Liquidation de la Fonderie de Bretagne : "Une amertume, mais aussi la volonté de se projeter", réagit le maire de Caudan
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:31OuverteRéponse directe
Comment avez-vous reçu cette annonce hier ?
- 1:12OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'ils vous disent, les salariés ? Vous avez parlé avec eux hier sur le site ?
- 2:30OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'ils vont devenir ? Qu'est-ce qu'ils peuvent devenir dans votre bassin d'emploi à Codan ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Comment vous pouvez les aider ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça représente pour Codan, 7300 habitants, la fermeture de ce site ?
- 5:40OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que peut devenir le site ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:14PrésentateurFait
« L'usine créée par Renault en 1966 devrait être placée en liquidation judiciaire demain par le tribunal de commerce de Lorient. »
- 0:09PrésentateurChiffre
« Les quelques 250 salariés l'ont appris hier après le CSE extraordinaire. »
- 2:50Invité politiqueFait
« Les fonderies, il n'y en a pas beaucoup et en Bretagne, encore moins. »
- 3:02Invité politiqueFait
« Et pour autant, certains ont appris un nouveau métier. »
- 4:20Invité politiqueFait
« elles ne sont pas toutes consommées, donc il reste de l'argent. »
- 5:18Invité politiqueChiffre
« Pour la commune de Codan, c'est un peu plus de 200 000 euros de taxe foncière qui serait perdue. »
- 6:21PrésentateurChiffre
« Il y a des machines récentes à 800 000 euros qui ont été très peu utilisées. »
Temps de parole
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45 sur ICI Brézizel, on évoque la fonderie de Bretagne, Sébastien, ce matin avec notre invité. Oui, de ce qu'il reste de la fonderie, puisque l'absence de repreneurs du site de Codan est désormais actée. Les quelques 250 salariés l'ont appris hier après le CSE extraordinaire. L'usine créée par Renault en 1966 devrait être placée en liquidation judiciaire demain par le tribunal de commerce de Lorient. Fabrice Velli, bonjour. Bonjour. Merci d'être sur ICI Brézizel ce matin. Vous êtes le maire de Codan, dans le Morbihan, là où se trouve la fonderie. Comment avez-vous reçu cette annonce hier
?
En fait, on s'était partagé, puisque malheureusement, on avait quelques infos sur la qualité des dossiers des repreneurs potentiels. Et on avait bien compris que ces dossiers n'étaient pas très étayés et qu
'il
manquait encore beaucoup de choses à quelques jours de la date limite. Donc, l'annonce qui a été faite hier faisait partie des hypothèses parmi les plus plausibles. Même si, bon, effectivement, on espérait toujours qu
'une
décision de dernière minute ou, en tout cas, une modification de dernière minute puisse changer les choses. Donc, c'était, c'était, bah, voilà.
Une demi-surprise, quoi.
Une demi-surprise.
Et
voilà, donc, après, je suis allé sur place. Et c'est vrai que j'ai vu pas mal de choses
mélangées,
quoi, en termes de sentiments.
Qu'est-ce qu'ils vous disent, les salariés ? Vous avez parlé avec eux hier sur le site
?
Ouais,
je
suis passé, enfin,
en
début de, enfin, vers 13h. Et donc, il y avait déjà pas mal de gens qui étaient partis.
Et
on a dit, bon, voilà, les gens qui étaient là
étaient
à la fois en colère, ils étaient résignés. Ils étaient,
il
y avait du dégoût aussi sur le fait que, voilà, cet outil ne puisse pas retrouver une activité comme il aurait dû. Et de la résignation. Mais j'ai aussi entendu des gens qui, voilà, se projetaient sur le futur, sur le reclassement, les solutions derrière qui pouvaient être trouvées en lien, justement, avec les collectivités, l'État, etc., pour essayer de trouver un avenir
à
la fois individuel pour les salariés qui sont touchés par cette liquidation à venir. Enfin, la liquidation, elle sera demain.
Elle sera actée demain, oui.
Mais donc,
il
y a à la fois un avenir individuel pour les situations
des
salariés, des 244 salariés, là, qui se retrouvent
au
chômage. Et puis, mais aussi, certains, voilà, sont encore, se projettent aussi dans un futur, comment ils peuvent retrouver un emploi dans le bassin, etc. Donc,
il
y a aussi, voilà, cette projection vers l'avenir, même malgré l'amertume
et
la
colère du moment. C'est une question intéressante, ça, on les a entendus dans le journal de 7h, on en entendra d'autres à 8h. Alors,
ils
disent, ils sont tous fondeurs,
ils
n
'ont
jamais fait que ça, travailler dans une fonderie. Il n'y
en
a pas d'autres dans la région. Qu'est-ce qu'ils vont devenir ? Qu'est-ce qu'ils peuvent devenir dans votre bassin d'emploi à Codan
? Alors,
bon, ils ne sont pas tous fondeurs. Il y
a
quand même des métiers de support, etc., qui pourront probablement trouver un travail. Mais effectivement, il y a des emplois qui sont, comment dire, spécifiques. Et les fonderies, il n'y en a pas beaucoup et en Bretagne, encore moins. Donc, pour eux, ça va être un peu plus difficile. Mais bon, j'ai entendu un gars qui me disait hier, à l'époque des forges, il y a 60 ans, quand les forges ont fermé et que les gars sont arrivés
à
la fonderie, ce n
'était
pas le même métier non plus. Et pour autant, certains ont appris un nouveau métier. Donc, bon, voilà, il ne
faut
pas désespérer non plus
que
les choses puissent évoluer, que la formation puisse aussi rendre plus employables les gars qui sont les plus spécifiques sur les métiers les plus durs de la fonderie. Mais c
'est
vrai qu'il y
a
des situations à Dibel qui seront probablement difficiles. Bon,
il
y
a
aussi, est-ce qu'il y
a
des solutions de pré-retraite aussi qui pourraient être mises en œuvre ?
Bon,
tout ça, ça reste à voir et à approfondir pour essayer de répondre au cas par cas. Parce qu'il y aura des solutions globales, mais il y aura aussi beaucoup de cas par cas à gérer par l'ensemble des services, que ce soit ceux de l'État, de la région, des collectivités, pour essayer de trouver des solutions.
Comment
vous, d'ailleurs, vous pouvez les aider ? Vous signez précisément un communiqué avec Fabrice Loer, le président de l'Orient Agglomération, avec Loïc Chéné-Girard, le président de la région Bretagne. Vous dites aux salariés qu'ils peuvent compter sur vous. Qu'est-ce que vous pouvez faire pour eux désormais
?
Il y a du court terme.
Il
y a, par exemple, les conditions aussi du plan social... Le
plan de sauvegarde de l'emploi, le
PSE, oui. Oui, le plan de
sauvegarde,
le PSE, oui, qui va aussi conditionner un peu l'avenir personnel des gars. Donc ça, on peut aussi, peut-être, nous, essayer de pousser pour que les meilleures conditions soient offertes, dans la mesure du possible, et en fonction des fonds qui sont aussi présents. Sachant que, voilà, les fiducies qui avaient été débloquées par Renault, elles ne
sont
pas toutes consommées, donc il reste de l'argent. Voilà comment cet argent peut être mobilisé à la fois
pour
améliorer le PSE, mais aussi pour favoriser les conditions de retour à l'emploi dans le futur, parce que c
'est
ça aussi l'enjeu, parce que ce n
'est
pas le tout de dire, voilà, on règle des situations individuelles, mais il
y a
aussi un enjeu économique pour le bassin d'emploi, pour recréer de
l
'activité sur un site qui, je le rappelle, est très, très grand, donc qui fait 26 hectares.
Alors,
certes, tout n'est pas mobilisable, mais voilà, le site est quand même assez grand. Et donc, ça peut représenter un potentiel aussi de développement économique, mais ça ne sera pas dans les mois à venir, évidemment, ça sera beaucoup plus long, mais en tous les cas, il y a cet actif dans l'entreprise. Et pour votre
commune, ça représente quoi pour Codan, 7300 habitants, la fermeture de ce site ? Qu'est-ce qu
'elle
va devenir, d'ailleurs
?
Alors, en termes de fiscalité, l'estimation qu'on a, nous, c'est la taxe foncière, c'est essentiellement ça qu'on touche de la part des entreprises, puisque le reste des finances vont à l'agglomération ou à l'État, etc. Donc, pour la commune de Codan, c'est un peu plus de 200 000 euros de taxe foncière qui serait perdue. Bon, après, voilà, il faut qu
'on
voit si... Parce qu'il y a toujours un propriétaire sur un terrain, donc...
Mais
en tout cas, la fonderie de Bretagne a payé 200 000 euros de taxe foncière, donc c'est un impact fort pour la commune de Codan, bien sûr. Mais bon, au-delà de ça, il y
a
quand même, comme je le disais, les enjeux économiques globaux et puis individuels des salariés.
Et qu'est-ce que peut devenir le site, dernière question
?
Alors, le site, effectivement, on parlait de fondeur, et donc forcément, c'est un métier particulier. Donc, il y
a
une partie de l'usine qui est vraiment très dédiée à la fonderie, donc ça peut être probablement compliqué de retrouver une activité autre que de la fonderie. Mais il y
a
des locaux, enfin des bâtiments qui sont des bureaux, des produits, enfin des bureaux ou des ateliers de production qui pourraient très bien être utilisés pour d'autres activités industrielles. Et puis, il y a aussi du terrain, il
y a
du foncier, il y a deux hectares de terrain qui sont immédiatement disponibles.
Il
y a des stationnements, des parkings, etc. Donc, globalement, voilà, il y a quand même un actif. Le terrain n'est pas complètement inutilisable, loin de là. Mais voilà, c'est vrai que c'est ça. Aujourd'hui, c
'est
un bâtiment industriel qui était flambant neuf en termes de l'outillage. Bien sûr, tout n'était pas neuf, mais l'outillage était... Il
y a des machines récentes à 800 000 euros qui ont
été très peu utilisées.
Quasiment pas servi, ouais.
C'est ça qui renforce l'amertume des salariés et de tout le monde qui ont travaillé sur le dossier depuis... Moi, j'étais élu en 2020.
Enfin,
c'est quasiment le premier dossier que j'avais sur mon bureau parce que c'était au moment où Renaud souhaitait vendre. Et ça nous a
mobilisés
depuis 2020. Et les salariés qui travaillent
là
sont, eux, ballotés par des décisions, des reprises, des échecs, etc. Depuis beaucoup d'années. Donc, il y
a
aussi, je pense, une forme de fatigue,
d
'exatitude et de résignation, je le disais tout à l'heure.
Et demain, ce sera l'officialisation pour eux, devant le tribunal de commerce de Lorient, de la liquidation judiciaire de la fonderie de Bretagne. Merci beaucoup d'avoir été en ligne avec nous, Fabrice Véli, maire de Codan, dans le Morbihan, où se trouve la fonderie de Bretagne. Bon réveil à tous. Il est 7h50.