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Interviewyoutube.com· 26 octobre 2026 24 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleÉducation & rechercheTravail & emploiÉconomie & entreprises

"Les jeunes ont ouvert la brèche" | Nathalie Arthaud sur BFM TV

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:39OuverteRéponse partielle

    Vous diriez vous aussi que l'État a été au rendez-vous de ses missions en matière de maintien de l'ordre ?

  • 2:07RelanceÉludée

    Comment expliquez-vous que des leaders de gauche ne condamnent pas plus fermement les violences comme le pillage de mairies ?

  • 2:47OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est normal de voir des lycéens arrêtés par les CRS alors qu'ils demandent des choses légitimes ?

  • 3:31RelanceRéponse partielle

    Est-ce que c'est normal tout cela ?

  • 4:09RelanceÉludée

    Félicitez-vous le fait que la manifestation se soit bien passée hier ?

  • 6:21OuverteRéponse directe

    Comment expliquez-vous le déploiement de 70 000 forces de l'ordre pour une manifestation ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:22Nathalie ArthaudFait
    « Il y a eu quand même aussi des manifestations interdites dans des villes quand même grandes, hein, celle de Lyon, de Bordeaux. »
  • 4:12Nathalie ArthaudFait
    « Je ne vais pas dire merci. Je sais bien que ce ne sont pas ceux qui sont sur le terrain qui prennent les décisions et qu'elles viennent d'en haut, que c'est en effet le ministre de l'Intérieur, que c'est Laurent Nunez qui commande ce maintien de l'ordre là qui est particulièrement provocateur et répressif. »
  • 5:37Nathalie ArthaudFait
    « Ce n'est pas la politique de Lutte Ouvrière. Nous ne pensons pas que ça puisse faire avancer, ne serait-ce que d'un millimètre le combat que nous avons à mener. C'est de la fausse radicalité. »
  • 6:21Nathalie ArthaudFait
    « Je suis enseignante hein, je suis enseignante, donc je sais que on peut discuter avec les jeunes. Mais il faut-il encore avoir envie de ? Faut-il encore avoir envie de les ? »
  • 8:30Nathalie ArthaudFait
    « Il y avait une revendication, c'était plus de fric hein pour l'école publique et puis plus de blé pour les ouvriers. »
  • 9:13Nathalie ArthaudFait
    « Il faut que la mobilisation soit consciente et qu'on sache d'ailleurs euh qui il faut viser. »
  • 11:11Rudy ManaChiffre
    « 70 à 75000 policiers, euh beaucoup de rappels des compagnies de CRS qui étaient prévues en repos qui ont été rappelées pour monter de pour venir dans les grandes villes. »
  • 11:56Rudy ManaFait
    « Vous faites une vacation de parfois 14 à 16h et que pendant 12h, vous entendez des noms d'oiseaux, des insultes, des violences commises à votre encontre. »
  • 13:20Nathalie ArthaudFait
    « Je me suis dit qu'est-ce que j'aimerais qu'un jour il y ait ce même élan face à une usine qui ferme. »
  • 14:04Nathalie ArthaudFait
    « Ils perdent leur gagne-pain. Ils ne savent pas s'ils vont pouvoir garder la maison pour laquelle ils sont endettés et qu'ils n'ont pas fini de payer. »
  • 15:31Nathalie ArthaudChiffre
    « Les gens, ils ont pas besoin de 15 euros de plus, ils ont besoin de 200, de 300, de 400 euros de plus sur le SMIC pour avoir une vie digne. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Nous accueillons Nathalie Arthaud, candidate à la présidentielle du parti Lutte Ouvrière. Bienvenue sur ce plateau. Bonsoir, j'imagine que vous étiez dans la rue hier à Paris. Oui, absolument. On va parler de la contestation. Oui, très heureux. On va parler de la contestation dans un instant. La journée s'est globalement bien passée. 70000 forces de l'ordre mobilisées, quelques débordements quand même en fin de cortège, mais globalement, ça s'est beaucoup mieux passé que que la semaine dernière. Les mots du président de la République ce soir, Emmanuel Macron, je voulais euh commencer avec cela. Le président qui a félicité les forces de l'ordre. Il dit "Au nom de tous, je tiens à remercier nos forces de l'ordre mobilisées cette semaine pour assurer partout l'ordre

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républicain. Grâce à elles et malgré un contexte difficile, l'État a été au rendez-vous de ses missions." Il parle ensuite bien sûr de la crise des lycéens et on va en parler. Mais d'abord sur le maintien de l'ordre. Vous diriez vous aussi, Nathalie Arthaud, qu'hier l'État a été au rendez-vous de ses ? Euh Moi, ce que j'ai vu, c'est des centaines de milliers de manifestants qui étaient bel et bien au rendez-vous et c'est ça qui m'a fait vraiment chaud au cœur parce que en effet, il y avait eu quand même une série d'intimidations, de manœuvres de la part des préfectures, de euh qui qui ont eu quand même la volonté euh finalement de euh de de faire taire la contestation. Il y a eu quand même aussi des manifestations

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interdites dans des villes quand même grandes, hein, celle de Lyon, de Bordeaux. Ils voulaient peut-être interdire les violences tout simplement. Euh ils voulaient faire taire la contestation pendant une semaine. Euh on a eu effectivement le gouvernement et puis la droite, l'extrême droite qui a fait passer les manifestants pour des casseurs, qui a voulu les dénigrer, qui a voulu les faire passer pour des ultra-violents et au bout du compte, eh bien, toutes ces manœuvres, elles ont échoué. Voilà, elles ont elles ont échoué. Il y avait beaucoup beaucoup de monde au rendez-vous. Il me semble qu'ils n'ont pas dit ça. Ils ont dit qu'il y avait des manifestants pacifiques et qu'il y avait à côté des casseurs ou des gens extrêmement militants ou activistes qui voulaient euh casser euh tel ou tel

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bâtiment public par exemple. Oui, je pense que la D'ailleurs, j'ai du mal à comprendre pourquoi les les leaders de gauche comme vous euh ne condamnent pas de manière plus nette les les gens qui brûlent des mairies par exemple. Brûler une mairie, je vois pas ce que ça a de gauche ou d'extrême gauche. parce que d'abord ce que nous tenons à condamner, c'est la politique du gouvernement et la politique du grand patronat. Et ben oui, oui, vous pour vous, c'est peut-être un détail, mais c'est quand même l'origine si vous voulez quand même, c'est quand même l'origine de la contestation. C'est quand même ça qui a fait sortir est légitime, mais brûler une mairie, c'est pas bien. Euh oui, mais voyez, voilà, vous voulez qu'on fasse ? Vous devriez dire oui. Mais alors, c'est pas bien. Il me semble. ?

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On va la laisser répondre, Natalia. Peut-être. Allez-y, allez-y. Oui, mais vous dites oui mais, c'est curieux. Bah parce qu'en fait si vous voulez, moi c'est c'est au gouvernement et c'est à ceux qui dirigent que j'ai envie de demander des comptes. Voilà. Est-ce que c'est normal ce qui se passe aujourd'hui de voir en effet bah des jeunes, des lycéens être cueillis comme ça par des CRS alors même qu'ils demandent des choses mais alors complètement légitimes. Est-ce que c'est normal de voir aujourd'hui des millions de femmes et d'hommes qui galèrent pour se chauffer, pour ? Certains euh bah n'ont rien à mettre dans l'assiette de leurs enfants aujourd'hui. Est-ce que c'est normal de voir ce racisme qui ? Natalia, je vous demande est-ce que c'est ?

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Est-ce que c'est normal tout ? Parce que s'il y a des centaines de millions de femmes et d'hommes dans la rue, c'est peut-être cette raison-là, ? C'est des gens qui ont brûlé des mairies, c'est parce qu'ils ils ont rien à ? On va parler des contestations. Et et mais à la base, je vous demandais simplement si vous félicitiez du fait que ça s'était bien passé hier et vous nous parlez de tout ce qui s'est mal passé. Mais pas du tout. Bah si, je suis mais non, je suis en train de vous dire que c'est la République merci aux forces de l'ordre. Que c'est si d'avoir Écoutez, je fais partie de cette dizaine de milliers de manifestants qui ont été gazés plus d'une fois ces derniers temps, qui y compris ont eu peur de voir ces charges et cette pression policière. Alors, je ne suis pas masochiste,

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n'est-ce ? Donc, je ne vais pas dire merci. Je sais bien que ce ne sont pas ceux qui sont sur le terrain qui prennent les décisions et qu'elles viennent d'en haut, que c'est en effet le ministre de l'Intérieur, que c'est Laurent Nunez qui commande ce maintien de l'ordre là qui est particulièrement provocateur et répressif. Euh mais euh je voilà, je ne suis pas masochiste et et j'ai commencé par dire que moi j'étais très heureuse d'avoir manifesté parce qu'en effet, il y avait une ambiance et un élan et une une solidarité qui émanait de cette manifestation qui était vraiment euh euh bah oui, qui était enthousiasmante tout simplement. Et et c'est moi je je crois que c'est de ce côté-là. Et l'avenir, il est de ce côté-là. Bien sûr, mais enthousiasmante,

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réjouissante notamment aussi parce que précisément, il n'y a pas eu de casse, il n'y a pas eu de bâtiments officiels qui ont été visés, brûlés. Ça, vous le condamnez pour revenir sur la question de Laurent Joffrin. pas ma politique. Ce n'est pas la politique de Lutte Ouvrière. Nous ne pensons pas que ça puisse faire avancer, ne serait-ce que d'un millimètre le combat que nous avons à mener. C'est de la fausse radicalité. Voilà, croire qu'on va attaquer des bâtiments publics et puis ? Et il se passe quoi ? Et c'est en cassant une vitrine d'un d'un commerçant qu'on s'attaque au ? C'est une blague. Non, on s'attaque au capitalisme quand on s'attaque au profit, quand on s'attaque à la machine qui produit les capitaux et qui produit en effet cette classe capitaliste qui

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domine et qui impose son diktat à toute la société. Donc oui, nous nous pensons que la vraie radicalité, c'est lorsque les travailleurs se battent en remettant en cause justement ceux qui sont en train de mettre de mettre le pays et la planète en coupe réglée, ceux qui sont en train d'accaparer le fruit de des richesses produites par des millions et des millions de travailleuses et de travailleurs. Donc moi c'est pas ma politique cette politique là, vous ? Mais Mais comment vous expliquez qu'il ait fallu 70000 forces de l'ordre, mobiliser un pays sous cloche pour que ça se passe ? Vous l'expliquez comment ? Non mais ben moi je l'explique parce que le gouvernement il a fait monter en tension tout le pays, vous ? Moi j'étais quand même assez impressionnée par ce

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qui s'est passé dès les premiers blocus de lycéens. Quand on voit, je suis enseignante hein, je suis enseignante, donc je sais que on peut discuter avec les jeunes. Mais il faut-il encore avoir envie de ? Faut-il encore avoir envie de les ? Et quand ils se rassemblent et que tout de suite vous faites arriver des cordons de CRS casqués parce que c'est ça hein, casqués et armés, vous pouvez être sûr que ça va faire monter un peu la tension, vous ? Et c'est exactement ce qui s'est passé. Je crois que ça a été un politi- une politique, ça a été un choix dès le départ d'essayer de tuer dans l'œuf la contestation lycéenne en faisant peur. Et au fond, qu'est-ce que qu'est-ce qui s'est ? Ça a attisé, je crois que ça a donné du carburant en fait à cette mobilisation Nathalie Arthaud

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qui s'est étendue des lycées aux facultés avec des mouvements, vous savez, de solidarité en fait, qui se sont développés. et quand on voit ce qui s'est passé dans les rues samedi, lorsqu'on voit ce qui était inscrit sur les pancartes, on a le sentiment que on est plus désormais dans un mouvement lycéen ou un mouvement d'étudiants, on est dans autre chose. Oui, je pense que ce mouvement, je pense que ce mouvement est plus large. C'est vrai qu'il est parti sur une revendication, voilà, alors on manque de tables, on manque de chaises, on manque de profs, le bâtiment ne va pas, il y a ces inégalités aussi, il y avait un fort sentiment euh, d'inégalité, un fort sentiment de de de marginalisation parce que c'est parti quand même de lycées des quartiers populaires et il y a eu beaucoup de

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lycées professionnels qui ont été qui ont été mobilisés avec ce sentiment que finalement quand on est n'appartient aux classes populaires et bien finalement euh euh on est méprisé et c'est une réalité. Moi je peux vous dire que dans les villes comme Aubervilliers comme Saint-Denis, vous pouvez avoir des fois des profs absents pendant 2 mois, 3 mois, chose que vous ne pourrez pas avoir mais ce que vous dites c'est beaucoup plus large que ce que vous dites sur les lycées C'est beaucoup plus large donc au fond beaucoup plus large. Quel que soit ce qui sera annoncé demain par le Premier ministre dans le domaine de l'éducation même si vous attendez évidemment des avancées, en fait ça ne changera rien. Le mouvement va continuer. Ça c'est aux lycéens, c'est aux jeunes

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de décider mais moi ce que je crois c'est que c'est beaucoup plus profond que ça, c'est une aspiration à beaucoup plus d'égalité, à plus de justice sociale. Vous avez une pancarte derrière, voyez taxer les riches. Il y avait une revendication, c'était plus de fric hein pour l'école publique et puis plus de blé pour les ouvriers vous avez eu besoin des lycéens pour descendre tous les samedis dans la ? ? Pourquoi vous avez eu besoin des lycéens pour descendre tous les samedis dans la ? Ah si ce n'était que moi si vous voulez je Ce serait samedi ou ? besoin bah parce que je pense qu'en effet c'est une question de rapport de force et je pense que euh si pour se faire entendre oui oui il faut se montrer, il faut manifester, il faut exprimer sa colère, il faut s'organiser

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aussi. Il faut que la mobilisation soit consciente et qu'on sache d'ailleurs euh qui il faut viser. Il faut s'organiser mais il faut aussi et qu'il y ait un dispositif policier à la hauteur. Mais non mais pour permettre que tout le monde manifeste dans le calme. Je suis désolée, c'est ça la mission première des forces de l'ordre. On est avec Rudy Mana. Je trouvais que c'était important aussi d'entendre un policier vu ce qui se profile dans les prochains jours. Délégué national UNSA police Marseille, Marseille où ça a été particulièrement compliqué la semaine dernière où il y a eu encore des tensions hier et des et des pillages dans une moindre mesure évidemment mais Rudy Vana, est-ce qu'on va pouvoir mettre tous les samedis 70000 membres des forces de

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l'ordre dans dans la rue pour encadrer, protéger aussi ces ces ces ces manifestants des débordements, éviter que ça ? Bonsoir à vous. Ben je suis ravi de l'enthousiasme de Madame Artaud d'avoir vu plusieurs centaines de milliers de manifestants. Ben moi j'ai vu aussi 70000 policiers qui ont travaillé. Vous savez Madame Artaud, les policiers sont des ouvriers, sont des travailleurs aussi. Et croyez pas ne croyez pas qu'ils gagnent beaucoup d'argent et pourtant ils sont là, ils ont été rappelés une grande partie sur leur jour de repos, sur leurs congés parce que c'est la période des vacances scolaires. Si vous êtes professeur, vous vous êtes en vacances, nous on l'est toujours pas. Et on est venu hier pour encadrer ces manifestations afin qu'elles se passent bien.

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Effectivement, dans l'ensemble, ça s'est pas trop mal passé. Il y a quand même eu 1314 interpellations et plus de 50 policiers qui ont été blessés. [grognement] À Marseille, bien évidemment à la fin de à la fin de la manifestation, ça a dégénéré comme d'habitude. Il y a eu plusieurs magasins qui ont été pillés, des interpellés et encore une fois, il y a des commerçants, des travailleurs aussi Madame Artaud qui ont tout perdu parce que des individus qui étaient dans la manifestation sur laquelle vous vous êtes extasiés, ben ils ont tout cassé, ils ont tout volé et ils ont peut-être flingué la vie de ces gens-là qui avaient qui avaient mis je ne sais combien de temps à constituer leur commerce et leur travail. Donc si vous voulez, moi je vous dis maintenant je tire mon chapeau

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que est-ce que ce dispositif, il est duplicable chaque ? Ben bien bien sûr que non, vous imaginez 70 à 75000 policiers, euh beaucoup de rappels des compagnies de CRS qui étaient prévues en repos qui ont été rappelées pour monter de pour venir dans les grandes villes Marseille, Lyon, Paris et et et même des villes un petit peu plus moyennes, c'est pas possible. Vous savez quand vous êtes policier, vous avez aussi besoin de repos, de repos physique mais aussi de repos psychologique. Parce que lorsque sur une journée comme hier ou comme le 17 octobre, vous faites une vacation de parfois 14 à 16h et que pendant 12h, vous entendez des noms d'oiseaux, des insultes, des violences commises à votre encontre et et et j'en passe et

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des meilleurs. Si vous faites ça pendant 3 mois euh une fois par semaine, je vous assure que psychologiquement, ça commence à peser. Donc effectivement, ce ce ce ce schéma-là va être compliqué à dupliquer euh pendant plusieurs semaines. [grognement] Merci Rudy Mana. C'était important aussi d'entendre un policier. Ce qu'il dit en fait en substance, il va pas jusque-là mais c'est que il pourrait presque être à votre côté Bah écoutez, rendez-vous à la prochaine manifestation alors. Parce qu'il travaille. Ah bah Mais vous pensez que ce sont des J'appelle à la grève aussi euh voilà pour ceux qui euh pensent que leurs salaires sont sont trop Ah bah oui, qu'est-ce que vous voulez que je vous ? Bah ça veut dire qu'en fait Non mais de toute façon, moi j'ai aucun doute que

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l'État il maltraite y compris ceux qui euh ceux qu'il appelle à défendre euh sa une politique qui est en réalité exclusivement au service euh des plus riches et de la bourgeoisie. Donc effectivement, je ne les envie pas. Je n'envie pas leur leur leur métier. Je pense qu'ils sont appelés en fait à faire le sale boulot et voilà, ça doit être extrêmement difficile pour eux mais en aucun cas en aucun cas, il est euh normal de faire reposer la responsabilité de ce qui a pu se passer le 17 octobre sur les épaules de ceux qui ont manifesté. Voilà. Et moi je je j'entends tout à fait et j'ai été choquée comme vous d'ailleurs de ce qui s'est passé pour les petits commerçants

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et j'ai j'ai partagé leur désarroi mais vous voyez, en même temps en même temps, je me suis dit mais quand même, cette émotion là qui euh est tout le pays était invité à partager hein cette cette stupeur et cette émotion et cette détresse vis-à-vis des petits commerçants. Je me suis dit qu'est-ce que j'aimerais qu'un jour il y ait ce même élan face à une usine qui ferme. Parce que vous savez, vous prenez une grande usine comme Continental, la fonderie de Bretagne, les entreprises là de l'automobile à Poissy, Stellantis ou Flin qui sont qui vont qui vont sans doute fermer. Ce sont quand même des milliers de travailleurs qui se retrouvent

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dans une situation qui est vertigineuse pour le pour eux. Ils perdent leur gagne-pain. Hmm. Ils [raclement de gorge] perdent ils ils ils perdent leur gagne-pain. Ils ne savent pas s'ils vont pouvoir garder la maison pour laquelle ils sont endettés et qu'ils n'ont pas fini de payer. C'est une vie qui s'effondre. Et ça si vous voulez, c'est vrai pour des centaines de milliers de femmes pour obtenir quelque chose vous je sais, c'est que ces femmes et ces hommes qui se retrouvent ensuite sans rien, à pointer au chômage, à être en plus accusés d'être des fainéants, d'être des moins que rien, voire même d'être des profiteurs. Les gens qui sont qui qui ont qui qui qui qui ont laissé leur santé sur le bout au boulot, qui sont invalides, qui ont droit à une allocation et cetera. La détresse que

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c'est. Et bien je peux vous dire que voilà, qui en parle de ? Et c'est cette détresse-là ces revendications, de ces détresses. qui accumulées là aujourd'hui sont en train d'exploser en fait, de mobilisation. vous cette détresse, comment vous imaginez la suite en ? On voit bien que les réponses qui seraient potentiellement apportées par le gouvernement pour les lycéens sur la revalorisation du SMIC ne vont pas vous contenter. Donc pour répondre à cette détresse, vous qu'est-ce que vous comptez ? Vous comptez manifester tous les samedis voire plus jusqu'à la présidentielle ou est-ce que vous demandez la démission du président de la République d'ores et déjà maintenant une présidentielle ? Alors, vous avez parlé effectivement de cette aumône là sur le SMIC, 15 euros,

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vous vous rendez ? Ah mais si le gouvernement fait ça, il va mettre le feu aux poudres parce que c'est vraiment bah du foutage de gueule en fait. Les gens, ils ont pas besoin de 15 euros de plus, ils ont besoin de 200, de 300, de 400 euros de plus sur le SMIC pour avoir une vie digne, pour qu'on se moque pas d'eux en fait. Et moi j'ai j'espère que tous ceux qui sont dans cette situation là, bah bien sûr ils vont venir le dire. Et vous savez, il y a la la perspective du 5 novembre. Pour moi, c'est une perspective importante parce qu'en effet, il faudrait que les manifestations, vous voyez, ça soulagerait même peut-être le policier qu'on a entendu tout à l'heure. Bah les manifestations, moi je suis pour qu'elles soient y compris dans les entreprises. Dans les entreprises et

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qu'elles soient tournées dans avec les revendications tournées vers le patronat. Mais dans les entreprises, les entreprises, il faut aussi qu'elles bossent, qu'elles tournent pour faire tourner l'économie. Elles tournent et je peux vous dire qu'elles font du profit. Vous avez vu les résultats des grandes entreprises sur cet été. Quand même les les 40 plus grandes entreprises, celles qui sont cotées au CAC 40, donc elles ont annoncé des profits en augmentation de 70 % comparé à l'année précédente. Vous vous rendez ? Donc des profits et les les milliards qui sont distribués aux actionnaires sont sont à peu près les mêmes chaque année. On est à 70, 80 milliards par an. Que le mot d'ordre de grève qui a été lancé par la ? Pour le 5 l'intersyndicale pour le 5

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novembre. Est-ce que ça va ? Les les il va y avoir une Je pense une amplification Je pense qu'il y a un changement d'état d'esprit dans le monde du travail. Je pense qu'en effet les jeunes ont ouvert une brèche et ont ont redonné confiance finalement dans le fait que collectivement on peut peser en effet, et je pense que cette contestation, oui, elle finit par rentrer dans les familles, qu'elle finit par rentrer dans le monde du travail. Il y avait pas mal de travailleurs, si vous voulez, déjà, dans les cortèges là, ce samedi et samedi dernier, mais ils étaient venus individuellement. Et ben, moi, je pense que le 5 novembre, ils peuvent venir groupés, ben, peut-être par vague de de de plusieurs centaines.

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Et ça, je peux vous dire que ça pèserait autrement que ce qui s'est passé jusqu'à présent, en effet. Et vous savez, nous, notre politique, c'est de dire que les travailleurs, y compris au travers de la grève, ils pèseraient 1000 fois plus que tous ceux qui essaient de monter des barricades, je ne sais trop où. Ah, donc, vous vous dites manifestation plus grève, oui, victoire. Pardonnez-moi, il y a il y a quelque chose que je comprends pas dans votre raisonnement. Une entreprise qui marche bien, une grande entreprise qui marche bien, d'abord, ça évite de faire faillite et de mettre des gens sur le carreau, donc de les retrouver dans la situation de chômage que vous décriviez tout à l'heure. Et puis, deuxièmement, pardonnez-moi, mais il y a un point que

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je ne comprends pas, c'est qu'il ne faut pas, à mon à mon sens, opposer salariés et actionnaires. Beaucoup de salariés sont actionnaires de l'entreprise dans laquelle ils travaillent. Plus cette entreprise dégage des bénéfices, plus ces salariés-là récupèrent le fruit de ce travail qui est d'ailleurs leur travail, leur entreprise tourne bien grâce à leur travail, ils en récupèrent le fruit par leur salaire et par leurs actions. Oui, alors, ça, c'est c'est votre monde imaginé là, hein. Ah non, c'est le le quotidien de beaucoup de salariés aujourd'hui en France. [rires] Excusez-moi, mais euh je prends un exemple d'une entreprise qui marche très bien, la Sodexo. La Sodexo, ce grand groupe de la restauration collective, 1100 suppressions d'emplois. Voilà. Et

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des gens qui font des boulots difficiles euh et ben, qui sont virés. Et ben, ceux qui resteront au boulot, il faudra qu'ils fassent le travail de deux et de trois, et les autres, et ben, ils iront galérer à France Travail. Et puis, vous êtes en train de me dire qu'une entreprise qui marche très bien, elle redistribue. Mais non, mais pas du tout. Toutes ces entreprises qui marchent très bien, elles écrasent, elles écrasent les salaires, elles augmentent les cadences. mieux des entreprises qui vont mal que des entreprises qui vont bien, ? Ce que je suis en train de vous dire, c'est que les entreprises, quand vous dites elles vont bien, elles vont bien que pour les actionnaires et que elles ne vont jamais bien pour les travailleurs parce que cet argent il est

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le fruit du labeur et vous savez là vous avez parlé de pillage mais le premier pillage dans la société c'est celui-là, c'est le pillage de l'exploitation, c'est-à-dire que vous avez des millions de travailleuses et de travailleurs qui ne voient pas le fruit de leur labeur, qui bossent dur, qui produisent toutes les richesses et finalement ils en voient pas la couleur et ça c'est du vol. C'est du vol légalisé ah là il y a pas de problème personne n'en parle, on parle pas de pillage hein non on parle du pillage quand il s'agit des jeunes des quartiers et de déconsidérer voilà et de de d'avoir aussi son petit son son son petit refrain son petit refrain raciste mais ce pillage là en grand de la classe capitaliste qui met en effet le monde du travail en coupe

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réglée et la planète toute entière en coupe réglée bah ça voilà ça passe crème et moi c'est pour ça que je combats. Nathalie Arthaud et le climat quand même de tension dans lequel on est ça on est bien d'accord Comment vous expliquez que Marine Le Pen soit celle qui prenne l'avantage notamment depuis samedi dernier dans les ? 58 % du vote ouvrier dans les sondages pour Marine Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle qu'est-ce que ça vous ? Non mais c'est pas depuis samedi dernier. Non mais Non mais alors il y a il y a deux choses il y a le vote ouvrier mais le fait que elle semble être la politique la la responsable politique la moins sanctionnée par les Français lorsqu'ils sont interrogés sur les responsabilités de ce qui s'est passé samedi dernier.

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Là-dessus et ensuite sur le vote ouvrier parce que c'est intéressant. Comment vous expliquez ? Non mais écoutez moi je je connais pas ces sondages j'en sais rien je sais pas quel crédit il faut leur apporter ce que je sais c'est qu'en effet elle elle s'est tenue très très loin de ces manifestations mais parce que justement en réalité elle elle veut les votes des ouvriers qui rejettent massivement ce qu'ils ont vu au pouvoir et notamment la gauche parce qu'ils se sont sentis trahis par la gauche au pouvoir. Donc elle veut bien leur vote mais elle ne représente absolument pas les intérêts des travailleurs. Voilà, c'est pas Marine Le Pen qui va se battre pour une des augmentations de salaire. Ça c'est une évidence, c'est pas elle qui va imposer de prendre sur les profits pour

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embaucher pour embaucher les jeunes et donner leur donner une perspective, leur donner la possibilité de démarrer leur vie. Non, elle veut rien imposer elle au grand patronat. Elle roule pour le grand patronat tout simplement. Mais c'est ce que je vous expliquais, c'est que voilà aujourd'hui avec cet électoralisme et cette idée que voilà, il faut choisir alors les uns les autres. Bah voilà, c'est celle qui n'a pas gouverné, n'est-ce ? C'est celle qui quelque part n'a jamais eu la responsabilité Oui, sauf que si vous voulez moi ce que je dis avec beaucoup d'éloquence. Donc il il pourrait voter pour vous. Oui, il vote pour Le Pen, c'est vrai. Oui, mais vous le savez pertinemment. Moi j'appelle Vous ? Écoutez. Euh j'appelle moi les travailleuses et les travailleurs à compter sur leur

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force collective, à se battre. Je leur dis que y compris ça suffit pas de voter mais même pas pour Nathalie Arthaud en fait parce que il faut qu'on se fasse respecter. Et le monde du travail pour se faire respecter, il a toujours eu à sa disposition que sa force collective. Parce que vous voyez qu'y compris dans une élection, on ne vote pas pour la famille Peugeot, pour les actionnaires d'Auchan, on ne vote pas pour les actionnaires et la famille euh multimilliardaire de Sodexo. On ne vote pas pour ces gens-là et on ne vote pas pour leur politique en fait. Et et le problème c'est bien ça, c'est qu'on devrait pouvoir voter pour définir nos salaires, nos conditions de travail, pour que on devrait nous travailleurs avoir la main sur ce qu'on produit, comment on organise la production, euh

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où où où où vont aller les profits. Mais bien sûr ce qu'on gagne, on devrait organiser Oui. Moi je suis Moi je suis à gagner combien ? Ah ben déjà moi je je suis convaincue qu'à moins de 2200 euros nets par mois, on peut pas avoir une vie digne aujourd'hui dans ce pays. Et pour moi, c'est un minimum qui me paraît être un objectif de combat que sur lequel on pourrait tous s'entendre. Et il faudrait évidemment, si on veut pas se retrouver appauvri, vu l'inflation, vu ce racket, ce pillage, un autre pillage, hein, euh le pillage des compagnies pétrolières que nous subissons quand tout passons à la à la pompe à essence, et bien il faudrait bien sûr indexer les salaires, tous les salaires sur sur les prix. Donc moi je

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je je milite pour ça mais oui, je milite pour qu'il y ait une véritable démocratie et qu'on que on puisse voter, pas que pour des pantins, pour des marionnettes du genre de Macron qui vont faire le service après-vente de la bourgeoisie, mais qu'on puisse voter en effet pour euh décider de nos salaires, nos conditions de travail, ce qu'on fait, organiser l'économie collectivement. Moi je suis communiste, hein. Je suis communiste très révolutionnaire, si vous voulez, donc c'est ça mon programme. C'est ça votre programme et c'est assez cohérent effectivement avec votre parcours. Merci beaucoup Nathalie Arthaud d'avoir été avec nous.