L'invité de Bourdin Direct : Fabien Roussel - 07/09
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Jean-Jacques Bourdin. Fabien Roussel, bonjour. Bonjour, monsieur Bourdin. Candidat du Parti communiste français à la présidentielle, Fabien Roussel. Vous publiez un livre qui a pour titre « Ma France heureuse, solidaire et digne » aux éditions du Cherche-Midi. Cette France heureuse, solidaire et digne, c'était un peu la France de Belmondo finalement. Quand on vient de parler de Belmondo, depuis hier on ne parle que du décès de Jean-Paul Belmondo, à juste raison. Belmondo, la désavolture, la légèreté, la bravade, la virilité, le courage, l'insouciance, la France en quelque sorte.
Oui, Jean-Paul Belmondo, il est un peu à l'image de cette France bravage, rigolarde, rebelle, en dehors des sentiers battus. Jean-Paul Belmondo, il était un petit peu à part parmi les comédiens, c'est ce que l'on entend beaucoup aujourd'hui. Il est profondément aimé par les Français. On se sent proche de lui. Moi, je fais partie de cette génération. On passait des soirées en famille à regarder les films de Bebel. On a ri, on a pleuré, on a eu peur. C'est un immense acteur, c'est une légende populaire. Et il a été aussi celui qui a présidé le syndicat français des acteurs pendant quelques années. Syndicat CGT. Syndicat CGT des acteurs. Oui.
Justement, il a l'honneur d'avoir sa page dans le métron, l'annuaire du mouvement ouvrier à ce titre. Mais quand il était président de ce syndicat, il a expliqué que les acteurs qui gagnent beaucoup d'argent, il dit, nous, on est traités comme des marques de dentifrice. En revanche, il avait eu ce mot pour ces milliers d'acteurs qui font le spectacle en France, qui ne travaillent que trois mois à peine, mais qui ont 12 mois pour remplir le frigo. Et donc, il avait toujours ça à cœur. Et je l'ai entendu hier dans les témoignages de ses amis qui disaient qu'il défendait toujours le cachet de ses collègues, de ceux avec qui il travaillait. Et bien, voilà. Bébel, c'est ça.
Ça, c'est une France solidaire. C'était la France solidaire, rebelle et digne que j'aime à l'image de Jean-Paul Bellemare.
Alors, une France, vous ajoutez, une France heureuse, fière et belle, solidaire et digne donc, mais c'est un peu utopique tout ça, cette France-là. Pourquoi ? Je vais vous... Deux exemples. Simplement deux exemples. Est-ce que cette France est digne et solidaire quand vous voyez des antivax se rassembler devant un CHU pour l'empêcher de fonctionner ? Est-ce que cette France est digne et solidaire lorsqu'on constate que les 500 familles les plus riches de France ont vu leur fortune progresser de 75% entre 2016 et 2021 ? Franchement, j'ai pris deux exemples comme ça, qui ne sont pas les mêmes, mais...
Non, c'est deux exemples sur deux sujets complètement différents. Oui, mais d'accord. Concernant les agressions contre les pharmacies, les centres de vaccination, je les ai dénoncés, ils sont inadmissibles. Le vaccin, ça doit être un progrès pour l'humanité, ça doit devenir un bien public, on ne sera pas tous protégés contre cette maladie si nous ne sommes pas tous vaccinés dans le monde et en France. Et la bataille de la vaccination est loin d'être gagnée. Et j'ai lu l'occasion de le dire à l'occasion de ma rentrée politique, d'appeler à la vaccination généralisée de tous les Français. Alors, attendez, je vais revenir sur les... Oui, mais il faudrait quand même...
Et il faut revenir aussi sur les 500...
Oui, mais il est plus riche, évidemment. Mais je termine avec le vaccin, ce n'est pas la France solidaire, ça pardon Fabien Roussel. Quand on s'en prend comme ça une pharmacie ou un hôpital, ce n'est pas la France solidaire. Mais la France solidaire... Alors, les manifestations type pass sanitaire, est-ce que ce sont des manifestations de Français solidaires ? Je vous pose la question.
Mais la France solidaire à laquelle je rêve et celle pour laquelle je me bats à l'occasion de cette élection présidentielle, c'est celle qui se fixerait comme obligation de faire en sorte que tous les Français soient vaccinés. Et aujourd'hui, on a un immense... Donc, vaccination obligatoire ? Mais on a un immense... Vaccination obligatoire. On a un immense défi, M. Bourdin, d'aller vacciner les 10 millions de nos concitoyens qui ne le sont pas aujourd'hui et qui ne sont pas anti-vax. Je vous parle, moi, de celles et ceux qui sont éloignés des soins, qui ne vont jamais se faire soigner et que nous connaissons dans nos villes et dans nos villages.
Moi, je demande à ce qu'avec la Caisse primaire d'assurance maladie, dans chacune de ces communes, nous puissions, avec la Caisse primaire d'assurance maladie, avec les médecins, avec les élus locaux, car nous les connaissons, nous, dans les communes, ces personnes, aller les voir, les convaincre, les vacciner, aller vers, c'est à l'État de se fixer l'obligation de vacciner tout le monde et de ne pas en faire une bataille individuelle, faisant reposer la responsabilité sur chacun, alors que la responsabilité, elle doit être nationale.
Et la meilleure, et la bataille que j'engagerai tout de suite en tant que Président de la République, c'est de faire de ce vaccin un bien public, de permettre à tous les pays et tous les peuples d'y avoir accès. C'est un défi incroyable pour l'humanité, alors qu'aujourd'hui, c'est une opportunité économique pour les big pharma. Je l'avais dénoncé sur votre visage, et ce que j'avais annoncé est en train de se réaliser. Ils se font des montagnes d'or sur ce vaccin, 40 milliards d'euros pour deux big pharma de bénéfices réalisés sur ce vaccin, alors que des peuples entiers, le continent africain n'est pas vacciné.
Il y aura toujours des variants qui arriveront en France si tous les peuples ne sont pas vaccinés en même temps. Voilà le défi que l'on doit voir, c'est sortir la santé des griffes de la finance.
Pour revenir à ce qui se passe en France, pourquoi votre groupe a-t-il voté contre, à l'Assemblée nationale, contre le pass sanitaire ? Parce que la manière... Je ne vous comprends pas, vous défendez... Oui, le pass sanitaire, vous êtes pour ou contre ?
La manière dont il est mis en œuvre, dont il a été mis en œuvre, brutalement, rapidement, élargi aux activités de la vie quotidienne, avec menace de perte sur l'emploi, ne crée pas le climat de confiance et d'adhésion à un vaccin auquel nous avons besoin.
Mais il a poussé tant de personnes de Français à aller se faire vacciner. Vous le savez bien.
C'est pas vrai ? C'est vrai ou c'est faux ? Mais je vous l'ai dit ici, vous-même, que je n'étais pas opposé à un pass sanitaire quand il permet d'organiser des festivals, des manifestations. D'ailleurs, nous allons tenir...
D'aller au restaurant, d'aller boire un café en terrasse.
Je vous ai parlé des grandes manifestations, et je pense notamment à la fête de l'humanité qui va se tenir ce week-end. Il y aura un pass sanitaire ! Mais il va se tenir dans des conditions sécurisées, avec pass sanitaire, mais avec aussi beaucoup d'artistes internationaux, sous son trust et compagnie. Mélenchon aussi, j'ai vu. C'est pas un artiste international, mais c'est un artiste français, quoi. Mais beaucoup de débats, mais on va avoir une grande fête, populaire, sympathique, ce week-end. Mais que l'on va tenir dans des conditions sécurisées. Le débat aujourd'hui, c'est de créer ce climat de confiance, et non pas cette division de la France.
Et je veux revenir sur ces 500 grandes familles, justement. Nous avons découvert ça au cœur de l'été. Leur grande fortune, pendant le temps du mandat Macron, a quasiment doublé. A quasiment doublé. Ils sont passés de 500 milliards d'euros de patrimoine à 1 000 milliards d'euros de patrimoine en l'espace de 4 ans et demi. Et pendant ce temps-là, les salaires de nos concitoyens, les pensions des retraités sont gelées. Et ils n'ont pas augmenté. Les pensions ont même baissé, parce qu'il y en a qui ont perdu sur leurs cotisations Agir Carco. Et donc, comment voulez-vous que les gens s'en sortent ?
Ils voient d'un côté des fortunes colossales, qu'ils ne pourront même pas la dépenser sur plusieurs générations. Et eux, on leur demande de faire des efforts. Vous avez vu les prix de l'essence cet été ? Les prix des fruits et légumes qui augmentent en moyenne 20%. Mais c'est aussi les prix du gaz qui ont pris 15% en un an. Mais comment les gens peuvent-ils s'en sortir ? J'ai rencontré les caissières de Carrefour, là, pour commencer cette rentrée, en colère. Vous savez qu'à Carrefour, où il y a Alexandre Bompard, qui fait partie de ces PDG, les mieux payés de France, ces caissières de Carrefour, elles n'ont pas d'ancienneté dans leur salaire.
Après 12 ans de travail, j'en ai rencontré une qui touche 1 280 euros net par mois. Voilà avec quoi elle doit vivre. Et les prix des pâtes augmentent. Et le prix de l'essence augmente. Et enfin, moi, c'est ce combat-là que je souhaite porter. Il faut que nous reprenions le pouvoir sur ces richesses qui existent dans notre pays et que nous produisons. Mais nous n'en avons pas le retour. Reprenons le pouvoir sur la production de ces richesses.
Alors, le pouvoir d'achat, le social, le pouvoir d'achat, ce seront les deux grands axes de votre campagne pendant la présidentielle. Mais si je vous dis, la France était la 7e puissance mondiale en 2017. Elle est aujourd'hui la 5e. Le chômage va bientôt passer sous les 8%. Il baisse. La France est le premier pays européen pour les investissements étrangers. L'un des pays les plus vaccinés du monde. Est-ce qu'Emmanuel Macron a échoué sur tout ?
Je vous pose franchement la question. La France, de cette rentrée, c'est 280 000 emplois supprimés pendant la crise. C'est 1 000 plans dits sociaux. Plans de licenciement. Mais le chômage baisse. Est-ce que le chômage baisse ? Le chômage des personnes à taux plein, celui-là a diminué légèrement. Il reste aujourd'hui dans notre pays 6 millions de personnes sans activité complète, à temps partiel ou sans emploi. 6 millions. Vous savez, comment on peut vivre, M. Bourdin, quand on a une activité partielle ? Quand on est à 80%, comme les aides à domicile, par exemple, ou les femmes de ménage. On vit avec 800-900 euros net par mois. C'est digne, ça ?
Quelle retraite elles vont avoir, ces dames ou ces messieurs ? Comment on peut vivre dignement avec des factures qui augmentent ? Moi, je reclame, mon plan de relance, notre plan de relance pour la France, il passe irrémédiablement par la hausse des salaires et la hausse du SMIC que nous voulons, nous, à 1 800 euros bruts, parce que je compte les cotisations qui servent à financer notre protection sociale. Il passe irrémédiablement par l'arrêt de toutes les délocalisations. Tout le monde parle de l'industrie et on délocalise encore. Mettons un terme à tout plan de délocalisation. Chaque emploi industriel doit être placé sous la protection de la République.
Mon plan de relance, c'est aussi investir dans nos services publics. On a besoin d'un plan de création d'emplois avec une formation rémunérée et une embauche garantie derrière. Regardez la rentrée scolaire. Elle se fait avec 1 800 postes en moins. Alors qu'on a le même nombre d'enfants, alors qu'il y a encore le risque sanitaire, alors qu'on a tant de besoins. Et dans nos hôpitaux, vous voyez ces infirmiers, ces infirmières qui ne veulent plus travailler par manque de reconnaissance. Enfin, changeons de paradigme. Aujourd'hui, on est dans la France gouvernée par un président des riches.
Moi, je souhaite être le président du pouvoir d'achat, du monde du travail qui lui fait confiance, qui fait confiance au monde du travail et à la jeunesse.
Je vais revenir sur la présidentielle, mais la réforme des retraites pourrait être relancée. Si j'ai bien écouté hier Bruno Le Maire, j'ai bien compris qu'il était favorable à une relance de cette réforme des retraites. Il se murmure qu'à l'Elysée, on préparerait une relance de la réforme des retraites avant la fin de l'année. Pourquoi faire ? Pour stabiliser les finances publiques, vous pensez ? Pourquoi faire cette réforme des retraites ? Avec quoi ? La suppression des régimes spéciaux et une pension à 1 000 euros minimum ? Ça, vous applaudissez, j'imagine. 1 000 euros minimum de pension.
Il n'y a pas besoin de faire une réforme des retraites pour mettre toutes les pensions à 1 000 euros minimum. D'ailleurs, nous l'avons fait, nous, au groupe communiste avec André Chassaigne, le président du groupe, député du PIDOM, qui a permis d'avoir une revalorisation des retraites agricoles, qui passera effectivement à 1 000 euros. Ça, c'est nous. C'est vous et le gouvernement. Oui, d'accord, mais enfin, on a mené la bagarre. Et lors du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, nous pouvons adopter tous ensemble, à l'unanimité, un amendement qui décide de mettre les retraites, toutes les retraites, à 1 000 euros minimum. Il n'y a pas besoin de tout revoir.
Nous pouvons mettre ça en œuvre. Mais le gouvernement est en mission jusqu'au bout. Et ce président de la République a décidé de réformer la réforme des retraites pour nous faire travailler plus longtemps. Mais enfin, c'est toujours eux-mêmes à qui on demande des efforts. Il nous promet quoi ? D'avoir une vie au travail jusqu'à 65, 70 ans ? 70 ans, personne n'a en parlé. Mais bon. Et vous savez, M. Bourdin, quand on prévoit une réforme par points, sans mettre de limites d'âge, mais que la pension est calculée sur un nombre d'annuités, en gros, plus vous travaillerez, plus vous aurez la chance d'avoir une retraite à peu près garantie.
Mais ça va nous pousser à travailler jusqu'à 70 ans, mais comme aux États-Unis. Cette vision libérale de la société, nous n'en voulons pas. C'est pour ça que je parle de réforme heureuse.
Mais vous dites, il faut, ce que je comprends, et évidemment, tout le monde est d'accord, il faut augmenter les salaires, et notamment les salaires les plus bas. Il faut peut-être travailler plus pour augmenter les salaires. Non, Fabien Roussel, la France est le pays d'Europe où l'on travaille le moins, le moins.
Mais pourquoi à chaque fois demander aux travailleurs, aux salariés, aux fonctionnaires catégorisés qui gagnent peu, pourquoi leur demander à eux à chaque fois de perdre du pouvoir d'achat, de travailler plus, quand de l'autre côté, vous avez ces 500 plus grandes fortunes dont on a parlé avant, qui voient leur capital, leurs revenus augmenter de 30%. Vous avez vu le salaire moyen des patrons du CAC 40, il est de 5,8 millions annuels. Les gars, ils touchent 5,8 millions par an. Enfin, le SMIC, c'est 23 000 euros par an. Les écarts de salaire, ça va de 1 à 300. Et c'est toujours au même qu'on demande des efforts. Pourquoi on ne s'attaque pas au régime spécial du capital ? Voilà ma proposition.
Au lieu de s'attaquer au régime spécial, au petit, y compris aux petits commerçants, aux petites boîtes, attaquons-nous au régime spécial du capital. Faisons en sorte qu'il n'y ait pas d'écart de salaire supérieur à 1 à 20. Faisons en sorte que ces grandes fortunes payent leur juste contribution aux impôts. Attaquons-nous à l'évasion fiscale. Vous avez vu ce rapport qui est sorti hier ? Je l'ai vu, oui. 25% des profits des banques européennes est réalisé dans des paradis fiscaux. On ne s'est toujours pas attaqué à ça. Alors ça, c'est mon chantier. En tant que président de la République, je peux vous dire que cela, pour eux, je vous l'annonce, il y aura des peines planchées.
Il y aura des peines planchées pour les délinquants en col blanc. C'est à ces gros bonnets qu'il faut s'attaquer. Quand ils font de l'optimisation fiscale, parce que ça, c'est de l'optimisation fiscale, c'est légal ce qu'ils font. C'est légal d'aller planquer son argent dans des paradis fiscaux. Et il ne mériterait pas des sanctions. La prison, c'est purement scandaleux. Et c'est à nous qu'on va demander de travailler plus. Mais on marche sur la tête. On ne peut plus accéder à ce monde-là. Vous comprenez que c'est ça qui suscite tant de colère. Et ils ont besoin d'être respectés, ces travailleurs. Ils ont besoin de pouvoir vivre dignement de leur travail. Ce n'est pas la France heureuse.
Non, mais moi, la France à laquelle j'aspire, c'est celle qui demande à être respectée. Et je veux pouvoir la défendre.
Alors, j'ai une question. Pourquoi ? Très bien, je vous écoute. Mais pourquoi est-ce que vous êtes si peu entendus à gauche ? Expliquez-moi. Expliquez-moi. Il y a quand même des Français qui vivent bien, qui sont satisfaits, qui sont heureux et qui ne votent pas pour vous. Et ils sont majoritaires, ceux qui ne votent pas pour vous. Mais alors, pourquoi ?
Pourquoi ? C'est certainement le grand défi de cette élection présidentielle. Je pense notamment à ces 12 millions de nos concitoyens qui ne sont pas allés voter à la dernière élection présidentielle. Je vais comparer l'élection avec l'élection. Ce qui est comparable. 12 millions de Français qui ne sont pas allés voter. Et j'en rencontre encore. Ils sont très exigeants. Je rencontre des jeunes très exigeants sur la bataille pour le climat, pour l'environnement, pour leurs conditions d'études. Très exigeants. Et qui ne vont pas voter. Et donc, je les interroge et je leur mets le bulletin de vote dans la main. Je les place face à leurs responsabilités.
Il y a un véritable enjeu à ce que ce peuple de France qui aujourd'hui a beaucoup d'attentes légitimes, eh bien, qu'ils envahissent les urnes. Et vous voyez, si tous ces électeurs se décidaient à regarder ce qui se propose à gauche et qu'ils ne votent ni pour Macron, ni pour l'extrême droite, eh bien, je peux vous dire que... Ni à droite, qui promet aussi l'allongement du temps de travail et qui ne veut pas toucher au jeu de salaire. Je peux vous dire qu'à gauche, ça va changer la donne.
Oui, mais... C'est ça aussi l'enjeu. Honnêtement, Fabien Roussel, on va être... Je sais que vous êtes un homme honnête. Honnêtement. Est-ce qu'une candidate ou un candidat de gauche peut gagner l'élection présidentielle ? Vous savez... Franchement, honnêtement.
L'événement de cette élection présidentielle, c'est certainement qu'il y a un candidat présenté par le Parti communiste français et que je représente l'événement. Et l'événement, ça serait qu'il soit au second tour. Et ça s'enjouerait. Vous êtes à 2%. C'est-à-dire que de 2%, il faut quand même... Laissez... Vous avez du chemin. Laissez... Ouais, ça ne me fait pas peur. Non, mais je... On a besoin de soulever des montagnes dans ce pays. Oui. Mais vous êtes tellement nombreux à gauche. On a besoin de soulever...
Combien y a-t-il de candidats à gauche ?
Mélenchon, Montebourg, bientôt Anne Hidalgo, vous, le candidat vert... Vous voulez que je continue ? Faites la même liste à droite. Mais oui. Il y en a autant. Oui, sauf que la France est plus à droite qu'à gauche aujourd'hui. Faites nos compatriotes, nos concitoyens décidés en fonction des propositions des uns et des autres. Moi, j'espère que le débat de l'élection présidentielle se fera sur les propositions que chacun nous auront à présenter. Je veux être le candidat qui propose un pacte aux Français. Un pacte pour l'emploi, pour le pouvoir d'achat, pour l'environnement, pour la jeunesse.
Je veux être ce président de la République qui prend un engagement avec nos concitoyens et ceux qui aujourd'hui ont porté ce pays à bout de bras pendant 2 ans, pendant cette pandémie. Ceux qui réclament des services publics. Ceux qui veulent que leur force de travail leur permette de vivre dignement. Je souhaite qu'on garantisse le droit à un emploi et à une formation tout au long de sa vie. C'est de ça dont je souhaite pouvoir parler dans cette campagne. Je souhaite mettre un terme à la corruption, à la fraude fiscale, à ce qui mine notre pays et le budget de la République. Enfin, parlons de ces choses.
Moi, je souhaite être ce président de la République qui va justement changer complètement l'image de la France.
Dans votre livre, je vais terminer avec ça, Fabien Roussel, je l'ai lu. Dans votre livre, vous parlez du communisme. Je vous lis un idéal dont l'ambition est universelle en plaçant l'être humain, l'émancipation humaine, l'appropriation collective des pouvoirs, des savoirs, des richesses au centre de tous les choix. L'appropriation des savoirs et des richesses. Oui, c'est un des grands... Des richesses.
Oui, c'est peut-être ce qui va nous distinguer à gauche dans cette élégation présidentielle. C'est que nous souhaitons, nous, redonner, donner du pouvoir aux salariés dans les entreprises afin qu'ils puissent décider sur la manière dont on produit les richesses et comment on les redistribue derrière, au service de quels objectifs. Pour nous et pour le monde du travail et ceux que j'ai rencontrés pendant deux ans dont je parle dans ce livre, ils ont le souci que les richesses qu'ils produisent servent le pays, la nation, les salaires, l'embauchent, la réindustrialisation du pays, la souveraineté économique. Ils souhaitent retrouver la maîtrise de la production de ces richesses.
Et c'est un véritable enjeu pour le monde du travail. C'est de ne plus subir,
mais de pouvoir décider. Est-ce que vous êtes opposé à la liberté d'entreprendre ? Ah non ?
Je ne suis pas opposé à la liberté d'entreprendre. Je pense que ce n'est pas la question, ce n'est pas la liberté d'entreprendre, c'est de décider ensemble de nos moyens de production, de nos modes de production pour les mettre au service de l'être humain et de la planète. Le sens du commun, c'est ça le communisme que je défends. Et dans communisme, il y a commun et c'est tout ce que nous avons en commun que nous devons défendre à l'occasion de cette présidentielle.
Merci Fabien Roussel, votre livre Ma France heureuse, solidaire et digne et au chien, je m'y dis, sort je crois dans...
Il est sorti, il est dans les librairies et je le dédicacerai à la fête de l'humanité.
Merci beaucoup, merci Fabien Roussel d'être venu nous voir ce matin sur RMC BFM TV.
Fabien Roussel