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interviewRMC — Face à Face· 27 septembre 2023 20 min

Face à Face : Sébastien Chenu - 27/09

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur 2

Vous écoutez RMC, face à face. Il est 8h32 sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Merci de venir répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le vice-président de l'Assemblée nationale, vous êtes député RN du Nord et à partir d'aujourd'hui, les travaux en séance plénière reprennent. Vous allez donc reprendre aussi, vous, votre perchoir, parce que vous faites partie de ces vice-présidents. On reviendra d'ailleurs là-dessus. Est-ce que vous allez le rester ? On va parler RSA, on va parler carburant, on va parler pouvoir d'achat. Mais il y a une sorte de lien entre tout cela, c'est le budget.

Le budget de la France qui va donc être présenté à partir d'aujourd'hui par le gouvernement avec d'abord une première étape qui est la trajectoire. En gros, où est-ce qu'on sera dans 5 ans, dans 10 ans, en termes de déficit, en termes de dette, en termes de recette ? Vous pourriez vous abstenir, vous pourriez au fond avoir une sorte d'accord tacite pour le gouvernement ?

0:52
Locuteur 1

Je ne suis pas sûr que ce soit un accord tacite, ce n'est pas comme ça qu'il faut le percevoir. On pourrait en tous les cas ne pas voter. Je vous rappelle que ce projet de trajectoire budgétaire, il a été refusé deux fois. Deux fois, nous avons voté contre les années passant. Et là, il faut dire que la proposition du gouvernement sur cette trajectoire nous paraît reposer sur des chiffres parfois un peu optimistes, notamment une croissance qu'ils imaginent un peu haute. Et donc finalement, ça déstabilise le projet de trajectoire. On vote que notre pays s'endette. Pierre Moscovici a rappelé qu'on allait avoir 50 milliards de dettes supplémentaires.

Donc le projet de trajectoire, ce qui arrive devant les députés, même si ce n'est pas une loi qui est contraignante, nous semble pas bien ficelée.

1:34
Locuteur 2

Pas bien ficelée, mais vous n'allez pas voter contre ?

1:36
Locuteur 1

Non, mais on a fait des propositions. Enfin, on ne va pas voter contre. On va voir, parce qu'on a fait des propositions qui impactent le quotidien des Français. C'est par exemple sur le gasoil non routier, c'est-à-dire le gasoil qui est utilisé notamment par les agriculteurs en dehors de la route. Eh bien, nous, nous avons demandé qu'au moins les avantages fiscaux qu'il y avait sur ce gasoil non routier ne soient pas rabotés. On va voir si le gouvernement...

1:58
Locuteur 2

Ça faisait partie des pistes, je précise pour ceux qui nous écoutent. Là, on rentre tout de suite dans le vif du sujet. Effectivement, dans des questions de carburant, on sait qu'une partie des travailleurs et notamment tout ce qui est monde agricole a accès à ce gasoil non routier, qui est un gasoil qui est nettement moins taxé. Et parmi les pistes de Bercy pour trouver un peu de sous, ils voulaient raboter et remettre des taxes qui feraient que le gasoil non routier ne serait plus si intéressant.

2:23
Locuteur 1

Nous, on ne demande même pas, j'allais dire, d'efforts supplémentaires, c'est-à-dire de faire baisser les taxes sur ce gasoil. On demande que ça reste au moins au même niveau pour ne pas impacter les agriculteurs. Si le gouvernement entend les propositions du Rassemblement national, s'il les prend en considération, alors on ne va pas forcément s'opposer. Mais si c'est une fin de non recevoir et Bruno Le Maire s'exprimera aujourd'hui, alors le gouvernement devra prendre ses responsabilités. Nous, ce qui nous guide, c'est savoir si l'argent qui est pris aux Français leur revient et permet d'améliorer leur situation. Si c'est simplement faire des économies, ce ne sera pas...

2:56
Locuteur 2

Ce que je voudrais que les Français comprennent aussi, c'est le chemin parcouru depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron, du premier quinquennat. C'est-à-dire que désormais, on va y revenir, Elisabeth Borne laisse entendre que vous êtes grosso modo fréquentable, que vous, vous êtes finalement pas si mauvais en vice-président de l'Assemblée nationale. Il y a Elvon Pivet qui est la présidente de l'Assemblée, dit d'ailleurs qu'il faut que vous restiez à votre poste. Et Elisabeth Borne qui, hier, devant les députés, dit au fond, à un moment, ils représentent nos députés. On ne peut pas les exclure de nos consultations, ni de nos institutions.

Elle reconnaît donc le fait que vous représentez les Français, qu'aujourd'hui, il faut faire avec. Et vous, de l'autre côté, vous n'allez pas voter contre une trajectoire. Vous allez donc permettre potentiellement ce soir au gouvernement de ne pas avoir recours au 49-3.

3:43
Locuteur 1

Non, on permet surtout la possibilité d'avoir tout de suite les 19 milliards d'euros du plan de relance de l'Union Européenne. Ça permet de ne pas bloquer ça, quoi qu'il en soit. Mais on le fait en fonction de ce qu'on peut obtenir pour les Français. Et c'est toujours ce qui nous mobilise, ce qu'on obtient pour les Français. Nous, on a choisi d'être une opposition déterminée quand on s'oppose à la réforme des retraites, quand on s'oppose...

4:06
Locuteur 2

Je précise que les Républicains votent contre. Ils ont déjà dit qu'ils voteraient contre.

4:09
Locuteur 1

D'accord, enfin, ils ont sauvé la tête d'Emmanuel Macron pour la réforme des retraites. Nous, quand on obtient des choses pour les Français...

4:13
Locuteur 2

Vous, c'est maintenant que vous allez sauver la tête du gouvernement ?

4:15
Locuteur 1

Non, pas forcément, parce qu'après, il y aura le budget en lui-même qui va être discuté. Mais quand on obtient des choses pour les Français, eh bien, il n'y a pas de raison de s'y opposer. Quand le gouvernement se cabre, réforme des retraites, projet de loi sur l'immigration, etc., nous nous opposons. Mais surtout, peut-être que ça n'était pas visible dans le passé, mais nous faisons des propositions. Je vous ai parlé, effectivement, du gasoil non routier. Mais nous, nous sommes guidés toujours par l'idée de faire des propositions. Quand on est entendu, quand ces propositions sont retenues, on ne va pas voter contre. Bon, pour l'instant, elles ne l'ont pas été retenues.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le gouvernement n'a pas beaucoup prêté attention à nos propositions.

4:50
Locuteur 2

Et je note d'ailleurs au passage que l'une des raisons pour lesquelles vous envisagez de vous abstenir et donc de ne pas voter contre cette trajectoire budgétaire, c'est pour pouvoir remercier l'Union Européenne de nous donner 19 milliards. Non, non, c'est notre argent.

5:02
Locuteur 1

Ce n'est pas à la remercier. C'est notre argent. C'est l'argent des Français. Non, mais attendez. Il ne manquerait plus qu'on ne touche pas l'argent qu'on reverse à l'Union Européenne alors qu'on est un contributeur net. Que chaque année, on donne plus qu'on ne reçoit. Donc, c'est notre argent. Encore une fois, c'est l'argent des Français. Il faut vite que ça revienne dans la poche des Français. « I want my money back », disait Margaret Thatcher. Bon, nous aussi, on a envie de voir revenir l'argent des Français.

5:22
Locuteur 2

Margaret Thatcher, elle avait été jusqu'à faire la politique du non-chèque.

5:25
Locuteur 1

C'est-à-dire qu'elle arrêtait de donner de l'argent à l'Union Européenne.

5:29
Locuteur 2

Vous pourriez faire pareil ?

5:30
Locuteur 1

Nous n'avons pas échappé que nous n'étions pas exactement sur la ligne thatcherienne. Mais nous voulons que l'argent qui est donné, qui est prélevé par l'Union Européenne, revienne aux Français. Notamment dans un quotidien qui est très compliqué en matière de pouvoir d'achat, en matière de carburant, mais aussi en matière d'immigration.

5:46
Locuteur 2

Justement, carburant, on va y revenir. Je voulais en parler tout de suite. Mais puisque vous parlez d'Europe, qui a dit « si je gagne pour l'Europe, la belle vie, c'est terminé » ?

5:56
Locuteur 1

J'ignore, je ne connais pas cette phrase.

5:58
Locuteur 2

C'est Giordia Méloni. Marine Le Pen a dit à peu près la même chose. Elle a dit « il est temps d'en finir avec l'Union Européenne ». Et maintenant, vous voyez Giordia Méloni qui est main dans la main avec Ursula von der Leyen.

6:09
Locuteur 1

Non seulement Giordia Méloni n'est pas notre allié. Nous, on a toujours privilégié une alliance avec Salvini. Parce que Salvini est plus proche de nos idées, il est moins libéral. Qui est membre du gouvernement de Giordia Méloni. Ça, c'est leur histoire. Mais Giordia Méloni est libéral. Giordia Méloni a accepté, parce que la situation de l'Italie, très endettée, qui a besoin... Alors elle, c'est 400 milliards qu'elle attend de l'Union Européenne. Oui, ce n'est pas les 19 milliards. Elle a accepté finalement de renoncer à ce qui faisait son identité politique en matière de politique migratoire parce qu'elle a besoin de cet argent.

Mais je crois qu'elle fait une erreur parce que non seulement l'Union Européenne ne l'aidera pas et est totalement en échec sur la gestion de la politique migratoire. Non seulement l'Union Européenne n'a pas vocation à s'occuper des politiques migratoires. Je rappelle qu'il n'y a aucun traité qui donne à l'Union Européenne la possibilité de s'occuper de ça, qu'elle se mêle de ce qui la regarde. C'est aux nations de s'occuper des politiques migratoires. Mais en plus, Mme Manderleyen dit qu'elle souhaite accueillir parce qu'elle a besoin d'une main d'œuvre étrangère.

7:06
Locuteur 2

Mais vous diriez-vous... On va y revenir parce que c'est en discussion à l'Assemblée nationale. Mais vous diriez-vous encore cette phrase « Il est temps d'en finir avec l'Union Européenne » ?

7:12
Locuteur 1

Avec cette Union Européenne-là. Avec ces pratiques-là, oui. Avec ces politiques-là, oui. C'est pour ça que Jordan Bardella mène une liste et qu'on souhaite créer une autre majorité au sein du Parlement Européen. C'est pour mener d'autres politiques. Cette Union Européenne qui consiste à accueillir de plus en plus de migrants, à les répartir. C'est le plan des migrations qu'on voit et qui va rentrer en vigueur, auquel nous, nous nous opposons. Eh bien oui, il faut en finir avec cette Union Européenne-là, cette commission qui se mêle de ce qui ne la regarde pas. Oui, il faut d'autres politiques, bien sûr.

7:44
Locuteur 2

Carburant, opération à prix coûtant, finalement, partout en France. Plus de la moitié des stations essence vont vendre l'essence à prix coûtant. Une prime de 100 euros pour les travailleurs les plus modestes. Finalement, tout est bien qui finit bien.

7:58
Locuteur 1

Non, pas du tout. Sur les carburants à prix coûtant, d'abord, ça existe déjà. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

8:03
Locuteur 2

Pas de manière aussi massive. Il y a eu des opérations par le passé, des opérations à prix coûtant. Mais là, on a quand même Leclerc, Carrefour, qui disent que ça va être systématique et sur la durée.

8:14
Locuteur 1

Il y a 10 000 stations essence à peu près en France. Peut-être un peu moins aujourd'hui. 4 000 prévoient de faire l'opération à prix coûtant. Moins de 50% des stations essence. Un peu moins, vous avez raison. Ça veut dire que pour beaucoup de Français, il va falloir aller courir dans une station qui fait le carburant à prix coûtant pour le trouver. Je vous rappelle qu'il y a beaucoup de Français qui ont besoin de leur voiture pour travailler.

8:33
Locuteur 2

J'adore la bagnole, c'est ce qu'a dit Emmanuel Macron. Il adore la bagnole.

8:36
Locuteur 1

Non, mais ça, ce n'est pas le fait d'adorer, c'est le fait d'en avoir besoin.

8:39
Locuteur 2

Non, mais c'est une phrase que vous auriez pu dire. J'adore la bagnole.

8:41
Locuteur 1

Non, j'ai besoin de la voiture. J'ai besoin de la voiture.

8:44
Locuteur 2

Oui, c'est pas j'adore la bagnole.

8:45
Locuteur 1

Non, mais voilà, Emmanuel Macron, il trouve ça très ludique. Il adore avoir une belle bagnole. C'est très bien. Et on peut comprendre que ce soit sympathique. Mais pour beaucoup de Français, ce n'est pas le fait que ce soit ludique qui est important. C'est que ce soit nécessaire. Quand vous êtes, je crois que vous en avez parlé dernièrement, infirmier libéral et que vous devez traverser des territoires. Moi, je le vois dans ma circonscription. Lorsque vous traversez de Bouchin à Valenciennes et que vous êtes infirmier libéral, vous ne pouvez pas aller chercher une station essence qui fait le prix à prix coûtant.

9:10
Locuteur 2

Et là, vous posez une question qui a été posée ce matin sur RMC, effectivement, où j'avais le témoignage d'une infirmière libérale qui travaille autour d'Aix-en-Provence et qui disait qu'elle devait désormais renoncer à aller soigner des patients parce que ce sont des actes qui sont 7,10 euros brut sur lesquels elle touche environ 3 euros. Or, si elle doit aller trop loin et faire tout un tour pour pouvoir se rendre chez le patient, elle dit que c'est tragique pour nous et que c'est tragique pour le patient mais elle est en tout cas contrainte de renoncer et d'aggraver les déserts médicaux.

9:41
Locuteur 1

Je ne connais pas trop mal la situation des infirmiers libéraux. Je les avais tous appelés dans ma circonscription au moment du Covid et je crois qu'il y a deux solutions dans le cas d'espèce. Il y a évidemment le geste sur les carburants, une énergie dont on a besoin de première nécessité. Et si c'est une énergie de première nécessité, alors il faut baisser la TVA et l'amener à la tarification des produits de première nécessité, c'est-à-dire à 5,5. Et de l'autre côté, je pense que pour les infirmiers libéraux, de façon très précise, il faudrait revoir leur nomenclature, c'est-à-dire la tarification de leur acte. De chacun de leurs actes.

Et ça, je l'avais demandé à l'époque à Agnès Buzyn, ministre de la Santé, ça commence à dater. Il y a donc 6 ans aujourd'hui, le gouvernement n'a jamais bougé. Les infirmiers libéraux ont été totalement laissés tomber contrairement à tout ce qu'on leur avait promis. Ils en ont beaucoup bavé pendant le Covid. Ils ont été totalement laissés tomber.

10:30
Locuteur 2

Sébastien Chenu, revenons au carburant. Donc, ces opérations en prix coûtant, on a bien compris que vous, vous estimez que ça n'est pas la bonne réponse. La vente à perte, vous auriez été pour ?

10:38
Locuteur 1

Non, mais la vente à perte, ça a une conséquence. Ça fait fermer les petites stations, les services qui ne peuvent pas tenir. Et ensuite, ça permet aux gros distributeurs de pouvoir, puisque ça devait durer 6 mois, une fois qu'ils ont éliminé toute la petite concurrence, de pouvoir avoir un espèce de monopole.

10:54
Locuteur 2

Donc, pour vous, vous êtes toujours sur l'idée de baisser les taxes ?

10:57
Locuteur 1

Oui, parce que c'est, je crois, Emmanuel Macron, il est habité par une idée. Il dit, on va taxer ce carburant, l'essence, parce que ça pollue. Et ils vont donc, les Français vont donc moins en consommer. D'abord, ça n'a jamais marché. Les Français ont besoin de leur voiture pour travailler, pour aller porter leurs enfants, amener leurs enfants à l'école, etc.

11:16
Locuteur 2

Oui, mais l'État a aussi besoin de cet argent.

11:19
Locuteur 1

Non, mais d'accord.

11:20
Locuteur 2

Ne serait-ce que pour payer les boucliers tarifaires. Regardez, les recettes engrangées par l'État grâce à l'inflation, c'est environ 9 milliards d'euros. Alors, ça dépend un peu des calculs, entre 9 et 10 milliards d'euros de recettes supplémentaires cette année par rapport à l'année dernière. Mais le bouclier tarifaire, c'était 20 milliards d'euros.

11:37
Locuteur 1

Oui, mais...

11:37
Locuteur 2

Donc, je veux dire, si vous supprimez les 9, c'est quand même utile, non ?

11:40
Locuteur 1

Il faut des dispositifs qui durent dans le temps. On ne peut pas avoir ce bricolage permanent. Un coup, c'est un bouclier. Un coup, on vend à perte. Un coup, on vend à prix coûtant. D'abord, on n'y comprend plus rien. Les Français sont très troublés. Ce sont des dispositifs aussi qui fonctionnent en général pas bien. Souvenez-vous des chèques carburants l'année dernière. Je crois que 40% n'ont pas été demandés parce que les Français considéraient qu'il fallait faire une démarche qui était sur la base. Et ce sera d'ailleurs

12:02
Locuteur 2

le même système à nouveau. Il faudra aller faire la demande.

12:06
Locuteur 1

Tout ça est très administratif. Ça ne fonctionne pas bien. D'ailleurs, c'est un peu cynique parce que le gouvernement sait que comme presque la moitié des Français qui pourraient en bénéficier ne le font pas, ne font pas la démarche, ça ne leur coûtera pas si cher. C'est cynique.

12:17
Locuteur 2

Pour vous, ce n'est pas juste que c'est la procédure et que c'est une procédure compliquée. Pour vous, c'est une procédure sciemment compliquée pour décourager ceux qui pourraient prétendre à ces âges.

12:26
Locuteur 1

Mais évidemment, le gouvernement sait très bien que beaucoup de Français vont se décourager parce que quand vous êtes dans une vie active, vous avez autre chose à faire que cette paperasse alors que vous auriez une baisse de taxes. On n'a pas des taxes à 0% sur l'énergie. On demande de les mettre à 5,5%. Et bien là, vous avez un dispositif qui vous permet sur...

12:43
Locuteur 2

Comme pour les produits de première nécessité.

12:45
Locuteur 1

Les produits de première nécessité, c'est de 5,5% à 0%. Non, vous,

12:48
Locuteur 2

vous voudriez passer à 0%, mais actuellement, c'est 5,5%.

12:50
Locuteur 1

Oui, actuellement, les produits de première nécessité, c'est 5,5%. Et il y a des pays qui le font sur les produits de première nécessité. J'ai regardé l'Espagne et le Portugal le font.

12:58
Locuteur 2

Ils considèrent que l'essence est un produit de première nécessité. Oui, mais sur les produits

13:01
Locuteur 1

de première nécessité, ils ont reconduit leur dispositif. Pourquoi ? Parce que ça tire tous les produits de consommation à la baisse et que l'argent qui est dégagé est réinjecté dans l'économie réelle. Le journal Le Monde l'avait d'ailleurs très bien expliqué pour l'Espagne. L'argent que les Espagnols dont ils bénéficient grâce à ces baisses, il est réinjecté immédiatement dans l'économie réelle. Donc, l'État s'y retrouve aussi. Il faut des dispositifs qui durent dans le temps.

13:25
Locuteur 2

Sébastien Chenu, la Première Ministre Bercy convoque à la fois les distributeurs et les grands industriels pour leur imposer de négocier à la baisse le prix notamment des produits alimentaires avec une avancée de la date des négociations qui devait être le 1er mars qui sera finalement le 15 janvier. Remettre ainsi tout le monde autour de la table, est-ce que c'est ce que vous auriez fait aussi ?

13:48
Locuteur 1

Bon, il y a plusieurs choses. Moi, je crois qu'il faut regarder la situation telle qu'elle est. Vous avez... Et comment la valeur finalement est partie ? Est-ce que ceux qui produisent, les agriculteurs, est-ce que ceux qui à l'autre bout de la chaîne consomment peuvent s'en sortir ? Aujourd'hui, on voit bien que c'est assez déséquilibré parce que vous avez une sorte d'intermédiaire qui sont les grands distributeurs qui ont considérablement augmenté leur marge. Les gros industriels,

14:07
Locuteur 2

vous voulez dire ? Les intermédiaires, ce sont les industriels.

14:09
Locuteur 1

Qui ont considérablement augmenté leur marge. C'est assez intéressant. Dans les années 70, les marges étaient de 20 à 30%. Aujourd'hui, elles sont de 40 à 50%. Donc, c'est énorme. Ils ont gagné de l'argent grâce aux crises. C'est une réalité. Et donc, je pense qu'ils doivent contribuer davantage.

14:26
Locuteur 2

Ils ont gagné de l'argent. Attendez, je voudrais qu'on comprenne bien. Oui, grâce aux crises. Parce que Sébastien Chenu, il y a eu des enquêtes diligentées par Bercy qui laissent entendre que non, ils n'auraient en réalité pas profité de la crise. C'était le résultat de la dernière enquête de Bercy. Vous, vous dites, si, si, c'est quoi ? C'est Coca, c'est Danone, c'est la Calice ? C'est eux qui, pour vous, se sont gavés.

14:43
Locuteur 1

Oui, absolument. Et d'ailleurs, ça fait deux ans qu'on nous balade et que le gouvernement les supplie de faire des gestes, que le gouvernement leur dit il faut... Écoutez, je crois qu'à un moment, lorsque vous faites des sur-profits, que vous fassiez des profits quand vous êtes une entreprise, une industrie, un grand groupe qui sont d'ailleurs souvent réinjectés dans la recherche, etc., pour vous améliorer, il n'y a pas de problème. Mais quand vous faites des sur-profits en période de crise, vous devez contribuer davantage à l'effort en direction du consommateur.

15:08
Locuteur 2

Donc, vous mettriez en place une sorte de taxe ponctuelle sur les marges à partir d'un certain seuil de marge, d'un certain niveau de marge.

15:18
Locuteur 1

Qui serait de 25% de façon temporaire. Ça se calcule assez facilement et ça permettrait effectivement de mettre fin à ces dysfonctionnements. Vous savez, il y a aussi des pratiques commerciales sur lesquelles il faut se pencher qui sont scandaleuses. Vous savez, c'est ce nom anglais que je ne veux pas utiliser mais qui montre que dans un paquet...

15:37
Locuteur 2

La shrinkation.

15:38
Locuteur 1

Je vais le dire parce que... Alors, je ne sais pas très bien

15:40
Locuteur 2

comment on le traduirait mais enfin, en gros, ce serait le décalage entre le paquet, la taille du paquet et le contenu.

15:44
Locuteur 1

Le paquet et ce qu'il y a dedans. Il faut absolument que les industriels ou que les distributeurs en tous les cas se mettent autour de la table pour revenir sur ces pratiques commerciales qui sincèrement se font sur le dos des Français. Donc, oui, je crois qu'il faut taxer les sur-profits, pas les profits. C'est normal de faire des profits lorsqu'on est une entreprise mais les sur-profits en période de crise quand les Français à la fin en sont finalement victimes et bien oui, il faut absolument aller vers cette taxe

16:09
Locuteur 2

sur les sur-profits. Et on l'a proposé à l'Assemblée nationale. Et ça a été...

16:14
Locuteur 1

Bien sûr que non. Ni la gauche qui tape sur des casseroles qui sans arrêt demande ceci ou cela ne l'a jamais voté ni bien entendu la Macronie.

16:21
Locuteur 2

Sébastien Chenu, des contreparties au RSA, des heures de formation, ça fait partie de ce qui est discuté à partir d'aujourd'hui justement à l'Assemblée nationale. Vous voterez pour ?

16:30
Locuteur 1

Non. Vous savez, moi, je suis élu d'un territoire très pauvre dans lequel je sais ce que c'est qu'être à l'aise

16:37
Locuteur 2

député Rassemblement National du Nord.

16:39
Locuteur 1

Oui, à Denain. Et cette problématique du RSA, je la connais bien. D'abord, je ne confonds pas un demandeur d'emploi et un allocataire du RSA. On peut être allocataire du RSA sans être demandeur d'emploi parce qu'à un moment dans sa vie, on fait une reconversion, parce qu'on est une mère qui a des enfants et qu'à un moment, là aussi, on fait une réorientation professionnelle, parce qu'on est aidant de personnes malades. Donc, il y a plein de situations dans lesquelles vous êtes au RSA, mais ce n'est pas pour autant que vous êtes dans une recherche d'emploi active et vous n'êtes pas désocialisé. Ensuite, on dit aux allocataires du RSA, vous allez travailler 15 à 20 heures par semaine.

D'abord, il faut trouver toutes ces millions d'heures de travail disponibles, dans le sens où vous n'arrivez pas dans une entreprise, dans une collectivité, sans un minimum de formation, mais aussi sans un minimum de savoir-être. Beaucoup des allocataires du RSA sont très éloignés de l'emploi.

17:26
Locuteur 2

Mais précisément, leur donner une formation, est-ce que ça peut faire partie de la manière de les... Oui,

17:30
Locuteur 1

mais je pense que l'orientation vers laquelle il faut amener ces personnes, elle doit prendre en considération les bassins d'emploi, elle doit prendre en considération les profils. Vous seriez quoi,

17:41
Locuteur 2

vous alors ? L'RSA sans condition ?

17:42
Locuteur 1

Non, le RSA, c'est une allocation pour survivre. D'abord, nous, on chasserait la fraude au RSA, la fraude au RSA qui est importante. Moi, je l'ai vue à Denain lorsque je suis arrivé. On avait mis en place des dispositifs, d'ailleurs à l'époque avec l'État, qui avaient bien fonctionné contre la fraude au RSA. Nous rendrions également aussi le RSA comme une allocation nationale destinée aux Français ou aux étrangers qui ont travaillé cinq ans. Mais rendre national le RSA au bénéfice des nationaux, je pense que c'est une façon déjà de limiter les abus. Vous vous abstiendrez

18:16
Locuteur 2

ou vous voterez contre ?

18:17
Locuteur 1

Ah non, on ne votera pas ce genre de dispositif qui n'est pas efficace.

18:20
Locuteur 2

Mais vous n'avez pas vous contenté de vous abstenir là-dessus ou vous voterez contre ?

18:24
Locuteur 1

Nous voterons contre sur ce type de dispositif parce que c'est inefficace, c'est injuste et ça oublie l'essentiel, faire en sorte que le RSA soit réservé aux Français, la chasse aux fraudeurs et puis des dispositifs qui soient beaucoup plus articulés par bassin d'emploi proche des allocataires plutôt que de dire vous allez aller à coup de pied dans une collectivité ou une entreprise pour faire un métier pour lequel vous n'êtes pas formé. Donc on votera compte, ça ne marche pas, on le sait très bien.

18:49
Locuteur 2

Sébastien Chenu, je le disais, vous êtes vice-président de l'Assemblée nationale, c'est la première fois qu'un député rassemblement national avec cette étiquette atteint ce niveau, vice-président de l'Assemblée nationale, vous allez le rester, vous auriez pu avoir votre poste remis en cause, il semble qu'il y a une forme de consensus désormais pour dire que vous resterez au poste.

19:09
Locuteur 1

Alors je partage cette tâche avec Hélène Laporte, nous sommes deux vice-présidents élus et issus du groupe du Rassemblement national et je crois que l'Assemblée nationale est représentative dans son organisation des grands courants, ce sont les Français qui ont choisi de structurer l'Assemblée telle qu'elle est et donc le bureau de l'Assemblée nationale, sa gouvernance reflète ces grands courants. Donc il est normal qu'à partir du moment où nous représentons des millions de Français, nous assumions des responsabilités également.

19:33
Locuteur 2

Il n'y a pas eu de débat ?

19:35
Locuteur 1

Il n'y a plus de débat ? Non mais il y a eu un débat, il y a des adversaires politiques. Je précise,

19:40
Locuteur 2

le 2 octobre prochain, votre job aurait pu, votre poste aurait pu être remis en cause, ce ne sera pas le cas. Ce ne sera pas le cas et je pense qu'en plus... Vous en avez la garantie ? Oui. Ça veut dire qu'aucun parti ne va demander

19:50
Locuteur 1

à ce que votre poste ne soit remis en cause. Oui, parce que je pense que chacun a pris conscience que nous représentons une force politique, nous représentons aussi une force politique qui s'est, je crois, bien tenue, qui a fait fonctionner les institutions. Je crois que nos collègues parlementaires reconnaissent notre capacité à bien travailler et que ça se voit, que les Français le voient et qu'il n'y a pas de raison de perturber l'Assemblée nationale qui l'est déjà suffisamment.

20:14
Locuteur 2

Et donc c'est pour ça qu'on a une Elisabeth Borne, première ministre, qui hier dit qu'en effet on ne peut pas vous exclure de nos consultations ni de nos institutions. Voilà ces mots. Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée nationale, député Rennes du Nord, merci d'avoir répondu à mes questions. Il est 8h52 sur AMC BFM TV.