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interviewSénat (sur YouTube)· 27 mars 2026 115 min

Masculinismes : quels risques de radicalisation ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

isolement, l'expérience du rejet, le harcèlement et les ruptures affectives. L'une des chercheuses que nous avons entendu évoquait ainsi sous le vernis viriliste un profond sentiment de vide affectif. Les espaces numériques jouent un rôle déterminant.

Euh dès lors, une question centrale se pose comment s'opère le basculement, comment passe-ton d'une exposition à ses contenus à une adhésion puis dans certains cas à une radicalisation voire un passage à l'acte violent ? Cette interrogation n'est pas terrorique et prise très au sérieux par nos institutions et comme en témoigne la saisine récente du parquet national antiterroriste ou les alertes du HCE, elle nous oblige à regarder les porosités entre les différentes formes de radicalité, les idéologies d'extrême droite, les théories complotiques et les complotistes et les logiques identitaires. Face à ces constats, plusieurs enjeux se dessinent auxquels vous pourrez apporter des réponses, un enjeu de connaissance.

Vous pourrez sans doute revenir sur cette insuffisance de documentation qui constitue un frein à la compréhension du phénomène. Enjeu de prévention mieux outillé. Les épisodes de harcèlement scolaire ou de carence affective sont fréquemment relevés dans les parcours de radicalisation.

Mais là encore, comment distinguer ce qui relève de facteurs de vulnérabilité ou de véritable déclencheur ? Enfin, il y a aussi un enjeu plus fondamental. Notre récente table ronde sur les hommes engagés a permis de le rappeler le masculinisme n'est pas le masculin.

La question se pose donc celle des alternatives. Comment proposer d'autres modèles, d'autres récits qui permettent de construire des identités masculines compatibles avec l'égalité. C'est tout l'enjeu de cette table ronde.

Je souhais donc la bienvenue à monsieur Tristan Renard. Vous êtes sociologue, coordinateur du CRAM, centre de ressources en santé mentale dans la prévention des radicalités violentes au centre hospitalier Gérard Marchand à Toulouse. Alexandre Ledray, professeur de psychopathologie clinique et de psychocriminologie clinique qui prépare actuellement un ouvrage intitulé psychocriminologie clinique et masculinisme dont l'apparution est prévue en juin 2027.

On sortira avant vous. [rires] Antoine Méi, coordinateur scientifique du COSPRA, conseil scientifique sur les processus de radicalisation et Julien Chavan romancier, journaliste indépendant, auteur de plusieurs enquêtes journalistiques. La et un premier roman publié le 19 mars dernier, la pilule noire.

Je vous remercie tous les quatre pour votre présence parmi nous et je donne la parole dans un premier temps à Tristan Renard. C'est à vous. Bien.

Bonjour. Donc merci beaucoup pour cette invitation et pour le travail initié par la délégation sur un sujet aussi important. Donc moi je suis sociologue à Toulouse donc à l'hôpital psychiatrique Gérard Marchand de Toulouse et je travaille dans deux services.

Le service un premier service qui s'appelle le CRAM que je vais présenter rapidement ici et un autre service qui est le CRIAV qui est un centre de ressources sur la question des violences sexuelles. Je le précise parce qu'en fait les deux sujets pour moi sont en partie liés. Donc le CRZAM, c'est un centre de ressources en santé mentale sur la question des radicalités violentes.

C'est un dispositif qui a été ouvert en 2017 sur un financement 100 % de l'Agence régionale de santé. Et donc on a une équipe pluridisciplinaire composée de psychiatres, psychologues et sociologues avec des missions de ressources pour l'ensemble des professionnels de la région Occitanie qui sont globalement les professionnels de la santé médico-sociale, secteur social et justice qui sont concernés par des situations ou des questionnements sur les radicalités violentes. Donc nos missions gratuites de service public concernne essentiellement la formation, la sensibilisation, la recherche et le soutien d'équipe sur des situations jugées inquiétantes.

Donc, on ne fait pas de prise en charge mais on intervient indirectement sur les situations en apportant un éclairage auprès des professionnels. On fait également partie d'un réseau national santé radicalité composé de plusieurs équipes ressources sur l'ensemble du territoire que on coanime avec nos collègues depuis maintenant plusieurs années. [raclement de gorge] Donc notre approche sur le travail c'est que dès 2017, nous avons choisi de travailler sur la diversité des formes de radicalité, pas uniquement sur la question du djihadisme.

Nous avons travaillé sur la question du survivalisme, la question du masculinisme en prenant garde de distinguer ce qui relève de la radicalisation cognitive qui faisait l'objet un peu des préoccupations publiques de l'engagement radical, c'est-à-dire des transformations pratiques des individus, de toutes les dimensions identitaires, pratiques, rituelles qui pouvaient concerner ces formes d'engagement. Donc notre rôle globalement, c'est d'accompagner les professionnels de la dans la prise en charge de ces situations et la compréhension des phénomènes de radicalité violente. Donc à ce titre là, nous intervenons également sur la question du masculinisme et on se situe du côté de la réception du masculinisme, non pas de la production du masculinisme mais de la réception auprès de certains publics et du côté opérationnel c'estàd que faire quand une situation de masculinisme se présente auprès de ces de ces professionnels, de ces champsl.

Donc je vais faire trois points très elliptiques peut-être on pourra développer dans les questions. Donc un premier point qui sont un peu sur la diversité des situations que l'on que l'on rencontre. Un point sur la question de la violence qui enfin près duquel on va dire il me semble important d'élargir la question de la violence au-delà du terrorisme notamment en matière de masculinisme et un troisème point sur la question de d'évaluation des situations et euh de la prévention.

Donc en ce qui concerne le masculinisme, on on constate de de notre point de vue une augmentation des situations pour lesquelles nous sommes interpellés. qui concerne cette thématique là. Alors à la fois, il y a une augmentation des situations mais peut-être aussi une augmentation des préoccupations des professionnels sur le sujet qui les amène à mieux identifier ce type de situation avec une difficulté de notre côté à quantifier.

On fait à peu près une quarantaine de situations par an et les questions de masculinisme concernent à peu près un/ers des situations avec deux types de configuration possible. Soit des situations qui sont clairement masculinistes qui correspondent à la définition utilisée donc par exemple par les chercheuses sur le sujet Mélanie Gourarier Christine Bard, c'est-à-dire un discours de victimisation des hommes et qui présente les hommes victimes des femmes et du féminisme mais aussi des situations, on va dire plus floues qui concernent le fait que le genre constitue une porte d'entrée pour un ensemble de formes de radicalité violente qui peuvent être le survialisme, l'ultradroite, c'est-à-dire des discours qui viennent véhiculer à des modèles d'antiféminisme ou des discours pour antiféminisme. Donc la particularité de nos situations, c'est que ce sont des situations qui concernent des personnes qui sont suivies ou prises en charge pour d'autres problématiques que la question de la radicalité.

On a des situations de protection de l'enfance, des situations de patients psychiatriques, des situations de lié au handicap au secteur médico-social ou des situations de personnes en errance suivies par la prévention spécialisée. Ce qui fait que beaucoup de nos situations sont des situations composites et bricolées sur le plan idéologique. On a des néonazies fans de l'État islamique.

On a des personnes qui sont masculinistes et qui après sont satanistes. Donc on a beaucoup de situations très bricolées mais quelque part c'est pas forcément spécifique à à notre place. C'est aussi lié à des évolutions même dans le rapport aux radicalités.

Et là, je cite ce que dit le sociologue britannique Kevin McDonald. Il dit que les voies menant à l'extrémisme violent sont de moins en moins cohérentes sur le plan idéologique avec un rapport plus lâche et plus individualiste des individus aux organisations. C'est ce qu'on retrouve par exemple également dans les travaux par exemple du sociologue romain 16 sur les femmes djihadistes hein, les femmes qui sont on va dire plus indépendantes des organisations qu'elles ne paraissent.

Et donc on peut parler aujourd'hui d'un saisissement individualiste des formes de radicalité. Une intervenante que vous avez auditionné, Sine Morin, a dit très justement que le cœur de la bataille masculiniste, c'est la sphère privée. Et c'est quelque chose qu'on retrouve beaucoup dans les situations qu'on rencontre hein, cette logique individualiste avec une attirance beaucoup plus pour les aspects pratiques, rituels, les transformation de soi plus que pour les aspects parfois doctrinaires ou euh idéologiques avec le sentiment chez ces individus-là de reprendre le contrôle sur leur destinée, leur contrôle sur leur vie avec un visage en cherchant parfois une coloration idéologique dans un enjeu parfois de de respectabilité.

Donc il y a des besoins parfois très concrets qui apparaissent dans des situations dans des situations qui présentent des aspects très idéologiques. Et puis par ailleurs, le deuxième élément qu'il faut souligner, c'est vous l'avez dit, ça a été dit ici également, c'est la transversalité aujourd'hui des radicalités. Voilà, il il y a des des idéologies d'extrême droite.

Il y aamin Setou, un sociologue, parle des idéologies d'extrême droite en essayant de comprendre les points de convergence entre le djihadisme, l'ultradroite, le le la focalisation sur une vision racialiste de l'histoire par exemple. Donc il y a des il y a des points de convergence parfois qui expliquent aussi le fait que des individus peuvent passer de l'une à l'autre dans des idéologies qui paraissent pas liées les unes aux autres mais pour lesquels les individus portent trouvent des portes d'entrée commune. Et puis par ailleurs dans les différentes radicalités sur lesquelles nous travaillons, ce que l'on peut noter c'est une obsession pour le genre.

Il y a une obsession pour le genre dans le survialisme, sur la question de l'ultradroite, dans la question du djihadisme, sur la question du masculinisme avec la réaffirmation d'un ordre perçu comme traditionnel ou naturel et une attirance ou une porte d'entrée, on va dire, très importante dans ces radicalitat dans ces radicalités là à travers la question du genre. Donc notre travail nous, c'est de d'ider de comprendre un peu dans les différentes situations de démêler un peu toutes les logiques qui attirent les individus dans ces formes de radicalité. Au-delà de ça, au-delà des cette diversité, de cette composition idéologique, et bien il y a une diversité même des configurations d'engagement.

On distingue plusieurs types nous de configuration auxquelles on a affaire. euh les radicalités, on va dire instrumentales, c'est-à-dire le le fait de mobiliser un discours pour alerter ses parents, pour inquiéter les autorités, pour provoquer euh les enseignants. Les radicalités, à l'inverse qui vont être beaucoup plus structurées, c'est-à-dire qui engagent une transformation de soi, un rapport au corps différent, un rapport au discours, une structuration intellectuelle autour d'une cause.

Et puis d'autre part, un troisième qui nous semble aujourd'hui important qui concerne à peu près 20 % de nos situations, les radicalités de retrait, c'est-à-dire les individus qui vont se retirer complètement de toute vie sociale. Alors, quand ce sont des adolescents, ce sont des adolescents qui vont souvent être déscolarisés et qui vont s'enfermer, on va dire, dans leur chambre et qui vont grandement investir l'espace numérique. Et c'est dans ce type de situation pour notre part que l'on retrouve les colorations masculinistes les plus importantes en matière de de radicalité.

Donc chaque type de configuration présente des enjeux d'intervention différents et ça permet en tout cas de questionner la diversité des réceptions au discours masculinistes. Voilà, il y a pas une il y a pas une réception type. Il y a une diversité de réception des discours produits par des acteurs très visibles et donc cette diversité nécessite des leviers d'intervention différents.

Ce qui font notre intervention c'est la préoccupation pour la violence, le risque de violence. Pourquoi les professionnels nous sollicitent ? qu'il y a c'est quand il y a un risque de violence contre les personnes ou un risque de violence contre soi-même, c'està-dire une mise en danger de l'individu.

Et c'est à ce titre là que nous intervenons auprès de ces différents professionnels. Donc en ce qui concerne la violence, c'est globalement, on va dire le terme de la violence est une chose souvent mal définie ou qui renvoie souvent à des choses très abstraites. Donc quand on intervient sur les situations, pour nous un des enjeux, c'est de renseigner la matérialité de la violence.

De quoi est capable l'individu ? Est-ce queon parle d'insulte ? Est-ce qu'on parle de coût ? quelle est son expérience de de la violence ?

Et puis d'autre part, un des enjeux et qui me semble important de dire là aujourd'hui, c'est que la question du rapport entre idéologie et violence ne se résume pas au terrorisme. Voilà, la question des violences intrapersonnelles, la question des violences conjugales, la question des euh violences euh sexuelles sont des violences pour lesquelles on peut également interroger la part idéologique. Et nous, ça nous est arrivé dans des formations auprès de dispositifs par exemple spécialisés dans la prise en charge des auteurs de violence conjugale en présentant via rapidement les thématiques, les groupes masculinistes, d'avoir des professionnels qui tout d'un coup se rendent compte que l'individu qu'il prenne en charge est un individu qui leur ramène des sujets, ramène des discours qui ne sortent pas de nulle part.

Voilà. Donc la question de la violence ne se réduit pas au terrorisme. Le terrorisme est une logique d'action particulière, une logique d'action violente particulière.

Il y a d'autres formes de violence qui peuvent être produites également par des idéologies. Et à ce titre-là, il arrive régulièrement que nous fassions des soutiens d'équipe commun entre l'équipe du Cresam et l'équipe du Criav sur les violences sexuelles. Parce que dans des situations de violence sexuelle, on se rend compte que la personne est également nourrie par un ensemble de discours qui viennent sinon initier, du moins justifier les passages à l'acte violent.

Donc un des enjeux, c'est d'évaluer la violence. Quand un individu tient des discours violents, comment on évalue les risques de violence ? Et bien, je schématise très rapidement.

On vient évaluer par exemple l'expérience de la violence. Est-ce que l'individu est capable de violence ? Est-ce qu'il a des compétences à la violence ?

Et si oui, comment ? Ce qu'on vient évaluer également, c'est le travail du corps. Pour nous, c'est un indicateur assez important, notamment dans les mouvements masculinistes.

Des individus qui peuvent être très inquiétants sur le plan numérique. Ils vont investir des une corporé numérique très inquiétante avec des allias très inquiétants, mais leur propre rapport au corps est très insécurisé. Et donc, parfois, ça permet de questionner le décalage entre ce qui peut être montré et ce qui peut être réalisé.

Et à l'inverse, on peut avoir des individus qui peuvent être fortement capables de violence et sans qu'ils tiennent un discours, on va dire, nécessairement inquiétant. Et ensuite, on va évaluer le scénario, les victimes ciblent pour voir si l'individu prépare ou en tout cas est en train de scénariser un passage acte violent. C'est là où je termine sur mon intervention, mon intervention pardon sur deux points.

La question de l'évaluation et la question de la prévention. Donc en matière d'évaluation, on a construit une grille avec l'équipe. Alors qui est pas une c'est pas une grille révolutionnaire sur le plan scientifique, mais une grille très basique qui vise à établir factuellement, on va dire, l'expérience de la violence des individus et ce qu'implique concrètement les enjeux de radicalité chez ces personnes-là.

Parce qu'on parle du principe qui est très simple et qui est partagé par beaucoup de d'acteurs par ailleurs, c'est qu'on ne devient pas extrémiste en lisant simplement des penflets extrémiste. Il y a un ensemble d'expériences dans les trajectoires de vie qui viennent façonner qui viennent façonner des dispositions chez les individus qui facilitent l'adhésion à des discours radicaux et en particulier ici masculinistes. Par exemple, il est vrai que dans les situations sur lesquelles nous travaillons, le harcèlement scolaire est présent notamment chez les adolescents, la place de l'isolement social, la place des difficultés familiales et plusieurs intervenantes que vous avez auditionné l'ont souligné.

Hein, je cite Christine Bard qui rappelait que les idéologies masculinistes captent des hommes, des garçons faciles à manipuler alors qu'ils traversent des moments insécurs de leur de leur existence. Avec néanmoins ce paradoxe là, parce qu'on pourrait tout de suite basculer dans l'idée de la crise de la masculinité. qui est une construction théorique, qui est une construction idéologique hein.

Mélaniearié Francis du Cudéri l'ont montré hein depuis l'antiquité au Moyen-âge pendant la Révolution française la thématique de la crise de la masculinité existait déjà. Mais là le paradoxe et ce que dit Francis Dupudéri c'est qu'on a souvent nous des garçons qui sont victimes d'autres garçons, victimes de violence d'autres garçons et qui transforment le fait d'être exposé à la violence des d'autres garçons en une haine dirigée contre les femmes parce qu'ils vont s'inscrire dans des modèles de masculinité hégémonique violent. Et donc c'est une réponse paradoxale qu'il trouve parfois dans ce type de situation.

Donc à chaque fois nous l'enjeu pour nous c'est d'évaluer le niveau d'engagement de l'individu, les expériences significatives de vie, mesurer les risques de violence pour déterminer les leviers d'action que je ne vais pas développer ici mais qui sont des leviers d'action classiques dans les prises en charges médico-sociales, sanitaires ou sociales. Donc je termine mon intervention sur les enjeux de de prévention parce qu'il y avait des questions là-dessus. Outre la question évidemment de la protection des victimes des violences masculinistes qui est une devrait être un enjeu fondamental, la protection des gens exposés à la violence masculine en ligne ou hors ligne.

Il peut y avoir un enjeu de prévention concernant les auteurs potentiels de l'adhésion à la cause masculiniste ou à d'autres formes de radicalité connexe. Au niveau de la prévention primaire, aujourd'hui, on peut noter un axe qui est mis grandement sur les aspects cognitifs, sur les aspects discursifs, sur les discours, mais ce qui nous semble central, au contraire ou lié à ça, c'est la notion d'expérience. Voilà, la notion d'expérience.

Et aujourd'hui, l'école est un enjeu central pour créer un contexte d'expérience des individus qui ne soit pas dissonnant par rapport au discours véhiculé par les autorités publiques, par les acteurs éducatifs. L'expérience de la justice pour tous ceux et celles qui sont exposés au harcèlement et qui ne trouvent pas nécessairement des réponses du côté de l'institution scolaire. L'expérience de l'égalité.

Il ne suffit pas de dire que les garçons et les filles sont égaux. Il faut encore que la question une réflexion soit menée aujourd'hui dans les pratiques éducatives en matière de prévention et de repérage des comportements qui sont violents à bas bruit, je dirais, parce que la violence très visible, facile d'intervenir, mais la violence à bas bruit, c'est les petites remarques, les petites habitudes qui sont prises, c'est beaucoup plus compliqué. Et troisièmement, expérience d'une mixité qui ne soit pas organisée uniquement sur des enjeux d'hétérosexualité.

Et là, je cite les travaux notamment d'Isabelle Clac, sociologue, Kevin Diter également sociologue et notamment Kevin Diter qui a montré dans des travaux comment les adultes très vite, alors c'est pas son terme, c'est moi qui le dit, sexualiser les relations entre les garçons et les filles. Autrement dit, quand un garçon joue avec une fille, fin de la crèche, début de maternel, est-ce que c'est ton amoureux ? Est-ce que ce sont ton amoureuse ?

Alors, tout ça a un effet pervers. C'estàd que tout ça en fait contribue à organiser les relations entre garçons et filles uniquement ou principalement sur des enjeux d'hétérosexualité et non pas sur des sur des expériences de mixité qui ne soient pas uniquement organisé autour des enjeux de sexualité. Prévention primaire, prévention secondaire, c'est-à-dire les groupes à risque.

Donc là, ici, il me semble qu'il y a des enjeux à poser au niveau des usages numériques et que je vais pas développer. Prévention secondaire également sur les formes de boys club qui peuvent se créer dans différents espaces. Et là, je pense notamment par exemple un angle mort la question des premières années universitaires.

Voilà, on sait que dans les grandes écoles, on sait que dans les universités, des formes de sociabilité peuvent être organisé autour de groupes de garçons qui vont diriger ensuite leur place dans l'institution à contre les filles, mais également aussi contre les garçons qui vont être perçus comme peu viriles ou moins viriles ou plus isolés et cetera. Et puis prévention tercière, je pense qu'il est important de d'avoir des équipes ou des ressources dans les différentes régions, des ressources pluridisciplinaires pour pouvoir apporter un éclairage aux professionnels sur les situations en matière de formation, sur ces sujets aujourd'hui qui présentent des enjeux importants en terme de démocratie, en terme de de vie commune. Et puis je termine mon intervention.

Je l'ai passé 2 minutes, je suis désolé mais je je pour glisser ça mais je pense qu'il y a aussi une réflexion à mener sur l'architecture des politiques publiques. Voilà parce qu'aujourd'hui en matière de des programmes EVARS, en matière de prévention des violences et cetera, on a une politique publique qui fonctionne grandement sur les appels à projet. Alors, les appels à projet ont tendance à précariser les les associations, les organismes et à diriger une partie de l'activité de ces organisations et de ces association sur la réponse aux appels à projet et sur des enjeux communicationnels, c'estàdire communiquer auprès pour montrer qu'ils agissent et cetera. et je trouve qu'il y a une perte de temps et que on aurait peut-être intérêt parfois à sécuriser ces associations, ses organismes pour pouvoir diriger l'énergie principalement sur les aspects opérationnels.

Je vous remercie et je laisse la parole à mon collègue à votre collègue Alexandre le qui conduit actuellement avec un projet de sensibilisation des adolescents du su Bonjour. [raclement de gorge] Merci bien. Merci à vous pour cette invitation.

Donc effectivement, je suis chercheur universitaire, mais parallèlement je suis expert judiciaire non inscrit euh à une cour d'appel, mais je suis régulièrement sollicité pour apporter mon concours dans le cadre de dossiers terroristes, majoritairement concernant le dhad, l'ultradroite, mais aussi le le masculinisme. léger une expérience un peu plus ancienne où on avait créé le CRIPAR qui était le centre ressources information prévention adolescence et radicalité dans l'évaluation et la prise en charge des adolescents radicalisés et leur famille. Pardon.

Je vais commencer mon propos avec cette phrase assez assez simple. Je dirais que derrière chaque radicalité masculiniste, il y a un jeune qui a trouvé seul une solution à un effondrement que personne avait vu venir. Et je pense que notre responsabilité collective commence ici.

C'est ce que la clinique nous a appris, là où le regard sécuritaire ne voyait qu'une menace à contenir. Nos travaux montrent en effet que la radicalisation masculiniste ne surgit pas brutalement. Elle s'inscrit dans une trajectoire progressive où s'articule vulnérabilité biographique, humiliation adolescente, organisation psychopathologique et construction d'une identité radicale réparatrice.

Dans de nombreuses trajectoires de jeunes que j'ai pu rencontrer, les premiers éléments repérables concernent un sentiment précoce de non reconnaissance dans le regard parental. conviction d'avoir été le fruit d'une naissance accidentelle, sentiment de non existence dans le désir parental ou idée que leur venue au monde aurait contribuer à l'effondrement dépressif de leurs parents. L'enfant construit alors son sentiment d'existence autour d'une reconnaissance conditionnelle.

Exister, c'est correspondre aux attentes de l'autre. À cela s'ajoute fréquemment un sentiment de déclassement social, des conflits parentaux, une mère perçue comme psychiquement indisponible et un père absent. mais aussi idéalisé, difficilement accessible sur le plan identificatoire.

Dans plusieurs trajectoires, une rupture brutale, souvent un déménagement interromp une enfance petite enfance vécue comme heureuse voire idéalisée, entraînant la perte des liens micaux et peut constituer un point de bascule dans la trajectoire développementale favorisant l'émergence d'une anxiété sociale durable et d'un sentiment d'isolement progressif. Ces différents éléments contribuent à l'installation d'un sentiment persistant de ne pas exister pleinement dans le regard des autres, qu'il s'agisse des parents ou des pères. L'entrée dans l'adolescence constitue un moment de cristallisation de ces fragilités narcissiques.

L'enjeu ou les enjeux de séduction confrontent le sujet à une évaluation sociale permanente. Un autre événement structurant revient constamment dans les discours de ces jeunes que j'ai rencontré et celui d'une humiliation infligée par une jeune fille envers laquelle l'adolescent éprouve une attirance. L'indifférence ou le rejet de celle-ci peut être vécu comme une confirmation douloureuse d'un sentiment ancien de non valeur.

Certains développe alors une autocensure totale du désir construisant une représentation chevaleresque de l'amour qui paralyse toute initiative. Parallèlement, l'absence de mise en couple quand les pères vivent leur première relation accentue le décalage. Ces difficultés relationnelles sont souvent aggravées par des expériences d'humiliation au sein du groupe masculin lui-même.

Moquerie, insultes visant leur supposé faiblesse fréquemment associé à des propos homophobes. Ces attaques contribuent à la construction d'un sentiment de disqualification masculine et alimente l'angoisse de passivation. Sur le plan corporel, ces adolescents présentent souvent une dysmorphophobie centrée sur l'image d'un corps jugé insuffisamment virile, faible ou infantil. le corps devenant alors le support d'une dévalorisation permanente renforçant l'évitement social et les difficultés relationnelles. [toux] [raclement de gorge] À l'adolescence, la sexualité se développe dans la solitude, la honte et l'absence de relations réelles.

Nous repérons également une consommation impulsive et frénétique de contenus pornographiques associant des contenus BDSM, taille ou vidéo hyper violente. Je ne compte plus le nombre de sujets dit radicalisés nous ayant évoqué une consommation addictive de contenu sur des plateformes telles que Watch People Die. Watch people die.

Voilà. Par effet d'analogie, là où la sélection d'un contenu pornographique peut créer les conditions d'un fétiche sexuel, la sélection d'un type de mise à mort renvoie à des fixations analogues du côté de l'angoisse de mort. Dans ces cas, il nous apparaît fondamental d'interroger les raisons conscientes et inconscientes du choix de type de vidéo consommé sorte de vidéo fétiche à même d'exposer par confrontation à des éléments pathobiographiques des vécus traumatiques analogues irreprésentables.

La fascination sidération de ces contenus crée chez le sujet une recherche compulsive. Les effets traumatiques, manquil et l'angoisse précèdent souvent de quelques jours les passages à l'acte. Nous avons ainsi été confrontés à des adolescents qui s'imposaient le visionnage de ces vidéos afin de pas être faible, de faire comme leur communauté, ce qui n'est pas sans entraîner des symptômes d'allure traumatique.

Tel cet adolescent qui ne pouvait plus manger de viande rouge ni toucher son corps sous peine d'être envahi par des images de chair découpées. L'analyse des recherches internet lié à des contenus pornographiques où la récurrence de certaines thématiques sexuelles dans leur fantasme révèle que la première expérience consciente d'excitation sexuelle incontrôlable s'inscrit dans une scène où le sujet est humilié. Il y a donc une fixation, une intrication entre la pulsion sexuelle débordante et l'expérience d'humiliation.

Cette dernière peut paradoxalement être recherchée activement afin d'obtenir une jouissance impossible à obtenir autrement. Ce mécanisme pouvant constituer un élément central dans la formation ultérieure de scénarios paraphiliques notamment de type masochisme sexuel. Néanmoins à ne pas s'y méprendre.

Il nous apparaît que cette centration sur le sexuel, sur la frustration sexuelle à l'œuvre chez les masculinistes est à risque d'invisibiliser la dimension narcissique qui est mise en jeu. Nous émotons ainsi l'hypothèse d'une perversion de type narcissique qui se verrait secondairement érotisée au travers de la recherche du sexuel, c'est-à-dire indépendamment d'une satisfaction réelle du côté du sexuel, il s'agit davantage de séduire, de conquérir pour avoir la preuve de sa valeur narcissique. Dans ce contexte, la femme n'est qu'un objet lui permettant d'obtenir une satisfaction narcissique, infvaloire, à valeur de fétiche, d'être reconnu en tant que mal.

Malgré ces difficultés, de nombreux adolescents décrivent des tentatives actives de transformation de leur statut social. Investissement radical dans le sport, looks maxing, jeu d'argent, autant de voix vers une reconnaissance immédiate de virilité. Chez d'autres, le recours aux religieux permet une réorganisation psychique temporaire.

Ce qui est intéressant, c'est cet accrochage soudain à une figure divine dans lequel le sujet apparaît en relation comme pourrait le faire l'adolescent avec une figure parentale supplétive, secourable et disponible. Elle permet de contrecarrer les angoisses, les phobies sociales et de contenir les idéations suicidaires. Pour d'autres enfin, des conduites scarificatoires visées expiatoires s'inscrivent comme ultime tentative de contenance, parfois jusqu'au basculement vers l'obligation morale de commettre un attentat.

Le mobile apparaît alors pris dans une logique expiatoire d'être châtié d'un crime réel venant en résonance avec une conviction d'avoir commis un crime imaginaire. Lorsque ces tentatives de réparation narcissique échouent à produire les effets escomptés, l'écart entre l'idéal et la réalité peut générer un sentiment d'effondrement narcissique particulièrement intense. Dans ce contexte, l'adoption d'une idéologie radicale peut constituer une tentative de reconstruction identitaire.

L'idéologie masculiniste offre alors plusieurs fonctions psychiques simultanées. Elle transforme une expérience individuelle d'échec en injustice collective. Elle fournit un cadre explicatif simplifié de frustrations vécues.

Elle permet l'intégration dans une communauté partageant les mêmes représentations et elle propose une identité viriliste susceptible de restaurer une masculinité vécue comme défaillante. Du côté de la psychopathologie, bien que les revues internationales évoquent la forte prévalence de troubles psychopathologiques au sein des populations mascules, notamment la population, notamment les expériences dépressives, les symptômes anxieux et certains traits associés au spectre autistique. Nos entretiens avec ces jeunes laisse observer la convergence de différentes traits de personnalité.

J'ai pu observer une composante narcissique caractérisée par une hypersensibilité à l'humiliation, une composante paranoïde favorisant l'interprétation hostile des interactions sociales, une composante évitante associée à une anxiété sociale importante et une organisation sexuelle paraphilique notamment de type masochisme sexuel. L'ensemble de cette présentation clinique et joint avec la présence de troubles dépressifs persistants, une forte introversion et des idéations suicidaires récurrentes. Parallèlement, nombreux sont ceux qui nous ont évoqué la négation de leur troubles par leur propre entourage.

Des parents focalisés sur leur performances scolaire, leurs déchecs scolaires, leurs sentiment de reconnaissance s'effondre pouvant précipiter des passages à l'acte auto ou hétéroagressifs. Dans certaines situations extrêmes, le passage à l'acte violent peut apparaître comme une ultime tentative de prouver son existence. L'adolescent peut fixer une date symbolique à partir de laquelle sa vie doit changer, transformant l'action violente en ultime preuve d'existence.

La violence dirigée vers autrui s'inscrit alors dans une dynamique simultanément hétéroag suicidaire à visé de postérité. Pour conclure, l'analyse de ces trajectoires nous laisse observer l'existence d'un polymorphisme radical, c'està-dire la capacité d'un même processus psychique à investir différentes formes de radicalité religieuse, politique, masculiniste, tueur de masse selon les supports symboliques disponibles. Le choix de la cause n'apparaît pas l'élément central.

Il semble exprimer des traumatismes individuels familiaux, parfois intergénérationnels et leur donner une représentation. auquel le jeûne adhère. Selon nous, la radicalité fonctionne comme un dispositif de lutte contre la honte, l'humiliation et le non être offrant accès à une identité héroïsée réparatrice.

Je laisse la parole à John qui une fois rencontré m'a dit "J'ai souvent utilisé des phrases pour me faire passer pour un masculiniste, pour me faire remarquer, pour qu'on s'occupe de moi. Ce que je cherchais, c'est l'attention." Et lorsque je lui demande "Mais dans quel but ?" Il me dit "Je suis convaincu que c'était pour être moins seul. qu'on me pose des questions, qu'on vienne vers moi.

J'ai ouvert cette présentation en disant que derrière chaque radicalité, il y a un jeune qui a trouvé seul une solution à un effondrement que personne n'avait vu venir. John vient de nous dire avec ses propres mots de quoi cet effondrement était fait. Dans ces contextes, cette radicalité masculiniste apparaît donc moins en lien avec une radicalité idéologique qu'une radicalité idéalogique visée réparatrice mais profondément mortifère.

Je vous remercie. Merci monsieur B. Oui.

Bien. Mesdames, monsieurs, alors je souhaite vous remercier en ouverture déjà pour cette invitation et de rappeler dans quel cadre j'inscris ma présence ici en tant que coordinateur du COSPRA qui est le conseil scientifique sur les processus de radicalisation. Alors, le COSPrade est une instance interministérielle placée auprès du premier ministre et sa création raisonne dans un moment bien particulier que la France a connu il y a quelques années puisque il a été acté le COSPRAD dans le plan gouvernemental d'action contre la radicalisation et le terrorisme adopté le 9 mai 2016 et ce conseil s'inscrit également dans le prolongement du rapport établi à la suite de l'appel à projet projet recherche attentat lancé le 18 novembre 2015 par le président du CNRS quelques jours seulement après les attaques du 13 novembre.

Ce rapport soulignait déjà la nécessité de mieux assurer le transfert des résultats de recherche vers de la recherche vers les acteurs de la puissance publique. La mission du Costprade est donc très claire. Il s'agit de favoriser un dialogue étroit entre, excusez-moi, entre responsable institutionnel, décideur politique et communauté scientifique.

Ceci afin de développer, soutenir et diffuser les travaux de recherche sur les phénomènes de radicalisation au bénéfice de l'action publique. Sa composition témoigne de ce souci et de cette mission puisque le COSprade, et c'est une chose importante sur laquelle je veux attirer votre attention, est composé de 33 membres issus de plusieurs ministères, notamment ministère de l'intérieur, ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur, de la recherche, des armées et de la justice. Il est également composé de représentants d'instance interministérielle, d'un président d'université, du président directeur général du CNRS, d'élus nationaux et locaux et enfin de 13 personnes qualifiées issues du champ scientifique des sciences sociales.

Sa vice-présidence, elle est confiée au président directeur général du CNRS qui garantit un lien direct avec la communauté scientifique. Et dans ce cadre, malgré le moment de sa création, le Costprade a cherché depuis plusieurs années à réfléchir, à ouvrir sa réflexion à la question des radicalités violentes, expliquant en cela aussi une focalisation bien singulière après 2015 sur la radicalisation dite djihadiste. Dès lors, comme cela a été proposé et introduit par les l'introduction à cette table ronde, une question se pose sur laquelle le COPRAD est en première ligne.

Quelle connaissance existe aujourd'hui sur les mouvements masculinistes, leur potentialité violente et antidémocratique ? Je suis ravi d'ailleurs de participer à cette table ronde avec justement des collègues he qui à la fois permettent de comprendre comment les recherches peuvent être pensées d'un point de vue top down mais aussi bottom up à travers les expériences concrètes de terrain. Donc mon premier point va concerner la question de la documentation sur ces mouvements masculinistes.

S'agissant de ces mouvements, il y a depuis une quinzaine d'années dans le champ scientifique et en particulier anglo-saxon, un développement important des recherches notamment en sciences sociales. Et dès la relance des activités du COSPRA en 2022, un travail de mise en relation a été engagé d'une part entre ce champ des recherches en plein développement et surtout les administrations qui faisaient partie du COSPRAD et qui de plus en plus étaient pris dans cet enjeu des masculinismes violents. On a eu énormément de remonté de la part du ministère de l'Intérieur, du ministère de la justice mais également du ministère de l'éducation nationale à travers ces agents de terrain autour de ces problématiques qui apparaissaient de plus en plus quotidiennes et centrales.

À ce titre, le Cosprade a essayé justement de construire un panorama de ses recherches sur les masculinismes violents et il a été assez évident dès le départ d'aller regarder à l'international le champ scientifique et les études qui avaient pu être menées et notamment au Canada autour de l'Université de Montréal avec monsieur Samuel Taner et monsieur François Gilardin dont les travaux ont permis d'éclairer hein au départ le travail de mobilisation et de diffusion justement entre le champ scientifique et le champ de l'action publique. Ainsi, plusieurs cafés scientifiques ont été organisés afin de réunir des chercheurs et des membres des administrations centrales qui étaient intéressés à cette question des masculinismes violents. Ces cafés scientifiques donc de diffusion des recherches et des résultats en cours de ces recherches ont été organisés sur le thème de l'information comment Telégramit émotion extrême et discours de haine avec Laura Ascon qui est linguiste également des informations genrées et fabrique de la communication toxique sur TikTok autour des travaux donc de l'Université de Montréal et de monsieur Samuel Taner.

Et par la suite, ces cafés scientifiques ont donné lieu à des publications de synthèse qui ensuite ont été également l'objet de production de capsules vidéos afin justement de pouvoir permettre une meilleure diffusion de ces travaux et de ses premiers résultats. Ce qui est important de comprendre aussi, c'est que la remontée des travaux de recherche scientifique qui ont eu cours depuis plusieurs années a permis à une série d'administrations et d'acteurs de terrain de justement seiser de plus en plus à cette question et à travers ces supports que nous vous distribuerons hein si vous le désirez, ces supports ont permis également de participer à des formations des formations très directes au sein de la PJJ et il y a quelques quelques jours au sein de l'Académie de Versailles autour justement d'un webinaire qui a pu réunir je crois 600 personnes connectés avec 90 % de chefs d'établissement et d'inspecteurs et des référents Laïcité valeur de la République autour justement d'un panorama hein de cette ces mouvements masculinistes ce qui montre bien l'intérêt des acteurs de terrain qui sont confrontés aussi hein à ces enjeux qui qui ont besoin finalement d'une réponse ou en tout cas de signes pour mieux comprendre ces phénomènes. Un deuxième webinaire sera produit dans quelques jours et de ce point de vue-là, il me semble important de souligner le fait que le champ scientifique et ça a été le cas depuis tout à l'heure qui est ce qui a été démontré depuis tout à l'heure, le champ scientifique s'est saisi de ces problématiques.

Il y a une mobilisation des travaux et je pense que les différents auditions que vous avez mené l'ont montré. On a beaucoup de collègues hein scientifiques qui ont pu investir par intérêt, par également capillarité les enjeux de cette violence masculiniste. Je soulligne néanmoins qu'il est nécessaire de continuer cet investissement et de continuer cette recherche.

Et dans cette perspective que avec la déléguée au plan national femme, paix et sécurité placé auprès du secrétaire général du ministère de l'intérieur et des autres services du ministère de l'intérieur, un projet de recherche a été déposé lors de l'appel de l'Agence nationale pour la recherche ANR il y a quelques semaines sur justement une cartographie des mouvements masculinistes actuels et les stratégies de lutte et de prévention contre ces mouvements dit violents. [grognement] Il y a également en outre un projet d'expertise qui va être lancé avec le CNRS pour un état de l'art scientifique international sur la question réseaux sociaux et violence. L'idée ici est de produire des savoirs à partir de ce qui existe déjà dans le champ scientifique afin justement de tirer des leçons d'une expérience que le COSPRAD a connue post 2015 dans le cadre de la lutte contre le djihadisme et la violence terroriste.

Il était important à cette époque d'expliquer l'engagement de l'État, l'engagement de la communauté scientifique sur cette thématique du djihad international et de sa violence dans le cas français. [grognement] Il a été toutefois souligné les erreurs qui ont pu être commis dans cette mobilisation très forte avec l'ouverture d'un champ d'expertise et d'un marché de l'expertise qui a pu produire parfois des résultats en dehors des mécanismes et des procédures de recherche avec parfois des prises de parole qui ne s'appuyaient pas sur des études empiriquement fondées. Il est donc essentiel aujourd'hui lors de cette mise sur agenda des violences masculinistes de bien expliquer et de faire confiance comme cela a été souligné précédemment aux acteurs de terrain que ce soit dans le champ scientifique mais aussi au niveau des associations à leur expérience et également à leur capacité à produire des études à partir de terrains empiriques réel et robuste. et l'expérience que le COSPRAD a pu faire et la nécessité de piloter à la fois des appels approchés mais pas uniquement avoir et favoriser une approche bottom up à partir des acteurs de terrain de leur expérience de confrontation à la fois aux communautés radicalisées mais aussi aux acteurs qui sont en charge de la prévention de cette possible violence.

Je dis possible violence parce que et ça sera mon deuxième point, il est extrêmement important ici de réfléchir à la question de la radicalisation comme un processus à la fois individuel et psychique, mais également, et c'est le rôle des sciences sociales, de replacer ces mécanismes de radicalisation dans des espaces sociaux et politiques. Et l'exemple qui nous est donné des mouvements masculinistes nous oblige à aller dans le sens d'une compréhension de ces processus de radicalisation comme des dynamiques sociales et politiques par lesquelles les individus ou des groupes adoptent des positions idéologiques de rupture pouvant conduire à la légitimation de la violence. Je vais donc dans le sens de ce qui a été dit précédemment puisque la radicalisation relève moins d'un événement ponctuel que d'un processus cumulatif marqué par des phénomènes de socialisation parfois militante, de polarisation idéologique, d'effets de groupe ou d'ancrages territoriaux et numériques.

Il s'agit ici de donner à ces engagements individuels une dimension plus collective et politique. Les senses cherchent aujourd'hui à expliquer comment des normes dominantes vont être adopté par des individus et des groupes pour justifier une violence, une violence que l'on qualifie en science politique diminemment politique et idéologique. Que ce soit pour les engagements radicaux djihadistes ou bien d'ultrooite ou d'ultr gauche.

Les engagements radicaux du masculinisme et des masculinistités ne partage pas des idéologie commune. Il s'insère dans des théories idéologiques différentes. Néanmoins, Néanmoins, et c'est un point de convergence qui me semble important et qui a été également soulevé.

Des très convergents existent dans la construction de ces idéologies, notamment un rapport conflictuel aux institutions et aux normes dominantes, une production de grammaire, de figures héroïques et de récits de victimisation, légitimation qui vont redéfinir les frontières morales entre le eux et le nous. cette frontière morale entre le eux et le nous permettant généralement de justifier une violence contre le e contre l'autre celui qui est défini comme l'ennemi. Ce point commun est intéressant parce que je pense qu'il explique une partie des convergences qui ont pu être observées à la fois sur le terrain mais également dans les études scientifiques qui ont été menées sur le phénomène d'hybridation des idéologies.

Je me souviens moi à titre personnel d'une observation d'une audience de jugement d'un jeune homme et d'une jeune femme qui avait pour projet d'attaquer leur lycée. Ce jeune homme était engagé dans ce qu'on va appeler l'ultradroite puisqu'il avait trajectoire d'engagement en tant que skin puis en tant que militant identitaire. Et cette jeune femme, elle était engagée dans le dhad.

Ces deux personnes avaient construit un bricolage comme cela a été dit. [grognement] une hybridation de leurs idéologies autour d'un même repère, celui finalement qui a été soulevé d'une expérience adolescente malheureuse, frustrée. Et entre l'ultradroite et le djihadisme, ils avaient trouvé un point commun, c'était une allégance à Colombine, la turine de masse produite aux États-Unis.

Ils étaient allés suffisamment loin dans leur projet pour être arrêté et jugés pour association de malfaiteurs terroristes. cette hybridation assez particulière qui va à l'encontre un peu de ce que l'on peut imaginer finalement dans la construction théorique de ces différents mouvements radicaux violents nous montre justement l'hybridation, le bricolage qui peut être fait à partir d'idéologie qui apparaissent complètement contraires. Il faut bien comprendre une chose, c'est que il existe une série de travaux aujourd'hui sur les processus de radicalisation qui peuvent servir de base de données à une compréhension des nouveaux mouvements ou en tout cas de ceux qu'on identifie comme des nouveaux mouvements d'engagement radicaux.

Et il est essentiel de s'appuyer sur ce qui existe aujourd'hui pour justement éviter hein cette construction d'un nouveau marché où finalement la robustesse des travaux est moins importante que leur effet déclaratif et je vais un peu dans le sens de ce qui a été souligné auparavant sur la nécessité finalement à la fois de piloter des appels à recherche mais aussi de faire confiance à des projets qui existent. depuis plusieurs années sur ces processus. Parler de processus de radicalisation et ça sera mon 3è et avant-dernier point, c'est effectivement évoquer aussi la question du cadre de développement de ces processus de radicalisation et en particulier les réseaux sociaux.

Il est essentiel de considérer les réseaux sociaux non pas comme le seul élément explicatif de l'engagement, mais comme un cadre de diffusion et de construction d'une identité certes individuelle mais également collective. et les études qui ont été menées sur la giosphère comme cela a été appelé à une époque et qui aujourd'hui conduisent à comprendre ou en tout cas à analyser la manosphère qui est ce que l'on appelle l'espace numérique des mouvements masculinistes nous montre d'énormes points communs, d'énormes perspectives assez qui vont dans le même sens finalement d'une construction d'un espace à la fois algorithmique mais également financier. Et on pourra y revenir dans les questions.

Je pense que cette dimension financière notamment autour de la figure des influenceurs masculinistes produit des effets dans la construction et dans la persistance de cet espace numérique et dans sa légalité finalement son acceptation par les réseaux et par les plateformes sociales. Il y a derrière l'enjeu du discours et de la diffusion des haines masculinistes et des discours peut-être plus à bas bruit sur et contre les femmes. Cet enjeu financier extrêmement important qu'il faut prendre en compte et qui constitue aussi un des leviers actuels de ce développement hein de ces discours et de cet espace.

J'ai été beaucoup trop long. Donc je conclurai sur un dernier point qui nous a semblé au sein du COSPRAD important, c'est la question des alternatives, des discours de prévention de ce qu'on va appeler les contre discours. Il y a là aussi une expérience à tirer de l'après 2015 et de la mobilisation inédite des pouvoirs publics autour de la lutte contre la radicalisation djihadiste à travers en particulier la production de toute une série de contrediscours et également d'un très grand nombre de programmes de prévention.

Il y a je pense ici quelque chose qui nous permet de ne pas partir de rien et qui introduit dans l'action publique une nécessité, là encore je vais vraiment dans le sens de ce qui a été dit précédemment d'une transversalité de l'action publique et d'un pilotage qui doit se faire aussi à partir d'acteurs qui si en 2015 il n'avait pas une expérience de terrain de ces processus de radicalisation aujourd'hui connaisse concrètement des terrains, des cas pratiques et peuvent à partir de ces évolutions des processus de radicalisation produire des savoirs et des adaptations des logiques de prévention qui existent depuis quelques années maintenant. J'attire enfin l'attention et nous pourrons en discuter par la suite sur la nécessité aussi de penser la régulation de l'espace numérique et en particulier de renverser également la figure du contrôle en faisant des citoyens et des citoyennes de possibles garantissant pas uniquement aux autorités institutionnelles ce devoir de régulation notamment par la production de contrediscours qui viendrai et qui seraiit issu de la société civile. Je vous remercie de votre attention.

Merci beaucoup. Bonjour à toutes et à tous. Merci beaucoup pour cette invitation et pour cette table ronde passionnante.

Comme vous l'avez précisé, je suis journaliste et auteur. Je ne suis pas chercheur. Donc voilà, je prétends pas du tout avoir la même expertise que mes voisins qui ont livré des présentations passionnantes.

Je vais axer mon intervention sur deux travaux spécifiques que j'ai pu réaliser ces dernières années. Le premier sur la mouvance in qui est sans doute la forme la plus radicale du masculinisme moderne et le second sur les effets de la radicalisation misogyne des garçons au sein des familles françaises. J'ai découvert les incelles en 2018.

À l'époque, je travaille pour le magazine Néon et nous décidons de réaliser un sujet sur le terrorisme misogyne en réaction à une attaque à la voiture Bélier qui vient d'avoir lieu dans les rues de Toronto et a fait 11 victimes dont neuf femmes. L'auteur, Alec Minascian est un jeune homme de 25 ans, solitaire, mal dans sa peau, qui se dit effrayé par les femmes et s'est radicalisé sur des forums internet. Juste avant son passage à l'acte, il a publié sur son compte Facebook un message dans lequel il annonce, je cite "La rébellion Insel a déjà commencé.

Nous reverserons tous les Tchads et toutes les Stacy. Salutation au suprême gentleman Elliot Roger. Incelle pour célibataire involontaire, un mot apparu à la fin des années 90 et qui désigne une communauté d'hommes qui attribuent leur célibat à l'émancipation des femmes.

Inquiet de la manière dont le phénomène gagne en puissance, je décide quelques temps plus tard de me lancer dans une enquête sur les Inscell en infiltrant durant plusieurs mois certains de leurs espaces numériques, notamment le forum principal de la mouvance qui compte à l'heure où je vous parle près de 40000 membres dont un certain nombre de Français. Je découvre alors une sous-culture très sombre et très fournie faite de complotisme, de concepts pseudocientifiques, de rhtorique victimaire et surtout d'une misogénie extrême. Toutes les violences s'y expriment favorisé par l'anonymat et un langage très codifié.

On peut-il lire des apologies des violences conjugales, du féminicide, des massacres de masse, du viol, du cyberharcèlement, du harcèlement de rue, de la pédophilie, du fascisme, du nazisme ? Ça rejoint un peu ce qu'on disait sur l'hybridation de toutes ces de tous ces discours qui viennent s'entremêler dans ces espacesl. Les femmes, ils sont appelées des fémoïdes.

Elles sont déshumanisées, réduites à leur corps, à un statut presque animal et décrite comme étant par essence manipulatrice, vénal, lubrique. Mais leur principal défaut, leur très grande faute, c'est surtout de ne pas être attiré par eux, les Incelles. Il déploient une vision du monde ultra hiérarchisée dans laquelle un homme n'a de valeur que par sa capacité à avoir accès au corps des femmes.

Il s'en remett à une échelle de l'attractivité notée de 1 à 10. À 10 règnent les Tchad cité par Alex Mintian dans son message Facebook et à zéro se morfondent les incelles, une place à laquelle il se pense condamner à cause d'une mauvaise génétique. Contrairement à eux, les Tchads sont beaux, musclés, grands, ont des mâchoires carrés.

Il y a une fascination, une obsession pour les mâchoires carrés dans le monde incell. Ils peuvent sortir eux avec des stacy qui sont leur équivalent féminin. Cette échelle est accompagnée d'études pseudoscientifiques, citons notamment la loi de Pareto, emprunté au langage scientifique et qui prouverait que 80 % des femmes ne sont assées que par 20 % des hommes.

On trouve aussi sur le forum de régulières agographies d'auteur d'attaque misogyne considéré comme des seins canonisés en quelque sorte. Un panthéon au sommet duquel trône Roger, le suprême Junkleman cité également par Alec Mination avant son passage à l'acte et qui a commis à 22 ans, en mai 2014 une attaque dirigée contre les étudiants de sa faculté en Californie qui a fait six victimes et 14 blessés. Et l'autreer qui est mort durant cet attentat a laissé derrière lui un manifeste baptisé mon monde tordu.

Un long texte torturé et plaintif dans lequel il étale son mal-être, déroule ses fantasmes, notamment son rêve de mettre les femmes dans des camps de concentration et annonce sa future attaque qu'il baptise le jour du châtiment. On trouve très facilement son manifeste sur internet, notamment traduit en français. L'adoration d'Elot Roger est si présente sur ce forum que ses initiales apparaissent partout dans les pseudonymes des membres ou dans certaines expressions.

Passer er signifie ainsi passer à l'acte. On le comprend, le monde inscell ressemble à un culte, un dogme et installe une mécanique d'endoctrinement proche d'une secte. Ces adeptes y trouvent une communauté émotionnelle qui, si elle offre un court soulagement en rompant l'isolement, les entraîne très vite dans des pensées de plus en plus sombres.

Et au cœur de ce culte se trouve la pilule noire. Prendre la pilule noire, c'est accepter la fatalité de son destinelle et renoncer à toute amélioration. Ce renoncement entraîne un lâcher prise dans les échanges comme dans les idées.

L'un des sujets les plus discutés, ça a été aussi relevé plus tôt après les femmes et les auteurs de tuerie, c'est le suicide. Et on peut lire régul régulièrement des lettres d'adieux ou des conseils pour mettre fin à ses jours. Et d'ailleurs, ce forum principal qui s'appelle Inscell. il est connecté à un autre forum qui a fait ses premières victimes en France depuis peu qui s'appelle Sanction Suicide qui a été interdit dans plusieurs pays et notamment en Angleterre parce qu'il beaucoup de victimes.

Pour vous dire à quel point ces mondesl sont connectés, ces espaces fonctionnent comme une spirale qui aspire ses membres dans les profondeurs. Les hommes qui diversent leurs frustrations sont souvent jeunes et disent souffrir d'une grande solitude. Les études dont nous disposons établissent quelques points communs entre eux.

ça a déjà été dit mais mais je le rappelle notamment une prévalence des troubles dépressifs du spectre autistique euh les troubles paranoïques, la personnalité narcissique également fait assez saillant et je vais redire quelque chose qui a déjà été dit presque tous disent avoir subi du harcèlement scolaire ce que j'ai pu vérifier moi-même au cours de mes échanges avec eux c'est c'est vraiment une prévalence très forte le le harcèlement scolaire ils ont des problématiques de socialisation bien plus larges qui celles qui concernent leur vie sentimentale. Certains sont connectés en permanence au forum et semblent mener une existence recluse. Ils disent souffrir du rejet des femmes mais sont en réalité victimes de l'image faussée qu'ils se font de la masculinité, de ce qu'ils pensent devoir être et ne sont pas.

Ils cherchent avant tout à être validé par d'autres hommes. C'est une logique de Boys Club et on a déjà cité le travail de Mélanie Guarier là-dessus. Lorsqu'un membre du forum rencontre une femme, les Insell considèrent qu'ils réalisent une ascension selon leur lexique.

Ça ne signifie pas qu'il accède à une sorte de paradis d'amour et de sensualité, mais qu'il grimpe dans la hiérarchie des hommes jusqu'à peut-être devenir un jour lui-même un tchad. Se sentant exclu de la masculinité hégémonique, ça c'est le chercheur canadien Michael Alpine qui le soulligne, il surperforme en ligne cette masculinité dominante qui n'est qu'un masque numérique mais qui produit une violence bien réelle. Faut le rappeler également la violence in cell.

C'est pas que la violence terroriste, c'est aussi une violence du quotidien. Certains incells se ventent d'ailleurs d'appartenir à un ensemble qui génère de la peur et augmente le danger qui pèse sur les femmes. On aurait tort de considérer qu'il s'agit là d'un petit astre lointain dans la galaxie masculiniste.

Il est au contraire totalement intégré à la manosphère. La pilule noire est ainsi connectée à la pilule rouge qui est celle des mecto, des pickup artistes, des coachs en séduction et autres influenceurs type Andrew Tate. Il y a une sorte de tunnel qui de lien en lien, de déception en déception mène de la pilule rouge à la pilule noire.

Si les masculinistes plus mainstream façon de parler se moquent des incelles, ils leur sèvent aussi d'une certaine manière d'épouvantail. Ces mondesl communiquent, se nourrissent les uns des autres et grossissent. L'idéologie Insel gagne en popularité ces dernières années et déborde largement des forums d'di aujourd'hui et ce dans le monde entier y compris en France.

Lorsque j'ai commencé mon enquête, donc c'était aux alentours de 2022, aucune arrestation, à ma connaissance en tout cas liée à cette mouvance n'avait eu lieu dans notre pays. Il y en a une il y en a eu plusieurs depuis, notamment celle d'un lycéen de 19 ans fasciné par Elliot Roger, interpellé le 1er juillet 2025 à Saint-Étienne, armée de deux couteaux et qui projetait d'attaquer des femmes. Il est le premier Insel à être visé par une procédure pour terrorisme dans notre pays.

En tout, les chercheurs considèrent que l'on peut attribuer à la mouvance cellel entre 15 et 20 événements violents depuis 2014 dans le monde ayant fait entre 50 et 100 morts. La fourchette est assez large parce que la revendication, c'est à chaque fois assez difficile à détecter et comme c'est connecté à l'ultradroite, à d'autres phénomènes de radicalisation, c'est parfois un peu difficile de le dire. Là, c'est vraiment l'estimation basse de ce que la mouvance Insel a pu générer ou d'attaque ou d'attentat clairement revendiqué par des hommes appartenant à la mouvance Inscell.

Au bout de cette infiltration, j'ai d'abord publié une première enquête chez Media Part en mai 2024. Puis j'ai pensé que la fiction pouvait me permettre de proposer une lecture plus incarnée du phénomène. J'ai donc écrit un roman inspiré de cette enquête et intitulé Pilule noire qui vient de sortir.

Et parallèlement, j'ai voulu poursuivre mon effort de documentation de la poussée masculiniste dans notre pays en m'interrogeant sur ce que pouvait provoquer au sein d'une famille la radicalisation d'un fils. J'ai publié il y a quelques semaines un article sur le site du Monde pour lequel je j'ai rencontré une dizaine de parents qui constatent chez leurs garçons l'apparition d'un discours misogyne, homophobe, transphobe, raciste, très en décalage avec leur culture familiale familiale pardon et qu'ils attribuent à l'influence d'Internet. Tous décrivent un processus insidieux qu'ils n'ont d'abord pas détecté derrière la porte d'une chambre dans le secret d'un téléphone.

Ces jeunes hommes inquiets cherchent de la réassurance sur les réseaux. Les gourous de la masculinité leur vendent une grille de lucture ultra libérale et conflictuelle et leur assure que pour progresser, ils n'ont besoin de personne d'autre que même si tentez qu'ils appliquent les bonnes méthodes. En général, c'est faire des pompes et investir dans la cryptomonnaie.

Une rhtorique qui les rend seul responsable de leurs difficultés et les isole encore davantage. C'est ainsi que le piège se referme et les entraîne dans des logiques d'affirmation identitaire, pardon, de plus en plus étroite et fermé. Il est important de le souligner, quand les fils se radicalisent, ce sont leurs mères et leurs sœurs qui en souffrent le plus.

J'ai rencontré des mères dont les garçons installent des rapports de force, conquèrent l'espace au sein des foyers, peuvent être violents verbalement mais aussi physiquement. Les mères célibataires sont particulièrement exposées, notamment parce que leur ex-mi peut jouer un rôle dans cette mécanique et chercher une forme de revanche. C'est c'est un cas que j'ai rencontré dans plusieurs témoignages.

Nous le savons. Et le dernier rapport du HCE le montre bien. Le masculinisme est bien loin de ne concerner que la jeunesse.

La radicalisation des fils et parfois la radicalisation des pères. Mais il y a aussi de plus en plus de papas qui sont attentifs à ces sujets et qui ne comprennent pas la dérive réactionnaire de leurs enfants. Il se sentent coupable, se demandent ce qu'ils ont mal fait, se questionnent sur leur propre masculinité dont ils sont souvent du mal à cerner les contours.

On sent qu'il y a là une réflexion qui s'enclenche et qui est porteuse d'espoir. Les spécialistes de l'éducation que j'ai pu interroger insistent sur un point : "Il est important, voir crucial de maintenir la communication avec ces garçons pour éviter une rupture qui pourrait aggraver les choses. Ne pas chercher l'affrontement idéologique mais contourner les sujets qui crent pour parvenir à les faire parler d'eux, de leur vie, de leurs inquiétudes.

L'enjeu, comme le soulligne la sociologue Christine Castelin Meier, c'est de leur apprendre l'intime. Dans cet effort, il faut le dire, le répéter, les pères ont un rôle important à jouer. pas en réactivant une paternité stéréotypée, mais avec de la présence et en aissant avec leurs fils cette communication qui a souvent fait défaut dans les générations précédentes et a permis la transmission d'une masculinité silencieuse, rigide, dominante.

Changer l'éducation des garçons aujourd'hui, c'est changer les hommes qui seront demain. Parler donc avec nos fils, mais aussi nos frères, nos cousins, nos oncles, nos amis, nos pères. Nous avons besoin d'une prise de conscience beaucoup plus large et plus forte des hommes sur ce sujet pour rompre la chaîne de la violence et faire reculer le masculinisme.

Merci. Merci beaucoup. Pardon.

Merci beaucoup messieurs. On va maintenant vous poser quelques questions même si vos quatre interventions étaient très riches et bien entendu par nous toutes. Je vais donner la parole à d'abord à mes collègues courapportrices et puis ensuite au satisation des femmes qui souhaitent intervenir.

Béatrice Olivia, laquelle de vous deux ? C'est toujours moi. Pourquoi c'est toujours moi ?

Merci madame la présidente. Merci beaucoup pour cette euh ces échanges et ce que vous nous avez expliqué. Alors pour certains points, ça recoupe.

Ça fait déjà plusieurs mois que euh nous menons des auditions. Euh non pas qu'on ait rien appris parce que cette approche euh non pas par le soin mais par du côté non pas de la production des contenus masculinistes mais de leur réception a été peu abordée. Vous avez opposé la radicalisation cognitive à quoi ?

Vous avez parlé très vite. J'ai euh à la question de l'engagement radical en fait. Radical.

Oui. D'accord. Euh dans la mesure où on a bien compris que il y avait pas que les insell et que tous les mouvements masculinistes en viennent même à se contredire entre ceux qui prennent l'abstinence pour garder son essence virile, je sais pas quoi, pour faire plus d'argent et que son entreprise et plus de succès.

Ça ça existe aussi. et euh ceux qui euh font la promotion des camps de concentration pour les femmes. Je l'avais pas celle-là.

Euh j'entends bien que ça se base sur des fragilités. Euh comment j'ai les filles aussi sont élevées dans les mêmes euh dans les mêmes difficultés et avec aussi des fragilités narcissiques et aussi bon certaines répondent aussi au discours de l'hégémonie masculiniste. Mais enfin qu'est-ce qui fait que c'est ça la réponse qui est proposée au garçon ?

J'ai évidemment une idée de la réponse mais il m'appartient pas de de la dire. Vous, monsieur, vous avez parlé des pratiques en taille, je les ai pas. Qu'est-ce que c'est ?

Alors, [raclement de gorge] les taille, ce sont des dessins animés pornographiques japonais qui permettent de mettre en exposition des contenus complètement transgressifs qui sont généralement liés avec des contenus de zoophilie ou d'inceste. OK. Ça s'écrit comment ?

H E N T A I. H E N. Voilà. et qui rejoint tout à fait les propos sur la pédophilie et cetera qui conspirent dans le dans la théorie.

Sympa. Très bien. Euh c'est parfait.

Merci beaucoup. Au vu des travaux que vous avez mené tous les deux et que vous nous avez présenté, j'ai pas très bien compris cher monsieur euh le rôle du COSPRAD. Vous nous avez présenté le le dispositif.

Je suis allée voir rapidement. J'ai vu qu'il y avait un député sénateur qui en était membre. Qui est le sénateur ?

Monsieur Carouchi qui a été nommé. Euh et donc il participe aux quatre conseils qui ont lieu par an et on a déjà fait plusieurs interventions alors pas au Sénat mais à l'Assemblée nationale pour présenter justement des rapports scientifiques sur des processus de radicalisation. En l'occurrence, il s'agissait des processus d'engagement du djihadisme.

J'ai j'ai bien compris que ça avait été l'essentiel des travaux pour l'instant et que vous commencez à mener des travaux sur les mascul. Pardon, je vais terminer ma question s'il vous plaît. Dans la mesure où euh la plupart des gens autour de sa table travaillent depuis 2018, de ce que j'ai compris ou même avant, je suis un petit peu étonnée du temps de réaction s'agissant de de cette menace qui est réelle.

Et je termine mon tour de question sur le chiffre que vous avez évoqué qui à mon avis très à la baisse en effet parce que vous parlez juste des inselles. Mais dans la mesure où si on s'interroge sur les motivations politiques d'un grand nombre d'auteurs euh de violences faites contre les femmes et notamment les violences conjugales les vifs, euh si on s'interroge et si on regarde le contenu des téléphones d'auteur de féminicine, on va se rendre compte qu'il y a aussi une dimension politique. Donc comment on peut euh évaluer ça ? dans la mesure où la plupart du temps, il y a pas d'enquête qui sont faites en dehors de bah il était jaloux, elle l'a quitté et donc il l'a tué.

Vous voyez ce que je veux dire ? Cette recherche de la motivation politique qui est derrière les violences faites contre les femmes. Question Pierre les propos.

Alors moi ça va être très clair. Oui, je reprends ce qu'on a dit. On a parlé de d'harcèlement.

Ah oui, voilà. Et pourquoi ça mon micro ? [grognement] Pardon ?

Oui. Donc, vous avez parlé d'harcèlement harcèlement sexuel dans les écoles et que les les garçons pouvaient dériver. C'est un peu la question mais je je voulais approfondir et et que il existe aussi chez les filles du harcèlement féminin et alors bien sûr, on peut avoir les mêmes propos, mais on a beaucoup plus de filles qui ne rentrent pas dans ce dispositif.

Est-ce que on a on peut imaginer pour quel par quel processus on narrive pas finalement et tant mieux, est-ce que les filles rentrent aussi dans ce genre de de dispositif beaucoup moins facilement que les garçons ? Est-ce que c'est est-ce que c'est tout simplement parce que les jeunes filles sont pas dans ce schéma ou est-ce qu'il y a quelque chose qui fait que les garçons entrent dans ce dispositif et pas les filles ? Et les questions que je voulais poser également c'était vous avez parlé des de la prévention alors [grognement] qu'il fallait avoir l'expérience de la justice, la mixité, l'égalité, les groupes à risque.

Et là, vous avez parlé des écoles des écoles supérieures, des grandes écoles et euh et après ben je vous rejoins sur le fait que il faut mettre l'architecture des politiques publiques avec tous les tout toutes les l'éducation. Et là évidemment, on parle de choses que l'on connaît, mais malheureusement, on sait on sait à quel point on est limité à la fois par les moyens et par et par les les moyens humains et les moyens financiers. Donc c'était à peu près les deux choses que je voulais vous poser comme question.

Ah, ils sont inversés. OK. Merci.

Euh merci beaucoup messieurs. Moi j'ai quelques questions à poser. Je d'abord répondre à ma collègue sur le délai de retard, enfin sur le retard euh juste par une un petit rappel.

Je crois que c'est Hugo Micheron qui dès 2012 ou 2013 commence à nous alerter sur euh les radicalisations. Vous me corrigerez si c'est pas Michon si je me trouve mais je crois que c'est lui. Sur les processus de radicalisation des des jeunes gens.

Il faut attendre le premier attentat suite de janvier 2015. Charlie pour que les pouvoirs publics et d'autres chercheurs donnent réellement suite euh et on devienne un sujet un objet de politique publique donc à 3 ans au minimum entre les premières alertes des chercheurs et et l'intérêt et il faut un gros événement pour qu'on se rende compte de ce qui est en train de se passer. Voilà, c'était juste pour vous épargner d'avoir juste pour rappeler que une association qui je crois s'appelle l'Assemblée des femmes organisé une table ronde sur le sujet des masculinismes.

Je crois en 2018 ou 2019. Oui. En 2018, j'ai effectivement fait un colog de 2 de jours ce qui s'appelait masculiniste et antiféministe.

Qui sont-ils ? Où sont-ils ? Quels sont leurs réseaux ?

Mais avec leur cul, on avait pas exactement ciblé les mêmes choses qu'on étudie aujourd'hui, même si on était dans on pas Non, mais ça voilà. Je Non, mais c'est juste pour dire que sur ces processus là, il y a un temps. Alors, justement, j'ai plein de questions. [raclement de gorge] La première s'adresse à vous, monsieur Mégie.

Jeis savoir si en matière de radicalisation islamiste parce que je trouve que c'est intéressant de voir quelqu'un qui travaille sur les deux même si vous avez tous plus ou moins été amené à travailler sur les deux. Est-ce que vous on peut imaginer aujourd'hui qu'on a plus le mêmes volumes de radicalisation djihadiste, d'abord parce qu'il y a plus islamique donc ça aide un peu que on avait dans les années 2015 en particulier. Est-ce que à votre sens c'est dû à une efficacité des contreddiscours ou est-ce que c'est dû à d'autres processus de radicalisation islamiste, j'avais pas jusqu'à dire de la takia, mais d'autres formes plus intégrées en fait et reposant moins sur des failles psychologiques qui étaient celles qu'on observait chez les garçons et chez les filles. qui partait ou qui qui qui fonaient des attentats.

Ça c'est ma première question. En gros, si je la résume, c'est a-t-il avez-vous identifié une efficacité des contrediscours sur la radicalisation islamiste ? La deuxième toujours sur la radicalisation islamiste, est-ce que vous observez euh des une continuité des connexions entre les sujets que vous avez étudiés dans la radicalisation djihadiste islamiste et ceux que vous étudiez aujourd'hui dans la radicalisation masculiniste et particulièrement en terme de process psycholog psychopathologique et de méthode de méthode de radicalisation enfin de propagande qui aboutit à la radicalisation.

Ça c'était mieux ma troisème question c'est en fait vous nous avez décrit monsieur Ledray des des profils euh des mères psychiquement absentes, des pères physiquement absents, des failles narcissiques et cetera et cetera. Tous ces gens-là existaient avant il y a 50 ans, 80 ans. Voilà comment il comment il traduisait, quelles étaient les conséquences de ces mêmes failles psychopathologiques ?

Pourquoi ? Voilà. Et enfin, la 4e et dernière question, c'est que sur la radicalisation masculiniste, au-delà des des sujets que vous étudiez et qui présentent des caractéristiques qui relèvent de vos compétences, on observe quand même une diffusion de leurs idées qui va bien au-delà bien au-delà des individus fragiles.

Quand on a 25 % des 18 25 ans qui considèrent que il est bien normal de bousculer un peu les femmes pour obtenir ce qu'on veut, on n'est plus dans des individus qu' tout ou alors alors toute la population est en est à risque. Et puis enfin euh c'est peut-être [souffle coupé][rires] et enfin est-ce que vous établissez des connexions ? Alors, nous on les a vu mais aussi sur les questions de complotisme.

J'étais très intéressé par ce que vous disiez sur le e et le nous. Euh, c'est-à-dire, je sais plus quel a dit ça, c'est vous. Voilà, sur le la le fondement qui est celui du complotisme.

Il y a eux, il y a nous, le peuple contre les élites et en fait on retrouve, c'est un une dicotomie qu'on retrouve bien au-delà des milieux radicalisés. C'est la base des populismes de droite comme de gauche. Le peuple contre les élites, j'aurais pas être cruel et dire qu'il y a un lien entre Chantal Mouf et les masculinistes.

Mais néanmoins, j'observe que cette thématique là, elle irrigue bien au-delà de des mouvements asculinistes. Est-ce qu'elle en est un fondement commun ? dans le mémoordre ou je sais pas Tristan Renard, vous voulez commencer ?

Oui. Alors quelques éléments de réponse par rapport à ça. Alors sur la sur les structures des politiques publiques, j'entends bien qu'il y a une limitation de moyens de définition je sais pas pluriéannuelle ou annuelle des ne serait-ce que pour le FIPD par exemple de des objectifs.

Mais je mais je pense que les bénéfices seraient quand même grandement appréciables. Moi je prends l'exemple des criaves sur la politique des violences sexuelles. Les criaves qui ont été créés en 2009.

En fait, pour que des équipes soient opérationnelles, il a fallu attendre 3 4 ans parce qu'en fait, il faut construire des cultures d'équipe. Il faut que les gens identifient les les équipes, puissent les solliciter. Le Crésam, c'est pareil.

Le CRAM, quand on a été créé en 2017, pendant 3 4 ans, on avait quasiment aucun soutien d'équipe. On faisait que la formation, on lisait beaucoup pour se former et cetera. Et au bout de 3 4 ans, bah tout à coup, on a une montée en flèche des demandes de la part de la PJJ, de la part des équipes et cetera.

Donc en fait, il faut du temps pour à la fois solidifier, monter en compétence, bâtir une culture d'équipe et définir des interventions qui soient plus au près des réalités concerné. Je pense ça c'est quelque chose qu'il faudrait évaluer peut-être pour voir ce qui est plus coûteux l'un dans l'autre. Ensuite, sur le les différentes interventions et sur la les questions qui av été posées, alors je je commence comme ça, c'était pas forcément cet ordre là.

Pourquoi les filles harcelées deviennent pas l'équivalent de masculiniste et cetera ? En fait, je pense que globalement, il est très dur de tirer des profils types. C'est pour ça que nous, au CRESAM, ce que l'on dit, c'est qu'il y a différentes configurations de réalité radicalité.

Il y a ceux qui utilisent le discours de la radicalité parce qu'ils savent que ça inquiète. Voilà. Et ça c'est vrai pour plein d'autres types.

Donc il y a il y a ce type là. Il y a ceux qui vont vraiment par exemple silencieusement se structurer autour d'une radicalité qui vont pas forcément être perceptibles par les autorités. Nous en tant que crésam on a des biais parce qu'en fait on a que des gens qui vont mal en fait.

On a que des patients psychiatriques, que des personnes en protection de l'enfance. Donc de fait, on peut très vite parfois en conclure. Donc il y a toujours un biais parfois sur la façon dont on rentre dans une cause.

La question des incell, j'entends bien, c'est des configurations aussi particulière du coup qui peuvent correspondre aussi parfois à des vulnérabilités mais je dirais que globalement que ce soit la question de la violence ou la question de la radicalité, il y a une division du travail. Tout le monde n'a pas le même rôle. Il y a des y a il y en a qui sont à des postes de direction, il y en a qui encouragent la violence mais qui ne font pas la violence.

Il y en a qui ont des dispositions à être ceux qui vont commettre la violence. Je prends l'exemple de la du procès qu'il y a eu sur les joliers. de l'État islamique, c'était il y a l'année dernière ou il y a 2 ans.

On voit bien que là, on avait vraiment des profils de d'individus qui étaient embauchés comme Jolier, qui produisaient des tortures parce qu'ils avaient des dispositions à la violence et ceux qui donnaient les ordres n'avaient pas forcément les mêmes dispositions. Donc les profils diffèrent en fonction des individus que l'on va investiguer, expertiser, sur lesquels on va enquêter. Et donc je dirais que peut-être globalement, on a tendance plutôt à aller voir ceux qui vont mal.

Et donc on a souvent des traits effectivement de fragilité et cetera. Donc je dirais que c'est pour les filles, c'est pour moi c'est comme sur les violences sexuelles. On dit souvent les auteurs de violence sexuelle sont d'ancienne victime.

Ce qui est souvent un truc très controversé dans le champ scientifique. Il y a plein de raisons, je vais pas le développer ici. Mais par contre ce qu'on considère ce qu'on constate, c'est que les femmes sont trois fois plus exposées que les hommes et que les hommes sont à 95 % les auteurs désignés par les victimes.

Donc l'effet du cycle de la violence du mécanisme en fait si parfois il laisse des énormes points aveugles. Et je pense que là sur la question là de dont on parle, il y a des points aveugles. aussi les garçons qui sont harcelés qui deviennent masculinistes par exemple et peut-être qu'ils sont deviennent masculinistes mais à une autre position à une position moins vulnérable moins fragile qui vont être dans une position hiérarchique par rapport aux autres peut-être plus des positions de commandement des positions de direction donc il y a je pense qu'il y a une diversité des configurations de radicalité une diversité des formes d'engagement et je prends l'exemple par exemple sur les je reviens sur les filles sur les questions d'antiféminisme pas de masculinisme mais d'antiféminisme par exemple la question des trad wife donc les trad wife donc ces influenceuses conservatrices nord-américaines qui enfin en gros diffuse plus l'idée que les femmes doivent revenir au foyer et cetera.

Il y a quelques équivalents en France mais j'ai lu avec attention le travail de Romains 16 sur les femmes djihadistes. Je trouvais ça très intéressant ce qu'il décrivait. C'est-à-dire qu'en fait, on avait des femmes qui du coup en apparence avait été que des femmes en gros femmes d' et mère d' sauf qu'en fait on voit que le leur activité concrètement était beaucoup plus variée que ça et que certaines avaient ce rôle un peu de tradif, c'est-à-dire de diffuser l'image de la femme djihadiste et cetera pour véhiculer ce modèle de féminité pour attraper travailler l'engagement des autres.

Sauf ce qu'on ce qu'on regarde sur les trad et ce que dit Magalide Souda qui est une spécialiste de l'engagement des femmes dans l'extrême droite. Elle dit que font concrètement les Strad Wife ? Et ce que font concrètement les trad, ell font pas la cuisine, elles font pas le ménage.

Les tradif, elles produisent du contenu politique qu'elles diffusent soit pour monétiser mais soit dans des postes. En fait, ce qu'elles font concrètement, leur vie c'est pas de faire le ménage de la cuisine. Donc en fait, elles invitent les autres femmes à le faire mais elles-mêmes sont des sont des influenceuses, des militantes politiques.

Et donc par exemple dans son travail sur l'extrême droite tellement qu'il y a une division du travail en fonction de la classe sociale. Les les femmes dans l'extrême droite qui vont diffuser les idées très conservatrices sont souvent des femmes qui viennent de milieux souvent aisés pour lesquels elles ont pas forcément nécessité soit à travailler soit elles sont pas dépendantes économiquement et que donc il y a une division du travail parfois en fonction des positionnements. Et j'aurais tendance à dire que dans le masculinisme il reste des études à faire mais quelles sont les places ?

Quelles sont les différentes portes d'entrées et quelle est la structuration interne des différents groupes masculinistes et qui fait que bah certains peut-être ont moins de vulnérabilité euh que d'autres ? Et puis je termine là-dessus. Donc, j'ai parlé des Boys Club pour les pour les écoles supérieures, enfin l'enseignement supérieur, mais c'est c'est qu'un exemple en fait.

En fait, on pourrait prendre les boys Club dans le sport et cetera. Je pense que il y a un rôle dans les institutions publiques, voilà, il un rôle public des institutions publiques, pardon, de générer, je dis ça comme ça, c'est tr une formule un peu publicitaire, mais de générer des expériences, on va dire, qui soient conformes aux valeurs défendues par ces institutions. Et je pense que les expériences d'égalité, les expériences de mixité et cetera doivent être pensées comme ça, comme des expériences et pas comme pas seulement comme des discours.

Donc par exemple, quand il y a des boys club, ça veut dire que les institutions ont une responsabilité parfois pour aussi limiter cette existence là. Je prends un travail qui a été fait par Bricket sur les violences de genre dans les écoles d'ingénieur hein. Elle montre très bien que le niveau de violence, la perception de la violence chez les filles dépend du niveau de mixité.

Plus il y a de mixité, moins il y a de perception de violence et vis vers sa ce qui paraît très logique dit comme ça, mais ça veut dire qu'on voit qu'il y a un effet de contexte dans la production ou dans un certain climat de violence. Et donc je termine là-dessus, mais on dit donc je pense que pareil, on a tendance dans la violence à altériser les auteurs de violence à dire qu'est-ce qui ne va pas chez eux qui explique leur comportement violent. C'est vrai pour une partie des auteurs.

Certains auteurs sont clairement des personnes qui ont des trajectoires parfois fracassées ou autres. Mais il y a aussi plein d'auteurs de violence qui vont bien. Et en fait, je pense qu'il y a euh dans la production de la violence une logique de conformisme.

Et on et c'est souvent un angle mort parce queon a souvent une lecture et c'est pas pour critiquer mes collègues psychologues parce que je travaille des psychologues et les psychiatres mais pour moi c'est plutôt complémentaire. On a une vision souvent qui vient focaliser sur les singularités de la personne, voir ce qui ne va pas dans son parcours et cetera. mais aussi toute une production de la violence qui se fait sous l'angle du conformisme, c'est-à-dire par l'adoption de comportements qui paraissent très normaux quand les enfants ont 8 9 ans, mais qui par sédimentation, par habitude, quand les individus grandissent, ont 15 20 ans, qui commencent à développer des relations affectives, sexuelles et conjugales deviennent des comportements qui sont perçus alors comme de la violence et donc on ne perçoit plus tout l'apprentissage qui a derrière, tout le background culturel qui a pu produire ces mêmes comportements.

Donc je pense qu'il faut marcher sur les deux pieds, comprendre la singularité des individus et en même temps interroger la production sociale et conformiste de l'agence. Et bien, je peux être que d'accord avec mon collègue notamment par une phrase d'un d'un des plus grands pédopsychiatre qui dit que l'adolescence est le baromètre du social et donc il va par le biais de sa symptomatologie son symptôme vient révéler une problématique agissante du côté de la société dans lequelle il pousse la société à réagir sur un phénomène qui à lui l'interroge. Vous avez posé des questions qui sont éminemment intéressantes, notamment sur la question de l'efficacité des contrediscours.

Sur cette problématique là, quand on échange avec des adolescents qui sont bien radicalisés du côté du masculinisme, ils vont penser que notre contrediscours formel et ce qu'ils vont appeler eux la blue pile. Donc ils vont dire en fait c'est un contreisours idéologique au même discours idéologique que vous présupposez chez moi. Ce qui fonctionne bien et notamment dans cette expérience des radicalités et là je rejoins mon collègue sur le fait qu'il faut quand même se baser sur une expérience issue de la prise en compte des radicalités djihadistes.

C'est le fait qu'on parle moins en terme de contrediscours que les résonances affectives qui sont sous-jacentes au choix de cette idéologie. Moi, je disais souvent aux adolescents, "Bon, je m'en fiche un peu de ce que tu sais, mais dis-moi ce que tu ressens." Et à partir de là, on peut travailler parce que sinon on n que des jeunes qui disaient euh ça le chien de Bachar Alassad, ça le chien de Bachar Alassad, on disait c'est qui Bachar Alassad ?

Il y a plus il y a plus de discours. Par contre, en quoi ça raisonne singulièrement cette problématique au regard de ton histoire particulière ? Là, il y a quelque chose qui s'ouvre et je pourrais en parler si vous voulez.

Pour moi, il y a un lien très clair entre des éléments patobiographiques de vulnérabilité que je vous ai décrit, le choix spécifique des vidéos violentes qui sont surconsommé et le type de mode opératoire qui est entrepris dans les attentats. C'est-à-dire qu'il y aurait je vois vos regards donc je vais essayer d'y répondre, je vais vous donner une vignette qui est assez simple. On est face à un adolescent qui a tenté de commettre un attentat au couteau dans une petite ville.

Il est appréhendé par les services de renseignement pendant 3 4 jours. Un interrogatoire plutôt musclé, hein. Euh le jeune, j'ai eu accès moi aux vidéos de d'interrogatoire, il dit rien du tout.

Rien du tout. Quand je l'ai en expertise. Euh il y a juste une petite ouverture qui dit "Ah ben au moins ça au moins servi à ce qu'on puisse reconnaître ce dont j'ai été victime." Je dis "Bon, tu étais victime de quoi ?" Il dit "Ben en fait d'une expérience où mon père en fait il m'a violenté." Alors, il me raconte la scène.

Euh, le père les menaçait constamment, lui et sa mère, de les égorger. Et un soir, il rentre, il tape son fils avec une telle violence que l'enfant est en sang et il va dire à son fils ça t'excite, excusez-moi les mots, ça t'excite péd. Ce qui est hyper intéressant, c'est que ce jeune quand il va commencer à se radicaliser, il va choisir notamment sur les vidéos, les sites de Watch People Die d'égorgement qui faisaient référence au aux menaces de son père de les égorger.

Et dans son mode opératoire, ce qu'il avait envisagé, c'était de commettre un attentat au couteau contre des personnes de la communauté LGBT. Et donc, il y a quand même tout un processus dynamique à appréhender du côté de ces jeunes. Et donc, en parallèle avec ça, sur les les mascul que j'ai pu rencontrer, paradoxalement, ils accrochent pas sur des vidéos hyper violentes.

C'est comme pour les djihadistes au départ quand ils étaient face à des vidéos de décapitation, ça suite plutôt la sidération et leur rejet. Moi, j'ai plein d'adolescents qui m'ont dit "Ben quand j'ai vu ce fameux Elliot Rogers qui évoque sa souffrance, ben ils s'y reconnaissent." Il dit "Ben moi, c'est pareil, moi aussi j'ai pas de succès.

Donc si ça me parle, bah c'est qu'on vit peut-être la même chose et que je suis légitime à penser ce que je pense. Alors que comme je suis un garçon et que je pense que parler de santé mentale, bah c'est pas pour les hommes, ben là, il y a quelque chose qui qui raisonne dans mon parcours. Et c'est à partir de l'algorithme, par exemple d'Instagram qui va montrer les mêmes types de contenu que le sujet va consommer, va se créer un profil.

Et là, il va il va se passer quoi dans cette course en like ? Une reconnaissance narcissique d'enfin exister, même par provocation, face à un vécu où l'adolescent dans la réalité, il se vit comme étant invisible. Et donc il y a un pouce à radicalité pour essayer d'exister au moins dans un espace numérique.

Et donc du coup là il y a vraiment une vraie porte d'entrée sur essayer de travailler sur la santé numérique de nos adolescents, de voir qu'est-ce qu'ils consomment et en quoi en fait ça vient habiter leur monde interne du côté des représentations un peu [raclement de gorge] stéréotypiques. Alors vous m'avez posé vous nous avez posé la question qui est assez intéressante du côté de voilà ce polymorphisme radical. Effectivement, moi quand je vois des mascules trajectoires de des adolescents qui étaient dit radicalisés pour le djihadisme.

Ça suit pour moi le même chemin qui est du côté de la psychopathologie l'appréhension du fait que la radicalité est un symptôme, une sorte de béquy psychique qui permet dans une période de crise d'essayer de trouver une solution illusoire à un problème qui ne vous trouve pas de voie de représentation. Et donc pour les cliniciens, c'est très important de ne pas enlever directement la béquip psychique parce que sinon il se passe quoi ? Les adolescents, ils s'effondrent voir soit ils se suicide ou soit ils passent à l'acte.

Et donc du coup au lieu d'éradiquer une radicalité, on essaie de comprendre quelle est la fonction psychologique qu'elle requiert. Et dans le cadre des mascules, ce qui est hyper intéressant, nous on va parler de court circuitage du travail du pubertaire. En français, le pubertaire est à la psychée ce que la puberté est au corps.

Face au réaménagement psychologique de la puberté, il y a plein de questions. Les angoisses de mort, la pulsion sexuelle et cetera. Et ben comme le djihadisme et le masculinisme, ça propose une identité d'emprunt de carcan prête à penser psychopathologique dans lequel on n même plus un adolescent parce qu'on devient un homme.

Et avec mais c'est vraiment clé en main. Donc en plus par le billet de formation par exemple par les pickup artistes qui fait que vous allez engager votre vie avec des sacrifices énormes où vous allez passer votre vie à la salle de sport, arrêter de manger, à vous isoler pour performer, c'est jamais suffisant parce que sur cette fameuse échelle mais vous êtes toujours en bas. Qu'est-ce qui vous reste ?

La seule solution qui vous reste c'est soit le passage à l'acte agressif et là du coup j'existe numériquement comme étant celui qui est le digne héritier de la cause masculiniste ou alors c'est le suicide qui est revendiqué par la communauté Incell en disant mais vu ce que tu as fait de toute façon tu as pas d'autre choix si même le look maxing il fonctionne pas et ben c'est de se suicider look maxing le look maxing c'est une tendance notamment sur certains sites qui montrent comment vous pouvez faire pour atteindre ce niveau de masculinité idéal par exemple où il y a la technique du mewing, donc c'est le fait de mâcher certaines gommes qui vous permettent d'avoir des mâchoires anguleuses. Et ce qui se passe en fait c'est que soit vous êtes un petit peu aisé, ce qui est pas du tout la la majorité, vous pouvez faire de la chirurgie esthétique. Dans la plupart des cas, on est sur du look maxing maison.

On est sur des jeunes qui vont avec un marteau se casser le nez parce qu'il faut que le nez soit vraiment hyper protubérant parce que c'est un signe de masculinité. un des jeunes que j'ai rencontré, il avait des blessures au niveau des yeux parce qu'il avait vu sur les sites parce que vous envoyez votre profil et là vous vous faites assassiner parce que au regard des stars comme Bradpit où tout est calculé sur l'écartement des yeux, des lèvres et cetera, bah vous êtes vraiment déviant par rapport à cette norme pseudocientifique. Et on vous dit bah c'est simple si tu veux rapprocher tes yeux ben tu prends deux petits pics et puis tu rapproches les yeux et donc on a des gens qui s'automutilent et à partir du et les fill aussi oui mais on est sur à peu près le même le même schéma qu'on avait avant sur les sites proana par exemple voyez avec des systèmes de reconnaissance par bracelet en fonction de la dit pathologie dont le sujet souffrait et donc je pense qu'on a nous en tant que praticien et et collègue chercheur vraiment quelque chose à proposer du côté de la perspective de prévention sur qu'est-ce que ça vient vient nous dire de notre société ?

Qu'est-ce que ça vient dire de l'expérience spécifique de nos jeunes ? Et je finirai sur cette question éminemment intéressante et on pourrait y passer 2 ans, je pense, pourquoi les garçons et pourquoi pas les filles ? Je pense aussi qu'on est sur une forme de socialisation de la différence des sexes.

Il y a des choses qu'on attend spécifiquement des filles et il y a des choses qu'on attend spécifiquement des garçons. Et on attend des garçons que quand ils ont des troubles et ben ils ont des troubles extériorisés et que les troubles intériorisés chez les garçons, c'est très mal vu et l'inverse est tout aussi vrai. Par exemple, dans le cas du djihadisme, on n'arrive pas à penser que les femmes ditent de retour de son narcossyrienne et puis avoir des véléités active combattante parce que elles sont dévolues aux hommes et on essaie de les de les apparenter du côté de conjointes qui sont en fait passives, amoureuses et suiveuses.

Sauf que dans tous les dossiers que j'ai analysé dans mes recherches, on voit que ce qui est hyper intéressant, c'est qu'il y a une radicalité en amont de la rencontre, que l'homme ne sert juste de moyens pour pouvoir partir sur zone et qu'il y a une forme de radicalité mutuelle où chacun se radicalise pour vraiment aller du côté de l'idéal. Toi, tu meurs en martyre et moi du coup, je suis épouse de martyre. Donc, il y a il y a vraiment quelque chose, je pense, à penser de ce côté-là.

Et voilà, je je vais laisser la parole à à mes collègues et on parlera peut-être tout à l'heure des perspectives de prévention, mais effectivement, on sent tout pathologiser, je pense qu'il y a quand même une culture du narcissisme à l'heure actuelle qui fait qu'on semble exister qu'au travers d'une présence ou d'une omniprésence numérique. Et ça, je pense que c'est un des points importants à pouvoir travailler avec nos jeunes bah sur véritablement ce sentiment d'existence. Merci.

Alors bon, tout d'abord, je tiens à m'excuser parce que j'ai peut-être pas été assez clair par rapport à la création du Costprade et justement cette cet enjeu finalement qui nous renvoie à une question assez centrale de l'action publique, de son architecture et de sa temporalité. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que le CPRAD, c'est un conseil scientifique qui ne produit pas de recherche en tant que telle, mais qui a pour objectif soit de piloter par des financements, c'est réduit mais par des financements telle ou telle recherche, soit surtout de faire un panorama [raclement de gorge] des recherches scientifiques qui existent sur les processus de radicalisation et de les diffuser aux différentes sphères de l'administration centrale et du politique. Donc notre idée c'est aussi de voir ce qui existe dans le champ scientifique.

Quand en 2022 est relancé les sont relancer les activités du COSPRAD, il y a une focalisation qui reste très forte, notamment parce qu'on est en plein moment des procès historiques, des attentats de 2015-216 sur le djihadisme. Et ça a été aussi un des enjeux du COPRAD et des administrations de montrer qu'il y avait d'autres enjeux de radicalité violente qui devenait de plus en plus central et qu'il fallait les documenter. Et donc c'est en ce sens- là que saisi par les administrations, le COSPrade a identifié très clairement juste à la au moment de sa relance cette question des masculinismes violents et qu'il a fallu à la fois travailler sur ce qui existait dans la recherche scientifique, ce qui existait dans la littérature grise et cette vision internationale qui nous a permis d'ouvrir notamment aux travaux scientifiques qui étaient déjà engagés en fait.

Et le COSPRAN n'utilise que les résultats des recherches finalement parce que c'est là où il y a un vrai enjeu d'action publique, c'est de pouvoir diffuser ses recherches à la fois aux administrations et on va le dire clairement aussi aux responsables politiques. Et ça prend du temps et c'est une demande de socialisation qui est de plus en plus forte. Donc effectivement hein, on peut toujours interroger notre temporalité et je pense que c'est nécessaire parce que sinon à ce moment-là on se fait de l'autosatisfaction en permanence.

Donc il faut interroger cette temporalité. Il faut aussi comprendre et ça c'est un des enjeux qu'on a au Costprade que la recherche demande du temps et que c'est souvent très compliqué de faire correspondre le calendrier de l'action publique et celui de la recherche. Je vous donne un exemple sur le projet ANR, euh le projet de l'Agence nationale de la recherche qui a été déposé sur les masculinistes violents par le laboratoire 16 DIP avec le ministère de l'intérieur.

Laboratoire 16dipp CNRS. L'enjeu était de dire si la recherche est financée, dans combien de temps on aura les résultats de la recherche ? Dans 3 ans.

Est-ce que cette temporalité est utile pour l'administration qui est engagée dans cette recherche ? Donc bien évidemment 3 ans c'est un peu long pour attendre des résultats. Donc il a été pensé entre l'équipe de recherche et l'administration justement des sorte de de rapport intermédiaire tous les 6 mois un an sur des thématiques bien précises pour montrer l'avancement des recherches mais surtout pour que les administrations puissent se nourrir déjà des recherches.

C'est dans la même perspective qu'a été lancé cette ce projet d'expertise avec le CNRS pour expliquer de manière assez synthétique tout ce qui existait dans les recherches scientifiques internationales et françaises [raclement de gorge] sur la question réseaux sociaux engagement violent engagement politique violent. C'est aussi une des définitions qui qui a été rajoutée. Donc de ce point de vue-là, effectivement, on est toujours en décalage.

Effectivement, il faut anticiper cette temporalité, donc s'appuyer sur ce qui existe déjà, s'appuyer aussi sur des des équipes et des acteurs du scientifique qui ont cette expérience et qui peuvent ne pas partir de zéro. Et il y a un vrai enjeu aussi, je j'en profite, c'est l'accès au terrain de recherche. C'est-à-dire que si on veut travailler par exemple sur les groupes masculinismes violents, si on a accès aux données judiciaires, si on a accès à par exemple les incidents au sein de l'éducation nationale, ce sont des données primaires, des sources primaires qui sont essentielles pour pouvoir produire une connaissance scientifique.

Et donc là aussi souvent, j'en ai été aussi enfin j'en ai fait l'expérience, ça prend du temps, ça prend beaucoup de temps et et c'est un vrai enjeu sur lequel on essaie de travailler depuis plusieurs plusieurs années. Pour revenir à la question un peu du marché des radicalités finalement et là de choisir l'exemple du djihad et du djihadisme, euh je ne pourrais pas vous dire si c'est les contrediscours qui ont été efficaces. J'ai une petite idée mais j'y reviendrai par la suite.

Déjà, ce qui a profondément transformé cette ce phénomène de l'engagement djihadiste, c'est des changements au niveau macro, c'est-à-dire au niveau géopolitique, l'effondrement de l'État islamique, l'effondrement d'une terre de ce que eux-mêmes appelaient la terre de djihad et donc de l'expérience matérielle de cette radicalité. Et et c'était ça qui était totalement inédit hein pour cette période. C'était le départ de plus de 1700 personnes, enfants, femmes et hommes, mais femmes et enfants aussi sur un front du djihad.

Ce qui n'avait pas été du tout le cas lorsque l'on avait évoqué l'expérience d'Al-Qaïda en Afghanistan. Pourquoi ? parce que c'était extrêmement compliqué de se rendre en Afghanistan et que les logiques d'adhésion et d'acceptation dans ces groupes et du groupe Al-Qaïda était extrêmement complexe hein et qui a eu que quelques citoyennes citoyens surtout citoyens français en l'occurrence qui y sont allés là dans le casre de l'État islamique ça a été vraiment une des politiques d'attirer le plus possible de personnes par aussi une facilité financière géographique pour accéder à ce front de guerre qui faisait l'expérience ultime du djihad.

Je pense que le traitement judiciaire est aussi une des explications, c'est-à-dire que il y a eu une massification, hein, c'est l'appellation du parquet national antiterroriste, une massification des procès, des condamnations et un engagement sans précédent et ça je tiens à le dire aussi sur les politiques de prévention et de suivi des personnes qu'ell soient jugées comme radicalisé ou qu'ell soi déjà condamnée sous main de justice. Donc effet géopolitique, effet de prévention et d'identification aussi. Alors ça a pu donner ça a pu mettre des pressions aussi sur le ceux qui étaient sur le terrain hein.

Je pense notamment à un travail de Vanille à Borde sur la question de l'éducation nationale et de ces agents de l'éducation nationale qui étaient au prise avec à la fois la politique de prévention, c'est-à-dire prévenir les personnes qui pouvaient être identifiées comme s'engageant dans la radicalité et de l'autre côté des logiques plus sécuritaires et qui mettaient peut-être à mal l'expérience ou en tout cas le travail des gens de l'enseignement de l'éducation nationale pardon. Ce que l'on sait maintenant par contre sur les contrediscours qui ont été produits, qui ont été réfléchis et diffusés, c'est que il y avait un vrai décalage et ça c'est une expérience des acteurs de terrain qui ont qui ont vu ça. Il y avait un vrai décalage entre et ça l'a été très bien dit entre les personnes, la cible de ces discours et la manière dont on produisait ces discours.

C'est dire que les gens qui étaient déjà engagés dans le dhad, les discours du ministère de l'intérieur, les discours de l'éducation nationale, finalement pour eux c'était des éléments qui leur donnaient encore plus hein d'arguments dans leur engagement radical. Ce que l'on a observé notamment grâce aux travaux autour de Julien Longi, Lauren Renault ou ou Laura Asconne linguiste à l'université de Sergie Pontoise, c'est que lorsque l'on veut produire un contrediscours contre des discours de propagande qui mêlent à la fois notamment sur les masculinismes des images de pop culture, à la fois des recours aux émotions et que l'on produit un discours purement institutionnel, on n'est pas dans la même grammaire, on ne s'adresse pas de la même manière aux populations ciblées et que parfois un contrediscours à travers une image peut-être anecdotique ou humoristique qui devient un a plus d'effets que un dispositif déroulé de prévention et de diffusion sur les réseaux sociaux. C'est-à-dire que ce que nous disent les linguistes aujourd'hui lorsqu'ils travaillent sur cette diffusion de la grammaire notamment masculiniste mais plus largement compludiste ou d'autres idéologies, c'est qu'il y a euh aussi à adopter ces grames mères là dans la production des contrediscours. qu'il y a aussi à aller sur le terrain pour s'adresser de la même manière à ces cibles de la propagande et s'adresser aussi à des logiques qui peuvent être des logiques d'émotion, hein, des logiques aussi de figures mytifiées finalement.

Alors euh je vais le dire clairement sur le djihad euh armé, la figure de Mohamed Mera est une figure héroïque depuis 10 ans. Euh et euh et et il est très très compliqué de déconstruire aujourd'hui cette figure. Pour Elliot Rogers, je pense que c'est une des figures centrales hein de la la manosphère et et comment la déconstruire ?

Et et donc on a aussi ici une capacité une nécessité pardon à réfléchir aux gramm qui sont utilisés, au vocabulaire et au types de références qui sont construites pour cette propagande. Un dernier élément, je vais complètement dans l'idée que analyser les processus d'engagement dans le masculinisme revient aussi à penser ce qui a été étudié dans les mécanismes d'engagement dans d'autres formes de radicalité et le djihad. J'en veux pour exemple notamment les travaux autour de la djihadosphère.

C'est une thèse là j'ai déjà cité Lauren Renault sur la djihadosphère qui montrait très bien comment se construisent des discours victimaires, comment était utilisé aussi toute une grammaire autour de cela. On retrouve hein de par les études qui sont publiées aujourd'hui sur le les groupes masculinistes pareil cette grammaire, cette construction un peu rétorique de la victime qui va devenir en fait l'acteur de de sa propre revanche finalement et la justification de l'utilisation de cette violence. Je citerai aussi Christine Bard qui parle de l'intersectionnalité DN hein et où on voit vraiment ce que l'on a évoqué euh précédemment euh les logiques de propagande, elles répondent à des mêmes mécanismes qui sont aussi ceux des plateformes.

C'est-à-dire que ce que nous a montré les ethnographies de l'espace numérique notamment à l'université de de Montréal, c'est que il existe très clairement des logiques algorithmiques des plateformes qui favorisent ou en tout cas qui sont à l'origine même de la production du contenu du discours. Et donc voilà, on on retrouve de par ces éléments communs des des dynamiques assez convergentes. Monsieur donner la parole.

Ouais. éviter les biais de confirmation, mais [raclement de gorge] j'ai pour ma part la le en fait nous on va produire un rapport qui est un rapport d'information du Sénat sur les mouvements masculinistes, leur monté, leur méthode de diffusion et les politiques publiques que ça appelle. Et donc on va faire une analyse sur ces mouvements masculinistes.

Donc on essaie de l'identifier pour vous pour résumer par exemple on fait remonter les mouvements masculinistes. M masculinistes ont pas commencé dans les années avec les au cours des dernières années. Voilà par exemple les mouvements des paires sur les grues on les identifie comme étant des mouvements masculinistes également.

Mais je voudrais savoir si on peut dire et si on pourra écrire que la radicalisation djihadiste était déjà un mouvement masculiniste. Alors moi je le pense mais je suis pas je pas je suis pas habéité à le penser mais c'estàd que dans la radicalisation djihadiste, il y a un projet de société comme il y en a dans les mouvements masculinistes et ce que les deux projets de société ont en commun c'est le rapport au virilisme la place des femmes, les assignations des femmes et la violence que ça a généré par la suite puisque on est juste au bon moment pour en parler puisqu'on est dans le procès actuellement des autres auteur de du génocidezidi et de l'esclavagisme sexuel des petites yzidis. Donc il y a quelque chose de vraiment très très commun.

Donc est-ce qu'on est-ce que vous pensez que si on écrit ça, on dans la quand on identifie tout ce qui a précédé les mascul qu'on étudie aujourd'hui, il y avait déjà des traces. Après, ça veut pas dire qu'on retrouve les mêmes. D'ailleurs, je suis pas sûr que les gamins qui qui regardaient des vidéos euh des des lionceaux du canalif sont aujourd'hui ceux qui regardent des vidéos masculinistes.

Mais pour autant, est-ce que c'est pas la même chose qui soutend dans le rapport au masculin les deux les deux process enfin les deux idées deux idéologies parce que c'est quand même deux idéologies. Ouais, peut voilà. Julien Chavan-y parce que non, moi je serais moins compétent sur la question djihad.

Donc je vais laisser mes mes collègues répondre. Alors juste en de mot effectivement dans le cadre du djihadisme la place de la femme dans un ce mouvement ultra conservateur la place de la femme apparaît vraiment reléguée dans une logique de genre de domination patriarcale hein de ces groupes et c'est ce qui a posé la fameuse question de la place de ces femmes dans ces groupes comme si un engagement dans ce type de groupe ne pouvait pas être émancipateur et et ce qui a produit un brouillage de de cette image et des erreurs de traitement victim et jamais on les a vu comme des victimes et pas comme des militants. Voilà. et et le le traitement judiciaire a largement évolué.

Il y a une thèse qui est en cours actuellement d'ailleurs sur ce traitement judiciaire des femmes. Aujourd'hui, je dirais presque plus que le sans en être certain, mais ça ça fait partie de la recherche, l'incertitude, que les mouvements djihadistes, notamment à travers les influenceurs et notamment à travers des logiques peut-être moins radicalisées de violentes mais des rappels à l'ordre à ces on a une sorte d'influence au sein de la djihadosphère de ce type de groupe masculiniste sur un rapport encore plus fort entre l'homme dominant et les femmes et notamment à travers ce qui a été étudié récemment sur les influenceurs du djihad hein autour là aussi d'une sorte de production d'influenceurs à bas bruit sur ce qu'il faut être pour être un bon musulman homme et cetera. Donc on a cette influence là.

Maintenant, le projet politique qui était celui de l'État islamique s'inscrivait plus globalement quand même dans des références idéologique dans lesquelles on peut introduire cette question du genre mais eux ne plaçaient pas cette question de la relégation de la femme et de la femme comme ennemi au centre de leur idéologie. C'est en cela que je dirais si on s'intéresse à la manière dont les groupes se définissent peut-être pas en 2015 comme des groupes masculinistes, l'État islémique n'est peut-être pas un groupe masculiniste parce que dans son idéologie ce qui tient c'est avant tout la question de l'islam de son application et de l'ennemi occidental ou autre. Aujourd'hui, peut-être qu'il y a une hybridation de ces mouvements djihadistes avec cette question de la place de la femme et cetera.

Mais voilà, ça va dépendre de dans quel cadre on se situe. Si on va typiquement sur l'idéologie en tant que telle ou sur ce que nous, en tant qu'observatrices et observateurs que nous sommes, nous pouvons déduire de ces mouvements. Donc je serais plus euh voilà, vous pouvez le dire mais je serai plus euh redonner la parole à faire un peu plus là.

Non, mais ça va être très rapide. Je pense je pense qu'il faut la distinction a été faite dans une des premières réunions que vous avez faites sur le sujet avec Christine Bard là au colloc en novembre où il me semble qu'elle distingue l'antiféminisme du masculinisme. En fait, elle dit l'antiféminisme quelque part c'est très présent et notamment bah dans cause dijihadist, il y a un antiféminisme chez les femmes dijihadistes qui rejettent ce modèle de la femme présentée comme la femme moderne enfin féministe et cetera. pareil chez les hommes et le masculinisme ça va être de quand même de reposer sur l'expérience d'être homme sur une victimation de l'expérience d'être homme en pointant la responsabilité de l'égalité des droits du féminisme.

Elle dit il y a quand même une nuance là-dessus donc les dans les mouvements masculinistes il peut y avoir des hybridations clair et nêtre mais il y a quand même une peut-être une peut-être distinction en terme de de curseur qui va être p quoi c'est que l'anttiféminisme peut être partagé par un nombre d'individus qui vont pas forcément être masculinistme. Par contre le masculinisme par nature est antiféminisme mais repose vraiment sur la centralité du rapport entre les hommes. Ce que dit Melanie Gourarier dans son ouvrage alphaal, c'est qu'en fait c'est les hommes, alors je plus le titre, le sous-titre exact, c'est les pour mieux apprendre à séduire les femmes, pour mieux s'apprécier entre hommes.

C'est vraiment ça l'idée, c'est que la socialisation masculine, elle va être au centre de la socialité ou de la cause masculiniste, quoi. Second avant de laisser la parole à à mon à mon collègue. Euh votre question, elle est pour moi pertinente et je pense que vous pouvez répondre avec un grand oui.

Pour moi, ça fait écho en fait à tous les adolescents ou les postadolescents djihadistes que j'ai reçu dont certains euh qui ont du coup une connaissance parfaite de la Dihadosphère, une connaissance parfaite du 3e raich et une connaissance parfaite des différents mouvements du masculinisme et ils ont choisi en fait une sorte d'idéologie d'emprunt pour être en celle qui a le plus de caisses de résonance. Et pourquoi je pense que le djihadisme notamment chez les Français qui sont partis sur zone est éminemment un courant masculiniste parce que l'acception au djihad à l'époque offrait une place, une fonction et un statut à des hommes qui pensaient qu'ils n'en avaient pas parce qu'ils se sentaient victimes d'un sentiment de déclassement sociétal plutôt en plus en lien avec leurs origines. Là où les masculinistes en fait ils évoquent quoi en France ? un sentiment de déclassement de genre en évoquant qu'ils veulent revenir à certains privilèges voire certains droits qui leur a été dû et que ce sentiment-là a été déclassé au profet d'une société qui est dite gynocentré.

Donc on voit bien en fait les vases communiquants entre les deux parce que dans tous les cas ça vient courtcircuiter le travail du pubertaire. C'est quoi être un homme ? Moi je ne le sais pas.

C'est un travail psychique au long court qui nécessite d'être expérimenté notamment au travers de l'altérité et notamment au travers de la rencontre. de l'autre sexe. Sauf que là, l'autre sexe, cette rencontre est courtcircuitée au profit d'une forme de d'homosociabilité qui vient renforcer une position viriliste mais qui permet d'obtenir la certitude qu'être un homme comme être un bon musulman dans la propagande djihadiste ou le surmusulman.

C'est ça. Et donc il y a plus de doute, il y a plus de questionnement à la fin. Non, c'est juste pour euh hier soir je je j'accueillais une association défense de la langue française et il se trouve que j'ai euh participé à un débat sur Public Sénat sur un [raclement de gorge] documentaire sur les masculinistes et un monsieur euh euh qui je pense est d'une bonne famille catholique conservatrice m'a accueillit, je vous ai vu à la télé, je suis masculiniste.

Donc je pense que dans chaque religion, il peut y avoir aussi ce prisme très genré et très conservateur. C'est pas propre. Voilà, je voulais juste dessus.

C'était sympa comme soirée. Euh, je je vais pas rebondir exactement là-dessus, mais vous m'aviez posé la question de des chiffres que j'ai donné sur les attaques attribuées aux Insel euh en disant que c'était un chiffre relativement bas et que effectivement le les études sur lesquelles je me suis penché parlent de ce phénomène là précisément des Insell qui est un phénomène moderne assez récent. euh dans les attaques euh la les données que j'ai données, elles ne prennent pas en compte le terrorisme misogyine qui est de toute façon beaucoup plus global et plus ancien.

On n' pas par exemple pas l'attaque de Marc Lpin en 1989 sur l'école polytechnique. Donc évidemment que les violences générées par le terrorisme misogyne sont beaucoup plus larges. Pour certaines sont pas documentées par pas par référencé parce qu'elles ne sont pas toujours revendiquées, mais que les auteurs baignent dans un climat sexiste agressif, le fameux sexisme hostile dont parle le dernier rapport du HCE.

Et ensuite, plus globalement, on est encore dans une société qui est extrêmement sexiste et là, on se confronte à la à l'ancestra, l'histoire des violences faites aux femmes. Euh, je ferai effectivement la distinction aussi entre masculinisme et antiféminisme qui est tout à fait enfin qui est probablement plus ancien. Le masculinisme, on le fait remonter plutôt aux années 60 70 et le mouvement des paires s'inscrit là-dedans. ce à quoi on est confronté là aujourd'hui, c'est effectivement peut-être une une forme de d'accélération, en tout cas de facilitation de de de du transport des discours via internet.

Je pense que la dimension numérique, elle est assez importante et et je rejoins aussi ce que disait Alexandre Lodr sur une époque très individualisante, narcissisante, enfin voilà, il y a dans toutes les logiques, enfin moi ceux à quoi je me suis confronté, c'est des logiques qui sont beaucoup tournées vers le développement personnel aussi sur le fait qu'on peut trouver en soi les ressources de son propre épanouissement comme si on était une une entité complètement déconnectée du reste de l'humanité. Évidemment, tout ça vient accélérer encore l'isolement. Il y a évidemment tout un commerce qui se crée là-dessus.

C'est tout l'intérêt de ces influenceurs d'isoler encore davantage ces ces jeunes hommes. Euh et puis plus globalement, vous avez posé la question de la différence. Pourquoi les des des jeunes filles harcelées n'en tirent pas ce type de conclusion ?

Je pense que là, il faut se pencher un peu plus globalement sur la socialisation des hommes, sur l'éducation des garçons, sur le fait que les garçons sont confrontés assez tôt, à de la violence, à des phénomènes de hiérarchisation, à des phénomènes de boys club. La sociologue Christine Castelin Meier explique bien ça, que les garçons cherchent très vite la validation du groupe de la bande. Pour quelle raison ?

Pourquoi c'est plus important pour les garçons que pour les filles ? Les filles ont des relations intimes, proches avec leurs amis beaucoup plus tôt euh et parce que évidemment on les pousse à ça. Je veux dire, il y a une réflexion sur l'éducation à mener à ce niveau-là et plus globalement sur la masculinité.

J'en suis convaincu. Je pense qu'on peut pas on peut pas se soustraire à cette réflexion précisément quand on est un homme. Voilà.

Oui, c'est pour rebondir à votre propos pour que ce soit tout à fait clair parce qu'on fait un parallèle sur la question là du polymorphisme radical, le fait de se baser sur les travaux issus du djihadisme. qui est hyper intéressant dans le masculinisme et notamment sur le masculinisme in cell en France, c'est qu'il y a une inquintance extrêmement forte des jeunes qui vont avoir une radicalité masculiniste avec un imbrogliot avec des théories de politique d'ultradroite. Et ce qui est hyper intéressant si vous regardez les de manière chronologique par exemple Alexis Chen qui a des propos extrêmement scandaleux sur les femmes.

Il tient un peu moins de propos quand sur les femmes parce que les dernières vidéos qu'il montrent, ce sont des ce sont des vidéos politiques sur ce sentiment de déclassement en fait de français dit de souche par rapport à une communauté autre. Radicalité, ça veut dire le retour à l'origine. Sur la plupart des jeunes que j'ai vu moi, du côté des radicalités masculinistes, on est effectivement sur des jeunes qui sont sur un repli identitaire du côté du catholicisme ou de la chrétienté pour lequel eux ils estiment en fait que ils sont sur des valeurs traditionnalistes et en fait ce sont les garants en fait d'un ordre judéochrétien ben en fait qui serait en voie de menace par une théorie du grand remplacement.

Oui oui, je rebondis aussi là-dessus. c'est très très connecté à l'ultradroite. Euh les parents que j'ai pu rencontrer dans le cadre de cette enquête pour le monde qui observe justement la radicalisation de leurs fils qui sont des radicalisations beaucoup moins fortes que les incell bien sûr hein, c'est euh des des gamins enfin des jeunes hommes qui vont effectivement se mettre à faire de la muscu, qui vont suivre certains influenceurs euh qui vont essayer de s'améliorer euh dans des logiques encore une fois ultralibérales.

Ils se mettent à peu près tous au bout d'un moment à développer des idées politiques d'extrême droite. Voilà. Et à développer après la misogénie, l'homophobie, la transphobie, un racisme.

Supreme, c'est du suprmacisme. Exactement. C'est cette logique de hiérarchie de toute façon au bout d'un moment, elle mène un peu toujours au même endroit.

Donc donc on voit bien que c'est extrêmement connecté à l'ultradroite effectivement. Et d'ailleurs le Chad que tu évoquais tout à l'heure, c'est un blanc. C'est un blanc.

La Stacci c'est une blanche. Voilà. et on est sur une hiérarchie en plus dans les courants nord-américains plutôt racial et euh ceux qui sont déjà dit racisés sont considérés comme étant des subhumains.

Donc en fait ils ont pour le coup une vraie hiérarchie sur le fait que si vous êtes blanc en gros, vous êtes considéré comme un chat. si vous êtes plus ou moins plutôt bien foutu, ils ont fait des études et c'est quand même assez effrayant où ils ont créé des faux profil Tinder avec un descriptif complètement aberrent du profil sur voilà des je sais pas des des comportements délinquants que le sujet il aurait déjà fait. Ils ont calculé le nombre de likes pour venir en fait autoalimenter leur théorie leur leur théorie.

Euh oui oui, c'est très vrai. Et on sur les sur les forums Insel par exemple, le il y a un racisme complètement délirant qui peut confiner au nazisme et cetera. Effectivement, il y a des incontanences avec le le djihadisme ou l'islamisme radical, mais ce qu'on voit c'est surtout des théories d'extrême droite très très virulentes et délirantes.

Évidemment, forcément pas tellement connecté à une quelconque réalité. Il y a un grand racisme et même un racisme intériorisé. C'est-à-dire que certains forums, il y a des hommes du monde entier, il peut y avoir des hommes qui se détestent parce qu'ils sont eux-mêmes racisés.

Donc le racisme intériorisé est très présent. Et d'ailleurs, El Roger qui avait des origines asiatiques se détestait notamment pour ça puisqu'il adhérait à ses théories suprémacistes blanches et il se sentait rejeté par les femmes parce qu'il n'était pas blanc. Donc infiné, même s'il peut y avoir des hommes de toute culture, de toutes origines, de toute couleur de peau, ce qui domine, c'est quand même la le suprémacisme blanc.

Voilà. Est-ce qu'il y a encore du côté de mes collègues des questions ? Non.

Est-ce que vous vous avez encore envie de nous dire quelque chose en sachant qu'on pourrait y passer l'après-midi les uns et les autres mais que les meilleures choses ont une fin ? Euh bah c'est nous qui vous remercions pour cette passionnante audition. On a passé 2 heures ensemble et vraiment c'était très utile et j'espère que vous retrouverez dans notre rapport ce que vous en attendez aussi puisque nous allons contribuer aux travaux de d'étude et de recherche.

Merci.