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Podcast / conversationLCP — La Politique et moi (sur Podcast)· 13 avril 2026 13 minComplaisantPortrait personnelImmigration & asileEnvironnement & énergieSolidarités & familleInstitutions & élections

Claire Lejeune, députée La France insoumise de l'Essonne | La politique et moi

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Bonjour Claire Lejeune.

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Votre premier engagement a été déclenché par la crise migratoire syrienne de 2015 ?

  • 1:20FerméeRéponse directe

    Les 400 kilomètres à vélo entre Lyon et Paris, vous les avez vraiment faits ?

  • 1:53OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a déclenché cet engagement chez vous ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Damien Carême vous a-t-il convaincu de vous engager chez les écologistes ?

  • 3:52ComplaisanteRéponse directe

    La justice sociale est très importante à vos yeux ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:25Invité politiqueFait
    « j'ai été bénévole dans un camp de migrants pendant l'été »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « ça tenait tous les bouts, en fait. C'est un maire qui était écologiste. »
  • 3:25Invité politiqueChiffre
    « dans une ville comme Grande-Sainte, où il y a un fort taux de pauvreté, un fort taux de chômage »
  • 3:43Invité politiqueFait
    « les personnes vivaient dans des conditions tout à fait indignes »
  • 3:48Invité politiqueFait
    « pour qu'un camp aux normes du HCR, du Haut Commissariat aux réfugiés, puisse être construit »
  • 7:25Invité politiqueFait
    « les petits pas aujourd'hui sont des pas en arrière »
  • 7:41Invité politiqueFait
    « On est déjà massivement en retard »
  • 9:52Invité politiqueFait
    « l'opposition au macronisme qui s'applique dans notre pays depuis trop longtemps »
  • 9:57Invité politiqueFait
    « en opposition frontale également à l'extrême droite »
  • 10:40Invité politiqueFait
    « la loi du plomb est un très bon exemple de ça »
  • 10:52Invité politiqueFait
    « une caisse de résonance avec nous parce que dans la société, c'était une question qui était devenue très importante »
  • 10:56Invité politiqueChiffre
    « il y a eu cette fameuse pétition qui a circulé très vite et qui a atteint les 2 millions de signatures »
  • 12:23Invité politiqueFait
    « je réduis au maximum l'utilisation de l'avion par cohérence avec ce que je pense politiquement aussi »

Temps de parole

  • Claire Lejeune69 %
  • Présentateur28 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Avec elle, la politique, c'est à la fois la tête et les jambes. Mon invitée a été doctorante en théorie politique et activiste écologiste sur le terrain. Elle siège au sein du groupe de la France Insoumise à l'Assemblée. Bonjour Claire Lejeune.

0:27
Claire Lejeune

Bonjour, merci pour l'invitation.

0:29
Présentateur

De rien, vous êtes la bienvenue. On a commencé à vous connaître, à vous voir un petit peu dans le cadre de ce qu'on a appelé les marches pour le climat. Mais si on remonte à votre tout premier engagement, je crois que c'est la crise migratoire syrienne de 2015 qui l'a déclenché, si l'on peut dire. Alors pas par un engagement dans un parti politique, mais par un engagement dans une association. On va voir un extrait d'un reportage de 2017 tourné à Lyon, parce qu'à l'époque, vous étiez étudiante à Lyon.

0:55
Invité

D'habitude invisible, ces demandeurs d'asile s'apprêtent à sortir de l'anonymat. À vélo, ils vont avaler les 400 kilomètres qui séparent Lyon de Paris. Ils leur pilotent des bénévoles de terres d'ancrage. C'est montrer qu'en fait, on peut former une communauté forte et belle avec ces personnes-là. Et que du coup, ce qui est possible à notre petite échelle, c'est possible à l'échelle nationale et c'est possible dans tous les pays.

1:20
Présentateur

Alors juste par curiosité, les 400 kilomètres à vélo, vous les avez vraiment fait ?

1:23
Claire Lejeune

Oui, oui, tout à fait. Du coup, on a fait une dizaine d'étapes entre Lyon et Paris. Avec du coup, entre 20 et 30 cyclistes qui étaient à la fois des personnes avec des parcours de migration, des demandeurs d'asile, des personnes en voie de régularisation et puis des bénévoles de l'association. Et en fait, on a fait étape chaque nuit dans une ville ou un village où des initiatives fortes avaient été prises pour faciliter l'arrivée, l'accueil des personnes migrantes sur place.

1:53
Présentateur

Et alors, qu'est-ce qui a déclenché cet engagement chez vous ? Parce qu'à l'époque, vous étiez étudiante à Normale Sup. Quand même, ça demande du temps, du travail. Et là, vous vous êtes mobilisée en plus de cela pour cette cause-là.

2:03
Claire Lejeune

Oui. En fait, je pense que le déclic pour moi, il est préalable. Donc, j'ai fait une classe préparatoire. Je préparais justement l'entrée à l'ENS. Et entre deux années classe préparatoire, j'ai fait un voyage dans le sud de l'Italie, dans les Pouilles, où j'ai été bénévole dans un camp de migrants pendant l'été. Et c'était du coup des personnes qui étaient arrivées en Italie, qui étaient parfois bloquées à cause de ce qu'on appelle le règlement Dublin, qui les empêche en fait de continuer. Par exemple, s'ils ont de la famille en France, ils ne peuvent pas y aller. Ils sont bloqués en Italie.

Et tout ça a, du coup, je pense, réveillé plein de choses, plein de colère aussi sur les situations d'injustice qui peuvent être vécues par ces personnes-là. Et c'est à partir de ce moment-là, effectivement, que je me suis engagée.

2:53
Présentateur

Pendant cette crise des migrants, il y a un maire qui s'est fait remarquer, l'écologiste Damien Carême, maire à l'époque de Grande-Sainte dans le Nord, où un camp de migrants s'était installé. Vous le citez souvent en modèle. Est-ce que c'est lui qui vous a convaincu de vous engager chez les écologistes à partir de 2017, je crois ?

3:08
Claire Lejeune

Oui. En fait, il a joué ce rôle un peu de modèle, même si à ce moment-là, je ne le connaissais pas du tout. On ne s'était pas rencontrés. Parce qu'en fait, en regardant ce qu'il avait pu mettre en place dans sa ville à Grande-Sainte, ça tenait tous les bouts, en fait. C'est un maire qui était écologiste. Et dans une ville comme Grande-Sainte, où il y a un fort taux de pauvreté, un fort taux de chômage, ce qu'il pouvait mettre en place, ça ne pouvait être qu'une écologie populaire, une écologie de justice sociale. Et à côté de ça, effectivement, sa ville était sur une route migratoire. Et s'était formé un camp à ce moment-là, où les personnes vivaient dans des conditions tout à fait indignes.

Et lui a bataillé avec la préfecture, a bataillé avec l'État, pour qu'un camp aux normes du HCR, du Haut Commissariat aux réfugiés, puisse être construit et que les gens soient accueillis dignement.

3:52
Présentateur

On a compris que la justice sociale, c'est très important à vos yeux. Quand on regarde votre CV, on se dit que vous avez eu le parcours presque classique d'une fille bien née. Vous avez fait Henri IV, Normale Sup, Sciences Po, sauf qu'en fait, vous venez d'un milieu modeste. Et alors, vous expliquez que le métier de votre père a été, je cite, un facteur de politisation très fort.

4:15
Claire Lejeune

Donc, mon père, effectivement, il est ouvrier électricien. Donc, c'est quelqu'un qui a arrêté l'école très tôt, qui n'a pas choisi sa vie, qui n'a pas choisi son métier, qu'il a subi, et son métier avait une incidence physique, psychique sur lui très forte. C'était des très longs horaires. Moi, au cours de la semaine, je ne voyais pas mon père, parce qu'il partait très tôt, il rentrait relativement tard, et le week-end, il se reposait de sa semaine. Donc, effectivement, lui nous a aussi toujours dit que, quel que soit ce qu'on faisait dans la vie, il voulait que ce soit notre choix.

Et, effectivement, je pense que voir ce que peut faire aussi le monde du travail, ce que ça fait au corps, ce que ça fait, la violence que ça peut charrier, tout ça, effectivement, ça a été très important pour moi. Et puis, forcément, comme vous l'avez dit, du coup, je suis arrivée à 1 et 4, notamment par une voie qui était faite pour les élèves boursiers. Je pense que sans ça, je n'aurais pas forcément eu ce chemin-là. Et il y a forcément un peu un clash culturel de classe sociale qui se fait quand on arrive, qu'on ne vient pas de ces milieux-là et qu'on y entre. Donc, forcément, ça a aussi joué un petit peu dans ma politisation.

5:33
Présentateur

Alors, votre engagement pour l'écologie, il a pris plein de formes différentes, on va le voir, mais notamment une forme très intellectuelle. Vous vous êtes lancé dans une thèse sur la planification écologique. Et en parallèle de cela, vous avez eu un engagement militant actif sur le terrain, je l'ai dit, dans les marches pour le climat. Et puis aussi, je crois que vous avez participé à des actions d'extinction-rébellion. Oui, tout à fait. Et on vous a vu décrocher un portrait d'Emmanuel Macron dans une mairie à Paris. Oui. Comment vous conciliez tout ça ? Il y avait aussi une dimension de désobéissance civile, c'était…

6:04
Claire Lejeune

En fait, sur la question climatique, la question de la désobéissance civile se pose, s'est posée de manière très forte, effectivement, quand le mouvement Extinction-rébellion s'est structuré en France. Mais il y a la question de comment, lorsqu'on est dans une situation d'urgence absolue, qu'une classe politique a tendance à balayer, à ignorer, en reportant sans cesse le problème, comment, en fait, on fait en sorte de créer un électrochoc pour que les choses bougent ?

6:31
Présentateur

Et alors, il y a aussi eu l'engagement politique, je l'ai dit, les écologistes. Vous êtes même devenu co-secrétaire fédéral des Jeunes en 2019, je crois. Et puis alors, au moment de la primaire de 2021 des écologistes, vous avez soutenu Éric Piolle, puis Sandrine Rousseau. Et puis, au moment où la campagne s'est lancée avec Yannick Jadot, vous êtes partie chez la France Insoumise. Qu'est-ce qui s'est passé ?

6:51
Claire Lejeune

On était pas mal à souhaiter que pour l'échéance présidentielle de 2022, une union se fasse, une union se fasse sur des bases politiques claires, clairement ancrées à gauche, voilà. Et la primaire chez les écologistes, elle venait de partager deux lignes qui étaient finalement très éloignées. La ligne d'Éric Piolle ou Sandrine Rousseau, et la ligne de Yannick Jadot. Sur les questions économiques, ne sont pas du tout les mêmes. Sur les questions sociétales, on va dire, ne sont pas du tout les mêmes aujourd'hui.

7:20
Présentateur

En gros, l'écologie ne peut pas s'accommoder de petits pas pour vous, c'est ça l'idée ?

7:25
Claire Lejeune

Exactement, en fait, à mon sens, les petits pas aujourd'hui sont des pas en arrière, en réalité, parce que ça véhicule l'idée que la transition pourra se faire graduellement, petit à petit, étalée sur un siècle, alors que les échéances sont beaucoup plus courtes que ça. On est déjà massivement en retard, donc bien sûr que c'est des changements massifs qu'il faut mettre en place. Et à ce moment-là, la candidature, effectivement, qui incarne le mieux, finalement, cette écologie de rupture, cette gauche qui tient debout et qui est très claire sur son rapport au capitalisme, par exemple, c'était la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

8:02
Présentateur

Et donc, vous rejoignez LFI, et dans la foulée, vous vous présentez aux législatives, vous échouez de peu, quelques centaines de voix près, mais vous expliquez que, dès lors, pour vous, être député était, je cite, « l'outil cohérent pour atteindre un objectif à un moment donné ». C'est un peu une obsession pour vous, c'est vous retrouver là où vous vous sentez la plus utile à un moment donné, que ce soit avec une thèse, avec Extinction Rebellion ou en tant que député ?

8:29
Claire Lejeune

En fait, je pense qu'entre ces trois exemples-là que vous avez donnés, il y a une complémentarité. Et ce que j'essaie de dire dans cette phrase que vous citez, c'est que le mandat, c'est un outil parmi d'autres, en fait, quand on est militant, quand on veut changer la société, et que c'est jamais, jamais une fin en soi. Et c'est là aussi où, moi, je me retrouve, y compris sur le plan éthique, dans ce qu'on fait à la France insoumise, c'est que je milite avec des personnes pour lesquelles la politique n'est pas une carrière, le mandat n'est pas une fin en soi, c'est à chaque fois des outils pour atteindre des objectifs législatifs, politiques, de bataille culturelle.

Effectivement, le mandat nous donne une voie, le mandat nous donne un poids sur les décisions politiques, mais il y a plein d'autres manières, l'engagement à l'échelle plus locale, etc., de peser sur les décisions politiques.

9:22
Présentateur

Sauf que là, vous êtes un peu passée de l'autre côté, vous êtes passée du côté de ceux et celles qui font la loi, qui jouent le jeu des institutions, après avoir prôné la désobéissance civile. Les deux sont compatibles pour vous ?

9:35
Claire Lejeune

Alors, effectivement, pour moi, il n'y a pas d'incohérence entre les deux. Nous, de toute façon, on bataille, en fait, pour que les lois changent profondément. Je suis une députée qui siège dans l'opposition, l'opposition au macronisme qui s'applique dans notre pays depuis trop longtemps, et en opposition frontale également à l'extrême droite, qui a une influence de plus en plus grande sur les lois qui sont votées et débattues dans notre Assemblée.

Donc, cette opposition, elle est cohérente avec le fait de dire qu'aujourd'hui, ce qu'il faut arriver à obtenir, que ce soit par la mobilisation de la société civile ou par la mobilisation au sein des institutions, c'est un changement très profond.

10:21
Présentateur

Mais justement, quand vous voyez les reculs qu'il y a eu en matière d'écologie ces derniers mois, est-ce que vous ne dites pas que finalement, vous seriez peut-être utile ailleurs qu'à l'Assemblée, sous une forme d'engagement différent ?

10:32
Claire Lejeune

Alors, encore une fois, je pense que la voie qu'on peut porter à l'Assemblée, elle est aussi le porte-voix de tout ce qui se passe en dehors de l'Assemblée. Quand on a vu, par exemple, la loi du plomb est un très bon exemple de ça. On a, nous, mené la bataille parlementaire, législative, mais on savait qu'on avait une caisse de résonance avec nous parce que dans la société, c'était une question qui était devenue très importante, qu'il y a eu cette fameuse pétition qui a circulé très vite et qui a atteint les 2 millions de signatures.

Donc, il y a une porosité finalement entre ce qu'on fait, nous, sur les sièges de l'hémicycle à l'Assemblée et puis ce qui se passe dans les mobilisations populaires à l'extérieur de l'hémicycle.

11:13
Présentateur

On va passer à notre quiz pour conclure l'émission. Vous allez devoir compléter les phrases que je vais vous proposer. Quand je cours à un semi-marathon, qu'est-ce que vous y trouvez ? Parce que je crois que vous en avez fait un encore récemment.

11:27
Claire Lejeune

Oui, tout à fait. J'écoute de la musique, voilà. J'ai toujours de la musique avec moi quand je cours. C'est une manière pour moi, effectivement, de me vider la tête. C'est une question aussi de santé mentale, je pense. C'était beaucoup ça. J'ai toujours fait pas mal de sports et j'ai essayé de ne pas arrêter pendant le mandat.

11:52
Présentateur

Est-ce qu'il y a de plus britannique en moi ? Parce que vous êtes franco-britannique par votre mère. Tout à fait.

11:59
Claire Lejeune

Je bois pas mal de thé, voilà. Ça, je le garde aussi. Non, je pense que ce qu'il y a de plus britannique en moi, c'est mon rapport à la langue anglaise, qui est celle avec laquelle j'ai grandi quand j'étais enfant, parce qu'on parlait anglais à la maison. Et qui est ma langue maternelle et ma langue de cœur, on va dire.

12:19
Présentateur

Enfin, la dernière fois que j'ai pris l'avion, c'était quand ?

12:23
Claire Lejeune

C'était il y a un moment, parce que je réduis au maximum l'utilisation de l'avion par cohérence avec ce que je pense politiquement aussi. Mais il se trouve que j'ai deux sœurs qui habitent aux Etats-Unis. On n'est pas le bateau pour y aller. C'est un peu long.

12:42
Présentateur

Merci beaucoup, Claire Lejeune, d'être venue dans la politique et moi.

12:45
Claire Lejeune

Merci à vous. Merci à vous.