Justice en France : une femme tente de tuer son compagnon - Documentaire complet
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 10 %Défensif 90 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:01Alain SFait
« Je me rappelle de tout. Je me rappelle de chaque seconde, chaque minute et je le vis régulièrement depuis 2 ans. »
- 20:01Julie ZFait
« J'avais qu'en tête, c'était de mourir, de me suicider, de mourir. »
- 30:01Julie ZFait
« Je voulais pas lui faire du mal, c'est tout. »
- 40:01Avocat généralFait
« Elle a fini par admettre que ce coup de couteau, elle l'avait bien donné volontairement. »
- 50:01Avocat généralPromesse
« La peine juste : 14 ans de réclusion criminelle. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Monsieur, vous pouvez vous asseoir si vous souhaitez ajouter quelque chose. Qu'est-ce que vous attendez de ce procè ? Merci maître monsieur l'avocat général.
Madame monsieur la cour. Bienvenue dans justice en France. Nous sommes le 22 juin 2022 dans un village du centre de la France.
Il est 23h25 quand les gendarmes découvrent une étonnante de crime. Un homme est affalé sur le trottoir à moitié nu, perdant son sang avec un pronostic vital engagé. À l'intérieur de la maison, une femme est assise sur un canapé.
Calme, elle fume une cigarette et est visiblement très alcoolisée. L'arme du crime est un couteau de cuisine dont la lame mesure 14 cm. La victime ne doit sa survie qu'à la rapidité des secours qu'elle a appelé.
Quant à l'accusé, ses explications sont confuses. Pour tentative de meurtre sur son conjoint, elle encourt la perpétuité. Condamné à 20 ans de réclusion criminelle lors d'un premier procès, elle a fait appel.
Entrons maintenant dans la cour d'assise à Neuver. L'audience est ouverte. Vous pouvez vous asseoir.
Est-ce que vous pouvez faire venir madame Cadabar s'il vous plaît ? Julie Z a été condamné en 2023 à 20 ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre envers son conjoint Alain S. Lors de son premier procès aux assises, elle a contesté l'intention de tuer, expliquant qu'elle voulait se suicider avec un couteau et qu'elle avait poignardé son compagnon par accident.
Cette explication [musique] n'a pas convaincu les jurés. Comme la loi lui autorise, Julie Z a fait appel du verdict et comparait pour son second procès aux assises. Est-ce que vous pouvez nous expliquer qu'est-ce qui motive votre appel ?
J'ai j'ai fait appel parce que en fait j'ai pas su m'exprimer la première fois parce que par la peur j'ai du mal à parler devant des personnes et aujourd'hui j'aimerais essayer de de répondre au mieux aux questions que qui me sera posée. Alors je vais vous poser une question assez directe. Est-ce que vous contestez les faits qui vous sont reprochés ?
Non pas du tout. Je je j'avais cru comprendre notamment durant l'instruction que vous contestiez l'intention homicide sur le coup de couteau ayant été porté et qu'en première instance vous étiez resté dans ce même cadre manifestement. Non, je conteste pas.
Vous le contestez plus aujourd'hui ? Non. Bien.
Donc vous pouvez ramener madame La cour d'appel est composée de neuf jurés tirés au sort parmi la population et de trois magistrats. Lors des délibérations à l'issue des deux journées d'audience, il faudra une majorité de h voix pour condamner l'accusé et décider de sa peine. Bonjour.
Bonjour. Alors, dans ce dossier, vous avez été conduit à assumer la direction d'enquête. Est-ce que vous pouvez évoquer les investigations que vous avez été conduit à réaliser ?
Donc, cette soirée du 22 juin, monsieur contacte les secours. Il est seul dans la rue devant chez lui. Sa compagne, vient de lui porter un coup de couteau au niveau du du thorax.
Il a peur, il a froid, il se vide de son sang, il pense qu'il va mourir et il demande de l'aide. J'ai retranscrit tous les appels. C'est le tout premier dans lequel monsieur contacté le secours et là on comprend bien qu'il est face à madame et il lui demande de pas approcher à deux reprises et on entend une voix féminine dire OK ou d'accord.
Donc c'est l'appel de 23h24. Je pas j'ai bonjour. Oui bonjour.
C'est ma copine qui m'a planté un coup de couteau. Vous l'a mis où le coup de couteau ? dans la poitrine.
D'accord. Dans la poitrine, je remer ça. D'accord.
Vous restez en ligne, je vous passe je vous passe la régulation du D'accord. Ouais, je vais tourner votre demande. Ne quittez pas.
Allez, parler. C'est vous qui avez reçu le coup de couteau ? Oui, çaigne monsieur.
Non. Oui, encore il y a des gens partout dans la chambre. D'accord.
Alors, il faudrait comprimer. Je fais que ça. D'accord.
Il y a du monde qui arrivé. Cé assez-vous, monsieur, assiez-vous. Non, non, non, monsieur, assiez-vous, monsieur.
Alors, première impression à vos collègues qui arrivent sur place, c'est quoi ? Ils ont d'un côté quelqu'un, un homme qui est assis gisant son sang, il est en train de mourir. Et face à cette personne, ils ont une dame qui est alcoolisée et assise dans sa maison en train de fumer une cigarette quoi.
Il y a un écart démesuré. La cour vous remercie. Vous pouvez naturellement disposer votre fin de journée.
Alors docteur Olive, vous pouvez venir à la barre. Alors, dans ce dossier, vous avez été amené à pratiquer toute une série d'actes. Donc, je vous propose de nous exposer les éléments dans l'ordre chronologique de vos interventions.
Alors, monsieur, je l'ai vu lorsqu'il était en réanimation. Donc, lui ne se souvient pas de moi, il était endormi lorsque je l'ai vu. En revanche, j'ai pu regarder le dossier médical.
Le premier bilan des sapires pompiers est à 23h42 et il annonce effectivement une pl dans le thorax mais surtout une tension à 6, c'est-à-dire une tension extrêmement basse, ce qui classe monsieur dans les urgences absolues. On comprend que la plie était mortelle et elle aurait été mortelle en l'absence de soins dans l'heure. Au total, d'un point de vue médico légal, ce que je peux dire, c'est que la plée est aigue, que la plée est profonde, que la plée a toutes les caractéristiques d'une plée du à une arme de type couteau, que la plée est du à un coup de type coup des stock, c'est un coup où on plante, pas un coup on tranche et que ce coup a été donné avec de la force.
Qu'est-ce qu'on entend par une force importante d'un point de vue médico légal ? euh une force que l'on rencontre dans un coup qui n'est pas donné par inadvertance. Merci docteur.
La cour remerci. Merci. Alors monsieur, est-ce que vous pouvez venir euh à la barre ?
Ce qui nous intéresse en premier lieu, c'est bah votre relation avec madame, comment ça a débuté ? comment vous vous êtes rencontré, comment vous en êtes venu à vivre ensemble à un moment donné. D'accord.
OK. Bon euh donc on s'est connu sur un site sur un site internet donc ça c'était en ça a commencé en 2021 courant novembre 2021 il me semble. Tout se passait bien.
Il y avait rien de il y avait rien de tordu, je dirais quoi. C'était plutôt plutôt bien. Et euh en février, donc je décide de se voir un soir.
On a mangé ensemble, ça s'était bien passé. Et donc le weekend qui a suivi, c'est là qu'elle est elle est venue à la maison. Depuis le jour où elle était venue, le fameux weekend où elle est venue à la maison, en fait, [raclement de gorge] elle n'en est réellement jamais repartie.
Et alors la dégradation, elle vient tout de suite euh changé d'humeur en fait euh les semaines où j'avais pas ma fille, donc elle était chez la maman. Donc quand on était tous les deux, les semaines étaient tous les deux, tout se passait bien, tout était gentil, il y avait pas de il y avait pas d'abus, il y avait pas de violence, il y avait avait pas de cri, il y avait il y avait rien. Mais dès l'instant qu'on entit la scène d'après, ça y est, elle se rendait déjà malade.
Et effectivement, c'est dans ces moments-là euh qu'elle avait envie de de boire du vin, du vin, tout ce qu'il y avait, elle allait acheter des bières, voilà, des choses comme ça. Donc il y avait une véritable accoutumance à l'alcool, je Bah dans ces moments de dans ces moments de détresse et je dirais dans ces moments où elle se sent vraiment persécuté, alors elle rentre dans des dans des délires de de persécution, elle croit que tout le monde lui en veut. Alors elle parle de son père, elle parle de ses enfants, elle parle de mes parents, elle parlait de ma fille et puis moi ben j'étais j'étais le menteur, j'étais le tricheur, j'étais le t tous les noms d'oiseaux quoi.
Est-ce que vous pouvez nous parler de l'événement du mois de mai ? Qu'est-ce qui s'est passé ? [raclement de gorge] Donc on finit de manger et euh moi je me tourne vers le vers l'évier pour faire la vaisselle tout ça.
Elle se elle se lève d'un coup et elle prend un couteau et je la vois devant l'évier. Elle fait ce geste là comme ça mais assez brutalement. Et euh j'arrive à lui desserrer les doigts, je récupère le couteau, je le balance dans l'évier puis je la serre très fort contre moi quoi.
Elle est dans mes bras, elle pleure, moi je la serre et c'est là qu'elle se recule puis elle me regarde et elle me dit "Si tu me kisses, je te tue." C'était soir là. Après 3 mois de vie commune chaotique, Alain S décide de rompre avec sa compagne.
Il lui annonce la nouvelle alors que l'accusé boit sans discontinuer depuis 24 heures. Je lui dis "Écoute, moi j'ai pris la journée pour réfléchir." Je dis "Pour moi c'est plus c'est plus possible de vivre comme ça." Je lui dis "Tu peux pas tu peux pas me demander de choisir entre toi et ma fille.
Euh tu quand tu bois, tu tu m'insultes, tu me tu me tapes. Je dis je te mets pas la porte mais je dis tu as je te laisse un mois tout le mois de juillet pour t'en aller. Voilà, c'est tout.
Et donc ensuite vous partez. Donc après bah je pars Oui, je pars me je pars me coucher. Selon le rapport d'enquête, la victime se couche alors dans sa chambre au premier étage.
L'accusé reste au rez-de-chaussée devant la télévision pendant 20 minutes, puis se saisit d'un couteau de cuisine et monte rejoindre son compagnon. Elle se couche en silence et place le couteau sous l'oreiller. Donc vous allez dire qu'elle va tenter un un rapprochement physique avec vous.
Ouais, je la sens qu' elle est dans mon dos en position de la cuillère, on va dire. Et puis commence à me caresser le dos gentiment, tranquillement. Puis bah voilà, il y a pas un mot, il y a il y a rien du tout.
On sent que voilà, on sent que c'est un peu comme je le prends un peu comme si elle voulait s'excuser ou qu'elle avait des choses à me dire et puis peut-être que ça sortait pas ou des choses comme ça. Je la pousse deux trois fois comme ça puis je lui dis non ben c'est bon laisse-moi tranquille, je me lève demain matin, je dois être je partir à 6h. Et donc elle continue.
Alors là, je finis par le dire. Je dis écoute, je te fais un bisou sur la joue et après tu reprends ton côté puis moi du mien histoire que ça ça pèse un petit peu quoi. Il y a pas de réponse.
Ah non non, il y a pas de réponse normale. Non, il il y a pas de réponse. Je la je la tire un peu vers moi pour être sûr de l'embrasser sur la sur la joue et elle vient pas en fait.
Elle vient pas. Alors moi, qu'est-ce que je fais ? Bah je me relève un petit peu et là elle tombe.
Elle tombe sur moi. Vous ressentez une douleur immédiatement ? Euh douleur non.
Je j'entends un bruit bizarre et puis j'ai mes bras qui tombe en fait et euh dans les quelques secondes qu'on suivit, je sens sur mon sur mon torse et mon ventre quelque chose qui coule. Donc j'arrive à mettre ma main dessus. Je sens que c'est grave, visqueux.
Je comprends là que c'est que c'est du sang. Et là je lui dis qu'est-ce que tu m'as fait ? Et donc elle se rapproche de mon oreille et elle c'est là qu'elle m'a dit je te l'avais dit, je t'avais je t'avais prévenu.
Donc là je comprends. Après retour en arrière, je comprends ce qui s'est passé au mois de mai. Je m'envoie la scène du couteau, j'ai dit "Tu m'as planté et j'ai pas de réponse.
Donc pour en être sûr, bah je prends mes deux mains, j'essaie de remonter les mains sur mon corps et là bah je sens qu'elle tient quelque chose avec ses deux mains ici là. Là j'ai qu'une chose à faire de toute façon je peux pas rester là. Je suis prisonnier, j'ai tout son poids sur sur moi, je peux quasiment pas bouger, je peux pas me relever, je peux rien faire.
Euh je je peux pas je peux pas rester comme ça. Donc je prends la décision bah du bloquer les les deux mains qui serrent le le couteau et je balance tout à droite et le couteau il part en même temps. Donc vous la faites basculer.
Je la fait basculer à droite et sur l'espace entre le radiateur et le lit. Je sors au soin de la chambre, je ferme la porte de la chambre et euh donc je fais le 18, je sens une présence derrière moi et là je je me retourne, elle est là, elle est à 1 m de moi. Alors je je recule et en reculant, ben je lui dis "N'avance pas, je te veux pas de mal mais n'avance pas." Et est-ce qu'elle vous dit quelque chose pendant cette phase là ?
OK et elle me laisse elle me laisse sortir. Alors, comment vous avez vécu le positionnement de madame par rapport au fait ? Jusqu'à présent, son positionnement était de dire "Moi, j'ai jamais voulu le tuer, tenter de le tuer." Je vais vous répondre à ce que j'ai dit à madame la juge pendant l'instruction.
Je dis "Moi, de toute façon, ma situation maintenant, elle est elle est telle qu'elle est, quoi." Ça c'est fait, c'est fait. Voilà, c'est comme ça.
Je suis vivant, c'est déjà c'est déjà bien. Mais euh je lui ai dit, je dis "Vous savez, moi je me rappelle de tout. Je me rappelle de chaque seconde, chaque minute et je le vis régulièrement depuis 2 ans." Elle a toujours dit qu'elle s'en souvenait pas, qu'elle voulait pas si, qu'elle a des pertes de mémoire.
J'ai dit à madame la juge, vous savez si elle s'en souvient pas, bah tant mieux pour elle. Par contre, si elle s'en souvient, ben je l'invite à dire la vérité parce que c'est pas avec des je m'en rappelle plus ou je sais pas, j'ai pas voulu, j'ai voulu me suicider. Non, ça c'est c'est ça c'est pas que c'est pas c'est pas entendable ça.
Après, je j'ai j'ai pas de d'animosité contre elle. J'ai jamais eu de Vous pourriez légitimement en avoir de l' Ouais. Non mais non mais j'en ai jamais j'en ai jama j'en ai jamais eu.
Monsieur pouvez retourner vous asseoir. Plus de 2 ans après avoir été poignardé Alain S continue d'en subir les conséquences. Il a perdu une partie de sa capacité respiratoire et ressent des douleurs persistantes.
Licencié de son emploi [musique] pour inaptitude, il a été reconnu travailleur handicapé mais n'a toujours pas retrouvé de travail. Il est également sujet à un profond stress post-traumatique et suit un traitement contre la [musique] dépression. Est-ce que vous pouvez nous amener madame ?
Merci. Par rapport au récit que qui vient d'être fait par monsieur, est-ce que vous souhaitez faire des observations particulières ? La seule chose que je me rappelle, j'avais qu'en tête, c'était de mourir, de me suicider, de mourir.
J'avais pas de médicament donc j'ai pas pu parce que auparavant je faisais beaucoup je prenais de l'alcool, j'avais allé des médicaments mais là il y avait pas de médicament et je sais pas, j'ai vu ce couteau sur les viers, j'ai pris le couteau, j'étais dans dans la chambre, je l'ai mis sur ma tête d'oreiller et c'est au moment et c'est au moment que qu' il m'a il m'a redit en en m'urlant dessus, je veux que tu dégages, tuas un mois, je veux que tu dégages. C'est là que j'ai saisi le couteau. Mais je peux pas vous expliquer le geste parce que c dans le noir.
C'est passé tellement vite, je sais pas où. Mais moi ce qui m'intéresse, c'est de savoir si effectivement vous lui avez volontairement porté un coup de couteau au thorax. Voilà, c'est ça la c'est ça ma question.
Oui. Donc euh je note cet élément qui donc est une un changement par rapport à vos précédentes déclarations. On va revenir en arrière pour être pour être bien concret pour mesdames et messieurs les jurés.
Pour vous la relation, elle se passait bien au début. Oui, c'est pas assez bien. Vous avez quelle image de lui ?
Vous avez une bonne image ? Parce que lorsqu'on lit vos déclarations, on n'a pas l'impression que vous avez une très bonne image de lui. Mais c'est par rapport à sa fille, pas uniquement.
Euh je vais je vais vous dire lire quelques mots que vous avez pu dire dans dans vos déclarations. En code D66, vous allez dire sa fille a un gros problème. Vous allez dire qu'il s'occupait pas de sa fille.
Vous allez dire de lui que c'est un menteur. Est-ce que c'est quelqu'un qui n'aime pas travailler, que son pain de tron s'en est aperçu et il a été convoqué, ce qui semblerait pas être le cas du tout. euh qui faisait croire qu'il faisait des heures mais il était tout le temps à la maison.
Tout ça c'est vos déclarations, voyez, on peut pas dire vous avez une image valorisante de la victime. J'aurais pas aujourd'hui je me rends compte aujourd'hui je me rends compte que j'aurais pas dû me m pas pas m'interposer, j'aurais dû rester en recul par rapport à à tout ça. Mais vous avez est-ce que vous pensez que vous aviez à l'époque un problème avec l'alcool ?
Aujourd'hui, je Oui, je m'en rends compte aujourd'hui. Alors, pourquoi à l'époque, notamment lorsque vous avez été entendu, vous disiez absolument pas. Vous aviez aucun problème avec l'alcool.
Pourquoi vous n'aviez pas cette conscience là ? J'ai lu beaucoup enfin avec mon avocat, j'ai lu beaucoup les témoignages euh et j'en ai beaucoup parlé avec ma psychologue et en fait je m'en apercev pas avant que j'étais l'alcool me pouvait me rendre comme ça parce que je sais que sans boire d'alcool, je suis pas comme ça. Je je suis quelqu'un plutôt de réservé de de tine.
Je je suis pas comme ça et j'ai pas j'ai aucune violence quand je ne vois pas. Et puis en revoyant les images déjà assis aussi les photos, c'est c'est ça fait ça fait mal et ça fait un choc et je me voyais pas du tout comme ça. Donc au final euh vous étiez amoureuse vous.
J'ai j'avais je commençais à avoir des sentiments. Oui. En plus on avait comme il a dit on avait on commença à faire des projets.
Moi j'y croyais. J'y croyais vraiment. Alors vous espériez quoi de cette relation ? un avenir, un avenir à deux.
Est-ce que il a déjà été violent avec vous physiquement ? Non, jamais. [raclement de gorge] Est-ce qu'il a déjà été violent verbalement avec vous ? vous insultez, vous dénigrez, ce genre de choses.
Non, par des reproches. Alors ensuite, il part se coucher et vous lorsque vous êtes entendu en garde à vue, vous avez vous allez dire que vous restez devant la télé à ce moment-là sur le canapé devant la télé. Sur le canapé, je bouge pas.
Et alors, qu'est-ce qui fait que là les choses se sont apaisées entre guillemets. Lui, il est dans la chambre, vous vous êtes dans le salon. Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, vous allez aller chercher le couteau et partir dans la chambre ?
À ce moment-là, je suis pas bien. Je je suis Ça je veux bien entendre que vous êtes pas bien. Je suis pas bien.
Je je pas Mais quand quand je dispute dans un couple, généralement les gens sont pas bien et leur réflexe, c'est pas d'aller chercher un couteau pour aller dans le lit conjugal, vous voyez. Mais j'ai pas réfléchi. J'ai pas réfléchi.
J'ai je vous dis je voulais j'aurais j'aurais eu des médicaments, j'aurais pris les médicament et je sais pas j'ai vu ce couteau. Je me suis je me suis fait j'ai vu ce couteau. J'ai pris ce couteau.
Je sais pas pourquoi j'ai pris ce couteau. J'ai vu ce couteau. J'ai J'avais compê en moi.
C'était de mourir. J'en avais marre. J'en pouvais plus.
Je ne comprenais pas ce qui se passait. Mais si vous prenez le couteau. Je comprenais pas ce qui se passait.
Je comprenais pas pourquoi. Pourquoi cette agressivité, pourquoi cette rupture, je ne comprenais pas du tout ce qui se passait. Pour moi, j'avais rien fait de mal, hein.
Je comprenais pas du tout. Mais si vous comprenez pas pourquoi vous allez pas dans la chambre simplement pour discuter avec C'est ce que j'ai fait, mais pas avec un couteau. Oui, mais je l'ai fait, je l'ai fait.
Je voulais mourir mais j'avais envie encore, j'avais une j'avais envie de Je pleurais. J'étais en train de parler, j'étais en train de m'excuser dans le lit. Vous voyez le le fait de vouloir euh on va on va réfléchir ensemble.
On va tenter de réfléchir ensemble. Le fait de vouloir attenter à votre vie, c'est vous suicider. Vous prenez le couteau.
Le geste naturel si on veut attenter à sa vie, c'est de le passer sur ses poignets. En revanche, l'idée que sa décision puisse être insupportable pour vous et que vous ayez tenté une réconciliation dans le lit, la réconciliation affective, je parle parle d'un rapport sexuel et que vous sent rejeté à nouveau, vous passiez à l'acte. Avec le fait que vous êtes fortement alcoolisé et que on sait que l'alcool est facilitateur du passage à l'acte, là il y a une certaine cohérence.
Voyez ? Est-ce que éventuellement ça peut s'être passé de la manière dont je viens d'indiquer ? Je voulais vraiment pardon quand j'ai pris le couteau, j'ai pris je l'ai vu, je l'ai pris avec moi.
J'ai pas pensé du tout. C'est arrivé dans la chambre, je sais pas. Je me suis assise sur le lit, j'ai mis le couteau dans en dessous la tête d'oreiller et je me suis allongée.
Et c'est au moment qu'il m'a redit jeux non je veux que tu dégages, je veux que tu dégages. C'est là que j'ai pris le couteau. Donc c'était un coup de couteau lié au fait qu'il change pas d'avis énervé dans la colère.
La colère, on est d'accord. On est d'accord. Partie civile des questions ?
Madame, quand on se replace encore un petit peu avant le coup de couteau, ça me semble important. Vous avez entendu ce qu'il a dit ? Il a besoin de de comprendre.
Il cherche des explications. Si l'idée c'est de vous faire du mal, pourquoi le couteau à la limite vous vous en servez pas quand vous êtes dans le salon avant de monter ? Si vraiment vous voulez vous faire du mal, si vraiment vous êtes déterminé à en finir, c'est je vois pas l'idée de monter.
Je sais, c'est au moment je vous dis il y aurait eu des médicaments, j'aurais pris des médicaments. Bah oui, ben vous les auriez pris en bas. Je me suis levé, je me suis levée du canapé.
Au bout d'un moment, j'étais J'avais pensé qu'à mourir, à mourir. [grognement] J'ai vu ce couton sur les pieds, je l'ai pris. Je l'ai emmené avec moi.
Alors quand vous arrivez dans la chambre, très bien, vous l'emmenez avec vous, vous l'emmenez avec vous paradence. Pourquoi pas ? Pourquoi vous le mettez sous l'oreiller ?
Je l'ai mis sur la tête. Sous la tête d'oreiller ? Je sais pas, je l'ai mis sous la tête d'oreiller et au final sait que vous vous en servez.
Je voulais pas lui faire du mal, c'est tout. Je voulais pas sinon je l'aurais fait avant. Je voulais pas lui faire du mal à un moment.
Moi, je veux bien tout entendre. Je veux bien tout comprendre. Je viens croire que la colère, le rejet, tout ce que vous voulez vous a conduit à être terriblement en colère et à vouloir le tuer.
Mais vous pouvez pas nous dire en même temps le couteau c'est parti tout seul et je sais même plus si je l'ai touché. Je sais même plus que je l'avais touché. Vous voyez c'est quand même contradictoire.
Je peine à comprendre si véritablement vous reconnaissez comme vous nous l'avez dit en début d'audience ou pas. C'est ça moi ce que j'ai besoin de savoir. Je vous dis c'est quand il m'a qu' m'a dit encore tu je veux que tu dégages je veux que tu dégages.
J'ai pris couteau. J'ai j'ai visé je peux pas vous j'ai visé mais je peux pas vous dire où j'ai [grognement] j'ai visé mais c'était dans l' je peux pas vous expliquer comment ça s'est passé tellement vite je suis pas con. Ça s'est passé tellement envie.
J'ai pas d'autres questions. Monsieur avocat général, avez-vous des questions ? C'est un peu compliqué.
On va en tenter une ou deux. Madame, vous avez un amour immodéré pour les couteaux, on dirait, et une façon de vous en servir un peu curieuse. Est-ce que vous savez que votre fille a été entendue dans cette procédure et vous savez ce qu'elle a dit par rapport à votre utilisation des couteaux dans le domaine conjugal ? par exemple en code D951 euh elle dit "Clam m'est arrivé plusieurs fois de me réveiller la nuit en entendant des hommes crier "Ne pointe pas le couteau sur moi".
Mais eux ont eu la chance, ils ont réussi à partir. Ça vous dit quelque chose ? Ça me dit rien.
J'en ai posé la question à ma fille parce que ça me dit rien. C'est fâcheux. Mais mais oui, mais c'est fâcheux.
Je suis d'accord. Mais j'étais en j'ai comme elle précise tout le temps toujours sous l'alcool. toujours elle le précise très bien, très bien que j'ai des comportements, que je sais pas ce que je fais.
Non, mais c'est vous qui décidez de vous alcooliser madame. Il y a pas quelqu'un qui vous verse de l'alcool dans la bouche hein, rassurez-moi. Oui.
Non, mais oui. Bon, et il y a l'épisode vous menace avec un couteau. Apparemment, là aussi, vous en souvenez pas.
Je vous dis, je suis consciente de ce que je fais maintenant. Maintenant, aujourd'hui, je suis consciente de ce que je peux être quand j'ai bu. Je suis consciente parce que je sais que quand j'ai pas bu, je suis pas comme ça.
Maintenant, j'en étais pas consciente jusqu'à jusqu'à maintenant. J'en étais pas du tout consciente jusqu'à maintenant. Et vous savez, ça fait mal.
Si je m'en compte plutôt, ça ferait longtemps que j'aurais réagi. Je savais pas que j'étais comme ça. Je savais pas du tout.
Il y a quand même une question qui se pose madame. Est-ce que j'allais dire vous avez pas une propension au mensonge utilitaire sous vos airs de je ne m'en souviens pas dès qu'une question vous ennuie un peu ? Non, parce que aux gendarmes qui interviennent en premier, ils vous entendent dire "Je me suis défendu." Ça vous inspire quoi ?
Alors, est-ce que ça serait pas un mensonge par hasard ? Parce que apparemment, il vous a quand même pas beaucoup attaqué, voyez-vous. Je sais pas, je ne peux pas vous répondre.
Je ne sais pas. Est-ce Est-ce que Est-ce que c'est pas pour vous positionner dans un statut de victime que vous n'êtes pas ? Je ne sais pas.
Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça. Donc, il y a des choses que vous vous rappelez et quand elles sont un peu embêtantes pour vous, mine de rien, celle-là, vous vous en rappelez pas. C'est vous. [grognement] Vous comprenez que ça interroge ?
Oui, ça interroge. Je suis d'accord mais je me rappelle pas. Je vais pas vous je vais pas vous inventer.
Je me rappelle pas sinon je vous le dirai. Je me rappelle pas. Très bien.
Et alors moi ce qui m'étonne un peu c'est qu'on l'a entendu. Monsieur il vous accable pas. Il essaie pas à pas de décrire ce qui s'est passé.
Il emploie même le terme d'accident. C'est pour vous dire qu'il vous accable pas. et il indique très clairement que il a proposé de vous faire un bisou et que c'est à ce moment-là que le coup de couteau vous lui avez donné et pas parce qu'il vous aurait dit "Dégage." C'est curieux que vous s'en souveniez pas de ça.
Est-ce qu'il ment ? Je ne peux pas dire qu'il ment. Est-ce que vous pouvez affirmer qu'il ne ment pas ?
Est-ce que vous pensez qu'il peut mentir ? Je ne peux pas affirmer qu'il ne ment pas, mais je mes souvenirs, je sais. C'est cette ces paroles c'est ces paroles qui m'ont fait ces paroles tout le temps ces paroles.
Je veux que tu dégages. Ta moi. Je veux que tu dégages.
C'est ces paroles vous comprenez c'est ces paroles qui me reviennent tout le temps et c'est pour ça que j'ai pris le couteau. Est-ce qu'on tue quelqu'un parce qu'il vous annonce qu'il va vous quitter ? Non, on tue pas quelqu'un quand il m' annonce.
Mais c'était c'était pas moi. J'étais sous la colère et la c'est la colère qui qui amené à ça. C'est l'alcool, la colère là, le le désespoir, le je sais pas, je ne voulais pas ça.
J'entends bien madame, mais vous êtes quand même responsable de vos actes. Oui, on est d'accord. Oui.
Est-ce que le couteau vous le cachez pas sous l'oreiller en se disant "Si j'arrive à me réconcilier sur l'oreiller avec lui, je l'utilise pas. Et s'il accepte pas que je reste, là je l'utilise." Est-ce que c'est pas un peu le pari que vous avez fait en cachant ce couteau sous l'oreiller ?
Non. Est-ce que vous pensez que nier les évidences est un système de défense ? Je ne ni pas les évidences.
Je nie pas les évidences. Chacun appréciera. Chacun appréciera.
Voilà, nous allons donc suspendre l'audience qui reprendra demain matin à 9h. L'audience est suspendue. Merci est reprise.
Nous pouvons nous asseoir. La seconde journée d'audience commence par l'étude de la personnalité de l'accusé. Le président fait lecture des expertises psychiatriques et psychologiques.
L'accusé est reconnu responsable de ces actes même si les experts soulignent ses fragilités psychiques. Il parle d'une personnalité marquée par des tendances paranoïques et une profonde angoisse d'abandon. Ces expertises soulignent également le peu d'empathie dont fait preuve l'accusé envers sa victime.
Monsieur avocat général. Oui. La psychologue vous interroge sur la procédure et puis vous ajoutez en parlant de monsieur et c'est 6 mois après les faits hein.
Depuis l'expertise médicale, il cherche la petite bête. Ah ben dis donc, il cherche la petite bête. Il a failli mourir et vous dites depuis l'expertise médicale, il cherche la petite bête.
Vous trouvez que vous avez beaucoup d'empathie pour lui 6 mois après les faits ? Qu'est-ce que vous pensez de cette phrase ? Est-ce que vous la rediriez aujourd'hui ?
Non. Alors pourquoi vous l'avez dit ? Pourquoi vous avez dit "Il cherche la petite bête.
Il aurait peut-être fallu qu'il dépose pas plainte contre vous, je sais pas. Expliquez-moi cette phrase. Il cherche la petite bête.
Il y a une réponse ? Il y a pas de réponse. Je constate qu'il n'y a pas de réponse.
Vous avez indiqué aussi, c'est au début qu'il profitait de vous depuis le départ, depuis le début. En quoi il a profité de vous ? Vous êtes venu s'installer chez lui, il vous aidé à déménager.
Vous étiez hébergé chez lui, il vous faisait rien payer. Il vous véhiculait. En quoi ?
Il a profité de vous. Expliquez-moi parce que je comprends pas. J'ai encore de la colère contre lui.
La colère ? Est-ce que c'est pas lui qui devrait être en colère ? Si.
Alors pourquoi vous êtes en colère 6 mois après les faits ? La colère du geste que j'ai fait, la colère que je m'en voulais beaucoup, ça me faisait mal. Vous comprenez pas ?
Vous êtes en colère contre vous, mais c'est contre lui que c'est lui que vous critiquez. Madame, je vous comprends. Mais en colère, j'espère.
Quand on est en colère contre soi, me semble-t-il, on dit pas du mal des autres. C'est parce que je voulais pas, j'ai jamais voulu que ça arrive. J'ai jamais voulu la colère.
Vous comprenez ce que c'est quand vous êtes mal à l'intérieur de vous ? On vous revoit votre agressivité surgir madame, ce qui n'est pas inintéressant mais c'est pas le but que je cherche. Moi j'ai pas d'autres questions.
Alors madame là-bas. Oui oui poussez. L'enquête [grognement] de personnalité soulligne l'isolement affectif de l'accusée depuis l'enfance.
Serveuse, caissière, auxiliaire de vie, elle a occupé divers emplois mais ne s'est jamais inséré durablement dans une entreprise. Sa vie affective est également chaotique. Mère de trois enfants de deux pères différents, l'accusé s'est fâché avec l'ensemble de ses proches et n'a plus que des relations épisodiques avec [musique] sa fille et son père.
Ce dernier est le seul membre de sa famille à témoigner. Bonjour monsieur. Monsieur dame.
Vous êtes le père de l'accusé ? Oui, tout à fait. Euh comment ça s'est passé son enfance à votre fille ?
Ben, c'était assez chaotique avec mon ex. On avait souvent des conflits forcément et moi j'étais très peu présent parce que j'allais bricoler à droite ou à gauche. Euh c'était une façon de aussi de pouvoir s'en sortir puisque je n'avais euh hormis mon salaire euh je n'avais pas de location logement ni quoi que ce soit.
Donc vous vous avez beaucoup travaillé, donc vous laissiez la charge des enfants à votre épouse. Oui. Qui est aujourd'hui décédé ?
Oui. Est-ce qu'elle avait un problème avec l'alcool ? Oui.
Bon, on va dire aussi que des fois ça débordé tous les deux. Oui. Oui.
Vous aussi vous aviez une problématique alcoolique ? Oui. Que vous avez toujours ou que Non, non, pas du tout.
Ça fait 26 ans, c'est-à-dire quand elle est partie, euh je n'ai absolument t touché aucun alcool. Et quand les enfants faisaient des bêtises, qui qui les sanctionnait ? C'était vous ou elle ?
Ah ben ça m' arrivé moi. Ça vous arrivait ? Oui.
Oui. Et comment vous les sanctionnez ? Oh bah ça me dérangeait pas de leur mettre une galotte.
Les orties, ça vous dit quelque chose ? Oh peut-être. Oui.
Ouais, peut-être aussi. Oui, peut-être. Vous savez moi j'étais à l'école, j'ai ramassé les coups de règ dans les doigts et puis des claques sur le coin du nez.
Ça m'a pas tué. Donc quand elle a parlé de Martinet Dorti Martin ça m'a fait rigoler Oui oui d'accord. Ça ça ça pouvait arriver.
Bon oui peut-être. À partir du moment où vous vous séparez de votre épouse, vous restez en contact avec tous les enfants ? Ah totalement.
Totalement. D'ailleurs les enfants d'ailleurs ne la voyent plus et il voulait pas la voir d'ailleurs euh en son enterrement ici en poé. D'accord.
Euh et vous euh votre fille vous la voyez régulièrement ? Je pas vous dire le la fréquence une fois ça temp c'est plutôt souvent elle qui m'appelait. Il a dit quand il y a des besoins, il savent vous me trouvez.
Donc voilà. Et quand il y a des besoins, alors il y a les besoins matériels et puis il peut y avoir des besoins affectifs, euh besoin besoin de parler, de se confier, d'exprimer une manêtre. Est-ce qu'elle est-ce qu'elle pouvait le faire par rapport à vous ?
Non, moi je suis c'est vrai très peu réceptif là-dessus. D'accord. Voilà.
Euh j'ai eu j'ai eu une enfance, j'étais à LAAD, j'ai une enfance où je fallu que je me démul aujourd'hui j'estime que c'est aussi leur rôle. Voilà, c'est la meilleure façon façon de s'en sortir. [toux][raclement de gorge] Vous êtes allé la voir en détention seulement là.
Et puis c'est pas je vous dire la prison c'est pas un lieu qui me plaît. C'est c'est parce que parce que je [raclement de gorge] je suis reproche quand même d'avoir fait ce ce geste quoi. Voilà.
Je quand même fait savoir que bon ça ça touchait quand même la famille aussi. Voilà. Alors qu'est-ce que vous voulez dire par ben le la publicité que ça peut faire.
Ah la renommée de la famille. Ouais. Bien.
Et bien merci monsieur. Vous pouvez naturellement disposer si vous le souhaitez ou vous pouvez rester dans la salle s. Non, je m'en aller parce que depuis 11h30 que je suis là.
Un peu 11h30 va. J'ai pas jeis manger un morceau d'ailleurs. Et bien vous pouvez y aller.
Et ben je remercie tout le monde. Bonsoir monsieur. Au revoir monsieur.
Et bien [grognement] vous avez la parole pour les parties civiles. Monsieur le président, madame, monsieur, mesdames et messieurs les jurés. Mon client, il est vivant mais c'est un survivant.
Rappelez-vous les paroles du directeur d'enquête hier matin qui vous a décrit un homme à deux assis sur le trottoir gisant dans son propre sang avec une pléotorax. Rappelez-vous ce que vous a dit le médecin légiste vous a expliqué ce que c'était que le choc hémorragique. Il y a moins d'une heure de survie. 1 heure c'est le maximum.
Mais s'il a survécu, il va devoir [raclement de gorge] continuer à vivre en étant un homme différent de celui qu'il était. Un homme qui doit vivre avec le spectacle des cicatrices physique de cette agression qui sont gravées dans sa chair à chaque fois qu'il se regarde dans un miroir et puis surtout les stigmates de cette terrible agression qui sont gravés dans sa tête seconde par seconde. Alors qu'il se pensait en sécurité dans sa maison, dans sa chambre, dans son lit, couché à côté de celle qui avait partagé sa vie qu'il aurait pu aimer.
Un beau gâchi. Un beau gâachi. un beau gâchi qui ne génère pourtant ni hostilité ni haine chez mon client, mais plutôt une interrogation perpétuelle pourquoi celle qui était sa compagne a voulu lui donner la mort.
Et une nouvelle fois devant cette cour d'assise d'appel, la culé se cache se cache à mon avis derrière cette amnésie séquentielle. Elle ne va pas jusqu'au bout des choses. Elle n'apporte pas les réponses.
Non, l'enjeu de ce procè et vous le comprenez, je pense sans difficulté, c'est la peine. C'est la peine. Qu'est-ce que Qu'est-ce que ça vaut ?
Alors tout ce que souhaite mon client, c'est que votre décision et que plus largement cette ultime audience soit pour l'accuser le point de départ d'une authentique réflexion sur ces actes qui permettent de garantir que plus jamais plus jamais elle ne tente de détruire ou de pourrir la vie d'un être humain. Parce que la vie est ce que chacun de nous a de plus précieux. La C vous.
Merci maître. Monsieur l'avocat général, vous avez la parole pour vos réquisitions. Merci monsieur le président.
Madame, monsieur, mesdames et messieurs les jurés. Moi, il m'appartient en tant que magistrat de vous démontrer, mais là la démonstration ne me semble pas très difficile, que l'accusé a bien commis le crime qui lui est reproché et de solliciter de votre part une peine en répression de ce crime. Alors, ce crime, c'est celui de tentative de meurtre sur conjoint.
La tentative de meurtre comme le meurtre est puni à titre principal de 30 ans de réclusion criminelle. Et le fait que la victime soit le conjoint de l'auteur est une cause d'aggravation qui porte à la réclusion criminelle à perpétuité théoriquement bien entendu les faits qui sont reprochés à l'accusé. Alors, on entre dans le vif du sujet avant la cette scène de crime particulièrement gore que vous avez à juger.
C'est cette prise de couteau. Monte-ton dans sa chambre avec un couteau pour le mettre sous l'oreiller. Si ça vous est déjà arrivé, mesdames et messieurs, dites-le-moi parce que moi ça m'est pas arrivé.
Alors, qu'est-ce qu'elle a voulu faire en cachant ce couteau ? Je crois qu' elle a envisagé l'éventualité de s'en servir. Elle s'est dit "Je cache le couteau et je tente une éème fois la scène de la réconciliation sur l'oreiller.
Si ça marche, le couteau, je m'en sers pas et il ne le verra jamais, il ne le sera jamais. Et si ça marche pas et ben je le plante. Et elle la tente cette scène de réconciliation sur l'oreiller.
Elle la tente. Lui, il veut plus. Et à ce moment-là, bah elle comprend que c'est terminé leur relation.
Et avec ses 2 g 67 d'alcool et ben elle va prendre le couteau et elle va s'en servir. Elle va se servir de cette arme bah pour tuer. Pour tuer même si elle n'avait pas manifestement prémédité de le faire.
À ce moment-là, il y a une colère qui s'empare d'elle parce que elle se sent abandonnée une nouvelle fois. On sait que elle a ce syndrome de l'abandon qui lui vient de son enfance, qui lui vient de son histoire, qu'elle est plus fragile que d'autres quand elle se sent abandonné. Donc elle prend ce couteau.
Ce couteau, soyons factuel, il mesure 27 cm avec une lame de 14 cm. C'est pas un canif, c'est pas un couteau suisse, c'est un couteau, une arme létale qui peut tuer. Et elle le sait et bien tout cela, la nature de l'arme, la force du coût, la localisation du coût, bah signe et surtout ce qu'elle a dit après.
Elle a tenu ses propos à l'oreille. Je te l'avais bien dit. En plus, signe l'intention homicide de façon très claire.
Et cette intention qu'il ne s'en sorte pas se retrouve dans le fait que elle ne va pas appeler les secours. Alors euh vous jugez un acte terriblement grave. Vous jugez aussi une personne.
Vous jugez d'abord une personne et vous ne pourrez pas et vous ne devrez pas faire l'économie de vous interroger sur celle-ci et ne pas rester à l'acte aussi terrible soit-il. D'abord, son positionnement a enfin évolué. Alors, il en faut du temps.
Le chemin est long pour admettre l'évidence chez celle-ci, mais elle l'a quand même admis. Elle a fini par admettre que ce coup de couteau, elle l'avait bien donné volontairement. Voilà pour moi la peine juste. 14 ans de réclusion criminelle.
Voilà, monsieur le président, madame monsieur, mesdames et messieurs les jurés le sens de mes réquisitions en m'excusant d'avoir été un peu trop long. La cour vous remercie. Maître Forcade, vous avez la parole pour la défense.
Monsieur le président, madame monsieur de la cour, mesdames messieurs les juré, défendre n'est pas excusé. Défendre c'est comprendre. Comprendre comment madame a pu commettre l'impensable, l'irréparable.
C'est aussi comprendre qui elle est. Une dame qui se présente aujourd'hui devant vous seule, souvent hésitante avec un discours qui est moi premier je peux constater peut-être décevant. Je sais qu'aujourd'hui, il est difficile pour madame de s'exprimer devant vous, de dire les choses telles qu'elle les ressent avec le sentiment de honte qui l'anime, la peur d'être jugée, la peur d'être accablé et de répondre des faits pour lesquels elle n'a pas d'explication qui soit entendable, qui soit raisonnable et qui soit audible.
Le problème qui se pose, c'est la personnalité de madame. Elle est seule, ses proches lui parlent plus. Son père vient parce que il faut témoigner parce que il est contraint de le faire et vous l'avez indiqué hein, il est pas ému de savoir comment va sa fille.
Il est préoccupé par sa réputation et le nom qui va circuler dans la presse. Il s'agit pas de faire l'armoyer sur la situation de madame, il s'agit simplement de comprendre qui elle est. Parce que pour comprendre ce passage à l'acte, on est obligé de comprendre qui elle est.
Alors ce pose aujourd'hui, j'allais dire la question de la peine que vous serez amené à prononcer. Parce que c'est là aujourd'hui tout le sens d'une justice qui doit être rendue, qui doit être bien rendue par une peine qui ne s'agit pas d'exemplarité mais une peine qui soit utile, une peine qui soit efficace. G vous indiquez, j'avais requis, je vais être précis entre 12 et 14 ans.
C'est ce qui avait été requis en première instance en expliquant la situation, le contexte et les jurés par en tout cas l'analyse qui était là le l'ure, on fait le choix en tout cas d'une peine de 20 ans, une peine qui me semblait être ni appropriée, ni adaptée, ni justifiée. Voilà aujourd'hui ce que je pouvais en tout cas vous indiquer pour avoir à l'esprit toute, j'allais dire la dureté en tout cas et aussi toute la mission qui est la vote dans le cadre de votre délibéré pour rendre une justice entendable et une justice non pas humaine mais une justice utile. D'accord.
Vous remercie maître madame Levez-vous. Avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense ? Je voulais encore m'excuser.
Je je voulais pas du tout faire ça. Et maintenant, je comprends et je continuerai toujours à à me faire à comprendre les choses et à me faire suivre et je ferai le nécessaire pour. Je suis désolé mais je tiendrai ma parole.
Les débats sont donc terminés. Mesdames et messieurs les jurés, nous allons à présent nous rendre dans la salle des délibérations. Nous ne pourrons sortir qu'après avoir pris notre décision.
L'audience est suspendue. L'audience est reprise. Vous pouvez vous asseoir [raclement de gorge] madame à la question numéro 1 relative au fait de tentative de meurtre.
La cour a répondu oui à la majorité de 8 voix au moins. À la question numéro 2 relative à la circonstance aggravante de ces faits lié à votre concubinage, la cour a également répondu oui à la majorité de 8 voix au moins. La cour et le jury après en avoir délibéré conformément à la loi vous condamne à la majorité absolue à la peine de 15 années de réclusion criminelle.
Il a été fait l'application. L'accusée est condamné à 15 ans de réclusion criminelle, soit 5 ans de moins que lors de son premier procès. Elle n'a pas formé de pourvo en cassation.
Le verdict est donc définitif. [musique] Petite précision, le casier judiciaire de l'accusé était vierge. Nous ne sommes donc pas devant un crime organisé, une affaire de banditisme, mais c'est la preuve que les assises jugent également des histoires où le passage à l'acte est un mystère.
Nous en parlons avec Jean-Louis Perillè, magistrat, vous avez été très longtemps président de cour d'assise et maître Mara, avocate au barreau d'Amien. Le dossier est le même qu'en première instance, on l'a dit, le premier verdict, 20 ans. Le traumatisme chez la victime est toujours aussi fort.
Comment expliquer que la peine soit baissée de 5 ans ? Bah, on a une position qui est totalement différente de la part de l'accusé. C'est-à-dire que par rapport à la première instance, alors qu'elle ne reconnaissait pas la volonté de tuer, elle arrive devant la cour d'assise et c'est la première question que le président lui pose.
Quelle est votre position aujourd'hui ? Et elle dit, je reconnais l'intention homicide. Donc la reconnaissance de l'infraction, elle est importante pour les jurés, elle est importante pour la cour d'assise, elle est aussi importante pour la victime qui a besoin d'être reconnu en sa qualité de victime.
C'est un élément déterminant. Tout à fait parce que la la la position qu'elle avait adoptée en premier instant, c'était absolument insoutenable, hein. Le le fait de l'accident que la victime se serait plantée elle-même sur le couteau, ça tenait pas la route.
Et je crois que ça inquiète un petit peu les les juges et les jurés dans ces cas-là parce qu'on se dit bon, c'est une personne qui elle n'a pas réalisé la gravité de son acte, qui donc du coup peut récidiver, peut recommencer un tel acte aussi grave. Et pourtant, on entend souvent cette expression : "La veu n'est pas une preuve, il y a une contradiction ?" Non, non, parce que là, on n'est pas sur le le domaine de de la preuve.
Euh, on est sur la capacité de la personne à réaliser qu'elle a fait quelque chose de grave. Encore une fois, effectivement, on a cette version terrifiante de la victime qui vient dire "Bah, j'étais dans mon lit euh en train de dormir et je sais très bien ce qui s'est passé. Je m'endormais, je sais très bien qu'elle est arrivée sur moi et c'est impossible qu'elle n'ait pas eu la volonté de me tuer.
Donc là, la veœu, il est important à la fois encore une fois pour les jurés, mais à la fois aussi pour celui qui se présente devant la cour qui a été victime et qui vient dire aussi "J'ai pas de rancune et j'ai pas de haine." C'est quand même assez exceptionnel. On a une victime assez exceptionnelle, tout à fait remarquable parce que beaucoup à leur à sa place auraient effectivement auraient rajouté euh il s'est senti vraiment euh tout au bord de la mort, hein, puis il il le décrit lui-même avec ce ce couteau planté dans le ventre.
Et encore une fois, bon ces éléments-là, ils étaient incontestables. Moi, je pense que on est sensible à ça et le juré aussi hein, je crois que les juristes sont soulagés quand une personne effectivement va reconnaître responsabilité surtout par des évidences. Ça sera plus facile à la condamner.
Oui. Oui. Bah, c'est pas évident.
Vous savez quand on reçoit les jurés le premier jour, le président leur explique un petit peu comment va se passer la session. Et moi j'ai ce que j'ai toujours remarqué, c'est que quand on les accueille, ils sont vraiment euh ils font ils font une tête, ils sont vraiment très embêtés, ils ont pas envie d'avoir cette responsabilité. Ils ont été tirés au sort sur c'est une charge énorme.
On on leur dit que on va juger des affaires les affaires les plus graves, les affaires de d'assassinat, de meurtre, de viol. Donc ils sont pas rassurés. Bon, alors effectivement face à un dossier où les les faits sont reconnus, c'est plus facile pour eux de prendre la responsabilité de de les déclarer la personne coupable et du coup de de prononcer une peine, quoi.
Vous parliez de soulagement pour les jurés, c'est un soulagement aussi, j'allais dire pour l'accuser. Elle s'est libérée dans une certaine mesure, donc elle fait un pas en avant. C'est très difficile de reconnaître euh un des crimes les plus importants, les plus graves de ce que prévoit le législateur.
C'est très difficile de le dire et c'est très difficile de le dire à la fois devant celui qu'on a attaqué et à la fois devant une cour d'assise. Enfin, imaginez-vous, mettez-vous à sa place. De parler de ce qu'on a fait d'horrible, c'est compliqué, mais ça peut être aussi un soulagement parce qu'on voit bien que il y a des personnes qui comparaissent devant la cour d'assise et qui lorsqu'elles se euh libèrent, lorsqu'elles avouent et bien se sentent mieux et ça participe aussi du processus de guérison des auteurs.
C'est très important de d'être capable de reconnaître. Venons-en au passage à l'acte. On a compris que cette femme, je l'ai rappelé tout à l'heure, elle a pas de casé judiciaire, une vie relativement normale.
Comment on on passe de cette vie normale à cette vie criminelle ? On l'exlique ça quand même une apparemment une une notion d'alcoolisation très très profonde sur une personnalité quand même très fragile. on sent qu'elle est très dépressive et euh on a une personne qui se sent complètement abandonnée par cette ce qui se présente comme une rupture enfin une rupture d'une relation un peu éphémère qui a duré 2 3 mois qui était pas très constante et tout mais je crois qu'elle avait peut-être un peu trop investi pour retrouver un certain équilibre une certaine affection ce dont elle était privée.
L'attitude de son père à l'audience montre qu'effectivement elle était dans un situation d'abandon affectif évident. Donc là, il y a une espèce de bouée qui s'offre à elle et qui se qui s'échappe devant elle et elle peut pas le supporter. C'est les experts qui permettent de faire comprendre pendant une audience ce passage à l'acte.
Vous savez, la cour d'assist, c'est le lieu géométrique du malheur. Effectivement, on voit que cette dame, bah elle a été isolée, qu'elle ne parle plus à ses parents, qu'elle ne s'est pas rendue à l'enterrement de sa maman, que son père qui vient témoigner, vous l'avez dit, on lui dit, on lui propose de rester dans la cour et dit "Bah non, je suis là déjà depuis 11h, je vais aller déjeuner." C'est la seule personne qui vient témoigner pour elle et il s'en va parce qu'on a l'impression qu'il n'en a rien à faire.
Euh donc l'expert psychiatrique, il vient toujours dire que bah malheureusement les gens qui comparaissent devant la cour d'assise, c'est des gens qui ont eu des difficultés dans l'enfance, dans l'adolescence et à grandir et qui ont mal été entre guillemets éduqués peut-être sans assez d'amour. Vous me disiez tout à l'heure que vous avez eu à intervenir dans un dossier similaire, sauf que là c'était le mari. Le mari effectivement.
Voilà et que ça se passait dans le lit aussi et que c'était symboliquement fort. Alors la particularité aussi de ce dossier, votre reportage qui est assez impressionnant, enfin moi quand j'ai regardé ce reportage, j'ai eu vraiment froid dans le dos parce qu'on a une dame qui prend une lame et qui va le soir alors que son ami, son concubin est en train de dormir dans le lit, dans une pièce qui est noire, là où on est censé se sentir en sécurité. Enfin, votre maison, votre nid, c'est votre lit, c'est votre chambre et on a effectivement quelqu'un qui est censé vous aimer, qui est censé vous accompagner, même si on décide de le quitter, qui va bah se retrouver à vous menacer dans votre sécurité, dans votre paix intérieure, dans ce qui devrait être se nidouiller.
Donc ça c'est vraiment problématique, c'est sûr. Alors, je trouve qu'on a pas affaire à une ce qu'on peut appeler effectivement un crime passionnel. Euh c'est pas euh c'est pas un un geste euh inspiré par une traîrise affective.
Mais vous avez évoqué le terme de crime passionnel. Ce terme n'est absolument pas employé au cours de l'audience. Ça a une valeur juridique.
C'est un un terme, j'allais dire plutôt journalistique. On l'impression qu'on en parle plus. Si vous les crimes passionné, il y en a il y a deux sortes.
Il y a soit effectivement euh le conjoint qui euh qui ne supporte pas effectivement l'abandon et qui va mettre fin à la vie de de l'être aimé. Soit c'est le le conjoint que se cent trah qui va s'en prendre plus tôt à son rival. Donc ce cette notion de crime passionnel, on va on va plutôt ça n'existe pas effectivement, mais on va plutôt euh euh l'enregistrer comme ce qu'on appelait avant des circonstances atténuantes, quoi.
Alors, avant c'était des circonstances atténuantes, mais c'était surtout une notion qui avait été créée pour permettre au mari qui étaient trompés par leurs femmes puisque l'adultère quand c'était la femme qui trompait son mari, c'était très sévèrement puni. Et du coup, le mari ça l'autorisait à avoir des droits et notamment ça l'autorisé à avoir une certaine tolérance s'il mettait fin au jour de sa femme. Aujourd'hui, heureusement, les temps ont changé.
Mais c'est comme ça qu'on a utilisé cette notion de crime passionnel. Le crime passionnel, je pense qu'on n'est pas vraiment ici dedans. D'ailleurs, c'est pas du tout ce qu'elle revendique, madame, hein.
Elle a peur d'être abandonnée. Mais le crime passionnel, c'est vraiment cette personne qui vient dire "Je t'aime tellement que si tu m'abandonnes, effectivement, je vais te tuer, je vais passer à l'acte." Et c'est quelque chose qui relève aussi, bah je fais le parallèle quand même avec cette affaire, du sentiment d'abandon. quand on se sent abandonné et ben c'est insupportable mais c'est tellement insupportable que sur le moment parce que l'intention criminelle elle se fait très rapidement bah sur le moment on n'arrive pas à concevoir les choses et pour empêcher l'autre d'avancer d'aller ailleurs et ben la seule solution qu'on trouve c'est de mettre fin c'est la question que pose à un moment l'avocat général est-ce qu'on tue quelqu'un parce qu'il vous annonce qu'il va vous quitter donc on on ne tue pas pour ça on ne tue pas par amour non plus on tue pas par amour non plus c'est une notion qui se plaidait énormément avant le crime passionnel qui se plaide encore beaucoup mais le fait d'être de tuer ou de vouloir tuer son conjoint, son mari, son paxé, c'est aujourd'hui une circonstance aggravante.
Ça n'est plus une circonstance atténuante. Et heureusement, alors on le disait tout à l'heure, elle reconnaît sa culpabilité mais quand on l'interroge un peu plus, elle a mal, elle a du mal, je ne me souviens pas, et cetera. Elle a du mal à admettre sa responsabilité.
Elle a tendance quand même à pleurnicher, moi je trouve sur son propre sort et et à à dire "Mais c'est pas possible que j'ai fait ça, même si elle est très bien conseillée." Je pense que effectivement son avocat était très important pour lui dire "Bon, on peut pas continuer comme ça, on va droit dans le mur hein pour prendre encore une expression triviale, il faut il faut admettre la réalité." Elle a quand même du mal à expliquer ce ce geste là parce que pour elle c'est elle est elle est pas responsable de tout ça.
Elle ceux qui sont responsable et ce sont ses parents, c'est ce sont ceux qui sont qui sont responsables de son abandon. Voilà. Mais c'est quoi ?
C'est un argument de défense ou c'est une réalité psychologique en disant c'est sa réalité psychologique du moment. C'est c'est cette difficulté comme vous le disiez maître à l'instant c'est cette difficulté à reconnaître quand même quelque chose de très grave. le fait d'aller effectivement dans la chambre et de euh de cacher un couteau sous euh l'oreiller en se disant bon ben si euh il accepte, je le sors pas.
S'il accepte une nouvelle relation, je le sors pas. S'il euh s'il accepte pas, ben je le sors et puis je je le plante en gros, hein. C'est ça.
Donc il y a quand même cette détermination euh qui est quand même très importante qui et qui justifiera peut-être au-delà des des de la difficulté de ces déclarations, de ces explications qui va justifier cette peine. Encore une fois, c'est important. tentative de meurtre 15 ans, ça fait partie quand même des des verdictes les plus séves pour ce type d'infraction.
Pour meurtre, non, mais pour tentative, il y a toujours entre guillemets une prime à la survie de la victime, quoi. L'avocat, qu'est-ce qu'il dit à son client quand effectivement il voit que il joue l'amnésie, il joue le trou noir. Alors moi, je suis toujours assez stupéfaite de cette justice et souvent des avocats généraux qui reprochent aux accusés.
Mais madame, vous vous souvenez plus, vous mentez, vos explications sont pas claires. Ça veut dire que c'est utilitaire. Vous voulez pas dire la vérité à la cour.
La cour d'assise, elle est là pour disséquer de manière lente sur de jours un procès, de manière froide, de manière rationnelle. Ce qui s'est passé dans un acte totalement fou. Parce que planter quelqu'un avec un couteau, c'est un acte irrationnel.
C'est un acte fou. Enfin, même si cette dame n'est pas folle, elle a tout sa capacité intellectuelle, mais c'est fait dans un geste très soudain. Et on va reprocher une personne qui a agi sur une pulsion de ne pas savoir se défendre.
Alors, parfois c'est utilitaire, mais bien souvent, imaginez-vous devant une cour d'assise, c'est toujours difficile pour quelqu'un de parler. Ce que disent les experts psychiatres aussi. Pourquoi c'est difficile de reconnaître ?
Parce que vous voyez, si vous reconnaissez le mal absolu, ce que vous avez fait, si votre cerveau à un moment donné arrive à vous dire "Ce que tu as fait c'est horrible, ça fait partie des crimes les plus punis euh dans notre société, ben il y a une faille narcissique qui se crée et là la personne s'effondre et on peut aboutir effectivement à une tentative de suicide parce que c'est tellement horrible de reconnaître ce qu'on a fait que si on le reconnaît bah la personne véritablement va vaciller." Donc le cerveau, il protège l'individu euh en ne reconnaissant pas véritablement euh et effectivement euh ben en ayant ces versions un peuuses de Oui, mais je suis d'accord avec vous, mais ce qui est un petit peu inquiétant c'est que bon, j'avoue mais euh pas trop quoi en fait. C'est pas trop, c'est pas ma faute.
Oui, c'est moi qui ai fait ça. Oui, c'est moi. Mais c'est pas ma faute.
C'est ça qui qu'elle dit en gros. Bon, ça c'est pas c'est pas audible parce que effectivement les les gestes encore une fois décrit par la victime et puisquon retrouve au niveau médico légal les les séquelles qui sont très importantes, ce couteau qui est très qui est très impressionnant qui qu'elle va tenir dans le ventre de de la victime pendant un moment. Bon, c'est révélateur mais c'est pas ma faute.
Voilà, en gros, c'est pas ma faute. Et ça encore une fois dans l'esprit dans notre esprit dans notre culture judéochrétienne encore une fois si on avoue ce qu'on a fait ben peut-être qu'on va pas recommencer. Donc du coup, on est on est moins sévère.
Merci à tous les deux pour votre analyse. Merci à tous les personnels de la cour d'assise de Neuvre et de la cour d'appel de Bourge de nous avoir permis de suivre ce procès d'assise. Merci à vous de nous avoir suivi.
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau numéro de justice en France. Bonsoir. [musique] [musique] [musique]
Marina Mesure