle n'est pas passée en tête des candidats de la droite alors que sa campagne, son programme, le méritait largement. Les électeurs ont préféré mettre Mme Dati en tête. C'était la bonne candidate Mme Dati ? Écoutez, moi je ne suis pas LR. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?

Moi, je ne vais pas tirer sur une ambulance. Je n'ai pas trouvé qu'elle fut ni une bonne candidate ni une bonne campagne. Mais je ne vais pas tirer sur une ambulance, elle a perdu.

33:56
Invité

C'est un boulevard pour la droite quand même cette année.

33:58
Éric Zemmour

Un boulevard, vous savez, il ne faut pas exagérer. La ville est sociologiquement de gauche. Mais c'est vrai qu'au bout de 25 ans de gauche, il y avait une volonté de changement que Mme Dati n'a pas réussi à incarner. La droite justement, vous l'évoquez,

34:10
Présentateur

vous avez échangé avec Laurent Wauquiez ces derniers mois sur la question d'un rassemblement d'une primaire de la droite. Laurent Wauquiez dit une primaire de Darmanin à Knafo. Alors il dit Knafo, il ne dit pas Zemmour mais il discute avec lui. Est-ce que vous êtes toujours favorable à ce que Reconquête participe éventuellement à une telle primaire ? Et est-ce que ça veut dire que si vous y participez vous soutiendriez donc Gérald Darmanin ou Eddard Philippe s'il l'emportait ?

34:34
Éric Zemmour

Je veux finir d'abord de répondre. Mais vraiment très rapidement sur le deuxième élément. On s'est retiré, vous avez raison. Pourquoi ? Parce que Sarah Knafo en entrant en campagne avait dit je ne ferais pas perdre la droite. Donc elle s'est retirée et elle a demandé à ses électeurs de voter pour Mme Dati. En fait elle n'a pas voté pour Mme Dati, vous avez bien compris. Elle a voté pour Paris et pour éviter la victoire de la gauche. Ce qui n'a pas suffi. Ce qui n'a pas suffi parce que comme d'habitude la droite s'est alliée avec le centre et on va venir à votre question. La droite s'est alliée avec le centre qui l'a trahi comme d'habitude puisque la moitié des électeurs de M. Bournazel et M.

Bournazel lui-même sont allés chez M. Grégoire. On a fait exactement ce que les autres n'ont pas fait. Mais je vous assure que je vais y arriver. Le Rassemblement National a laissé ses candidats à Tours, à Mont-de-Marsan pour faire perdre la droite et l'LR a laissé ses candidats à Marseille, à Nîmes pour faire perdre une fois de plus les RN. Donc vous voyez, nous, nous sommes les seuls cohérents avec cette stratégie du mouvement des droits. On revient à la primaire.

35:42
Présentateur

Laurent Wauquiez dit une primaire de Darmanin à CNAFO. Est-ce que vous êtes favorable ? Est-ce que Reconquête et donc vous probablement candidat y participent ? Et dans ce cas-là, est-ce que ça veut dire que si Edouard Philippe ou Gérald Darmanin l'emportaient, vous les soutiendriez ?

35:54
Éric Zemmour

La primaire, vous savez, j'ai suivi maintenant depuis 15 ans, j'ai été journaliste politique, les primaires passées. Vous vous méprenez sur les conséquences d'une primaire. Une primaire, ça n'oblige pas, et d'ailleurs le plus souvent ils ne le font pas, ça n'oblige pas les vaincus à soutenir le vainqueur. Alain Juppé est rentré à Bordeaux après sa défaite face à Fillon. Je me souviens, c'était même pire, de Fabius et de Strauss-Kahn se moquant en permanence de Ségolène qui les avait battus. Ils ne l'ont pas vraiment soutenu. Vous y participez ou pas ?

36:30
Auditeur

C'est la route vers l'échec dans ces cas-là. C'est la route vers l'échec.

36:34
Éric Zemmour

Non, ce n'est pas la route vers l'échec. Ce n'est pas ça qui a causé la défaite de Fillon. Judith Nour, est-ce que vous, Reconquête, vous y êtes favorable ou pas ? Oui, je vais vous dire. Moi, j'ai longtemps pensé que dans la Ve République, le premier tour était la primaire. Et que le second tour, sur le modèle américain, qui n'a aucun tour, je reconnais que depuis quelques années, la dispersion des candidats et surtout la division du paysage politique en trois blocs a changé la donne. Donc, il y a deux primaires possibles et tout est dans le périmètre de cette primaire.

Il y a la primaire de ce qu'ils appellent eux-mêmes la droite et le centre qui va de Retailleau à Attal avec Monsieur Edouard Philippe et ça, c'est tous les anciens ministres de Monsieur Macron. De Retailleau, Attal, Edouard Philippe, etc. Ça, vous y participez ? Ça, je n'y participe pas. Je ne suis pas là-dedans. Ils n'en veulent pas de moi et je ne veux pas d'eux. Après, la proposition intelligente de Monsieur Lysnard et de Monsieur Wauquiez, c'est une primaire de droite sans le centre. Donc, ça commence où la borne pour vous ? Si vous voulez, moi je dirais, mais ça sera aux électeurs de décider, Monsieur Philippe, c'est le fils spirituel de Juppé.

Juppé était quand même secrétaire général du RPR. On peut dire que c'est le centre droit, mais vous voyez ce que je veux dire. Monsieur Attal était au Parti Socialiste. Ça fait une différence. Après, le Rassemblement National, les électeurs, pour la plupart, en gros, les sondages donnent 75%, mais les électeurs, pour la plupart, se considèrent comme de droite. Mais ces dirigeants sont de gauche. Madame Le Pen ne cesse de dire qu'elle n'est pas de droite. Donc, Edouard Philippe a reconquête. Exactement. Est-ce qu'ils voudront, parce que je vois bien aussi Pécresse, Bertrand, ceux que j'appelle les cavaliers de l'apocalypse, qu'ils veulent absolument rester avec le centre.

Monsieur Copé a dit une phrase très juste, pour une fois. Il a dit, pour LR, le temps du schisme est venu. Eh bien, oui, le temps du schisme est venu. Pour ceux qui veulent rester avec la Macronie, il reste, et pour ceux qui veulent être vraiment à droite,

38:40
Présentateur

le soit. Très concrètement, il faut rester prudent dans les hypothèses de sondage qu'on voit pour dans un an. Au second tour, entre Edouard Philippe et Jordan Bardella,

38:48
Éric Zemmour

vous votez pour qui ? Simplement, ce que j'ai fait en 2020. Vous vous sentez plus proche de Jordan Bardella ou d'Edouard Philippe ? J'ai appelé à voter pour Marine Le Pen au second tour, malgré une campagne que je dirais musclée. Mais, je vois bien ce qu'on est en train de nous faire. Vous évoquiez votre sondage, et je vois bien ce que le système médiatique essaye de nous imposer. C'est-à-dire qu'on change le casting, mais on rejoue le même film. C'est-à-dire, d'un côté, le candidat du RN, le l'autre, le candidat de la Macron, à la place de Marine Le Pen, il y a Jordan Bardella, à la place d'Emmanuel Macron, Edouard Philippe, et on connaît le résultat.

39:28
Présentateur

Vous pensez toujours qu'il faut être au second tour de l'élection présidentielle ?

39:32
Éric Zemmour

Mais bien sûr, sinon je n'y vais pas.

39:34
Invité

Vous pensez aujourd'hui que Jordan Bardella, qui est entre 35 et 38 % dans les sondages, ce sont des niveaux qui vous paraissent irréels ?

39:44
Éric Zemmour

Oui. Je pense que depuis 15 ans, vous avez vu que les sondeurs se sont bien trompés à Paris. On parlait de Paris tout à l'heure. Franchement, ils se sont bien trompés. Deuxièmement, je pense que les sondages, depuis 15 ans, ce qui n'était pas le cas avec Jean-Marie Le Pen et le Front National, surévaluent le RN dans toutes les élections. Troisièmement, vous vous souvenez que Marine Le Pen était à 32 quand j'ai commencé en septembre 2021, et qu'un mois plus tard, j'étais à 3, je suis passé à 18, et qu'elle est passée à 16.

Et surtout, beaucoup plus intéressant que mon cas personnel, toute l'histoire de la Vème République, vous la connaissez comme moi, c'est l'histoire de gens qui étaient donnés vainqueur. Allez-y, terminez la phrase.

40:26
Invité

Merci. Vous ajoutez Jordan Bardella dans cette liste. En tout cas,

40:32
Présentateur

c'est cohérent avec ce que je viens de vous dire. Merci beaucoup Éric Zemmour. Merci d'avoir été notre invité dans BFM Politique. L'édition spéciale se poursuit dans un instant. Samis Faksi, Émilie Brousselot.

L'interview intégrale d'Éric Zemmour, président du parti Reconquête — Éric Zemmour · Pourquijevote