Philippe Baptiste : « L’Europe réinvestit dans la course spatiale »
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L'espace qui s'est donné rendez-vous à Paris, Sommet international pendant deux jours et la question du multilatéralisme au centre des discussions avec cette interrogation centrale. Comment l'Europe peut-elle trouver sa place et rêver encore des étoiles ? Pour en parler, nous recevons Philippe Baptiste. Bonjour, merci d'être avec nous, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace. Interview en partenariat avec la presse régionale, représentée ce matin par Julien Lécuyer de La Voix du Nord. Bonjour Julien. Bonjour, heureux de vous retrouver, Oriane. Mais heureux également, Julien, qui sera avec nous tous les jeudis cette saison. On va parler de ce sommet international ? Monsieur le ministre, l'Union européenne a-t-elle les capacités
de son autonomie en matière spatiale ? Mais oui, d'abord, il faut rappeler quelques petites choses, c que l'Europe aujourd'hui, en l'état, elle est autonome sur le spatial. On a retrouvé notre capacité d'accéder à l'espace. Je vous rappelle, il y a quelques années, on avait une vraie crise, c'est-à-dire qu'on n'avait plus de lanceurs en Europe, Ariane 5 était terminée, il n'y avait plus d'Ariane 5 disponible. Ariane 6 était en retard. Vega, l'autre lanceur européen, avait quelques difficultés. C'était la catastrophe. On a travaillé comme des ariane 6 aujourd'hui est un vrai succès tous les tirs tous les premiers tirs ont été des succès complets vega est revenu dans la course
et il ya quelques jours on a eu aussi une nouvelle start up allemande qui a réussi son premier tir avec un tout petit lanceur, mais ça veut dire que quelque part l'Europe aujourd'hui dispose d'une gamme complète pour accéder à l'espace. Ça c'est l'accès à l'espace, c'est la première étape. Et après on a des satellitiers en Europe qui sont aujourd'hui excellents. Maintenant notre question c'est, on a ces capacités aujourd'hui ? Il y a des sujets où on a pris du retard technologique et puis assez. Et puis l'autre truc c'est qu'on n'en fait pas assez, c'est-à-dire qu'aujourd'hui on n'a pas des constellations suffisamment grosses, on n'a pas des fois des technologies qui sont adaptées donc il faut qu'on rattrape ça. Mais on a des capacités.
Voilà donc c'est-à-dire que voyons le vert est peut-être un peu, pas complètement plein mais il n'est pas complètement vide non plus loin de là. Oui j'entends votre optimisme monsieur le ministre mais c'est vrai que quand on voit les chiffres du nombre de lanceurs projetés par Donald Trump qui parle de 1000 lancements d'ici 2030 alors je sais bien que ce sont les déclarations de Donald Trump mais l'Europe est clairement en retard vous parliez d'un lanceur la possibilité d'un lanceur réutilisable on en est encore loin et est-ce qu'on va être en capacité de rattraper ce retard alors on en est loin et on n'en est pas loin puisque aujourd'hui on a Maya donc Maya c'est une start-up qui a été lancée il y a quelques années mais ce n'est pas pour tout de suite c'est pour 2028 on va avoir
les premiers vols donc on est vraiment aujourd'hui, enfin le développement aujourd'hui est très bien avancé et c'est probablement l'avenir du transport spatial européen. Donc oui j'écoute Elon Musk qu'avec parfois intérêt parfois aussi avec un peu de distance même souvent avec beaucoup de distance c'est quelqu'un qui a réussi à faire des choses qui technologiquement sont vraiment très intéressantes en réduisant les coûts et en ayant massifié le business c'est aussi quelqu'un qui raconte beaucoup de choses qui parfois sont très très loin de la réalité aussi il faut quand même dire les états unis mais il ya aussi la chine donc oui effectivement il ya cette massification envoyé de plus en plus de satellites dans l'espace
la question qu'il faut qu'on se pose nous comme européens la première des questions c'est de quoi on a besoin pour notre autonomie stratégique pour notre défense pour notre sécurité pour nos télécoms c'est le la première brique aujourd'hui ça aujourd'hui est ce qu'on est capable de le faire en européen la réponse est oui faut qu'on accélère faut qu'on aille plus vite non c'est le faire après l'autre question c'est vous avez besoin de faire beaucoup de lancements si derrière vous avez des projets de constellations que vous voulez mettre en orbite qui sont très nombreux et très large. Aujourd'hui, le moteur dans le monde, c'est SpaceX avec Starlink parce que pourquoi ils lancent énormément aujourd'hui ? C'est parce qu'ils ont cette constellation
de satellites en orbite basse qui s'appelle Starlink. Et donc, c'est pour ça qu'ils lancent beaucoup. Donc, de toute façon, j'ai envie de vous dire, de manière très concrète, aujourd'hui, on n'a pas cette constellation en Europe. Donc, la question de savoir si on doit lancer beaucoup ou pas, il faut déjà avoir la constellation. On va l'avoir. On va l'avoir. C'est Iris square arrive on a décidé le projet le projet a été lancé par la commission européenne c'est il a été je pense vraiment faut le dire encore une fois pensée par thierry breton enfin j'aime bien de dire les choses de manière extrêmement claire, pensé par Thierry Breton, poussé par lui, repris par la Commission aujourd'hui. Il a été lancé acté, la première phase a été lancée.
En 2030, on aura les premiers satellites et on a cette constellation qui est lancée. Donc l'Europe réinvestit dans la course du spatial. On réinvestit de manière raisonnée. Je crois qu'il y a un vrai enjeu et une vraie, aujourd'hui, cohérence européenne, la France, l'Allemagne, l Il y a une vraie cohérence européenne. L'ambition est là. Est-ce qu'il ne faut pas craindre une concurrence entre les États européens ? On a vu des initiatives portées par différents pays. LineMind continue de regarder vers les équipements américains, alors même que l idée d'une préférence européenne est sur la table. Où est-ce qu'on en est ? Vous avez complètement raison. Il y a des choses où il y a, je pense, une vraie cohérence et une vraie vision partagée.
L'espace est important et crucial pour l'avenir de l'Europe. Il faut augmenter les budgets spatiaux, il faut investir, il faut que l'Europe soit un moteur. À combien, pardon ? On va s'arrêter un instant sur le budget parce qu'évidemment c'est comme pour tout, il faut des moyens.
Donc le projet de budget européen, on parle, rien n'est fait puisque les discussions vont s'ouvrir avec des projets qui augmentent d'un facteur 5 ou 6 les budgets spatiaux européens. Donc on voit bien qu'il y a une prise de conscience aujourd'hui de tous les pays, de tous les grands pays du spatial de l'importance. Ce sommet en est une parfaite illustration. Sans la présence du chancelier maire. Alors attendez, je réponds à votre première question. Pardon, je suis un un peu, voilà. Non mais allez-y, allez. Oui, je pense qu'il y a des choses qui nous unissent aujourd'hui, il y a une vision que c'est crucial pour notre défense, pour notre sécurité, pour notre stratégie, pour l'observation de la Terre, pour le climat, pour la science, le spatial et partout.
Maintenant, après, effectivement, il y a des modus operandi où des fois on n'est pas complètement d'accord. La question de la préférence européenne, nous c'est quelque chose qu'on porte avec vigueur. Moi ce que je dis aujourd'hui, c'est que si par exemple aujourd'hui un satellitier européen, il produit un satellite européen. Ce satellite doit partir sur un lanceur européen, qu'il soit allemand, italien, français ou autre chose. Il faut qu'on reste en européen parce que c'est très naïf. Vous avez réussi à convaincre les Allemands de ça ? Je pense qu'on progresse. Je pense qu'on progresse beaucoup. Je pense qu'on progresse beaucoup et je pense qu'on va y arriver. En tout cas, il y a une vraie conviction, y compris aussi à Bruxelles, sur ces questions-là.
C'est quoi la crainte ? Pourquoi les Allemands ? On a du mal à à saisir pourquoi les Allemands, qui a priori ont la même stratégie, se tournent encore vers les Etats-Unis. On parle spatial, mais on parle défense, ça revêt beaucoup d'aspects. C'est une question que je vous encourage à poser, à approfondir et à poser à nos partenaires allemands. Donc voilà, mais ce que je veux dire, c'est qu'on a des fois… – Mais est-ce qu'ils n'investissent pas plus que nous en matière d'espace les Allemands ? – Alors les Allemands ont annoncé un programme extrêmement ambitieux d'investissement pour le futur évidemment, avec en particulier dans le domaine de la défense, extrêmement ambitieux sur le spatial. Mais aujourd'hui, ce n'est pas eux la première puissance spatiale européenne ?
Enfin pardon, excusez-moi, mais pourquoi alors ? Parce qu'il y a les budgets qui sont annoncés, il y a les budgets qui sont annoncés, il y a les budgets qui sont réelles qui sont mises en place. Et puis après, il y a l'empreinte industrielle. Et cette empreinte industrielle, c'est le fruit de dizaines d'années d'investissement. Donc aujourd'hui, en termes d'empreintes industrielles, la France est la première puissance européenne. C'est à peu près la moitié de l industrie spatiale européenne, après il y a l'Italie et l'Allemagne qui sont les grands pays aussi du spatial et ça montre aussi qu'il faut qu'on investisse. La France a décidé d'investir, a aussi investi et a annoncé des budgets qui sont importants. Je voudrais aussi dire que, simplement, sur les questions de science,
de recherche, de technologie, mon ministère voit ses budgets augmenter et c'est probablement un des très rares périmètres ministériels qui voit justement un Elle marge bien la coopération franco-allemande parce que ce sommet, c'est censé être un sommet franco-allemand. On l'a vu, on a vu les images, vous nous en avez parlé, ce mini lanceur allemand, les Allemands ont fait bande à part. Friedrich Merz, le chancelier n'est pas là, c'est quand même pas un bon signal. – Alors, il ne vous a pas échappé qu'il y a une politique intérieure aussi des États et donc il s'est passé pas mal de choses en Allemagne. Ce n'est pas à moi de commenter les choses mais je pense qu'il faut aussi – C'est uniquement ça qui explique son absolu ?
– Ce n'est pas à moi, mais ce que je veux dire, c'est que l'Allemagne est représentée aujourd'hui par deux ministres, Pistorius, qui est quand même un ministre de la Défense, qui est quand même un des poids lourds du gouvernement, par la ministre Hubert qui, elle aussi, a une vraie importance pour la recherche et pour l'espace. Il y a une coopération... Il ne faut pas y avoir de tensions franco -allemandes. Mais il y a des tensions franco-allemandes, en particulier dès qu'on parle d'empreintes industrielles, qui fait quoi, etc. Mais ce que je dois dire aujourd'hui, pour bien connaître le sujet, c'est que c'est beaucoup plus fluide que ça l'a été précédemment. Il y a des visions politiques qui sont quand même très alignées et on progresse.
On a aussi eu des tensions avec l'Italie ces dernières années sur un certain nombre de sujets qui aujourd'hui ont complètement disparu on a un alignement politique industrielle avec nos amis italiens qui fait extrêmement fort donc je pense qu'on est vraiment sur une dynamique de progression l'europe s'unit il faut qu'on investisse plus. Le MFM, le prochain budget européen, il sera là. Les budgets nationaux, la France montre l'exemple aussi. Donc oui, on a du retard, bien sûr. Il faut qu'on réinvestisse. On a aussi des atouts, on a des talents, on a des infrastructures industrielles qui sont fortes. On a un port spatial européen à Kourou qui est absolument exceptionnel. Donc pas de sinistrose sur ce sujet. Pas de sinistrose.
Il y a une autre absence qui a été remarquée, c'est celle d'Elon Elon Musk, le patron de Specs X. On a entendu parler de pression potentielle de la Maison-Blanche pour qu'il ne vienne pas à Paris. Le patron de Specs X, est-ce que c'est aujourd'hui un partenaire ou est-ce que c'est un adversaire – Ça, c'est une belle question. Moi, je ne peux pas confirmer ou infirmer les pressions ou les discussions qui auraient pu avoir lieu entre des partenaires américains et la Maison-Blanche. Ce n'est pas mon rôle. Ce que je constate aujourd'hui, c'est qu'on a annoncé hier, par exemple, un très gros contrat entre Amazon, qui, ça fait erreur de ma part, est une entreprise américaine.
Très gros contrat entre Amazon et Ariane Group pour plusieurs lancements supplémentaires, ce qui illustre accessoirement aussi le dynamisme du secteur. Nos partenaires américain ne viendrait pas nous voir si on n'avait pas des lanceurs qui étaient efficaces, qui étaient rapides. On est dans l'ultra concurrence à l'heure actuelle et j'imagine que pour vous, la présence de Donald Trump à la maison blanche à l'heure actuelle, est un signe d'une rivalité qui va être extrêmement forte dans les prochaines années. Je pense que ce qui me frappe le plus dans le périmètre qui m'intéresse, c'est-à-dire la recherche, la science, la technologie,
c'est que nous avons de l'autre côté de l'Atlantique une grande puissance, une grande puissance en sciences, en technologies, dans le spatial. – En intelligence artificielle aussi ? – Il y
elle a des mouvements qui sont brusques et parfois très difficiles et parfois très imprédictibles. Et ça, quand on travaille sur des programmes, que ce soit des programmes industriels ou des programmes de recherche, de moyen ou de long ou de très long terme, c'est très dommageable. Et pour dire les choses très brutalement, sur la science en particulier, sur les questions autour de l'observation de la Terre, sur la santé des femmes, sur le vaccin, sur l'antibioresistance. Il y a tout un ensemble de champs qui ont été quand même un peu dévastés par des changements de position et des changements de cap extrêmement brutaux de nos amis américains. Et ça, évidemment, ça questionne et ça nous renvoie aussi à ce qu'on veut faire en Européen.
Vous nous avez parlé de ce gros contrat avec Amazon. Que va annoncer d'autre ? Le chef de l'État, le sommet prend fin aujourd Je pense qu'il y a déjà beaucoup de choses qui ont été annoncées hier, au total si vous regardez l'ensemble des enveloppes, on sera je pense à la fin plusieurs dizaines de milliards d'euros de contrats qui auront été annoncés d'un point de vue purement business, vous avez entendu aussi qu'il y avait une annonce qui était une annonce forte autour de Thomas Pesquet qui va retourner dans l'espace et qui va commander la mission, une mission avec l'entreprise vaste. Donc ça c'est C'est une mission privée. Est-ce que là aussi le privé va se passer sur le public ? Oui, mission privée avec des astronautes européens en l'occurrence qui ont
des programmes de recherche, ils vont faire des manips. sur l'ISS donc des expériences scientifiques qui sont pour nos laboratoires public enfin donc c'est du voilà c'est un partenariat mais c'est aussi vous avez entendu parler hier probablement de vortex avec une très belle annonce aussi autour de vortex Vous avez entendu aussi Vortex, qui est l'avion spatial porté par Dassault et avec des partenaires européens. Quand on parle de coopération avec OHB, qui est une très belle entreprise, aussi allemande sur le sujet, donc avion spatial qui aura vraiment un objet dual extrêmement intéressant où à la fois on pourra embarquer des expériences scientifiques mais il y a évidemment aussi des applications qui sont des applications de
défense qui sont extrêmement intéressantes vous avez entendu parler aussi de la levée de fonds de tech the exploration compagnie porté par hélène huby on a on aura probablement des annonces aussi dans les dents très très vite là sur une ambition aussi pour la France et pour l'Europe, autour de grandes questions, autour de l'exploration, autour de la science. Et ça, je vous laisse attendre quelques heures. Juste le budget, parce qu'évidemment, on en revient toujours à des questions financières. Le budget de l'espace, on sait que Sébastien Lecornu demande à ses ministres de faire des efforts. Le budget de l'espace ne sera pas impacté ? Non seulement il n'est pas impacté, mais le budget de la recherche, le budget de la science, de l'enseignement supérieur
et du spatial il augmente aujourd'hui donc on est quand même sur des points un projet de budget 2027 qui sera très dynamique c'est un decam et quand même c'est quand même à signaler dans une danse à un moment où on est très contraint Pourquoi ? Parce que ce sont des dépenses qui sont des dépenses d'avenir et je pense qu'il faut investir Vous savez que l'Europe sur le spatial comme sur la recherche etc on n'investit pas assez Et quand je dis ça, je ne plaide pas pour mon périmètre ministériel c'est moi je viens de la société civile et je reviendrai dans la société civile un jour donc le sujet c'est que c'est l'avenir du pays qui est derrière c'est parce qu'en fait si vous investissez pas dans la recherche s'il n'y a pas de
recherche il n'y a pas de terrain qui est de terreau fertile pour l'innovation et donc vous derrière vous arrivez pas à développer des produits qui seront utiles pour les entreprises sur votre autre casquette puisque on le disait vous êtes aussi ministre de l'enseignement supérieur un Un rapport sénatorial a été publié hier. Il veut supprimer le droit de tous les bacheliers de poursuivre des études. Le bac ne doit plus donner un droit d'accès inconditionnel à l'enseignement supérieur. Comment vous réagissez à ce rapport Alors, deux choses. Il y a plein de propositions dans ce rapport du Sénat. La plupart de ces propositions, pour ne pas dire toutes, il n'est pas question de les mettre en œuvre dans les six mois qui viennent parce
qu'on parle aussi d'augmentation des droits enfin il ya plein de sujets tout ça n'aura pas lieu dans les mois qui viennent donc il sera pas suivi des faits avant la fin du coquet mais non mais c'est parce que mais je pense que personne n'imagine que on va changer avoir ces changements structurels à quelques mois d'une élection présidentielle. Moi, d'abord, je loue la qualité du rapport. J'y retrouve énormément des sujets que je porte je crois de long terme donc pas pour demain matin et de long terme je crois effectivement que la question de la place du baccalauréat est une question qui doit être discutée au moment de la présidentielle parce que c'est un grand sujet de société Pourquoi est-ce qu'on a une difficulté aujourd'hui ?
On a des taux de succès du baccalauréat qui sont très élevés, 96 % à peu près pour le baccalauréat général, un petit peu moins pour les Les baccalauréats techniques et les baccalauréats professionnels. On a beaucoup de bacheliers professionnels qui décident de faire des études supérieures, donc des taux de poursuite d'études post-bac qui sont extrêmement élevés et avec des gens qui ne sont pas forcément suffisamment formés pour faire des études. Et ça, ça nous amène après à des taux d'échec qui sont considérables en licence. Et ce qu'on demande aujourd'hui à nos universités, c'est l'impossible. C'est-à-dire que c'est de prendre des étudiants qui ont des profils extraordinairement variés
et de les faire tous réussir. La vérité, c'est que ça ne marche Je vais vous donner un exemple. Vous êtes bachelier professionnel. Vous allez faire une licence. La probabilité de succès en 4 ans, c'est 4%. 4 4%. 96 % d'échecs. Il faut quand même le dire. Il y a quand même une gigantesque hypocrisie autour de ça. Donc, de ce point de vue-là, moi, je pense que le débat qui est posé par le rapport sénatorial, il est intéressant et il faut en parler. Le bac, aujourd'hui, c'est plus un diplôme exigeant ? Plus un diplôme suffisamment exigeant ? C'est pas ça que je veux dire, c'est que je pense que quelque part le bac est probablement une condition nécessaire et suffisante aujourd –
Parce que derrière, il y a un taux d'échec dans les études supérieures qui est élevé. – Mais je pense qu'il faut qu'on réfléchisse et peut-être qu'il faut mettre des années de propédotique, des années de rattrapage, post-bac, pour un certain nombre de bacs en tout cas, pour être sûr que les gens qui s'engagent dans des les études supérieures et les moyens de réussir. Parce que sinon, c'est une fausse promesse qu'on fait, c'est une hypocrisie. Et donc je crois vraiment que ce sujet-là, encore une fois, ce n'est pas une réforme qui sera mise en place dans les mois qui viennent, mais je crois que ces questions là, elles doivent être discutées elles doivent faire partie Monsieur le ministre vous parliez d'avoir les moyens c'est aussi
les moyens financiers comment on doit concevoir un peu cette mesure prônée par la commission sénatoriale qui veut multiplier par 5 les frais d'inscription à l'université. Est-ce que ça ne donne pas l'impression qu'on va faire une sélection aussi par l'argent ? C'est une autre mesure. Moi, ce que je Je crois profondément, c'est qu'aujourd'hui on est dans une situation où les établissements d'enseignement supérieur sont un peu en limite de fonctionnement. C'est-à-dire qu'on voit bien les tensions budgétaires, on leur a demandé d'accueillir massivement des étudiants. Je voudrais juste rappeler un chiffre. En 2018, quand on avait lancé Parcoursup, il y avait 800 000 étudiants sur la plateforme. Aujourd'hui, il y en a plus d'un million. C'est 200 000 de plus.
C'est-à-dire que c'est quand même des augmentations qui sont quand même considérables et qu'il faut absorber. Donc on voit bien qu'on est en limite de fonctionnement. Il y a deux options. Soit l'État réinvestit massivement dans l'enseignement supérieur, et c'est une question qui se... Mais massivement, ça veut dire que c'est probablement plusieurs milliards d'euros qu'il faut mettre chaque année. Et la question peut être ouverte, et c'est un débat qui doit avoir lieu. L'autre option, c'est de dire... Alors je crois qu'augmenter les droits pour tout le monde, moi j'y suis farouchement opposé, c'est pas ça, à mon avis, le sujet n'est pas là. C'est de dire en gros simplement, en fonction de vos revenus, peut-être qu'il y a des contributions qui peuvent être supérieures à celles qui sont...
Et ça c'est quand même une vraie question. Et je trouve que cette question, elle mérite d'être débattue. – Ça pose la question de la réforme des bourses également, qui est portée aussi dans le rapport. Vous prenez une réforme des bourses ? – Absolument, je pense qu'il faut aussi avoir à côté de ça une réforme des bourses, en supprimant en particulier les échelons, qui sont des espèces de marges d'escalier et où on voit que la précarité se focalise en bas des marges de l'escalier. C'est une réforme qui coûte 400 millions d'euros à peu près par an, il est indispensable de la faire à un moment ou à un autre. Voilà, il faut la faire. – Merci monsieur le ministre. Merci beaucoup d'avoir été C'est notre invité.
Philippe Baptiste