Réforme des retraites, grève, indemnité carburant, taux d'usure et Forum de Davos... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Bruno Le Maire
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Bonjour Marc Fauvel. Taxez-nous davantage, c'est l'appel lancé par 200 millionnaires de 13 pays. Appel lancé aux dirigeants de la planète et donc à vous. Ils demandent la mise en place d'un impôt sur la fortune. Est-ce qu'ils ont raison ?
Tant mieux. Le trésor public français accepte tous les chèques. Donc si parmi ces 200 millionnaires dont je crois l'immense majorité est étrangère, s'ils veulent s'installer en France, ils sont les bienvenus. Ils ont droit au taux d'imposition parmi les plus élevés de tous les pays développés. Je rappelle que quand vous êtes millionnaire en France, vous allez toucher un impôt marginal sur le revenu à 45%. C'est la dernière tranche, le taux marginal. Vous allez payer de la CSG à 9% et vous allez payer une surtaxe sur les salaires à 4%. Donc vous serez l'une des personnes les plus taxées au monde et donc vous serez heureux. Donc venez en France, croyez-moi, nous serons vous taxés.
Mais il n'y aura pas de retour de l'impôt sur la fortune d'ici la fin du quinquennat. Je pense que vous expliquez que nous avons non seulement un des taux d'imposition les plus élevés sur les personnes les plus riches. Je pense que c'est une question de justice. C'est normal, c'est nécessaire. Nous avons également un taux d'imposition global qui reste parmi les plus élevés de tous les pays européens. Nous avons, je le rappelle, 10% des contribuables à l'impôt sur le revenu qui payent 70% de cet impôt sur le revenu. dont toutes les personnes fortunées qui veulent venir en France sont les bienvenues, elles seront taxées justement et efficacement.
Bruno Le Maire en parlant de millionnaires, de milliardaires. Écoutez, Marine Tondelier, la patronne des écologistes, elle participait hier soir à un meeting de la NUPES contre la réforme des retraites. On l'écoute.
Nous revendiquons que nous ne voulons plus en France de milliardaires. Nous nous voulons une France sans milliardaires. À quoi ça sert un milliardaire ? On nous répond ruissellement, c'est faux. On nous répond, il crée de l'emploi ? Non, celles et ceux qui les créent, c'est du travail. On nous dit qu'il ne faut pas faire fuir les talents, mais ceux qui ont besoin de plus d'un milliard, ce ne sont pas des talents, ce sont des vampires, ce ne sont pas des génies, ce sont des égoïstes.
Vous lui répondez quoi ?
Moi, je suis aussi attaché à la justice sociale comme Madame Tondelier, aussi attaché à ce que les plus modestes puissent avoir un emploi, aussi attaché à ce qu'un ouvrier puisse être bien rémunéré. Mais je constate que certaines personnes très fortunées ont créé des entreprises dans le luxe, par exemple, ont créé des dizaines de milliers d'emplois, souvent des emplois bien qualifiés, souvent dans des territoires qui sont assez reculés. Regardez LVMH qui a créé à Vendôme une entreprise très importante. Et que donc c'est utile pour le pays.
Il nous faut de plus en plus de milliardaires, au contraire.
Je pense que tous ceux, je ne parle pas de milliardaires, mais tous ceux qui ont créé des entreprises, tous ceux qui ont créé des emplois, tous ceux qui ont permis à des familles de vivre bien, des ouvriers d'être bien rémunérés, sont plus utiles que les propos d'estrade de Madame Tondelier. Quand quelqu'un, quand un milliardaire s'enrichit, le ministre de l'économie est heureux ? Mais ce n'est pas un non. Non. Le ministre de l'économie, il est heureux quand nos compatriotes ont un emploi, un travail, et un travail bien rémunéré. Et pour avoir un travail bien rémunéré, ce n'est pas moi qui vais les créer depuis mon bureau de Bercy.
C'est les entrepreneurs, c'est ceux qui prennent des risques, c'est ceux qui investissent leur capital, ceux qui investissent leur fortune, ceux qui ont des idées révolutionnaires et innovantes. C'est eux qui permettent au pays d'avoir de la créativité, d'avoir de la prospérité.
Bruno Le Maire, le rapport d'Oxfam qui vient d'être publié explique que si on taxait de 2%, la fortune des 42 milliardaires en France, notre problème de déficit des retraites serait tout simplement réglé. Pourquoi on n'y va pas ?
Oxfam, comme toujours, confond tout, et notre discussion depuis ce matin, elle est intéressante. Je le redis, je suis profondément attaché à la justice, à la juste répartition des richesses. Et de ce point de vue-là, j'estime que le système fiscal français a permis mieux que beaucoup d'autres de lutter contre la montée des inégalités qu'on voit dans d'autres pays développés. Mais on finance le système de retraite, pas en taxant le capital. On finance le système de retraite grâce à des cotisations prélevées sur ceux qui travaillent. Et donc, ne perturbons pas un système qui fonctionne bien, qui repose sur la solidarité entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent plus.
Mais c'est un autre sujet. Et comme toujours, Oxfam confond tout. Et cette confusion des esprits, cette confusion des débats est mauvaise pour le débat démocratique. C'est un autre débat que je suis tout à fait prêt à ouvrir, qui est celui de la juste partage de la valeur entre le capital et le travail. Faut-il améliorer ce partage de la valeur entre le capital et le travail ? J'y suis prêt. Nous y travaillons avec la majorité. Nous y travaillons avec le groupe majoritaire en travaillant sur la proposition du président de la République, le dividende salarié. Quand une entreprise a de quoi verser un dividende, elle a de quoi mieux rémunérer ses salariés. Mais ne confondons pas les sujets.
Le sujet des retraites n'a rien à voir avec le sujet du partage de la valeur que nous avons ouvert avec la majorité et que nous allons porter jusqu'au bout.
La mobilisation contre la réforme des retraites, Bruno Le Maire, s'annonce massive. Demain, vous avez vu comme nous les chiffres dans les transports publics, dans l'éducation aussi. Est-ce que ça vous inquiète ?
Non, il n'y a pas d'inquiétude à avoir quand une partie du peuple français manifeste ses convictions. C'est là encore parfaitement légitime. Mais à nous de défendre aussi, c'est ce que nous faisons, nos convictions sur la justice et la nécessité de cette réforme des retraites.
Est-ce que ce qui va se passer demain dans la rue, c'est-à-dire le nombre de manifestants, aura une incidence sur le contenu de la réforme ?
Mais l'incidence sur le contenu de la réforme, il dépendra des débats parlementaires. Pas de la rue. Mais la rue, les manifestations, les messages qui sont envoyés, nous écoutons tout. Et nous l'avons fait depuis des semaines. Enfin, la première ministre, depuis des semaines, a reçu les organisations syndicales, a écouté. Elle a reçu les formations politiques, l'opposition. Elle a écouté. Et du coup, elle a fait une proposition de réforme avec le président de la République, qui est différente de celle que nous avions proposée, qui est sans doute plus juste, plus équilibrée que ce que nous avions prévu au départ.
Donc nous avons déjà, et c'était nécessaire, écouté les oppositions, écouté les organisations syndicales.
Mais ça peut bouger avec la mobilisation dans la rue, avec le débat parlementaire.
S'il y a des propositions qui sont intéressantes, qui sont justes, qui permettent d'améliorer notre proposition, nous sommes toujours ouverts à des améliorations. Il y a un seul objectif qui doit être préservé, dont je suis le garant. C'est le retour à l'équilibre financier en 2030. Mais avec cette seule réserve, parce que l'objectif est bien de garantir l'équilibre financier, et donc la pérennité de notre système de retraite par répartition, avec cette seule réserve, des propositions d'amélioration sont toujours les bienvenues. Vous êtes ouvert à des améliorations, y compris si elles coûtent de l'argent. Si on arrive à trouver les recettes qui permettent de le financer.
Notre objectif, avec la Première Ministre, avec le Président de la République, c'est quoi ? C'est d'abord de garantir que notre système de retraite par répartition, qui repose donc sur un principe fondamental de solidarité entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent plus, ceux qui sont plus jeunes et ceux qui sont moins jeunes, soit préservé. C'est notre responsabilité. Le deuxième objectif, c'est qu'il y ait un volume global de travail plus important dans notre pays pour garantir la prospérité de la France. C'est aussi un objectif que je crois louable et nécessaire.
Mais si ensuite il y a des propositions qui disent, mais attendez, il vaut mieux dépenser un peu plus d'argent là-dessus. C'est plus juste. Et puis on rééquilibre en en dépensant un peu moins sur un autre sujet. Mais nous sommes tout à fait prêts à regarder cela. Je le dis, la seule limite, l'équilibre financier en 2030.
On va rentrer dans le détail de la réforme dans une minute précisément. Si vous voulez bien, Bruno Le Maire, le temps du fil info à 8h40 avec Marie Maheu.
Près de 700 000 lycéens dans les starting blocks pour faire leur vœu sur Parcoursup. C'est possible dès aujourd'hui et jusqu'au 9 mars. La plateforme qui a été modifiée pour plus de transparence. Le trafic très perturbé sur les rails. Demain, journée de mobilisation contre la réforme des retraites. 60 à 70% des cheminots seront en grève. Assure sur France Info le secrétaire général de l'UNSA ferroviaire. Les transports en commun aussi touchés pour encadrer les manifestations. Plus de 10 000 policiers et gendarmes seront mobilisés. Le Quai d'Or s'est extrêmement inquiet de la santé de l'un des 7 Français détenus en Iran. Bernard Fenlan, 64 ans, déjà en grève de la faim à cesser de boire.
Cela fait plus de 3 mois qu'il est en détention pour avoir photographié une mosquée. Après le passage des tempêtes Gérard et Fienne, 16 départements toujours en vigilance orange. 14 pour neige et verglas dans l'Est et le centre. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel.
Bruno Le Maire, vous disiez juste avant les titres que vous étiez ouvert à des améliorations sur la réforme des retraites. Si on arrivait à les justifier et à les financer. Un cas concret, est-ce que vous pourriez faire un geste en permettant à ceux qui ont cotisé 43 années de partir avant 64 ans ?
Mais ce n'est pas à moi de le décider. S'il y a un débat parlementaire, c'est pour que les représentants du peuple français s'expriment et décident. Le gouvernement propose un texte. Est-ce que le gouvernement serait favorable ? Je veux d'abord insister sur un point. Le gouvernement, je l'ai dit, a fait des ouvertures. A modifié sa copie. Et le texte que nous présentons comporte des avancées sociales extrêmement significatives. Nous allons dépenser quasiment le tiers de ce que rapporte cette réforme des retraites pour ces avancées sociales. C'est la retraite minimum garantie à 1200 euros. Qui va faire que près de 2 millions de nos compatriotes vont voir leur retraite s'améliorer.
C'est le cumul emploi retraite. Aujourd'hui, vous cumulez un emploi et votre retraite, vous cotisez, ça ne vous donne droit à rien. Ça vous donnera droit à une amélioration de votre pension. C'est le congé parental pour ceux qui ont commencé tôt dans la vie active. Il sera comptabilisé dans votre trimestre de retraite. C'est l'assurance vieillesse des aidants. Enfin, tout ça, ce sont de vraies avancées sociales. Quand j'entends certains dire que cette réforme est brutale, je peux tout accepter, mais pas entendre ça parce que c'est faux. C'est une réforme qui est juste. C'est une réforme qui permet de garantir la pérennité de notre système.
C'est une réforme qui fait attention à ceux qui ont démarré plus tôt dans la vie active et qui ouvrent de nouveaux droits.
Mais parce qu'il y a des trous dans la raquette. Dans tout ce que vous venez d'énoncer, il y a des trous dans la raquette. Je reviens à ma question. Sur les carrières longues, par exemple, puisque vous venez d'en parler, vous facilitez le départ avant 20 ans. Sauf qu'il y a des personnes qui ont cotisé 43 années, mais qui ne pourront pas partir avant 64 ans. Est-ce que le gouvernement est ouvert à les faire partir avant 64 ans ?
Déjà, notons que c'est une amélioration par rapport au système actuel où, dans les carrières longues, certains devaient cotiser 45 ans. Là, ce sera 44 ans pour tout le monde. Il n'y aura plus ces situations où certains devaient cotiser 45 ans. Pour ceux qui sont rentrés le plus tôt dans la vie active, ils pourront partir à la retraite à 58 ans, 6 ans avant l'âge légal de départ à la retraite des autres. Donc, là encore, tous les points que nous venons de citer, ils vont être mis à la discussion. Toutes les améliorations sont les bienvenues pourvu qu'elles soient financées. Et qu'au bout du compte, on ait l'équilibre financier en 2030.
Moi, j'ai la conviction profonde que ce cas proposé Elisabeth Borne est juste. Si on peut encore améliorer la justice de la proposition dans le cadre financier que j'ai indiqué, tant mieux. C'est le rôle des parlementaires.
Y compris sur la pension minimum de retraite. Vous l'avez évoqué rapidement, Bruno Le Maire. Tout le monde avait compris ces derniers mois que ce serait 1 200 euros net pour ceux qui ont travaillé 43 ans au niveau du SMIC. Je vous confirme que c'est brut. On se rend compte que c'est brut. Aujourd'hui, il y a une différence qui peut aller jusqu'à 50 euros. C'est compliqué parce que la CSG, tous les retraités ne sont pas la même. Ça dépend du coût de CSG. Est-ce que ça pourrait être 1 200 net au final, après les discussions à l'Assemblée et au Sénat ?
Je ne veux pas vous décevoir. J'aime bien répondre le plus clairement possible à vos questions. Mais je n'aime pas prendre la place de ceux qui ont aujourd'hui la responsabilité. Avec Elisabeth Borne et le Président de la République, nous avons proposé une réforme dans laquelle je crois profondément. Je pense qu'elle est juste et équilibrée. Les parlementaires peuvent dire qu'il y a mieux. On peut faire mieux. On peut améliorer tel ou tel point. Tant mieux si c'est le cas, pourvu que ce soit finance. Ce qui ne bougera pas, c'est les 64 ans. Ou même ça, ça peut être soumis à la discussion. Mais nous partions de 65 ans comme âge légal de départ. Nous avons finalement proposé 64 ans.
Écoutez notamment les Républicains, écoutez d'autres formations politiques. Ça me paraît le juste équilibre. Surtout quand on regarde la situation dans d'autres pays européens où c'est 65, 66, 67 ans. 64 ans me paraît le juste choix.
Bruno Le Maire, votre obsession, ce sont les finances. On l'entend depuis tout à l'heure. Votre obsession, c'est qu'on peut faire des changements à condition que ce soit financé.
Mon obsession, je vais être très clair avec vous, ce n'est pas les finances. Mon obsession, c'est de garantir à nos compatriotes que la maison est tenue. Et que par conséquent, ce jour où il y aura d'autres personnes qui nous succéderont, ils auront une maison qui soit bien tenue, des comptes sociaux qui soient à l'équilibre, et un régime financier des retraites qui soit garanti. C'est ma responsabilité, ce n'est pas une obsession pour la finance, c'est une obsession pour l'équilibre des comptes et pour la pérennité d'un modèle social auquel je crois.
Sauf qu'il y en a certains dans votre camp, comme François Bayrou, qui vous donne en fait quelques clés pour aller chercher encore plus d'argent, à savoir mettre à contribution les entreprises grâce aux cotisations patronales pour financer cette réforme des retraites. Pourquoi vous ne prenez pas cette option ?
Parce que, nous en avons parlé souvent avec François Bayrou, ou là encore toutes les propositions que nous étudions avec un esprit d'ouverture. Mais quand un patron de PME dans le bâtiment, dans les travaux publics, dans l'agroalimentaire, paye un de ses salariés de 2000 euros, lui va sortir de sa poche 3300 euros, dont 700 pour les retraites. Donc on peut toujours augmenter les cotisations patronales en disant qu'elles ne sont pas suffisantes, mais ça se paiera par plus de chômage.
Or nous, notre objectif avec le Président de la République,
notre objectif avec le Président de la République, avec Elisabeth Borne, c'est le plein emploi en 2027. Quand on a un objectif stratégique, qui est pour la première fois depuis un demi-siècle, de ramener la France autour de 5% de taux de chômage, on se donne tous les moyens pour y parvenir, et François Bayrou fait partie de la majorité. Donc il souscrit à cet objectif de plein emploi en 2027. Le meilleur façon d'y parvenir, c'est de ne pas augmenter les cotisations des employeurs, pour garantir qu'ils continuent à embaucher. Alors vous me dites, on pourrait faire ça sur les salariés. Certains me disent, ça ne coûte pas grand-chose.
Mais un point de cotisation supplémentaire sur un salarié, c'est à terme 400 euros en moins par an sur son salaire.
François Bayrou dit 0,7 point, donc un peu moins que ça je crois.
Oui, mais on arrive à des sommes qui sont très significatives. 30 euros par mois. Ah oui, mais vous venez de me dire que 50 euros ou 40 euros par mois, c'est beaucoup. Et vous avez raison. Donc il ne faut pas me dire d'un côté, 30 euros c'est beaucoup, et de l'autre, quand ça vous arrange, ce n'est pas beaucoup. Moi je considère que l'augmentation des cotisations patronales, ou l'augmentation des cotisations salariales, c'est soit plus de chômage, soit moins de salaire. Dans les deux cas, ça n'est pas une bonne option.
Quand vous voyez les critiques de François Bayrou, Bruno Le Maire qui dit, on a oublié d'explorer une piste importante. Quand vous entendez Édouard Philippe, ancien Premier ministre, qui dit, il y avait peut-être plus important que cette réforme des retraites en ce moment. Quand vous lisez Barbara Pompili, ancienne ministre d'Emmanuel Macron, qui dit, en l'état, je ne voterai pas cette réforme. De même qu'un autre député de votre parti, du parti Renaissance en tout cas. Vous ne vous dites pas, ça commence à faire beaucoup, je ne suis pas bien sûr d'avoir une majorité.
Je dis surtout, faisons bloc. Ce n'est plus tout à fait le cas. Je dis, faisons bloc, parce que l'enjeu est important pour notre système social, pour les retraites. Et je dirais même qu'il est important pour la France comme nation. La France est une nation qui a un modèle social, qui crée de la cohésion entre nous. Et là, en l'espèce de la cohésion entre les générations. Si on veut préserver cette cohésion, il faut la financer. Et donc, engager cette réforme des retraites. Moi, je souhaite évidemment que toute la majorité, de manière très unie, de manière très volontariste, et de manière très enthousiaste, parce que ce n'est jamais facile de vendre une réforme des retraites.
Bien entendu, ce n'est jamais facile de dire aux gens il faut travailler plus longtemps. Il y a des discours politiques plus simples à tenir. Mais je souhaite que nous soyons tous résolus, déterminés à soutenir cette réforme des retraites. Si un député ne vote pas la réforme, il se passe quoi ?
Il est encore dans la majorité ?
Je pense vous avoir expliqué que je ne suis plus au Parlement, je suis au gouvernement. Donc c'est au Parlement de mesurer l'impact que cela pourrait avoir. Je souhaite évidemment que toute la majorité, sans exception, soutienne, explique, défendre et vote cette réforme.
Le patron de la CGT, Philippe Martinez, souhaite un mouvement reconductible partout où c'est possible. Il l'a dit ce matin chez nos confrères de France 2. Quelle est votre réaction ?
Les syndicats qui s'opposent à cette réforme se mobilisent, défilent pour s'opposer à cette réforme. C'est leur droit, c'est un droit constitutionnel. Ce qui n'est pas acceptable en revanche quand on entend certains vous dire qu'ils vont cibler des personnalités politiques, cibler des députés. Couper le courant. Mais c'est totalement inacceptable. C'est une menace contre un représentant de la nation. On a la liberté totale en France de s'opposer à cette réforme des retraites. Mais on a la liberté totale aussi de la défendre, de la promouvoir, de l'expliquer. C'est le rôle des parlementaires.
Et s'attaquer à un parlementaire à raison de ses convictions politiques, c'est une atteinte directe à la liberté d'expression. C'est une menace inacceptable dans une grande démocratie. Et j'attends de la CGT qu'elle corrige ses propos et qu'elle demande à ses représentants de les retirer.
Juste une question de symbole, Bruno Le Maire. Demain, vous ne serez pas en France, vous serez en Espagne avec le président de la République, comme dix autres ministres du gouvernement, le ministre de l'Intérieur, le ministre des Transports, Clément Beaune. C'est pas un peu bizarre d'être à l'étranger alors que ça va se chauffer dans le pays ?
Mais en quoi est-ce que ma présence demain à Paris serait de nature à calmer les manifestations ?
Le ministre de l'Intérieur sera avec vous en Espagne, tout comme le ministre des Transports ?
Je travaille. Il y a un enjeu majeur pour notre pays qui est la réforme du marché européen de l'électricité. Nous nous battons avec le président de la République pour cela depuis des mois. Nous voulons que les Français payent leur électricité au coût de production, et pas au coût marginal de l'ouverture des centrales à gaz, mais au coût de production de l'énergie en France, c'est-à-dire principalement de l'électricité nucléaire. C'est une grande bataille et très difficile à livrer. Elle demande de se mobiliser auprès des Espagnols, des Italiens, des Allemands. Demain, en Espagne, nous allons porter à nouveau cette réforme. Je pense que c'est utile et nécessaire.
L'énergie, on en parle dans un instant. Avec vous, Bruno Le Maire, 8h51, le Filinfo, Marie Maeve.
Taxez-nous, c'est le message peu commun envoyé par des millionnaires du monde entier. Leur patrimoine a augmenté de 50% en 10 ans, selon Oxfam. Alors, pour le bien commun, disent-ils, ils veulent plus être imposés. Parmi les signataires, deux Français ou encore la petite nièce de Walt Disney. Les syndicats promettent un mouvement puissant contre la réforme des retraites. Alors, plus de 10 000 policiers et gendarmes seront mobilisés, annonce le ministre de l'Intérieur. Plus de 3 500 à Paris, où Gérald Darmanin s'attend à la venue d'un millier de personnes potentiellement violentes.
Greta Thunberg, interpellée par la police allemande, hier, pendant quelques heures, l'activiste écologiste protestait avec d'autres manifestants contre l'extension de la plus grande mine de charbon à ciel ouvert du pays. Elle était la doyenne de l'humanité. La française Sœur André est morte peu avant de fêter ses 119 ans. Elle s'est éteinte dans la maison de retraite de Toulon, où elle vivait depuis une dizaine d'années. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Avec le ministre de l'économie Bruno Le Maire, depuis le début de la semaine, il est possible de demander l'indemnité carburante 100 euros sur le site des impôts. 10 millions de personnes sont éligibles. Combien ont fait la démarche ?
Plus de 1,6 million ce matin. Et le site fonctionne. Donc c'est une bonne chose. Ça répond à la situation de beaucoup de nos compatriotes qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler. Plus d'un million six. Le site fonctionne. Le versement des 100 euros interviendra sous 15 jours, 3 semaines. Donc c'est rapide, efficace. C'est un vrai soutien au pouvoir d'achat des Français.
Que va-t-il se passer pour ceux qui n'en font pas la demande ? Est-ce qu'on va les appeler pour leur dire « Vous avez le droit à 100 euros ? »
Je pense qu'on a rendu les choses le plus public, le plus massif possible. Je n'exclue pas qu'on fasse des démarches pour ceux qui ont droit. Il faut que chacun puisse toucher ce à quoi il a droit.
En 2022, l'an dernier, Bruno Le Maire, les défaillances d'entreprises ont bondi. Plus 50% par rapport à l'année précédente. Sous l'effet, notamment, de la hausse des tarifs de l'électricité. Xavier Bertrand, le président des Républicains de la région Hauts-de-France, a sa petite idée sur cette hausse. Il était l'invité de France Info hier à votre place. Écoutez.
Il faut avoir fait vague plus 15 pour pouvoir tout comprendre. D'ailleurs, je le lis très clairement, ils ont réagi, mais tard et très tardivement. Sur la question de l'énergie, il n'y a pas que les boulangers qui sont concernés. Il y a aussi tous les métiers de bouche, tous les artisans qui utilisent des machines, du matériel. Demain, avec le coût de l'énergie, vous allez avoir le résultat des entreprises, les bénéfices qui vont s'évanouir. L'augmentation du coût de l'énergie fait deux heureux. Les énergéticiens et l'État, qui touchent la TVA sur le surcoût de l'énergie. Il faut Bac plus 15 pour remplir les formulaires d'aide du gouvernement ?
Oui, c'est des formules qu'on connaît, mais qui ne font pas beaucoup avancer le schmilblick. Tout ce que dit Xavier Bertrand est faux.
Emmanuel Macron a émis des critiques, pas exactement avec les mêmes mots, mais il a dit les numéros verts qui ne fonctionnent pas, les formulaires qu'on n'arrive pas à remplir, il y en a marre.
Nous sommes intervenus très tôt pour d'abord protéger nos compatriotes contre l'augmentation des prix de l'énergie. C'est le bouclier tarifaire, ça fait près de deux ans qu'il est en place, il coûte 46 milliards d'euros, donc contrairement à ce que vient d'être dit, l'État n'en met pas plein sa poche, l'État sort de l'argent de sa poche pour protéger les Français et protéger les entreprises. Nous avons mis en place des mesures de protection des entreprises depuis des mois. Nous venons de le compléter en garantissant à toutes les très petites entreprises un tarif moyen à 280 euros le mégawatt-heure. Et les fournisseurs d'énergie vont contribuer.
Ils contribuent déjà très largement à travers le mécanisme de rente infrarginale, ce qu'on appelle parfois la taxe sur les surprofits. Ils contribuent au financement du bouclier pour les ménages, du bouclier énergétique. Ils vont contribuer désormais à la protection des très petites entreprises en garantissant un prix moyen à 280 euros le mégawatt-heure. Nous faisons notre travail, on peut toujours le faire mieux, mais avec la volonté de protéger nos compatriotes, nos entreprises, surtout les plus petites, contre la flambée des prix.
Bruno Le Maire, l'Assemblée planche en ce moment sur la proposition de loi du député Renaissance-Frédéric Descrozailles. Il est prévu par exemple que si aucun accord n'est trouvé entre industriels et distributeurs pendant les négociations, ce sont les prix de l'année précédente qui continuent de s'appliquer. Est-ce que d'abord, ça ne va pas augmenter l'inflation et est-ce que ce n'est pas favorisé les grands industriels en permettant que ce texte soit voté ?
C'est le risque. Moi, je comprends parfaitement l'intention du député Descrozailles qui est de dire qu'il y a une industrie aujourd'hui qui est fragilisée par la flambée des prix. Il y a un rapport de l'Inspection générale des finances qui le montre bien. C'est l'industrie agroalimentaire parce qu'elle consomme beaucoup d'énergie et il faut rééquilibrer le rapport de force entre les industriels de l'agroalimentaire et la distribution. Ça, je pense que ce principe-là, il est juste. Ensuite, il faut qu'on trouve le bon équilibre.
Je pense qu'il n'a pas encore été trouvé parce qu'il ne faut pas qu'on tombe dans l'excès inverse où des très grands industriels de l'agroalimentaire imposeraient leur prix et du coup favoriseraient l'inflation. Au bout du compte, c'est vous et moi qui aurions à payer plus cher notre alimentation, nos shampoings et nos produits d'hygiène.
C'est ce que dit un Michel-Édouard Leclerc qui dit que si demain cette loi passe,
certains produits prennent 30%. C'est bien pour cela qu'à ma demande, la ministre chargée des PME, Olivia Grégoire, reçoit actuellement, va recevoir les distributeurs, va recevoir l'industrie agroalimentaire pour essayer de trouver avec le député des Crozailles dont je salue le travail, le meilleur équilibre possible entre protéger les industriels de l'agroalimentaire et éviter une flambée des prix à la consommation dans les rayons. On est arrivé à le faire sur Egalim pour les produits agricoles. On doit arriver à le faire aussi avec les industriels de l'agroalimentaire pour les prix de grande consommation.
Bruno Le Maire, les banques en ce moment disent qu'elles n'arrivent plus à prêter, à accorder des prêts immobiliers car les taux d'intérêt de ces prêts remontent plus vite que le taux d'usure. Le taux d'usure, c'est le taux maximum qui inclut le prêt et tous les frais annexes. Le marché de l'immobilier, on le sait, est en train de se gripper aujourd'hui. Est-ce que vous allez réformer ce taux d'usure qui est un peu complexe mais important pour les banques et pour tous ceux qui veulent emprunter ?
Vous avez parfaitement raison, Marc Fouvel, il est essentiel pour définir le taux auquel vous pourrez emprunter pour acheter votre logement et le problème, c'est que ce taux d'usure a été révisé approximativement tous les 6 mois. Donc pendant 6 mois, vous risquez d'avoir un taux trop haut ou trop bas. Là, nous avons décidé avec le gouverneur de la Banque de France que le taux d'usure, désormais, serait modifié tous les mois en fonction du niveau de l'inflation pour être au plus près possible des demandes des emprunteurs et des demandes des banques pour favoriser le crédit immobilier et permettre aux emprunteurs d'emprunter plus facilement.
Je reconnais bien volontiers qu'il y a eu ici ou là des blocages sur l'accès au crédit. Je sais très bien que ça a pénalisé beaucoup de nos compatriotes qui disaient qu'on ne pouvait pas avoir un crédit, la banque refusait, c'est le taux d'usure qui était trop bas, il faut le relever. Eh bien là, nous aurons des modifications mensuelles. Ça permettra d'être au plus près de la demande des emprunteurs. C'est très important pour nos compatriotes. À partir de quand, ça va changer ? Ça change dans les semaines qui viennent et ça va permettre à nos compatriotes d'avoir accès plus facilement au crédit immobilier.
Merci Bruno Le Maire et bonne journée à vous.
Merci à vous.
Bruno Le Maire