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interviewEurope 1· 16 décembre 2025 14 min

"Il y a 7 fois plus de suicides chez les agriculteurs que la moyenne des Français" (David Lisnard)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

de votre présence Alain Bower, ce sont les manifestations d'agriculteurs. On reçoit dans un instant David Lissard, maire de Cann qui évidemment l'évoquera. On va écouter monsieur le Cornou parce qu'il a précisé cet après-midi à l'Assemblée nationale qu'il y avait de la présence de gropuscule d'ultra gauche parmi les mobilisations d'agriculteurs.

On écoute le premier ministre. Un amalgame est en train d'être fait entre les éleveurs de France et 40 à 50 militants de l'ultra gauche qui sont venus s'imisser au milieu des éleveurs, des vétérinaires, des manifestants avec des cocktails monotof et des armes par destination et que de fait entretenir cette confusion entre les éleveurs, les éleveurs qui peuvent légitimement et démocratiquement contester les décisions qui sont mais qui n'ont rien à voir avec ces militants de l'ultra gauche que vous devez dénoncer mesdames et messieurs députés de la France insoumise il n'y a pas de place pour cette violence voilà et les hurlements évidemment ce sont les roman Bower l'ultra gauche donc qui gangraine les manifestations d'agriculteur c'est nouveau ou pas alors oui c'est nouveau mais c'est lié à la montée en puissance relativement récente de coordination qui sont plutôt marqué idéologiquement à gauche ou à l'extrême gauche qui ont remplacé peu à peu l'ancien ça c'est être le modèf je crois le le mouvement communiste. Voilà qui est maintenant on a conférence paysane.

Mais ce que moi je vois et ce qu'on me raconte de mes amis en province et notamment en Occitanie c'est qu'il y a une convergence inédite entre les deux coordinations, la coordination paysane et la coordination rurale. Je ne dis pas que les deux coordinations sont violentes, armées ou équipées, mais le rapprochement des deux coordinations entières, des deux extrêmes autour de plusieurs problématiques. 1, l'incompréhension totale de l'expression politique de la politique de vaccination.

Parce que si quelqu'un a compris quelque chose, faut venir le dire. Moi, j'ai écouté avec beaucoup d'attention les différentes interventions de la ministre d'agriculture. J'ai toujours pas compris exactement quelle était la politique.

On vaccine, on vaccine pas, mais on vaccine mais pas trop. Et à la fin, tout ça, c'est pour éviter d'empêcher des exportations car effectivement quand on vaccine, il y a une période de latence relativement importante qui mais du coup ça veut dire quoi ? Qu'on continue à envoyer des bêtes malades.

Enfin, il y a rien rien n'est compréhensible. Et qu'on a des bêtes des bêtes, on savoit notamment, on a abattu des bêtes vaccinées. Donc en fait oui, par ailleurs et par ailleurs donc enfin il y a voilà personne ne comprend rien à l'expression de cette affaire.

Ça ressemble au Covid à l'envers. Covid à l'envers, il y avait pas de vaccin et il fallait en trouver un. Est-ce qu'il était bon ou pas ?

Là, il y a des vaccins mais pas assez. On sait pas comment on vaccine, on sait pas qui on vaccine, on sait pas dans quelles conditions et surtout on est arrivé avec cette espèce de logique terrifiante de bon ben on va tuer tout le monde, ça va être plus rapide. Ça ça ne c'est incompréhensible, inadmissible, il y a même pas d'effort d'accompagnement et cetera.

Deuxièmement, le fait de dire il y a un méchant euh extrémiste de gauche ou de droite est un classique historique de la gestion des manifestations, je je crains que ça ne marche pas du tout au vu de l'ampleur des colères paysanes et surtout de la rencontre terrible entre la crise euh de cette épidémie et le Mercosur où là aussi je ne ferai pas comme Gottier Lebret tout à l'heure le résumé des interventions diverses du président de la République sur le Mercosur. Ça ça sera pour demain matin peut-être. Voilà.

Et vous si vous quelqu'un a compris quelque chose, il nouveau compte paraît-il. Il a un nouveau compte cherche mais le cumul de tout ça c'est il y a plus de respect de la parole publique, il y a plus de confiance dans la parole publique et surtout les relations qui existent quand on écoute les gens sur les terresplins, les les blocages et cetera, ce qu'ils disent est extrêmement rationnel, compréhensible même pour un urbain lionoparisien comme moi. Dernier mot Gierre.

Non mais Emmanuel Macron, il est formidable effectivement sur tous les sujets sur le Mercosur. Il croise Loua, le président brésilien, il est pour le Mercur, il croise un agriculteur français, il est contre. Donc aller chercher de la cohérence là-dedans sur le maintien de l'ordre.

Je c'est tant mieux s'il y avait quelques membres de de l'ultra gauche qui ont été mis hors d'état de nuire et qui ont passé quelques heures en garde à vue. Euh c'était pas la majorité euh des manifestants euh qui sont évidemment les agriculteurs. Je note un changement de doctrine depuis le début de la semaine.

Vous savez que il y a des blocages et on en voit plus les blindés de la gendarmerie comme devant cette ferme où voilà les senteors où il y avait ces ces vaches à abattre. Quand Gérald Armanin était ministre de l'intérieur, il y avait eu une crise agricole. Il n'envoyait pas non plus les forces de l'ordre parce que les agriculteurs et bien on ne les réprime pas comme n'importe quel manifestant.

C'est du bon sens, il manifeste jamais. C'est la France bien élevée, c'est la France qui se lève très tôt et donc je note quand même s'il y avait quelques nerv d'ultra gauche que la doctrine de Laurent Nunise et du gouvernement a changé depuis le début de la semaine face aux agriculteurs. Alain Bower votre livre c'est conspiration au Vatican.

Je recommande à nos téléspectateurs et nos auditeurs aux éditions first. On continue sur cette crise agricole. David Lissnard est notre invité dans une poignée de seconde.

On va se rendre tout de suite à le Villefranche de la de l'orages est en Haute Garonne. Charles Lullier, le correspondant d'Europein est sur place. Les paysans sont décidés à rester sur l'autoroute.

Bonsoir Laurence. Oui, en effet, la voie ferrée ici a été obstruée par des bottes de paille et des rondins de bois. Plus aucun train ne peut y circuler depuis 7h30 ce matin.

L'objectif est clair pour les quelques 200 éleveurs présents. Bloquer le plus longtemps possible. On bloque la voie ferrée, on va paralyser la France.

Il y a des feux avec des barrages, notamment de balles de paille, de foin, du bois, tout ce qui est mis en place pour bloquer quoi. Car on sent bien ici que l'ampleur de cette mobilisation, tant sur le fond que sur la forme est en train de monter d'un cran. Preuve en est depuis le début de l'après-midi.

En plus de la voie ferrée, une portion d'autoroute est également bloquée sur une cinquantaine de kilomè au sud de Toulouse. Des dizaines de bottes de foin sont sur le bitume. Julien Bouronet pour les jeunes agriculteurs souhaite que le mouvement fasse des émules partout en France.

Aujourd'hui, c'est un mouvement qui a été parti un petit peu de l'Occitanie. On va dire aujourd'hui qui va être Pyrénéen. Un Pays-Basque, c'est pareil, ça commence aussi à manifester.

Donc maintenant, on peut un petit peu partout dans toute la France. On voit que les autoroutes qui sont bloquées, il y a des actions départementales partout. Donc c'est vrai qu'aujourd'hui c'est l'action qui est vraiment nationale.

Donc on n pas forcément l'objectif de passer les fêtes, on va dire sur l'autoroute. Mais s'il faudra le faire, on le fera. Surtout si dans quelques jours les accords du Mercur sont signés, ce qui ici serait un peu le coup de grâce et donnerait encore plus d'ampleur à cette mobilisation qui ici semble s'installer.

Merci beaucoup Charles Lilier sur place en Haaronne. Bonsoir David Lissard. Merci beaucoup d'être avec nous ce soir.

Vous entendez la détresse des agriculteurs, leur colère à la fois sur cette dermatose, cette crise sanitaire évidemment où il y a la question du mercure qui est sur la table. Quelle solution est-ce que vous vous pensez queon peut envisager pour mettre un terme à cette crise mais infinie qui semble ne pas se terminer pour les paysans ? Oui, en fait, vous avez raison, il y a il y a plusieurs questions dans la question parce que il y a la crise de la dermatose.

Euh et il faut euh évidemment euh comprendre la détresse humaine de ces éleveurs qui ont mis des générations à se constituer un cheptel, à sélectionner les meilleures espèces, c'est un travail fin et qui doivent euh éliminer leur cheptel. Mais on n'a pas trouvé de meilleures solutions. Il faut aussi regarder les choses en face.

J'en ai parlé avec des vétérinaires, j'en ai parlé avec des agriculteurs et il est vrai qu'ils ont beaucoup souvenir aussi de de la de de la crise de la grippe afteuse en 2000. de la fièvre afteuse qui qui fait que il y avait eu le cheptel de limousine et de Charoles qui avait été décimé et il faut qu'on garde notre capacité d'export hein, c'est très très important. Et pour garder la capacité d'export, il faut éliminer la maladie.

Donc au-delà de l'émotion, il faut bien trouver les moyens sanitaires d'accompagner euh les éleveurs. Mais tout ce que vous dites est vrai, c'est que ça ça renvoie à une crise extrêmement profonde de l'agriculture parce que depuis des années, on ne considère pas les agriculteurs comme ce qu'ils sont, c'est-à-dire des chefs d'entreprise. Aujourd'hui, les cotisations sociales, par exemple sur les exploitations agricoles, c'est 45 % du revenu des agriculteurs.

En Allemagne, c'est 30 %. En Espagne, c'est 25 %. Donc ce qu'affrontent les agriculteurs, c'est ce qu'affrontent tous les chefs d'entreprise dans l'agriculture.

C'est façon exacerbée parce que les revenus sont devenus faibles, parce que on a créé une une économie qui est extrêmement administrée et ce qu'il faut, c'est faire en sorte que notre belle et grande agriculture retrouve les moyens de la de la compétition, de la compétitivité, qu'on ne surtranspose pas les normes européennes, que on fasse en sorte qu'ils puissent vivre de leur revenu. Juste, il y a sep fois plus de suicide chez les agriculteurs que la moyenne des Français. On a plus de de presque 40 % des agriculteurs qui sont en dessous du seuil de pauvreté.

Or, ils produisent ce qui est désiré. Donc, on voit bien qu'il y a une inégalité du une une sorte d'inéquité dans dans le marché agricole et que ça vient en grande partie d'un système beaucoup trop administré. Non, mais c'est sûr et vous plaidez évidemment euh pour alléger ces normes alléger les réglementations, aller vers un système beaucoup plus libéral.

C'est ce que vous développez dans on enlevit les contraintes sur la concurrence étrangère, mais on a ajouté des contraintes sur la production française. Donc ça crée une distorsion de concurrence qui est le contraire du du principe d'ailleurs de base du libre échange et et qui fait qu'aujourd'hui on on met à mal des filières entières. Alors, il y a des filières qui résistent bien.

Moi, j'avais travaillé avec dans dans le Jura il il y a de nombreuses années maintenant sur la mise en place du compté de la filière compté qui est qui est remarquable. Euh et puis je je parcours le pays hein, je je à chaque fois je vais voir des chefs d'entreprises, agriculteurs, je vois que les les surfaces forestières grignotent aussi au détriment des zones agricoles. Donc c'est toute une façon de revoir l'agriculture mais avant tout de considérer les agriculteurs comme des chefs d'entreprise.

Eric Creel, une question à David Lissnard. David Lisnard, vous arpentez dans le paysage politique français un chemin singulier qui est suit du libéralisme. Ça faisait longtemps d'ailleurs qu'on avait pas entendu une voix porter ce mot qui est parfois tabou en France.

Donc libéralisme quand vous voyez des traités de libre échange comme celui du Mercosur ou comme celui signé avec le Canada il y a il y a quelques années, vous vous dites il faut mettre des gardes fous ou il faut laisser au nom du libre échange du libéralisme euh ces produits alors clause of sauvegarde cause miroir rentrer en Europe et en France. Vous voyez que dans le terme de traiter de libre échange, c'est pas un oxyor, c'est pas une contradiction, mais ça veut dire qu'il y a des dispositions contractuelles, donc il faut les négocier aprè comme comme on le fait moi, comme je le faisais dans le commerce, comme je l'ai fait toute ma vie. Euh vous parlez de de du du traité avec le Canada, c'est l'Alena, hein, le traité qui a été négocié une quinzaine d'années.

Euh à l'époque il y avait beaucoup de crainte. Il est très profitable aujourd'hui à l'économie française et à l'agriculture française parce que en France, on a dans le 21e siècle un énorme atout, c'est que nous sommes des créatifs et que si on nous enlève les boulets de la bureaucratie de des surnormes de la surfiscalité, on est très bon. On est très très bon. et notamment à l'international sur le Mercosur, le le sujet c'est que il y a d'énormes dispositions qui sont très profitables pour les échanges.

Il faut toujours rappeler que le commerce fait la richesse des nations hein et que la richesse des nations passe par les échanges mais que le libéralisme, moi je suis pas là pour être un théoricien, moi ça me on me dit libéral, ça veut dire à quel point le pays est devenu socialiste, quoi. Parce que moi, je suis je suis je suis un pragmatique hein et mais je suis fier de de porter la voix de la liberté. Mais si vous voulez le le commerce ce n'est pas la distorsion de concurrence.

Le libéralisme c'est tout le contraire de la distorsion de concurrence. Vous pouvez pas dire à la à la filière bovine française de qu'elle n'a pas le droit d'utiliser tel et tel produit à mon à mon avis à juste titre sur certains antibiotiques ou hormones de croissance. Mais autor interdire la vente de ces produits par des éleveurs français en France mais autoriser la vente de ces produits par des éleveurs étrangers.

C'est ça qui est absurde. Donc sur le mercur en fait qu'est-ce que ça révèle ? C'est exactement comme les les les relations, la diplomatie, l'Ukraine et cetera, ça relève la faiblesse de la France. la faiblance au sein de l'urme avec le Brésil ou le ch ou l'Argentine au sal comment onarrive pas à préserver les intérêts de certaines de nos filières et comment on se laisse écraser par les Allemands c'est un vrai sujet et d'ailleurs Laurence Ferrari donnait cette information tout à l'heure c'est que Bruxelles renonce à la fin du moteur thermique en 2035 et alors on se dit l'Allemagne est pour le Mercossur le mercur c'est importer de la viande et un peu de soja et du sucre mais c'est surtout exporter des machines et des voitures et on se dit mais c'est bien sûr l'Allemagne soutient le mercur parce que l'industrie allemande va exporter vers les pays d'Amérique du Sud et on narrête pas le moteur thermique en 2035 parce que l'automobile allemande n'est pas prête pour cela.

Dans le Mercure, il y a aussi les vins spirituelux c'est aussi favorable à la France làdessus. Il y a aussi mais mais si vous voulez vous avez complètement raison c'estàd que les autres ne sont pas coupables de leur force nous sommes responsables et coupables de notre faiblesse. Comment la France a-t-elle réussi en en quelques années, ça a commencé il y a plus longtemps, quelques décennies, à devenir en seconde zone au sein de la zone euro.

Nous qui sommes des fondateurs de l'Europe, qui sommes une grande une grande nation. C'est pour ça qu'il faut tout changer. C'est qu'on peut tourner ça dans tous les sens.

Tant qu'on ne remodellera pas notre système social, tant qu'on prélèvera plus que les autres sur la production, c'est sur le travail et l'investissement pour alimenter un état providence qui pour moi est mort pour des raisons démographiques, économiques et migratoires. C'est-à-dire quand on continuera à vouloir soigner toute la misère du monde en prélevant sur ceux qui créent de la richesse, et bien on sera faible dans les relations internationales. On pourra sauter comme des cabris, comme disait le général, pour dire qu'il faut une grande armée.

Oui, il faut une armée puissante et cetera, mais il faut la puissance économique, il faut la prospérité.