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Podcast / conversationFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 13 août 2026 41 minComplaisantDivertissementTransportsCulture, médias & sportNumérique

Loisirs : peut-on encore improviser ?

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 22 %Défensif 51 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Depuis quand nos vacances s'organisent-elles sur un tableau Excel ?

  • 1:48OuverteRéponse directe

    Expliquez-nous pourquoi ça vous rassure de prévoir.

  • 3:09OuverteRéponse directe

    Pourquoi on ne peut pas avoir le choix entre s'y prendre à l'avance et rester dans l'envie du moment ?

  • 3:48OuverteRéponse directe

    Vous avez un petit exemple à nous donner ?

  • 5:24OuverteRéponse directe

    Pour ceux qui aiment réserver, ils peuvent le faire. Et pour ceux qui aiment improviser, il y a encore des places disponibles.

  • 6:14OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on sait de quand ça date en fait, cette injonction à réserver, ce problème de jauge ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:28PrésentateurFait
    « Réserver le transport des mois avant le voyage pour bénéficier des meilleurs tarifs »
  • 0:38PrésentateurFait
    « obtenir le QR code nécessaire pour découvrir un site naturel qui instaure des quotas »
  • 2:55InvitéFait
    « il y a de plus en plus de monde dans les lieux culturels. Donc il faut réguler les flux »
  • 3:26InvitéFait
    « la réservation en ligne, nous on peut le faire, mais il y a plein de gens qui ne peuvent pas le faire. C'est assez discriminant »
  • 4:15InvitéFait
    « il pourrait y avoir une jauge pour le nombre de réservations à l'avance et une jauge sur place pour le jour même »
  • 6:27InvitéFait
    « Oui, je pense qu'il y a eu un bouleversement au moment du Covid »
  • 7:51InvitéFait
    « il y a en gros deux profils. Il y a ceux qui vont les préparer longtemps à l'avance »
  • 8:51InvitéFait
    « Ceux qui sont plus dans l'improvisation sont quand même, globalement, plus des célibataires, ou des couples qui n'ont pas d'enfants, plus jeunes, et qui sont relativement flexibles »
  • 9:14InvitéFait
    « J'ai même fait un épisode où je suis arrivé à l'aéroport sans avoir décidé dans quel pays je partais »
  • 10:16InvitéFait
    « Moi, quand je partais en vacances avec ma fille, on disait, bon, on va partir tel jour. Elle avait 8-9 ans, ou même, enfin bref. Et je prenais la route »
  • 14:06InvitéChiffre
    « 29% des gens partent parce que Tata, Tonton, une copine nous a dit « Là, c'est super, voilà, tiens, on va partir » »
  • 15:50InvitéFait
    « c'est une réponse à ce que moi, je trouve effectivement une tendance de notre société en général, pas spécifiquement dans le tourisme, et on n'a pas prononcé le mot magique de cette année, c'est l'intelligence artificielle »
  • 22:14InvitéChiffre
    « les dernières minutes c'est 18% des touristes en général. C'est à peu près sur ces stades qu'on est »
  • 22:23InvitéChiffre
    « un séjour sur deux qui est réservé un mois avant de partir »
  • 25:57InvitéChiffre
    « on est à plus de 70% de billets réservés en ligne »

Temps de parole

  • Présentateur24 %
  • Invité18 %
  • Invité 217 %
  • Invité 313 %
  • Invité 413 %
  • Invité 55 %
  • Invité 65 %
  • Invité 73 %
  • Invité 82 %

≈ 1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, il est 19h17, tout de suite on retrouve le téléphone sonne. Bonsoir Cécile Bideau. Merci Céline et bonsoir à tous, nous sommes ensemble jusqu'à 20h. Depuis quand nos vacances s'organisent-elles sur un tableau Excel ? J'exagère volontairement mais quand on y pense, c'est presque devenu un vrai travail de planification.

Réserver le transport des mois avant le voyage pour bénéficier des meilleurs tarifs, bloquer sa location d'une année sur l'autre pour être sûr qu'elle soit disponible, obtenir le QR code nécessaire pour découvrir un site naturel qui instaure des quotas, choisir un créneau horaire pour visiter un musée, sans oublier la réservation au restaurant sans laquelle on vous accueille de plus en plus rarement à bras ouverts. Ce soir, nous avions envie de nous interroger sur ce paradoxe. Nos temps de vacances et de loisirs ont normalement pour objectif de nous détendre, d'alléger notre charge mentale et en fait, plus ça va, plus nous nous mettons la pression pour que tout soit tiré au cordeau.

D'ailleurs, ce ne sont pas seulement les vacances et les voyages qui sont concernés. Désormais, certains concerts se réservent un an à l'avance. Pour aller au cinéma, on choisit son siège sur des applications. Même pour acheter des baskets à la mode, il faut passer une précommande sur Internet. Avons-nous vraiment le choix ? Où est-ce la société qui nous impose ses modes de vie ? Cette société ultra connectée qui ne supporte plus l'imprévu. D'ailleurs, quand êtes-vous passé la dernière fois à l'improviste chez un ami ? Venez discuter avec nous, dites-nous si vous arrivez encore à vous laisser surprendre par l'inattendu. Vous êtes un angoissé de l'organisation.

Expliquez-nous pourquoi ça vous rassure de prévoir. Ce soir, comme tous les soirs, au Téléphone Son, c'est vous qui improvisez l'émission en direct. 01 45 24 7000. Un appel, un message sur WhatsApp. Vous pouvez aussi nous écrire sur l'application Radio France.

2:04
Locuteur non identifié

Le Téléphone Son. 01 45 24 7000.

2:08
Présentateur

Et pour commencer cette conversation, nous sommes avec Aurélia qui nous appelle de Paris. Bonsoir.

2:14
Invité

Oui, bonsoir. C'est marrant, votre thème nous a particulièrement parlé parce qu'on n'est pas du tout du genre à nous y prendre à l'avance pour toutes les sorties qu'on fait. Tout simplement parce que savoir à l'avance dans quel état d'esprit on va être, dans quelle forme, on ne sait pas, ni une semaine et encore moins trois mois avant. Et puis tout simplement parce qu'on aime bien aussi laisser de l'imprévu dans l'objet qui nous a apporté beaucoup de belles surprises jusqu'à présent. Et pour autant, on ne va pas demander à tout le monde de fonctionner comme nous. Donc il y a des gens, pour plusieurs raisons, qui ont besoin de s'organiser, de planifier.

Et tout simplement aussi qu'effectivement, il y a de plus en plus de monde dans les lieux culturels. Donc il faut réguler les flux et tout ça. Ça, on comprend bien. Donc en fait, ma question, c'est pourquoi on ne peut pas avoir le choix entre s'y prendre à l'avance et rester dans l'envie du moment. Pourquoi à une époque, il y avait possibilité de, soit de réserver en ligne ou pas en ligne d'ailleurs, ou de se présenter spontanément. Et c'est de moins en moins le cas aujourd'hui. Et en plus, la réservation en ligne, nous on peut le faire, mais il y a plein de gens qui ne peuvent pas le faire. C'est assez discriminant, je trouve.

Et en plus, ça demande de créer un compte pour chaque endroit, de donner ses données personnelles, etc.

3:39
Présentateur

Vous avez dit déjà beaucoup de choses, Aurélia, pour ouvrir cette émission. Vous disiez, improviser et se laisser porter, ça nous a réservé de belles surprises. Vous avez un petit exemple à nous donner ?

3:51
Invité

Tout simplement que si on prévoit une sortie longtemps à l'avance et que quelque chose se produit dans notre vie et qu'on a été bloqué par la sortie, on ne peut pas rester sur ce qui se présentait. Et puis, tout simplement aussi, en passant devant un lieu culturel, on se dit, ah bah tiens, il y a ça, ça nous intéresse là tout de suite maintenant et qu'on ait envie de le faire et on aimerait que ce soit possible de le faire. Tant qu'on comprend bien l'histoire des jauges, etc. Mais il pourrait y avoir une jauge pour le nombre de réservations à l'avance et une jauge sur place pour le jour même. Et c'est le cas dans certains endroits, mais ça arrive de moins en moins souvent.

4:25
Présentateur

Merci beaucoup Aurélia de votre appel. Je vous présente les invités qui vont tout de suite réagir à votre témoignage. Autour de la table, il y a Christelle Chassagne. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes la présidente du comité régional de tourisme de Nouvelle-Aquitaine, également la nouvelle présidente d'ADN Tourisme, la Fédération nationale qui regroupe plus d'un millier de structures institutionnelles du tourisme en France. Il y a aussi Rémi Oudguiri. Bonsoir.

4:50
Invité

Bonsoir.

4:50
Présentateur

Vous êtes sociologue, directeur de l'Institut Sociovision, l'une des branches de l'IFOP. Vous êtes également écrivain et avez notamment publié Microvoyage. Vous nous expliquerez. Et puis à distance depuis Biarritz, Antoine de Maximi, bonsoir.

5:05
Invité

Bonsoir.

5:06
Présentateur

Et même de loin, je vois votre chemise rouge. Vous êtes le présentateur et le réalisateur de l'émission J'irai dormir chez vous sur RNC Découverte. Ça fait 20 ans, plus de 20 ans je crois que vous parcourez le monde. 23. Oui, sans rien prévoir, tout seul, et que vous dormez chez les gens que vous rencontrez. Christelle Chassagne, vous avez entendu Aurélia. Pourquoi est-ce que ce n'est pas possible d'avoir en gros les deux intentions ? Pour ceux qui aiment réserver, ils peuvent le faire. Et pour ceux qui aiment improviser, il y a encore des places disponibles.

5:34
Invité

Il y a de la place pour tout et surtout pour l'imprévu. Après, on est effectivement face aujourd'hui à des problématiques qui sont contemporaines de jauge, de problèmes de jauge, de problèmes aussi de surfréquentation à certains moments. On a un invité qui est à Biarritz. Parfois, il y a des endroits où c'est surfréquenté. Donc, la réservation en ligne permet aussi de pallier à ces sujets. Mais oui, aujourd'hui, on peut encore être spontané. Simplement, notre spontanéité, elle a peut-être changé. Parce que nous avons les moyens aussi de prévoir en partie, de sécuriser une partie de notre voyage et de nos choix de séjour et d'expérience.

6:14
Présentateur

Mais Rémi Oudguiri, est-ce qu'on sait de quand ça date en fait, cette injonction à réserver, ce problème de jauge ? C'est vrai que je pense au Covid, notamment à la sortie des confinements, où il ne fallait pas être trop nombreux dans les lieux. Est-ce que c'est ça la bascule ?

6:27
Invité

Oui, je pense qu'il y a eu un bouleversement au moment du Covid, mais en fait, ça s'inscrit dans une logique de numérisation de nos comportements, qui effectivement, comme vous l'avez rappelé, concerne tous les domaines de la vie aujourd'hui. Et ça répond à la fois à des normes de sécurité, parce que pendant le Covid, c'était ça, c'était assurer la sécurité. C'est aussi sécuriser les lieux. Donc, plus on peut prévoir à l'avance ce qui vient, contrôler, etc., plus on se sent en sécurité, on met en sécurité les gens qui viennent. Et puis, c'est une habitude que les nouvelles générations, finalement, adoptent sans esprit critique, nécessairement.

Avec à l'arrivée, effectivement, et on l'a tous pu le constater, je ne sais pas si vous avez fait cette expérience, de revenir dans votre école de l'enfance ou votre lycée, et vous ne pouvez plus rentrer. C'est terminé, vous n'avez pas une carte, vous n'avez pas réservé à la barre, vous n'avez pas appelé, etc. Et beaucoup de situations de notre vie sont dans cette espèce de piège que nous avons créé nous-mêmes et qui nous empêchent de plus en plus de vivre quand même ce qui est la plus belle chose de la vie, c'est-à-dire, à un moment donné, de se dire, tiens, je vais aller voir ce beau coucher de soleil, ce beau spectacle, ce beau musée. Souvent, c'est impossible.

7:35
Présentateur

Et d'ailleurs, est-ce qu'il existe un profil de ceux qui improvisent le plus ou le moins ? Parce que, finalement, on a tendance à penser que les jeunes improvisent davantage, je crois que ce n'est pas tout à fait vrai.

7:43
Invité

Alors, en fait, si vous voulez, dans les études qu'on fait sur les gens qui vont préparer leurs vacances, il y a en gros deux profils. Il y a ceux qui vont les préparer longtemps à l'avance, donc qui, justement, sont conscients de tout ce qu'on vient de dire, c'est-à-dire que pour avoir les meilleurs prix, les meilleures places, les meilleurs hébergements, pour être sûr de ne pas rater le spectacle le jour J, il faut être très, très, très anticipateur. Et ça, c'est quand même la majorité, aujourd'hui, de ceux qui vont en vacances, parce qu'il y a ceux aussi qui ne partent pas en vacances.

Et puis, il y a une partie non négligeable de gens, alors c'est plutôt des jeunes quand même, qui, eux, attendent quand même le dernier moment, la dernière semaine, alors pour des tas de raisons, mais quand on regarde, une des raisons essentielles, c'est quand même que ça revient moins cher. Sauf que pour faire ça, il faut abdiquer sur un certain nombre de choses. C'est-à-dire qu'il faut se dire qu'on n'ira peut-être pas là où on aurait rêvé d'aller, mais c'est l'imprévu. On ne fera pas tout ce qu'on voudra faire, parce qu'une fois sur place, les places seront déjà prises.

Et ça, si vous voulez, ceux qui préparent à l'avance, c'est souvent quand même les familles avec des enfants, et donc qui ont des contraintes d'hébergement, et qui ont besoin d'un certain nombre d'exigences. Ceux qui sont plus dans l'improvisation sont quand même, globalement, plus des célibataires, ou des couples qui n'ont pas d'enfants, plus jeunes, et qui sont relativement flexibles. C'est en gros les tendances.

9:00
Présentateur

Antoine de Maximi, pour ceux qui connaissent votre émission, on a l'impression que vous ne préparez rien, vous ne savez même pas où vous allez dormir, etc. Est-ce qu'il y a quand même des choses que vous organisez un minimum à l'avance ?

9:12
Invité

Oh, pas vraiment, non. J'ai même fait un épisode où je suis arrivé à l'aéroport sans avoir décidé dans quel pays je partais.

9:20
Présentateur

Ah oui, et alors ça s'est terminé comment ?

9:22
Invité

Ça s'est terminé en Grèce, parce que j'avais dit que je voulais partir le jour même, qu'il était 16h, que je voulais moins de 4h de vol, que je n'avais pas de visa, enfin bref. Et non, non, je ne prévois pas, je ne prépare pas, c'est un principe et ça a un sens. C'est-à-dire que même quand on part en vacances, si tu dis que tu veux aller voir Pierre, Paul et Jacques, tu vas voir Pierre, et puis au bout de quelques jours, tu te dis, « Ah, il faut que j'aille voir Paul. » Et même si tu es très bien, tu t'es déjà donné une espèce de petit planning.

Et ça, c'est vraiment à éviter, de mon point de vue, parce que moi, je ne cherche pas à convaincre personne, mais rien que de se promener comme ça, au lieu de regarder là où tu vas aller, tu regardes sur les côtés. Et c'est moi comme ça, c'est comme ça que je rencontre des gens qui sortent de l'ordinaire très souvent, parce que je ne vais pas à un endroit précis.

10:12
Présentateur

Et vous avez toujours été comme ça ?

10:15
Invité

Ah, beaucoup. D'ailleurs, on parlait de vacances. Moi, quand je partais en vacances avec ma fille, on disait, bon, on va partir tel jour. Elle avait 8-9 ans, ou même, enfin bref. Et je prenais la route, et puis j'ai plein de copains partout en France, et c'est sur la route que j'appelais les uns ou les autres, quand je n'étais pas trop loin, en leur disant que je n'étais pas loin, est-ce que je pouvais passer ? Et comme ça, tu arrives toujours au moment où le gars, ça lui fait plaisir. Parce que si ça ne lui fait pas plaisir, il dit que ça ne l'arrange pas, peut-être qu'on appelle un autre.

10:43
Présentateur

Et vous vous sentez un petit peu seul, peut-être, à être dans cet état d'esprit ? Est-ce que parfois, on vous regarde quand même avec des gros yeux ? Non, c'est une grande liberté. On le disait à l'instant, de plus en plus de gens prévoient, planifient, donc vous, vous êtes à contre-courant.

10:57
Invité

Oui, mais je ne me sens pas seul, au contraire, je me sens libre et surtout… En fait, ce qui a été dit tout à l'heure est juste, c'est-à-dire que si tu veux improviser, à ce moment-là, il ne faut pas avoir des idées arrêtées. Il faut que tu sois prêt à faire, tu ne sais pas ce que tu vas faire. Et très souvent, c'est là que la mayonnaise prend le mieux, que tu fais des rencontres étonnantes, c'est comme ça. C'est un peu comme les soirées. C'est toujours celles qui ne sont pas prévues, qui sont les meilleurs. Ce sont parfois nos meilleurs souvenirs.

Donc, il faut peut-être aussi se dire que dans le voyage, il faut accepter aussi le vide, se laisser du temps et peut-être que ce sera moins instagrammable, peut-être que ce ne sera pas ce qu'on avait prévu et pour autant, ce sera un de nos meilleurs souvenirs. Et ça, c'est un vrai sujet, de se laisser cet espace de liberté, de prendre la direction, autre direction, pendant le voyage.

11:50
Présentateur

Lorenzo nous attend au Standard de France Inter. Vous nous appelez de la Vienne. Bonsoir. Bonsoir.

11:56
Invité

Merci d'avoir fait une émission sur ce sujet qui me semble un sujet d'actualité très, très important, un sujet de société. Voilà. Donc, mon avis sur cette histoire de la réservation pour toute chose, c'est que c'est avant tout un phénomène qui est liberticide, qui a tendance à nourrir, évidemment, toute la masse de données informatiques qu'on laisse derrière et qui sont réutilisées, réutilisées, etc. Et pour le comportement humain, ça vient complètement contre notre nature qui est effectivement, instinctivement, d'improviser, de nous adapter.

Et comme ça a été dit très précédemment, avec beaucoup de justesse par Antoine de Maximi, c'est le plaisir aussi de dire, tiens, je vais faire ça à tel moment, sans l'avoir programmé des semaines à l'avance. On peut y penser la veille, on peut y penser dans l'heure même. Et je ne vois pas pourquoi ça deviendrait une sorte d'obligation, alors que plus le temps passe, depuis une vingtaine d'années, plus on est non seulement dans l'injonction, mais dans l'obligation de nous plier. Donc, on n'a plus la liberté de mouvement. Il faut être objectif. On n'a plus la liberté de mouvement et de décision qu'on avait il n'y a que 20 ans, par exemple.

13:11
Présentateur

Merci beaucoup, Lorenzo, pour votre remarque. Christelle Chassagne, liberticide, l'homo est fort. Est-ce que les professionnels du tourisme que vous connaissez bien ont l'impression d'être liberticide ?

13:22
Invité

Non, absolument pas. Et je travaille avec tous les offices de tourisme, enfin, tous les niveaux institutionnels du tourisme qui sont là pour répandre, répandre, répandre le bonheur, mais répondre aux besoins. Et typiquement, eux sont capables de vous faire du sur-mesure. C'est vraiment les gens qui sont sur les territoires qui vont écouter vos attentes, vos besoins.

13:44
Présentateur

Mais est-ce qu'ils sont demandeurs d'anticipation pour eux-mêmes mieux se préparer ?

13:48
Invité

Non, pas vraiment. En fait, je crois que ceux qui sont vraiment sur les territoires sont les mieux placés pour répondre à la demande. J'entends le mot liberticide, il est fort, c'est clair, mais c'est peut-être nous-mêmes qui nous imposons cela. Aujourd'hui, quand on décide de partir en voyage, la plupart du temps, 29% des gens partent parce que Tata, Tonton, une copine nous a dit « Là, c'est super, voilà, tiens, on va partir. » C'est comme ça que commence le voyage. Mais regardons comment on fait. On va prendre notre téléphone ou un PC, on va aller chercher.

On n'est pas parti que parfois, si on n'est pas un répiteur, c'est-à-dire si on n'est pas déjà venu, on connaît déjà tout tellement on a été abreuvé d'images, de propositions. Vos téléphones vous écoutent, vous allez avoir les publications sur Insta qui vont aller dans ce sens. Et effectivement, c'est dans ce sens-là où on se sent complètement prisonnier parce qu'on devient quelque part consommateur inconscient. On est tellement aspergé de tout cela qu'il est difficile de prendre du recul même quand vous êtes une bonne âme.

14:49
Présentateur

Alors comment on contourne ça ? Rémi Audeguéry, vous pratiquez le micro-voyage. Expliquez-nous de quoi il s'agit.

14:54
Invité

Oui, c'est vrai que le micro-voyage le pense vraiment comme une alternative, c'est-à-dire comme une redécouverte de ce qui est autour de nous. Le micro-voyage, c'est l'inverse du grand voyage, c'est-à-dire que ça part de l'idée qu'il n'est pas besoin d'aller loin pour découvrir des choses très belles, des choses qui sortent de l'ordinaire, des choses qui vont vous émouvoir.

Et donc, moi, je fais l'apologie d'un voyage qui s'inscrit dans le tourisme de proximité et qui invite chacun à redécouvrir soit son quartier, soit sa région, soit la région d'à côté, sans se donner trop de contraintes parce que l'avantage du micro-voyage, c'est qu'il demande peu de moyens, relativement peu de moyens financiers. Soit vous partez en marchant, soit vous prenez votre voiture, le train, mais ça reste dans un périmètre relativement restreint. Et surtout, il n'y a pas toutes ces contraintes d'assurance, de passeport, de visa, de bagage, etc., etc., etc.

Et puis, toutes ces contraintes dont on vient de parler, ce qui fait qu'on parlait de Liberty City, c'est une réponse à ce que moi, je trouve effectivement une tendance de notre société en général, pas spécifiquement dans le tourisme, et on n'a pas prononcé le mot magique de cette année, c'est l'intelligence artificielle, mais c'est vrai que l'intelligence artificielle va nous propulser encore davantage dans cette espèce de programmation de nos vies.

16:08
Présentateur

Et nous propulse un peu tous au même endroit en plus. Et voilà, à l'arrivée, on est tous des robots

16:12
Invité

qui suivent les mêmes chemins. Il faut absolument rompre avec ça et je pense que déjà, il faut ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure et plutôt que d'aller à l'autre bout de la planète, chercher quelque chose qui existe déjà et où tout le monde se trouve, commencez par explorer ce qui est tout au-delà de vous.

16:29
Présentateur

Xavier nous appelle de Rennes, bonsoir.

16:32
Invité

Oui, bonsoir.

16:33
Présentateur

Alors vous, vous êtes adepte des fichiers Excel, me dit-on.

16:37
Invité

Exactement, moi ça fait 15 ans que je fais des fichiers Excel pour organiser nos vacances en famille.

16:42
Présentateur

Donc j'ai pas tant exagéré que ça dans mon introduction. Comment ? J'ai pas tant exagéré que ça dans mon introduction parce que je disais que j'exagérais un peu en parlant de fichiers Excel mais c'est votre cas.

16:52
Invité

C'est ça, c'est ça, quand vous avez fait l'introduction, je me suis dit pourquoi elle parle de moi, c'est pas normal. Et donc pourquoi ? Alors déjà, pour organiser et après je suis un garçon plutôt stressé qui aime bien savoir comment ça va se passer et donc j'organise ça effectivement à la demi-journée avec les hébergements, les réservations de restaurants et effectivement deux, trois fois ça nous est arrivé de tomber sur des jauges.

Alors il y a beaucoup de fois on a des lieux touristiques où les jauges bon, j'allais dire on est obligé de réserver à l'avance sans payer et la jauge n'est pas forcément respectée ou contrôlée mais on a eu un cas par exemple on est allé à Ténérif et on est monté on a fait une belle rando pour monter en haut du Taïd qui est le sommet de l'Espagne et effectivement les derniers 500 mètres et bien il faut un créneau il y a un créneau de 30 minutes à respecter donc effectivement ça impose un peu sur la balade mais c'est toujours frustrant de se dire on a fait la balade jusque là jusqu'à aller à Ténérif en partant de Rennes prendre l'avion à Nantes et on arrive on fait la balade et il y a des gens effectivement qui étaient refoulés en disant non la jauge il y a une jauge à respecter vous ne passez pas il y avait un petit tourniquet et effectivement on a pu faire les derniers 500 mètres de l'ascension au Taïd pour le voir donc c'est vrai que ça aurait été frustrant d'arriver là-bas donc quand on part en vacances on organise j'organise

18:11
Présentateur

j'organise j'entends le jeu et Xavier à l'intérieur de toute cette organisation est-ce que vous vous autorisez des petits moments de spontanéité sur des choses un petit peu moins cruciales

18:21
Invité

alors j'ai mon épouse qui me les impose en fait donc effectivement on essaye d'avoir des activités qui sont prévues et puis des moments on va dire aussi accompagnés de fargnantes pour pouvoir profiter mais c'est vrai que des fois quand on part et quand on organise on aime alors effectivement je comprends le côté instagrammable et il y a l'injonction à voir les choses et on se dit quand on part dix jours quelque part on essaye d'optimiser ça reste des vacances mais c'est vrai que voilà ça passe par ça mais ça nous permet de faire de beaux voyages

18:55
Présentateur

Merci beaucoup Xavier pour votre témoignage je vais juste le soumettre à Antoine de Maximi c'est votre antithèse en fait Xavier

19:02
Invité

complètement mais moi je ne cherche pas enfin tout le monde en fait ce que disait tout à l'heure le fait que maintenant il y a un peu moins de facilité pour faire des voyages improvisés etc il y a toujours eu des gens qui avaient envie de faire des voyages improvisés et des gens qui organisaient et c'est vrai que l'évolution maintenant avec ces réservations surtout pour les endroits qui sont en sur-tourisme favorise les gens organisés et ça se fait au détriment des gens qui ne sont pas organisés qui vont sur l'improvisation c'est l'évolution du monde et moi ce que je dis c'est que quand on a envie de rester dans cette spontanéité on oublie un peu ces endroits-là et on va en découvrir d'autres et à la limite c'est ces gens qui sont épris de liberté et d'improvisation qui sont ceux qui découvrent les nouveaux endroits

19:49
Présentateur

Rémi Audeguéry vous vouliez aussi réagir au témoignage de Xavier

19:51
Invité

oui simplement c'est vrai que quand vous organisez longtemps à l'avance ça peut vous permettre d'être plus libre une fois sur place puisque vous avez réglé en gros les contraintes les plus lourdes donc je peux comprendre qu'une organisation à l'avance puisse déboucher à la fin sur plus d'improvisation et à l'inverse quand vous décidez à la dernière minute et bien parfois vous allez quelque part c'est moins cher et c'est surprenant mais arrivé sur place vous avez beaucoup plus de contraintes parce que vous ne les aviez pas anticipées donc je dirais que ce n'est pas un modèle contre l'autre en réalité c'est d'une part la psychologie de chacun il y en a effectivement qui se sentent rassurés en sécurité surtout quand par exemple ils ont des enfants en bas âge etc donc ils se sentent rassurés d'organiser de planifier et puis il y a ceux qui ont envie d'improviser et c'est vrai que le monde actuel n'est pas fait pour cela même si je pense quand même qu'il y a plein de chemins de travers il y a effectivement les spots instagramables où tout le monde se précipite mais il y a aussi énormément de lieux en France ou ailleurs à découvrir à redécouvrir et même dans les spots instagramables faites une expérience que moi par exemple j'ai fait à Rome à Rome c'est une vie où il y a tellement de touristes à un moment donné vous vous étouffez non pas par la chaleur mais par les touristes prenez la rue où personne ne va et c'est la magie c'est la magie parce que c'est Rome c'est le ciel bleu au-dessous de etc il y a toujours une manière mais simplement il faut couper le moteur de l'IA ou du robot ou je ne sais quoi et passer à côté

21:18
Présentateur

un message très concret de Cécile qui nous a écrit sur Whatsapp je suis bien contente de réserver au restaurant car quelque part c'est aussi un moyen pour le professionnel de prévoir ses stocks en conséquence de ne pas gâcher en quelque sorte est-ce que réserver et anticiper ce n'est pas aussi un gage de qualité de service d'accueil et de sécurisation de la fréquentation des établissements Christelle Chassagne d'ADN Tourisme qu'en pensez-vous ?

21:41
Invité

ça c'est sûr que c'est une bonne remarque parce que pour tous les restaurateurs il est certain que de pré-réserver ça permet effectivement de mieux gérer les stocks de mieux gérer aussi son équipe de staffer son équipe au plus juste après il y a une chose qu'il faut redire dans tout cela c'est quand même aussi la typologie des touristes leur niveau leur moyen quand vous avez quelqu'un qui part une semaine en vacances à l'année il n'a pas envie de se risquer à la dernière minute d'ailleurs les dernières minutes c'est 18% des touristes en général c'est à peu près sur ces stades qu'on est les autres c'est un séjour sur deux qui est réservé un mois avant de partir mais celui qui n'a qu'une semaine je le redis il a envie d'un espace qui n'est pas forcément tout calculé mais il va limiter les risques et sa liberté ça va être je limite les risques dans mon vol dans le séjour même à côté mais de dire je sais que là je limite le cadre de risque parce que je n'ai qu'une seule semaine et puis ceux qui ont les plus grands moyens ce sont souvent ceux qui anticipent beaucoup parce qu'ils veulent le spot qui est très à la mode et là le restaurant avec le rooftop évidemment il n'y a jamais de place donc il faut anticiper idem sur toutes les propositions de luxe quoi qu'on en dise ce sont aussi celles qui sont très prisées donc là on anticipe mais pour la majorité des français on va dire que préparer ça n'est pas non plus se priver de l'imprévu c'est surtout comme vous le disiez tout à l'heure Rémi c'est anticiper un cadre rassurant pour la famille et optimiser son budget parce que c'est bien là le sujet aujourd'hui

23:24
Présentateur

19h40 sur France Inter au téléphone sonne nous nous demandons s'il est encore possible d'improviser dans une société où tout réservé à l'avance devient la règle continuez à nous appeler nous sommes ensemble en direct jusqu'à 20h 01 45 24 7000

23:38
Locuteur non identifié

France Inter le téléphone sonne

23:45
Présentateur

nos invités sont toujours là pour vous répondre Christelle Chassagne présidente d'ADN Tourisme Rémi Woodguiri sociologue et écrivain et Antoine de Maximi réalisateur globetrotteur improvisateur et nous sommes maintenant en ligne avec le musée du Quai Branly Jacques Chirac à Paris bonsoir Angélique Delorme bonsoir vous êtes la directrice générale déléguée comment ça fonctionne dans votre musée est-ce qu'il faut réserver à l'avance pour visiter ?

24:10
Invité

alors je vais tout de suite vous rassurer vous pouvez improviser une visite au musée du Quai Branly

24:14
Présentateur

donc c'est pas obligatoire de réserver ?

24:16
Invité

alors bien sûr ah c'est pas obligatoire pour certaines expositions très fréquentées effectivement on conseille de réserver mais pourquoi ? plutôt pour la question que vous l'avez évoquée la qualité de service c'est vrai qu'on se rend compte que les gens ont une capacité d'attente de plus en plus ténue donc histoire de ne pas avoir des files d'attente pour les expositions très fréquentées c'est vrai qu'on aime bien proposer aux visiteurs de réserver en avance mais sinon au musée vous pouvez venir quand vous voulez et je vous assure que vous ne serez jamais refoulés du Quai Branly et pourquoi ?

parce qu'au musée du Quai Branly on a une diversité d'expositions d'espaces de programmation qui fait que vous allez toujours trouver quelque chose à découvrir on est musée de la découverte

24:59
Présentateur

et alors vous ne songez pas comme le Louvre là en ce moment j'ai vu qu'il fallait réserver obligatoirement pendant la période estivale sur certaines périodes particulièrement tendues de rendre la réservation obligatoire

25:09
Invité

nous non je pense qu'à la différence du Louvre déjà on est un espace totalement décloisonné on a deux hectares de jardin donc rien que la visite de ce jardin qui a été pensée par le jardinier Gilles Clément c'est en soi une visite qui n'a pas besoin de billets et qui vous permet d'improviser effectivement un passage au musée du Quai Branly et aussi on a la chance de ne pas avoir des hordes de touristes qui viennent en car comme malheureusement des lieux comme le Louvre comme Versailles vous voyez Mais alors

25:41
Présentateur

la proportion de visiteurs qui réservent et la proportion qui arrive comme ça vous la connaissez ?

25:47
Invité

Oui elle monte vraiment en flèche depuis le Covid parce que les gens préfèrent quand même anticiper et ont peur peut-être de ne pas voir ce qu'ils avaient prévu de voir donc aujourd'hui on est à plus de 70% de billets réservés en ligne

26:00
Présentateur

Donc ça veut dire qu'il y a quand même encore 30% qui viennent comme ça au pied élevé c'est un peu rassurant

26:06
Invité

Absolument absolument et vous aurez toujours quelque chose à découvrir on a plusieurs expositions en parallèle on a un plateau des collections permanentes qui fait 5000 mètres carrés donc je vous invite vraiment à venir au musée du Quai Branly cet été et on a une expo qui s'appelle Plume du Paradis sur les oiseaux de paradis de Papouasie-Nouvelle-Guinée qui est juste sublime donc venez la voir même si même sur un coup de tête vous voyez

26:30
Présentateur

Merci beaucoup le message est passé Merci Angéline Delorme du musée du Quai Branly Jacques Chirac à Paris Au Standard de France Inter Marouane nous attend Bonsoir Bonsoir Nous vous écoutons

26:43
Invité

Oui je me faisais la réflexion justement à l'inverse de celle de Mme Chassagne précédemment parce que moi j'étais plutôt à penser que le fait de ce besoin d'anticipation venait plus répondre à des contraintes de temps et d'argent supplémentaires 25 jours de congés payés parfois moins quand le conjoint ne peut pas les avoir en même temps que l'autre et des moyens financiers limités tout ça fait que on ne peut pas se laisser la possibilité de revenir parce qu'on a été refoulé d'un endroit on ne peut pas remettre ça un jour après et ensuite réserver avant anticiper permet souvent de caser le budget de savoir ce qu'on va payer et de ne pas dépasser quelque chose donc pour moi ça répond plus à des contraintes de temps et d'argent peut-être à d'autres contraintes aussi mais ça répond au manque de temps et d'argent pour moi

27:41
Présentateur

Merci beaucoup Marwan pour votre témoignage Christelle Chassagne c'est un petit peu aussi ce que vous disiez tout à l'heure les petits budgets sont plus contraints C'est exactement ça

27:49
Invité

je rejoins tout à fait vos propos monsieur c'était exactement ça mon propos c'était de dire qu'on a besoin d'anticiper dans ce cadre-là plus spécifiquement je crois aussi que l'enjeu de demain avec la manière dont nous fonctionnons aujourd'hui dans l'anticipation de nos séjours ça va être de vérifier les sources des informations qui sont données aussi parce qu'aujourd'hui vous pouvez aller sur ChatGPT ou je ne sais quelle intelligence artificielle en lui disant voilà je suis là qu'est-ce que tu me proposes à visiter on ne va pas forcément vous donner l'information à jour typiquement vous arrivez en haut de l'ascension et on vous dit maintenant il faut attendre une heure parce que vous n'avez pas anticipé et donc il faudra je pense demain vraiment faire attention à ce sujet c'est-à-dire quelles sont les sources on le voit régulièrement nous on l'entend avec les offices de tourisme maintenant je passe par un office de tourisme parce que je me suis fait avoir l'année dernière etc donc c'est la qualité c'est la fiabilité des sources des informations qui sont données c'est vrai que c'est très facile si vous tentez l'expérience avec une IA de monter votre séjour quel qu'il soit vous allez voir c'est absolument impressionnant mais la qualité de la proposition ne sera jamais la même que celle que vous allez avoir avec un professionnel en direct ou même simplement le loueur d'un gîte ou simplement en passant encore une fois par un institut spécialisé les offices de tourisme etc je pense que demain ça va être vraiment le sujet la fiabilité des sources quand on agira seul avec les IA

29:22
Présentateur

Antoine de Maximi vous qui voyagez en improvisant j'imagine que l'idée même de l'intelligence artificielle pour planifier votre voyage ça vous donne des boutons

29:31
Invité

non ça m'amuse d'essayer c'est un peu une façon d'explorer les choses mais je n'y remets pas mon voyage dans les mains d'une intelligence artificielle mais ça ne m'empêche pas de lui poser une question pour voir

29:48
Présentateur

donc vous l'utilisez quand même et ensuite vous prenez votre décision

29:51
Invité

alors quand je suis en voyage alors il y a deux trucs moi quand je suis en train de tourner une émission là je me laisse aller complètement j'essaye d'avoir des endroits différents mais après c'est les gens c'est le hasard c'est ce qu'il fait c'est un regard c'est comme ça que les rencontres vont se faire quand je pars en vacances déjà je reste toujours en France parce que je voyage suffisamment et là je me laisse complètement aller voir les uns les autres il y a un petit truc qui a changé c'est que maintenant il y a quand même beaucoup de gens qui me reconnaissent et j'essaye de leur expliquer que je ne peux pas venir chez eux mais sinon

30:23
Présentateur

c'est tout l'inverse du concept

30:25
Invité

oui complètement mais d'ailleurs j'ai fait un truc qui s'appelle j'irai dormir chez les gaulois où je me sers justement du fait que je sois connu pour rencontrer des gens qui d'habitude préfèrent éviter les caméras néanmoins avec moi ils ont confiance

30:38
Présentateur

vous qui voyagez beaucoup Antoine de Maximi est-ce que vous avez repéré des pays ou des régions de France où on aime plus improviser qu'ailleurs est-ce qu'il y a des nations peut-être un peu plus improvisatrices

30:50
Invité

alors il y a quand même déjà les pays qui ont peu de moyens et qui n'organisent pas vraiment leurs vacances et qui n'en prennent pas

30:58
Présentateur

oui je ne parle pas forcément des vacances je parle de la vie en général

31:00
Invité

il y a des gens qui n'ont pas le choix de toute façon qui sont obligés de s'adapter parce qu'ils essayent de joindre les deux bouts donc ça effectivement ça existe mais je n'ai pas l'impression enfin si il y a des pays où ils sont plus organisés je me rappelle alors ça c'est déjà caduque parce que c'est quelque chose que j'avais constaté et que j'avais appris il y a peut-être une trentaine d'années mais je sais des tours du monde par exemple pour les japonais ils faisaient et peut-être pas les seuls d'ailleurs ils faisaient le tour du monde en une semaine ils allaient à des endroits emblématiques et on les prenait en charge et je me souviens très bien être dans la pyramide de Kéops dans la salle où il y a justement le tombeau et voir un groupe de japonais qui est arrivé à toute vitesse dedans ils se sont pris en photo ils n'ont rien regardé et ils sont repartis aussi rapidement ça m'avait assez surpris ça c'était et pas de l'improvisation effectivement je pense qu'ils ont découvert leur voyage chez eux en regardant les photos avec leurs amis

31:58
Présentateur

direction la Corse bonsoir Jean-Yves

32:01
Invité

bonsoir

32:02
Présentateur

vous nous appelez Bastia

32:03
Invité

tout à fait

32:04
Présentateur

on vous écoute

32:06
Invité

alors j'ai vu notamment l'autre jour Jéré mourir dans les Carpathes d'Antoine de Maximi

32:12
Présentateur

oui

32:12
Invité

c'est un film c'est une fiction il faut quand même c'est une fiction oui oui j'ai failli du coup ne pas le faire vous vous êtes inquiété

32:20
Présentateur

pour Antoine de Maximi et donc

32:23
Invité

j'ai le petit voyage j'ai un bébé de 4 ans et une compagne et lorsqu'on part ensemble bien évidemment tout est programmé et j'ai la chance que ma compagne me laisse partir encore au moins toutes les années parce que c'est que c'est ma passion seule et je pars avec mon sac à dos et j'ai choisi mon billet hier matin pour demain pour Bucarest et je ne sais pas du tout où je vais aller je n'ai pas de billet de retour je ne pense pas rentrer de Bucarest parce que j'espère pouvoir monter jusqu'en Moldavie au minimum et ça fait quelques années que je fais ça puisque il y a deux ans j'ai fait la Serbie le Kosovo et je ne savais pas que j'allais au Kosovo c'est juste il n'y avait plus de ligne de train entre Belgrade et Sarajevo du coup j'ai dû aller dans le Kosovo je suis allé ensuite en Macédoine en ayant dormi dans un monastère dans la frontière bulgare et on parlait d'improvisation c'est que le lendemain je dois traverser la frontière c'est en plein Covid je dois traverser la frontière pour aller en Bulgarie et je me lève je dormais dans un monastère donc et le matin la personne me dit on a un problème ils viennent de fermer dans la nuit la frontière entre la Bulgarie et la Macédoine je dis bon on tente quand même le passage et j'ai réussi à traverser parce que dans la nuit j'ai pris un billet en transit et si c'était en transit j'avais encore la possibilité de le faire donc voilà c'est plutôt l'improvisation et c'est pas du careste

33:47
Présentateur

donc j'allais vous demander ça ne vous provoque pas des sueurs froides mais si quand même vu ce que vous venez de nous raconter mais finalement c'est ces souvenirs-là qui sont les meilleurs à l'arrivée non ?

33:57
Invité

quand vous arrivez à la gare alors c'est pas un aéroport mais que vous regardez c'est des destinations que vous ne connaissez pas et vous montez dans un bus et vous ne savez pas où vous allez arriver c'est exceptionnel et vous voyez vraiment un autre pays j'ai l'habitude de dire que toutes les capitales se ressemblent alors je sais que Bucarest il faut le faire parce qu'il reste une certaine histoire mais voilà du coup la Moldavie ça me donne envie alors c'est vrai que mes amis et beaucoup de gens autour de moi me disent avec tout ce qu'il y a à voir tu vas en Moldavie mais je pourrais que c'est ce qui m'intéresse le plus c'est d'aller voir des types de pays qui un jour vont disparaître et que j'ai envie de découvrir avant qu'ils soient totalement uniformisés qu'on ne puisse plus les voir

34:33
Présentateur

Merci beaucoup Jean-Yves pour votre témoignage et on vous souhaite sincèrement un très beau voyage Rémi Oudguiri vous qui êtes sociologue vous entendez Jean-Yves est-ce que c'est ça finalement c'est trouver un équilibre entre les compartiments de sa vie où on est obligé d'organiser et puis d'autres où on va complètement lâcher prise est-ce que Jean-Yves a trouvé une forme de

34:56
Invité

de clé ?

Oui manifestement il part à l'aventure un peu comme une sorte d'initiation qu'on pouvait rencontrer chez des jeunes à une certaine époque on partait voilà à l'aventure avec le sac à dos et puis à Vienne que pourra moi dans mon livre le micro-voyage ce dont je parle c'est aussi de faire des expériences vous êtes dans une ville que vous découvrez pour la découvrir vous prenez un bus au hasard c'est-à-dire vous prenez un bus et puis vous vous laissez porter vous savez pas où vous allez vous arrêtez où vous voulez vous descendez vous vous flânez et puis vous reprenez un bus de nouveau au hasard c'est-à-dire l'anti l'anti-planification l'anti-guide de voyage pourquoi je fais ça c'est qu'il y a une époque où je partais en voyage et je prenais toujours un guide avec moi et j'étais un bon élève donc j'allais voir ce qu'il fallait voir et jusqu'au jour je me suis aperçu que j'avais rien retenu de tout ça et que c'était pas nécessairement quelque chose qui m'avait marqué durablement et ce qui m'avait marqué durablement c'était des choses qui touchaient ma sensibilité qui n'étaient pas nécessairement dans les guides et à partir de ce jour-là je me suis dit j'arrête les guides de voyage je pars sans savoir ce qu'il y a à voir vaguement si vous voulez et je me laisse aller et en réalité quand vous faites ça quand vous pratiquez cet état d'esprit-là vous découvrez les lieux qu'il faut découvrir mais d'une manière différente de manière totalement imprévue

36:15
Présentateur

Je vais vous lire le témoignage d'Emmanuel qui a écrit via l'application Radio France Je réserve à l'avance et c'est à ce moment-là que mon voyage commence je rêve je commence à découvrir j'étudie la langue locale et je fais des rencontres magnifiques parce que j'ai une connaissance de base d'où je vais Très intéressant le témoignage d'Emmanuel Christelle Chassagne finalement pour certains en certaines le voyage il commence quand on le prépare

36:38
Invité

Oui ça commence comme ça pour certains nous ce que l'on fait avec le comité régional de tourisme de Nouvelle-Aquitaine c'est vraiment justement la promotion des territoires insoupçonnés d'un voyage qui peut être à côté de chez soi avec effectivement une autre manière de voyager de se reconnecter à soi aux autres à la nature d'éviter aussi au maximum de prendre sa voiture peut-être de voyager différemment le voyage il commence dans notre tête c'est spontané et puis j'ai envie de vous dire aussi ici de profiter de ce micro pour vous dire que le voyage aussi ça continue en Gironde avec une belle saison et qu'il faut y aller

37:15
Présentateur

malgré les incendies qui ont durement éprouvé ce département

37:18
Invité

complètement mais aujourd'hui tout est à peu près rentré dans l'ordre puisque je rappelle que c'est 4% du territoire qui a été touché mais tout le monde est à pied d'oeuvre et les hôteliers les restaurateurs vous n'avez pas besoin de réserver vous pouvez y aller les hébergements de plein air les expériences le vélo le cyclotourisme et puis aussi tous les territoires autour de Bordeaux et autour du vin j'en parle ici parce qu'ils en ont besoin et vraiment la destination est très belle et très isolée parfois et on peut vraiment découvrir l'inconnu finalement pas si loin que ça

37:50
Présentateur

nous allons terminer avec le témoignage de Clarisse qui nous appelle de Saint-Maurice bonsoir

37:55
Invité

bonsoir soyez la bienvenue je suis l'anti-excel du témoignage précédent là je viens de rentrer d'un track vélo effectué avec une très bonne amie donc nous sommes partis sur la côte d'Opale nous avions strictement rien réservé comme hébergement on avait quand même prévu une tente de camping au cas où et en fait ça a été un pur bonheur de pédaler sans savoir réellement sans atteindre un objectif précis et de faire des rencontres de découvrir des lieux qu'on méconnaissait bien sûr et d'assister à des fêtes de village donc et honnêtement on a un sentiment d'une très grande liberté et beaucoup d'émotions et je crois que c'est ce qu'il faut retenir de cette absence de préparation ce que ça me procure avec mon amie ces moments de bonheur partagés ensemble

38:49
Présentateur

merci Clarisse et je crois que ce témoignage pour terminer l'émission il est très très beau Antoine de Maximi qu'est-ce que ça vous inspire ?

38:57
Invité

alors c'est marrant je me retrouve comme à l'école quand je ne sais plus ce que je vais dire ça vous ressemble un petit peu ce que nous raconte Clarisse le bonheur oui oui c'est très bien de faire ça et ça ne m'étonne pas je pense que Clarisse a dormi aussi chez des gens qu'elle ne connaissait pas pas uniquement dans des hôtels qu'elle a rencontré des gens parce qu'en plus quand on arrive en vélo il y a une chose qui est assez particulière c'est qu'on est un peu à nu c'est pas du tout la même chose que quand on arrive avec une voiture le contact s'établit facilement on n'arrive pas avec sa carrosserie et très très facilement on arrive à établir le contact avec des gens qui assez régulièrement vous retiennent à dîner et éventuellement à la maison donc ça ne m'étonne pas du tout et je pense que ça a été vraiment très très sympa

39:40
Présentateur

Rémi Oudguiri est-ce que les modes de voyage sont aussi importants pour l'improvisation ? oui je pense par exemple au camping-car on a pas mal de messages qui nous parlent des vannes etc

39:51
Invité

les grosses tendances aujourd'hui c'est effectivement le vélo le van le camping et puis la marche enfin la première des libertés c'est de marcher et d'aller à l'aventure et de découvrir parce que l'avantage de la marche et aussi du vélo c'est qu'on peut très facilement bifurquer alors pas mal de témoignages ce soir le confirment c'est qu'il y a une envie de bifurcation dans notre pays qui est importante finalement c'est ça qui nous manque dans la société numérisée et de plus en plus dominée par les algorithmes c'est cette capacité à bifurquer et en bifurquant à découvrir d'autres choses que celles qui étaient prévues

40:26
Présentateur

Merci à nos invités qui ont presque improvisé cette émission avec nous Rémi Oudgueri votre livre Micro Voyage le paradis à deux pas est paru au PUF Christelle Chassagne présidente d'ADN Tourisme bon retour dans votre région Antoine de Maximi j'irai dormir sur Seine ce sera à la Seine-Montparnasse le 22 septembre et il reste des places et puis vos émissions bien sûr à retrouver sur la chaîne RMC Découverte vous pouvez réécouter cette émission et toutes les autres sur l'application Radio France merci à l'équipe du Téléphone Sun Benjamin Ducy Mathias Dubois Baptiste Piquet Johanna Oussin merci aussi à Oscar et Théophile au standard à la technique ce soir Loïc Frapsos et Corentin Rouchy et puis au bout de la chaîne

41:09
Locuteur

sur l'application et sur l'application sur l'application sur l'application sur l'application sur l'application