Bourdin Direct du 4 juin - 8h/9h
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:14OuverteRéponse directe
Pourquoi les écoles ne sont-elles pas totalement réouvertes ?
- 1:47RelanceRéponse directe
Qu'est-ce qui bloque la réouverture totale des écoles ?
- 1:53OuverteRéponse directe
Le pédiatre Christophe Batard préconise-t-il une réouverture large ?
- 2:18OuverteRéponse directe
Quels sont les résultats de l'étude sur les enfants et le Covid-19 ?
- 9:03OuverteRéponse directe
L'étude confirme-t-elle que les enfants sont peu contagieux ?
- 15:54OuverteRéponse directe
Pourquoi la France a-t-elle des stocks de masques invendus ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11InvitéFait
« Les enfants sont très peu contagieux et ne contractent quasiment pas le Covid-19, résultat d'une étude menée par le pédiatre Robert Cohen. »
- 0:51InvitéFait
« Les enfants sont non seulement très peu contagieux, mais qu'en plus, ils ne contractent quasiment pas le virus. »
- 10:09PrésentateurChiffre
« Seuls 11 enfants sur tous ces enfants ont eu un test PCR positif, soit 1,8%. »
- 10:20PrésentateurFait
« Ces enfants avaient en même temps des anticorps pour la plupart d'entre eux. »
- 12:43InvitéFait
« On est trop précautionneux, franchement, professeur. On est largement trop précautionneux, très largement trop précautionneux. »
- 13:00InvitéPromesse
« Il faut absolument assouplir les règles sanitaires pour l'ouverture. »
- 17:50PrésentateurFait
« Le gouvernement décrète la mobilisation nationale. »
- 18:32PrésentateurChiffre
« Un masque lavable et réutilisable 20 fois en France pour le produire, c'est à peu près 3 euros. »
- 18:41PrésentateurChiffre
« Les masques qu'on fait venir en provenance d'Europe centrale, d'Asie, de Chine, c'est quelques dizaines de centimes d'euros. »
- 20:42PrésentateurChiffre
« Votre liste au premier tour des municipales à Paris a obtenu 22,7% le 15 mars contre 29,3% pour Anne Hidalgo. »
- 22:05InvitéFait
« La lutte contre les inégalités à l'école, ça commence depuis la crèche, depuis l'école maternelle et l'école primaire. »
- 25:15InvitéFait
« Elle ne devait pas revenir dans cette campagne municipale. »
- 27:02InvitéFait
« Le système sanitaire a tenu le coup. Grâce, a-t-elle dit, je suis la première ministre à avoir fait autant pour l'hôpital. »
- 28:30InvitéFait
« On peut me reprocher plein de choses. Moi, on ne peut pas me reprocher le manque de clarté. »
- 30:09InvitéFait
« Divers droite. Elle n'est pas républicaine. »
- 33:42InvitéFait
« On a souhaité apaiser. On a ouvert une instruction. Les partis ont eu accès au dossier. »
- 34:04InvitéFait
« l'affaire a été mal emmanchée. »
- 34:10InvitéFait
« des déclarations du procureur. »
- 34:12InvitéFait
« il y a eu des expertises dont on n'a pas eu connaissance tout de suite. »
- 34:25InvitéFait
« Certains disaient que c'était effectivement une mort par asphyxie. D'autres ont dit que c'était lié à une pathologie. »
- 34:40InvitéFait
« Moi, je pense qu'à un moment donné, il faut revoir la doctrine. »
- 35:16InvitéFait
« j'ai parlé à Emmanuel Macron depuis très longtemps de ce qui se passe dans nos quartiers populaires. »
- 35:33InvitéFait
« il ne me l'a jamais proposé. »
- 35:42InvitéFait
« Simplement, je l'alerte et moi, je lui ai toujours dit des choses, y compris parfois très désagréables, sur, effectivement, des choses dont il ne tienne pas compte. »
- 35:59InvitéFait
« il y a peut-être encore de racisme comme partout dans les présents. »
- 36:01InvitéFait
« Pourquoi je suis devenue magistrat, d'après vous, M. Bourdin ? »
- 37:40InvitéFait
« les Français ne sont pas racistes. Il n'y a pas de racisme d'État. Mais le racisme existe en France. »
- 38:06InvitéFait
« Le racisme social, M. Bourdin. »
- 38:10InvitéFait
« La crise des Gilets jaunes, c'est quoi ? Effectivement, problème de pouvoir d'achat. »
Temps de parole
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Vous écoutez RMC, jeudi 4 juin, l'info sur RMC. Céline Kalman est là pour les infos, il est 8h04. Céline, bonjour.
Bonjour à tous. Les enfants sont très peu contagieux et ne contractent quasiment pas le Covid-19, résultat d'une étude menée par le pédiatre Robert Cohen. Il sera sur RMC juste après ce journal. Il préconise une ouverture plus large des écoles. L'affaire Madima Khan relançait un pédophile multirécidiviste actuellement incarcéré en Allemagne, qui se trouvait au Portugal lors de la disparition de la fillette il y a 13 ans. Puis les syndicats et patronats à l'Elysée cet après-midi, objectif trouver des solutions pour préserver l'emploi durement touché par la récession liée à la crise. Bienvenue à tous sur RMC.
Les médecins ont longtemps pensé que le Covid-19, il a paru que les enfants étaient des vecteurs du virus en puissance. Sauf que, pas du tout. Une étude menée par le professeur Robert Cohen, vice-président de la Société française de pédiatrie, démontre que les enfants sont non seulement très peu contagieux, mais qu'en plus, ils ne contractent quasiment pas le virus. D'où cette question. Faut-il maintenir les conditions sanitaires drastiques imposées en ce moment dans les écoles ? Les médecins appellent à un retour à la normale. Rémi Inc, Mahoubecker-Granier.
Oscar Nevant est en CM1. En ce moment, il va à l'école un jour par semaine, le mardi,
et il aimerait beaucoup y aller plus souvent pour voir ses amis.
Comme ça, je peux les voir un peu plus et de deux, être un peu plus en liberté dans la cour, parce qu'ici, on est un peu en prison.
Sa maman, Sophie, mère de deux autres enfants, ne comprend tout simplement pas ce qui empêche la réouverture totale des établissements scolaires.
Là, on apprend avec cette étude que le risque est relatif. Qu'est-ce qui coince ? Qu'est-ce qui coince pour que cette jeunesse-là reprenne un rythme normal, et d'un, par souci intellectuel, et puis par conséquences psychologiques ? Qu'est-ce qui coince ?
Christophe Batard est l'un des pédiatres qui ont participé à cette étude. Pour lui, le protocole sanitaire mis en place dans les écoles est trop strict.
Il faut donc réouvrir les écoles largement et faire que les enfants retournent tous à l'école pour que la vie et le travail des adultes reprennent avec les mesures barrières.
Ce sont le plus souvent les adultes qui contaminent les enfants, et non pas l'inverse, explique le pédiatre.
Et le professeur Robert Cohen sera votre invité, Jean-Jacques, juste après ce journal. L'OMS révise sa position sur les tests de l'hydroxychloroquine comme remède au coronavirus. L'Organisation Mondiale de la Santé autorise de nouveau les tests après le rétro-pédalage du journal médical de Lancet. L'Agence Française du Médicament affirme qu'elle va réexaminer sa position. 15h cet après-midi, troisième réunion avec les partenaires sociaux depuis le confinement. Et cette fois, les syndicats et le patronat seront en chair et en os à l'Elysée. Il sera évidemment question de préserver l'emploi au maximum. Il sera aussi question de l'apprentissage.
La crise du coronavirus a marqué un coup d'arrêt aux embauches. En Charente-Maritime, à Bourse-Franc-le-Chapu, à côté de l'île d'Oléron, Nicolas Paolersi est allé à la rencontre d'un plombier chauffagiste. Ils se connaissent depuis plus de trois ans. Logan a fait tous ses stages de quatrième et troisième chez Eric. Le contrat d'apprentissage était prêt à être signé, mais la crise sanitaire et économique a changé la donne. Eric Larigaldi. Une possibilité d'assurer un chiffre d'affaires constant et raisonnable, en tout cas en rapport avec ce que je faisais les autres années. Du coup, la décision a été prise de retarder la signature du contrat avec Logan.
Une décision difficile à encaisser pour Logan, 17 ans. Avec le Covid-19, c'était difficile. Je ne savais pas dans quelle direction me mettre après. Eric Larigaldi vit mal la situation. Le plus dur, c'est vis-à-vis de lui, en fait. Je me sens responsable, entre parenthèses, de son avenir. Je n'arrive pas à assumer complètement la chose, malgré tout, humainement, justement. Eric attend désormais un geste de l'État pour la survie de son entreprise. Les reports de charges, c'est bien, mais moi, je pense que ces charges-là, il faut les faire sauter. Si la boîte coule, les charges ne seront pas payées. Ce n'est pas de l'argent qui va rentrer pour l'État non plus.
Eric espère que la situation se redressera rapidement, avec l'espoir de pouvoir enfin embaucher Logan. Attention, date limite pour faire sa déclaration d'impôt en ligne. Vous avez jusqu'à ce soir, si vous habitez les départements de 1 à 19, un peu plus pour les autres. Et pas la peine de se déplacer pour vous faire aider. Les centres et trésorerie sont toujours fermés, au grand désespoir de certains contribuables. Reportage en Seine-et-Marne de Romain Poiseau.
Un centre des impôts qui reste sous confinement et des citoyens qui réclament des conseils au portail, à l'interphone.
Vous nous téléphonez quand vous serez de retour à la maison ?
Oui, seulement les conseils au téléphone ne sont pas toujours suffisants pour remplir correctement sa déclaration, comme l'a constaté Kevin.
On m'a donné une réponse, mais qui n'est toujours pas claire. Pour moi, je n'ai pas accroché cette case-là. Je sens que je vais avoir une surprise, à cause d'une éventuelle demi-part supplémentaire. Yaya, 40 ans, lui aussi s'est cassé de nez devant la porte du centre des finances publiques. Il ne comprend pas la raison de cette fermeture. Partout, c'est ouvert, sauf les impôts. Il a été fermé pendant trois mois. Il est nécessaire d'ouvrir pour recevoir les gens, surtout pour la déclaration d'impôt.
La raison invoquée par le centre des impôts... Les dispositifs de protection ne sont pas suffisants pour accueillir les usagers sans rendez-vous. Guillaume Le Fierre, du syndicat Solidaire Finance Publique, estime qu'il y aura des laissés pour compte. On souhaitait le report de cette campagne d'impôt sur le revenu.
Maintenant que cette campagne se déroule en mode dégradé, il y a toute une partie de la population qui va être oubliée, puisque l'accueil physique, c'est 4,5 millions d'usagers.
Tout ne se résout pas sur un coup de téléphone. Le syndicat redoute une augmentation importante des contentieux cette année.
RMC, 8h09, la requalification en meurtre du décès de George Floyd. C'est ce que réclamaient depuis du jour des centaines de milliers d'Américains. Le policier à l'origine de la mort de l'afro-américain a été inculpé de meurtre au second degré, l'équivalent d'un homicide volontaire sans préméditation. Les trois autres policiers présents lors de l'interpellation sont aussi poursuivis. Cédric Fech, vous êtes le correspondant d'RMC aux Etats-Unis. Ça y est, les quatre policiers impliqués dans la mort de George Floyd ont tous été arrêtés. Les trois derniers policiers ont été arrêtés hier et inculpés pour complicité d'homicide.
Ce sont les trois collègues du premier policier arrêté vendredi dernier, quatre jours après les faits, celui qui avait maintenu son genou sur le cou de George Floyd. Alors lui, il était inculpé pour homicide involontaire, c'est désormais un homicide volontaire. Il risquait 25 ans de prison, c'est désormais 40. Et ses trois collègues risquent eux entre 10 et 40 ans de prison. Les obsèques de George Floyd commencent aujourd'hui à Minneapolis avec un service funéraire. Un second service funéraire lui sera rendu samedi en Caroline du Nord où il est né. Et il sera enterré mardi à Houston où il a passé la plus grande partie de sa vie.
Maddy avait quasiment 4 ans lorsqu'elle a disparu de la chambre d'hôtel au Portugal dans lequel séjournait sa famille pour les vacances. C'était en 2007. 13 ans après les faits. Cette disparition mystérieuse qui a connu de nombreux rebondissements est peut-être en train d'être illucidée. Les policiers britanniques, portugais et allemands s'intéressent à un nouveau suspect, délinquant sexuel déjà condamné à plusieurs reprises. Marc Cranwell est inspecteur en chef de la police britannique. Le suspect est de nationalité allemande emprisonné dans une autre affaire. Il est blanc, il a 43 ans maintenant. A l'époque, il avait 30 ans, mais il aurait pu en faire entre 25 et 32.
Il y a sûrement eu des personnes dans le passé qui ont pris peur et n'ont pas parlé à la police. Vous savez peut-être certaines des choses qu'il a faites alors. Je m'adresse à tous ceux qui pourraient avoir des informations. Il vous a peut-être confié la disparition de Maddy et ce qu'il s'est passé cette nuit-là. Cinq départements du Sud-Est en vigilance orange inondation. Hier soir, de violents orages ont traversé l'île de France, accompagnés parfois de grêles. Pas de festival de Cannes cette année, vous le savez, mais il y a quand même eu une sélection officielle rendue publique hier par le festival.
56 films retenus et qui pourront utiliser le label de la sélection officielle lors de la diffusion dans les salles. Romain Cluzel. Les réalisateurs se sont bousculés pour présenter leurs films au festival malgré l'annulation. 2067 films cette année, un record apprécié par Pierre Lescure, président du festival.
Ça ne pouvait pas s'arrêter et on sentait que ça butait contre la porte du cinéma fermé qu'allait ouvrir un jour, il fallait qu'on soit là pour l'accompagner. Je pense que c'est l'illustration émouvante et très spectaculaire de la force annuelle sur 365 jours du festival de Cannes.
Dans la liste des réalisateurs habitués de la croisette comme My Wayne, Steve McQueen ou Wes Anderson qui présentent The French Dispatch. Mais aussi des nouveaux comme l'acteur Vigo Mortensen qui s'essaye derrière la caméra. Pas de palmarès pour départager ses films mais ce n'est pas l'essentiel pour le délégué général du festival Thierry Frémont.
Puisqu'il y a 60 millions de sélectionneurs, chacun pourra à partir de cette liste-là faire la sélection officielle d'un Cannes qui eût pu avoir lieu.
Certaines sorties auront lieu dans quelques semaines comme celle du film de François Ozon, Été 85, prévu le 15 juillet. Et je rappelle que les cinémas rouvrent le 22 juin, Jean-Jacques.
Oui, le 22 juin. On a hâte aussi de retourner au cinéma. Bien, il est 8h13. Le professeur Robert Cohen est avec nous. Merci d'être là, professeur. Vous êtes pédiatre, infectiologue à l'hôpital de Créteil dans le Val-de-Marne pendant le confinement. Nous nous sommes eu, nous avons beaucoup parlé des enfants avec vous. Et là, vous nous parlez d'une étude très intéressante. Je trouve vraiment très très intéressante sur les enfants. Étude qui montre combien les enfants sont épargnés par ce virus, par ce coronavirus. Ça confirme ce qu'on savait, professeur, ce qu'on présentait, professeur Cohen.
Ça confirme ce qu'on présentait et les résultats sont presque plus favorables que ce qu'on attendait encore. Alors, je rappelle, je vais donner la condition de l'étude. Entre le 23 avril et le 12 mai, 27 pédiatres, 27 pédiatres ont testé au hasard, je dis bien au hasard, c'est très important, 605 enfants d'Île-de-France. Alors qu'à ce moment-là, l'Île-de-France était la région la plus touchée par l'épidémie. 53% étaient asymptomatiques et 283% symptomatiques. Seuls 11 enfants sur tous ces enfants ont eu un test PCR positif, soit 1,8%. C'est ça ? Oui. Ça, c'est ce qu'on attendait.
Mais ce qu'on s'est aperçu aussi, c'est que ces enfants avaient en même temps des anticorps pour la plupart d'entre eux. Ah bon ? Ça veut dire que ceux qui étaient contaminés avaient des anticorps. Ça plaide pour deux choses. La première, c'est qu'ils n'étaient probablement pas contagieux. Ce qu'on confirme par la technique de PCR que nous avons utilisée, où qu'ils montrent en fait sur ces 11 enfants, il y avait peut-être 3 ou 4 qui étaient potentiellement contaminants. Voilà. Les autres ne l'étaient pas. Même pas. On ne sait même pas si les 3 ou 4 étaient contaminants. Ils étaient potentiellement contaminants. Et les autres, non.
Et les autres avaient déjà des anticorps et avaient des PCR à des titres très faibles, des concentrations d'anticorps très faibles et très incomplètes. Donc tout ça montre que le risque était extrêmement faible. Et on voit aussi que ce sont les parents qui les ont contaminés à 90%. Il y a toujours eu un parent malade avant eux. Bon, on était dans la période du confinement. Ils ne pouvaient pas se contaminer trop par les autres enfants des écoles. Mais c'est comme ça. C'est la transmission, depuis le départ, on sait qu'elle se fait plutôt du sens adulte-enfant et pas enfant-adulte, pas enfant-enfant. Et le fait d'avoir des frères et soeurs ne changeait pas le risque de contamination.
Ne changeait pas le risque de contamination. Mais c'est très intéressant. Alors, évidemment, il faut savoir pourquoi. Mais ces derniers temps, j'ai beaucoup parlé ici de l'immunité croisée. C'est-à-dire que les enfants sont bien souvent victimes de rhumes ou de petites syndromes grippos. Ils ont le nez qui coule en permanence. Et ce sont souvent des coronavirus, ces rhumes. Très souvent. Pas que des coronavirus. Pas que des coronavirus. Mais des virus, dans tous les cas. Et on les trouve même chez des enfants qui n'ont pas de symptômes. Le coronavirus, les coronavirus, les autres, sont très bien adaptés à l'homme, très bien adaptés aux enfants.
Et on trouve très souvent des coronavirus dans nos prélèveurs. Ça veut dire quoi ? Que peut-être que les enfants sont immunisés par tous ces petits rhumes, face même à ce nouveau coronavirus. Et il y a une autre hypothèse. C'est aussi que du fait que les enfants sont très souvent d'autres virus, même que le coronavirus, ont une immunité plus entraînée que celle de l'adulte. Ah d'accord. C'est ce qu'on appelle l'entraînement immunitaire. C'est un concept qui est apparu de ces derniers mois ou années. Où on montre que vraiment, quand ils ne connaissent pas un microbe, ils font plutôt mieux que nous, que plutôt moins bien. Quand ils ne le connaissent pas.
Quand ils ne le connaissaient pas encore. Mais vous, qui êtes pédiatre, vous devez être heureux de ça. Nous, on est heureux. Ce qui nous a rendu malheureux, c'est le fait qu'on a été tellement lent pour la réouverture des écoles. Oui, oui, on est trop précautionneux, franchement, professeur. On est largement trop précautionneux, très largement trop précautionneux. Il faut absolument assouplir les règles sanitaires. Je posais la question au ministre mardi, mais bon, il avait l'air d'être réticent. Il faut absolument assouplir les règles sanitaires pour l'ouverture. Si on veut que l'école remarche. Si on veut que l'école remarche, c'est évident. C'est évident.
Aujourd'hui, c'est bien pour les parents, c'est bien pour les enfants. Je dis, d'abord, c'est bien pour les enfants. Vous êtes pédiatre. Oui. C'est bien pour les enfants que l'école remarche remarche. C'est un risque extrêmement faible. Et tout ce qu'on voit des pathologies liées à l'absence des autres enfants liées à l'école, on voit énormément de patients qui viennent nous voir parce qu'ils ont des troubles psychologiques ou des troubles psychosomatiques, voire de vraies maladies liées à l'absence de l'école. Donc, ce n'est pas sans risque. Il y a de plus en plus d'enfants qui souffrent de troubles liés à l'absence de l'école. Mais c'est ça.
C'est-à-dire que si on pouvait dire, bon, on ne veut pas prendre de risque. Ça n'existe pas, ne pas prendre de risque. Puisque c'est prendre de risque sur d'autres choses. Oui. C'est-à-dire peut-être réduire un peu le risque de coronavirus qui est infinitésimal comme on l'a vu, mais augmenter ce risque de pathologie psychologique, psychiatrique et somatique. C'est ça qu'on veut faire passer. Et les vacances arrivent derrière, ça ne sera pas un mois sans école. Ça sera finalement six mois sans école. C'est ça la vérité. Et les dégâts, franchement, ça peut faire des dégâts. Tout à fait, ça fait des dégâts en décrochage scolaire, ça. Oui.
Tout le monde a bien compris, mais ça fait des dégâts sur la psychologie et sur les maladies psychosomatiques. C'est-à-dire les enfants ? Par exemple, je vous donne un exemple. À ma consultation, je vois presque un enfant sur trois ou quatre qui vient pour douleur abdominale. On sait que par définition, les enfants ne sont pas bien, ils ont mal au ventre. Ou ils viennent pour des maux de tête intenses sans cause. En fait, la cause, on sait très bien ce que c'est. C'est leur désarroi psychologique qui déclenche ces symptômes. Et de temps en temps, c'est des pathologies plus graves. Il faut qu'on soit extrêmement attentions et ne pas dire pas de risque, on fait un protocole sanitaire.
Ne le faire, c'est augmenter le risque pour beaucoup d'autres choses. Et le bilan à la fin, je pense, risque d'être très lourd. Le bilan risque d'être négatif. C'est-à-dire qu'on veut tellement protéger qu'on oublie. Mais pardon, je vais être très dur. Qui veut se protéger ? Ce ne sont pas les enfants. Ce sont les adultes qui veulent se protéger. Encore une fois, les adultes qui pensent à eux et qui ne pensent pas au bonheur et au développement des enfants. Ça, c'est une règle depuis quelques dizaines d'années de notre société, je pense. Oui. Mais vous, pédiatre, ça doit vous faire enrager. Clairement.
Ça nous fait clairement enrager de voir que finalement, c'est eux qui payent une facture très importante à une pathologie qui n'était pas grave pour l'immense majorité d'entre eux. Clairement. Merci, professeur Cohen, d'être venu nous voir ce matin. Passionnant. Vous êtes toujours passionnant. 8h20. Merci d'être avec nous. Mathieu.
À suivre. Les entreprises françaises ont produit des masques en masse. Eh bien, ça n'a servi strictement à rien. Guillaume Folle va nous expliquer pourquoi dans un instant sur RMC.
RMC. Vos mains directes.
Philippe est en colère. Comme Robert Cohen, Philippe nous écrit en disant, c'est vraiment pitoyable. C'est dégueulasse ce qu'on nous a fait croire. On nous a foutu la trouille avec de dire que les enfants étaient très contaminants. On ne se rend pas compte de toutes les conséquences que ça a eues. Le gardiennage, le travail, la liberté des enfants. Gérard nous dit évidemment qu'il faut rouvrir les écoles comme avant. Y remettre tous les enfants. Parce qu'en plus, ils vont prendre un retard énorme. Bertrand nous dit pareil pour les colonies de vacances. Il faut absolument que les enfants puissent y accéder cet été. Les professeurs le veulent aussi.
Alain nous dit, les profs, sur 160 profs dans mon lycée, il n'y en a que 10 qui ne peuvent pas reprendre pour raison de santé. Nous, nous voulons reprendre, dit Alain. Cri du cœur ce matin. Et puis Cédric témoigne aussi. Son fils est retourné au collège pour déposer des documents. Il y retourne la semaine prochaine. C'est devenu un boomer. On en fait beaucoup trop. Le fils de Cédric, comme tous ses camarades, veulent absolument retourner à l'école le plus vite possible. RNC, 6h-9h. Bonne indirecte.
Il est 8h25, Guillaume Paul est avec nous. Bonjour Guillaume. Bonjour Jean-Jacques. Alors, quand même, la France, c'est un pays un peu à part dans le monde. Eh bien, nous avons cruellement manqué de masques et tout le monde a dénoncé. Et voilà qu'aujourd'hui, nous nous retrouvons avec un énorme stock de masques, de masques en tout genre et notamment de masques en tissu invendus. C'est surréaliste. Pour comprendre l'histoire, Jean-Jacques, il faut revenir un peu plus de deux mois en arrière. Rappelez-vous, on est à la mi-mars. Le gouvernement cherche des masques absolument partout. Apparemment, c'est très difficile d'en faire venir rapidement de l'étranger.
Donc, le gouvernement décrète la mobilisation nationale. Et en France, vous avez environ 300 PME disséminés un peu partout qui, pour soutenir l'effort de guerre, disent « Bon, on va chambouler nos organisations. On va faire des masques en tissu, la règle est réutilisable. » Donc, elles commencent à en produire. Alors, d'abord pour les personnels hospitaliers, parce que c'est la priorité. Et puis, on se rend compte au fur et à mesure qu'en fait, c'est toute la population française qu'il va falloir équiper en masques. Donc, elles produisent de plus en plus. La région Auvers-Grenal, par exemple, les PME vont arriver très vite à produire 5 millions de masques par semaine.
Et l'État, qui est toujours complètement déboussolé, dit « Ah ben voilà, je vous passe en masse de grosses, grosses commandes. » Et puis, les semaines passent. Et puis, qu'est-ce qui arrive ? Finalement, l'État, à force de persévérance, arrive à faire venir ces masques de l'étranger qu'il avait commandé. Et ils sont beaucoup moins chers, forcément, ces masques. Pour vous la faire courte, un masque lavable et réutilisable 20 fois en France pour le produire, c'est à peu près 3 euros. Les masques qu'on fait venir en provenance d'Europe centrale, d'Asie, de Chine, c'est quelques dizaines de centimes d'euros.
La semaine dernière, encore, le gouvernement a passé une grosse commande de masques du Vietnam. 10 millions de masques du Vietnam pour quelques dizaines d'euros. Alors, si j'ai bien compris, on passe des commandes de masques en tissu au loin, alors qu'on a des fabricants en France. D'un seul coup, on n'a plus de masques en tissu fabriqués en France. Ce qui se passe, c'est que depuis une semaine, l'État est en train de dire à toutes ces PME, écoutez, on vous remercie, mais maintenant, on a ce qu'il faut. Donc, on n'a plus besoin. On annule quasiment toutes vos commandes. Alors qu'on était venus les chercher. Non, ce n'est pas vrai. On était venus les chercher, ces petites PME.
On leur avait passé les commandes. On leur avait demandé de former leurs salariés. On leur avait fait investir du matériel pour construire ces masques. Et là, elles l'ont malvaise. Parce qu'elles se disent, finalement, si je n'avais pas proposé mon aide généreusement il y a deux mois, qu'est-ce qui serait passé ? J'aurais mis mes salariés au chômage partiel. Et puis, on aurait fait le dos rond en attendant que la crise se termine. Mais dites-moi, double peine pour elles ? Parce qu'en plus, elles n'ont pas mis leurs salariés, donc, au chômage technique. Elles n'auront pas d'aide de l'État.
Et en plus, elles ont continué à travailler, alors qu'à l'arrivée, elles vont rester avec des stocks d'invendus, des millions, voire des dizaines de millions de masques. Et ça, financièrement, il y en a certaines, me disaient tant hier, qui risquent d'y laisser des plumes, à cause de la volte-fausses du gouvernement. Si vous avez le témoignage d'un de ces chefs d'entreprise, je prends demain matin. Et je le mettrai à l'antenne demain matin pour montrer parfois l'incurie de l'administration française et de l'État. Il est quelle heure ? Il est 8h28. Merci, Guillaume. C'est passionnant. Merci à toutes celles et ceux qui sont avec nous le matin.
Vous savez combien nous sommes heureux d'être ensemble le matin. 32-16, notre lien. Je voudrais remercier encore une fois toute cette équipe, mon équipe qui est absolument formidable. Et demain, nous nous retrouverons évidemment toujours avec le même plaisir. Rachida Dati sera là dans un instant sur RMC et BFM TV.
RMC, Bourdin Direct.
Jean-Jacques Bourdin. 8h34, Rachida Dati est avec nous. Rachida Dati, bonjour. Bonjour. Merci. Votre liste au premier tour des municipales à Paris a obtenu 22,7% le 15 mars contre 29,3% pour Anne Hidalgo et 17,7% pour Agnès Buzyn. Rachida Dati, est-il vrai que vous avez eu plusieurs échanges téléphoniques avec Emmanuel Macron ces dernières semaines ?
Alors, M. Bourdin, j'ai vu effectivement le petit papier. C'est vrai ou faux ? Non, mais je veux vous dire la réalité des choses. Parce qu'au bout d'un moment...
Oui, il vaut mieux dire la réalité.
Bien sûr, mais est-ce qu'une seule fois vous m'avez prise en défaut sur les mêmes des choses ? J'ai fait des interviews avec vous depuis très longtemps. C'est vrai. Et donc, je n'ai jamais été prise en défaut sur soit une trahison, soit un mensonge politique. À un moment donné, il faut dire les choses. Emmanuel Macron, je le connais depuis longtemps. Comme vous le savez, Jacques Attali, pour lequel j'ai travaillé à la Bird à Londres, quand il a eu la commission Attali lorsque j'étais garde des Sceaux, Emmanuel Macron faisait partie de cette commission. Et ensuite, quand il a travaillé à l'Elysée, il était très proche, puisqu'il doit beaucoup à Jean-Pierre Jouillet, qui est un ami intime.
Et Jean-Pierre Jouillet, qui est effectivement un ami de longue date, pour lequel j'ai beaucoup de respect, qui est un grand commis de l'État, un grand serviteur de l'État. Et donc, j'ai connu effectivement très bien Emmanuel Macron, aussi par le biais de Jean-Pierre Jouillet. Et d'ailleurs, quand il était ministre de l'Économie, on a parlé beaucoup, vous savez, sur quel sujet ? La lutte contre la radicalisation, qui était un sujet, avant même qu'il soit candidat à la présidentielle. La lutte contre les inégalités à l'école. Et d'ailleurs, moi je lui avais dit, et c'est parce qu'il ne connaissait pas cet outil, notamment des PMI, la protection maternelle et infantile.
Et je lui avais dit, la lutte contre les inégalités à l'école, ça commence depuis la crèche, depuis l'école maternelle et l'école primaire. Et à l'époque, la gauche avait supprimé les études dirigées, les internats d'excellence et les bourses au mérite. Et je me souviens, quand il était dans le gouvernement de François Hollande, je lui avais dit, Emmanuel, ce sont des erreurs. Pourquoi ? Parce que on coupe. C'est-à-dire que nous, c'est pas de donner, c'est de donner plus à ceux qui ont moins sur la ligne de départ. Et donc, on a toujours eu des échanges de cette nature, depuis longtemps.
On parle politique, on parle de la France, et même, vous savez, même les manifestations qui existent aujourd'hui. Et donc, sur la campagne municipale, bien sûr qu'on en a parlé, mais parce que moi, j'étais...
Ces dernières semaines, là ?
Non, mais c'est pas...
Oui, non, mais c'est... On a échangé... Vous avez parlé de la stratégie adoptée à Paris. Pas du tout.
A aucun moment. Non, c'est pas une stratégie, M. Bourdin. On a parlé de politique, parce qu'effectivement, je vais vous dire, à l'époque, quand M. Griveaux était candidat, beaucoup, vous savez, nous, on est partis de 8%, 8% à Paris. Et donc, personne n'avait pu imaginer... Non, mais attends, je vous explique pourquoi il faut que vous ayez... Parce que c'est trop facile de dire... Non, non, c'est pas facile. Si, c'est facile, parce qu'on dit...
Moi, je veux simplement savoir...
Et à l'époque, on m'avait demandé, on m'avait demandé, y compris dans ma famille politique, de ne pas porter l'étiquette LR à Paris. Moi, je suis convaincue que la droite existe en France, et elle existe à Paris. Et si, effectivement, on finit avec des mauvais scores, c'est que peut-être, on n'est pas assez à l'écoute, on n'est pas assez clair sur nos conditions et nos engagements. Donc, on a parlé de ça. Revenons.
Alors, vous avez parlé, est-ce que ces derniers temps, après, pendant le confinement, après le premier tour, vous avez parlé... Non, mais ça,
je n'ai pas à vous répondre là-dessus, M. Bourdin.
C'est vrai ou pas ? Vous avez eu des échanges ou pas ?
Oui. Non, mais moi, j'ai des échanges depuis toujours.
Bon, donc vous en avez eu. Voilà. Donc, vous en avez eu.
Non, mais qu'on soit au clair, qu'on soit au clair, on n'a pas parlé...
Vous avez discuté d'alliance en vue du second tour. Faux. Faux ? Voilà. C'est faux ? Faux. Vous n'avez pas parlé d'alliance. Vous avez parlé de stratégie adoptée.
On n'a pas du tout parlé de la stratégie municipale à Paris.
Il paraît que François Bayrou aurait joué les entrevetteurs aussi. Ah non, pas du tout François Bayrou.
Alors, pareil, François Bayrou, comment l'ai-je connu ? Je l'ai connu par Simone Veil au moment où il était ministre de l'Éducation nationale et qu'il était en difficulté, notamment pour la gestion. C'était le début des foulards à l'école avec des problèmes dans de nombreuses écoles. Simone Veil m'a demandé de pouvoir travailler pour lui dans son cabinet sur ces sujets. Et donc, nous connaissons avec Marielle de Cernes et François Bayrou depuis cette époque. Et nous sommes amis.
Bien. Alors, Agnès Buzyn était là hier. Je ne sais pas si vous l'avez regardée ou écoutée hier matin. J'ai écoutée. Elle était là. Elle est candidate. Donc, est-ce que vous pensez qu'elle est candidate pour son honneur personnel ?
Elle ne devait pas revenir dans cette campagne municipale.
À sa place, vous ne seriez pas revenue ?
Vous croyez avec votre caractère ? Je vais vous dire, c'est toujours facile de dire, à votre place, je fais. Simplement, le commentaire que je fais, qui est un commentaire, elle ne devait pas revenir dans cette campagne. De toute façon, en plus, pour quelqu'un qui est candidat qui dit, j'ai hésité, mais finalement, ça ne donne pas envie. Surtout pas un combat pour Paris. Parce que l'enjeu de cette élection, c'est quoi ? C'est finalement, est-ce qu'on en veut encore ? Est-ce qu'on veut six ans de plus à Nidalgo ? L'enjeu, il est simple. La campagne municipale à Paris, voulez-vous six ans de plus à Nidalgo ? Est-ce que vous voulez six ans de plus d'un pari dégradé et d'un pari qui décline ?
Est-ce qu'on veut ça ou pas ? Est-ce qu'on veut continuer sur un pari insécurisé, un pari très sale, un pari dégradé, sans vision, sans ambition ? Un pari qui décline, un pari finalement confiné à vie.
Agnès Buzyn, affirme avoir refusé tout accord avec vous. Pas d'alliance d'appareil avec un parti, a-t-elle dit.
Non, mais moi, je l'ai dit bien avant eux et moi, lors des débats avec Mme Buzyn, on va la mettre face à ces contradictions. Souhaitez-t-elle revenir ? Non. Elle est revenue parce qu'il y a une commission d'enquête parlementaire. Uniquement pour ça, vous pensez ? Parce que, si vous voulez, elle pense que la campagne va lui servir de justification. Parce qu'elle avait envie
de se battre, de laver, de, je ne sais pas moi, de retrouver son honneur, par orgueil, par je ne sais pas.
Pour un responsable politique, revenir pour son honneur et son orgueil, uniquement quand on est candidat pour une municipale comme une ville, comme Paris. Monsieur Bourdin, vous n'avez pas été frappé hier. Pas un mot pour les Parisiens. Pas un mot pour le personnel soignant. Pas un mot pour les victimes. Pas un mot pour les malades. Pas un mot pour, effectivement, de compassion, d'empathie. Elle n'était que sur elle-même. Moi, je suis choquée quand elle dit je suis très heureuse de pouvoir m'expliquer. Vous l'avez reprise, d'ailleurs, sur ce terme. Nous, on n'est pas heureux.
Quand je rencontre les familles atteintes du Covid, quand je rencontre les personnels soignants qui ont été à genoux, à terre en étant en première ligne. Elle a dit je suis très heureuse. Le système sanitaire a tenu le coup. Grâce, a-t-elle dit je suis la première ministre à avoir fait autant pour l'hôpital. Le président de la République lui-même a dit que les réformes qu'il a portées étaient des erreurs. Mais le système sanitaire et vous avez des médecins sur vos plateaux régulièrement. Demandez-leur comment ils ont tenu. Demandez-leur comment ils ont fait face. Ils ont fait face parce qu'ils n'ont respecté aucune norme, aucune contrainte qui leur avait été imposée.
Y compris quand il y a eu des diminutions de lits en réanimation. Ils ont rouvert des lits sans demander l'autorisation parce qu'il y avait une question de vie et de survie. Pour ne pas dire une question de mort. Et donc, aujourd'hui, moi je trouve un peu indécent de ne pas avoir un mot pour l'ensemble de ces victimes. Pour avoir un mot pour les Parisiens. Parce que pendant cette crise sanitaire, on a été aux côtés des personnes âgées, des personnes vulnérables, des personnes fragiles, mais aussi auprès des familles qui, pour certaines, n'ont même pas pu être aux côtés de leurs parents pour les accompagner dans leur dernier voyage.
Moi, je vais vous dire, c'est un peu indécence ce que j'ai entendu hier.
Bien, Rachida Dati, pas d'accord avec La République En Marche. On est bien d'accord, sauf dans le cinquième arrondissement. Non, parce que... Alors c'est quoi ? Cette histoire du cinquième...
Le cinquième arrondissement...
Ne comprend rien.
Non, mais alors moi, je vais vous le dire. Dites-moi, parce que... En tous les cas, moi, je vais vous le dire.
Le maire sortant, Florence Berthoud, avait l'étiquette La République En Marche et voilà que vous vous alliez avec elle. Alors, je vous explique. Vous êtes alliée avec elle.
Je vous explique, M. Bourdin. Oui, allez-y. On peut me reprocher plein de choses. Moi, on ne peut pas me reprocher le manque de clarté. J'ai toujours été à la clarté, dans mes convictions, dans mes engagements, parce que ceux, comme M. Guérini, qui disent, comme Mme Buzyn, qu'on n'a pas les mêmes valeurs. Mais quelles sont mes valeurs ? Vous connaissez mon parcours républicain, mais on devrait être très contents que des parcours comme les miens, en étant partie d'où je suis partie, puissent arriver aux plus hautes responsabilités. Quelles sont mes valeurs ? La trahison comme M. Guérini ? Le mépris comme M. Guérini ? L'arrogance comme Mme Buzyn ? Non, ce ne sont pas mes valeurs.
Ça, c'est vrai, nous n'aurons pas les mêmes valeurs. Et donc, de la clarté. Parle-moi de cette alliance. Là, vous êtes alliés. Non, on n'est pas alliés. Et c'est vrai que La République En Marche, Mme Buzyn, Mme Buzyn elle-même, et jusque très tard, on sait parler au téléphone. Elle souhaitait que je sauve, je sauve, je prends les termes, Mme Burkley et Mme Berthoud. Je vous le dis, elle ne peut pas le démentir. Je n'ai pas voulu. Je n'ai pas voulu. J'ai refusé. Et donc, en me disant, si vous les sauvez, en contrepartie, on retire des listes dans le dixième, dans le onzième, dans le treizième, on fusionne par certains endroits. Elle ne peut pas le démentir. C'est la réalité. J'ai refusé.
J'ai refusé. Mme Berthoud nous a appelé plusieurs fois. Plusieurs fois depuis le début. Je ne lui avais jamais parlé au téléphone. Parce que d'ailleurs, j'avais appelé Mme Buzyn pour lui dire, je ne ferai pas d'accord parce que vous ne voulez pas revenir dans cette campagne dans votre dos pour ne pas que vous ayez le sentiment que je profite d'une situation. Et Mme Berthoud, jusqu'au dernier moment, nous a effectivement tendu la main. Pourquoi ? Parce qu'elle n'est pas Rême. Aujourd'hui, elle est divers droite. Bon. Divers droite. Elle n'est pas républicaine. Oui, elle n'est pas républicaine. Elle ne l'est plus. Elle a été. Elle ne l'est plus. Oui, elle ne l'est pas. On a eu un accord.
Un accord. Et je n'ai pas accepté de contrepartie. Je n'ai pas accepté de contrepartie.
Vous avez donc un accord. Vous avez donc un accord avec Florence Berthoud. On est bien. Donc, elle votera.
Divers droite. Elle votera Dati.
Elle votera Dati. Bien sûr.
Bien sûr.
Elle votera Dati. L'accord ne peut être que là-dessus. Pour la mairie. Bien sûr. Bon. Elle votera Dati. Et pourtant, vous avez dit de cette femme, vous avez dit beaucoup de choses. Bien sûr. Vous avez dit que c'était une traître. Vous avez dit les traîtres. Il y a des gens qui trahissent sans qu'on leur demande quoi que ce soit. Puis, je pense que des gens qui trahissent trahiront de nouveau. Bien sûr. Peut-être vous trahir. Peut-être.
Peut-être. C'est ce que vous avez dit d'elle. Et après, vous êtes d'accord avec elle. Bien sûr. Mais c'est ça, la politique ? Non, ce n'est pas ça, la politique. C'est ça ? Ce n'est pas la politique parce que je n'ai pas fait un accord avec Mme Berthoud. J'ai fait un accord de liste avec ses colissiers. Et dessus, par exemple, le numéro 2, qui est un ami de M. François Bayrou, Pierre Casanova, qui est quelqu'un de bien. Moi, j'ai fait un accord collectif. Mais ça n'est pas un accord avec la REM. J'y tenais absolument. Je veux de la clarté, de la cohérence. Et moi, je vais vous dire, M. Bourdin, je vais plus loin que cela. Mme Hidalgo, aujourd'hui, fait campagne pour un segment de Parisiens.
qui ont porté leur suffrage sur le nom de Mme Hidalgo. Sur 2,2 millions d'habitants, c'est un vote par défaut. Et donc, moi, effectivement, je ne m'adresse pas à un segment de Parisiens. Moi, je m'adresse à tous les Parisiens. Je vais revenir sur... Vous demandez... Attends, à tous ceux qui veulent qu'à Paris, ça change. Et croyez-moi, M. Bourdin, et les gens ne peuvent pas en douter, si demain, je suis maire de Paris, ils verront le changement immédiatement. Paris ne sera pas le Paris d'aujourd'hui.
Bien, Rachida Dati, rassemblement interdit pour des raisons sanitaires à Paris avant hier soir à l'appel du comité de soutien à la famille d'Adama Traoré. Il y a eu des incidents à la fin du rassemblement, des interpellations. Il y avait à peu près 20 000 personnes dans cette affaire Traoré. Expertise, contre-expertise. Maintenant, on fait un parallèle avec la mort de George Floyd aux Etats-Unis. Pourquoi dans cet affaire est-ce si long pour connaître la vérité ? Vous avez été garde des Sceaux.
Moi, j'ai été garde des Sceaux. Je vais même bien aller en amont. J'étais conseillère de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur. On a connu en 2005 des émeutes non-stop. En octobre, novembre. Mais sous état d'urgence. L'état d'urgence avait été déclaré. Non-stop. Avec Nicolas Sarkozy, on était sur le terrain tous les jours. Parce que quand on ne règle pas une situation, quand on laisse effectivement une fracture de la société s'amplifier, s'accentuer, à un moment donné, ça vous explose à la figure.
Et certains, moi, je me souviens de certains responsables politiques, à gauche notamment, en disant, moi, je vais signaler, alerter, par exemple, nous, à l'époque, au ministère de l'Intérieur, on sillonnait la France. Il y avait des foyers qui allaient nous exploser la figure. Juste pour vous dire. Certains disent, non, mais on s'en fiche, ça ne vote pas. Mais si ça ne vote pas, à un moment donné, ils viennent vous mettre le feu là où, effectivement, on n'a pas réglé les problèmes. Sur cette affaire, rappelez-moi, en 2005, on a eu aussi un drame de jeunes qui sont morts dans un central électrique.
Maître Mignard, qui n'est pas de mon bord politique, il est socialiste, il était conseiller de François Hollande. On a eu cette affaire, effectivement, sur ces deux mois, ça a généré beaucoup de défiance. Un transformateur électrique. Exactement. Beaucoup de problèmes. Attendez, beaucoup de problèmes. Avec M. Mignard, Nicolas Sarkozy avait reçu les familles, on a reçu les avocats. Lorsque j'étais garde des Sceaux, il y a eu... Alors, ça veut dire quoi aujourd'hui ? Justement, je vais vous dire. Oui, alors allez-y. Nous, on a souhaité apaiser. On a ouvert une instruction. Les partis ont eu accès au dossier. Ils ont fait des demandes d'actes et on a laissé la justice faire son travail.
Dans l'affaire Adama Traoré, et encore une fois, je ne connais pas tous les détails de cette affaire. Tout ce que je peux vous dire. Et je suis aussi magistrat. Et j'ai été garde des Sceaux. Vous avez raison. Dans cette affaire Adama Traoré, il faut le reconnaître. C'est que, dès le départ, l'affaire a été mal emmanchée.
Par qui ? Par la police et la justice ?
Non, parce qu'il y a eu, d'abord, des déclarations du procureur. Ensuite, il y a eu des expertises dont on n'a pas eu connaissance tout de suite. Ensuite, dans les expertises, il y a eu des expertises contradictoires, pas au sens juridique du terme, au sens contradiction du terme. Des médecins, renommés. Certains disaient que c'était effectivement une mort par asphyxie. D'autres ont dit que c'était lié à une pathologie. Et donc, tout ça a généré beaucoup d'opacité, beaucoup de défiance.
Est-ce que le plaquage ventral exercé par les policiers et les gendarmes qui est dénoncé doit être interdit ?
Moi, je pense qu'à un moment donné, il faut revoir la doctrine. Moi, je ne vais pas vous dire est-ce que ça existe. Je ne vais pas vous dire que le plaquage ventral, c'est une technique d'interpellation. De toute façon, le code de procédure pénale donne un cadre pour les actes, pour les policiers, pour les interpellations. Ensuite, c'est des pouvoirs d'appréciation. Ensuite, il peut y avoir une faute. Ça peut aller plus loin. Tout ce que je peux vous dire. Vous savez, l'histoire des Etats-Unis et celle d'en France...
Votre une comparaison entre ce qui se passe aux Etats-Unis. Ce n'est pas la même histoire.
Mais pour que ça suscite une telle émotion partout dans le monde, c'est qu'à un moment donné, il faut s'interroger. Et d'ailleurs, on parlait tout à l'heure des échanges. Moi, j'ai parlé à Emmanuel Macron depuis très longtemps de ce qui se passe dans nos quartiers populaires. Cette fracture, elle est profonde et depuis longtemps.
Vous voyez, il est devenu ministre d'Emmanuel Macron, au passage, comme ça, puisque vous avez été dans la série. Alors, je vais vous dire... Non, je vous dis que c'est comme ça parce qu'on parle beaucoup de rassemblement. D'abord,
il ne me l'a jamais proposé. Non, il ne l'a jamais proposé. Et je vais vous dire... Vous voyez travailler avec lui. Ah, mais moi, je n'ai jamais rien demandé à personne et encore moins à M. Macron. Donc, je suis très à l'aise. Simplement, je l'alerte et moi, je lui ai toujours dit des choses, y compris parfois très désagréables, sur, effectivement, des choses dont il ne tienne pas compte. Regardez.
Le racisme dans les forces de l'ordre, vous y croyez ou pas ? Parce que... C'est un corps, d'abord... Les violences policières...
Moi, je vous dis...
Oui, il y a peut-être
encore de racisme comme partout dans les présents. Pourquoi je suis devenue magistrat, d'après vous, M. Bourdin ? Allez-y. Et vous connaissez mon histoire. Je connais votre histoire et votre parcours. Et vous connaissez mon histoire familiale. Oui, oui. Et vous connaissez mon histoire de la cité dans laquelle j'ai vécu. Oui, oui. C'est pour ça que quand M. Guérini, du haut de sa gauche stroscanienne me donne des leçons, qui se les garde et qui se les applique. Moi, je viens de très loin. Donc, si je suis devenue magistrat, c'est que j'ai compris que l'état de droit était aussi une protection.
Vous avez souffert du racisme, vous ?
La question n'est pas moi. Et ça n'est plus moi, aujourd'hui.
Dans votre famille, on a souffert du racisme de la police ?
Je suis devenue magistrat parce que je me suis dit notre protection, c'est l'état de droit. Et donc, vous voyez, hier, en venant ici, ma sœur, j'ai une sœur qui vit à Londres. Et on discute, elle me dit, mais tu sais, Jean-Jacques Bourdin va t'adorager là-dessus, sur le racisme. Et je lui dis, écoute, tu sais, je ne peux pas répondre en disant que la France est raciste, c'est faux. Je ne peux pas dire que la police est raciste, c'est faux. Et je les défendrai toujours, toujours, je vous le dis, qu'il y ait des dérives individuelles, c'est une chose. Ce corps est un corps extrêmement contrôlé.
Et donc, elle me dit, d'accord Rachida, mais il y a une chose, cette émotion que ça a suscité, est-ce que ça ne te renvoie pas à des choses que... des gens que tu as défendues, des gens que tu as soutenues, contre lesquels on s'est battus quand on était plus jeunes, quand on habitait à la cité de la liberté, à la cité du bout du lac, à la cité du stade, est-ce qu'il n'y a pas des choses qui te reviennent en mémoire, Rachida ? Nous, on ne dira pas... Qu'est-ce qui vous revient
en mémoire, alors ?
Et donc, j'ai défendu...
Qu'est-ce qui vous revient en mémoire ?
Parce que j'ai défendu... C'est pour ça, quand je reviens sur la...
Rachida, qu'est-ce qui vous revient en mémoire ?
Moi, je vais vous dire, ce n'est pas ce racisme-là dont il faut parler. Et ça n'est pas ma situation personnelle. Et donc, des choses me sont revenues en mémoire. Et ce que je veux vous dire, les Français ne sont pas racistes. Il n'y a pas de racisme d'État. Mais le racisme existe en France. Et il y a un racisme visible, celui qui est lié à l'origine ou à la couleur de peau. Dites-moi les contrôles aux faciles s'il faut... Justement, justement. Quand j'étais procureur de la République, bien sûr que ça existe. Et donc, moi, j'ai donné des réquisitions. Je contrôlais. Je contrôlais. La justice doit contrôler. Parfois, on donne des réquisitions de contrôle, d'identité, sans contrôle.
Mais il y a un racisme qui est encore plus pernicieux. Le racisme social, M. Bourdin. La crise des Gilets jaunes, c'est quoi ? Effectivement, problème de pouvoir d'achat. Vous ne croyez pas qu'un racisme social vis-à-vis des gens, ce qu'on appelle les petites gens, qui ne sont pas petits, au contraire. Et qu'il y avait effectivement des manifestations pour le pouvoir d'achat. Mais ces gens-là, on les humilie. On ne les considère pas. On les traite mal. Et on en a eu tant besoin pendant cette crise sanitaire. C'est pour ça que j'avais alerté aussi de ce gouvernement. Attention à l'humiliation, à la non-considération et l'arrogance.
Et là, vous vous rappelez, on disait la convergence des luttes. Là, il y a une convergence des crises. Et la crise sanitaire va laisser beaucoup de traces. Vous êtes inquiète, là ? Je suis très inquiète. La crise sanitaire va laisser beaucoup de traces. Beaucoup. Pourquoi ? Beaucoup vont être au tapis avec un chômage de masse qui va se créer. Et pas forcément très en haut. Tous ces gens-là. Et c'est pour ça que cette mobilisation va bien au-delà que simplement une mobilisation contre le racisme. C'est bien au-delà de cela.
Et quand j'ai été garde des sceaux, j'ai pris des politiques de lutte contre le racisme, de lutte contre l'antisémitisme, de lutte contre toutes les formes de discrimination, y compris sur l'organisation sexuelle. Et vous le savez, moi, mes combats, ils sont là. Ça a été des combats de vie, mais pendant très longtemps. Et parfois, on n'échappe pas à son enfance. Des combats de survie. C'est pour ça que, attention, ces combats-là, ce que l'on voit aujourd'hui, je pouvais me taire. Je pouvais vous faire une réponse très politiquement correcte parce que je suis en campagne. Je ne peux pas me taire. Aujourd'hui, c'est ce qu'il se passe. Il faut en tenir compte.
Parce que, beaucoup de politiques, je vous le dis, y compris ceux qui sont au pouvoir aujourd'hui, disent, ce n'est pas grave. Ces gens-là, ne votent pas pour nous et ils ne votent plus. Ils ne votent plus. Et donc, ce n'est pas grave. On sera réélus par défaut. Et donc, avoir le pouvoir, uniquement pour avoir le pouvoir, moi, j'aime trop mon pays. J'aime trop la France. Et si je suis là, aujourd'hui, face à vous, c'est la France qui m'a permis d'être ce que je suis. C'est la France qui m'a permis d'être à votre table aujourd'hui. Alors, attention de ne pas perdre définitivement ce que la France a de mieux en elle.
Et donc, ce qui se passe, au-delà de l'affaire Adama Traoré, c'est un sujet d'ensemble qui concerne nos gouvernants. Qui concerne nos gouvernants. Et d'ailleurs, pour Paris, je vous le dis, les territoires perdus de la République, ils existent au cœur de Paris. Ça existe au cœur de Paris. Et la population dont je vous parle aujourd'hui, le nord et l'est de Paris, oui, Madame Hidalgo, s'en fiche. Les gens qui sont parqués, maltraités, dans des conditions insalubres, dans le nord et l'est de Paris, dans le parc social, ils ne votent plus. Donc, elles s'en fichent. Ce n'est pas grave, c'est une reconduction, c'est une tacite reconduction.
Moi, je dis à ces parisiens, je dis aux Français, je dis aux soutiens hawaïens, mobilisez-vous. Je ne soutiendrai pas. Les appels à l'émeute, les appels à la violence. Nous, on s'en est sortis sans émeute, sans violence. Simplement, en défendant l'état de droit. Ces mobilisations, ils veulent un état de droit. Ils veulent de la considération. Ils veulent du respect. Il faut arrêter avec l'humiliation, l'arrogance et effectivement, finalement, ce racisme social. C'est un sujet qui nous concerne tous.
Merci, Rachida Dati, d'être venue nous voir ce matin sur RMC et BFM TV. Il est 8h54.
RMC, 6h-9h, Vaux d'indirects.