Sandra Regol : Avec la Nupes, "on a contribué à ce que la poussée" du RN "soit la moins importante possible"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Invité est à présent en ligne avec nous, côté NUP, cette fois également députée. Bonjour Sandra Regole. Bonjour. Vous avez été élue dans la première circonscription du Barin. Vous êtes secrétaire nationale adjointe d'Europe Écologie Les Verts. Vous aviez demandé, vous comme tous les partisans de la NUP, vous aviez demandé aux citoyens de porter Jean-Luc Mélenchon à Matignon. C'est raté ?
Alors, si vous voulez qu'on se concentre sur le vert à moitié vide, oui, effectivement, c'est raté. On avait aussi proposé d'autres choses. Limiter la portée, en tout cas l'omnipotence d'Emmanuel Macron et de ce qu'on appelait jusqu'à présent la majorité présidentielle, il me semble que ce pari-là est réussi. On a aussi, et paradoxalement, puisqu'on parle d'une poussée historique du Rassemblement national, contribué à faire en sorte que cette poussée soit la moins importante possible. On ne peut pas en dire autant de ceux qui se targuaient il y a peu de nous combattre parce que nous ne serions pas assez républicains, nous serions les extrêmes.
Je veux parler bien sûr d'Emmanuel Macron et d'Ensemble, qui au lieu de faire leur travail de barrage au Rassemblement national, comme ce devrait être le cas partout où on défend la démocratie, ont préféré faire de la politique politicienne de bas étage, pour faire en sorte que ça monte.
Votre collègue eurodéputé écologiste David Cormand dit ceci, quand on prévoit d'essayer d'avoir le Premier ministre et le gouvernement et qu'on espère à minima 200 députés et qu'à l'arrivée on en a moins de 150, la réalité c'est que ce n'est pas l'ambition qu'on avait. Oui, j'ai commencé par ça. C'est une déception donc alors ?
Bien sûr que c'est une part de déception, mais je ne vais pas vous dire pour autant qu'avoir un groupe aussi important pour la NUPES à l'Assemblée nationale est un échec dans la situation dans laquelle nous sommes. Il y a ne serait-ce que deux mois de ça, qui parmi vous aurait pu croire que nous réussirions ce pari ? Qui parmi vous aurait pu croire que nous puissions travailler ensemble sur les territoires ? Qui parmi vous aurait pu croire que nous serions 140, je crois, ce matin, prêts à rentrer à l'Assemblée ? Il ne me semble pas que ce soit un total échec, mais on ne va pas se cacher, ce n'est pas non plus l'objectif que nous avions.
Sandra Regol, au sein de la NUPES, vous, vous portez les couleurs d'Europe Écologie, les verts. L'écologie revient à l'Assemblée. Il n'y en avait pas un seul député ELV dans la précédente mandature. C'est inespéré après le score de Yannick Jadot à la présidentielle ?
Inespéré, peut-être pas historique, certainement. Ce sera le plus grand groupe que la Ve République ait connu. Pour ce qui concerne les écologistes, ce n'est pas de nature à me déplaire, évidemment. Même si, encore une fois, on aurait espéré faire beaucoup mieux, oui, ce retour des écologistes à l'Assemblée est un signal positif et nécessaire. Vous avez souffert, comme nous, de cette non-canicule, mais cependant chaleur caniculaire de ces derniers jours. Et vous avez, comme nous, entendu les discours des climatologues sur le danger qu'il y avait à les voir se répéter de plus en plus.
Mais quelle place aura ce groupe ELV au sein de la NUP ? Moi, j'aimerais bien savoir comment ça va fonctionner. On entend beaucoup depuis hier, unis dans la diversité. C'est une jolie formule, mais ça veut dire quoi exactement ? Est-ce que vous êtes tenus de voter ensemble ? Est-ce que vous reprenez votre indépendance ? Est-ce que la NUP existe encore ?
Il n'y a aucun secret là-dessus. Tout était établi en même temps que l'accord programmatique pour les 5 ans à venir. Donc, il y a à la fois les 650 propositions sur lesquelles on s'accorde, ainsi que celles sur lesquelles nous avons des différences de point de vue. Ces différences de point de vue sont même décrites et inscrites dans cet accord. Et puis, il y a également le fonctionnement, à savoir 4 groupes distincts qui travaillent à l'intérieur d'un intergroupe pour amplifier et donner plus de force à chacune des propositions. On était transparent sur la proposition de base. On était transparent dans la façon de la mettre en œuvre. Il me semble qu'on a bien été les seuls là-dessus.
Mais ça veut dire que vous pourrez voter différemment des Insoumis. Ça pourrait arriver. Sur de très rares points qui sont déjà listés, oui, ça peut arriver. C'est même l'engagement qu'on a pris collectivement d'avoir un maximum de points communs et de trois points pas totalement convergents. Je ne comprends pas que vous le découvriez aujourd'hui, puisque c'est écrit noir sur blinde, sur nupes-2022.fm.
Non, non, mais ce qu'on dit avec Mathilde, c'est que comment vous allez compter ? Ce n'est pas un groupe NUP, c'est quatre groupes, quatre sous-groupes qui ont leur identité, leur autonomie financière, leurs moyens propres. C'est-à-dire que, par exemple, pour la répartition des commissions, je pense à la commission des finances qui revient à l'opposition, comment on compte ? On compte NUP ou on compte LFI qui se retrouve ne pas être le premier groupe d'opposition puisque c'est le RN ? Qu'est-ce qu'on compte ? Comment on compte ?
Déjà, le premier groupe d'opposition, c'est la NUPES. Ça, ça ne fait aucun doute. Mais vous comptez quatre groupes, en fait.
En fait, vous comptez quatre groupes.
Mais en fait, la justice a tranché. La NUPES est une coloration politique et doit être reconnue comme telle. Donc, je veux bien qu'on refasse et refasse le débat.
Oui, mais la comptabilité des élections et le Parlement sont deux choses différentes. Les groupes parlementaires, c'est une autre arithmétique.
Très bien. Notre intergroupe est très clair sur ses engagements. Il me semble que, sur la mandature qui vient de se terminer, la République en marche n'a pas brillé par sa solidarité. Elle est exposée en plusieurs groupes. D'ailleurs, elle n'en finissait pas de se subdiviser en groupes sans que pour autant, ce soit un problème ni de lecture ni de gestion. Il en va de même pour nous, à une différence près. On annonce la couleur avant d'être élue et on continue sur cet engagement une fois qu'on l'est.
Sandra Rogol, c'est une assemblée qui sera moins féminisée qu'en 2017. 37% seulement de femmes à l'assemblée. Comment vous allez faire pour votre groupe ? Ce sera une alternance hommes-femmes tous les six mois, comme on avait connu dans le quinquennat de François Hollande ?
Pour ce qui concerne les écologistes stricto sensu, on est plutôt à deux tiers de femmes et un tiers d'hommes. Je pense que nous avons largement fait notre part. Mais il semblerait que, comme d'habitude, la droite et l'extrême droite, eux, aient plutôt fait l'inverse.
Ce sera une présidente de groupe ou une coprésidence hommes-femmes ?
C'est quelque chose dont nous discutons dès aujourd'hui pour arriver à avancer. Mais vous savez que les écologistes ont une très longue tradition des coprésidences.
Merci Sandra Rogol, élue dans Le Barin. Et merci à vous, Yael Gauze. On se retrouve dans un petit quart d'heure avec les chroniqueurs du Carrefour. France Inter
Sandra Regol