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interviewFrançois Ruffin· 2 mai 2021 38 min

François Ruffin était l'invité d'Apolline de Malherbe !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour François Ruffin. Bonjour. Vous êtes député de la Somme, vous siégé dans le groupe de la France insoumise.

Vous êtes ancien journaliste, vous avez d'ailleurs créé votre propre journal, un journal qui continue à vivre, Fakir. Vous avez reçu en 2017 le César du meilleur film documentaire, c'était pour Merci patron. Au moment du mouvement des gilets jaunes, d'ailleurs, vous avez refait un autre documentaire alors que le cinéma étaient encore ouverts, vous aviez tourné la parole des gilets jaunes.

Ça s'appelait "Je veux du soleil". Vous écrivez beaucoup de livres. Le dernier, ça s'appelle leur progrès et le nôtre.

Ça vient de paraître aux éditions du Seuil. Vous connaissez le principe de l'émission. C'est moi qui vient à vous.

Je suis venu ici donc dans la Somme, on est à Amien, mais c'est vous qui avez choisi ce lieu. Je voudrais que vous nous expliquiez où est-ce qu'on est. D'accord.

D'abord, jeis vous remercier d'être venu ici puis remercier vos équipes aussi parce que vous savez quand on a la chance d'être dans la lumière comme ça, c'est qu'il y en a qui ont trballer des caisses, les gens le voit pas mais il y a des camaras dans tous les sens, il y a de de des lampes et ainsi de suite et voilà, ils ont chargé, ils ont déchargé et je suis toujours flatté quelque part quand on vient jusqu'à Amien. Ensuite, pourquoi j'ai choisi aux Anges ? Donc c'est une association d'insertion pour les femmes et notamment je travaille avec la directrice sur les le métier d'auxiliaire de vie sociale.

Comment on peut construire un statut et un revenu sérieux pour ces dames qui parce que c'est à 90 95 % ce sont des femmes qui s'occupent des personnes âgées qui passent chez elles le matin pour ouvrir les volets, mettre le repas au micro-ondes, sortir mamie du lit pour ainsi dire et qui vont repasser le soir pour fermer les volets, voir si tout se passe bien et ainsi de suite et qui vont donc avoir des journées à rallonge du matin au soir et pourtant qui vont avoir que des bouts de contrat au milieu et être finalement très peu payés. La plupart sont sous le SMIC et je pense que c'est une injustice criante. Et donc euh euh avec Sabine, on se bagarre pour et puis avec d'autres hein avec le député en marche Bruno Bonel aussi mais avec euh des le collectif des des femmes invisibles et ainsi de suite pour dire de construire un statut à revenu pour ce métier-là, mais aussi pour les assistantes maternelles pour les agents d'entretien.

Vous savez l'an dernier Emmanuel Macron quand il a eu cette espèce de révélation qui a malheureusement trop peu duré, qui s'est éclipsé, mais il nous disait "Notre pays tout entier repose sur ces femmes et ces hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal." Ben voilà, lesires de vie sociale en font partie, les agents d'entretien en font partie, les assistantes maternelles en font partie. C'està-dire que notre pays repose sur elle parce que c'est massivement féminin et pourtant elles vont pas toucher le minimum qui est le salaire minimum.

Moi, je pense que c'est un grand chemin du progrès possible pour aujourd'hui, pour demain. Enfin, c'est l'humain, c'est comment on va faire pour progresser ? Et ben là, vous avez une cause qui est à la fois une cause sociale parce que c'est des centaines de milliers de personnes qu'on va pouvoir sortir de la pauvreté.

C'est une cause féministe parce que je l'ai dit, ce sont massivement des femmes dans ces métiers là. Et d'ailleurs, s'ils sont maltraités, c'est parce que ce sont des femmes, c'est parce que dans l'inconscient national, pour moi, dans l'inconscient, il y a quoi ? Bon bah finalement les femmes ça fait des siècles qu'elles s'occupent des enfants, qu'elles s'occupent des personnes âgées, qu'elles s'occupent des personnes handicapées.

Je m'occupe aussi des avec les accompagnements d'enfants en situation de handicap. Elles font ça à la maison d'habitude bénévolement. Là on les paye un peu, elles vont pas nous embêter quoi.

Ce que ce que vous ce que vous dites en fait dans dans ce lieu, vous avez parlé de progrès, vous avez parlé de rémunération, vous avez parlé des femmes qui travaillent, de la question sociale, vous avez aussi parlé d'Emmanuel Macron. Tout ça, on va en parler justement dans cet entretien. Euh je voudrais quand même qu'on commande par commence par ce calendrier du du Covid euh de sortie du Covid, de sortie du confinement avec euh un certain nombre d'étapes qui ont été détaillées euh dans la presse par Emmanuel Macron.

Le fait que ça y est, il y ait quand même des étapes, un échalonnement de de de toute cette sortie, c'est une bonne nouvelle. D'abord, je vous dire que ce que j'ai trouvé le plus drôle dans l'entretien qui a accordé Emmanuel Macron à la presse régionale, j'ai là mon courrier Picard, c'est que finalement il y a un virus qui craint plus encore que le Covid, c'est la baille deite aigue. Ce qui craint, c'est que ce virus, la baidonite aigue, oui, la que il y a une baidonisation de l'économie et il craint que ce virus qui là est en train de sévir sévèrement aux États-Unis avec des mesures sociales, avec des impôts sur les riches, avec du protectionnisme, il craint que ça passe par-dessus l'océan et ça vienne contaminer les esprits dans notre pays.

Et là, c'est les une partie de l'entretien qui est assez. Donc ce que vous voulez dire, c'est que ce que Joe Biden est en train de faire aux États-Unis, il a qu'une trouille Emmanuel Macron, c'est que ça arrive ici. Évidemment, il dit surtout pas, il ne dit pas comme ça.

Vous parlez quoi ? Des impôts, des impôts sur les puris, regardez l'entretien. On lui demande Joe Biden va taxer l'argent qui dort chez les plus riches.

C'est une solution ? Réponse d'Emmanuel Macron. Tant que je serai là, il n'y aura pas de hospô en sortie de crise.

On lui dit cette dette Covid, il faudra la rembourser. Il ne peut pas y avoir de souveraineté industrielle sans une baisse des impôts de production. Non, pour lui, il n'est pas question de faire le début d'un pas.

C'estàdire que fait Biden ? Il fait c'est votre c'est votre nouveau héros. Écoutez, je il y a 30 ans quand est né le libéralisme avec Satcher en Angleterre et Rean aux États-Unis, tous les regards se sont tournés là-bas.

Et on a demandé à la France de suivre ça. Elle l'a fait avec résistance et heureusement. Et maintenant que il y a une lumière qui s'ouvre de ce côté-là, comme Macron ne regarde pas par là, il faudrait pas regarder par là.

Non, non, non, non, non. Il faut absolument voir ce qui s'y passe. François Ruffin, il y a des choses que vous applaudissez chez Biden mais que vous n'arrivez pas à avoir chez Emmanuel Macron.

Quand on voit quand même qu'il y a eu 170 milliards qui tout à sont sortis du chapeau de l'État là pour soutenir l'emploi, les entreprises en France, il y a beaucoup de pays européens qui disent "Bah franchement, chapeau la France d'avoir soutenu notamment tous ceux qui seraient au chômage ailleurs." Non, j'ai aucune difficulté et je pense que ça s'est fait dans la plupart des pays européens à penser que le pré garanti par l'État et le chômage parel ont été des bonnes mesures qui ont permis au moins de geler pendant le temps de la crise du Covid. la situation pour les entreprises et pour les salariés.

On verra ce que ça donnera au dégel, mais j'ai aucune mal à dire que c'était de bonnes mesures. Maintenant, je vois l'océan de ce qui n'est pas fait qui fait qu'on a un million de pauvres en plus, qui fait qu'il y a rien pour la jeunesse, qui fait que les intérimères ont été abandonnés. Là, il y a on peut pas dire qu'il y a rien pour la jeunesse.

Je le dis, on y reviendra si vous voulez plus en détail, mais je le dis, il faut voir ce qui se passe depuis 1 an. On a plus 55 % de patrimoine en plus pour les milliardaires de ce pays. 130 milliards d'euros, c'est tellement des sommes gigantesques que les gens peuvent pas comprendre ce que ça signifie 130 milliards d'euros que les milliardaires ai gagné plus de la moitié pendant un temps de crise sanitaire pendant un temps où il y a eu des paires de revenus même ceux qui ont eu de chemag partiel c'est une perte de revenus pendant ce temps-là les autres se sont gavés 130 milliards d'euros c'est quoi c'est 5 % du PIB de la France qui est parti dans ces seules poches là mais un autre chiffre qui vient de tomber augmentation de 51 % des dividendes 51 milliards, ça signifie quoi ?

C'est 51 milliards, pardon. Ça signifie que c'est le budget des 1356 hôpitaux français. C'est pas les dividendes, c'est juste l'augmentation des dividendes est égale au budget des 1356 hôpitaux français.

Et pendant ce temps-là, Emmanuel Macron n'a pas remis un interne en plus dans les services de réunumation et n'a pas remis un lit en plus dans les services de réanimation. Rien. Aucune réforme structurelle pour vous pendant ce Covid. [rires] Il a fait une réforme structurelle.

Ça était quoi ? C'est ce qu'il appelé la baisse des impôts productifs. C'est une réforme structurelle.

C'est une réforce qui va qui va être là dans la durée. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les 280 plus grosses entreprises du pays vont ramasser la la mise des dizaines de milliards à nouveau.

Et il l'explique de toute façon dans son entretien Emmanuel Macron, il explique très bien comment il pense que l'industrie va renaître parce que on va soulager les impôts. On va revenir sur l'industrie. On parlera de de Weirpool qui a 300 m d'ici. cette cette usine qui est qui a été un lieu véritablement des des affrontements pendant l'élection entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen mais aussi entre vous et Emmanuel Macron mais quand même sur ce calendrier, vous aviez été très dur notamment sur le le couvre-feu.

Il va être levé progressivement mais il va être levé. Écoutez, on a là je un jeu qui dure depuis un an et maintenant on l'a en grand, c'est le super Manuadi. Alors d'habitude c'était Manu a dit pas plus de 6 à table, Manu a dit pas plus de 1 km.

M a dit ça sera d'accord pour 10 km. Là on a eu donc le confinement, le déconfinement, le reconfinement, le redéconfinement, le reonfinement et là le redéconfinement. Mais vous croyez franchement qu'il joue ?

C'est comme Jacques a dit quoi Et ben écoutez, à nouveau, on nous parle de Paris. À nouveau, on nous dit on sait pas ce qui va se passer. Je pense qu'il y a une certaine jouissance du pouvoir à pouvoir ainsi décider de ce que les Français étape par étape vont pouvoir faire.

Quand vous dites "On est dans un jeu et il y a une jouissance du pouvoir", on a presque l'impression que pour vous il y a il y a un enivrement d'Emmanuel Macron, y compris dans ce moment de crise et en tout cas ça a été décrit dans des papiers dans le monde qui montrai comment dans les cabinets ministériels, on était à la fois stupéfait et réjoui de se dire qu'on allait pouvoir fixer la distanciation sociale entre les gens à 1 m plutôt qu'à 1,50 et ainsi de suite. Jamais on a accepté que de cette manière-là un pouvoir au quotidien vienne régir nos vies. Mais mais on a l'impression que pour vous tout ça est lié à la presque à la personne, au caractère, à la manière de gouverner d'Emmanuel Macron.

Mais regardez ailleurs, c'est la même chose en Allemagne, c'est la même chose en Angleterre, c'est la même chose en Italie, en Espagne, au Portugal, ils ont ouvert, ils ont refermé en Italie, ils ont ouvert et puis finalement, ils ont refermé. Non mais là ce qui n ce qui est spécifique à la France et à la fois parce que il y a la 5è République, vous savez très bien qui est une espèce de monarchie présidentielle et que Emmanuel Macron accrave encore davantage, c'est des décisions qui sont entre les mains d'un seul homme. Là il y a même plus de conseil scientifique.

L'assemblée, j'en parle pas, elle a jamais été consultée. Moi, j'aurais souhaité que il y ait les soignants, il y a les commerçants, il y a les étudiants qui soient mis dans une espèce de convention pour discuter de toutes ces mesures là. Pourquoi d'un seul coup ça va être de 6, on va avoir le droit à passer à 10 dans la rue ?

Pourquoi on va passer à 21h le couvre-feu ? Pourquoi on va le maintenir à 23h ? Pourquoi un couvre-feu à 23h ?

Quel est l'intérêt d'un couvre-feu à 23h ? C'est que vous avez déjà mangé avec vos copains. Mais c'est le cas à Madrid par exemple depuis des mois.

Mais mais pourquoi ? Mais quelle est l'utilité de poivrefeu ? Sur quelle donnée on se fonde ?

Quel est le rapport ? Comment on partage ça avec les Français ? Il y a jamais la question qui est posée.

Il y a eu des études notamment des universités anglaises qui disent que le couvre-feu c'est ce qu'il y a de plus utile pour réduire la circulation du virus. Je les ai pas vu passer et donc je je fais mon met à coup pas. Très bien.

Vous pensez vraiment que c'est au doigt mouillé ? Oui, je pense qu'il y a il y a sans doute qu'il s'interroge mais c'est même pas une question de doigts mouillé. Il y a une part de doigts mouillés puisque que 10 minutes avant on nous dit les l'entourage d'Emmanuel Macron nous dit 10 minutes avant on sait pas exactement ce qui va être décidé.

Donc oui, il y a une part de d'intuition comme ça du président de la République, mais au-delà de ça, c'est comment on pe c'est de droit divin. C'est pas de droit divin, mais c'est comment on peut accepter que tout soit remis comme ça dans les mains d'un seul homme. Moi, c'est vrai que ça me perturbe.

Ça me perturbe pour cette crise, mais je le dis, ça me perturbe pour les crises à venir. Je voudrais juste comprendre si vous vous étiez au pouvoir, il y aurait eu quand même couvre-feu, il y aurait eu quand même confinement ? Ah ben il y aurait eu des tas de mesures évidemment.

Maintenant, je pense qu'il y avait d'autres choses à penser aujourd'hui. Ce que je ferai, je je pense que par exemple sur les vaccins, nous aurions fait mieux parce qu'on aurait réclamé la levée des brevets et on l'aurait obtenu, on aurait fait la licence d'office et donc on aurait eu les moyens de vacciner tout à fait massivement et beaucoup plus rapidement. Vous auriez tout seul avec vos petits bras en France décidé la lever des brevets.

Il y a une autor pour des entreprises américaines, pour des entreprises allemandes. Il y a Je vous rappelle quand même qu'il y a pas d'entreprise française qui a fait qui a fait de B. C'est c'est tout à fait possible.

Ça s'appelle la licence d'office. On en a le droit. La réquisition c'est un droit aussi qui existe dans des situations d'urgence sanitaire.

Vous savez madame de Malerbe on s'est permis sur les citoyens d'être très puissant. Je dis souvent l'État s'est montré un fauve avec les citoyens quand on lui dit qu'on peut pas aller faire son jogging comme ça a été le cas pendant le confinement que les enfants doivent rester à l'intérieur peuvent pas aller respirer le printemps. Voilà.

Et avec les entreprises qu'est-ce qu'on a fait ? Rien. On les a laissé vivre.

On a on a met aucune pression sur elle. Là le vaccin, il est vendu au tarif que souhaitent les entreprises. Pourquoi l'Inde est en train de de crever ?

Je je relis hier un rapport de Hoxfam qui dit que les gens sont en train de mourir dans la rue. Il ils meurent sur les parking. Pourquoi ?

Parce que des voitures amènent euh les familles, les malades devant la porte des hôpitaux qui restent fermés parce qu'il y a plus de chambr, parce qu'il y a plus d'oxygène, parce qu'il y a rien. L'Inde, ça fait maintenant des mois qu'elle réclame la levée des brevets sur les vaccins avec l'Afrique du Sud. Avec 174 pays du sud, il réclament la levée des brev. accéléré.

Mais on peut pas dire que l'Inde ne vaccine pas. L'Inde vaccine. Mais vous auriez voulu qu'ils puissent eux-mêmes produire leur propre vaccin.

Oui. La cubidité est en train de tuer des centaines de milliers de personnes à travers le monde. La cupidité est en train de paralyser le monde.

Voilà ce qui se passe. Voilà ce qui se passe sous nos yeux depuis des mois. L'aide qui est apportée, y compris par la France à l'Inde, notamment avec de l'oxygène et cetera, est-ce que ça ça vous paraît quand même une bonne chose ?

On peut faire tout ça, il faut le c'est du palliatif et il faut le faire. Il y a pas de souci là-dessus. Maintenant, je dis qu'il y a des mesures d'ampleur qui pouvaient être prises que réclamer l'Inde depuis des mois.

Et la France, dire, je suis pas en train de de délirer. La c'est bien Emmanuel Macron qui l'an dernier déclarait que ce vaccin devrait être un bien public mondial. Tout à fait.

C'est bien l'Union européenne qui disait que ce vaccin devrait être un bien public mondial que réclame le directeur de l'OMS, l'Organisation mondiale de la santé, que le vaccin soit un bien public mondial. Il réclame la levée des brevets. Mais voilà que au pied du mur, la France, l'Union européenne à l'Organisation mondiale du commerce vote contre la levée des vaccins.

Et à ce moment-là, la France, l'Union européenne décide de choisir le camp de l'argent plutôt que le camp des gens. le pass sanitaire François Rifin qui va être obligatoire dans un certain nombre de circonstances notamment pour aller au concert pour aller au stade. Je sais que vous aimez beaucoup le foot pour retourner dans les dans les stades, pour aller dans les concerts, pour aller dans les foires, les salons, il faudra un pass sanitaire.

Alors, pas forcément prouver qu'on a été vacciné mais à défaut au moins qu'on ait fait un test PCR. Est-ce que vous estimez que s'il le faut et si ça permet de contrer la circulation du virus, c'est une bonne chose ? En tout cas, je vois comment on glisse et il faudrait que ça soit bien clarifié du passeport vaccinal au passes sanitaire.

Là, il y a une transformation sémantique, il faut bien la clarifier. Si jamais on nous dit queil faut un test dans les de jours précédents juste pour les événements de grande ampleur et que ce test est remboursé parce qu'il fait partie de mesures préventives, j'y suis pas hostile. Donc ça, dans ces cas-là, pour vous, c'est pas une privation de liberté comme certains le disent.

Non, si jamais, je le redis, si je pose des conditions, mais si jamais il s'agit pas de vaccin, mais que le test peut faire foi et que il est remboursé, ça me ça me pose pas de problème. Dans cette interview, Emmanuel Macron évoque l'idée d'une sorte de nouveau grand débat. Il dit "Je vais reprendre mon bâron, mon bâton de pèlerin, aller prendre le pou de la France." Voilà son expression.

Et il lance une sorte de grande consultation. Est-ce que vous vous dites que c'est le retour du grand débat ? Est-ce que c'est nécessaire ? parce que ça avait été une bonne chose finalement.

Bah ça ça n'a servi à rien. Ça fait beaucoup de mousse. Il soit-disant qu'il y avait des cahers de qui étaient recueillis qui n'ont même jamais été dépouillé.

Le grand débat a surtout permis à Emmanuel Macron de passer sa parole messianique. Ça était moins vrai dans l'autre sens. Donc bon, moi je j'ai écris un bouquin qui s'appelait ce pays que tu ne connais pas.

Si tardivement Emmanuel Macron veut aller à la découverte de ce pays. Oui. Voilà.

Bon bah qui qu'il aille faire des balades. Euh il aura levé sans doute un certain nombre de de d'autorisations d'ici là pour franchir pour aller d'un département à un autre. Donc pourquoi pas ?

Mais vous aviez justement été recueillir la la parole sur les ronds-points des gilets jaunes. Vous en avez fait un un film, ça s'appelle Je veux du soleil. Est-ce que cette colère que vous aviez recueillie, votre propre cahier de doléance en quelque sorte, vous pensez qu'elle est elle est derrière nous ou est-ce qu'elle est toujours là ?

Est-ce qu'elle va s'exprimer à nouveau ? Est-ce que vous imaginez qu'une fois cette crise du Covid ou en tout cas ce couvercle du Covid levé, cette colère sociale ressurgira ? Vous savez, pour moi, ce sont des moments de miracles.

Ces instants où les hommes qui étaient mués se mettent à parler, où les gens qui vivaient cachés surgissent sur les ronds-points et brandissent des gilets jaunes où les plus résignés se mettent à être animés d'espérance. Ce sont des miracles et on peut pas savoir quand ils vont se produire. Donc là, c'est ça me met très mal à l'aise que vous disiez ça parce qu'en fait vous dites "C'est des miracles, ça a été des moments d'infinie souffrance et c'est un peu étrange la manière dont vous en parlez comme si vous vous réjouissiez de ce moment où en fait on les a vu pleurer quoi.

Ces gens qui souffraient en silence." Non, je pense que le moment où ils se sont retrouvés sur des ronds-points, ça a été moins pour eux un moment de souffrance qu'un moment de libération et qu'un moment de communion et qu'un moment où on se retrouve et que un moment au fond d'un bonheur étrange. Mais davantage que quand on rentre chez soi, qu'on est seul et qu'on a le sentiment de se résigner.

La réalité, c'est qu'ils sont pour la plupart rentrés chez eux et qu'aujourd'hui ils sont assez seuls. J'en suis bien conscient et c'est bien ce que je dis et je dis les moments où ça se produit, vous me demandez de prédire si ça va se produire à nouveau. Je vous dis moi je peux pas prédire ce genre de d'événement.

Voilà. En revanche, ce que je sais c'est que les causes, elles sont toujours là. Les causes sur ces métiers qui ont été en première ligne pendant la crise et qui galèrent, ça c'est toujours là.

On est, je le disais, pas très loin de l'usine Weirpool euh qui avait été ce moment où à distance, il y avait eu un duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Il y a toujours eu ces moments sociaux qui dans les dernières élections présidentielles ont joué un rôle important. Il y avait eu Florange, il y avait eu Guindrange et il y a eu Weirpool qui restait comme un symbole qui aujourd'hui, on peut le dire, n'a absolument pas tenu ses promesses.

Les promesses d'être repris, d'avoir une reprise, d'avoir un espoir industriel. sans surprise malheureusement. Mais Emmanuel Macron est venu trois fois sur le site.

Mais aucun de vous n'a réussi à en faire quelque chose finalement. Écoutez, il y en a euh donnez-moi le le ministère de l'économie, vous verrez ce que ça donnera. En tout cas, je me comporterai pas de la même manière à l'égard de Whpool, c'est-à-dire en autorisation les licenciements alors qu'on pouvait refuser l'homologation et ensuite en autorisation, y compris les licenciements des délégués syndicaux contre l'avis de l'inspection du travail, contre l'avis de la direction régionale de l'inspection du travail, directement le cabinet de Muriel Penico qui accepte ça et finalement c'est annulé par le tribunal.

Donc donnez-moi le pouvoir et vous verrez que je mènerai, nous mènerons la politique d'un Biden sur Whpool. Emmanuel Macron est venu, il nous a dit tous les salariés seront repliis. C'est un cluster formidable.

L'avenir industriel est garanti et il félicit les salariés. Les salariés ont un savoir-faire et n'ont jamais joué la politique du pire. Ils n'ont jamais pris l'usine en otage.

Quand les salariers savent faire cela, ça paye. Ça paye tellement quoi il y a eu trois plans sociaux successifs. Mais il y a eu aussi des plans de commande qui sont restés désespérément vides.

À un moment vous pouvez pas produire si personne vous achète. Et c'est à l'état d'avoir une politique industrielle. Politique industrielle vous savez c'est un gros mot depuis les années 80 ça été mais mais si ça tourne à vide si on fait des fausses commandes en quelque sorte ça devient un village potemkin.

Mais qui demande ça ? qui a choisi que ça soit des trucs bidons qui soient mis sur ce site ? Est-ce que par exemple le dernier qui était venu c'était et je je ne critique personne he mais c'était pour faire de l'ameublement d'espace intérieur et ainsi de suite.

Bon pourquoi pas ? Est-ce que c'est la priorité du moment pour la France de produire de l'amublement d'espace intérieur ? Moi, je vais vous dire ce que je souhaitais pour sur ce site, c'est qu'on refasse des lave-linges.

Il y avait des gens qui s'étaient proposés, l'increvable qui a fini par crever puisqu'ils ont pas été soutenu pour fabriquer du lave-linge qui était la production originelle de whpool à mien. Sachant que en France, nous n'avons plus une seule usine de laveelinge. La petite Suisse a deux usine de lainge.

La Grande France n'en a plus aucune. À un moment, c'est à l'État d'avoir une stratégie industrielle et de dire ce qu'on veut. En fait, le problème central, c'est que depuis 30 ans, on est dirigé par des inspecteurs des finances et pour eux l'industrie, c'est un truc du passé.

Et ce qui compte c'est quoi ? les banques et les services et donc ils sont prêts à signer des accords de libre échange qui permettent de massacrer l'industrie et les ouvriers avec du moment que les banques et la finance vont rapporter et même nos élites elles sont prêtes à soldstom alcatel péchiné Arcelor tout peut être bradé aux intérêts étrangers et y compris le pouvoir peut y mettre la main comme Macron chez Halstom avec général électrique complicité quand vous dites tout ça on s'est dit mais comment est-ce que vous réagissez Quand vous voyez que le premier vote des ouvriers en France, c'est pour le rassemblement national, qu'est-ce que vous avez raté puisque c'est votre puisque c'est votre cause, puisque c'est votre combat. Écoutez, à titre personnel, qu'est-ce que j'ai raté alors que j'analyse ça madame de Malerme depuis que j'ai 20 ans et que j'ai lancé un journal dans cette ville entre autres pour cette raisonlà parce que c'était dans un moment où en plus c'était la gauche qui était au pouvoir et elle s'ynthdisait de prononcer le mot ouvrier et je considérais que on peut pas abandonner les classes populaires comme ça a été fait.

Qu'est-ce qui s'est passé jusqu'en 1981 ? Grosso modo, à la fois les classes populaires, les ouvriers et les profs, les intellectuels votent pour la gauche. Et puis qu'est-ce qui se passe ?

C'est la mondialisation qui trace comme un fil à couper le beurre entre les vainqueurs et les vaincus. D'un côté, ceux qui s'en sortent, de l'autre ceux qui sont C'est exactement le constat que fait Marine Le Pen. Exactement le même constat.

Il n'empêche de partager, elle nous parle des des des oubliés. Elle voilà ça fait ça fait bien longtemps que je le fais avant même Marine Le Pen puisque en 99 mais je ne dis pas qui a commencé ou qui n'a pas commencé je dis simplement vous faites le même constat le constat il est là maintenant c'est quelles sont sont les solutions qu'on apporte et je vous ai dit les solutions pour moi le je vois le trépied et c'est pas sur ce trépied là que s'appuyera Marine Le Pen du protectionnisme. Oui. 2 là elle s'appuie sur le même trépied.

Ça ce trépied là c'est elle. D'accord. OK.

Un vaste investissement social. Bah, elle dit la même chose. Non, non, bah cherchez-le le vastinestissement social chez Marine Le Pen.

Cherchez bien, cherchez bien. J'aiécris un bouquin sur la politique économique du Front National, sur ces préconisations économiques. Et le troisème point, taxer les riches et les multinationales.

Cherchez ça aussi. Cherchez bien. En fait, vous faites du Biden, quoi.

C'est ce que vous voulez faire. Je pense que là quand vous savez, vous allez voir assez vite quand même que les proportions sont pas tout à fait lesbables aux États-Unis sur les riches et les autres et que les inégalités écoutez vous êtes J'ai l'impression quand même que vous l'angélifiez un tout petit peu la vie américaine. Je m'en fiche de qui est Biden.

D'accord. Maintenant je vois que pendant 30 ans, on a eu There is no alternative. C'était la phrase de Margarette Satcher.

Il n'y a pas d'alternative. On nous a ressassé ça pendant 30 ans. Là il y a une alternative qui s'ouvre.

Je j'entends qu'elle soit pas parfaite et il y aura des échecs et il y aura des déceptions. Mais maintenant, il faut s'appuyer là-dessus pour dire voilà l'année prochaine les Français, l'année prochaine, on doit offrir ce choix aux Français. On doit leur dire vous avez le choix entre Macron qui va vous dire que on va vous bouffer vos retraites, on va vous bouffer vos droits au chômage, on va bouffer tout ça pour remborser la dette.

Mais on touchera pas aux impôts. Et vous avez de l'autre côté, il nous faut un Biden français qui vienne dire quoi ? qui viennent dire "Nous on va faire de la dépense sociale." Vous voyez, sur le protectionnisme, c'est quelque chose qui est constant chez moi depuis 20 ans.

Sur la dépense sociale, c'est quelque chose qui est constante chez moi depuis 20 ans. Et sur le fait qu'il faille prendre l'argent là où il est, c'estàdire dans les multinationals, vous savez, c'est comme si on avait un éléphant qui était au milieu du couloir. Amazon paye moins d'impôts en France ou aux États-Unis que un enseignant, que vous-même pas qu'une femme de ménage.

Non mais vous avez cette cet éléphant là au milieu de la pièce. Mais c'est facile de crier au grand méchant loup. Il y a Amazon.

Amazon c'est quand on a dit Amazon, c'est le grand méchant. Je veux dire Amazon adco Sanofi. Je veux bien le et vous en parlez beaucoup dans votre livre dans votre livre leur progrès est le nôtre.

On a l'impression qu'il y a les méchants d'un côté et les gentils de l'autre. Amazon c'est les grands méchants. Sauf que la réalité quand même et vous le savez très bien c'est que pour un grand nombre de Français qui étaient isolés et qui étaient seuls et qui ne pouvaient pas aller dans les commerces pendant le confinement.

Heureusement qu'Amazon était là. D'abord, moi je cherche pas à dire il faut pas d'Amazon. Je [grognement] demande à ce que Amazon paye ses impôts en France.

C'est pas formidable. Il y a un truc qui existe pour le libraire de mon coin Philippe du labyrinthe à Amien. C'est quoi ?

C'est la TVA. Vous voyez c'est pas très original. Et il se trouve que les revendeurs d'Amazon trouvent le moyen eux de s'exonérer de la TVA.

C'est formidable. sans compter que il il s'installe à Jersé au Luxembourg pour pas payer d'impôt de solidarité sur la fortune. Mais c'est pas là on dit Amazon mais c'est pas une spécificité américaine.

Vous savez dans les open luxe qui viennent d'être ouverts, c'est les Français pardon qui envoient le le plus leurs capitaux au Luxembourg. Sur les 50 premières familles françaises, il y en a 35 qui se sont installés au Luxembourg. Hermes, Arnaud, Mullier, donc Léochamp.

Ils ils vont placer leur argent au Luxembourg. Et quand on interroge Bruno Lemire là-dessus, il dit quoi hein ? Il y a il y a c'est paru dans la presse vraiment.

Ah bon ? Je savais pas mais je vais me renseigner, je vous assure. Et Emmanuel Macron, pas un mot là-dessus.

Pas un mot. Pourquoi ? Il faut le dire.

Emmanuel Malcron est là pour protéger les multinationales et peu importe qu'elle soit française, américaine ou luxembourg quand vous dites il est là pour ça. Il a été élu. Vous savez, il y a eu une double élection dans l'élection d'Emmanuel Macron.

Il y a d'abord les capitaux qui se sont mis d'accord et il y a eu une deuxième étape, c'était la validation populaire. Mais oui, il y a eu une première étape où un certain nombre de dirigeants d'entreprise ont considéré que pour cette fois-ci, c'était le meilleur cheval, que notamment Fillon était cramé. C'est c'est presque une élection truquée quoi.

C'est euh les il y a des gens qui ont des intérêts à défendre et ils s'organisent pour les défendre et ils sont beaucoup mieux organisés en ce moment que ne le sont les agents d'entretien, les auxiliaires de vie sociale, les assistantes maternelles qui sont qui possèdent pas les mêm la même puissance pour vous savez de toute façon c'est très clair à l'automne 2017 Emmanuel Macron a dit "Bon bah l'ISF je vais voir mais je le ferai peut-être mais un petit peu plus tard qu'est-ce qui s'est passé ? Les bois du Qu, elles se sont pointé à l'Élysée et ils ont dit "Non, non, l'ISF mon gars, tu vas me le faire maintenant." Et l'ISF le gars, il l'a fait maintenant.

C'est tout. C'est comme ça que ça fonction. Qui est-ce qui tient le pistolet du coup sur la tente de l'autre ?

Bah c'est clairement les multinationales, c'est Emmanuel Macron est l'agent temporaire et il pourra y en avoir un autre des multinationales pour mener la politique qu'il doit mener. Et alors ça va de la quand vous pensez qu'en même temps il a supprimé l'impôt de solidarité sur la fortune et qu'il a réduit les appels de 5 € et que c'est les étudiants notamment qui ont été premiers touchés par ça, les plus pauvres. Bon voilà, il y a des moments où les choix sont quand même assez parlants quand même.

À un moment, je me pose toujours cette question, tout ce que vous dites, vous le disiez déjà avant, mais depuis il y a eu ce quoi qu'il en coûte ? Il y a eu ces 170 milliards qui ont été donnés tout d'un coup, qui ont été sortis, qui étaient pas du tout dans la philosophie d'Emmanuel Macron. He c'est clair, c'était pas du tout l'état d'esprit au départ.

Mais ça prouve quand même qu'à un moment quand il faut être autre chose que libéral, il l'est. Quand il s'agit de sauver le capital, ils sont prêts à appeler l'État la rescousse et il y a pas de doute. Mais là, c'était pas pour sauver capital, c'était pour sauver le travail.

Oui, pour sauver les entreprises. Et et je dis tant mieux, je vous l'ai dit tout à l'heure, donc je vais pas dire le contraire, je vous dis tant mieux. Je dis par contre pendant ce temps-là, comment ça se fait que immédiatement pour les entreprises, on met en place le prégaranti par l'État et le chômage partiel et depuis 1 an, on n'est pas fichu par exemple sur la jeunesse de mettre en place un filet de sécurité minimale.

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que concrètement moi je rencontre des gens, regardez ça, vous savez ce que c'est ? Non, c'est un appareil auditif.

D'accord. Maxime, c'est un étudiant amien, il est en master de psychologie et pour lui c'est la galère en ce moment. Il sait pas comment il bouffe.

Il évidemment l'essence dans la bagnole c'est une autre souci pour aller sur son lieu de stage. Normalement, il arrive à avoir des boulots l'été. Là, il savent pas s'il va pouvoir les avoir comme plein d'étudiants.

Ça c'est quoi ? Ce sont ces appareils auditifs ? Ces appareils auditifs qu'il peut plus entretenir, qui peut pas renouveler.

Il a pas l'argent pour ça. Ses parents peuvent pas l'aider pour ça. Et donc ça fait quoi ?

Ça fait que ce jeune qui a des difficultés à entendre et ben depuis tout ce temps, il entend plus. Et avec mal plutôt, il faut que je dise mal parce que c'est pas qu'il a zéro audition. Quand on est seul dans mon bureau, il m'entendait.

D'autant plus que on pouvait enlever le masque mais que les gens avec le masque, il arrivent pas à lire sur les lèvres. Et donc d'habitude, il arrivait à cacher son handicap. Et là avec ça, et ben quand il passe à la caisse des magasins, les gens disent "Mais tu es sourd ou quoi ?" Euh ben oui, il est sourd mais maintenant c'est un handicap.

Il le vit comme un handicap tandis qu'il avait réussi à faire 100. Mais toute sa vie de toute façon euh euh est difficile comme étudiant même avant, faut dire que ce qui est même avant la crise du Covid parce que comme il avait pas d'argent de ses parents et comme sa bourse être de 100 € ça veut dire que le sport il a dû l'arrêter. Euh les acheter les livres pour les cours, c'est compliqué.

Donc voilà, est-ce qu'on accepte ça ou est-ce qu'on se dit que là il y a un chemin de progrès ? Quel est le chemin de progrès ? Ce qu'on a fait pour nos vieux, il faut le faire pour nos jeunes.

Moi, j'en appelle aujourd'hui aux parents et aux grands-parents. J'en appelle à une solidarité avec leurs enfants et leurs petits-enfants, avec les enfants et les petits-enfants de tout le pays. Il faut que les parents, les grands-parents disent "Nous, on a ça qui s'est construit, les retraites et les minimum vieillesse." En effet, pour débuter dans la vie, il faut avoir un minimum jeunesse.

Est-ce que c'est pas un peu l'inverse en ce moment ? C'est-à-dire plutôt une fracture des générations. Quand on voit en effet que les jeunes ont sans doute aujourd'hui le sentiment de s'être un peu sacrifié pour les plus fragiles et les plus vulnérables au Covid, c'est-à-dire les plus âgés, est-ce que vous avez pas le sentiment que ça va être justement plutôt une fracture ?

Et ben c'est j'invite justement à ne pas avoir ces déchirures. Vous savez, moi il y a des déchirures que je ne souhaite pas dans mon pays. Je ne souhaite pas une déchirure entre les étrangers et entre les Français.

Je ne souhaite pas une déchirure entre les jeunes et les vieux. En revanche, j'ai pas de mal à demander à ce queil y ait une confrontation entre le haut et le bas éventuellement et à ce que euh en haut on donne plus en bas. Vous dites "Je souhaite qu'il y ait pas de déchirure." On l'a vu cette semaine, il y a eu cette tribune qui a beaucoup fait parler et qui euh justement tente de pointer ou estime qu'il faut dénoncer une déchirure et un pays fracturé.

Je pense évidemment à la tribune signée par un certain nombre de militaires à la retraite qui dénoncent un délitement qui frapperait le pays. Ils affirment être disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation. Jean-Luc Mélenchon est le premier à être monté au front sur cette tribune.

Avec le groupe La France insoumise, vous avez demandé au procureur de Paris d'engager des poursuites. Il y aura des poursuites mais des poursuites au niveau militaire. C'est le chef d'état-major des armées qui l'a dit.

Il a condamné cette tribune et il a promis qu'il y aurait un risque de radiation pour ceux qui sont encore dans l'active comme on dit. Est-ce que vous vous dites ça c'est une bonne réponse ? Ces sanctions c'est une réponse militaire.

Moi je souhaite aussi une réponse politique. Dire d'abord le problème avec cette tribune. Il y a ce que pense du pays ses militaires et ainsi de suite.

Il s'expriment. Bon, c'est une chose mais à l'intérieur de cette tribune, il y a quasiment un appel à l'insuraction armée. Il y a il y a en en filigrane une menace de PCH.

Est-ce que les Français souhaitent un coup d'état militaire ? Et voilà ce qui est en fidigrane quand même dans la tribune et qui me paraît le plus grave à être pointé. Vous avez quand même un peu l'insoumission à géométrie variable he pardon parce que quand il s'agissait pour vous d'aller devant l'Élysée et de dire Emmanuel Macron va partir et qu'il y avait quand même quelque chose aussi d'une forme de volonté de PCH au moment des des moments aigus des gilets jaunes.

Quoi qu'il se passe ça pas de problème madame de Malerbe. Quoi qu'il se passe une insurrection armée militaire ça n'est pas une insurrection populaire. Le 14 juillet c'est en effet une insurrection.

Et je vais pas renier que notre pays s'est construit sur une insurrection populaire et que il y a inscrit dans la constitution le droit au peuple à sous sououlever quand il estime qu'il n'est plus représenté. Donc ça ce sont quand même deux choses différentes. Le général de Gaul est venu mettre fin à une tentative de pH de militaire aussi en 1900.

Ce qui est génial c'est que cette semaine vous vous êtes tous dit du côté du général de Gaulle qui était le bon insoumis. Je recevais Marian Maréchal cette semaine qui disait exactement la même chose. Sa référence c'est le général de Gaulle.

C'est c'est étonnant parce que son père sa référence c'était plutôt les généraux PCes à Alger hein. Oui. Mais aujourd'hui ce que je veux dire c'est que vous vous réconciliez tous excusez-moi.

Son grand-père son grand-père c'était quand même monsieur Le Pen était du côté des pchistes d'Ajet et pas exactement du côté des des du général de Gaul à cette époque-là. François Rifin d'ailleurs dans cette tribune aussi l'une des choses qu'il dénonce c'est le fait qu'on ne peut plus manifester de manière pacifique et que désormais toutes les manifestations se terminent toujours dans la violence. Est-ce qu'aujourd'hui en France on peut retrouver le chemin des manifestations ?

C'est le weekend de toutes ces mobilisations du 1er mai. Est-ce qu'on peut retrouver le chemin d'une mobilisation calme de manifestations qui vont vraiment poursuivre le but qu'ils affichent et ne pas être tout de suite mêlé à à la violence ? Oui, moi je je l'espère d'abord c'est un devoir des forces de police de parvenir à maintenir cet ordre dans les manifestations.

Moi, au-delà de ça, ce que je souhaite maintenant, c'est faire mien le slogan du gouvernement c'était citoyen dehors. Et c'est c'est normalement ça devrait être le le plan de déconfinement d'Emmanuel Macron. Ça devrait être ça.

Le l'épidémiologiste Antoine Flao a montré que sur 130 millions de casés à travers le monde, il y aurait pas un seul cluster en extérieur. Eric Com qui est pas un rigolo du côté des épédiomiologistes, chef des maladies infectieuses à la sapétrière, disait "Maintenant, faut relâcher en extérieur." Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que normalement le gros plan de déconfinement d'Emmanuel Macron, ça devrait être ça. Ça devrait être citoyen dehors et ça devrait être de proposer de la joie. Aujourd'hui, on a un pays qui est en dépression.

Il y a un risque de dépression économique. Ça veut dire quoi proposer de la joie ? Mais je vais vous le dire mais il y a une dépression.

Mais moi j'adore. Tout le monde a envie de la joie. [raclement de gorge] Vous allez en avoir [rires] mais vous voyez pas parfois un peu naïf, un peu angélique.

Alors allons-y directement. Mais comment ça se fait qu'il y a pas une proposition de l'État pour faire du cinéma en plein air tous les jours ? Décidément, vous aimez l'Amérique.

Mais pourquoi on n' pas de la une proposition pour faire des concerts en plein air tous les jours ? Pourquoi on n pas des propositions pour faire du théâtre en plein air partout ? Et puisque j'aime l'Amérique, vous savez ce que je propose là, c'est ce qu'a fait Roosevelt pendant la grande dépression.

Parce qu'il faut s'agir de la dépression économique mais aussi de la dépression psychologique. On a un/3 des Français qui en dépression. Un jeune sur deux inquié pour son sentiment mental.

Un jeune sur 5 qui a des idées suicidaires. Voilà où on est. Et ben moi je dis il faut envoyer ça à travers tout le pays.

Vous vous définissez d'ailleurs comme député journaliste. On peut faire les deux si vous deviez choisir entre les deux. Non, je pense que les deux pour moi vont le pair.

Je veux dire c'est-à-dire quoi ? C'est-à-dire produire une parole à la tribune de l'Assemblée nationale mais en étant d'abord investi par les paroles des autres. Je peux pas la semaine prochaine aller défendre un texte de loi sur la jeunesse sans avoir fait des entretiens avec les jeunes eux-mêmes.

Mais vous vous sentez plus utile de quel côté ? Je pense que je suis utile comme député. J'ai pas de doute là-dessus.

J'ai pas de doute sur le fait que il y a une nécessité à ce que tous les métiers que je viens de dont je viens de parler, mais aussi les les gars de chez Whpool à la fois dans l'industrie, dans les services, il y a des gens qui portent leur voix le plus fort possible à la tribune de l'Assemblée ou ici quoi. Et peut-être que vous me recevriez pas, vous savez si j'avais pas un mandat d'élu. C'est comme ça.

Alors je vous rappelle que vous avez reçu alors que vous n'étiez pas encore député lorsque vous avez fait votre livre. Merci patron. C'est vrai mais je je veux voilà je pense que le le fait d'être élu produit une légitimité qui fait que on a une parole publique qui est plus autorisée.

Merci beaucoup François Ruffin de nous avoir accueilli ici. Enfin en tout cas d'avoir chois c'est pas moi là c'est Sabine leur copine. [rires] Sabine et leur copine.

Notre dernier livre, leur progrès et le nôtre aux éditions du Seuil et vous-même bien sûr député la France insoumise de la Somme

François Ruffin était l'invité d'Apolline de Malherbe ! — François Ruffin · Pourquijevote