SUR LES ROUTES MYTHIQUES DE FRANCE - Saison 3 - La côte de la mer d'Iroise avec Philippe Lavil
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Nous voilà en Bretagne. À nous les galettes saucisses, le Queen Yaman, le bon cidre. Nous sommes sur une route qui traverse l'un des plus beaux parcs naturels de France. Je vous propose de partir de la côte sauvage de la mer d'Iroise jusqu'aux forêts chères aux druides au cœur du Finistère. L'occasion d'explorer ensemble le berceau des légendes bretonnes, les rivières argentées et les mystérieux chaos rocheux. De nombreuses étapes nous attendent, du petit port du Conquet jusqu'au fameux Mont d'Arrée qui abrite une ferme d'exception en passant par Brest, ville historique qui sait vivre avec son temps. Un voyage entre terre et mer qui nous fera découvrir la diversité du paysage breton.
Et pour m'accompagner, quelqu'un qui connaît bien ces paysages, un chanteur que l'on associe à notre terre entourée d'eau à plusieurs milliers de kilomètres. Et pourtant, ses racines sont ici. Il est de Bretagne d'ailleurs. Son ailleurs, c'est la Martinique. Il s'agit de Philippe Laville et on va retrouver avec lui le pays breton de ses ancêtres. Bienvenue sur notre route mythique de l'Armorique. Bonjour Philippe.
Bonjour Nathalie. Ça va ? Oui, je suis contente. Moi aussi. De faire cette route. Je suis ravi.
Alors tu m'as donné rendez-vous ici, en bord de mer, en Bretagne.
Exactement. Et on va passer une journée formidable. Si tu veux bien. Ah oui ?
Alors là, ici, on est au Conquet. Oui. Parce que là, on est vraiment dans la commune la plus à l'ouest de France. Oui, oui. Enfin là, on est vraiment à l'ouest de l'ouest.
Totalement à l'ouest de la France. Exactement.
Alors je vais te montrer le trajet.
Oui, mais ça, on va voir ça après.
Ah bon ?
Pourquoi ? Parce que je vais t'emmener sur une île qui s'appelle Molène, qui est là-bas. Et je me suis arrangé pour que la météo soit plutôt bonne. Pour la traverser ? Pas trop de mer, donc ce n'est pas la peine de prendre un sac en plastique. Tu ne seras pas malade. Et on aura pas mal de soleil aujourd'hui.
Donc moi, je t'emmène sur le continent.
Et moi, je t'emmène en mer.
Et toi, tu retournes sur une île.
On retourne en...
En fait, c'est la pelle de l'île. Voilà, exactement. Je ne peux pas t'en empêcher.
Non, on y va ? Ouais, je te suis. Allez, on y va. Merci beaucoup. Marchons comme ça. Je suis ravi en tout cas. Moi aussi, je suis très heureux.
Molène est une mise en bouche idéale à ce road trip. L'occasion de s'offrir une virée en mer avant de revenir sur la terre ferme pour retrouver notre fidèle combi. Tu as commencé à venir en Bretagne, découvrir justement la terre de tes ancêtres.
Je suis venu une ou deux fois lorsqu'on était... J'étais adolescent, mais sans vraiment comprendre. Je n'avais pas pris conscience de ses lointaines racines, je dirais. Après, on a fait une tournée qui s'est arrêtée à Ploudalmeuseau, je me souviens. On a fait une tournée, on a chanté à peu près dans toutes les villes de Bretagne. Le déclic, ça a été, je pense, la révérence, c'est le départ de mon père. Et donc là, je me suis commencé à m'intéresser, à regarder. Je suis venu à la Pointe-du-Rat, je suis allé voir les endroits un petit peu...
Tu as fait le tour de la Bretagne, quoi. C'était ce besoin de...
Oui, j'ai eu besoin. J'avais fait une chanson qui s'appelait De Bretagne ou D'ailleurs, et qui racontait un peu l'aventure de ces gens qui partaient pour coloniser.
C'était comme un déclic pour toi. Tu as eu besoin d'écrire sur cette Bretagne au lycée de ton papa.
Oui, j'ai eu besoin de sortir quelque chose, quoi. C'était une espèce d'exutoire. Alors, j'entends parler de Molène depuis quelques années parce que j'ai un bon copain qui est brestois et qui a une maison. À la limite, quand il t'en parle, tu as l'impression que ce sont ses racines qui sont là. Et je lui ai dit, un jour, il faudrait que j'aille. Il faudrait que tu m'invites chez toi. Il m'a dit, je vais t'inviter chez moi. Et c'est l'occasion aujourd'hui. Et donc on va aller chez lui ? On va aller chez lui.
Très bien.
Il s'appelle François. Ah ben, il y a François qui nous attend, là. Merci, messieurs. Voilà. François. Bienvenue. Merci de nous recevoir chez toi.
Bonjour, François.
Tu m'en as tellement parlé. Enchanté. Nathalie.
Donc là, on est vraiment sur la terre de vos ancêtres, François.
Oui, complètement. Mon grand-père a quitté l'île dans les années 20 parce qu'il avait neuf enfants et sa femme voulait que ses enfants fassent des études.
Oui. Donc il fallait rejoindre le continent.
Ils sont partis habiter au Conquet. Mais en gardant quand même des attaches. En gardant des attaches ici.
C'est marrant parce que vous êtes restés pendant longtemps ici à l'heure de Greenwich. C'est-à-dire qu'en fait, le breton, vous disiez qu'il était zéme, il était tué également. Il ne voulait pas l'heure continentale.
Oui, oui, tout à fait.
Comment vous l'expliquez, ça ?
C'est la vie des pêcheurs. Donc les pêcheurs, ils fonctionnent avec la marée, pas avec l'heure solaire ou l'heure de Greenwich. Alors, question désagréable. Est-ce qu'ici, il y a la susceptibilité des insulaires, la légendaire susceptibilité des insulaires ? Oui. Je ne sais pas. En tout cas, c'est un tempérament particulier. On n'a pas besoin d'aller vivre aux Antilles pour avoir le tempérament. Je pense qu'on retrouve à peu près partout le même tempérament. Dans les mêmes îles. Dans les mêmes îles. Dans les îles, oui. Quelle que soit la latitude ou la longitude. Voilà, c'est là où j'habite.
Avec le sémaphore juste en face et ce ciel bleu.
Et ce ciel bleu, habituel. Et la porte est ouverte.
Je vous suis. Après vous.
Est-ce qu'on peut dire, François, qu'il y a des passerelles entre les Antilles et la Bretagne ?
Il y a des passerelles historiques. Il y a une culture identitaire qui est très forte. Historique. Beaucoup de Bretons sont partis là-bas. Peut-être que Philippe, d'ailleurs, en fait partie, enfin, ses ancêtres. Entre la Bretagne et les Antilles, c'est aussi le monde de la mer, le monde des marins. Une histoire commune. Une histoire commune, oui. Le reste, enfin, c'est cette partie de la montagne. Quand on part, après, c'est l'Amérique, c'est les Antilles, et voilà, on passe au-dessus que lorsqu'on part en avion pour la Martinique ou la Guadeloupe. Donc, oui, il y a une histoire et il y a déjà l'histoire qui n'a pas toujours été. Bon, elle a été douloureuse aussi. On peut le signaler.
Il y a aussi une très belle biodiversité dans la région.
Bien sûr, oui. Ici, on est au cœur du parc marin, de la mer d'Ivoise. J'ai l'habitude de dire, mais il ne faudra pas le répéter à mes amis au-essantin, ici, c'est une vraie île. Pourquoi ? Parce que, quel que soit l'endroit où on se trouve, on voit la mer ou on entend la mer. Là, on ne l'entend pas parce qu'il n'y a pas beaucoup de vent, mais quand il y a la tempête, moi d'où je suis, j'entends les galets qui roulent.
C'est impressionnant, ça.
Oui, oui. Et donc, voilà, c'est effectivement une ambiance particulière.
Et qu'est-ce qu'on recherche en venant vivre ici ? Est-ce que c'est justement l'isolement, se couper du monde ?
Pas l'isolement. Moi, ce que j'ai recherché, c'est à la fois être prêt et loin de Brest. On est prêt parce que, bon, s'il y a quelque chose qui se passe en une demi-heure de bateau, on y est. Et puis loin parce que, quand rien ne se passe, on reste ici. On est ailleurs. On est ailleurs. On est complètement au bout du monde. Ce qui impressionne beaucoup les gens qui viennent ici, c'est le silence. Philippe Torretton, qui était venu il y a une dizaine d'années, m'avait dit ici, j'écoute le silence.
Ici, on écoute la nature, moi, je dirais. Parce que justement, depuis tout à l'heure, tu as vu, on s'arrêtait pour écouter les oiseaux. On sent qu'elle est très présente, cette nature.
Voilà. Et là, il y a une livraison qui vient d'arriver. Je pense qu'on va avoir une bonne surprise.
Bonjour, monsieur. Montrez-nous un peu ces bestiaux. Crabbe et araignée. Regarde ça. Eh bien, dis donc, en même temps, le port de pêche de l'île de Molenne est très connu, notamment pour le crabe. C'est un beau bestiaux. C'est vous qui l'avez pêché ?
Les enfants.
C'est vrai. C'est la relève ?
C'est la relève.
Dis donc, on va pouvoir tenir un petit moment avec tout ça, François.
On va manger sa mythe. C'est pas tu.
Merci beaucoup, Mino.
De rien.
Moi, je vais venir m'installer sur l'île de Molenne. Tu es aussi bien accueillis. C'est un vrai bonheur ? Moi, j'observe pour être capable de le refaire. Alors, c'est quoi la technique, François ?
Il ne faut pas l'éclater. Il ne faut pas le rater. Voilà, ça c'est fait.
Un bon coup bien sec. Un coup franc. On peut dire que l'île de Molenne et la pêche sont indissociables. On est d'accord.
C'est une île historiquement de pêcheurs, alors que au essence, c'était plutôt la marine marchande et la marine militaire.
Pourquoi est-ce que cette île était redoutée par les marins à l'époque ? Pourquoi est-ce qu'on disait justement qu'il voit Molenne, qu'il voit sa peine ?
Il y a des rochers partout et puis avec les marées qui modifient complètement le paysage. L'île de Molenne, c'est aussi l'île des sauveteurs en mer. Il y a eu des drames importants. Il y a un peu plus d'un siècle, un bateau anglais qui s'appelait le Drummond Castle s'est échoué entre Molenne et Wessan avec plus d'une centaine de morts. Certains, d'ailleurs, les corps qui ont été retrouvés sont enterrés au cimetière de Molenne.
Est-ce que tu pêches, toi, Philippe ?
Oui, je pêche parce que quand je suis aux Antilles, je pêche. En Méditerranée, j'ai beaucoup pêché. Mais je vais revenir parce que là, ça te donne vraiment envie d'y aller. quoi. Moi, je le prends comme ça.
À peine d'en. Si mon compas est bien réglé, nous nous dirigeons vers Brest. Au programme, un chantier naval en pleine activité et un autre qui vient de connaître une reconversion surprenante. Je suis un peu triste d'avoir quitté cette mer d'Iroise. J'ai adoré cette virée sur Sainte-Île.
Moi aussi. C'était vraiment un très, très, très beau moment.
À quoi ressemblait ton enfance aux Antilles ?
Ah.
T'es né à Fort-de-France, toi.
Je suis né à Fort-de-France d'une maman qui était originaire du nord-ouest et d'un papa qui était originaire du plein-est. Donc, voilà. Je suis né à Fort-de-France, quasiment au milieu, quoi. Et l'enfance était... Comment t'expliquer ?
Magique.
Oui, oui. Parce qu'on était souvent dehors. On a eu la chance de vivre pendant un an et demi dans une maison alors qu'elle était perdue au milieu des bois. On vivait presque en autarcie, quoi. Puis on était dans la nature, complètement dans la nature. La maison était ouverte tout le temps. beaucoup de gens qui passaient, des copains, des pêcheurs qui rentraient et qui s'arrêtaient au bout du petit quai pour laver du poisson qui sortait de l'eau, on pêchait. C'est un jour du bonheur, quoi. Oui, c'était vraiment quelque chose... Le paradis sur Terre. Voilà.
Cette enfance sous les cocotiers, sous le soleil, elle a duré combien d'années ?
13 ans. C'est pas si long que ça, 13 ans. Non, c'est pas très long. Je suis allé dans une pension dans la Drôme. J'avais une scolarité chaotique, on va dire. je ne foutais rien. En fait, ça ne m'intéressait pas.
Et c'est dans ces années au pensionnat que tu vas découvrir ta passion pour la musique ?
Oui, oui. C'est là que je vais... D'abord, mes parents m'avaient fait un cadeau, ils m'avaient offert une guitare achetée en Espagne. Je me suis mis à faire des chansons, je devais avoir 16 ou 17 ans.
Ton vrai nom, j'ai enquêté, c'est pas la ville. C'est une belle simplification de ton naissance.
Oui, mais c'est un petit hommage à mon grand-père paternel.
Parce que tu t'appelais comment ? T'appelais les Durants de la Ville Jégue du Fréné.
Oui, oui.
C'était un peu compliqué pour faire une carrière avec ça.
Oui, c'est ça. Après, si tu mets tout ça, tu n'as plus de classe pour mettre le nom de la chanson, tu vois. Mon grand-père, on l'appelait monsieur de la Ville Jésus, de la Ville Jégue, etc. Il disait à tout le monde, écoutez, appelez-moi la ville, quoi. Voilà. Donc, j'ai enlevé un L et un U, puis j'ai fait la Ville à la VIL. C'est un hommage à... Enfin, un hommage.
Mais ton grand-père, on l'appelait déjà de la Ville.
On l'appelait monsieur de la Ville. Voilà. On allait chez les de la Ville parce que les gens, ils écorchènent.
C'était naturel que tu prennes ce nom-là.
Bon, alors, j'ai pris ça, quoi, voilà. Et puis, de toute façon, tous les noms biens étaient déjà pris, hein. Johnny Alillet, tout ça, c'était déjà... Eddie Mitchell, Jacques Dutron, tout ça, c'était déjà pris, tu vois.
Et tes parents, ils ont vécu comment
neuf, une chanson qui s'appelait « À la Califourchon ». T'avais quel âge ?
T'avais quel âge ?
J'étais un jeune con, j'avais 20 ans, j'avais 21 ans.
Ouais, tu étais tout jeune.
J'étais un jeune con, vraiment un jeune con.
Ouais, « À la Califourchon », ça se rappelle tous, hein.
Voilà, « À la Califourchon ». Et après ça, il y a eu un peu, un peu des... deux ou trois trucs. Et puis, on a fait un... J'ai chanté une chanson qui s'appelait « Avec les filles,
je ne sais pas ». « Avec les filles, je ne sais pas ».
Exactement.
Écoute, l'avantage de tes tubes, Philippe, c'est qu'on les repasse constamment, quoi. Ce sont des tubes. Ça fait partie du patrimoine musical français.
Jean-Jacques Goldman un jour m'a dit « T'as de la chance ». À un moment où j'étais un peu déprimé, il m'a dit « Mais attends, t'as de la chance d'avoir trois chansons qui sont rentrées dans la mémoire collective ».
Donne-moi les trois chansons.
Alors, il y a « Avec les filles, je ne sais pas ». Il y a « Ils tapent sur des bambous ».
« Ils tapent sur des bambous » « Et c'est numéro un ».
Voilà. Il y a « Elle préfère l'amour en mer » qui est une musique de film.
« Elle préfère l'amour en mer ». Excuse-moi, j'ai envie de toutes les chanter. C'est là que tu vois vraiment à quel point tu le dis. Ça fait partie de notre mémoire collective. Il n'y a rien à faire. Chante fou et pourtant, ça me vient tout seul.
Et puis, il y en a une qui a mis une expression dans la langue française courante qui est « collé-séré ».
Ah oui, collé-séré.
On retrouve ça dans plein d'articles, de journaux. On voit…
« Collé-séré », c'est un carton international.
Oui, je crois.
Ah mais oui.
Ça, c'est une grande fierté.
Ah mais, c'est incroyable.
C'est une grande fierté.
À Brest, on va sur le port de Brest. Toi qui aimes la mer, toi qui aimes le pied marin, on va au chantier naval du Guip et on va y rencontrer ses ébénis, ses charpentiers de marine. Ce sont des anges gardiens du patrimoine maritime. Et je pense que tu vas aimer les lieux.
Un calfatage et ça ne me dérange pas. C'est une restauration, une réparation. L'idée, c'est de refaire tel qu'il était parce qu'autrement, on perd le sens de l'histoire. On perd… les mises en œuvre. Et puis chaque bois a sa spécificité. On ne va pas chercher n'importe quel pin. Il faut qu'on aille le chercher en altitude pour qu'il ait poussé lentement.
Et c'est ce que recherchent vos clients, j'imagine. Des bateaux qui ont une histoire comme celui-ci.
Les gens qui ont des bateaux comme ça sont amoureux de leur bateau et sont aussi amoureux de l'histoire. Ils sont très intéressés par l'histoire du bateau. Ce n'est pas facile pour ce bateau parce que c'est un bateau qui a été construit par un des plus grands chantiers allemands qui s'appelle Abeking Rasmussen qui est en bourg mais qui a été complètement bombardé pendant la Seconde Guerre mondiale. Donc, toutes les archives sont parties. Donc, on a retrouvé des bribes de plans qui avaient été publiées ou des choses comme ça.
On a le droit de vous rejoindre là-haut ?
Oui, bien sûr. Parce que,
je veux faire une confidence, Philippe, il adore sentir les essences de bois. Il va pouvoir sentir
le bateau des 1930. Oui, j'adore ça. Les résineux, c'est des bois qui sont super, pleins de résine. Ah oui, c'est génial. Vous dépassez.
T'as vu, tu peux le sentir.
Tu as du bois qui est très âgé, c'est des bois qui sont depuis la construction.
Ça, là ? De 1930 ?
De 1913.
De 1913 ?
Oui. Et la peinture, ça va être décapé. La peinture, oui, ça va être refait.
Combien d'heures de boulot en tout pour remettre à niveau ce bateau ? Parce que là, c'est une petite restauration.
C'est une petite restauration, mais on va bien passer 6000 heures de travail. C'est énorme parce qu'on a changé toutes les pièces métalliques à l'intérieur et c'était très intéressant pour nous. C'est une technique qu'on n'avait jamais faite, qui ne se fait plus et qu'on a dû réapprendre.
Une façon de préserver le savoir-faire, le geste artisanal. Vous avez constamment à la recherche de ce qui se faisait avant, vous le réappropriez et essayez justement de perpétuer la tradition.
C'est important ce que vous dites. On est obligé de... Des fois, on est un peu presque obligé d'aller à la recherche de gestes où la transmission ne s'est pas tout à fait faite. Il faut qu'on analyse le bateau, qu'on comprenne et qu'on retrouve les gestes. Et on fait très attention à former tout le temps parce que finalement, la charpente navale, si elle meurt un jour, c'est par manque de charpentier parce qu'à un moment, il va y avoir une césure qu'on va se dire c'est trop compliqué, on n'a plus les gens pour le faire. Donc il faut toujours qu'il y ait des gens pour le faire pour que notre métier continue à vivre et que les bateaux soient entretenus.
Autrement, les gens vont chercher des techniques modernes. Au lieu de faire du classique, on va faire du bois collé. Au lieu de faire du rivet, on va faire de la soudure et on va perdre toute la richesse du savoir-faire.
Et ce n'est pas la même...
Oui, et puis ce n'est pas la même poésie, ce n'est pas la même humanité. C'est-à-dire, la part de l'homme est beaucoup plus réduite. C'est-à-dire, on fait des choses qui sont reconstituées où la logique finalement est de réduire la part de l'homme parce qu'elle coûte de l'argent et on perd toute cette humanité, toute cette poésie, toute cette beauté du geste, tout ce savoir ancestral. Il est fou, hein ?
Un bateau comme celui-ci, quels sont tous les corps de métier qui vont intervenir pour le restaurer ?
D'abord, nos ébénistes sont intervenus pour démonter les aménagements intérieurs et nos techniciens pour démonter le moteur et les systèmes intérieurs pour qu'on puisse accéder à la structure. Ensuite, les charpentiers s'en sont emparés. Ils ont commencé à démonter les membres métalliques et avec nos forgerons qui sont nos techniciens, il y a aussi des forgerons qui ont reconstitué les structures métalliques. Les scolettes en méthode ? Oui, on a eu les ébénistes, on a eu les motoristes techniciens, ensuite les charpentiers de marine, ensuite les forgerons.
En accord avec les charpentiers de marine, on a remonté, là vous voyez, c'est toutes les fixations des membres métalliques, on a remonté la structure métallique sur le bordage en bois et les charpentiers ont continué en changeant tous les bordés, ils vont calfater et on a actuellement les ébénistes qui sont en train de remonter les aménagements. Là, vous voyez, ça nous a permis de fixer, on a bouché avec du bois mais il y a un boulon à chaque fois qui vient relier la cornière, c'est une cornière métallique donc c'est un aile métallique sur lequel on vient mettre un boulon pour fixer le bordé.
Il y a deux attaches à chaque bordé, vous voyez, il y a un bordé, un bordé, à chaque fois, il y a deux boulons. Ça, c'est le chanvre goudronné, il y a une odeur tout à fait particulière. Je peux ? C'est vraiment une forte odeur de goudron, ça a une forte odeur de goudron. On n'a pas l'impression mais c'est beaucoup plus complexe de restaurer que de construire parce qu'on est hors logique. En même temps, c'est ça qui est passionnant parce que si c'était du billard, machin, c'est ça qui nous amuse c'est-à-dire c'est un métier où on est toujours à réfléchir, tu te remets toujours en jeu, c'est-à-dire tu n'es jamais sûr de...
Tu vois le boulot, tu vois comment les gars ont travaillé, tu vois qu'ils ont fait un boulot super, tu te dis est-ce que je vais être capable de faire le même boulot ? C'est un défi à chaque fois d'y arriver et de trouver les techniques. Des fois, on tâtonne un petit peu, c'est pas quelque chose qui arrive, tout n'est pas écrit, il y a des choses qui sont cachées.
Merci beaucoup, Yann. Et au revoir. Merci beaucoup.
Merci Yann.
Et puis bon travail, il y a encore des heures de boulot là. C'est magnifique,
c'est magnifique ce que vous faites. Non, je passe devant.
Ah oui, c'est vrai, les hommes passent devant, la galanterie masculine.
C'est pour te récupérer si tu t'en veux. Pour la récupérer, oui. Il est galant, Philippe. C'est passionnant cette petite visite-là.
Ça t'a plu ?
Ah oui, oui, parce que ce sont en fait des artistes, des artistes, des artistes,
les deux.
Oui, ça, c'est un mot qui doit revenir, je ne dis pas à la mode, mais qui doit reprendre sa vraie valeur, l'artisanat, l'artisan.
Elle est jolie cette ville, elle est étonnante sur le plan architectural. Oui, parce qu'il y a une partie
qui a été reconstruite. La beauté du truc.
Là, on est sur la recouvrance, le pont de la recouvrance.
C'est magnifique.
Tiens, on a une vue sur l'arsenal. Oui. Notre arsenal du 19e. Qui est très beau. Qui est devenu un lieu de culture. Tête de la Penfeld grâce à un téléphérique flambant neuf afin de découvrir comment les chantiers navals d'hier ont été transformés de manière inattendue.
Monsieur le directeur général, vous de votre revenu.
Merci à vous de nous accueillir ici.
C'est magnifique. Très agréable.
Les Brestois sont fiers de cet endroit.
Ils sont extrêmement fiers parce que c'était pour eux pendant très longtemps, ça a été la cité interdite ici, puisque c'était très animé. très réservé aussi à la Marine Nationale puisque c'était un atelier construction Marine Nationale, donc un lieu protégé par essence. Donc la reconquête de ce lieu fait pour les Brestois un sentiment de fierté assez important. Et maintenant, ils ont le droit à cette vue exceptionnelle. Tout à fait. Voilà. Et donc ici, on domine la Penfeld, l'entrée de la Penfeld avec au bout le château et l'ensemble du musée d'histoire de la Marine sur Brest. le bout de la rate qui est là-bas, la tour Tanguy. Voilà.
On a un panorama à 180 degrés ici sur l'ensemble de ce que constitue vraiment le cœur de Brest.
Puis on a ça aussi qui rappelle un peu
le passé de l'Arsenal, les radoubes, c'est ça ? Oui, c'est des formes de radoubes. Chez les militaires, on appelle ça des bassins. Mais ce sont des bassins en activité où l'ensemble de la Marine Nationale vient remettre en état des bateaux et vous avez toujours un ou deux bateaux en service dans ces bassins. C'est impressionnant. Oui, c'est impressionnant.
Et si on se tourne, on a un des plus beaux vieux bâtiments de Brest qui est le bâtiment au Lyon qui est en cours de réfection et qui fait l'arrivée entre l'Arsenal, la partie militaire et la partie dite publique de l'ensemble et on a la plus vieille rue de Brest qui arrive au pied qui est la rue de Saint-Malo qui est une des seules rues qui a été conservée malgré le bombardement.
C'est un mélange de futur, de passé, de patrimoine, tout ça est chargé d'histoire en fait. Tout ça rappelle l'histoire de Brest. On a ici
vraiment un lieu un peu mythique qui reprend vie et qui redonne goût à la vie aussi par ici.
On a envie de voir ce qui se passe à l'intérieur, non ?
Ce serait bien. Ce serait intelligent.
C'est devenu un lieu de culture. C'est ça qui se cible à tous.
C'est un lieu de culture très ouvert. Ici, on est dans l'espace commercial des ateliers des Capucins. Cet espace va être réservé à de la restauration, de la culture, etc. Ici, à l'intérieur.
Tous ces puits de lumière, c'est magnifique.
Oui, en fait, vraiment, le bâtiment a été gardé dans sa conformité. C'est-à-dire qu'on a gardé des ouvertures en or pour avoir toujours cette lumière, les chèdes, la neuf centrale et les autres parties sur l'ensemble du bâtiment. Ça nous donne vraiment une dimension assez cathédrale de ce bâtiment.
C'est exactement ça. Et même au niveau de l'acoustique.
Il y a un petit écho, quand même. Il y a un léger écho. Vous voyez, dans ce bâtiment qui fait quand même pratiquement 12 000 m² sur cette partie-là, on a quand même un équilibre du son. Oui, c'est vrai, on peut se parler. On imagine que s'il y a beaucoup de monde, ça ne va pas être un brouhaha terrible. Il faut savoir qu'ici, au sein des ateliers des Capucins, ont été construits le Charles de Gaulle pour l'avion, l'agenda d'arc qui a été construit en partie ici. on a vraiment ici un site mémoriel au niveau du patrimoine maritain. Et vous allez mettre ça en exergue un jour ? Il y aura éventuellement une maquette du bateau avec des photos et des archives ? Alors, on va faire mieux que ça.
Sur le tour qui est là-bas, le tour Somua, qui est un tour qui fait plus de 22 mètres de long, on va réinstaller l'arbre de la Jeanne d'Arc, l'arbre d'hélyse de la Jeanne d'Arc avec l'hélyse de la Jeanne d'Arc qui va être mise là-bas. Et ensuite, on aura d'autres accompagnements, notamment un pôle des excellences maritimes où on va installer tout ce que Brest regorge comme infrastructure au niveau de la mer.
Donc, musée en mémoire du passé, des lieux, auditorium, j'entendais dire médiathèque également ?
Médiathèque, une des plus grandes médiathèques de France, pratiquement 10 000 mètres carrés, pratiquement 200 000 ouvrages à l'intérieur, très connecté en plus.
À la pointe !
À la pointe, à la pointe de l'innovation. C'est un lieu des possibles. On a toutes sortes de pratiques. On a des danseurs, on a des chanteurs qui viennent. Ils s'installent là dans le kiosque et ils ont une acoustique assez intéressante. Je peux aller voir l'acoustique du kiosque ? Je vais voir l'acoustique du kiosque. Il faut se concentrer. Alors, ça part par là un petit peu. Là, c'est beaucoup mieux. Donc, c'est de là qu'il faut chanter. On t'attend ? On peut presque un petit choc-aise. Un petit choc-aise, ça peut être très sympa. Et je vois qu'il y a des dessins d'enfants. Oui, parce que c'est aussi des ateliers pour les enfants d'appropriation de la ville, d'appropriation des lieux, etc.
C'est engagé par Passerelle qui est le centre d'art contemporain de la ville de Brest et qui permet à plein d'enfants de manipuler des objets, de dessiner et de voir comment leur ville est construite.
C'est un lieu familial.
Complètement. Entièrement familial.
Merci beaucoup Alain de nous avoir fait visiter ces lieux.
C'est très sympa.
Il viendra peut-être chanter ?
Oui.
Vu qu'il y a une bonne acoustique. Nous quittons Brest et la côte de la Mer d'Iroise. Cap maintenant sur les paysages sublimes des Monts d'Arrée qui font la fierté des Bretons. Nous allons vite comprendre qu'ils ont bien raison. Mal comme endroit cet arsenal pour dédier la culture.
C'est un projet magnifique. Je trouve que c'est courageux d'avoir fait ça parce que c'est un gros chantier.
Tu as surtout vu être séduit par l'acoustique des liens.
C'est vrai qu'on va dans des endroits comme ça on pourrait peut-être faire des concerts là-dedans on pourrait faire des choses un petit peu originales.
Le live c'est important pour toi.
Oui. Moi j'adore ça. J'adore l'avant spectacle le pendant le spectacle et l'après spectacle. Et puis mine de rien. Quand tu réfléchis un petit peu un spectacle qui dure entre on va dire 1h30 et 1h50 parce que pour moi au-delà de 2h j'ai l'impression que je peux emmerder les gens. Je. Je parle pour moi. 3 quarts d'heure avant tu rentres dans une espèce de petite bulle tu vois où tu t'installes tu t'habilles 1h30 2h moins le quart sur scène et on te caresse dans le sens du poil on te dit que t'es beau que tu chiennes bien que t'as de jolies chaussures etc.
Et après tu as une petite redescente qui dure une descente qui dure on va dire entre une demi-heure et trois quarts d'heure et après on se retrouve tu vois il y a un partage qui est formidable et surtout pendant à peu près 2h30 3h tu es totalement en dehors de la réalité.
T'as vu comme ça change par rapport à la côte ?
Ah oui complètement.
La végétation n'a plus rien à voir.
Complètement.
T'as vu un peu cette lumière là comme ça sur cette verdure c'est beau hein ?
Ouais c'est très très beau.
Cette nuance de verre.
Et puis les verres voilà exactement c'est ce que j'allais te dire. Je trouve que les maisons ont du charme tu vois parce que c'est complètement bouffées par la nature peut-être pas celles qu'on voit à gauche là mais elles sont vraiment dans la nature. C'est sauvage hein ?
C'est un paysage où tu pourrais facilement trouver l'inspiration.
Oh l'inspiration elle vient partout.
Elle vient partout même dans un bistrot
dans un centre-ville
dans la rue
tu sais je peux te raconter une petite histoire j'avais fait le texte d'une chanson qui s'appelle La part des anges et je trouvais pas j'ai passé 4 jours avec 2 guitares et machin je trouvais pas une note qui 2 notes intéressantes pour faire une mélodie donc j'ai envoyé tout ça à un pote et en lui disant est-ce que tu peux me faire une mélodie sur ce texte ? Il m'a dit bon écoute je verrai et mon fils m'a appelé il m'a dit est-ce qu'on peut dîner ensemble ?
3 minutes après 3 minutes après que j'ai envoyé le mail et d'accord donc voilà papa et je descends de chez moi je fais 150 mètres dans la rue et me viens mais à toute vitesse le couplet il le refera mais en 30 mètres tu vois d'un seul coup
c'est pas beau ces paysages ?
c'est beau c'est vallonné c'est vraiment il y a un sentiment de quiétude incroyable je t'emmène dans les hauteurs
de la Bretagne
où m'emmènes-tu d'ailleurs ?
les bretons ont leurs montagnes les monts d'arrêt les monts d'arrêt toi qui es un breton de la terre tes ancêtres étaient dans les terres les monts d'arrêt c'est un endroit qui est exceptionnel assez mystérieux je pense que tu vas adorer c'est un peu les montagnes des bretons enfin on parle de montagne c'est plutôt des collines
des collines des bretons chez nous on dit les mornes aux Antilles
les mornes voilà les mornes des bretons
oui bonjour Delphine vous allez bien ? bienvenue au domaine de Ménesmeur très bien on est content d'être là je suis ravie de vous accueillir
on a l'impression d'être dans un autre pays
ah oui tout à fait
on a quitté la côte là ça peut rien avoir
on est en montagne dans les monts d'arrêt 350 mètres d'altitude oui d'où les chartes 3500 décimètres vous volant décimètres ici oui c'est bien oui c'est bien tu as l'impression d'être gigantesque
alors ici c'est le domaine de Ménesmeur oui qui veut dire grande montagne en bretons c'est ça
on se croirait presque en Écosse et pourtant nous sommes dans les monts d'arrêt oui c'est splendide alors elle est où notre rate de Brest ? alors vous la voyez ici ah bah ouais elle est là-bas dans le fond on voit là où c'est blanc tu vois au fond
avec le bleu de la mer on le voit bien ici
on découvre aussi ces paysages de l'ande une végétation très rase
la tourbière sauvage également
la tourbière un petit peu plus loin effectivement donc toutes ces ambiances qui sont vraiment emblématiques de la Bretagne et puis bah on comprend en voyant ces paysages qui aujourd'hui sont sous le soleil mais qui en fonction des saisons ou des périodes peuvent être dans la brume on comprend bah tout l'imaginaire breton qui a pu se développer dans de tels paysages
vous êtes fière de votre Bretagne ?
bah écoutez on ne peut que l'être en voyant ces paysages je pense petite question ces fleurs jaunes ce ne sont pas des jeunets ce ne sont pas des jeunets ici ce sont des ajon l'ajon de Le Gall en particulier donc effectivement qui fleurit qui fleurit ces belles teintes jaunes et vous pourrez sentir les fleurs elles ont un parfum insolide de noix de coco c'est vrai bah attendez il y en a juste là on va y aller tout de suite alors je vais y aller tout de suite
la noix de coco ça te parle si je puis dire bah ça me parle
si nous sommes arrivés jusqu'ici carrément que ça soit
la noix de coco c'est incroyable
c'est rigolo quoi
tu es d'accord que ça sent vraiment la noix de coco incroyable ah il y a des épines fais attention il y a des épines terribles j'adore oui c'est rigolo
il y a une flore très variée ici oui tout à fait alors vous avez ici ce qui est aussi surprenant la silène maritime donc encore une fois on est dans cette alors c'est quoi cette petite fleur blanche cette petite fleur blanche le moins parfumée et puis si vous revenez dans quelques semaines vous pourrez goûter les myrtilles parce qu'on est on est bien dans la montagne et on a la myrtille sauvage on a aussi des myrtilliers voilà ah c'est magique
alors là on parle de la flore mais il y a la faune
qui est importante ici oui tout à fait alors la faune faune sauvage d'abord donc ces paysages de l'Inde en particulier offrent le gîte et le couvert à une faune particulière mais ils sont dans des enclos ou bien en liberté ? alors là c'est la faune sauvage il n'y a pas d'enclos en liberté qui fréquente le domaine on a aussi des sangliers des chevreuils et puis on a dans les enclos effectivement un certain nombre d'animaux alors les bovins et les ovins notamment qui nous aident à entretenir tous ces paysages qui pâturent une partie de l'année ces paysages les débroussailleuses naturelles c'est ça ça fait quelle superficie ?
alors le domaine de Ménèsmeur c'est le plus grand espace naturel sensible du département du Finistère qui fait plus de 650 hectares avec des landes des forêts et puis des tourbières donc les tourbières ces fameuses zones humides où on découvre là aussi une fleur particulière notamment la petite droséra une petite plante carnivore je vais bien m'approcher un peu des animaux
pour voir un petit peu toutes ces races minoritaires également qui sont menacées comme nos fameux ovins et bovins comment on les appelle ces chèvres ? ce sont des chèvres des fossés pourquoi est-ce qu'elles ont failli disparaître ces chèvres ?
alors les chèvres des fossés elles étaient utilisées traditionnellement pour entretenir les bords de route et puis progressivement cet usage ah d'où le nom fossé ? oui tout à fait et puis ils ont fait passer des camions avec des avec les pareuses tout à fait alors aujourd'hui on a ici 10 petites chèvres une pépinière de chevrettes qui vont être élevées ici au domaine de Ménèsmeur pendant 2 ans et qui seront ensuite confiées à un éleveur c'est une façon de permettre à des éleveurs de s'installer plus facilement ce sont des jeunes chevrettes
elles sont très joueuses et donc cette ferme pédagogique elle a été créée pour sensibiliser aussi bien le grand public que les agriculteurs ?
oui c'est c'est pour nous une vitrine de l'action qu'on mène du conservatoire donc qui permet effectivement de donner une visibilité pour les éleveurs et puis aussi qui permet au grand public aux écoles de venir au plus près des animaux donc ici vous avez les petits moutons douessants aujourd'hui ils ne sont plus élevés pour la viande vu leur gabarit c'est vrai que ce ne serait plus tellement rentable par contre on les utilise pour l'entretien des terrains des jardins aussi de plus en plus on voit des petits moutons douessants dans des parcs ou même sur le périphérique parisien pour entretenir tout à fait
voilà donc
on les qualifie de petites tondeuses écologiques leur toison ça parle plus à du poil qu'à de la laine si vous touchez ça fait vraiment l'aspect de poil un peu rasta même voilà vous avez peut-être senti la toison est très grasse c'est ce qu'on appelle le suin et c'est ce qui imperméabilise la toison donc c'est des moutons qui peuvent être toute l'année dehors qui sont très rustiques très résistants et ça peut vivre partout ça ça peut vivre partout après ils vont bientôt être tondus pour pouvoir supporter la chaleur de l'été et qu'est-ce qu'on fait du coup alors
avec la toison
une fois tondue elle n'est pas valorisée pour la laine en tant que telle mais elle peut être utilisée comme isolant écologique
ne cherchez pas notre prochaine halte sur votre gps c'est un lieu secret et mystérieux que seuls les druides connaissent c'est intéressant cette femme pédagogique
oui et puis surtout cette sauvegarde du patrimoine et puis des races surtout des races qui auraient dû disparaître
il y a tout un travail qui est mené auprès des jeunes également les sensibilisés à la faune et la flore en fait les broutons sont très fiers ils ont une fierté de leur coin ils le défendent extrêmement bien
cela dit ils ont raison c'est quand même que du très joli du très beau et du
très inspirant
et touchant
ce qui est assez étonnant dans ta carrière Philippe c'est que tu as toujours su toujours surbondir
oui c'est vrai que en 81 j'avais fin 81 j'en avais un peu marre de faire des disques il y a un moment de découragement et je fais un dernier disque qui est il tape sur du bambou avec Michel Heron paix à son âme et Didier Barbelivien et voilà
gros carton
ouais et à partir de là ben oui je me suis dit ce serait idiot
d'arrêter
et j'ai bien fait je pense parce que j'ai passé j'ai eu des moments magnifiques il faut passer par là
ça permet de faire le point de se remettre en question éventuellement
ben tu te remets en question à chaque disque parce que tu penses que c'est bien tu es content on est content du travail et puis et puis ça fait un flop quoi bon mais il vaut mieux se casser la gueule avec un disque qu'avec un film quand tu es producteur tu vois
t'as quand même connu une belle époque à tes débuts avec tous ces artistes les plus grands quoi Michel Jonas Goldman Julien Clerc
ouais on était avec Jean-Jacques on était dans la même maison de disques je les ai côtoyés tous vous faites partie
de la famille des tubes j'ai envie de dire tous ceux qui ont fait des tubes tous ceux qui nous ont accompagnés on n'est plus très loin du chaos de Mardoul
alors peux-tu m'expliquer ce qui est le chaos de Mardoul
il paraît que c'est un lieu où les blocs de pierre sont chargés d'énergie positive
ouah ben alors écoute je vais peut-être essayer d'en ramener parce que j'en ai bien besoin
on va voir ce qu'est un druide aujourd'hui
voilà
le druide contemporain j'ai d'énergie positive
je me suis mis dessus tout à l'heure
et alors ?
et celle-là aussi toutes elles sont toutes c'est formidable allez tu veux que je t'aide à grimper ou pas ?
non ça va
c'est Youn bonjour
comment allez-vous ?
ça va ?
je vais faire la bise on ne se connait pas mais bon alors vous êtes druide
oui ben asseyez-vous
on est bien ici
c'est pas chez moi c'est chez vous aussi c'est vrai ? oui vous voulez dire que quand on vient ici on s'approprie un peu l'endroit c'est ça ? quand on aime les choses on se les approprie c'est vraiment très très beau oui et c'est vrai très très cool serein, zen
tu t'attendais à un druide aussi jeune ?
non et puis et puis votre tenue je voyais un druide avec la oui
panoramique ça voilà
c'est vrai alors j'en ai une j'en ai une mais je la mets que pour les cérémonies et voilà quand je vais me promener quand je vais voilà prendre un petit peu de temps pour moi j'ai pas besoin d'habit pour ça j'y vais comme
alors qu'est l'émission d'un druide ?
on est là pour faire en sorte que la nature qui nous environne qui nous accompagne en fait reste belle et faire attention à ne pas l'abîmer
comment devient-on druide ?
il faut faire sa demande écrire une lettre comme quoi on a envie d'être druide et ça nous intéresse depuis très longtemps ça nous intéresse déjà et puis
on n'est pas forcément obligé d'avoir des parents druides
non pas du tout
il y a des femmes druides ? bien sûr
ah oui c'est très proche d'une forme de transmission de patrimoine quand même c'est la mémoire de c'est la mémoire de la culture
de la langue bretonne
de la culture de la langue bretonne d'ailleurs ça se fait lorsque vous parlez vous parlez en breton les cérémonies dans notre au Gorset de Bretagne se font en breton donc il faut
savoir parler breton si on veut devenir breton
alors c'est vrai que c'est ce qui est demandé alors soit on en fait on fait la promesse de l'apprendre soit on le connaît
et vous l'aviez appris à la maison ou bien vous avez fait
la promesse ? j'ai fait la promesse de l'apprendre et ayant peur de ne pas la tenir cette promesse je me suis inscrit tout de suite après au cours de Breton
et pourquoi le chaos ? pourquoi cet endroit est-il autant apprécié par les druides ?
alors je pense que enfin tout endroit naturel est apprécié par les druides mais le chaos ce qui est intéressant dans ce chaos là mais comme dans les autres c'est vrai il y a tout il y a tous les éléments on a le minéral que ce soit au niveau de la roche comme de comme de l'eau aussi qui s'écoule puis les arbres la mousse les oiseaux qui chantent et puis voilà la chaleur du soleil enfin c'est il y a tout ce qu'il faut pour pour être bien quoi
et c'est vrai que c'est je disais à Philippe en arrivant que ces blocs de pierres étaient chargés en énergie positive c'est vrai
qu'il y a des pierres comme des menhirs on sait qu'ils ont été placés à des endroits vraiment particuliers de croisement de lignes énergétiques qui eux dégagent dégagent de l'énergie après naturellement je pense que si ça dégage sinon les gens n'iraient pas
on le teste on va marcher au bord de l'eau
bien sûr on va marcher déjà au bord de l'eau
ça t'est dit Philippe
on est bien là pour toi
de sautiller sur les rochers au bord de l'eau
non mais là je suis en pleine méditation tout va bien c'est vrai t'es en train d'être gagné
par la sagesse druidique
ben va savoir il serait peut-être temps il t'explique à prendre le breton
et puis des formes
ça
évocatrice oui
c'est très marrant
ça moi je vois une otarie là qu'est-ce que tu dois Philippe un sarcophage un sarcophage oui allez viens hop là la couleur de l'eau est assez étonnante c'est un peu marronnâtre oui
il y a beaucoup de fer dans l'eau ah c'est du fer voilà et ça donne cette couleur un peu rousse il y a du poisson là-dedans oui de la truite ah
les pêcheurs n'est jamais bien loin Philippe tu sais que t'as un point commun avec Youn
ah bon
ouais c'est un artiste également
ah bon
oui n'est-ce pas Youn
un artiste vous écrivez
vous chantez
alors je n'écris pas mais je chante je chante en fesnose c'est des chants traditionnels bretons
c'est encore une belle découverte
ouais superbe j'ai envie de revenir là d'ailleurs je crois que je vais rester en fait
c'est vrai
ouais parce que j'ai vu avec Youn il va me donner des cours de guide
tu vas me refaire un druide
de guide druide mais pourquoi pas
c'est vrai
ouais je te laisse partir
ah mais j'ai adoré faire cette route avec toi en tout cas
moi aussi
je comprends que t'as envie de rester en Bretagne sur la terre de tes ancêtres
et puis on a surtout rencontré des gens formidables cette île magnifique
l'île de Molène
l'île de Molène
t'as passé un bon moment alors ?
ouais ouais vraiment j'ai passé un moment formidable et je me suis elle marche puisque je reste là et que t'es un tout petit peu plus petite que moi je remercie
c'était un vrai plaisir de faire cette route avec toi
merci de m'avoir invité ça m'a fait un plaisir immense
Youn vous en prenez soin je compte sur vous
je le garde c'est un truc mais il reviendra il est pas perdu ici non non non mais là et puis là les pierres c'est en train de monter c'est vrai l'énergie positive au revoir messieurs bisous bisous et encore merci beaucoup Kenavou Kenavou à bientôt à bientôt nous on retourne dans les bois allez voilà
incroyable cette route avec Philippe vous avez vu c'est étonnant le nombre de points communs entre la Martinique et la Bretagne la couleur de la mer la nature sauvage et même l'agent de Le Gall qui sent la noix de coco. J'ai abandonné Philippe à sa formation de druide. Je suis sûre que ses paysages et ses rencontres vont lui inspirer plein de nouvelles chansons sur la Bretagne. Quant à moi, maintenant que je sais taper sur des crabes avec des bambous, je suis parée pour toutes les aventures. Je vous dis qu'est Naveau et à très bientôt sur de nouvelles routes mythiques de France.