#MeTooÉcole : les parents en appellent à Emmanuel Macron
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a poussé à vous engager dans ce collectif ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Quelles failles avez-vous identifiées dans le processus de prise en charge des signalements ?
- 5:00OuverteRéponse partielle
Patrick Bloche promet des sanctions disciplinaires et un signalement systématique. Vous le croyez ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Pourquoi selon vous, rien n'a changé malgré les 50 recommandations de 2013 ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Comment repérer un enfant victime de violences sexuelles ?
- 11:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la parole de l'enfant est suffisamment écoutée aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30Barca_FloriantFait
« On a interpellé de nombreuses personnes dans les écoles, des nombreux politiques et puis au final trouvé que ça prenait du sens étant donné l'ampleur de des des soucis systémiques qu'on a pu identifier d'interpeller le président de la République. »
- 5:30Barca_FloriantFait
« On pense que c'est un sujet qui est qui est qui est bien au-delà de ça et qui est un sujet vraiment sociétal. »
- 8:00Suzanne_FrugierChiffre
« Un enfant toutes les 3 minutes de violence sexuelle. »
- 12:30Suzanne_FrugierFait
« On est en pleine campagne des élections municipales. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Déflagration dans le monde de l'éducation nationale, dans les écoles maternelles et le périscolaire précisément. Les signes allemands se multiplient depuis des semaines faisant émerger le hashtag mitou école à Paris. 15 enquêtes ont été ouvertes cette année dans des écoles maternelles pour des agressions sexuelles sur des enfants de moins de 5 ans.
Donc hier dans la tribune dimanche et bien un collectif de parents, de citoyens, d'enseignants formés le 20 novembre à la suite de cette série de révélation et bien interpelle le président et lui demande de protéger nos enfants. Je vous lis une partie he de cette tribune. Madame Brigitte Macron, vous avez fait de la lutte contre le harcèlement scolaire, un engagement public fort.
Monsieur le président, vous avez fait des grandes causes nationales des combats collectifs. Aujourd'hui, agissez pour la protection des enfants dans les écoles et les structures périscolaires de France. Votre volonté peut faire basculer un système qui s'enlise depuis trop longtemps.
On en parle avec nos invités. Bonjour à vous. Merci de nous avoir rejoint sur France info.
Ellisabeth Ellisabeth Gutman, vous êtes la condatrice du collectif SOS périscolaire. Merci d'être avec nous à vos côtés. Bonjour Suzanne Frugier, vous êtes secrétaire et porte-parole de l'association Moove Enfant.
Anne Sénekier nous a rejoint aussi. Bonjour à vous. Vous êtes pédopsychiatre, c-directrice de l'Observatoire de la santé mondiale à l'Ir l'Institut des relations internationales et stratégiques.
Vous êtes aussi l'auteur de ce livre qu'on aperçoit l'anxiété euh je de mon enfant aux éditions Mango. Et d'abord avant de vous entendre et bien on va on va aller prendre la direction et bien de de ceux qui sont à l'origine de cette tribune. Bonjour Barca et Floriant, vous faites partie des parents d'élèves notamment parisiens qui interpellent ou de engager dans ce mytho école.
D'abord euh l'un ou l'autre, qu'est-ce qui vous a poussé à vous engager ? Est-ce que la ville de Paris n'a pas répondu, on va revenir à ce qui a été mise en place, mais n'a pas répondu à vos attentes assez vite ? Bonjour.
Et ben écoutez euh la ville de Paris euh la ville de Paris a fait ce qu'elle a pu mais au final on a interpellé de nombreuses personnes dans les écoles, des nombreux politiques et puis au final trouvé que ça prenait du sens étant donné l'ampleur de des des soucis systémiques qu'on a pu identifier d'interpeller le président de la République. On pense que c'est un sujet qui est qui est qui est bien au-delà de ça et qui est un sujet vraiment sociétal. Euh nous en fait pour revenir sur un peu l'historique, on est tous des parents citoyens engagés avec des des enseignants autour de nous réunis sur ce fameux hashtag me to école.
Et euh et quand il y a eu effectivement ce cas, puisque c'est né de Paris 11e euh suite à une maman qui est directement concernée par ses faits, on s'est on a fait bloc autour d'elle et on s'est dit qu'il fallait absolument faire un collectif pour avoir des réponses claires et pour avoir des euh des mesures qui soient appliquées tout de suite. Nous ce qu'on ce qu'on ce qu'on demande c'est de protéger nos enfants tout de suite et de qu'on puisse suivre aussi chaque signalement jusqu'au bout et de manière transparente. Et justement, qu'est-ce qui a manqué pas dans le processus de prise en charge de ces signalements ?
Est-ce que pour vous, il y a eu des failles ? Vous dites que l'une des mamans était concernée directement. Est-ce que l'animateur mise en enfin qui a été soupçonné finalement mise en cause a pu être écarté très rapidement ?
En fait, il a été écarté très rapidement euh mais il y avait déjà des éléments et on a pu constater dans plusieurs écoles aussi, c'est que souvent il y a des éléments qui qui sont euh qui sont bien en amont et qui sont pas forcément pris en compte et les gars encore trop de failles dans le système de remontée d'information par rapport aux violences euh physiques. Un peu des signaux faibles. Quel type d'éléments ne sont pas pris en compte tôt ?
Euh c'est-à-dire que parle de l'enfant la parole de l'enfant n'est pas encore suffisamment écoutée et prise en compte. Hm. Oui.
Donc effectivement c'est tout ce qu'il faut revoir. On peut pas à la fois dire aux enfants de parler effectivement et ne pas les écouter euh quand ils le font. Le premier adjoint un socialiste à la mairie de Paris, Patrick Bloche euh hier dans la tribune donc a été interrogé.
Il dit qu'il comprend votre inquiétude, votre colère, votre émotion aussi. Il promet des sanctions disciplinaires à tous les niveaux et il promet un signalement, vous le voyez égal une suspension. Est-ce que vous le croyez ?
Il rappelle aussi qu'il y a un recrutement qui est fait. Ce recrutement, il est souvent mis en cause dans le périscolaire notamment. Lui dit que on vérifie à chaque fois les casiers judiciaires et que si c'est pas le cas, évidemment, ils le ils le feront systématiquement.
Il dit aussi qu'ils vont appliquer un principe de précaution que tout mise en cause ne pourra plus avoir accès aux enfants. C'est tout ce que vous demandiez. Il y répond.
Euh, on demandait pas que ça, on avait plusieurs mesures, hein. D'ailleurs, on a même fait une pétition le 20 le 20 novembre, jour de lancement justement du collectif pendant la journée internationale de de l'enfance. Ça nous paraissait important de le sortir de sortir ce site à ce moment-là et d'être présent pour les parents et les enfants.
Après que monsieur Patrick Bloche prenne la parole, c'est une bonne chose. Euh qu'un responsable politique dise clairement euh qu'il va faire en sorte que les viol les violences sexuelles à l'école n'existent plus. Moi, je trouve ça très bien.
Mais pendant trop longtemps, ces sujets ont été minimisés ou étouffés. Il y a pas mal de choses qui ont été faites bien avant et notamment sur les 50 recommandations il y a 10 ans et elles sont restées dans un dans un dans un dans un dans un tiroir. Donc euh c'est la raison pour laquelle aussi on a lancé ce collectif.
On a écrit à à monsieur et madame Macron pour faire en sorte que ça cesse et qu'il y ait des mesures qui soient applicables demain. Merci beaucoup à tous les deux d'avoir été avec nous pour parler donc de cette tribune Mitou école. Je vais de nouveau citer un bout de ce que vous avez écrit, un extrait.
Tout commence par des pleurs, des peurs, des cauchemars ou des comportements inhabituels. On relativise jusqu'au jour où une information révèle que ces changements sont les conséquences de violence physique, morale ou sexuelle. Merci infiniment de vos témoignages.
On continue d'en parler en plateau. Suzanne Frug, ça veut dire que quand l'État est défaillance, c'est aux parents, aux citoyens de porter ce message et de porter cette parole. Bah, ça veut dire ce que ça veut dire, c'est que Et pourquoi on en est arrivé là ?
Pourquoi c'est à eu de le faire ? Mais en fait, ça fait longtemps qu'on en est là. En fait, on a toujours été là.
C'est que rien n'a changé. Rien ne change. Moi, je fais partie effectivement de l'association Mouve Enfant.
On est des survivantes et des survivants de violence sexuelle dans l'enfance. Euh ce combat là, c'est nous qui le menons en fait euh comme ça a été le cas pour les droits des femmes en fait. Et ça, c'est un vrai problème.
On parlait du président de la République. Je répète encore une fois que je ne cesse de le dire. J'ai l'impression qu'on se répète et avant de rentrer sur le plateau, d'ailleurs on en parlait avec les personnes qui sont ici présentes.
On passe notre temps à dire la même chose. Euh notre le président de la République nous a fait une promesse il y a quelques années en 2021 en disant "Je vous ai entendu, vous ne serez plus jamais seul." Il a mis en place la commission indépendante sur l'inceste et la langue sexuelle sexuelle pardon, la Civis.
Euh maintenant, ça fait 2 ans, un peu plus de 2 ans, euh novembre 2023, 82 préconisations ont été mises en place, notamment des préconisations très enfin très concrète hein euh en terme de prévention. Euh il y a tout un volet judiciaire, mais pas que. qui a aussi un volet un un volet de de prévention où on parle en fait d'entretien annuel avec des enfants euh notamment pour pour repérer le juge Édouard Diran Édouard Duran pardon dit et répète encore aujourd'hui plus de 160000 enfants.
Trois enfants par classe c'est ce que nous révèle la civise quand même. Un enfant toutes les 3 minutes de violence sexuelle. Exactement.
Ces enfants faut aller les chercher. Ce sont pas des chiffres. Nous nous sommes pas des chiffres.
On est 11 % de la population, il faut aller chercher et là même dans le cadre de l'école, ce qui est encore plus choquant, c'est ce qu'on voyait aussi effectivement, on a l'impression quand on laisse nos enfants à l'école qu'ils sont dans une structure où ils vont être pris en charge de manière évidemment correcte. Ellisabeth Goutman, des parents, ils sont forcément sur le qui vivent, on les a entendu avec Barca et Floriant forcément sur le qui viv avec toutes ces enquêtes aussi qui ont été ouvertes pour des faits de de violence sexuelle. Patrick Bloche, il parle de 60 enquêtes en tout qui sont en cours.
Pas seulement pour les écoles maternelles, pas seulement pour les enfants de moins de 5 ans et c'est le doubleil y a 10 ans. Pourquoi on n'y arrive pas ? Alors pourquoi on n'y arrive pas ?
Déjà, il y a une grosse problématique dans la chaîne de remontée des signalements, hein. Là, monsieur Bloch nous parle de d'une application immédiate du principe de précaution d'un article 40 du code pénal qui est appliqué immédiatement. Dans les faits, c'est totalement faux, hein.
C'est pas du tout ce qui se passe sur le terrain. Et ça, on a de nombreuses remontées de parents et même d'avocats de de famille. Euh donc déjà, il y a un dysfonctionnement dans cette dans cette chaîne de de de remonté de signalement qui fait qu'en fait les animateurs ne sont pas systématiquement sortis du terrain.
Euh il arrive très souvent qu'un animateur problématique soit déplacé dans une autre école. Donc [rires] déplacer le problème donc seulement déplacer le problème. Donc la punition est pour les élèves suivants, on est d'accord pour les enfants d'après.
Donc je pense que la la principale problématique pour nous aujourd'hui, c'est un manque de considération de ces problématiques par la ville de Paris mais pas seulement. On en parlait effectivement tout à l'heure en loge. C'est une problématique qui est nationale.
Donc c'est une problématique que l'État doit prendre en charge. Comment on repère ? On parlait d'accueillir la parole de de l'enfant, de l'écouter, de l'entendre.
Comment on repère un enfant qui peut être victime de de violence sexuelle ? Assez simplement, on le disait tout à l'heure, finalement, c'est tous ces changements de comportement, les troubles du sommeil, les troubles de l'alimentation, un enfant qui parle plus ou un enfant qui au contraire parle beaucoup, un enfant qui veut plus aller à l'école, qui veut plus aller au périscolair, qui veut plus aller juste au club de natation. tout en fait globalement euh dans un enfant qui a ses habitudes et à un moment donné on a une rupture de l'habitude, ça doit être un signal d'alarme.
Ça veut pas dire que tous se font agresser euh mais ça veut dire que véritablement il s'est passé un truc qui perturbe le développement usuel de l'enfant et là du coup il faut aller chercher un petit peu plus loin. Pourquoi on nécoute pas les enfants aujourd'hui encore ? Pourquoi pourquoi il y a ce prisme d'un enfant qui pourrait mentir ?
En fait, la parole de l'enfant euh il il y a il y a il y a pas très longtemps, il y a quelques décennies, on considérait que les bébés ne ressentait pas la douleur, donc on ne les anesthésiait pas euh sur les les toutes premières opérations. Donc on a ce principe de l'immaturité de l'enfant qui perdure encore et et malgré tout l'enfant et bien il a son propre vocabulaire, il a son propre narratif et la loi elle veut quoi ? la loi, elle veut un narratif objectif et et ça c'est pas propre à l'enfant, c'est propre à toute victime.
Le le narratif de la victime n'est jamais objectif, il est dans l'émotionnel et chez l'enfant, l'émotionnel va être encore plus présent. Faut savoir aussi que la mémoire, elle va utiliser les cinq sens. Donc il va pouvoir avoir focalisé sur la couleur du t-shirt de l'agresseur par exemple.
Don il va parler du rouge, du rouge, va faire des dessins tout rouges. On va pas faire le lien véritablement au départ. Et puis euh souvent quand euh euh le psychisme de l'enfant pas encore très mature considère que cet événement là, ce qui s'est passé est trop compliqué, hop, on le range dans l'inconscient et on va le mettre sous la couette et ça repopera un autre jour quand il rencontrera quelqu'un avec un t-shirt rouge, par exemple, on appelle les amnésies post-traumatiques par exemple.
Mais du coup, il y a il y a toute cette particularité de l'enfant et ce qui serait intéressant justement pour casser un petit peu ça, ça serait de la prévention. euh de ce genre d'agression chez les enfants. Souvent les parents quand je leur en parle, ils me disent "Ah mais ils sont trop jeunes." Malheureusement, on est jamais trop jeune.
Adapté, il faut bien sûr avec un vocabulaire adapté. Mais c'est assez simple en fait. Finalement, on en a très peur de cette discussion, mais chez les tout petits, il suffit de dire ce qu'il y a sous la culotte, ce qu'il y a sous la couche, ce qu'il y a sous le CIP, c'est intime, c'est que pour toi, il y a personne qui a le droit de toucher et toi-même tu n'as pas le droit d'aller toucher ça chez l'autre.
C'est simple, ça prend littéralement 10 secondes, un peu plus quand on est à la maison et qu'on explique et qu'on répond aux questions qui vont avec, mais on adapte à chaque séquence de développement neuropsychologique de l'enfant et ça permet justement de faire en sorte que le sujet ne soit pas tabou parce qu'il faut savoir aussi que l'agression est toujours accompagnée du saut du secret. Le secret, si tu en parles, je vais tuer ta mère. Si tu en parles, je vais te tuer.
Bien sûr qu'ils le feront pas, mais en fait quand vous avez 3 ans, quand vous avez 7 ans ou même 12 ans, et bien vous avez peur et vous avez pas envie que ça détruise votre famille. Donc vous taisez jusqu'au moment où ben vous pouvez plus tenir. Le problème enfin l'un des problèmes clés évidemment dans dans ces dossiers, c'est sujet du recrutement de ces animateurs périscolaires.
Il ils s'occupent de la cantine, il s'occupe des activités, des loisirs généralement en fin d'après-midi après les cours. La ville de Paris annoncé fin novembre donc parmi son plan de lutte des mesures comme la création d'un poste de défenseur des enfants, c'est Dominique Vercini finalement qui vient d'être nommé, le renforcement aussi de la formation donc de ces animateurs du périolaire. Il faut évidemment toujours un contrôle en amont des personnes qui gravitent autour de nos enfants.
Suzanne Frugier, c'est enfin ça nous semble évident. C'est hallucinant. Moi, je le dis clairement qu'on en soit là aujourd'hui.
Enfin là, on parle de la ville de Paris. En plus, Paris, c'est particulier. C'estàd que Paris a la compétence a une compétence communale et départementale.
Mais regardons ce qui se passe partout en France. Moi, ça fait une quinzaine d'années que je travaille en collectivité territoriale. Je vous le dis, euh toutes les personnes qui travaillent en direction des enfants dans le périscolaire, il y a aucune vérification. personne ne s'intéresse de savoir donc ils peuvent avoir un casier judiciaire sans problème.
Mais évidemment, bien sûr. Et en plus euh et la la vérification ne doit pas se faire uniquement au recrutement. Euh elle doit après être revérifiée à nouveau.
Exactement. C'est extrêmement important. Et euh donc c'est pas une histoire parisienne euh même si bon bah là on a des éléments qui sont extrêmement euh gravissime parce que sur 13000 agents, je me permets de préciser périscolaire à Paris dans les cantines donc les garderies et les autres centres de loisirs, il il y en a que 3300 qui sont titulaires.
Ça veut dire que les autres sont vacataires et ça veut dire qu'il y a aussi moins de vérification sur les vac et sur une telle proportion aussi. Bien sûr, en fait, on les recrute très vite les vacires. On vous le dis, ça fait une quinzaine d'années, je travaille en collectivité territoriale.
Je vous le dis, euh c'est pas qu'à Paris. Euh évidemment Paris c'est extrêmement important, mais de manière générale, c'est partout en France comme ça. C'est partout dans le monde.
Je pense qu'il faut aussi effectivement c'est pas juste pareil, c'est parce que il s'agit d'enfant. Euh moi je enfin faut dire les choses telles qu'elles sont. C'est pas un sujet, c'est pas une priorité en fait.
En réalité, on ne fait pas on nen fait pas une priorité. La protection des enfants n'est pas une priorité. Et par contre, moi je le dis très clairement, particulièrement en France là pour le coup, moi je le dis, je l'assume sur tout le territoire.
Bien sûr à Paris en ce moment, c'est parce qu'il y a cette libération de la parole aussi qu'il y a un nombre d'enquêtes qui a été ouverte qui est assez impressionnant. On le rappelle, une quinzaine d'enquêtes et vous allez voir en 2025 36 animateurs ont été suspendus, donc 19 donc pour suspicion de fait à caractère sexuel. Ils nous disent que c'est un chiffre relativement stable ces ces deux dernières années.
Ellisabeth Gusman. Oui. Non, c'est c'est assez scandaleux quand même d'entendre que c'est un chiffre qui se maintient.
D'autant plus que dans la dans beaucoup d'affaires qui sont actuellement en cours d'instruction, il y a eu des alertes de parents, il y a eu des mails. Nous cette nuit encore, on a reçu des mails de parents qui nous envoient leur alerte qu'ils avaient effectué auprès de monsieur Bloche, de madame Hidalgo, de madame Versini. euh des alertes concern qui vient d'être nommé et qu'on va d'ailleurs rencontrer demain.
Euh et et il nous il nous envoie ces mails là les parents pour nous montrer qu'ils avaient informé euh de problématiques sur des animat rester absolument sans aucune réponse. Il faut savoir que la plupart des réunions qui sont faites dans les écoles lorsqu'il y a une plainte qui est déposée sont faites à la demande insistante de parents auprès de la mairie. Les parents sont absolument pas accompagnés par les mairies et c'est un combat.
Il y a certains actuellement on a au moins dans deux affaires des avocats qui demandent des pièces judiciaires pour pouvoir appuyer leur dossier et les mairies refuse de les transmettre à savoir des plannings d'animateur à savoir une attestation de présence de tel animateur sur tel temps scolaire. Là, il y a aucun principe de précaution qui est pris. Quand il y a un signalement, c'est possible que l'animateur reste quelques jours.
Même la plupart du temps, quand un animateur a un signalement pas forcément pour des violences sexuelles, mais pour des violences tout courts, le le comportement qui est actuellement impliqué par la ville de Paris, c'est juste de déplacer l'animateur dans une autre école. On va voir justement ce qu'il est dit à ce propos-là dans cette tribune. Donc signée par ce collectif notamment des des parents d'élèves.
Les parents se retrouvent désemparés et seuls avec leur incompréhension face à des institutions qui ne veulent pas faire de vagues. L'enfant lui est prié de retourner en classe comme si sa douleur et sa parole n'avaiit aucune valeur. Anne Sénier.
Oui, bah c'est c'est ça la problématique hein. Mais pour rebondir sur ce qu'on disait tout à l'heure, je pense que on véhicule aussi et encore la la figure de l'agresseur inconnu qui sort du bois tout ça. Mais les statistiques, elles sont claires.
C'est 8 % dans 8 % des cas seulement l'agresseur est inconnu de l'enfant. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que dans 80 % c'est un membre de la famille.
Jeis on se rend compte, c'est énorme. Et le reste ben ce sont les gens qui gravitent. Donc ça veut pas dire que les gens qui gravitent ou que les parents sont tous des agresseurs.
Non, ça veut dire que ce sont des postes clés sur lesquels il faut véritablement avoir une vigilance renforcée parce que la problématique c'est que ces enfants sont marqués à vie. Après, lorsque en ça arrive de temps en temps qui est euh condamnation de l'agresseur, je dis que ça arrive de temps en temps parce que c'est rare, hein. Et même là-dedans, même quand l'agresseur est condamné, euh les jeunes devenus adultes et bien culpabilisent encore.
J'ai j'ai ruiné sa vie, j'ai et en fait c'est vraiment le monde à l'envers. Enfin, cette culpabilité, elle dure advitam. Ces enfants sont marqués à vie et c'est toute une génération et vous le disiez tout à l'heure dans la civi qui tiennent la route mais aujourd'hui le nombre le le la parole se libère aussi chez les adultes qui ont été agressés pendant leur enfance et ça l'impact aussi au quotidien dans le dans leur vie quotidien et si on veut véritablement changer ça il faut déjà commencer au départ pouvoir véritablement s'assurer et euh protéger nos enfants qui sont la génération euh de demain.
Suzanne Frugier, moi je reviens sur quelque chose qui est important parce que j'ai été victime d'un ceste donc voilà et pas que mais en fait j'aimerais qu'on arrête de parler de libération de la parole. Je suis désolée de dire comme ça mais vraiment c'est important parce que en fait les enfants ils parlent toujours d'une manière ou d'une libération de l'écoute plutôt. Ouais.
Ou mais vraiment très clairement que ce soit la les parents nous le disaient parce qu'ave florient et nous disaient en parlant des enfants que les enfants avaient déjà fait remonter des des faits d'agression. Mais on le dit toujours quand on est enfant, on le dit d'une manière ou d'une autre. On dit pas forcément les les avec des mots d'adultes mais mais on le dit d'une manière ou d'une autre ou des fois ça va être comme vous disiez tout à l'heure au début des signaux faibles.
Je veux pas y retourner, je veux pas le revoir et cetera. Enfin, on le dit. Euh et moi, je voulais juste revenir quand même sur euh aussi parce que ça on a une actualité euh qui est euh qui est très marquée quand même depuis des mois et des mois et des mois.
On a eu la commission euh enfin euh euh sur euh les l'établissement scolaire euh en établissement privé, Betara, mais pas que. Euh, il y a eu un gros travail qui a été mené en l'occurrence nous à MF à Carnoual et moi-même, on a participé, on a été auditionné euh au côté des collectifs. Enfin, encore une fois, que ce soit la SIAZ dans l'église, la Civis, euh toutes ces commissions qui ont été d'enquête, ça avance par les associations mais pas du plus haut sommet de l'État.
Mais évidemment en fait, pourquoi ? parce que on n'y a pas de volonté politique. Mais mais très clairement là, on est dans on est en pleine campagne des élections municipales, disons-le franchement.
Allez, mettons mettons les pieds dans le plat. Moi je vous le dis euh on est en voilà, on a plein de candidats et candidates qui il qui sont là en en campagne bah qui nous démontre à l'échelle bon on parlait l'échelle nationale mais même à l'échelle locale. Un maire une maire ils ont des compétences, ils peuvent agir.
C'est le moment là vraiment et nous on est présent, on est présente les associations, on on a des propositions très concrètes. Euh mais là des propositions, on a l'impression qu'il y en a plein sur la table mais qu'elles sont pas forcément appliqué. Je vous disais que Patrick Bloche donc de la mairie de Paris, lui parle du principe de précaution parce qu'en fait ils savent très bien que souvent ces faits ne sont pas toujours caractérisés par la justice.
Donc il dit même si finalement euh la personne qui est soupçonnée et bien elle ressort sans être inquiétée de d'aucune manière, on ne la remettra pas en contact avec les enfants. On est quand même très loin de ce qui se fait aujourd'hui Ellisabeth Gutman. Oui oui là on est à des lustres de ce qui se fait aujourd'hui.
On a par exemple même également une l'affaire Paul du Bois c'était en 2018-29 donc il y a 15 plaintes actuellement. C'est toujours en cours d'instruction. Euh, un animateur qui depuis 6 ans euh donc est suspendu de ses fonctions est toujours payé par la ville de Paris, hein, depuis 6 ans à ne rien faire.
Euh et il n'est pas viré, il est toujours payé avec son plein salaire et c'est le cas, on peut l'imaginer, pour les cinq autres personnes qui sont mis en cause actuellement. Et que répond la mairie de Paris quand vous les interpellez làdus ? Absolument rien.
La mairie de Paris a rompu tout contact. Nous, on les sollicite quand même depuis 2021. On les alerte depuis 2021.
Donc aujourd'hui, monsieur Bloch dans la tribune découvre cette problématique il y a quelques jours en annonçant des mesures, mais en réalité il nous a déjà reçu trois fois et par trois fois depuis 2021 on le on lui on lui signale toutes les problématiques systémiques du périscolaire parisien et national. Et c'est ce qui fait évidemment cette impunité he finalement àqué que les enfants non ne font pas confiance aussi dans les adultes pour les aider. Ils peuvent pas parce que quand ils parlent justement à leur façon, ils vont pas être entendus.
Parfois le pire c'est que parfois ils se disent "Ah ben on t'entend, on va en parler à l'école, il se passe rien." Donc en fait on t'entend mais on ne peut rien faire et ça c'est vraiment dévastateur pour la confiance envers les adultes, envers le système. Ça veut dire quoi ?
Ben ça veut dire qu'il va se débrouiller tout seul. Alors ça veut pas dire que ça fait des délinquants derrière. Euh ça veut dire que ça fait des des jeunes qui qui grandissent avec un étayage véritablement euh branque balan parce que un je peux pas faire confiance à mes parents.
Quand je leur parle et bien il soit ils me croient pas euh soit ils peuvent pas changer la situation. Euh quand on va à la gendarmerie tout seul parce qu'on veut pas en parler aux parents et bien il faut que je vienne avec un avec un majeur. Euh en fait il y a il y a tellement d'obstacle que infiné euh ça devient vraiment le parcours du combattant et dans le ressenti même de la personne qui a été agressée souvent ce parcours du combattant c'est un poids qu'ils peuvent pas porter parce que ils sont déjà chargés justement dans cette agression et de tout ce qu'ils ont à gérer eux-mêmes.
Oui. Puis c'est la double peine. C'est la double peine et c'est vrai que quand on l'installe aussi dans le contexte actuel, vraiment le l'enfance, la petite enfance, vraiment on a l'impression d'être le parent pauvre des euh des priorités euh de nos gouvernants, de nos institutions, la santé mentale derrière ou alors pire on va l'emmener chez le psy, ouais, super donc c'est toi le malade et euh de psy, on le sait, il faudrait peut-être effectivement prendre des problèmes.
En amon, les enfants sont les adultes de demain. la PMI en général en fait la BPM en cas d'affaires judiciarisé, la BPM demande aux parents de ne pas parler de ça avec les enfants euh tant qu'ils n'ont pas été auditionné donc par la brigade de protection des mineurs. Et il s'avère par exemple pour l'affaire Paôle du Bois que ça a mis 2 ans 2 ans tout à fait.
On laisse l'enfant avec ce poids là et dans l'affaire Paul du Bois, c'est 2 ans d'attente pour les enfants avant d'être auditionné des enfants de 3 ans. Ça comme vous le dis, il y a des bonnes il y a des bonnes approches mais en fait c'est la coordination entre tous ces secteurs, entre l'éducatif, entre le sanitaire, entre le familial, entre la société de manière générale qui manque et qui fait qu'aujourd'hui on est toujours là à mettre des allumettes mais que rien ne prend. Suzanne Freugier et ce sera la toute dernière question.
Est-ce que vous avez encore confiance malgré tout dans l'évolution de sociétale qu'on voit ? On en parle malgré tout de plus en plus. Est-ce que vous pensez qu'un jour ou l'autre on aurait une volonté politique effectivement qui soit à la hauteur ?
Mais bien sûr qu'on y croit. Enfin, nous on fait tout pour et euh et euh et on on lâchera jamais mais jamais. Euh il bien sûr qu'il faut y croire.
C'est pas parce que aujourd'hui on a un président de la République qui nous a fait une promesse qui ne tient pas, qu'il ne faut pas y croire. Vous avez fait appel aux élus locaux pour les prochaines municipales et municipales de du printemps prochain. On espère en tout cas effectivement que ces questions et que la parole de l'enfant soit enfin prise au sérieux avec tout ce que ça mérite derrière de comme comme mise en mise en place de de signalement de processus simplifiés et d'accueil encore une fois de l'écoute avant toute chose.
Merci à toutes les trois d'avoir été avec nous sur France info pour en parler. Ellisabeth Gutman, Anne Sénik et Suzanne Frugier. Merci d'être venu nous voir.
Emmanuel Macron