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interviewRMC — Face à Face· 9 janvier 2023 21 min

Face à Face : Jordan Bardella - 09/01

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face, à Pauline de Malherbe.

0:08
Jordan Bardella

Il est 8h63 sur RMC et BFM TV. Bonjour Jordan Bardella. Bonjour. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes le président du Rassemblement National, vous êtes député européen. On va parler retraite, on va parler prix d'électricité, pouvoir d'achat, votre lettre au boulanger. Mais aussi on va parler Brésil, Zidane et Houellebecq. Zidane d'abord parce que Noël Legret, le président de la Fédération Française de Football, hier soir sur RMC, a été, on peut le dire, désinvolte, voire méprisant et grossier vis-à-vis de Zinedine Zidane. Au Brésil, s'il n'y va, rien n'a secoué. Et s'il avait essayé de m'appeler, je ne l'aurais pas pris au téléphone.

Est-ce qu'il représente encore à vos yeux la Fédération Française de Football, Noël Legret ?

0:47
Présentateur

Ce sont des propos qui sont particulièrement inélégants, méprisants. Je trouve insultant à l'égard d'un joueur qui est une légende du football, l'histoire du football français, qui est un champion du monde. Et je ne comprends pas ses propos. Je pense qu'elle blesse beaucoup ses propos, en tout cas blesse énormément de supporters. Et probablement que, je l'espère, ses mots ont dépassé sa pensée.

1:09
Locuteur non identifié

Il plaide la maladresse ce matin, ça suffit ?

1:11
Présentateur

Ou la Fédération plaide la maladresse ? Le moins qu'on puisse dire, c'est probablement le Drey de January, c'est peut-être pas son truc.

1:18
Locuteur non identifié

Ah, vous pensez qu'il y a de picole ?

1:20
Présentateur

Je ne sais pas. Ses propos sont hasardeux et j'espère qu'il aura l'occasion de s'excuser. Parce que je pense que ça crée une incompréhension chez beaucoup de supporters du foot. Il faut qu'il s'excuse. Pour vous, il faut qu'il s'excuse. Il faut qu'il s'excuse et il faut peut-être qu'il envisage sa succession.

1:35
Jordan Bardella

De partir plus tôt, de ne pas rester ?

1:38
Présentateur

Vous savez, c'est un peu comme en politique. Il faut savoir se retirer quand on est au top. Et quand, à un moment donné, on sent qu'on décline, il faut savoir se retirer avant qu'il soit trop tard.

1:48
Jordan Bardella

Quand vous avez des joueurs de l'équipe de France, comme Kylian Mbappé, qui le remettent en place en tweetant hier, Zidane, c'est la France, on ne manque pas de respect à la légende comme ça ?

1:57
Présentateur

Il a raison. Alors, on pourra dire que c'est un joueur qui s'élève contre son président, ne manque pas de respect à son président, mais le président manque de respect à une légende du football français. Donc oui, je trouve ses propos particulièrement insultants et injurieux. Et comme tous les Français, tous les amateurs de football, je pense qu'il doit s'excuser, bien sûr.

2:18
Jordan Bardella

Jordan Bardella, j'aimerais bien vous entendre sur les propos de Michel Houellebecq, qui continue à faire beaucoup de bruit. Il s'est exprimé face à Michel Onfray, dans la revue de Michel Onfray, qui s'appelle Front Populaire. Et initialement, il avait dit « Je crois que le souhait de la population française de souche, comme on dit, ce n'est pas que les musulmans s'assimilent, mais qu'ils cessent de les voler et de les agresser, ou bien autre solution qu'ils s'en aillent. » Est-ce que vous avez été choqué par les propos de Michel Houellebecq ?

2:43
Présentateur

Oui, c'est des propos qui sont excessifs, parce que ça revient à mettre à peu près tout le monde dans le même sac. On a un problème en France, avec des Français qui sont nés sur le sol français, mais dont j'ai eu l'occasion de le dire, qui sont d'ici, mais dont l'âme est ailleurs. C'est-à-dire des gens qui, en France, se comportent comme les ressortissants d'États étrangers, de pays étrangers, et qui pourtant sont nés, ont grandi dans les institutions de la République française. Là, on a un problème avec des personnes, effectivement, qui se comportent comme telles. On a un problème également avec l'islam politique et l'islam radical dans notre pays.

Maintenant, il y a en France des Français de confession musulmane, qui sont issus de l'immigration, qui respectent nos lois, qui respectent nos valeurs, qui respectent nos coutumes, et qui doivent continuer à pouvoir vivre en France comme des Français.

3:27
Jordan Bardella

Ce qui vous choque, c'est quoi ? C'est la généralisation qu'il fait ?

3:30
Présentateur

Évidemment, c'est une généralisation qui n'a pas lieu d'être.

3:33
Jordan Bardella

Mais sur le fond, quand il dit « je crois que les Français voudraient que les musulmans non pas s'assimilent, mais cessent de les voler ou de les agresser »,

3:43
Présentateur

Non, les Français souhaitent effectivement que des gens qui arrivent dans notre pays, dans un pays dont la religion majoritaire n'est pas l'islam, s'assimilent et vivent comme nous, c'est-à-dire vivent à la française. Et vous savez, les Français, ils sont extrêmement tolérants. La France est probablement le pays le moins raciste du monde. Ils ne demandent qu'une chose aux étrangers qui arrivent dans le pays et qui arrivent en France, c'est de leur ressembler, c'est de vivre comme eux.

Et c'est de faire cet effort exigeant qui a été fait par des générations entières d'immigrés qui sont arrivés en France dans les années 50 ou 60, c'est-à-dire oublier une partie de leur culture d'origine dans leur pays départ pour se fondre dans la communauté nationale. Je pense qu'être Français, je l'avais rappelé sur votre plateau à l'occasion de la Coupe du Monde, c'est d'abord et avant tout un état d'esprit.

4:24
Jordan Bardella

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris avait envisagé de porter plainte contre Michel Houellebecq avant de se rétracter parce que Michel Houellebecq a dit qu'il atténuait ses propos et notamment des propos sur la guerre civile. Initialement, dans son premier propos, Michel Houellebecq avait dit qu'il pensait que des actes de résistance auraient lieu si les territoires entiers étaient sous contrôle islamique. Aujourd'hui, il atténue, dit-il, en disant « Je ne crois pas finalement que les conditions soient actuellement réunies pour une guerre civile. Il faudrait d'abord que la police ne puisse effectivement plus pénétrer dans certains quartiers. Ce n'est pas le cas.

Ils ont parfois du mal, ils doivent déployer des grands moyens, mais ils y arrivent. » Vous êtes d'accord ?

5:01
Présentateur

Oui, bien sûr. La France, dans un certain nombre de quartiers, a perdu totalement le contrôle. Moi, je suis élu dans un département qu'est la Seine-Saint-Denis où là-bas, il y a d'innombrables cités, d'innombrables quartiers qui sont aujourd'hui sous la coupe des fondamentalistes islamistes ou des trafiquants de drogue et où la police rentre, mais non sans mal. Et lorsqu'elle rentre, elle est attaquée, prise à partie, qui parfois tire dessus avec des cocktails Molotov ou parfois à l'arme lourde. Et il y a beaucoup de gens qui habitent dans ces quartiers depuis très longtemps et qui ont le sentiment de ne plus reconnaître le pays.

5:32
Locuteur non identifié

Et vous diriez que ça pourrait entraîner une forme de liberté ? Il parle de Bataclan à l'envers. C'est les propos de Michel Houellebecq.

5:37
Présentateur

Mais écoutez, au plus haut sommet de l'État, c'est à peu près le même constat qui est fait par les gens qui ont toutes les informations pour le dire. François Hollande, lorsqu'il quitte le pouvoir et qu'il se confie dans « Un président ne devrait pas dire ça » à vos confrères Davé et Lhomme, il dit « Nous sommes aujourd'hui dans un certain nombre de quartiers » il ne dit pas tous les quartiers, dans un certain nombre de quartiers, au bord de la guerre civile.

Tous les patrons, les chefs de la police, les patrons du renseignement qui ont été auditionnés par des commissions d'enquête parlementaires disent « Dans un certain nombre de territoires » aujourd'hui, encore une fois, ils ne généralisent pas, on a des tensions qui sont de plus en plus inquiétantes et qui font penser à des situations de guerre civile. Quand vous regardez les émeutes du Stade de France, quand vous regardez ces policiers qui sont agressés tous les jours au cocktail Molotov ou aux mortiers dans les cités, c'est un autre droit qui s'applique que le droit de la République française. Regardez M.

Collomb, l'ancien ministre de l'Intérieur, qui, toujours au moment de quitter le pouvoir, rappelle que dans un certain nombre de quartiers, on ne vit plus côte à côte, mais face à face. Donc cette réalité, elle existe, elle est là, elle n'est pas une fatalité, et c'est peut-être la divergence que je peux avoir avec Michel Houellebecq, c'est que je considère qu'on peut éviter le pire dans notre société, mais c'est maintenant que les décisions se prennent, et je note qu'en la matière, Emmanuel Macron a eu la main molle, et qu'il y a aujourd'hui d'innombrables quartiers dans lesquels la République française n'a plus de droit de cité.

6:56
Jordan Bardella

Il faudrait envoyer carrément l'armée, Michel Houellebecq il finit en disant, bon, tant que l'armée peut encore y pénétrer, ça me paraît encore acceptable.

7:05
Présentateur

L'armée dans les rues, ça s'appelle la gendarmerie. Il faut donner les ordres à nos forces de l'ordre d'intervenir. Aujourd'hui, les policiers n'ont pas les ordres de rentrer dans un certain nombre de quartiers, et lorsqu'ils rentrent dans les quartiers, qu'ils démantèlent des réseaux de trafic en drogue, les types sont systématiquement remis en liberté, 3, 4, 5, 6 mois plus tard, quand ce n'est pas dans l'heure.

Moi, j'ai grandi dans une cité qui est aujourd'hui aux mains du trafic de drogue, où lorsque vous rentrez, j'ai connu cette période, lorsque vous rentrez, il y a des types à l'entrée qui sont cagoulés, qui trafiquent, qui vendent de la drogue, et qui vérifient que les gens qui rentrent ne soient pas de la police. Donc, cette réalité-là, nous avons peut-être été les premiers d'ailleurs au Rassemblement national à la dire, à la mettre sur la table, quand tout le reste de la classe politique avait les yeux grand-farmé. Et croyez-moi, il y a beaucoup de Français. Il y a beaucoup de Français.

7:46
Jordan Bardella

Vous faites un lien entre les deux ?

7:47
Présentateur

Oui, je pense que... Bien sûr. Écoutez, une grande partie des gens qui passent à l'acte dans notre pays et qui deviennent des djihadistes en puissance ont un passif judiciaire. Et une grande partie d'entre eux se radicalisent aussi en prison parce que la prison est devenue... C'est pas moi qui le dis, d'ailleurs. M. Keppel le dit, est devenu un incubateur de la radicalisation. Mais tant qu'on continuera d'accueillir des centaines de milliers de personnes chaque année dans notre pays, eh bien, effectivement, on ne maîtrisera ni notre identité, ni notre assimilation et on nourrira le terreau du communautarisme qui est lui-même le terreau de l'islamisme et du djihadisme.

8:23
Jordan Bardella

Vous avez peut-être vu, Jordan Bardella, ces images sur les réseaux sociaux d'un jeune qui s'est pris en photo avec un maillot de l'équipe de France flanqué au nom de Mohamed Merah. Qu'est-ce qu'il faut faire ?

8:38
Présentateur

Écoutez, si on nous avait écouté il y a 10 ans, 20 ans, on n'en serait peut-être pas là. Je veux dire, Mohamed Merah a été l'illustration de l'échec de la politique d'intégration et de la politique d'immigration parce que d'aucuns rappelleront qu'il a grandi en France. Mais moi, je rappellerai qu'il a bénéficié du droit du sol et de l'acquisition quasi-automatique de la nationalité française. Donc, nous avons effectivement en France d'innombrables gens qui ont le profil de Mohamed Merah et qui n'ont envie que d'une chose, c'est d'en découdre avec la France.

9:09
Jordan Bardella

D'innombrables personnes qui ont le profil de Mohamed Merah ?

9:12
Présentateur

Bien sûr. Il y a en France 8500 individus qui sont radicalisés, suivis par les services de renseignement et qui ont une fiche S pour radicalisation islamiste. 4500 d'entre eux sont étrangers. Ils devraient être mis dehors et expulsés préventivement du territoire national. Il y a 540 mosquées radicales qui sont encore ouvertes dans notre pays. Ces mosquées-là ne sont pas fermées et il faut maîtriser notre politique d'immigration. On aura l'occasion d'en parler dans le cadre de ce débat qui va avoir lieu avec la loi qui est proposée par le ministre Darmanin. Il y a en moyenne depuis 30 ans une loi tous les 16 mois sur la question de l'immigration. Aucune de ces lois n'a réglé le problème.

Donc, il faut aujourd'hui faire un tournant en matière migratoire et je pense que les Français attendent aujourd'hui que nous reprenions le contrôle et seul le Rassemblement national le propose dans la matière.

9:56
Jordan Bardella

Je précise que sur ce maillot flanqué au nom de Mohamed Mera une enquête pour apologie du terrorisme a été ouverte. Avant de passer aux retraites, un mot sur le Brésil. Les images qui nous sont parvenues cette nuit, des milliers de partisans de Bolsonaro qui ont monté sur le Capitole, le Congrès, le palais présidentiel. 400 arrestations. Il semble qu'il y ait un début de retour au calme ce matin. Vous condamnez ?

10:19
Présentateur

Oui, bien sûr, je les condamne et on a là le résultat d'une démocratie malsaine où en réalité, deux camps ne se considèrent plus comme des adversaires politiques mais comme des ennemis. Ces images font froid dans le dos. Je pense qu'en démocratie, on ne touche pas au lieu de pouvoir et quand on se présente à une élection, que ce soit pour le candidat ou pour ses partisans, il faut en accepter le résultat, il faut accepter le verdict des urnes à la fois quand on gagne mais aussi quand on gagne.

10:42
Jordan Bardella

Mais vous avez toujours été quand même du côté de ceux. Il y a eu Donald Trump, il y a eu ses partisans qui sont montés sur le Capitole à Washington. Vous êtes plutôt du côté de Bolsonaro, c'est lui que vous souteniez. Ses partisans montent sur le palais présidentiel. Vous n'êtes pas trompé de camp ?

10:58
Présentateur

Non mais d'abord, moi je suis français donc permettez-moi de me positionner à chaque fois.

11:02
Jordan Bardella

Vous avez vocation, vous espérez que votre parti arrivera au pouvoir et aura sûrement des échanges internationaux.

11:08
Présentateur

La différence avec Emmanuel Macron c'est que nous on se soucie des intérêts français et on regarde effectivement dans le cadre d'élections présidentielles étrangères quel est le candidat qui, s'il est en poste, serait le moins nocif entre guillemets pour les intérêts français. Il se trouve que Donald Trump a porté une politique qui a fait que... Mais il a aussi attisé. Ils n'y sont pas pour rien Donald Trump et... Il a été le porteur d'un climat, évidemment. Mais je veux dire, ces gens-là ont été élus. Ils ont été choisis par leur peuple respectif.

11:40
Jordan Bardella

Mais ils ont été battus.

11:41
Présentateur

Donald Trump, mais c'est la démocratie. Ils ont été bons en campagne, ils ont été élus, ils ont été moins bons dans l'exercice du mandat, ils ont déçu, ils ont été battus. Vous n'avez pas d'intérêt

11:50
Jordan Bardella

qu'un mouvement de cet ordre-là, il y a eu des moments pendant les manifestations des Gilets jaunes où on a senti que la sécurité du quartier de l'Elysée, par exemple, pouvait être fragilisée. Est-ce que vous vous dites qu'il y a eu ça quand même au Capitole américain, il y a eu ça au palais présidentiel au Brésil ? Est-ce que ce genre d'attitude pourrait arriver en France ?

12:12
Présentateur

Je ne le crois pas. Je ne le crois pas parce que je crois qu'il n'y a pas aujourd'hui dans la vie politique française, sans préjuger, évidemment, de ce qu'il adviendra dans 10, 20 ou 30 ans, des camps qui se considèrent comme des ennemis. J'ai des désaccords avec Emmanuel Macron, mais je ne considère pas Emmanuel Macron comme un ennemi. Je le considère comme un adversaire politique. J'ai des désaccords politiques avec lui.

Nous les exposons dans la campagne, mais il est clair aujourd'hui que toutes les catégories de notre société et toutes les professions ont en réalité, aujourd'hui, et c'est peut-être là le danger de cette accumulation de crise et de cette coagulation des colères, un motif pour, légitime ou non, pour descendre dans la rue et pour exprimer une colère à l'égard du gouvernement. Précisément,

12:56
Jordan Bardella

vous veniez d'évoquer la guerre civile, parlons de la mobilisation des retraites. La mobilisation des retraites. 64 ans, 43 annuités, c'est ce qui devrait ressortir de la déclaration d'Elisabeth Borne demain. Est-ce qu'il faut manifester contre ce projet ? Vous êtes contre politiquement, est-ce que vous iriez dans la rue ?

13:15
Présentateur

Moi, je suis à la tête d'un mouvement politique qui est le premier groupe d'opposition à l'Assemblée nationale, le Rassemblement national. Donc, nous allons mener l'opposition à ce projet de loi. Nous allons mener l'opposition à ce projet de loi. D'abord, parce que je considère que ce projet de loi est injuste. Il est injuste pour 64% des Français. C'est ce qui ressort du sondage Elab qui a été diffusé par BFMTV. Il est surtout injuste parce que beaucoup de Français ont le sentiment qu'Emmanuel Macron est aujourd'hui en train de mener une guerre sociale au peuple français. Cette réforme, d'abord, elle ne se justifie pas économiquement. Le système des retraites n'est pas en péril.

C'est un mensonge. C'est un mensonge.

13:48
Locuteur non identifié

Ça dépend d'où vous placez.

13:49
Présentateur

Le rapport du Conseil d'orientation des retraites, il nous dit une chose très claire.

13:52
Jordan Bardella

Il dit quand même qu'on va passer en déficit. Certains voient le verre à moitié plein, d'autres à moitié vide.

13:57
Présentateur

Non, mais il y a différents scénarios qui sont testés par le Conseil d'orientation des retraites. En tout cas, vous n'êtes pas d'accord

14:02
Jordan Bardella

sur l'idée qu'il faut absolument...

14:03
Présentateur

qu'il y a 14%, 14% c'est la part des dépenses des retraites dans le PIB. En 2022, en 2070, on sera peu ou prou, 50 ans plus tard, à 14% de dépenses du PIB, c'est-à-dire à peu près à la même chose. La question qu'on doit se poser, c'est, ce sont ces 10 milliards d'euros de déficit dans le système de retraite français et est-ce qu'on accepte de consacrer 10 milliards d'euros par an de déficit pour sauver le système des retraites ? Et vous vous dites oui. On sait que repousser... Moi, je dis que la retraite, ce n'est pas de la comptabilité, comme le conseil a le gouvernement, c'est un choix de société.

Et je pense qu'aujourd'hui, il y a d'innombrables Français qui nous écoutent ce matin, qui se demandent comment est-ce qu'ils vont faire aujourd'hui pour travailler jusqu'à ne serait-ce que 62 ans et pas seulement 64 ans. Regardez la génération de mes parents. Mes parents sont nés respectivement en 62 et en 68. Ils ont pris là, en une décennie, 4 années de travail supplémentaires. Et compte tenu de la difficulté de leur travail, ils se demandent aujourd'hui comment est-ce qu'ils vont faire pour travailler ne serait-ce que jusqu'à 62 ans. On sait très bien que de repousser l'âge de départ à la retraite...

15:03
Jordan Bardella

La pénibilité et les carrières longues devraient être prises en compte. Vous n'y croyez pas, visiblement.

15:05
Présentateur

Mais bien sûr que je n'y crois pas. Emmanuel Macron est l'homme qui a retiré 4 des 10 critères de pénibilité qui sont notamment pris en compte depuis 2015 dans ce fameux compte de prévention de la pénibilité. La manutention a été retirée. L'exposition aux produits chimiques a été retirée. Donc, on voit bien que c'est là. Si vous voulez, c'est le système de retraite à la schlag. C'est une brutalité inouïe pour des millions de gens. On sait très bien que de repousser l'âge de départ à la retraite va entraîner un effort supplémentaire qui va poser sur les plus modestes. On sait que les gens qui travaillent dans des bureaux commencent à travailler 24-25 ans spontanément plus tard.

Si je suis en termine sur le rapport du corps, en vérité, le corps nous dit quoi ? Que d'augmenter l'âge de départ

15:47
Locuteur non identifié

à la retraite

15:49
Présentateur

pourrait augmenter les dépenses sociales de la France de 5 milliards d'euros par an pour une raison très simple. C'est que 42% des gens qui arrivent à la retraite sont aujourd'hui au chômage. Donc, repousser l'âge de départ à la retraite, ça revient à faire travailler plus longtemps des chômeurs. Donc, le gouvernement cherche quelques milliards d'euros d'économie pour financer une faillite économique qu'il n'arrive plus lui-même à maîtriser et qu'ils ont eux-mêmes organisé.

16:15
Jordan Bardella

Votre réponse à vous, ORN, c'est votre forme de réforme à vous dans votre programme présidentiel. Vous dites retraite à 60 ans pour les personnes entrées dans la vie active entre 17 ans et 20 ans. Mais vous précisez aussi que si on est rentré à partir de 25 ans, il faudra 42 annuités minimum. Ça veut dire 67 ans.

16:33
Présentateur

Évidemment. Si vous commencez à travailler à 25 ans, vous allez partir un peu plus tard et notamment à taux plein à partir de 67 ans. Mais en réalité, notre réforme, c'est la plus efficace économiquement et la plus juste socialement. Si je vous écoute,

16:46
Jordan Bardella

vous êtes tous plus efficaces,

16:47
Présentateur

plus justes. Oui, bon, ça c'est... Vous recevez les responsabilités politiques tous les matins. Dites-moi comment ça marche. C'est un peu le jeu. Mais je vais vous prouver pourquoi est-ce que la nôtre, c'est la plus juste. Parce qu'en fait, c'est la plus progressive. C'est-à-dire qu'on considère qu'entre 17 et 20 ans, il n'y a pas le système d'usine à gaz, du compte de prévention du C2P qui est le compte de la pénibilité qui a bénéficié, je vous le rappelle, dispositif carrière longue, à 15 000 personnes depuis 2015 alors qu'il y a 700 000 personnes qui arrivent à la retraite chaque année. Nous, entre 17 et 20 ans, vous partirez à 60 ans avec 40 annuités. Il n'y a pas de débat.

C'est simple, c'est clair, c'est efficace. Il n'y a pas de mensonge et vous le savez, dès le départ, ce qui va inciter aussi beaucoup de jeunes à rentrer beaucoup plus tôt sur le marché du travail. Et au-delà, vous avez raison, il y a une progressivité qui se met en place et qui va jusqu'à un âge de départ légal de 62 ans et de 42 annuités. Donc effectivement, si vous partez, vous commencez à travailler à 25 ans, vous partiez un peu plus tard. Mais juste quand on commence tôt, on fait un métier difficile, on fait un métier de force, on fait un métier où son corps est exposé.

Eh bien oui, on doit pouvoir partir à la retraite le plus tôt possible parce qu'on a le droit d'arriver à la retraite, si vous voulez, à un âge décent où on peut profiter de la vie en bonne santé sans avoir le dos cassé ou le bras cassé et ça coûte 10 milliards d'euros.

17:56
Jordan Bardella

Donc vous restez sur 60 ans. En revanche, le combat, il sera à l'Assemblée. Vous ne soutiendrez pas les manifestations.

18:02
Présentateur

Mais manifestations organisées par qui ? Par la France Insoumise qui a fait élire Emmanuel Macron ? Non, par les syndicats. Qui a appelé à voter Emmanuel Macron mais les syndicats ils ont appelé à voter pour qui au second tour de l'élection présidentielle ? Les syndicats ?

18:13
Jordan Bardella

Vous pensez qu'ils soutiennent Emmanuel Macron ? Ils sont complices d'Emmanuel Macron ?

18:16
Présentateur

Ils ont appelé à voter pour Emmanuel Macron. Donc ils sont évidemment les complices du saccage social, de la guerre sociale qui est en train de mener Emmanuel Macron au peuple français. Quand on est cohérent, on ne va pas se vendre à Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle. Donc en fait,

18:28
Jordan Bardella

ils auraient dû... En fait, vous, il faut vous acheter. Il faut dire on veut voter pour vous et ensuite vous soutez. Là, vous êtes d'accord avec leur combat mais parce qu'ils ont dit au second tour qu'il fallait mieux voter Macron que Marine Le Pen,

18:37
Présentateur

vous laissez... Oui, moi, je suis attaché à la constance en politique. Et les gens qui changent d'avis tous les quatre matins

18:43
Jordan Bardella

et qui choisissent le bourreau,

18:48
Présentateur

oui, j'ai des désaccords avec eux et je pense que cela discrédite totalement leur combat. Il n'en reste pas moins que dans les syndicats, il y a beaucoup de gens qui probablement ont voté pour Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle. Dans les allérents, vous voulez dire... Exactement. En revanche, une question. Les LR, ils vont faire quoi ? Parce qu'en vérité, ils vont voter pour parce qu'ils sont assez d'accord. Non, mais c'est très intéressant. Est-ce que les Républicains, le parti Les Républicains va cesser à un moment donné d'être la béquille du gouvernement d'Emmanuel Macron ? Moi, je leur pose la question.

Ils ont là l'occasion de voter les éventuelles motions de censure et de montrer qu'ils sont dans l'opposition à Emmanuel Macron. S'ils votent la réforme des retraites...

19:24
Jordan Bardella

S'il n'y a pas de 49.3, vous ferez quand même une motion de censure ?

19:26
Présentateur

Ils nous feront des motions... On verra l'état du débat, mais probablement qu'on fera une motion de censure. Et à ce moment-là, le vote des Républicains sera déterminant. En vérité, ce sont les LR qui ont entre les mains l'issue de cette réforme des retraites. Donc, est-ce que les LR vont se vendre une fois plus à Emmanuel Macron ? Oui, mais vous disiez que vous reprochez aux gens

19:39
Jordan Bardella

de changer d'idée tous les quatre matins. Là, au moins, vous ne pourrez pas leur reprocher d'être incohérents.

19:44
Présentateur

Mais le problème, c'est qu'ils votent tout ce que vote Emmanuel Macron. Donc, si vous voulez, à un moment donné, ça pose question. Sont-ils dans la majorité ou dans l'opposition ? Est-ce qu'ils vont être courageux ou est-ce qu'ils vont ad vitam aeternam au risque de mourir, rester la béquille du gouvernement ?

19:56
Jordan Bardella

Jordan Bardella, le groupe Indochine refuse de jouer à Perpignan tant qu'il y aura un maire Rassemblement National, en l'occurrence Louis Alliot. D'autres artistes pourraient également refuser comme eux ce festival qui a donc été déplacé pour des raisons d'organisation à Perpignan. Qu'est-ce que vous leur dites ?

20:12
Présentateur

Que c'est profondément sectaire et irrespectueux pour les milliers de leurs fans qui probablement sont des électeurs aussi du Rassemblement National. Moi, je vais vous dire, je suis allé à un seul concert dans ma vie, au concert d'Indochine à l'accord Hôtel Arena il y a quelques années. Et je ne sais pas s'ils vont être contents, mais qu'ils soient un peu respectueux. Quand on est artiste, on ne fait pas de la politique. On ne trie pas les gens qui viennent à ces concerts en fonction de leur opinion politique. Et cette attitude... Quand Welbeck fait de la politique,

20:38
Jordan Bardella

ça vous va, mais quand Indochine fait de la politique, vous n'êtes pas d'accord. Ça dépend des artistes.

20:41
Présentateur

Welbeck est un écrivain. Non mais, Welbeck, quand il vend ses bouquins, il y a des journalistes qui achètent son bouquin qui ne votent pas forcément pour le Rassemblement National. Il y a des électeurs du Rennes. Je veux dire, quand on est artiste, on ne se pose pas la question d'à qui on vend ses bouquins. Donc, c'est une attitude qui est totalement discriminatoire et que je trouve honteuse. Perpignan est une ville de 121 000 habitants et il y a probablement parmi ces 121 000 habitants des gens qui aiment Indochine.

Donc, ce que je souhaiterais, c'est que ces artistes-là qui ont fait beaucoup d'argent sur la générosité du peuple français soient beaucoup plus respectueux des opinions politiques qui sont des opinions privées.

21:17
Jordan Bardella

Jordan Bardella, président du Rassemblement National. Merci d'être venu sur AMCB FM TV.