La monogamie est-elle "has been" ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Temps de parole
- Présentateur32 %
- Présentateur 221 %
- Invité18 %
- Invité 216 %
- Invité 36 %
- Invité 45 %
≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter Bonjour, bienvenue dans le débat de midi sur France Inter. Très heureuse de vous retrouver. Et aujourd'hui, nous suivons une jeune femme qui porte dans ses bras une robe de mariée. Elle va rejoindre toutes ses copines pour une grande fête. Et il ne s'agit pas d'un enterrement de vie de jeune fille, non, pas d'une préparation au mariage. Elle s'est organisée une divorce party. Elle compte bien célébrer en grande pain, en grande pompe, la fin de son mariage. Lors d'un barbecue, où elle pourrait même brûler sa robe blanche. Ce phénomène des divorce parties arrive tout droit des Etats-Unis, où le divorce n'est plus considéré comme un échec, mais comme une libération.
Alors se libérer, oui, mais de quoi ? Le mariage peut-il être vécu comme un enfermement pour certains couples ? À l'heure où l'engagement conjugal est à la peine, où un mariage sur deux se termine par un divorce, on se demande s'il ne faut pas repenser notre vision du couple, pour qu'il tienne ? Faut-il s'ouvrir, par exemple, à l'amour au pluriel, au trouble, au polyamour, au mariage libre ? La monogamie est-elle un concept has-been ? On en débat jusqu'à 13h sur France Inter.
Paola Puérari, le débat de midi sur France Inter.
Et vous êtes nombreux ce matin à être amoureux, chers auditeurs, nombreux à vous poser des questions sur le concept de monogamie. Céline nous écrit sur l'application France Inter, « J'ai rencontré un polyamoureux il y a un an. Au débat, je n'y attachais pas d'importance, mais là ça se complique car je suis tombée amoureuse de lui. Ma relation est-elle vouée à l'échec ? » Il y a aussi Loïc qui s'est enregistré sur le WhatsApp de l'émission et qui pense qu'il est dangereux pour la société de s'aventurer hors de l'institution du mariage.
Je suis attristé de voir tout ce couple qui divorce au fil des années parce que véritablement, le mariage est le socle de la famille et la famille est le socle de la société. Et je pense que si on touche à la famille, au mariage, c'est véritablement la société qui est mise en péril. Nous sommes habitués à changer de partenaire comme de cigarette. Pronons au contraire la fidélité, l'harmonie au sein du couple et l'amour. Merci France Inter, à bientôt.
Merci Loïc. Et si comme lui, vous voulez défendre l'institution du mariage, vous participez, vous nous envoyez des textos ou des messages vocaux sur le WhatsApp de l'émission au 01 45 24 7000. Je répète, 01 45 24 7000. Et pour débattre de la notion de monogamie, j'ai à ma table quelqu'un qui s'est affranchi du concept. Bonjour Lucille Bélan. Bonjour. Vous êtes journaliste, auteure de Polyamoureuse, confidence d'une femme qui aime au pluriel aux éditions Larousse. Alors au pluriel, c'est maximum à combien ? Assez illimité, c'est ça qui est beau. D'accord, merci. Bienvenue aussi à Michel Daillant. Bonjour. Bonjour.
Avocate spécialisée en droit de la famille, auteure de Nous nous sommes tant aimés, publiée aux éditions de l'Observatoire. de l'Observatoire et je crois que vous avez un surnom. La divorceuse. Ah, d'accord. Combien de couples vous avez divorcés ? Des milliers. Des milliers. Ok, tout va bien. Bonjour Maud Ventura. Bonjour. Vous êtes écrivaine, romancière. On vous écoute tous les jours à 16h sur France Inter dans l'émission sur la page Abandonnée. Vous êtes une amoureuse de l'amour. On peut le dire. D'ailleurs, quel est le titre de votre premier roman ? Mon mari. Mon mari. Et enfin, bienvenue à Alexandre Lacroix. Vous êtes philosophe.
Vous donnez des clés pour rompre avec la routine puisque vous signez Apprendre à faire l'amour aux éditions Alary. Ça, ça prend vraiment l'amour ?
Oui, comme la cuisine, la natation, comme tout le reste.
Bon, ben, vous allez nous donner des conseils. Et on commence tout de suite par votre témoignage, Lucille Bélan, puisque vous étiez mariée avec un homme, deux enfants, engagée, si je puis dire, dans un modèle de couple classique, traditionnel. Quant à un beau jour, eh bien, vous avez rencontré une femme sur Internet. Très vite, c'est le coup de cœur et vous vous êtes retrouvée face à un dilemme.
Exactement. Une histoire sur les réseaux sociaux. On commence à discuter. Je la trouve drôle. On décide de se rencontrer parce qu'il y a une sorte d'ambiguïté dans l'air. Là, pour le coup, mon mari était au courant et était OK avec ça. Une rencontre dont on ne sait pas ce qu'elle va donner. Et puis, quand je rentre chez moi, le lendemain, le lendemain matin, je m'effondre complètement dans ses bras et je lui explique que je crois que je suis en train de tomber amoureuse, mais que je ne suis pas moins amoureuse de lui et que je ne comprends pas ce qui arrive et que, du coup, la logique voudrait que je le quitte, mais je n'ai aucune envie de le quitter.
Et donc, on a une conversation comme ça qui dure dans une salle de bain pendant plusieurs heures pendant lesquelles on décide de réinventer totalement notre couple, ce qu'il est prêt à accepter, en l'occurrence, beaucoup de choses, ce que je suis prête à essayer de tenter aussi. Et comme ça, à trois, en quelques jours, on a inventé un modèle dont on n'avait jamais entendu parler avant, c'était il y a une dizaine d'années, et je n'avais jamais lu de littérature sur le sujet ou quoi que ce soit, je ne savais pas que c'était possible, ce qui est bête parce que tout est possible, mais du coup, on a complètement réinventé notre monde. Alors, tout est possible,
mais concrètement, comment ça s'est organisé ? Vous avez vécu à trois ? Expliquez-nous un peu.
Elle n'était pas dans la même ville, donc ça simplifiait un peu les choses dans le sens où il y avait fatalement des déplacements, qui étaient souvent, au départ, des déplacements de « je me déplaçais moi » pour aller la voir, surtout les week-ends, puisque du coup, la semaine, il fallait gérer les enfants, notre vie de couple. On voulait garder notre vie de couple de manière assez normale, entre guillemets, et je partais plutôt les week-ends. Et puis après, il y a eu une rencontre d'eux deux. Ils sont très vite devenus très amis. Et donc, je ne sais pas, à peu près un week-end sur trois, ils venaient à la maison et on faisait des week-ends tous en famille.
Aucune jalousie de la part de votre mari ?
Non, aucune jalousie. Et vos proches, ont-ils compris ce choix de polyamour, d'amour pluriel ?
Alors, ça a pris quelques temps avant qu'on décide d'en parler, mais malgré tout, c'était tellement fort et on était tellement heureux et on était tellement heureux de voir qu'on arrivait à le faire marcher qu'on avait... En fait, moi, je n'avais pas envie que ce soit ma maîtresse dès le départ. C'est pour ça aussi qu'on a parlé de polyamour très vite, c'est que je ne voulais pas que ce soit une histoire cachée. J'étais fière d'être avec elle. Et donc, du coup, on a fini par en parler et on s'est confronté que ça aurait été moins dur à supporter pour les gens que ce soit mon mari qui trouve quelqu'un d'autre.
Ça a été assez mal vu que moi, qui en plus était mère de jeunes enfants, je me permette une liberté pareille. Ça a été mal vu parce que tout de suite, ça a été sexualisé aussi. Ça a été vu comme quelque chose qui relevait du libertinage, ce qui n'était pas le cas. Donc, globalement, on s'est confronté après à un vrai mur de jugement et à des choix à faire, c'est-à-dire est-ce qu'on veut encore continuer à fréquenter des gens qui nous jugent à ce point-là. Donc, ça a été là le plus dur. Michel Daillon,
vous voyez défiler énormément de couples. Est-ce que vous avez vu défiler certains qui sont polyamoureux ? Alors moi, quand ils arrivent dans mon cabinet, ils ne sont plus très amoureux. Ils ne sont plus amoureux à deux, donc à trois non plus. En fait, ils arrivent quand ça ne va pas et quand ils rompent. Donc, ce n'est pas la situation. Il faudrait demander ça à un psychologue. Non, bien entendu. Mais est-ce que vous avez vu des gens rompre et divorcer à cause d'un polyamoureux ? En revanche, jamais en se nommant ainsi, c'est-à-dire que j'ai souvent entendu, et c'est une des grandes causes du divorce ou de la séparation, elle ou il m'a trompée, ce mot si péjoratif.
D'ailleurs, vous parliez tout à l'heure de vous ne vouliez pas cacher. Vous étiez dans une loyauté pour que vous avez, enfin, vous avez troqué finalement la fidélité pour la loyauté. C'est ce que j'entends. Et donc, moi, j'entends beaucoup d'hommes ou de femmes me parler du fait que l'autre aime ou désire ailleurs et que ça les fait terriblement souffrir. J'entends aussi, mais c'est beaucoup plus rare, des hommes, mais plutôt des femmes me dire, mais en fait, moi, j'aime les deux. Mais ils ne l'acceptent pas, pour répondre à votre question. Ou ils ne le disent pas, c'est-à-dire qu'en général, on cache plutôt ces...
Alors voilà, c'est vrai que c'est quelque chose qui n'est pas assumé du tout parce que ce n'est pas encore dans une case vraiment prédéterminée, expérimentée, qui aurait fait ses preuves. C'est comme un médicament qu'on met sur le marché, il faut peut-être attendre 25 ans pour savoir s'il n'y a pas d'effet secondaire au polyamour. Donc on ne le dit pas comme ça. On parle encore, dans mon cabinet en tout cas, d'adultère, de trahison et de tromperé. Alexandre Lacroix, justement, en philosophie, comment est-ce qu'on voit ce concept d'amour exclusif ou au contraire, est-ce qu'il y a plusieurs amours ? Est-ce qu'on peut aimer plusieurs personnes en même temps ?
Alors, en philosophie en général, les philosophes sont de mauvais conseilleurs parce qu'ils étaient souvent célibataires. Il se trouve qu'un sociologue anglais qui s'appelle Anthony Guidance a écrit un beau livre sur les transformations de l'intimité où il dit quelque chose qui me semble juste sur les contradictions dans lesquelles nos vies sont prises aujourd'hui.
Notre contradiction majeure, c'est que nous avons conservé pour une grande partie d'entre nous l'aspiration à une relation romantique je dirais à une relation authentique profonde dans laquelle il y a une proximité psychologique réelle et dans laquelle on va trouver en quelque sorte un socle pour savoir qui on est et explorer sa propre identité en même temps que celle de l'autre.
Donc le romantisme est là mais en même temps on a une deuxième aspiration qui s'est ajoutée à cette première aspiration qui est l'aspiration à une sexualité variée, Guidance dit une sexualité plastique c'est-à-dire faite de multiples aventures peut-être de multiples modalités de multiples orientations sexuelles et en fait cette tension ou cette contradiction que chacun porte un peu en lui-même aujourd'hui provient du 18ème siècle où on invente d'un côté l'amour romantique avec Jean-Jacques Rousseau mais de l'autre le libertinage on pourrait le dire comme ça avec les libertins avec Sade et on n'est pas sorti de cette...
c'est-à-dire que j'ai l'impression que chaque individu contemporain doit essayer d'arriver à créer une paix en lui-même en faisant discuter ensemble un libertin et un romantique et que ça c'est une situation tendue et malheureusement je dois annoncer à vos auditeurs que je n'ai pas la solution miracle
Alors est-ce que vous avez la solution miracle justement Maud Ventura vous amoureuse de l'amour pour réconcilier l'amour affectif et le libertinage comme dit Alexandre Lacroix
J'aimerais bien avoir la formule magique Paola je vous la donnerais à vous et aux éditeurs Non mais je pense qu'il y a quelque chose de très beau effectivement à la fidélité et à être fidèle à une personne je pense notamment dans le cadre du mariage je trouve que c'est une très belle promesse à faire à quelqu'un je te promets de tout faire pour que ça marche je te promets d'essayer je promets de faire en sorte qu'il n'y ait que toi et pour faire un point avec la philosophie je pense que la liberté aussi c'est choisir ses contraintes c'est choisir cette cause et je pense qu'on peut être très libre aussi dans cette fidélité parce que c'est choisir finalement le cadre dans lequel on va l'exercer et choisir de le faire dans le cadre du mariage et de la monogamie par exemple
Mais est-ce qu'on choisit justement d'avoir un coup de coeur pour quelqu'un d'autre Lucille Bélan c'est ça parce que Maud Ventura parle de choix de faire le choix de faire cette promesse de fidélité mais est-ce que vous vous avez choisi ce coup de coeur qui vous est tombé dessus pendant le mariage ?
Alors moi je me suis mariée deux fois donc deux fois à la mairie j'ai promis fidélité et en l'occurrence quand je suis tombée amoureuse d'une femme la première fois en plus de mon mari j'ai l'impression de ne pas avoir fait ce choix ça m'est tombée dessus complètement après coup sur mon autre histoire qui a été beaucoup plus longue je pense que là moi-même j'ai décidé de me laisser vivre cette histoire parce que je savais que c'était possible et que c'était ok avec mon mari mais le fait est que non je pense que je n'ai pas choisi et je pense qu'on est aujourd'hui on vit beaucoup plus longtemps qu'à l'époque où on théorisait justement cet amour romantique et du coup on est même presque fait pour vivre plusieurs histoires d'amour alors peut-être pas en même temps peut-être les unes après les autres aussi selon les moments de la vie mais du coup je crois je crois à la multiplication de l'amour vous vous trouvez que ce concept
de monogamie d'exclusivité il enferme les femmes est-ce qu'il vous a enfermé est-ce que vous vous pourriez repartir dans une relation monogame
j'imagine que pour un début de relation par exemple ce serait tout à fait possible et d'ailleurs il y a des moments dans ma vie où je suis monogame quand j'ai pas deux personnes dans ma vie je suis tout à fait monogame et je vais pas chercher justement ailleurs justement dans le polyamour spécifiquement on n'est pas dans le couple libre on ne va pas chercher ailleurs la relation sexuelle on tombe amoureux et puis du coup on essaye de partager ça donc non je peux tout à fait être monogame je suis capable de l'être et ça ne me dérange pas de l'être mais m'obliger à l'être alors que je sais que je peux aimer à 100% quelqu'un malgré tout pour moi le polyamour ne minimise pas ma capacité à aimer quelqu'un de façon absolue Maud Ventura beaucoup d'auditeurs
ont été surpris par vos paroles et disent et sont et non alors certains disent attention attention le mariage c'est l'organisation de la frustration ça c'est Pierre qui nous dit ça et Benjamin nous dit au contraire c'est le prénom de mon mari c'est lui qui nous écrit ah vous êtes mariée donc vous avez fait ce choix de dire oui à quelqu'un j'ai fait ce choix avec Pierre peut-être qu'il nous écrit peut-être qu'il nous écrit et donc vous n'avez pas parlé de polyamour avec Pierre non encore d'accord Benjamin nous dit j'ai le sentiment que la fidélité est devenue ringarde c'est vrai pourquoi est-ce que la fidélité est devenue ringarde aujourd'hui Alexandre Lacroix
je sais pas il y a une phrase d'Alphonse Alec que j'aime bien qui dit le mariage c'est soit la corne d'abondance soit l'abondance de corne je trouve ça assez drôle mais il me semble que le point commun entre tous les dispositifs qu'on a cités on en a cité au moins trois et développé un trois le mariage modegame classique le couple libre où on va chercher la sexualité ailleurs et puis le polyamour qui est encore autre chose mais en fait c'est que dans ces trois cas il y a une tentative de contractualisation c'est-à-dire qu'on essaye de se mettre d'accord sur les termes de ce qui va se passer or il me semble qu'on essaye là de contractualiser ou de rationaliser quelque chose qui est de l'ordre du sentiment et du désir et que le cadre qu'on va poser à un moment va exploser enfin c'est-à-dire que si on pouvait contractualiser le désir si on pouvait en fait passer un contrat de désir éternel ce serait absolument formidable ou de permanence dans les sentiments ce serait formidable mais rationnellement il y a quelque chose qu'on n'arrive pas à contrôler là et c'est pour ça qu'il y a une part à mon avis de tragique dans la relation amoureuse et dans le désir qu'il faut accepter et qu'aucun dispositif ne va complètement réduire ou dissoudre
Michel Daillan je vous ai vu acquiescer vous qui avez divorcé donc des milliers de couples je le rappelle oui je crois que le mot est lancé le désir en fait tout ça à avoir avec le désir et avec l'amour moi j'adore comme je suis une divorceuse il paraît on m'invite souvent pour parler de séparation de divorce de conséquence d'argent de violence de garde des enfants moi j'adore être là avec vous pour parler d'amour parce que c'est quand même le grand sujet le grand coupable qui soit là qui part qui tarde à venir parce qu'il y a des mariages sans amour aussi et on l'attend voilà donc il y a des déclinaisons de l'amour et une des déclinaisons de l'amour c'est le désamour ou le divorce parfois mais c'est vrai que je crois que c'est Lacan qui disait que l'ennui c'est le désir d'autre chose moi je dirais que l'adultère c'est l'amour sans joie aussi et que finalement Alexandre disait ce serait merveilleux si on pouvait passer un contrat de désir éternel pas forcément parce que c'est aussi merveilleux que le désir puisse se renouveler se multiplier pour ceux qui expérimentent éventuellement le polyamour le polydésir et je crois qu'aujourd'hui tout est possible ça reste quand même je pense que et on l'entend dans ce que disent les auditeurs qu'ils disent que la fidélité c'est pas possible que la fidélité c'est essentiel ça veut dire que la fidélité ça reste quand même une valeur cardinale quel que soit du côté où on se place donc je pense que ça reste quelque chose de cardinal et de fondateur pour les couples et pour les français en tout cas les françaises oui mais est-ce qu'il ne faut pas revoir ces systèmes aujourd'hui puisque un couple un mariage sur deux se termine par un divorce est-ce qu'il ne faut pas revisiter cette notion du couple je pense que d'abord on en parlait un peu hors antenne je crois que l'amour qui dure toujours c'était bien quand l'expérience de vie l'espérance de vie était de 45 ans quand même aujourd'hui l'amour qui dure toujours qu'à 80 ans vous parlez d'avoir une jeune mariée non c'est compliqué je crois que c'est plus une institution au sens c'est moins une institution sociale on va dire il y avait quand même un sujet de social de préservation du patrimoine de reproduction de l'espèce de préservation de l'espèce il y a plein de raisons aussi à l'institution du mariage qui n'ont rien à voir avec l'amour et le désir mais à partir du moment où on a inventé le mariage d'amour et où le désir et l'amour deviennent essentiels alors il y a le risque assumé de la séparation et il y a plein de façons en effet je veux dire l'amitié on peut être amie l'amitié elle peut traverser une vie entière et on peut avoir 25 amis ou même 3 amis donc peut-être qu'on peut inventer autrement Lucille Bélange justement passé certains amis qui vous ont peut-être critiqué cet amour au pluriel est-ce qu'il y a des gens maintenant qui viennent vous voir intéressés en disant je sais que tu as tenté le polyamour comment ça se passe et quel conseil vous donnez à nos auditeurs
heureusement que des gens viennent me voir en me disant trop bien que vous ayez écrit un livre sur le sujet parce que sinon j'aurais été un peu triste pendant la promo c'est que j'ai des gens qui viennent me voir en me disant vous bafouez la fidélité ça aurait été un peu violent mais non non mais en fait la vérité c'est qu'il y a déjà pas mal de gens qui pratiquent ça alors statistiquement c'est pas énorme en France mais le fait est qu'il y a déjà des gens qui essayent de revisiter le modèle de couple qui le vivent pas forcément en mettant des étiquettes dessus ou en parlant dans les médias de ça ou même à leurs proches qui le vivent juste comme ça de manière privée c'était déjà le cas avant quand on voyait des histoires de papy en fait il avait deux femmes dans sa vie et on mettait des mots dessus mais un peu voilà c'était un peu caché un peu bof ou c'était un peu ok mais ça dépend pour qui ou en tout cas peut-être pas toujours pour mamie mais le fait est que ces histoires de familles comme ça qui sont décomposées recomposées ça existe déjà et ça existait déjà avant c'est pas nouveau c'est pas un nouveau phénomène le fait est que bah oui il y a des gens qui sont enthousiastes à l'idée qu'on réfléchisse à autre chose que de la monogamie exclusive du couple hétérosexuel monogame tel qu'on l'imagine aujourd'hui quand on y pense avec le prince la princesse et qui vivent leur vie tout au long de leur vie jusqu'à la fin parce qu'en fait dans la réalité des faits encore une fois un mariage sur deux se finit en divorce et puis parce que aussi la vie est dure la vie est dure quand on est jeune parent on vit des épreuves comme ça le couple vit des épreuves et les gens s'en rendent bien compte et donc du coup c'est une grosse désillusion ce couple parce qu'on y place beaucoup de choses d'où les divorces parties puisque du coup encore une fois il faudrait qu'on le déconstruise avant de commencer à se marier en fait il faudrait qu'on se marie par amour mais déjà en se disant peut-être que ça va finir peut-être qu'avec une sagesse presque avant d'avoir une désillusion
Alors Jacques notre auditeur nous dit sur le whatsapp de l'émission 01 45 24 7000 je vous rappelle qu'on est toujours en train de se demander si la monogamie n'est pas un concept un peu has-been alors Jacques pour vous il dit j'ai l'impression qu'en fait le mariage c'est déjà pas simple mais vous le compliquez avec le polyamour alors ça c'est la vie de Jacques Hervé nous dit aussi les femmes de plus de 55 ans fuient leur famille pour vivre libre c'est une maladie de l'époque on va se demander justement dans la prochaine partie de cette émission si certaines femmes ne voient pas le divorce comme la fin de la charge mentale mais juste pour revenir sur le prince charmant Maud Ventura vous vous y croyez toujours vous que vous venez
de vous marier c'est le moment ou jamais pour moi d'y croire donc oui j'y crois aussi parce que j'ai déconstruit peut-être les comédies romantiques avec lesquelles j'ai grandi et les Disney et les grandes robes de princesse parce que je pense effectivement avoir trouvé l'homme de ma vie parce que j'ai choisi cet homme et que j'ai envie de tout faire pour partager ma vie et oui je suis d'accord avec ce que vous dites il y a une folie là-dedans c'est totalement irrationnel de penser que je ne désirerais jamais personne d'autre mais justement le mariage et ce pari complètement fou et je trouve ça merveilleux cette petite dose de folie
et il y a beaucoup de français qui ont envie de cette même dose de folie puisque l'année dernière il y a 500 000 français qui se sont dit oui alors pourquoi est-ce que l'institution du mariage résiste autant donnez-nous notre avis sur l'application France Inter où on en débat pour le meilleur et pour le pire
je sais ma chanson est facile peut-être un peu débile mais c'est aussi simple que ça pour tes matins fragiles tes larmes de crocodile cette chanson est à toi je t'ai dans la comme une empreinte comme un tatou qu'on voit ma vie se plus rien est flou je te vois partout je repense à nous mon amour tu dis souvent que c'est difficile mais jamais tranquille mais à part pour toi je serai accrocher nos cœurs sur un qu'on voit pas jeté dans la peau
c'était Emma Peters avec empreinte
le débat du midi sur France Inter
on est ensemble jusqu'à 13h sur France Inter on parle d'amour on parle de monogamie on parle de fidélité on se demande et bien si ce n'est pas l'ennemi numéro 1 du couple est-ce qu'il faudrait inventer une nouvelle définition de l'amour en solo asexuel aromantique ou bien à 3 ou à 4 ou simplement réenchanter la monotonie du couple on est toujours en compagnie de Lucille Bélan journaliste polyamoureuse de Michèle Dayan avocate divorceuse de Maud Ventura romancière amoureuse de l'amour et Alexandre la croix philosophe et nous avons reçu une note vocale d'Apolline qui croit en la monogamie et qui pense qu'un couple et bien ça se travaille
j'ai l'impression d'être un peu comment dire étiquetée un peu comme vieux jeu parce que j'ai fait ce choix de me marier avec une seule personne et de voilà de finir ma vie avec cette personne pour moi c'est quelque chose de très très beau et j'ai eu la chance d'avoir donc un modèle de mes parents qui sont toujours ensemble et qui s'aiment et qui ont beaucoup beaucoup travaillé sur leur couple
et qui le font toujours merci Apolline si vous voulez comme Apolline et bien participer à ce débat vous nous envoyez un whatsapp une note vocale au 01 24 7000 alors Maud Ventura vous qui venez de vous marier on voit bien la ferveur d'Apolline comment expliquer aujourd'hui qu'autant de français aient envie de croire à cette grande aventure de l'amour
mais j'aime beaucoup ce que vous dites c'est une grande aventure et je pense que le mariage sera sans doute la plus grande aventure de ma vie et c'est beau de le voir comme ça et c'est vrai qu'aujourd'hui on n'est plus obligé de se marier et je crois que depuis les années 70 on corrigera si j'ai tort de moins en moins de français se marient dans les faits donc de fait on n'est plus obligé de se marier on peut vivre ensemble on peut avoir des enfants sans être marié donc le mariage est plus que jamais un choix et un choix peut-être même un peu à contre-courant un choix peut-être un peu as-been comme vous l'avez dit en introduction et donc c'est d'autant plus fort parce qu'il y a peut-être moins ce côté automatique on est ensemble on se marie on fait des enfants cette espèce d'autoroute un peu tracée par la société et là vraiment le mariage est un choix qui fait rêver encore certaines personnes et je trouve ça très beau parce que c'est aussi un moment où on se réinterroge sur les valeurs qui font de le couple et la fidélité peut-être en fait partie alors est-ce que
Michel Daillant vous vous avez vu des couples arriver et faire des contrats de mariage est-ce qu'il y a certains couples qui se marient en se disant peut-être que je vais divorcer donc je vais peut-être faire un contrat de mariage oui alors sans être trop technique le contrat de mariage il concerne le partage des biens au moment où on se sépare ou éventuellement la loi applicable quand on voyage ou qu'on a des nationalités différentes donc on ne peut pas dans le contrat de mariage alors nous les français on est des grands sentimentaux donc les prenups les contrats prénuptiaux n'existent pas vous savez ces films qu'on voit américains anglo-saxons où on se bagarre avant le mariage pour savoir ce qu'on va mettre comme clause en cas de divorce ça n'existe pas en France parce qu'on n'a pas le droit de prévoir de façon très précise combien d'argent on aura en cas de divorce en fonction aussi tromperie pas tromperie qui prend la décision etc ça c'est ce qu'on appelle un prenup c'est interdit en France et j'en parlais avec un avocat anglais et je dis pourquoi pourquoi c'est interdit comme ça en France c'est quoi notre différence comme ça de paradigme et ils me disent parce que les français vous êtes tellement sentimentaux et c'est vrai mais en revanche on peut prévoir séparation de biens ou communauté légale voilà donc il y a de plus en plus de contrats de mariage en effet aussi parce que dans le mariage il y a le risque assumé du divorce mais c'est pas antinomique justement de signer un contrat de mariage alors qu'on va faire la promesse de fidélité à quelqu'un toute sa vie Alexandre Lacroix ou est-ce qu'il n'y a pas quelque chose qui gêne le philosophe là ?
je voudrais insister sur ce dont on fait l'expérience quand on est amoureux à mon avis l'amour c'est l'expérience d'une illimitation c'est-à-dire que quand on a un sentiment amoureux très fort il y a quand même une dissolution des frontières du moi alors est-ce que c'est un sentiment d'océanique est-ce que c'est la fusion avec l'autre mais à un moment on fait l'expérience de quelque chose qui paraît illimité quand il y a cette phrase de Spinoza dans l'éthique que j'aime beaucoup qui dit nous sentons et nous expérimentons que nous sommes éternels et bien si on essaye de faire résonner cette phrase avec des expériences j'ai l'impression que l'expérience amoureuse est celle qui est le plus proche de ce sentiment d'être éternel et du coup ça donne envie
d'être amoureux bah oui
mais c'est ça alors partant de là on a envie de le transformer en institution on a envie de signer un contrat et c'est là que commencent les problèmes parce que en quelque sorte on voit bien qu'on essaye de fixer un cadre ou de mettre dans un dispositif un sentiment d'illimitation mais cette illimitation si on veut la traduire juridiquement ou économiquement elle a des conséquences qui sont complètement qui sont folles soit une promesse à vie alors qu'on ne sait pas qui on sera dans 20 ans enfin personne aucun d'entre nous autour de cette table ne sait exactement qui il sera dans 20 ans nous allons changer nous allons faire des expériences des rencontres des lectures nous allons évoluer du point de vue des biens ce sentiment des limitations si on le traduit c'est quoi c'est un don total de tout enfin on voit bien qu'il y a un problème et donc voilà c'est l'institutionnalisation du sentiment en fait qui crée une forme de hiatus
alors Lucille Bélan vous qui êtes donc polyamoureuse il y a des contrats aussi chez les polyamoureux c'est à dire que on se dit bah moi j'ai un mari et j'ai un amant d'ailleurs comme on dit ou j'ai plusieurs polyamoureux vous faites des contrats
aussi d'amour on rompt des contrats aussi alors dans le polyamour contrairement justement au couple libre où il y a une forme de contractualisation mais qui est quand même très légère dans le polyamour il y a une éthique du polyamour et donc il y a énormément de réflexions sur justement le contrat qu'on pose avec les autres et un contrat qui est sans arrêt mouvant c'est à dire que spécifiquement dans le polyamour on est en conversation permanente avec ses différents partenaires et sur leur consentement le consentement est extrêmement important dans le polyamour et du coup on demande est-ce que tu es ok avec ça est-ce que tu es d'accord pour que j'aille passer le week-end avec cette autre personne est-ce que tu es d'accord pour que et ce qui peut changer d'ailleurs en cours de route exactement comme dans la sexualité donc c'est des choses qui sont sans arrêt contractualisées pour que tout le monde soit d'accord toujours avec ce qui se passe
ça a l'air un peu d'être un rêve je me permets Maud Ventura qui vous venait de vous marier ne vous dites pas le polyamour c'est la clé je reste avec mon mari et puis de temps en temps le week-end avec son consentement tout bien tout honneur et bien je file
je file alors non mais de fait j'ai beaucoup de respect pour le polyamour et le fait que ce soit une relation basée à la fois sur le consentement et sur une extrême communication une espèce de conversation ininterrompue où ça rappelle que l'amour le couple c'est un moment où on va remettre on peut changer les règles du jeu à chaque moment on ne dit pas oui et pour toujours et ça sera comme ça et se dire que c'est une conversation qui va continuer en disant est-ce que à partir de maintenant où est-ce qu'on met la limite même on se décide fidélité où est-ce qu'on met notre barrière jusqu'où avec quoi t'es à l'aise et jusqu'à où et donc je trouve ça très beau qu'il y ait cette communication cette conversion je pense qu'on peut aussi l'avoir dans un couple monogame et avoir cette communication sur toute une vie alors moi j'y crois complètement parce que du coup c'est ce que je dis en ayant écrit mon livre et en parlant de polyamour publiquement je ne fais pas la promotion du polyamour je ne dis pas que tous les couples devraient être polyamoureux je pense d'ailleurs qu'il y a des gens qui ne sont pas capables du tout de l'être parce que c'est une organisation c'est quand même une façon de penser c'est une gymnastique mentale assez lourde mais par contre je pense que les couples monogames peuvent prendre des conseils d'autres modèles de couple pour justement aller mettre plus de communication et plus de consentement je pense que vraiment ça c'est une bonne valeur qu'on peut complètement mettre dans son couple monogame et on peut en faire un couple monogame qui marche grâce à ça je pense que j'y crois vraiment Alexandre Lacroix oui moi j'ai un doute quelle que soit la formule qu'on choisit mariage monogame ou polyamour sur le fait qu'on peut conjurer complètement le tragique et dans le cas du polyamour le tout premier témoignage m'a intéressé ou m'a intrigué la personne qui dit voilà j'ai rencontré un homme il s'est présenté comme polyamoureux ça m'a plu mais maintenant j'ai vraiment des sentiments là on sent que cette personne en fait tout simplement le week-end être amoureux c'est ça c'est vouloir être avec l'autre j'ai envie de passer du temps avec l'autre mais il n'est pas là il est avec un autre partenaire ça me pèse et ça il me semble que en fait si on voulait trouver une formule qui éviterait complètement de souffrir à un moment on va rencontrer quand même la non-convergence des désirs au fond c'est-à-dire le moment où malgré toutes les conversations malgré toutes les couches de rationalisation de consentement qu'on peut mettre là-dessus l'autre nous manque par exemple il nous manque parce qu'on a envie d'être avec lui là je ne vois pas très bien
comment résoudre énormément d'auditeurs qui n'ont pas forcément de réponse à cette question qui est vertigineuse mais par exemple Valérie nous dit je pense que le concept d'homme de sa vie est faux je n'y crois pas du tout je me suis mariée trois fois j'ai divorcé deux fois et à chaque fois j'ai cru que c'était le bon Laurent nous dit aussi aucun mammifère n'est monogame toute sa vie sauf certains orangs-outans et encore madame va parfois voir ailleurs voilà ce qu'il dit Michel Daillon l'homme de sa vie ou la femme de sa vie j'ai envie de raconter juste en hébreu la vie ça n'est qu'au pluriel quand on dit les haïm en hébreu quand on trinque par exemple quand on se souhaite quelque chose on pense que c'est à la vie en fait c'est à les vies et donc le concept d'homme de sa vie si on le si on prend comme ça ce mot hébreu qui dit que la vie ne se conjugue qu'au pluriel ça peut permettre de résoudre cette équation l'homme de la vie existe dès lors qu'on a plusieurs vies l'homme de sa vie présente par exemple alors Anthony est tout à fait d'accord avec vous il dit je me suis marié j'ai divorcé et puis dans une autre vie et bien il s'est remarié avec la même femme il demande s'il est fou en tout cas Alexandre Lacroix vous qui avez écrit ce livre apprendre à faire l'amour est-ce que vous pouvez donner des conseils aussi à des gens qui se sont engagés dans cette voie de la fidélité du mariage et qui veulent rompre avec la routine
en fait il me semble que les couples ont un problème aujourd'hui ils sont un peu assaillis de toutes parts par un discours sur la sexualité qui vante l'expérimentation et la multiplicité or il y a peu de discours pour enchanter ou faire l'éloge de la sexualité de couple c'est vrai que finalement on parle tout le temps de routine de devoirs conjugales de lassitude on n'a pas beaucoup de modèles de gens qui nous expliquent que peut-être dans un couple il y a des habitudes c'est-à-dire que par exemple il y a ce qu'on appelle en sociologie de la sexualité les scénarios interpersonnels ou les scripts interpersonnels c'est-à-dire qu'un couple qui se connaît depuis un certain temps c'est-à-dire qu'il n'y a pas passé qu'une seule nuit ensemble ils n'ont pas une grammaire mais ils savent comment avoir accès à l'autre et lui donner du plaisir et ils ont des scripts c'est-à-dire un ordre des caresses ou une sorte de logique des caresses qui leur est propre et qui compose leur histoire qu'ils peuvent faire évoluer ce script interpersonnel c'est-à-dire dans une relation de couple de long terme la manière dont on fait l'amour évolue et elle évolue lentement moi je compare ça un peu à des plaques tectoniques c'est-à-dire qu'à un moment on a mis une position puis ça disparaît complètement on fait autre chose et ça je dirais que le problème peut-être c'est que les couples sont complètement en manque de discours ou de livres ou de récits qui leur permettent de réinventer cette sexualité
d'imaginaire
alors je ne sais pas si ça passe par l'imaginaire moi je pense que ça passe par la pratique c'est-à-dire c'est-à-dire c'est-à-dire que si on commence à
très concrètement on se dit quoi aujourd'hui je vais tenter quelque chose de différent avec ma femme je ne vais pas lui faire l'amour de la même façon
les gens sont toujours sont toujours d'accord enfin toujours d'accord il y a plein de gens qui trouvent sympa de se donner rendez-vous à 17h dans un hôtel mais pourquoi ce ne seraient pas des gens mariés je veux dire que finalement pourquoi ne pas se dire que par exemple la sexualité compte ces deux personnes peuvent se dire tiens la sexualité ça compte vraiment pour nous on ne va pas se faire une séance de tango ou de yoga par semaine mais par contre le mardi ça peut paraître bizarre mais de 16h à 18h c'est un moment sexuel qu'on va partager tous les mardis de 16h à 18h et ça va avoir un effet sur le bien-être et à mon avis sur l'inventivité qui peut être considérable je ne comprends pas pourquoi les couples ne se permettent pas ne se donnent pas cette possibilité ou si rarement Moi je crois que ça peut être un défaut d'imaginaire justement parce que du coup on se dit qu'une fois qu'on est dans un couple pour l'avoir vécu une fois qu'on est dans un couple monogame on est tranquille on est posé c'est un peu les charentaises de la relation et donc du coup au début il y a la passion mais une fois que cette passion s'effrite un petit peu on est justement en sécurité et on y reste et donc je pense que sexuellement ça joue un peu là-dessus aussi et je crois effectivement je suis complètement d'accord pour le 5 à 7 du couple monogame mille fois faites-le mais pas de manière artificielle je suis un peu contre justement ce discours de magazine féminin de madame réenchanter votre sexualité en portant de la lingerie qui est inconfortable en achetant des sextoys que vous n'utiliserez jamais je suis vraiment contre ça je pense que justement c'est quelque chose qu'on doit co-créer mais en justement peut-être en continuant de consommer de la pornographie quand on est en couple monogame les gens souvent se disent que c'est une tromperie de consommer de la pornographie alors qu'en réalité non de justement se poser la question du sexe à plusieurs si on a envie si on a eu en tout cas cette envie là d'aller chercher des choses et puis peut-être de réfléchir aussi à la sexualité non pénétrative parce que du coup dans la vie il se passe plein de choses on peut avoir des problèmes de santé on peut avoir eu un bébé on peut être en ménopause et donc du coup réfléchir à une sexualité différente que celle qu'on nous a mis dans la tête dès le départ ça peut être aussi une façon de réinventer sa sexualité au fur et à mesure
et de communiquer on sent bien que toute la clé est là dans la communication alors Julien auditeur témoigne j'ai connu Suzy en 1962 Marie en 1968 je n'ai jamais connu qu'une seule femme et pourtant j'étais musicien je ne sais pas pourquoi il nous dit ça je ne me serais jamais vue faire l'amour à une autre elle vient de décéder à 80 ans il y a 15 jours on m'aura enlevé l'amour de mes 17 ans Philippe aussi est amoureux très amoureux il dit nous sommes heureux et il ne nous viendrait même pas à l'esprit de faire l'amour en dehors de notre couple je pense que la sexualité est privée elle se construit peu à peu grâce à l'amour alors je souhaite à toutes et à tous et bien de rencontrer l'amour on va continuer à parler d'amour mais on va aussi parler de divorce pendant la prochaine partie de cette émission puisqu'on va aborder ce phénomène des divorces parties des français qui organisent qui célèbrent la fin de leur mariage qui rime avec libération faut-il divorcer pour être heureux Maud Ventura vous êtes tellement amoureuse que j'ai envie de vous libérer pour la dernière partie de cette émission d'abord parce que le divorce n'est pas dans votre vocabulaire et puis surtout parce que vous avez une émission à préparer on vous retrouve tous les jours à 16h pour la page abandonnée quel est le programme de l'émission tout à l'heure ?
On va parler de dévotion amoureuse aujourd'hui Si vous voulez écouter parler de dévotion amoureuse vous êtes à 16h branché à la radio sur France Inter sur la page abandonnée et nous on parle pas d'amour en CDI mais peut-être d'amour en CDD de contrat à durée déterminée est-ce que c'est une bonne idée d'ailleurs de signer des contrats comme ça de CDD du mariage qu'on pourrait renouveler ? Dites-nous réagissez sur l'application France Inter On va soumettre l'idée à notre divorceuse professionnelle Payback avec Aaron Frazer
On parle toujours d'amour
jusqu'à 13h sur France Inter et on se demande si la monogamie est un tue-l'amour et quand l'amour est consommé et bien comment bien se quitter pour poursuivre ces échanges et bien j'ai autour de la table Lucille Bélan journaliste polyamoureuse et divorcée Michel Dayan avocate spécialisée en divorce et le philosophe Alexandre Lacroix Alors Michel Dayan vous qui êtes une spécialiste des ruptures je rappelle que vous avez divorcé des milliers voire peut-être dix mille couples dans votre cabinet vous avez vu défiler donc beaucoup beaucoup de personnes vous n'êtes pas sociologue mais pourquoi est-ce qu'on divorce aujourd'hui en France ? Alors je ne sais toujours pas Vous ne savez toujours pas ?
Je ne sais toujours pas la marque égale de l'amour qui dure et donc l'élément perturbateur de l'amour qui fait qu'on divorce je ne l'ai toujours pas trouvé je peux vous dire comment on divorce vous dire pourquoi on divorce les gens arrivent quand même avec des raisons Je n'aime pas bien théoriser comme ça parce que je trouve que plus je divorce de gens et plus j'avance en âge et donc en expérience professionnelle plus je trouve qu'il y a autant de divorces qu'il y a de gens qui divorcent qu'il y a autant de raisons de divorcer qu'il y a de personnes qui divorcent qu'il y a autant de raisons d'aimer que de personnes qui s'aiment et donc je n'aime pas trop théoriser mais c'est peut-être parce que je prends un peu d'âge et que je relativise trop mais pour répondre quand même à votre question je ne vais pas laisser une question sans réponse les deux grandes causes du divorce que je peux observer au travers de ce que me déposent les clients dans mon cabinet c'est l'adultère la tromperie la trahison elle aime y ailleurs il aime ailleurs ou il a eu une sexualité ailleurs et malheureusement aujourd'hui c'était toujours le cas à mon avis mais ça ne se nommait pas la violence c'est aujourd'hui devenu dans un dossier sur cinq dans une affaire sur cinq dans mon cabinet il y a une problématique de violence intrafamiliale et je suis je divorce des gens plutôt privilégiés je suis à Paris dans le cinquième arrondissement en face du jardin de Luxembourg j'ai plutôt une clientèle que j'essaie d'avoir mixte mais forcément la reproduction sociale est dans ce qu'elle est j'ai une clientèle CSP plus une catégorie socio-professionnelle plus et la violence intrafamiliale elle est super présente en France aujourd'hui dans les familles c'est le lieu de tous les dangers la famille et donc le couple et donc l'amour est quand même aussi le lieu de tous les dangers et c'est une des causes du divorce aujourd'hui qui est-ce qui demande le divorce aujourd'hui est-ce que c'est plus les femmes ou les hommes alors les statistiques et je l'observe dans mon cabinet 70% des demandes en divorce sont formulées par des femmes sont initiées par la femme en général pour une raison alors vous allez me demander pourquoi d'après vous moi la lecture que j'en ai mais c'est selon moi elle n'engage que moi c'est que la femme a peut-être une plus grande intolérance à un émotionnel qui ne va plus et à un foyer qui est malheureux parce qu'elle n'est plus heureuse elle part alors qu'un homme peut rester s'accommoder peut-être parce qu'ontologiquement et de toute éternité jusqu'à il n'y a pas si longtemps la femme son lieu de vie c'était quand même le foyer elle était beaucoup moins à l'extérieur l'homme il allait chasser puis elle restait dans la caverne ça reste quand même comme ça assez prégnant il y a quelque chose comme ça dans la préhistoire il y avait des femmes qui chassaient aussi et puis il y a aussi que beaucoup de femmes et ça je l'ai observé alors je sais qu'à chaque fois que je le dis dans une émission j'ai des tas de commentaires très désagréables d'hommes en général mais je continue à le dire moi ce que j'observe et ce qu'observe la plupart des divorceurs ou des divorceuses et des juges d'affaires familiales c'est que beaucoup de femmes partent la majorité et quittent un mariage ou quittent une union alors qu'il n'y a personne dans le paysage mais personne ni même l'idée de quelque chose de quelqu'un que ce soit amoureusement ou sexuellement alors que j'ai vu allez sur les deux mains je peux les compter une dizaine d'hommes en 30 ans partir alors qu'il n'y avait absolument personne Lucille Bélan est-ce qu'on peut gagner quelque chose en divorçant peut-être une forme de libération vous je sais que vous avez vos enfants qu'une semaine sur deux est-ce que cette vie là vous convient aujourd'hui est-ce que pendant une semaine vous êtes je ne sais pas une femme et la deuxième semaine une mère
alors je ne les ai pas une semaine sur deux je les ai certains jours dans la semaine et pas d'autres en garde alternée un petit peu sur mesure qui nous arrange avec leur père et oui en tout cas moi spécifiquement parce que j'ai de la chance je suis quelqu'un de privilégié par rapport à beaucoup d'autres gens beaucoup d'autres femmes je peux profiter de cette garde alternée pour avoir des loisirs pour pouvoir me concentrer sur ma carrière pour pouvoir voir des gens et je pense que quand on a ses enfants à temps plein quand on est une mère séparée c'est extrêmement compliqué d'avoir une vie personnelle ça l'est aussi quand on est en couple en l'occurrence et qu'on prend la majorité de la charge mentale je pense que clairement oui moi en tout cas j'ai gagné dans ma maternité à avoir une garde partagée Michel Daillon ça c'est quelque chose
qu'on vous dit aussi cette forme de libération pour les femmes du mariage oui j'ai consacré dans le livre cité nous nous sommes tant aimés à un chapitre entier que j'appelle la liberté en alternance je pense que la grande révolution de ces 30 dernières années c'est la résidence alternée c'est la garde alternée parce que d'abord pour les hommes et pour les pères parce qu'ils deviennent des mères comme les autres et qu'ils peuvent créer ce lien et ce lien ils demandent du temps un week-end sur deux la moitié de vacances scolaires on n'a pas le temps suffisant pour tisser ce lien vraiment et puis pour les femmes pour les mères moi je ne dirais pas qu'elles sont mères une semaine sur deux on est pluriel on n'est pas que mère ou que femme ou que amante on est multiple on n'est pas que mais en revanche elles font l'expérience qu'on peut rester mère une semaine sur deux mais en n'ayant pas ses enfants et qu'on peut aussi avoir une vie après le travail pas partir à 18h parce qu'il faut aller relayer la nounou aller chercher les enfants à l'école qu'on peut aussi faire l'expérience de se décharger de se dire que peut-être le père il s'occupe bien des enfants parce qu'il faut voir aussi que les mères il faut le dire c'est important de discerner mon ouvrage paraît-il est très féministe mais je sais discerner je divorce autant d'hommes que de femmes il faut voir que beaucoup de mères donc beaucoup de femmes résistent à la garde alternée et ne sont pas prêtes à lâcher ça parce qu'elles pensent qu'elles ne sont plus vraiment des mères si elles lâchent ça ou pour d'autres raisons et qu'elles sont dans un grand contrôle par rapport au père qui finalement quand on leur laisse la possibilité de s'occuper de leurs enfants une semaine sur deux s'en occupent à leur façon mais s'en occupent très bien Alexandre Lacroix est-ce qu'on est en train de déconstruire ce modèle du mariage qui est d'ailleurs assez récent puisqu'on sait que c'est l'église qui a inventé ce modèle est-ce que vous pensez que dans la société on va justement vers un assouplissement de ce cadre-là ?
Je ne sais pas en tout cas le mot qui n'a pas vraiment été prononcé sur la séparation c'est le mot de deuil en fait c'est-à-dire que là on a parlé disons des modalités garde alternée des arrangements des compromis de la conflictualité inhérentes à la séparation mais il me semble que c'est aussi l'expérience d'un deuil alors un deuil un peu particulier parce que ce n'est pas le deuil d'une personne qui est morte mais en tout cas c'est le deuil d'une vie à deux avec une personne qui est bien vivante et il me semble qu'il y a quand même encore peu de discours pour prendre en charge là aussi il y a peut-être peu de réflexion pour prendre en charge ce deuil-là qui est un deuil si on a une vie commune disons de 10, 15, 20 ans avec une personne c'est comme se couper un bras c'est-à-dire que la personne on est tissé en fait dans son intériorité on est tissé avec cette personne on pense avec ses mots parfois on a des souvenirs en commun qui reviennent même involontairement et ça je dirais qu'il faut se dire qu'on va devoir traverser ce deuil des ténèbres quoi qu'il arrive c'est-à-dire qu'il y ait conflit pas conflit qu'on s'entende bien qu'on s'entende mal est-ce que c'est une déconstruction c'est pas une déconstruction c'est encore un terme bien trop intellectuel et rationnel de parler de déconstruction je dirais que c'est une des épreuves émotionnelles et sentimentales majeures dans une existence
Lucille d'alors vous aviez l'air d'acquiescer vous parlez de deuil aussi vous avez gardé des bonnes relations sans rentrer dans votre relation intime avec votre mari ou votre ex-mari
après je crois que c'est mieux quand on a des enfants ensemble et qu'on fait une guerre partagée d'avoir des bonnes relations avec la personne avec qui on était mais évidemment nécessaire de prise de distance légèrement et puis après moi je crois énormément aux vertus de la thérapie sur cette question si on a besoin de traverser un deuil de pouvoir en parler avec quelqu'un et même de la thérapie de couple c'est-à-dire que les psychologues le disent on peut faire des thérapies de couple avec quelqu'un avec qui on est séparé pour essayer de gérer au maximum en tout cas tous les non-dits qu'il y a pu avoir pour que ce deuil soit le plus court possible mais la vérité c'est que c'est le temps qui joue en général sur cette question-là et que dans le polyamour on a plus de relations mais on vit évidemment ces deuils complètement exactement comme ces ruptures avec difficulté exactement comme dans une relation monogame et vous ne souffrez pas plus si on multiplie les partenaires
on souffre autant en tout cas Michel Daillon est-ce que ça vous est arrivé de remarier un couple que vous auriez divorcé oui alors je ne les ai pas remariés parce que moi je ne suis pas vous avez déjà vu des couples divorcés se remarier et après venir divorcer de nouveau chez vous pour rebondir sur ce que dit Alexandre c'est vrai que c'est quand même une petite mort c'est le deuil de quelque chose c'est la fin c'est une séparation c'est difficile après ce n'est pas toujours un drame ça peut être très difficile sans être toujours tragique aussi mais c'est vrai que c'est souvent un drame mais pas toujours parfois c'est une bonne nouvelle oui il m'est arrivé je pense à un couple qui s'est séparé de façon extrêmement conflictuelle et dans un côté très tragique d'ailleurs presque une tragédie grecque et puis quelques années après ils m'ont rappelé parce qu'ils voulaient se remarier et qu'ils leur divorcent pour une raison que j'ignore l'inconscient est quand même un grand maître pour une raison que j'ignore l'officier d'état civil à qui j'avais pourtant fait la demande n'avait pas transcrit le divorce sur l'acte de naissance sur l'acte de mariage donc ils ne pouvaient pas se remarier puisqu'ils n'étaient pas divorcés sur l'acte de mariage et sur l'acte de naissance c'était absolument buesque mais c'était très joli et donc je les ai j'ai transcrit le divorce sur leur acte de mariage précédent pour qu'ils puissent à nouveau se marier bon et bien écoutez j'espère que ça vous a donné envie d'être amoureux chers auditeurs et chères auditrices avec un homme avec une femme si vous êtes avec un couple de même sexe et bien mariez-vous ou divorcé mais en tout cas communiquer le débat de midi c'est fini pour aujourd'hui merci à tous d'avoir accepté ce débat merci Lucille Bélan Michel Daillant Alexandre Lacroix demain et bien c'est la rentrée des classes au palais Bourbon nouveau député course à la présidence le visage de cette future assemblée sera-t-elle à l'image du vote des français si vous êtes déçus par le vote de ville politique et bien envoyez-nous un texto ou un message vocal sur le whatsapp de l'émission au 01 45 24 7000 il est temps pour moi de remercier mon équipe Lison Chambre Johan Duval Alexandre Bigot et Raphaël Bauduret Ibanez à la réalisation Étienne Bertin à la technique aujourd'hui Maxime Goudard et à suivre le journal de 13h Sous-titrage Société Radio-Canada